‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 87 sur 97 · FARANDOLE · texte numérisé non relu

FARANDOLE

primes furent promises à ceux qui importeraient des grains; enOn, tous les citoyens furent obligés de déclarer leurs fubsistanoes.

Il n'en fut pas ainsi dans les famines qui désolèrent la France pendant le reste du dix-huitième siècle. De 1729 à 1789, la disette ne cessa de se faire sentir ; disette factice, produite de propos délibéré , et dans la vue d'un infâme profit, par une société dont le roi ioi*fnone âait aetUmnaire pour dix millions (voy. Pacte db famiiib).

Mais de semblables crimes ne sont plus possibles chez nous espérons que les progrès de l'agrictilture , et de sages lois sur IMmportation et Pexportation des grains, rendront de plus ^^n plus rares les famines et même les disettes.

Fanion. Ce mot, dérivé de Talleniand fahney enseicjne, s'est francisé depuis 1GG7. Il désifj;na alors un petit drapeau en serge employé à la police des équipages. Bientôt l*asage s'introduisit fie s'en servir comme de fiches de campement, et chaque compagnie d'infanterie eut le sien. Dans la première moitié du dernier siècle, Tasage dos fanions fut abandonné dans nos armées , qui en reprirent la mode des troupes anglaises, hollandaises, allemandes , ou ils concouraient à distinguer les compagnies d'infanterie. En 1753, le sergent-fourrier avait la garde de cette enseigne , et la faisait flotter à 'sa fenêtre lorsqu*il arrivait au lieu du gtte. Les ordonnances de 1788 ne re* connaissaient que trois fanions par bataillon ; ils ont été depuis l'objet de nombreuses dispositions réglementaires , qui souvent se sont contrariées.

Famfattx , Fanvm Jovis , petite ville de l'ancienne Provence, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de l'Aude, tire son nom d'un temple de Jupiter, qui était situé dans l'enceinte d'une forteresse romaine sur les ruines de laquelle elle est bâtie. C'était autrefois une place forte ; elle fut démantelée en 1229 , et le prince de Galles y mit le feu, après Tavoir pillée,

(*) Il n'en est pas de même chez nos voisins d'oulre^Manciie. On sait que là lit Idb sur les céréale» tout onMcltton fanÎMMrpétucL '

en 1355. On y compte aujourd'hui en*

viron 1800 habitants.

FAMASsijii. Ce mot est dérivé de Titalien fanUno , fantisino , farUoc" chhio, S'Tviteur, valet, petit domestique attaché au service d'un cavalier.

ISuus verrons, à l'article Infàntebie, comment le soldat à pied est parvenu à ennoblir le nom qu'il porte.

Farandole ou Farandoule. Suivant certains chercheurs d'origines, les Phocéens auraient importé à Àarseilla la danse de la grue, inventée, dit-on, par Thésée, et que les Grecs nommaient ainsi parce aue les danseurs, réunis à la 61e, imitaient les évolutions de ces oiseaux voyageurs. Quoi qu'il en soit, la farafidoufe , ronde échevelée, ballet ambulatoire , s'est naturalisée dans toute ila Provence , dans le Languedoc; elle est aujourd'hui encore la dnnse nationale d'une grande partie du midi de la France.

Les danseurs et danseuses réunis en nombre illimité, et placés alternativement , forment une lonj^ije chaîne à l'aide de mouchoirs que chacun tient à droite et à gauche ; à la téte sont les musiciens et le guide, Tordonnateor des figures. Au signal convenu, la ronde se met en branle et se déroule à travers la campasne ou par les rues des villes et des villages , recrutant des danseurs partout où elle passe ; les pas de la farandole ne sont pas de rigueur pourvu qu'on forme exactement lés figures, qui n'ont rien de bien compliqué : danser en rond en rejoignant les deux bouts de la chaîne , la tordre , la pelotonner en spirale, la faire passer et repasser sous l'arc formé par les bras de quelques danseurs , puis s'élancer à toutes jambes en poussant des cris et en marquant vigoureusement la mesure , telle est la farandole, qui présente quelque analogie avec la danse macabre (voy. ce mot), ce galop infernal du moyen âge.

C'est ordinairement pour célébrer les naissances , les mariages ou les fêtes officielles, que les méridionaux choisissent la farandole comme expression des transports de leur joie. IMais aussi, • dans les sanj^iantes réactions de 1815, elle a fivorisé plus d'une fois les féroces instincts d'une populace qu'on poussait aux plus horribles excès, for-

FARCES FKAI9GË.

rAftCKS 681

■née alors de frénétiques avinés , de

verdets dévoués, la ronde terrible se niait dans les villes , et entraînait dans son tournoiement toutes les victimes désignées. Malheur à celui qui alorà n'avait pas le bras assez fort, ou le pied assez silr ! Ce fut à la suite d'une de ces farandoules politiques que Tinfortuné général Ramel périt asrasainé à Toulouse , aux cris de vive le foi !

Farce§. — Au moyen âge, dès le onzième siècle , on aupelait farda ou far^a une poésie écrite tour à tour en latin et en langife d^oït ou langue d'oc. Ce bizarre amnlirnine, dont les épltres farcies (voyez ce mot) ont ionçtemps conservé le hrpe curieux, était sans doute nommé farce y parce que la pièce latine se trouvait comme farde d'un jargon vulgaire ajouté après coup, apporté du dehors, et souvent assaisonné de fort mauvaises plaisanteries.

Ces fnrces furent très-communes à l'époque où la langue latine eut à défendre ses domaines contre des idiomes nouveaux qui devaient la reléguer dans le cloître et l'Église. Un des plus anciens modèles qui lîous en reste est une pièce allégorique du onzième siècle : les Fwrges foUa et les vierges sages (*), dialogue écrit en latin et en provençal. Cette poésie a probablement été récitée dans un couvent par des prêtres et des laïques.

Quand naquit notre théâtre , on appela farces des pièces dramatiques /acétieusesy joyeuses et fort récréatwes, comme les qualifient toujours les anciens catalogues. La morwé différait de ce genre de comédies en ce qu'elle était grave et souvent allégorique; la sotie y en ce qu'elle avait un but satirique. Quant à la farce , le comique bas ou burlesque en faisait l'essence. Il suffit, ()0ur s'en former une idée, de lire les titres plaisants donnés à ces pièces destinées à exciter le gros rire du spectateur. Il V avnît , entre autres : la Farce des hommes qui font saler leurs femmes, à cause qu'elles sont trop douces,

La Farce nouvelle des femmes oui aiment mievx suivre et croire Fol Conduit et vivre à leur plaisir, que

0) biprîmé à Paris par RAvnottinl.

apprendre (sueune bonne setenee,

La Farce joijpuse rt récréativr dune femme qui demande des arrérages à son mari.

La Force nouvdle du débai d'un jemir moine et (Vun vieil gendarme , par -devant le dieu Ciqndon^pour une fille,

La Farce nowseUe et réeréaUoe du médecin qui guarist toutes sortes de maladies- a ussifait le nez d'une femme grosse et apprend à deviner.

La Farce de V Antéchrist et de tnAs femmes et deux poissonniers.

Le fonds la V.illière, à la bibliothèque royale (n° 63) , contient plusieurs farces manuscrites. Une des meilleares est intitulé : te MetreUct. On y voit Tamant d'une femme mariée, pour éviter le jaloux qui rentre , se caclier dans le retrait , ce que nous nommons la garde* robe, et s'y enfoncer si bien que sa téte seule dépasse In itinetto, quand lenMri est pris d'une colique violente.

liélas ! s'écrie alors V/M)mme à bonnes fortunes,

n^las! faut-il qu'un amonrmx Mette la teste en cjr ort lieu!. . .

Ktqu*eifl»«j, hélat. trrai Uieaf Las ! je ne |tuys avoir ma leste t Voycy pour inoj dore temprate ....

Voycy un rns Tort ptteyabtot...

Brou! ba ! ba !. . .

Le mari est si effrayé de ce qu'il entend , que sa femme et son valet lui font

aisément croire que c'est un démon, le démon de la jalousie qui s'est emparé de la maison. Pour le conjurer, il promet de n'àToir plus 4e soupçons; et, tandis qu*il se met aux g^noStt de sa femme, l'amant s'esquive..;..

Ces saletés plus ou moins spirituelles, que représentaient fré|uemment les Basochiens, étaient aussi jouées d*abord concurremment avec les soties par les Er^fants-sans'souci (voyez ces mots).

Mais éltes finirent par exclure ces pièces satiriques, en se rapprochant successivement de nos comédies modernes, sous le rapport du sujet et de la conduite de l'action.

Le plus remarquable monument de la gaieté comique de nos nncêtrrs est la cé\éhTe farce demaitre Pierre Pathclin.

Quand ou songe que cette pièce excellente , qui n*est point une imitation de Tantiqnité, a été composée avant Tan-

6g2 FARCES LXiS

née 1474 , où Pierre le Caron eu fit uae édiUon citée par la Caille (daus spu Histoire de l'imprimerie et de la lilw«iMe de Paris); quand on songe qu'à la fin du règne de Louis XIV, Brueïs et Paloprat, qui la refirent, n'y ajoutèreut rien d'essentiel , il est permis de s'étonner. La ^ande réputation de cette £ir^

fjénétra jusque chrz les étranjirrs;, h 'usage desquels Alexandre Connibert en donQ«) une traduction eu vecs l^ti^, imprimée à Paris en 154S, par Sii»^ daCotines , « pour François Estienne. »

Ce qui , dans les derniers temps, distinguait su rtout les farces des soties, c'est qu'elles n'avaient qu'un acte, les auteurs s'étant enfin conformés aux conseils des critiques de l'époque. " Or, dit du Verdier, dans sa Bibliothèque française, n'a farce qu'un acte de comédie, et la plut oiMirta est estimée la meilleure, afin d'éviter l'ennui qu'une prolixité et longueur apporteroit aux spectateurs. 9 ËHes se terminaient toujours far une ehaBson montée suc Ib mime ton que le reste de la pièce.

On comptait d<'s Tnrces Joyeuses, histrioniques y fabule u ses , enfarinées, morales, badines, françaixes , fac^ tteuses, récréatbm, etc. '

Parmi les acteurs de l'hôtel de Bourgof^ne, qui acquirent le plus de célébrité par leur talent a jouer des farces, on cite : Turlupin , Gtti*lot-6orju , G roafiuillanme, Gauthier-Garsuille , Jean Serre. Marot, qui, dans sa jeunesse, iigura parmi les Ënfants-sans-souci , a composé répitaphe da ee dernier Als* Èrtm$ alla comananoa ainsi :

Ci tlessoubs fri^l pt loge en terre . Ce très gentil fallot Jean Serre

' Qui tout plaisir alloit suyvaiit Et grand joueur en son vivant^ Non pas joueur A ", des ne qstllaiy Mais de belles farces gentilles.

Le poète nous apprend que Jean Serre jouait parfaitement les rôles de badin at d*forpg^»tf .

. . . , iiwà il «ntrak «« Mit*

ATWquM M chemise m1«, Lp front , lu joue et la narine

Tonte rouverte de farine, Et coiffe d'un buguin d'euCant £t d'nti b,iiit bonnet triomjilMiitp Ganiy de plaiocs d« cheppea» ; Avec tout «ate je répona Qa'eo voyant sa grâce niaise On n'esteil pas moins gay ni aise

VERS. FMCES

D'après ces vers, on peut juger dai!e.

au'était, au milieu du seizième siècle, I théâtre français. L4 mise en scène répondait, du reste, parfaitement aa grossier répertoire de ces acteurs enfarinés. Point de coulisses, point de décorations, point de machines. Trois morceaux de tapissark , dont daiu tendus latéralement , et le troisième dans le fond , ornaient et déterminaient l'espace occupé uajc les personnages. Les pjèoaa de Jodalle ne forent, sous ce rapport, pas mieux traitées que les farces , et le Cid ftit d'abord représenté avec ce simple appareil. Ce fut une révolution toute soudaine qui transporta l'art des tréteaux de la faroa au théâtre imniortalisé f)ar Corneille et Molière. Notre grand comique ne dédaigna pa5 de s'exercer dans ce genre secondaire f où Tavaient pricéoe les Piarce Cringoire , les Andrieu de la Vigne, las Pont-Alais, etc. IMais il fit voir en quoi la bonne et véritajl>le farce diffère de la poÊTade; et, dans le Médecin maiyé àti, PourcemugmCf les Fùmberies de ScapiUy on reconnaît encore l'auteur du Tartufe et du Misanthrope. A la même époque , Scarron relevait aussi la farce , en taisant représenter ses /oefalets, son Don Japhef d'Ai^énve.

Les farces se représentaient souvent à kl cour. « Ce bon roi Louis XII, dit le chancelier de THépital, dansnne harangue d'ouvertJirc des états généraux de 1561, prenoit plaisir à ouïr jouer tarées et comédies, mesme celles qui aatoient jouées en grande lieenea, disant que par là il apprenoît baanéonp de choses qui estoient faites en son royaume, et qu'autrement il n'eut pas aenes. »

On lit dans un compte da d^iansaa

de François P'"(*) :

« A Jean de l'Espine du Pont-Alais, dit Songe-Creux , qui a par cy-devant sayvy ledit seigneur avec sa banda, et joué plusieurs farces devant luy pour son plaisir et récréation, en don, 23{> Uv. tourn. »

Et plus loin :

A six Joueurs de fhrees et morali*

(.*) Inséré par MM. Cimber et Daiijou dans leurs jéraùves cur. de Chist, de Frtfpcc, t. m, p. 99 etsnnr.

Digiii^uu uy GoOgl

Vâ&ces FRANCE.

tés, en don et faveur des plaisirs, récréations et passe-temps qu'Us ont faicts audit seigneur, à jouer nouvelles farces et comèiies de matières Joyeuses, durant le séjour qu'il a &ict à ViUiert- Costerets, 4fi liv. »

Sous Henri III, au rapport de TEsiûile, « iM farcrars , bounons ei mignons » avaient encore tout cfédit h la cour.

Uenri lY prenait plaisir à faire jouer devant hà Groa-Gotiiaame; et notve

histrion, sans craindre les alluatona, donnait au Béarnais le Gentilhomme gascon, lin jour que le maréchal de Koquelaure , né sur les bords de la GaraBiM« assistait avec le roi à la représentatiot) de cette pièce , le courtisan , pour divertir son maître , faisait à tout bout de champ semblant de vouloir se lever pour aller battre Gros-Guillaume ; et celui-ci lui disait alors : « Cousis, ne bous fâchez. ^ Ces histrions avaient, comme on le voit, leur Iranc- parler à la coar eomme à la ville.

Tallemant des Réaux, qui raconte le fait précédent, nous donne aussi la description curieuse d'une farce jouée en société du temps de Louis XIII, dans ritotel d'un greffier du parlement, ami du prt'sidpnt Perrot d'Ahlancoiirt.

« D'Ablancourt , dit-il , passa de biori loin Qauthier-Garguille, dont il avoit imité l*habit. II. chanta aussi une chanson eonime lui. Menetor ( un autre acteur) surpassa aussi rTros-fitiilInume.

lis furent fort plaisants dans l'entretien 4|u'ils eurent sur le grand Caire , ou sire A iiselmn avoit , disait-H , été consu) de la nation franroise. « Ah vraiment, disoit Agathe (la présidente s'appeloit ainsi), nous nedtnerons de longtemps; voilà noon papa sur son grand Caire! » Patru et eWe se disent de fort plaisantes

choses D'Ablanconrt dit un tiiillioii

de folies, et quasi rien de ce qu on avoit prémédité. Feu M. le comte de Soissons, qui en ouït parler, voulut voir cette farre , car elle fut jouée deux fois. Patru dit qirîl n'a jamais tant ri qu'il rit aux répétitions n. »

Yen le milieu du siède dernier, les seigneurs de In cour, ennuyés du vernis monotone de politesse dont l'étiquette

O deiftén», 1 IV, p. t.

FAftGinB «83

exigeait quMls couvrissent leur corruption , s'anmsèrent encore à la franchise grossière de la farce, mais de la farce du plus bas étage. Quelques anteort, tfis (]ue Collé, composèrent, pour leur être apréahlps . un grand nombre de parades triviales, qui furent jouées en petit comité par ces grands seigneuit eux-mêmes .

On fit aussi, pour le Théâtre - Français, quelques farces inférieures, il est mf , a oelles de Molière, mais qui ne sont pas dénuées de piquant et de gaieté. Tels furent k Hol de Carafjne de Legrand et quelques petites pièces de Dancourt. Aujourd'hui ce genre de pièces est relégué sur les scènes seconr daires , ou il s'en fait encore line asscs ample consommation.

Fabe (la) , ancienne baronnie du Languedoc (aujourd'hui du dé|»rtement de la Drôme), érigée en marquisat en 164^. Cette seiîjnenrie a donné son nom à 11 famille de la Fare. Voyez ce mot.

Fabel ( Gufllaume ) , né à Gap , en 1489, fut l'un des plus ardi iits promoteurs de la rérormc qu'il prêcha tour à tour avec une éloquence éminemment

r»pulaire, dans le Dauphiné, en Suisse, Montl)éliard , à Strasbourg, à Neufrhatel , à î\letz. En l.'i32 , il s'étnblit à Genève et y attira Calvin, dont il fut le collaborateur et l'ami. Chassé de Genève ai 1538, Farel se retira à Neufchâtel, et y mourut en 1565. Il a laissé

Suelques ouvrages qui n'ont eu que peu 'ifllluence sur la théologie. Le plus intéressant a pour titre ; Jxhàee de Patprit.

Fabet (Nicolas), né à Bourg en Bresse en 1596 ou 1600, mort à Paris en 1646, fut un des premiers membres de l'Académie française, à la fondation de laquelle il avait contribué; mais c'est surtout aux vers suivants de Boiieau qu'il doit sa célébrité :

Aîmi 1»! kntrdMf qa'on vH avec Ftret

Charbonner de ses vers les murs d'un cabaret. . .

Il a laissé , entre antres ouvrages , une Histoire chronologique des Ottomans^ 1631 ; 1^ Honnête homme , on PArt da plaire à la cour, 1630, in-4'*; des Poé* sfps direrses insérées dans les recueils, du temps, etc.

Fargues (Balthasar de). Louis XIV pendant tonte sa viOtpoiirsQiTlt ayec

CM wàmat vmtms. vAim

acbarnement les auteurs et les souvenirs de la froDde. En voici im odieux exemple raconté par Saint-Simon (t. IV,

p. 418) : h une chasse du roi , en 1665, plusieurs seigneurs s'égarèrent et trouvèrent asile dans une maison près de Dourdail , chez un gentilhomme appelé Fnrpijps, qui nvait fii^nré dans la fronde, et qui vivait obscurément dans ses domaines. A leur retour, ces seigneurs racontèrent leur aventure en vantant Thospitalité qu'ils avaient reçue. Le roi leur demanda le nom de leur hôte , et dès qu'il Teut appris : <' Comment Fargues « est-il si prés d*ici ? » Pois il manda le premier président Lamoignon , et le chargea d'éplucher la vie de ce gentilhomme, en lui montrant un extrême désir quMl pût trouver le moyen de le faire pendre. » Fargues fut impliqué dans un meurtre commis au plus fort des troubles et, malgré l'amnistie, jugé souverainement et sans appel par une commission composée des juges du présidial qui le condamna à mort et le fit exécuter le 27 mars 1665. L'arrêt du malheureux portait qu'il avait été condamné pour concussion. Ses biens ayant été confisqués , Je roi les donna au président Lamoignon, dont la terre ( fiàville ) était voisine de la terre de Courson, appartenant à Fargues. Cette anecdote a excité les réclamations de la famille de Lamoignon, et fourni matière à deux plaidoyers justilicatils dans la Biographie universdk , dont l'ini-

gartiauté est trop sourent suspecte. On rouvtt aussi la malheureuse histoire de Fargues, racontée dans le premier volume des Pièces intéressantes et peu connues poùr servir à VkUÊoire, par de la Place. L*auteur laisse entendre qu'il l'a tirée d*un mémorial manuscrit de Duclos, secrétaire perpétuel de l'Académie. On peut encore consulter Lémontey, Essai sur rétablissement monarchique de Louis Xlf^f p. 198 et suivantes.

Farine (Pierre- Joseph) , maréchal de camp, naquit h Danrichard (Franche- Comté), le 2 octobre 1770. II entra, le 9 octobre 1701 , dans le 2" bataillon des volontaires du Doubs , et se distingua plusieurs ibis dans les affaires qui amenèrent le déblocus de Landau. Nommé successivement lieutenant et capitaine

de grenadiers, puis adjoint aux adjudants généraux, il fut attaché en cette dernière qualité à la division Saint-C3rr, chargée du bloons de Mayence. En 1 796 , il fit partie de la division Delmas , passa le Rhin avec l'armée de iMoreau , se distingua à Rendchen, Radstadt, Bopfingen , Nortiingen , Neubourg , etc. , et fut assez heureux pour établir une communication avec l'armée de Sambreet-Mense, d'après l'ordre qu'il en avait reçu du général Desaix. Chargé, lors de Ja retraite du général TMoreaii, de ramener, de Stockacii à Iluningue, le parc énéral de l'armée, plusieurs centaines e prisonniers, ainsi que tous les bagages des corps de l'armée , il fut rencontré par l'avant-garde autrichienne du corps du général Meerfeld, combattit à outrance contre des forces bien supérieures, fit tête a l'ennemi, mais reçut dans une mêlée très-vive plusieurs coups de sabre si violents, qu'il fut renversé de son cheval , fait prisonnier et conduit en Bohême. Cependant les heureuses dispositions qu'il avait prises sauvèrent son convoi. Après six mois de captivité dans ta forteresse de Thérésienstadt, le capitaine Farine revint en France ctfiit bientôt écliangé. Nommé aide de camp du générai xMichaud en 1797, il l'accompagna , en 1800, à Tarmée d'Italie , et se distingua au passage du Mincio. Devenu chef d'escadron au 23* régiment de dragons, il fit la campagne de 1805 en Italie sous Masséna, se distingua au passage du Tagliamento, fut chargé .

d'explorer et d'ol)server les gorges de Carifithie, et s'avança jusiju'au delà de Tarvis. Il lit, en 1806, la campagne de Naples, fut nommé commandant de la place et de l'arrondissement de Saleme, major du SD*" de dracons, le 7 janvier 1807, et, le 7 avril 1809, colonel du 4*" de n^éme arme oui servait alors au premier corps de l'armée d'Espagne. Uft grand nombre d'actions d'éclat, et notamment sa belle conduite au siège de Badajoz, en 181 1 , lui méritèrent l'honneur d'être cité avec éloges dans les rnî>pfirts du générât en chef maréchal Soult. Le. 16 m.ii de la même année, il fournit plusieurs belles charges sur Tinfiinterie anglaise , à la hatailled'Albuera. Le 25 du même mois, à Usagré, en Ëstramadure, après avoir eu deus cb^

Digui^uu uy GoOgl

FAAiJIES

FRANGE

tÀMKEM 68S

vaux tués sous lui , il tomba au pouvoir de Tennemi, fut rnuduit ;i Lisbonne, et (Je là en Aniik-tcrre , d'où il parvint à , s'ecliauper dans les deiiiiers jours de décembre 1811. Au mois de mars 1813, envoyé :\ Tarniée de Russie, il y protégea la retraite du maréchal MacdonaTd, qu'il joignit au delà de Kœnigsberg, prit iart aa combat de Braunsberg, et se eta dans la place de Dantzis; , dont il eut 'honneur de partager la belle et longue défense. Pendant Tarmistice conclu , le 4 juin , en Silésie, après les batailles de Lut/en et de Bautzen^ la garnison de Dant/.ig ayant communiqué avec la grande armée, le colonef Farine fut promu, le 26 juin, au grade de général de brigade. A la reprise des hostilités, il fut chargé du commandement de la première ligne de onvalerie, q!ii chargea si rapidement les quatre redoutes russes établies sur le front de Pitzkendorf , et qui s'en empara après avoir sabré ou tait jtrisonniers tous les fantassins qui les occupaient. Quelaue tem|}s après, les chevaux de cavalerie qui avaient survécu ayant été mangés par la garnison, le général Farine fut charge du commandement d'une brigade d'infanterie en remplacement du général Breissand, mort de ses blessures. Il remplit les fonelions de chef d'état-niajor général à la place du général d'iiericourt, atteint d'une maladie très>grave , fonctions qui, pendant les deux derniers mois du siège, firent peser sur lui tous les détails de la capitulation et de l'évacuation de la place. Le 2 janvier 1814, la garnison ayant été forcée de se rendre prisonnière de guerre, le Ljénéral Farine suivit son sort, et fut euinieiié à Kiew en Ijkraine, d'où il envoya, ic 4 juin, de concert avec les autres généraux français, également prisonniers de guerre, son adhésion à la déchéance de Napoléon. Bientôt de retour en France, il fut nommé par le roi chevalier de Saint* Louis et commandeur de la Légion d'honneur. Il exercnit les fonctions d'adjoint à l'inspection générale de la cavalerie à Strasbourg , lorsuue Napoléon revint de llle d^Elbe. L empereur lui donna le commandement de la i" brigade de la 3" division de cuirassiers. Jjtà 10 jutu, a la bataille de Fleurus,

cette brigade et tme partie de la division

Delort firent, en avant de Ligny, une charge qui eut le plus grand succès, et décida la retraite de l'armée prussienne : le général Farine y fut blessé d'un coup de sabre à l'épaule gauche. A Waterloo, il eut trois chevaux tués sous lui, et fut blessé d'une balle à la téte. Dans cet état, il se retira dans ses foyers, à Paris, et ne suivit point l'armée au delà de la I^ire. En déeemhre 1815, il fut chargé du licenciement de plusieurs corps de cavalerie dans la 21 division militaire; en J8IS, Il fut envoyé dans la 4^" division militaire comme inspecteur de la cavalerie, et eut la même mission, en 1817, dans la 10* division militaire. Il prit, en 18(8, le commandement do dépôt général des remontes de Caen; reçut, le l^"" mai 1821, le titre de vicomte, et fut nommé, le 20 juin 1822, inspecteur d*armes pour la cavalerie. 11 est mort en 1833.

Farines ( guerre des ), L'honnête Turgot , à peine entré au ministère , songea à mettre un terme aux criminelles manœuvres du pacte de famine.

(Voyez ce mot.) Masi il ne connaissait

Sas la puissance de « cet établissement, ont les comptoirs reposaient sur des ossements humains. > Dès que Tédit sur la liberté du commerce des grains fut rendu (1774), les sociétaires de l'infâme monopole excitèrent une disette, en faisant naître les plus graves désordres. Des brigands attroupés , criant qu'ils manquaient de pain, dévastèrent les boutiques des boulangers de la cipitale, et vinrent épouvanter le rot jus*

3ue dans Versailles ; d'antres, répandns ans les provinces, brûlèrent les moulins, pillèrent les marchés le long de la basse Seine et de TOise , arrêtèrent les transports des grains, les jetèrent dans les rivières , et brûlèrent des granges pleines , des fermes entières , trainant après eux la populace des villages , ameutant les citoyens avec de Êiux arrêts du conseil imprimés.

Turgot, effraye de celte échauffourée dont les fauteurs restaient cachés dans l'ombre, prit d'importantes mesures militaires, nfin de la réprimer et de protéger l'arrivage des grains. '\rous(jiietaires noirs et gris, ciievau-lcgers, geu-

éarrmk , gardes françiilMf 8visse6 et

invalides furent mis en mouvement. On plaça les uns sur les rives de la Marne et de la Seine, on charîtea les autres de farder les faubourgs < t les boulangcrieft (le Paris. 11 fut détendu de s'attroupej et (i exiger le pam au-dessous du prix courant, sous peine d'essuyer le feu des troupes Toynïeê «t 4^Êm jugé prév^* )ement. Le maréchal de Biron, chef de celte expédition, qu'on api>el a /a giMfrré €^s Jarines, avait sous lui quatre lieu* tenants généraux , on éiat>ma}0r oom* plet ; Tarmée étaît de 25,000 hommes; les officiers stipéripiirs touchaient leur paye sur le pied de guerre; le maréchal avait 20,000 livres par mois, outre une Mmme de 40,000 littes par an pour sa table. Au mal momentané de l'émeute, ofi substitua le mal durable d'un armement qui coûta au royaunie près d'un Million. En anéiM temps , la vaine importance que mettait le maréchal à son nouveau commandement lui attira maints brocards , maintes <;Uansons.

Mous en orteroos tin couplet :

Biron , tes gTbrieux travaux» '

En dépit des cabales.

Te fout passer |>our un héros

Sous Im piliirrs des halle» ;

De rue eu rue, au jieiii trot

Ta dranes la ranime;

Général digne de Turbot ,

Tu n'es qu'un Jean-Farfiie.

La commission prévôtaie fit pendre, avec grand appareil , deux idéhridus i «B gibet de 40 pieds de haut. Le Kei»* tenant de police Lenoir fut remplacé par un économiste. Ce furent la à peu près toutes les suttés de la guerre des farines.

Farines (journée des). Le 3 janvier 1591 , les ligueurs avaient inutilement tenté une surprise sur Sainl-Denis, occupé par les trouiies de Henri lY. Deux jours après , le Béarnais voulut à son tonr essayer de surprendre Paris. Cette tentative fut nommée la Journée des farines j parce qu'elle se fit par des of* ficiers déguisés en paysans qui, menant des ciliés, des chevaux et des charrettes chargés de farine , devaient demander Fefitrée de la ville. Leur dessein était d'embarrasser la porte et de se maintenir dans les corps de garde jusqu'à f arhvée des troupes cachées dans les

flfoboorg». Mais l'entrée leur fut refusée et l'alarme répandue dans Paris. Les troupes de Henri durent se retirer, et cette tentative n'aboutit qu'à faire in* trodaire^ns la ville onelôvte garoiscNi

espniznole.

Fatras ou Fastras, espèce de poésie où un vers était souvent répété : en toid un exemple ;

Le prisonnier Qui n'a argent èat en d.inf;er.

Le priscT.riicr

Pendre au imyer ^ '

lyC fait .irgent, Le pràeaoier Qni b's «ffniti

Les pièees de ven fairUéet offrant

ainsi de fatigantes redites, des phrases confuses, on appela /o/ms un amas de choses vaines, superllues , sans valeur.

Les filtras furent en çranë honneur llepma le quatorzième jnsqu*aa commencement du dix - septième siècle. Le / erger (Vhontietirj imprimé vers la lin du quinzième siècle, contient une pièce intitulée : DouMe fairaê feOronUlé, d une hallade en vers du ménie genre :

Toiisjoiirs joyri'» cl le |>f'l plain C'est la devise li'iiii Galiiys.

Too^oars joyeux et le pnt |itaill...

Austent en tÛ» huy que den^n.

Cal l« devise d*«n Galoys C'est la devisr d'un Galoys De Paris que hicti je congnoys , Plus linrJv (|ii'l.< l<n nr (i.'iuviiiaf Ne le preux Ogier le Duiioy-. :

Jamais à boire ne fut vain, Ke lui ckaïut que eea»te le pain. .

D'un bien ne» t'en fiasi e "5 U feyt i Pourtant, dit-il l'ti -.irn rr fr.iiti : Ainsi le tous mande « u lourdoys,

TiMi^oiin joyeut tt le pot ftaliu

Tauboubg, suburbhnn, ^meum

suburbiî. — On contfircnait autrefois sous cette dénomination tout le territoire sur lequel s'étendait la juridiction d*un château, d'une ville, d*une église, d'une abhaye; on l'appliqua ensuite, par extension, aux amendes encourues pour les délits commis dans l'étendue de ee même territoire. On a proposé pour le mot fanbouiig deux étvniologies; toiUc^ deux sont tir^'cs de l'allemand:

la première le fait dériver du mot vorburg, bourg b;Ui en avant de !a ville ou du château, ce qui motiverait très-bien raiicicnnc ortliograpiie (rajucs laquelle on écrivaitybr^6our^; la seconde le lait

FAUGHE-BOREL FRAf<€3& mUOBE^BMrEL i»7

venir de l'habitude où l'on étaft de séparer les villes de leurs faubourgs des palissades , pals ou poteaux; en aiie>mand, f^ahl ou pfaL Les Alteimodl àhent aujourd*bui vorsfadt.

FAtiCHARD, arme d'hast, formée d'une pieœ de fer, longue et tranchante des deux cdtés , où s'emmanchali Vta^ tréinité d*vne hampe. Le fauchard, ap* pelé aussi fauchon, était, nti quatorzièiTif et an Quinzième siècle, l'arme des gens de pieu , (jui prir'ent plus tard la pertiiisane, pu» la hallebarde. It tn fut fart Qsage an combat de Tvente , eà

Fauche-Bobel (Louis), issu d'une andentie famille de FraiHïhe-Gomté ,

réfugiée en Suisse après la révocation de l edit de Nantes , naquit à ISeufcbâtel, eu 1762.. Cet infatigable agent des hitrigulBa royalistes dirigeait à la révofcitiofi, dans sa viNe natale, tin vaste établissement typographique qu\ rendit beaucoup de services aux émigrés. En 1795, il abandonna foutes ses slffaire^ pour se vouer, sans réserve, à la cause des îîourhons; et il fut rliargé par le prince de Condé de faire à Pirheani des propositions de trahison. Dès le dehot , sa mission rédssit ; maiis le Directoire reçut quelques avis , et Piche^ru fut rappelé. Fauche lui-même ftit arrêté, le 21 décembre 1795, à Strasbourg. Comme ses précautions étaient bien prises, on ne trouva aucune * charge contre lui et il fut remis en liberté. Au mois de juin 1796, Louis XVIII Tenvbya renoticr des intelligences avec Pichegru , alors retiré à Arbois. Le plstû de Contrr-révolution élnit prêt lorsque le iiénéral fut nommé président du conseil des Cinq-Cents. Aussitôt, Fauche- Borel se rendit à Paris, d'après les intentions des pi'inces. La révolution tlu 18 fructidor vint renverser tous les projets du parti royaliste , et la correspondance ne Fauche avecTichegru, sai* aie dans les éouipages du général Klin* glin, «servit Je base à l'exposé de la conspiration que publia le Directoire.

Cependant, dès le lendemain même du 18 fiructidor, cet audacieux agent s*occupa de nouer .les fils d'un nouveau complot. Il se mit en rapport avec Barras, qui ne s'était oppose uu mouvement royaliste que parce qu^oà ne 8*é*

t>it pas cdnflé à lui (voypz Barras).

<)uelqries jours après, le directeur lui lit remettre un passe-port pour sortir de I^riB. Fauche passa en AngleterM pour attendre des communications que Barras s'était engagé à faire an prétendant. Des conflits et des malentendus, fn H0l|(Jll%nt ttitre Ini et m die» Instruments de ses menées, retardèrent l'envoi des lettres de Barras. Faurlie- Borel eut toutefois, en Angleterre, la Satisi'iaictioa de serrer dans ses bras son admi^ttblePic/iegru (ce sont les exprès* sions de ses mémoires), et d'infciriiier ce £;énérnl des dispositions de Barras.

Dès qu'on eut pu s entendre avec lui sur ee <)tie le directeur exigeait du roi pour prix de ses services, on porta à IMittau ces dernières communications.

Fauche reçut Tordre de continuer à iiomispondre srvec Barras, et profita du ds^ut d*iin courrier que le cabinet prussien envoyait à Paris , pour faire parveiur une lettre au directeur. Cette lettre , conçue de manière que les collègues de Barras pouvaient en prendre coininuTiiration , lui fut remise dans une Séance, et celui-ci n'en fit pas mystère. Xalleyrand proposa de comiuuuiqner avec Fauche, par le moyen dè M. Eyrfès, qu'il envoyait alors en mission à Clèves. Fauche-Borel, néanmoins, ne jugeant pas cette voie assez sûre, atténdlt que Barras lui envoyât son confident intime , le chevalier Tropez de Guérin, auquel il remit les lettres patentes (le Louis XVÎIL La révolution du 18 brumaire vint encore anéantir ces projets.

Les prépnrntifs de la paix d'Amiens ne ralentirent pas les menées des rovalisles. Llles semblaient au contraire prendre aloris une plus grande activités. Fidèle Neuchâlehis fut choisi pour être le médiateur entre Moreau et Pichegru; mais, à peine arrivé à Pans, il fut arrêté et conduit au temple. Après «nç détention de dix-huit mois, les instasces de l'ambassadeur de Prusse, et une lettre de S. iM. Prussienne elle-même, déterminèrent Bonaparte à lui rendre la liberté. Reconduit à''la firontière par les gendarmes, il partit alors pour B<'rlin, reçut un accueil llattcur du roi et de la reine , et ne ce&>a de rendre a la cause des Bouchons des services tels

688 PAUCHE-BOREL L'UMVERS.

rAtCHER

que Napoléon envoya, à la fin de 1805, trois commissaires à Berlin , pour faire de nouvelles réclamations contre lui.

Instruit à temps par la reine, il parti! pour Londres, conférant, sur sa route, avec le ministre suédois, puis avec le roi de Suède.

Nous ne suivrons pas cet homme dans ses menées avec l'ancien journaliste Perlet, espion de la police impériale, qui fut le premier à savoir le yaincre en siii)tiliw, ou bien dans Mf correspondances et ses querelles avec MM. d'Entraigues et de Puisaye.

De retour à Paris au mois d*octobre 1814, après diverses missions, il s'efforça plusieurs fois de faire parvenir des renseignements utiles aux Tuileries.

Mais la reconnaissance n'était pas la vertu capitale des Bourbons de la branche atnée. M. de Blacas, Tbommede confiance du roi, le repoussn. ne lui témoignant que des soupçons injurieux.

Cependant il continua à être l'agent du roi de Prusse , et voyagea, avec ses instructions , à Vienne, puis à Gand.

A peine fut-il arrivé dans ce foyer de l'émigration que M. de Biacas lui fit intinîer , par le 'directeur de la police , l'ordre de quitter la ville dans les vingtuatre heures. Fauche multiplia penaut trois Jours ses démarches auppès de plusieurs personnages influents et s'efforça de parvenir jusqu'au roi. Deux gendarmes lui furent d'abord donnés

f)our escorte; puis , transféré à Bruxeles, il fut jeté dans un cachot, où il resta huit jours. Il ne dut sa liberté

au'aux vives réclamations du ministre u roi de Prusse. Il parait qu'un semhlable traitement ne lui inspira pas la moindre rancune pour les Bourbons; ^ car il se mit, à la première nouvelle de la bataille de Waterloo , en devoir de concourir à la réintégration de la monarchie. Au mois d'octobre 1815, il publia , à Paris : Précis historique des dij/érentes missions dans lesquelles M. L. Fauche Jiorel a été employé pour la cause de la monarchie , stim de fvdros justificatives j in-S", fig., avec cette épigraphe^: Pœnam pro munere.

Cet ouvrage fut lu avec beaucoup d'cmmessement , et l'on y remarqua surtout les accusations formulées contre Perlet, qui répondit en accusant lui-même son

adversaire d'avoir trahi la cause qu'il défendait. Des mémoires très-curieux furent publiés dans cette affaire, et il lut enfin établi , par un jugement du tribunal de policf rorrectionnelle , en date du 24 mai 1816, que Perlet était un escroc, un infâme calomniateur, et que M. Fauche n'avait jamais manqué à l'honneur. Cependant, ce triomphe ne lui donnait aucun moyen de payer ses dettes. Après l'avénement de Geor-

§e IV, se voyant oublié par ceux qui fui evaient tant , il se retira en Angle»

terre , oïj il vécut d'une pension que le cabinet de Saint- James lui avait autrefois accordée. Le roi de Prusse ne iuî envoya que des lettres qui lui permirent d'ajouter à son nom la particule noble et le titre de conseiller d'ambassade prussien. Il fit encore plusieurs voyages, et reparut à Paris ou sa dernière ressource fut de faire publier, à grands frais , des Mémoires que personne ne lut. Tous ces mécomptes tournèrent la tête de ce malheAreux enfant de la di* plomatie. Il jeta un regard douloureux • sur les longs jours inutilement consumés au service des grands , revint dans sa patrie , en juillet 1829 , et, au bout de quelques semaines , cédant à son désespoir, se précipita du haut d'une fenêtre de sa maison. Telle fut la fin de l'homme qui disait naïvement avoir fait,

f)0ur la ruine de Napoléon, plus que les luit cent mille baïonnettes étrangères dont on a vu un moment la France hérissée.

Faucher (César et Constantin , frères), généraux de brigade, naquirent jumeaux à la Réole, le 12 septembre 1760. De tous les procès qui marquèrent l'époque réactionnaire et sanglante de 1815, le plus monstrueux fut assurément celui de ces deux frères. Mais avant de raconter leur mort, retraçons quelques particularités de leur vie extraordinaire et toucliante.

Ils étaient en naissant d'une ressemblance si parfaite, qu'elle trompait quelquefois leurs parents eux-mêmes. Plus tard, dans Icjirs iznrnisons, ils furent obligés, pour étiler les méprises, de porter à leur boutonnière une Heur différente. Avantages d*uiffe heureuse physionomie, qualités du cnnur, qualités de l'esprit, celles que la nature accorde et

PAUCHBR

FRANCE

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