‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 88 sur 97 · FAUCHER · texte numérisé non relu

FAUCHER

celles que donne l'éducation, ils |K)ssédaient tout cela à un liaut degré. Ils étaient bons, braves, bienfaisants, aimables, instraits, éloquents. Ils eurent le bonheur de recevoir des leçons du vieillard deFerney; îVecker, Bailly, Mirabeau, les honorèrent de leur e'stime et de leur amitié. Jamais ils ne se quit* tèrent, ni dans leurs jeux , ni dans leurs études, ni dans les couibats. Chose extraordinaire, leur esprit comme leurs traits avait une ressemblance parfaite; si l'un d'eux, en l'absence de son frère, discutait sur un sujet quelconque, l'autre, en arrivant « suivait avec une inerveilievae fadlité les idées de son frère, et entrait dans la discussion comme s'il y eût pris part dès le commencement.

. Au l*** janvier 1775, ils entrèrent aux <dievau-l^era; un peu plus tard, ils passèrent avec le grade de lieutenants dans un régiment de dragons. A cette époque, alliant à l'étude et à Texercice de Part militaire Pétude des lois, ils se firent tous deux recevoir avorats. En 1791, César fut élu président de fadininistration et commandant des gardes nationales du district de la Réole. Constantin, nommé à la mcnic époqiu' commissaire du roi, puis président de la municipalité du chef-lieu de ce district, signala son administration par divers actes de bienfaisance et de désintéressement pendant la disette et lesiuoudations qui désolèrent le pays.

En 1 798 , ils formèrent un corps franc d'infanterie, sous la désignation d'Enfants de la Réole, et se dirigèrent sur la Vendée, où les troubles commençaient à éclater, lis recommencèrent, en qualité de volontaires, leur carrière mi* litaire. Leurs talents et leur bravoure les tirent bientôt distinguer. Ils lurent faits en même temps gé^néraux de brigade, après avoir parcouru rapidement et ensemble tous les autres grades. Là devait se terminer leur carrière militaire; les nombreuses blessures qu'ds avaient reçues les obligèrent à quitter le service; mais au moment de quitter l'armée, ils fnilliront penr ensemble sous l'accusation de lederalisme. On les conduisait à Téchafaud , lorsqu'un re« présentrint du peuple osa leur faire grâee, en faisant reviser et casser te Jugement

(jui les avait condamnés .'i mort. Rendus à la liberté, ils se firent transporter en litière à la Réole, où leur convalescence fut très-longue. Leur ami, le général Kléber, disait : « Ils ne peuvent plus «aller en avant; mais qu'on les place «comme pièces de position, cela leur « conviendra ; je les connais, ils n*ai- « ment pas à aller en arrière. «

En 1800, Constantin fut nommé souspréfet de la Réole, et César membre du conseil général de la Gironde. Ils exercèrent ces fonctions jusqu'en 1 803 ; mais depuis lors jusqu'en 1814, ils restèrent complètement étrangers aux affaires publiques. Ils ne reparurent sur la scène publique que lorsqu'ils virent le territoire menacé par l'étranger. Durant les cent jours, ils furent nommés chevaliers de la Légion d*honneur, et employés en qualité de maréchaux de camp â l'armée des Pyrénées-Oecidcntales. Bientôt après, César fut nouune représentant par le collège électoral de la Réole, et Constantin élu maire de la même ville.

Ce dernier fut nommé commandant des arrondissements de la Réole et de Bazas, lorsQue le département de la Gironde fut déclaré en état de siège.

I,c drapeau blanc ayant été arboré à Boi dtMux, le 22 juillet 1815, le général Clausel, commandant du département, ordonna aux frères Faucher de cesser leurs fonctions. Ils obéirent ; mais le 24 , les bandes du Midi , qui s'arrogeaient le nom de gardes royaux, parurent à la Réole , y commirent des excès , et firent entendre des menaces de mort contre eux. Des citoyens offrirent leurs secours; les deux frères acceptèrent, et en prévinrent l'autorité, (|tii ne les désapprouva pas. Les gardes royaux S6 retirèrent le '^0. Pendant leur séjour, Constantin écrivit^onfidentiellement au générai Clausel pour le prier de faire rétablir l'ordre. Cette lettre contenait

ces mots : «• Dans cet état de ckO"

n ses, notre mahon est réelfement en « état de siège; et^ au moment où nous • éerlvùnsj nos armes sont là y nos « avenues éclairées, te corps de la a place en défense, et nous ne crai- « gnons pas la désertion de la garni' m son. » Le général Clausel , qui était au moment de son départ, remit cette lettre au prélet; et cefuircit par un ar-

T. Tn.44' IJvrtriton. (Dict. sngygl., btg.)

rélé, ordonna au capitaine commandant 1 la gendarmerie du département de se rendre à la Kéole. Cet ofSeier fit d*e9 perquiBitAms dsnf la nmisoil' d« César et dé Goostamitff, y trouva, soivanf le^ termes de son procès-verbal : t" deux fusils doubles de chasse; 1» huit ftisHs «impies également èt châsse, dont frûis horà de service; 3" un f\]sil de munitk>n nvec sa baïonnette; 4" une carabine de chasse; 6° deux gros pistolets de cuivre; 6" une paire idem d'arcon; T trois sabres pour la cavalerie lé^re; 8" deux briquets dont un sans fourreau; 9° sept vieilles épées dont cinq ne peuvent sortir du fourreau , non compris leurs épées d'uniforme que nous* arona cru devoir leur laisser; 10" huit pétards jnontés sur des affûts et qui ne sont propres qu'à faire du bruit, et qui sont du calibre du petit doigt; W ennn sept piques dont deux pour des drapeaux, et

âui étaient en évidence daos te vestibule e la maison.

Presque toutes ces armes avaient été oubliées dans les greniers, et on ne les

trouva qu'après de longues recherches faites par îes frères Faucher eux-mêmes peiidiint la visite domiciliaire. L'officier de gendarmerie transmit son procèsverh il au procureur du roi. Celui-ci ne voyait aucune preuve de délit; mais homme de réaction , et voulaut à toute force la téte des deox frères, il motiva sur des bruits publics Tordre de les ■faire traduire devant lui et les envoya en prisoQ , sur un mandat de dépôt, comme surpris en flagrant délit, et eonvaineus d'avoir forme un dépdt d'armes.

Le 9 aoilt, les prévenus furent transférés à Bordeaux. Interrogés le 18 et le 19, ils furent, le 22 septembre, traduits devant un conseil de guerre. On leur refusa le dékii néressaire pour trouver un défenseur ; plusieurs avocatss'étaieiit récusés. Ils se défendirent mutuellement; ils lé firent avec une grande élo-

Suence, et n*eurent pas de peine à réuire à leur juste valeur toutes les charges ^ue l'on avait fait peser sur eux ; mais les réacteurs de cette époque avaient soif du sang des militaires : les deux frères furent condamnés à mort.

Le 2(i, le conseil de révision confirma <se|ugeuieiit, et il fut exécuté le lendemain. « Les fr^es Faucher, dit un nar-

rateur contemporain, s'embrassèrent avant de sortir de prison , craignant (ra'au dernier moment leur sensibilité raffiliblll leur eourage. Yls alléreni k |Hed, en se donnant le bras, jusqu'à, une prairie désignée pour le lieu du Supplice. Pendant le tnget, qui fut au moins d'une heure, ils oonsenrèveat le même sang-froid , la même fermeté. Ils saluaient . en souriant, les personnes de leur connaissance, qui s'étaient mises aux croisées pour les voir passer. Ils refusèrent de se laisser bander les yeux et de se mettre à genoux. César commanda le feu; tous deux tombèrent soûs les balles, et une même mort réunit <!euY qu'aoenne eirconstanee de la vfe n'avait séparés. Existence vraiment extraordinaire, dont on ne trouve d'exemple que dans les lictions poétiaues! Ils regardèrent la mort eonune un Bienfait, puiMuMIs la recevaient ensemble. »

« Les publicistes qui rejettent la peine de mort, dit M. Lacretelle, peuvent, entre mitîe autres exemples, s'autoriser de celui des frères Faucher. »

Fai'chrt (Claude), historien, né à Paris en l.>29, fut attaché au cardinal de iournon, qu'il accompagna en Italie , et obtint ensuite la place de pre^ mier président de la chambre des monnaies. Il paraît que son existence ne fut

Sas très-heureuse, puisque, en 1599, il it réduit à vendre sa charge pour payer ses dettes. Le P. Lelong raconte que Fauchet étant allé cette année-là à Saint- Germain , pour offrir à iienri IV un de ses* ouvrages , le roi racéoefflit firalde* ment, et lui dit seulement qu'il avait fait placer son buste en pierre dans une des niches du bâtiment neuf. De retour à Paris, le pauvre auteur adressa au roi un placet qui commence ainsi :

J'ai tronvé dedantSainl-Geruisin De mes longs travaux le salaire % Le Ni de pierre m'a fait faire.

Tant il courtois et homain.

S'il pouvoit aw^^i bien de raioi Ile garantir <jii<- umii ^mai^e,

Oh 1 que j'auioii r.ui Imn vnyagel

Le roi rit beaucoup de la plaisanterie , et accorda à Faochel une pension avec le titre d'historiograplie de France, avantages dont il ne jouit pas longtemps, car il mourut à Paris en 1601.

Ses ouvrages historiques contiennent des documents importante f mafii ili

fAUCHET

flanquent de gortt et de critique , et sont écrits d'un style lîrossier. Ils ont élé recueillis sous le titre d'Ojtluvres de Cl. Pauehet (Paris, en I6t0, S vot. itM"). Oll V remarque les Antiquités gauloises ef français fis ; la Ffeur et le déclin de la maison de Charlemagne le Reciteil de fork/ine de la kmgue et poéti& fMnfoaef ryme et romans ; plus les ftoms et sommaires des œtivres de i27 portes français vivant avant l'an 1 300, Paris, 1581, in-4% ouvrage très-curieux, rare et recherché; un traité De la ville de Paris ; d'autres sur VOr/r/inr dps dignîth de France ^ des chera/iers , armoiries, etc; sur les Libertés de l'Église gallicane. Il a laissé aussi une traduètion des Œuvres de Tacite , V:\rh ^ 1682, in-fol.; 1583, in-4"; 1584, in-8"-. Dialogues des Orateurs y nouveliement iàis en français y ibid. , 1585, in-8».

fADcastCCIaude), évéque constitationnel, naquit à Dorne (Nièvre) en 1744. Prédicateur du roi , abbé coiiiitiendataîte de Motltfort , il n*enchaina point pour cela la liberté de sa penséë' et riiidéfiendance de ses opinions. La' pllllo^upllie qui transpirait dans ses discours parut souvent plus liardie qu'il ne convenait à son caractère, à sa position. T.f'S rians impétueux de sa verve oratoire déplurent, et il éprouva l'humiliation de se voir rayer de la liste Aes prédicateur^ du roi. Cette disgrâce* contribua sans doute, |)lus que tout autre motif, à lui faire embrasser ardemment les nouvelles doctrines uolitiques.

Déjà l^ardeurde son imagination Pavaflf jeté (l ins la secte des illuminés. Kn 1789, il déploya le plus grand zèle dans les assemblées des électeurs et des sections et , à la prise de la Bastille , oh te vit , le sabre a la main , figurer ail nombre des plus intrépides assaillants.

Les mémoires du temps prétendent que c'est lui qui ramena trois fois de suite le peuple , dispersé par le canonf de la forteresse. La chaire fut dès hu'S pour lui lui autre champ de l}ataille sur lequel il ne cessa de porter de rudes coups à l'édifice monarchique et relig)(ni\. C'est lui qui proposa, en 1790, de réunir toutes les gardes nationales de France sous le commandement de IffFat^eUe. Déjà éleetoulr de Paris* et memore du comité permanent du 14

juillet, il fut nommé Tahnée suivante évéque constitutionnel du Cnlvados.

Durant l'exercice de ces fonctions , il publia une brochure oû il développait la nécessité d*une loi agraire. Le district de Caen le dénonça à raison de cette publication, et le ministre de la justice le décréta d'accusation ; mais il trouva An appui victorieux dans les électeurs , qui allèrent le chercher dans sn inaison , l'amenèrent en triomphe a leur assemblée, l'élurent président, et le nonnnèrent imnVédfatément premier député à la léi^islature. A peine installé connne représentant du Calvados, il se porta comme accusateur des ministres , jMrla contre Iles éiAlf^s, contre les prêtres réfractaires , signala les menées de Coblentz et celles des agents des princes à Paris. En 1792, il demanda la suppression èt» félicitations de nouvelle année aue les grands corps dé TÊtat étaient dans l'iisage d'adreSvSer au trône ; renouvela ses attaques contre ministre Delessart, et impliqua la Fayette dans l'accusation de vouloir attenter à la liberté de la nation. A cette époque , et pendant la séance où fut décrétée l'abolition du costumé ecclésiastique, on le vît s'empresser dédier sa calotte pour la mettre dans sa poche.

Cependant, devenu membre de la Convention , il y montra un considérable changement dans ses principes.

Ainsi , lors du procès de Louis XVI, il vota rappel au peuple et le bannissement. Il se prOnohça également contre le mariage des prêtres et pour le n)aintien du culte catholique. Ces manifestations , et plus encore ses liaisons avouées avec tous les chefs de la Gironde, ne tardèrent pas ?i lui attirer la haine des montagnards. Il fut d'abord rayé de la liste des jacobins , et dénoncé pour avoir procuré un passe-port à l'ex-ministre Karfoonne. Cependant il continua jusqu'au 3! mai les fonctions de secrétaire de l'Assemblée, qu'd exerçait depuis quelques mois. Mais, après avoir VU proscrire tous ses nouveaux amis , il se suspendit lui-même de ses fonctions, en déclarant qu'il se mettait sous la sauvegarde du peuple. Cette i>eur tardive ne le sauva pas. Le 18 Juillet im, Chabot TaocoM noii-ieidement

FAUCONNERIE L'UNIVERS. rAUCJDllinW

d'avoir trempé dans tous les projets des fédéralistes, mais encore a'avoir encouragé l'attentat de Charlotte Corday.

(Le jour de l'arrivée de cette femme à, Paris, elle avait été conduite à h sénnce de la Convention par l'abbé Fauchet.) Ce fut principalement sur ce dernier chef d^aocusation aoe, le 3 octobre, après le rapport d Amar, la Convention le décréta d'accusation , el que le tribunal révolutionnaire le condamna à mort. Il marcha à Téchafaud le 31 du même mois, avec les 21 députés de la Gironde. L'abbé Fauchet a laissé un assez grand nombre de discours.

FAUCOèNBY , petite ville située jadis dans la Franche - Comté , aujourd'hui dans le département de la Haute-Saône, arrondissement de Lure. Son origine paraît très-ancienne. Elle fut chef-lieu d'un domaine dont les seigneurs prenaient le titre de sires de Fnnro'^nev, vicomtes de Vesoul. Un Jean 111 de Faucoiçney épousa Isabelle de France , fille de Philippe le Long. Au temps de la domination espagnole , rette ville était entourée d'un rempart très-élevé, et avait un château avec garnison. Il existe encore une partie des anciennes fortifications démolies pendant les guerres qui précédèrent la conquête de la province. En 1G74, Faur.ogney fut la dernière à se soumettre à Louis XIV.

Le marquis de Resnel l'emporta d'assaut et la brûla, le i juillet, après deux ou trois jours d'im sieup pendant lequel les bourgeois et la garnison avaient déployé la plus grande bravoure.

La population actuelle de Faucogney est de 1,600 habitants.

Fauconi^ëau, pièce d'artillerie qui a été en usage depuis Charles YIII jusqu'au commencement du dix -huitième siècle. Il y en avait de forts et de légers. Ces derniers étaient portés à bras par des goujats, des pionniers. Le poids de la balle âes fauconneaux variait d'un quarteron à 5 livres. La lonsnenr de la pièce était ordinairement de 6a 7 pieds, et son diamètre de 2 pouces. Les mots : bombarde allongée, falco?met,faveon* nef, étaient synonymes de fauconneau.

'Le faucon, espèce de canon du â"* rang» avait 3 pouces de diamètre.

Faucornsrix. L*art de dresser pour la chasse les oiseaux de proie, et parti-

culièrement les faucons, était en grand honneur au moyen âge ; il perdit presque toute son '^importance lors de la ruine de la féodalité, et de l'emploi des armes à feu à la chasse. Cependant, Louis XIV consacra encore des sommes exorbitantes à sa fiiuconnerie^ qui fut gouvernée sous lui et son successeur par un nommé Lerov. Le duc de Courlande et le roi de Danemark envoyaient chaque année , au roi de France , des oiseaux de ehasse qu'ils avaient fait dresser. Le grand mnître de INlalte lui envoyait aussi annuellement douze faucons] et il clait d'usage que le chevalier* porteur de ce présent réçût du roi un don de 3,000 livres.

Les honuïies et les femmes nobles avaient seuls le droit de se livrer à la chasse au faucon. On* s'enveloppait la main pour cet exercice , d'une espèce de gant particulier , sur lequel on portait cet oiseau. Cette partie du costume des chasseurs se distingue facilement sur les peintures et autres monuments du moyen ûge, et peut servir à faire reconnaître la qualité des personnes qui y sont représentées.

Fauconnier (grand). Cétait le titre que portait l'officier qui avait In surintendance <le la fauconnerie du roi , et nommait a tous les ofiices de cet établissement. Le grand fauconnier prétait serment de fidélité entre les mains du roi. Tons les ni;ir('li:mds faurormiers étaient obliges , sous peine de confiscation de leurs oiseaux, de les lui présenter avant de les mettre en vente, afin qu'il choisît ceux qui pouvaient convenir à la fauconnerie du roi. Outre le titre de fauconnier du roi, ceux de mestre fauconnier des oiseaux du roi , de mnître de la fauconnerie du roi , de garde des oiseaux du roi, ou de premier lauconnier du roi , se rencontrent fréquemment dans les actes jusqu'au quinzième siècle. Ce fut alors que prévalut le titre de grand tiiuroiinier.

JÀsfe chronologique des grands fauconniers de France (*).

Jean de Jieaune, fauconnier du roi, depuis 1350 jusqu'en 1358.

(*) Cette liste est extraite de V Histoire des grmtds officiers de la eourome, pw le P. Anselme.

PAUCONHIBK FRANCE. PAVQVnUBR€UBS 696

Etienne Granche , maître fauconnier du roi , en 1374 , soas Philippe le Hardi.

Simon de Champdivert j mort ea

Pierre de MontguignardouétMoiU' quyardy en 1313 et 13 2 1 , sous les rois Philippe pt Charles le Bel.

Pierre de Mcu/ry.

Jeun de Champdavaine, en 1317.

Philippe Dauvin, seigneur de SarrU quier, en 1337 et 1353.

Jean de ScretiHj fiiuconnier et garde des oiseaux du roi, en laôl.

Jean de PUseleu , en 1343 et 1354.

Eustachede Cechy cniSissfjj maître fauconiaer du roi en 1304, et maître de la fauconnerie en 1367 et 1371.

Nicolas Thomas* en 1371.

^ndré de Hvmiéres , dit Drieu , eu 1372 et 1378.

Enguerrand Dargies , en 1381 et

Jean de Sorvillier, en 1394 et 1402.

Eustaclie de Gaucourt^ sieur de Vicy, dit Raffin , grand fauconnier de France, en 1406 et 1412.

.le cm Malet , f^* du nom » sieur de G ra ville et de Montami, i:r;iiu! paneticr d(; France , pui2> grand iaucouuier , en

Nicolas de Bruneval, en 1416.

Guillaume Desprez, en 1418.

Jean de S. Luhen, premier fauconnier du roi, en 1428.

ÂmmUetde Caresy premier fouoonnier du roi, en 1441.

Philippe de la Chéire, II' du nom, en 1433 et 14â2.

Georges de la Chà^e , en 1455 et

Olivier Salart, sieur de Bonnel, en

Jacques Odard, sieur deCursav, en

Raoul de r'ernon, seigneur de Montreuil - Boimin , grand fauconnier de France, en 1514, mort en 1516.

Hené de Cossé, sieur de Brissac, en 1521.

Charles de Cossé, I^' du nom, comte de Brissac, maréchal de France, exerça aussi la charge de grand fauconnier, ae 1540 à 1563.

Timolèon de Cossé, comte de Brissac, en 1563.

Charles II de Cossé, duc de Brissac, en 1580.

Robert, marquis de la FîeuoiUe, en

Charles /»% duc de la yieuville.

André f^ivonne , en 1612, mort en

Charles d* Albert, dwûeJÀtyties, en

Claude de Lorraine, duc de Chevreuse, en 1622.

Louis - Charles d^ Albert , duc de Luynes, en 1643.

Nicolas Dauvet , comte des Marêts, en 1650.

Henri-François Datscet, comte des

Marêls, en 1678.

François JJauvet, comte des Maréts, en 1678.

Faucbb, pièce de fer ou d'acier, qui, placée au coté droit de la cuirasse des nommes d'armes , servait a soutenir lu lance en arrêt. L'usage de eet accessoire paraît remonter au milieu du quatorzième siècle.

Faulquemot, ancienne seigneurie de Lorraine, aujourdliui chef- lieu de canton du département de la Moselle, érigée en manjuisat en 1629.

FAi orEMBi- HdUEs , bourg de TArtoi.^ , auj. du (lep. du Pas-de-Calais , à 3 myriam. de Saint -Orner, et qui fut autrefois une place importante. Renaud , comte de Houlogue , la hrdla eu 1198, et la détruisit eu grande partie. Les Anglais la pillèrent en 1355. Charles VI, en considération des pertes que les habitants n\ ;iient éprouvées, de l'attachement qu ils avaient témoigné pour sa muse, et de la promptitude avec la-

auelle l'on avait relevé leur ville, inceniée en 1 370, les coulirma, en 1 385, dans la possession de plusieurs privilèges.

Ce bourg est la patrie du célèbre compositeur Monsigny. On y compte aujourd'hui environ 1,000 hab.

Fauquemberoi ks (monnaie de). Les seigneurs de Fauquembergues possédaient le droit de monnayage, un lit dans l'ordonnance de Lagny, en 1315, que la tnonnaie de la dame de Fauquembergues devait être à 4 deniers 12 grains de loi , c'est-à-dire , à 4 parties et y d'argent sur 12, et que l'on devait en tailler 204 deniers au marc. Cetl(3 dame était Alix de Brabant , à laquelle

6M VAUWIL

L*UIIIVEltS

FAmm

on attribue les seuls deniers que Ton connaisse de cette ville. Ces deniers représentent, au droit , une dame tenant d'une main une branrhe, et de l'autre un oiseau ; et au revers , une croix , tantôt seule , tantôt cantoiuiee de quatre roses.

Une autre monnaie , imitation évidente des oboles parisis, porte, d'un

côté, dans le champ , le ipot ep

deux lignes. La légende comitissa db

est continiu't', ou revers, par le mot Fav- QV£NB£RG£ autour d'uuc croix. Cette dernière monnaie était destinée i avoir cours dans les provinces françaises, tandis que les deniers dont nous venons de parler avaient été frappés pour la Flandre. C'est ce que prouve évidemment le style de sa fabrication , qui est tout flamand, Jeanne de Luxembourg, dame de Ligny , nrliet i , en 1372 , le comté de Fauquember^ues ; nous ne connaissons plus, à partir de cette époque, aucune pièce relative à l'histOlK monétaire de cette localité.

Faubiel ( Claude -Cbarles), professeur de littérature étrangère à la facqHé des lettres de Paris, membre de l'Institut (Ar.'uJémie des inscriptions et belles lettres), né à Saint-Fltienne, département de la Loire , vint se fixer à Parfs à la fin du Directoire. La vue de ce gouvernement était faite pour inspirer à une âme noble un profond dégodt des hommes et des cboses politiques; ce fut le sentiment qu'éprouva le jeune Faurîel; aussi prit-il la résoliilion de vivre dans la retraite et l'obscurité , et de se consacrer entièrement à l'étude. Il était attiré par un goût prononcé vers les sciences bistoriques : il s'y livra avec ardeur; mais reronnnissant bientôt la nécessité d'appliquer a l'avancement de ces sciences tes ressources de la philologie, il se trouva amené à recommencer seul ses premières études, qui étiuent restées imparfaites, et acquit ainsi des connaissances qui , aujourd'hui , ne sont

Sas un de ses moindres titres à Testime u monde savant.

Il contracta , à cette époque , des relations intimes avec des hommes trèsdivers par leur position et leur genre de mentp. T,es uns Tnitlèrent de leurs exemples et de leurs conseils ; les au-

tres influèrent d'une autre façon sur sa carrière littéraire. Parmi ces derniers, nous devons cit^ le célèbre poète danois , feus Ba^gesen , dont l'un des plus beaux ouvrages a été traduit d.ins notre langue par M. Fauriei : nous voulons parier de la Parthénéide. C'est un poëme dans le goût de Hermann et Dorothée, où les for?nules du style homérique sont également appliquées sans ineonvenance et sans trop de bizarrerie aux tableaux de la vie et des mœurs bourgeoises. Cet ouvrage est très-inférieur à celui de Goethe pour l'intérêt , le motif et la composition; mais les accessoires en sont Deaoconp plus brillants. La scène se passe en Suisse , en

f)résence des merveilles des Alpes, dont 'auteur (jlonne une description magnifique et vraie. M. Fauriei chercha, ep faisant passer d uis notre langue ces tableaux de la nature, a se délasser d'étu()es plus graves et pjus sérieuses. Sa traduction parut en I8f0.

Un autre étranger fut aussi , à la même époque, son ami : c'était Alexandre Manzoni , qui , depuis, a fait tant d*honnepr h Tltalie, mais qui, alors, n'était qu'un jeune liomine inconnu, dont M. Fauriei eut le mérite de deviner le talent et de prévoir la renommée. C*est à lui que nous devons la première traduction en français de (jleu?c des plus importants ou\Tages de ce grand poète italien, CanJiagunfn et Jdelchi. A la version de ces deux pièces, M. Fauriei joignit un morceau considérable, en |>rose, dans lequel Manzoni discutait sérieusement quelques -itns des points capitaux des théories dramatique^. La doctrine des fameuses unil;és était encore intacte; il ne voulait pas la détruire, mais la modifier de manière qu'elle ne fût pas en désaccord avec ^a raison et avec le but de l'art. Peut-ftre ses idées auraient-elles été utiles, si l'on ovnit eu le temps de les discuter. I\lnis la révolution dramatique éclata si soudainement, que Ton n*eut, pour ainsi dire, pas le loisjr de les traiter de paradoxes; paradoxes et préjugés, tout fut franchi d un bond par les novateurs.

Cette traduction parut en 1823.

|>es événements du plus haut intérêt attirnient alors vers In Grèce les regards de toute Tli^urope. Quelques chants po-

LiyiiiztiO Dy <jO

FRANCE. FAURtS DE ST-VINCENS 695

vlnîres des modernes Hellènes toraèrent entre les aiains de M. Fauriel.

Frappé des bMutéB île ces souvelleft poésies honié]rfq(ue8, il parvint i en eoin-

poser un rècueil ; et cet ouvr(i2e , qui parut en 1824, augmenta l'interéi qui s'attaciiait déjà à la cause des Grecs, et donna H signal des recherches dont les chants populaires ont été depuis, de toute part , l'objet. C'est à Tinitiative pnse par M. Fauriel aue nous de- Tons ptnsieurs recueils senmialiles, d*aii Intérêt particulier pour nous; nitre autres , celui des Chants populaires de la Bretagne^ Tun des plus importants ^ue Ton ait publié dans aucune langue,

M . Fauriel partit ensuite pour l'Italie; il y passa trois ans, et ne reviqt en France gu'eh 182S. Il se llm alors avec une grande ardeur à l'étude des îan,2;ues orientales , de Parabe , du sainscrit, et fonda, bientôt après, avec MM. Abel Rétnusat, Saint -Martin et de Lasteyrie, la Société asiatique, att jonrnnl (\c laquelle lia fourni puisieoTS savants articles.

Nommé, en i 829, professeur de littérature française à racadémie de Genève, il hésita un instant à accepter; mais la révolutipn de juillet, qui arriva bieptôt après, vint enfm lui donner, e(i *Fïrance , une place digne de son mérite. M. d)e Brogjie , un moment ministre u^ j'instructioi) publitiue, fit créer, pour lui , une ehaii*e de littérature étrangère à la facilité des lettres de Paris.

Son ffUtoire de la Gaule métiéîonale y sous la domination des conquérants germains (Paris, 1836, 4 vol.

in-8°} , l'un des plus savants et des plus remarquables ouvrages qui aient été publiés dans ces derniers temps (*), lui ouvrit les portes de l'Académie des inscriptions et belles - lettres , où jl entra , en 1886, en remplacement de Petit- Badel.

Depuis, M. Fauriel a traduit et pijiblié ui)p Histoire de lu croisade contre Ifig iérénques albigeois , composée en ver^ prifpencaux par tm avteur contemporain (**) ; i! a fourni des articles

(*) Nou« reviendrons sur ce beaa travail dai)^ l'arAicle que uuu^ cuo^utro^s à ^tre

(**) Paris z837 , îd-^"*, dans k coUeclion

à plusieurs recueils périodiques , entre autres, à la Hevue des deux mondfs^ Enfin , H a traité , dans ses cours a la faculté des b ttres, les plus hantes ques* tions de l'histoire littéraire.

M. Fauriel est un des hommes qui ont m.is en France le plus d'idées en circulation. C'est une Ténté que d'autres orrt signalée avant nous, et de laquelle sont convaincus tous ceux qui ont entendu les leçons du savant professeuf.

Nous croirons en aroir 4it asses pour faire npprérîpr le mérite de ces leçons, quand nous aurons rappelé que plus d'un auteur, après y avoir assisté, n'a eu besoin que d'une bonne mémoire pour se créer des titres scientifiques sérieux. D'ailleurs , M. Fauriel n'est pas un de ces professeurs qui croient leur tâche terminée quand ils sont descendus de leur chaire; accessible*à tout le monde, il n'a jamais refusé ses conseils ; et plus d'un jeune écrivain lui doit l'utile direction qui le mène à la science et .à la renommée.

Fatirts de Saint- VncT^^s (Jules- Frédéric-Paul), président au parlement de Provence, membre associé de TAcadéroie des Inscriptions et belles lettres , né à Aix en 1718, mort en 1798, avait composé, sur les antiquités de la Provence, plusieurs ouvrages estimés, entre antres un Mémoire mr let monnaies et les anciens monuments des Mat" seiUais , 1771, in -4"'; une Table des monnaies de Provence , 1770, in -4"; enfin , on Mémoire sur les monnaies oui eurent cours en Provence , depuis la fin de Vempire d Occident jusqu'au seizième siècle, inséré par Papou dans son histoire de cette province, tomes ïletlll.

Alexandre- Jules- Àntoine Fauris DE Saint-Vincfws , fils du précédent, né à Aix, en 17ôO, mort dans cette viUe en 1^19 , fîit aussi président au parlement de Provence , et membre associé de l'Académie des inscriptions et belles-lettres. Élu , en 1809^ député du département des Bouches-dq-Rodoe au Corps législatif, il devint, en 1811, président à la cour royale d'Aix, et fit partie, en 1814,de la chambre des députés,

des Docutn«aU iqé4it« aut 1 liist. Fr^iipie, l^iflfliés par l«t|Hâw4«niaii«v MVîviril»* tion publique.

600 FAUKTS L*UNiyERS. WAVWWL

OÙ il ne parla guère que pour demander la franchise du ^rt de Marseille.

Il avait formé un riche cabinet d'antiquités, et publié plusieurs écrits estimé, parmi lesquels on remarque : Mé' moire sur Pandenne position de la cité éCJix, Paris ,1810, in-8°; Notice sur les lieux où les Cimbres et les .Teutons ont été défaits par Marias, et sur le s^'our et la dHomination des Gothsen Provence^ Paris, 1814, in-8°; Mémoire sur tétat des lettres et des arts, et sur les mœurs et usages suivis en Provence dans le quinzième siècle, Paris, 1814; Mémoire sîtr les bea^ relie/s des portes et 7nurs extérieurs de Notre-Dame de Paris , et sur les baS'relieJs intérieurs du chœur de la mémo église, Aix, I81& , etc. Le Ma' gasin encyclopédique et les Annales encyclopédiques contiennent d'ailleurs nn grand nombre de dissertations de ce savant. .

Fadssbb la. codb ou le jugement {falsare judicium ). Cette expression était, au temps de la féodalité, synonyme de ; appeler d*un jugement , comme rendu faussement, méchamment par des juges corrompus ou haineux. Pareille accusation se résolvait par le duel judiciaire ( voyez ce mot), avant que Louis IX eût mis un terme aux abus de la force. Suivant, ses Établissements ( voyez ce mot ), au lieu de fausser les cours des domaines du roi, il fallait demander amendement devant le même tribunal, et si le bailli rejetait la requête, on pouvait appeler à la cour du roi. A l'égard des cours seigneuriales, Tancienne manière de fausser jugement fut conservée . mnis l'affaire devait être portée au tribunal du roi ou du suzerain , pour y être décidée par témoins et non par bataille.

Fauste , évêque de Riez , né dans la Grande-Bretagne, sur la fin du qua> thème siècle, passa de bonne heure dans les Gaules , et se retira dans le célèbre monastère de Lérins; il succédti à saint Maxime dans les deux di-

Snites d'abbé de ce monastère (433) et *évéque de Riez (463.) Il mourut vers 490, après avoir été exilé par Euricroi des Goths, qui professait l'arianisme, et dont il avait combattu Théresie. On a de lui quelques ouvrages où Ton remar-

que de nombreuses traces de semi-pélagianisme ; ce sont , en général , des traités de controverse, des lettres et des homélies ; on les trouve dans le huitième volume de la Bibliothèque des Pères. Fauste était Tnmi de Sidoine Apollinaire, qui lui a adressé plusieurs lettres, dans lesquelles il lui prodigue des éloges fort exagérés.

Fauvel Ç^.), vice-consul de France à Athènes , naquit en Bourgogne vers 1754. L'amour des beaux-arts le conduisit, jeune encore, en Italie et en Grèce. En 1787, il retourna dans l'Orient sous les auspices du comte de Choiseul-Gouffier, avec lequel il visita les côtes de l'Asie IMineure et les îles de la mer JNoire; eniin il coopéra, comme peintre et dessinateur, au Foi/age pittoresque de la Grèce, publie par son protecteur. La vue des restes encore si imposants de la grandeur; d'Athènes avait surtout échauffé sou imagination.il s'établit dans cette ville, et s'y livra avec ardeur h l'étude de ses monuments. Ces travaux tlxèrent enfin sur lui Tattention du gouvernement, qui le nomma vice -consul de France à Athènes. Il put alors étendre ses recherches bien en dehors des limites qui les avaient circonscrites jusque-là. Ses courses ne furent pas moins utiles à la jiéographie qu'aux arts. Fauvel ayant fait un voyage en France sous le consulat , fut accueilli avec distinction , par Bonaparte , et nommé peu de tempis après membre correspondant de l'Institut. 1)(^ retour eu Grèce, il enrichit le musée de Paris de plusieurs objets de sculpture précieux. Il fut continué dans ses fonctions le 12 sp[)tembre 1814.

Lorsque la révolution des Grecs éclata, l'autorité que lui donnaient ses fonctions et le respect général qui l'enviïOnnait, furent constamment erjiployés en faveur de l'infortune. Les Turcs, renfermés dans l'Acropole, et réduits à rex^rémité la plus déplorable, ayant témoigné la rmolution de s'ensevelir avec leurs fnmilles sous les ruines de cette citadelle si riche en chefs-d'œuvre antiques, plutôt que de se livrer à la foi douteuse det Grecs, Fauvel parvint à leur faire promettre, sous le sceau du serment, la vie sauve et la liberté de se retirer eu Asie. Mais ses efforts pour le

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