‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 91 sur 97 · XAVIER · texte numérisé non relu

XAVIER

FAVOEIKUS

d'nnprinMaret sans date, avec ce titre : Le gouvernement présent ou éloge de Son Émiîience. Celle audacieuse attaque contre le tyran de raristoeratie fut accueillie avec un extrême einpresBement. Le cardinal, que rrrrit anonyme faisait bien enrager, suivant l'expression de Taileinant des Réaux , « emprisonna bien des gens pour cela ; mail il n'en put rien découvrir. Je me souviens, njoiitp le même auteur, (|u'on fennoit la porle sur soi pour le lire. Je crois que cette satire Tient de clies le cardinal de Ketz; on n'en sait pourtant rien de certain. « En effet, Barbier, qui , dans son Dictionnaire des anontpnes , en indique une édition de Paris , 1643, În-S*, ait qu'elle pourrait bien être d'Estelan, (ils du maréclml de Saint-Luc, ou du sieur Brys, poète du dix-septième siècle. Voyez du reste la Jiibliothèquc hîstmique de la France , t. II, n° :jl485.

Favikk (IN.)» publiciste, né à Toulouse au commencement du dix-huitième siècle, mort à Paris en 1784.

Secréiairede la Chctardip. nn)bassri(leur à Turin, puis eniplove par d'Ariienson à la redacltun de plusieurs mémoires, notamment des Répej^loia contre le iraifr de 175(5, entre fa France et l'Autricbe, cet boninie li.ibile, destiné a remplir des rôles diplomatiques aussi périlleux qu'obscurs, fut cbarg;é de missions secrètes en Espagne et en Russie sous le ministère Cboiseul ; mais nnsuite il composa pour le^comte de Broglie, qui au nom de Louis XV correspondait secrètement avec les ambassadeurs , plusieurs mémoires dirigés contre le système et les instructions ostensibles du ministère. Le ministre surprit quelques pièces de celte correspondance , et obtint un ordre d'arrestation contre Favier. Mais le roi avait à peine signé cet ordre, qu'il écrivit à son agent de s'enfuir et de mettre ses papiers en sOreté.

Favier fut encore poursuivi à l'étranger par la liaiiie des puissances contre lesquelles il avait écrit, et des minisires dont il contre-carrait les mesures par ordre. On l'enveloppa dans l'affaire mystérieuse de Dumouriez (voyez ce mot), Bon et Segur. Enlevé à Hambourg, il fut conduit à Paris comme perturbateur de la paix de TEurope. Sa

correspondance avec le prince Henri de Prusse fut jugée coupable, et on le renferma à la Bastille, li v resta jusqu'à l'avènement de Louis XVl.

Mais le ( omte de Broglie, qui était parvenu à lui faire rendre la liberté, ne put lui faire recouvrer ses emplois, que son goût pour la dépense lui rendait indispensables. Il se mit alors à composer des Mémoires sur les affaires du temps, dissipant le fruit de son travail aussitôt qu'il l'avait reçu. Le comte de Vergennes lui fit cependant donner une somme de quarante mille francs pour payer ses dettes, et une pension de six^ mille francs.

On cite de Favier une foule de mots spirituels. IVous n'en rappellerons que deux, qui aideront à faire apprécier le

Krsonnage. Un iour qu'il se trouvait à udience de Malesherbes, chargé de la direction de la librairie, on parla de VF.spv'tt des fois qui venait de paraître. « Il est temps, disait le magistrat, d'é- « dairer le monde. — Ce n'est pas avec « un bout de chandelle, » reprit Favier en se tournant vers un de ses amis.

Cboiseul l'ayant rencontré à Versailles après son retour de Cbanteloup, lui dit très-haut : « Favier, vous avez écrit «contre moi. — Cela est vrai, M. le « duc , répondit-il , mais alors vous étiez « en place. » .

Ségur a recueilli une partie des œuvres de Favier dans son ouvrage intitulé : Poli tique de fous tes cafnnets de VKurope pendant Its règnes de Louis Xf^et de Louis XFIy 1793, 3 vol. in* 8«, et 1802, 3 vol. Les autres ouvrages de Favier, la plupart sans nom d'auteur, sont: le Spectateur littéraire, Paris, 1746 , in-1 2 ; Essai Morique et politique sur le gouvernement présent de la Hollande f Londres, 1748, 2 vol. in-1 2; le Poète réformé, ou Âpologie pour la Sémiramis de yoltaire, Amsterdam, 1748, in-S»; Mémoires teerets de HO' l'nirjfiroke , 1754, 3 vol. in-S"; Doides et (/uedions sur le traité de / ersailtes, entre le roi de France et l impératrice , reine de Hongrie y I778 et 1791 , in-S»; Lettres sur ta Hollande, 1780, 2 vol.

in-12. Favier travailla avec Fréron à la rédaction du Journal étranger,

Favobinus, rhéteur et sophiste célèbre « né à Arles» mort vers la cent

T. TU. 46* Lbraitan, (Dict. sNcyct., ktc.)

trente^înquième an&ée de HOtM èfé, a écrit en langue grecque uh grànd nombre d'ouvrages que le temps a détruits.

Demeuré étranger tttix iofkiéncés du diHstianisn>e et instruit aux écoftéS de Marseille, il peut être regardé «comme « le dernier produit de l'andenne cul- « ture phocéenne dégénérée (•). *

FATOif 8. Les favoris sont flommuM dnn?; 1rs inonarrliies nhsolties. Noire histoire, en particulier, présente une longue série de ces hommes qui , parvenus à gagner les ^nee (çrâMs du souverain par des moyens rarement honnêtes, exercèrent à sa place la puissance royale. Fort souvent ils sortirent des raiMs IftAlHeurs delasôCNété, mafsadssi on KM vit presque toujours tomber avec éclat, ou s'éteindre dans l'obscurité. JLe chemin qui, dans les cours, conduit à la faveur, est glissant, et, une fbia ou'on est parvenu au srnnmet , il est difficile de s'y maintenir ou d'en descendre paisiblement. Cette vérité, qui est de tous les temps , se faisait sentir d'une manière bien plus terrible autrefois quahd nos mœurs étaient moins policées , et que les passions allaient plus promptement et plus directement à leur but.

Alors kâ favoris n*en étaient pas quit* tes pour une simple disp;rc1cc. Souvent il leur en coiUait la vie. Lin tableau du favoritisme sous l'ancienne monarchie sera donc presque toujours un aperçu des bizarreries de la fortune, une leçon sur les abus de la royauté d'un côté, sur les dangers des grandeurs hmnaines de Tautre.

Notre histoire nous donné (nie listé

assez considérable d'hommes oui ont expie cruellement la faute d'avofr sacrifié à l'ambition et abusé du pouvoir dont ils étaient investis.

Sous le bon roi Robert, vivait à la cour un seijjneur nommé Hugues de Beatwals, Èn lluitant tous les penchants du ftilble monarque , ce comte

'troMva d'autant plus siirement moyen de lui plaire, que Robert était moins accoutumé à trouver tant de déférence dans son entourage. Hugues , enhardi

Ëar sa faveur, essaya de faire remonter «rtbe sut le tréne où était assise Ta-

Q Attipère, UirtoiMi KtU de la Franee,

eiirlâtre Constance. MafS IMtlè ftttdUte

causa sa perte. Douze thev.iliers , dévoués à la reine , le massacrèrent aux pieds mêmes du roi. « £t quoique pendant un peu de temps, dit Glaber, bert frtt rendu triste par (^et événement , il se réconcilia bientôt avec la reine comme il le devait. »

Louit te Gros sut mieux défimdiis

eetix h quî il accorda sa faveur : trois frères , propriétaires du château de Garlande , en Brie , bons chevaliers et adroits courtisant, avaient su le domtner. Il soutint pour eux les hostilités de tous le^ barons du voisIrKige de Paris, et surtout de la puissante famille de Montmorency.

L'aristocratie éprouva eticdre de rtides échecs à la cour sous les rèî^nes suivants. Louis IX, sans avoir précisément de fhvoris,nedèdai^na pas de s'entoutier de petites getts, de bourgeois, et d'écouter leurs conseils ; Philippe le Hardi accorda, dit-on, la première lettre d'anoblissement à son argentier. Mais telle dttfit déjà Iff puissance de la royauté, que In noblesse ne put témoigner son mécontentement que par de basses intrigues, qui , du reste, réussissaient généralement. Al|wl , Pierre la Br(rsse, d'abord barbier de Lotn"s IX, puis chniftbellnn et favori de Philippe le Hardi, paya cher son élévation. Le valet par»

veuu succomba àUx telles menées dei courtisans, et fat fienda à MoaiCertieDil

en 1278.

Enguerrand de Marignvy favori de Philippe le Bel , eut le m€m« sort ëii

Grrard de la Guette , favori de Philippe le Long, et placé comme Enguerrand, comme un grand nombre des favoris qui vinrent après lui, à la tête de l'administration des finances, fiit obligé de rendre ses comptes au successeur de son maitre , et mourut à la question

(tm). Vft autre surintendant de» tnMr-

ces, Pierre ncm y , sieur «ftfjlfdA%ily« fut exécuté 6 ans après.

Robert d\4rtois, après avoir épousé lai sœur de Philippe de TalofS, après avoir aidé puissamment ce prince à mo(f ter sur le trône , et joué , pendant deirt ans , le rôle de contident et de premier ministre dd roi , Robert se vH à la fln Itoursttitî par son auguitd bèiBUi*Mrè

r*v«»us FHAKOE paVous m

avec un acharnement inouï. Cité devant bemir.des pairs pour répondre ayx accusations les plus honteuses, puis banni duroyaiime, il futréduità nlleroffrirses services à l'Anglais , et périma 1342, au slé^ de Vannes, bous les drapeaux ennemis.

Un des hommes à qui Philippe VI accorda ensuite le plus de confiance, fut Ha&ui, cmtê ePBu et 4b G%iineSf qu'il nomma eonnétable. A l'avénenient du roi Jean, Raoul crut pouvoir compter encore sur la bienveillance du iirince ; mais il se tromfta rudement. Il était rare , en effet , que rbéritier présom^ tif du trône jouît, sous son prédécesseur, de tout le cr^it auquel il se çroyait le droit de prétendre, Presque laujours il trouvait sur son chemin des conlidents, des conseillers irUinies du monarque. La mort du patrou de ces derniers devait donc être le, signal de leur chute : à chaqtie nouveau rè^ne , ils étaient condamnés à une punition sévère , souvent à un supplice ernel , tandis qu'on voyait s'avancer rupideinent aux honneurs les favoris de rbéritier de la couronne, jusque-là disgraciés ou cachés dans l'ombre. Il faut ajouter, cependant, que ces changements . de favoris ont rarement altéré ou aqnilioré en France les institutions puilli* ques, le système gouvernemental.

Lorsque le comte de Guines reparut àlaoouf, Jèan le fit aussitôt arrêter, et, «pns même faire précéder son supplice d*un simulacre de jugement, il ordonna au bourreau^de le décapiter dans l'hôtel de KesleSt en présence de quelque3 che« valiers. On soup(^onna que le comte avait pratiqué des intdlligélDcèS avec IM Anglais.

La même année (1350) un nouveau favori, Charles d'Espatfne, fils d'Alpbpnse de la Cerda , devint eonnétable.

« Le roi , qui lui montrait un singulier amour, dit Vil|tyii, suivait son conseil par-dessus celui de ious les barons^ aussi, (eux qui ne craif;naient pas de mal parler , en accusaient vivement le roi , tandis qup les autres pu ressentaient une extrême envie. » Lies courtisans né tardèrent pas à exciter contre ç.et homme avide et adroit » Charles de Kavarre, q^ue Ip ro^ayait dépouillé de ^fusieurs de m ohiteaux et comtés

f>our les donner avi co^nétable. Là jaousie mutuelle de «bs dei^x hommes troubla toute la cour. Knfin, le roi de Kavarre assassina le favori,. I^a colère et la douleur de Jean fuirent d'abori^ extrêmes. Cependant , il ne vengeà oas son ami, et se contenta d'une isorte d'amende honorable à la^eîie se prêta l'assassin.

Charki V ivunit autour de îuî des hommes obscurs, ÇuUlaume et Michel de Donnant t Bureau de la Rivière, etc., fuais il se servit d'eux comme d'instrunjents, et rë^ta toidour^ i^r mattre.

Mais ensuite arriva funeste règne de Charles VI , de ce prince idiot qui ,

Séme avant sa demepi^ , était încapae de s'occuper d'affaires , et ne recherchait que jles oqçasions de fêtes et de dépenses. Pas un homme de bien, pas un sage conseiller a c(^te du prince. Quand il fut devenu fou, jçs courtisans se pressèrent auprès desd^çs qe Qerry, de Bourgoiîne, d'Ot léans, etc. Quelques- \ms reclierchet eut la faveur du peuple. La plupart dp ces tavorif , marmousets ou aristocrejies , expièrent leur fortune d'un jour selon les revirements du pouvoir; l'évéquede Laoïiy ennemi des onclei^ di^ roi , mourut (:;n)poisonné en 1889; la même année, Bétimc, exécu- ^ur des ordres ^ranniqués du duc de Berry, fut aussi mis à mort; Montaig^ périt en 140^; Pi^rxe desE^sari^ et la Rivière eurent lé même sort èn 1413, etc.

Le jeune dauphin, de son côté, s'entoura d'intrigants de bas étage, tels que du Çhdtel, Robert LemassQnj le présidjent Louvetf « Tun des plus mauvais çhrétiens du mondî' . " comme dit le Journal d'un bouri:;eois de Paris (page 22d.) Devenu Charles VII, il continua à V i vre pour les pl|iiisi rs faei les et les dou,x loisirs, se laissant traîner de ville en ville par ses favoris. A la fin , cependant, on obtint de lui qu'il s^^ déparrfisserajt 4*<ux. Du Gbâtel lui-même aida à mettre dehors ceux qui devaient s'en aller i et tua un de ces funestes conseillers de sa main. Louvet se i:et.ira en Pr.ovence9 les autres forent exilés; un seiil Fest8« le sire de Cï/ac, mais bientôt Richemont résolut de se défaire de lui : et, quoique le favori eut donne une, dç ses main^ au dubie pour parvenir à ses fins, » il

FAVOtllS

LtJNtVERS. VAirostS

fut eofermé dans un sac et Jeté à la rivière. Charles oublia vite ta colère qu'il ressentit à la Douvdle' de' cette exécution, et un écuyer, nommé ficaulieUy remplaça aussitôt Giac. Kicheniont Ut assassiner Reaulieu ; le roi lui substitua la Trémoille. Celui-ci ét^lit un ambitieux qui mit à profit In luiine du roi contre le connétable, ramena à la cour le parti des favoris, et força Richemont de .se retirer. Pendant toutes ces misérables intrisiies , le royaume étiiit la j roif* (les Ani;lais ; le roi de Bourges ne suu^eait poitil a se battre contre eux ; tout ce qui l'entourait portait les amies contre Richemont ou contre laTrémoille.

Ce fut ce dernier qui retint le roi dnns Toisiveté, dans rinsouciance, quand s'alluma le bûcher .de Jeanne la Pucelle.

l]n complot se forma enfin pour arracher Charles au joug de cet homme. Sur-

Çris dans son lit par 60 Bretons, la *rémoille fut jetéen prison ; le roi laissa faire; Richemont reprit le pouvoir.

Charles le bien servi eut sans doute entre ses conseillers des hommes de talent : Jouvenel, les frères Bureau, etc., mais aussi des hommes passionnés, des courtisans déhontés ; ce fureut ceux-ci qui firent condamner Jacques Cœur.

Louis XI, a son avéneuienl, chassa, dépouilla, frappa sans distinction tous les favoris de son père ; lui aussi eut des ministres intimes. ])ris parmi les basses gens, mais ces lamiliers n*étaient pas des favoris , « il portoit tout son « conseil dans sa téte, » disait-il. Il ne voulait que des exécuteurs , et il les choisissait dans tous le.s rangs pour les imprégner de son esprit, pour les çoqner à son gré. D'ailleurs, s'ils excitaient sa haine soupçonneuse, malheur à eux ! Balue gémit iO ans dans une cage de fer.... Quant aux autres ministres parvenus de Louis XI, la plupart se virent poursuivis dès que leur maître eut fermé les yeux : Olivier le Daim fut pendu ; Jean Doyat eut la langue percée , les oreilles coupées , et fut fouetté dans les rues de Paris et de Montferrand; André Coytter fut jeté en prison.

Charles Vni, esprit faible et vain dnns un corps chétif, se laissa guider eu tout par quelques intrigants. Dans les ordomiances eu petit nombre qui

nous restent des premières années d« son règne , on voit les signatures de

l'amiral de Graville et des sires de Miollau!^ et de Piennes. Mais Graville tomba bientôt dans une complète disgrâce, surtout parce que ses avis étaient contraires à la guerre d*Italie. Après lui , Charles accorda toute sa confiance à de futiles cotjseillers , entre autres à JClienne de f aese, son valet de chambre, et à Britsonnet , receveur général des finances , « desquels ou peut dire qu'il n'y eu eut jamais de plus incapables; de fait, ils n'a\ oient aucune expérience et presque point d'autre conduite, nv d'autre intention que de faire leurs affaires particulières. On dit qu'ils ne conseillèrent la guerre de iSaples, Pun que pour avoir un chapeau de cardinal , et l'autre pour avoir un duché dans ce pays-là, ce qu'ils obtitirent l'un et l'autre^ mais Yaese ne garda pas longtemps son duché.... .Charles VIII eut encore pour favoris, premièrement le comle de Ligny, son cousin , fils du uialheureux comte de Saint - Paul ; un degré au-dessous, Cessé, et par après , ces quatre : Chastillon, Bottr" dillon , Galtiot et Bonneml , gouvernèrent le sang royal ; Charles eut aussi des favoris de ses simples domestiques, i'Q\wvn% Paris, Gabriel el D^m, pareillement Hervé de Chc.snoij, qui fut prévost (le rhostel , et exerça justice à Rome (*). » Ou trouve du reste les noms de tous les conseillers intimes de Charles VIII dans ces vers du FerigUr d'honneur :

Mignons du roi ainsi que Baurdilioa

Balzac, Lachaulx, Cailloi, Cliasiillon,

fiëot^ BdmilU, et «uttres faniliers.

Comme Pmtù, C^rM el JD^en ,

Pnur atsuillii- un réminiii doiijoo

Trriji ]>lus propres que dix autres milliers.

Aussi , avec de pareils conseillers, l'expédition d'Italie ne fut-elle qu'une boutade de Jeunes fous, dont le royaume paya les frais , sans en recueillir aucun profit.

Louis XTI n*eut pas de favoris ; ce

fut sa femme qui exerça sur lui l'ascendant que les favoris avaient exercé sur ses prédécesseurs. Mais cette plaie de

(*) Mémoire touchant Charles FJII^ dus les archives rurienses de l'hisl. de Frum^ par Cimber et Danjou, t. I, p. 169.

PIVOBM FRANCE. VAVOKIS

la rovauté rppnrut sous Fran(jois 1", qui (lut une partie de ses malheurs à quelques homoies dont rincapaeîté Valait le crédit; à Unis ces intrigants ennn, et à cette noblesse de cour dont il s'entourait, et qui éloignait de lui les gen* tilshomnies de province. « Sire, lui di* « soit André de Vîvonne , sénéchal de « Poitou, il vous manquoit à la bataille « la nieilieure pièce de votre harnois, « le cœur de votre noiolesse, que par ei- « devant n'avez reconnue et traitée « comme vous deviez. Car vous n'avez « reconnu, traité et contenté que quatre « ou cinq favoris « comme l*amiral Bon- • nivet, MontchenUj Montmorency, « BrîoTi'Chabot et autres, qui seuls se « sont ressentis de vos faveurs, bien- « faits, honneurs et dignités, et les au- « très rien. Car à quel propos Brion " a-t-i! tant de biens de vous, que de sa « seule fauconnerie il a soixante clie- « vaux en son écurie, lui qui n'est que « gentilhomme comme Un autre, et en* « core cadet de sa maison , que j'ai vu « qu'il n'avoit pour tout son traui que « six ou sept chevaux ? Si vous eussiez < espandu également de vos faveurs et « moyens aux autres gentilshommes de Cl voire royaume, ils vous eussent été « plus allectionnés qu'ils n'ont été, et « eussent crevé auprès de vous (*). »

On peut nommer enrore parmi les favoris de François I-*^, Innebaut et Montpesat, qui échouèrent devant Perpignan (1542).

Ces exemples ne profitèrent pas àHenri II. Ce fut alors le tour des Guises ^ des Montmorency , de d'Jlbon Saint- indréy maréchal de France , de la Chateigneraye, de JarnaCy son meurtrier, de M!M. d\4p('h<iu, de Senectère^ de la Noue, etc., etc. Pendant tout son rè;:ne, Henri flotta entre les diverses factions que ses favoris formèrent à la cour ; tantôt il faisait la paix pour complaire aux !\îoiitmorency, tantôt il recommençait la guerre pour complaire aux Guises. Il cédait aussi ttftir à tour aux uns et aux autres dans Tadministration intérieure; enfin, les courtisans se partagèrent avidement dignités, pensmns, confiscations et faveurs de toute espèce,

(*) BrantAme, ^loga de Franfoù l^r, 1. 1, p. »4o.

si bien que 400,000 écus d'or, amassés par le feu roi , furent dissipés en peu de jours , et que la France i^endetta de

42 millions en 12 ans.

François II, encore plus incapable de régner,* se laissa de même captiver par. les GfUies,

Cette puissante famille continua, durant le resjne suivant, à disputer le pouvoir aux Montn)orency, et Charles IX, prince si mobile dans ses impressions, flotta toujours d*un parti à l'antre, ou abandonna le gouvernement à sa mère.

Suivant Papyre Masson, auteur d'une histoire de Charles IX, ce prince « eut pour principal favory Albert de 6on« dy (*), fils d'un banquier de Lyon, qui lûy apprit à jurer le nom de Dieu ; il préféra celui-ci aux plus illustres de sa cour. Il Téleva infiniment en biens, en faveurs et en honneurs, et il l'auroit encore faict plus grand, s'il eût plus longtemps vescu. Il le voulut faire marescnal oe France, il le fit gouverneur de Provence; enfin, il le mit à mesme les grandes charges et les richesses; et c'est une chose certaine qu*il tira de lui, en cinq ans, six cens mille escus d'or. »

Pour soustraire la royau ! é et le pays aux dangers où les entraînaient des courtisans ambitieux et brouillons, il edt fallu un homme énergique, et tel lie fut pas Henri III. On sait que le scandale du favoritisme fut, à cette époque, poussé à son comble. Les mignons, choisis ordinairement parmi de pauvres gentilshommes, excitèrent et partagèrent les dchauclies du roi, ses dcj)enses, ses im-

t>ôts, et provoquèrent, par leur insoenre, tout ce qui avait un rang dans rÉtnt. IMais aussi les cours du Louvre, les rues de Paris devinrent une arène où les jeunes seigneurs s'exercèrent à manier, oontre ces favori;, le poignard et le pistolet. Les mettre à mort^ c'était ce qu'on appelait hs faire tailler en marbre, depuis que le roi avait érigé à Safnt^ Mégrin , Quékâi et Maugkwi de somptueux mausolées. Les oiiols,

(*) Albert de Gond y, irarédKil de Relz, fut élevé aussi par Henri lll aux plus hautes dif>nilés et monrut ft Paris en t6o9. Il avait été |>rérepleur de Clinrlcs I"X , et suivant Bl'autôme, «il le pervertit de tout.»

PAVOKI8

L'UMIVERS/ VATOitiTB

les assassinats, les batailles, enlevèrent à Henri 111 le plus grand nombre de ses

ftivofis. > •

Henri IV , continuellement occupé à reconstituer la royauté et le royaume, n'eut que des muistces; car nous n'appellerons point tàvws les servi- Istir^ de ses plaisini le^ Zaraet, les Lavarenrie, etc., et s'il fut quelquefois disposé à céder aux sollicitations de ses inatlzesses, SuUy sotie soostràireénergiquenisnt à ce danger. Maisli son gouvernement succéda celui d'une femme et d'un enlant , et à c&ié du conseil de régence officiel s'étiiBlit un conseH secret où dOminècent les parvenus Joyeuse ^ d'Épemon, et où présida roraueillcux Conclni, maréchal de France. Bientôt la noblesse se ligua contre l'aventurier étranger. De Lui/nes , devenu le favori du jeune Louis XIII , l'aida à se défaire de Concini. « Maintenant je suis « roil » s'écria Louii» tout joyeux. Mais liientôt de Luynes, réunissant la chargé de garde des sceaux à eelle de connétable domina toutes les ;ifïaires. A sa mort , Kicbelieu , favori de la reine mère, prit en main les rânes'du i^uvernement. Le cardinal , afin d'amuser le roi, à qui il n'avait laissé « que le pouvoir de guérir les écrouelles, » lui donna pOur ftvôri Tétourdi Cinq - Mon. Ce jeune homme se lassa d^hxe)» joujou d'un roi triste et quinteux , réSj^idn du ministre. On çonnait sa lin.

Noua he poursuivrons pas plus loin la iieviie des favoris en titre sous l'ancienne monarchie. Leur physionomie se transforma complètement i| à partir de Vinstaat où le roi s*écri<| : «L'état, c'est f uni 1 » L'aristocratie avait fini son r^ne politique; désormais il n'y eut plus de favoris proprement dits, mais des courtisans plus ou moms avides, Aas ministre^ dociles et passifiB, et des favorites. (Voyez Maîtresses.)

Cependant, qu'on ne se méprenne pas sur le sens de nos paroles, le favoriUimê né o^a potinf à Pavé* neraent de Louis XIV, seulement, il perdit ces allures de domination abi^olue, excljusiv^. ^mii^mp n'abusa point impunément de SOn crédit; kt cardinal Dubois était plutôt un ministre complaisant qu'un favori; il en fut à peu près de m&ue dp tous les hom-

mes qui, depuis cette époque jusqu'à la révolution , parurent jouir à la coui^ d'une ^veilr «ibéptiOnAëlKf. Bnflh , depuis l'institution du goiivçrnénfient ireprésentatif , lé terme favori à perdu toute sa valeur, bien qu'il ait un instant repitrii Vtik la lH»tauratfon , appliqué à un ministre que Loni's XVIII honièroit d'une clffectioil toute particulière.

Favobité CMaill^î de la). Dans les prémlers jouî-s dé janvier 1 797, l'^utrifàa' voulut faire une dèrnîèrè tentative sur l'Italie , que Bonaparte venait de conquérir presque tout entière, en une seule camôagne. Elle envoya , vers le haut Adfge, quarante-cinq mill^ hommes sous les ordres d'Alvinzi; ce devait être l'attaque principale. Provera , avec vingt -cinq mille combattants, devait tenWr, par le bas Adige, une attaqhe accessoire , indépendante de l'autre! Lé 14, Bonaparte tailla en pièces l'armée d'Alvinzi , sur le plateau de Rivoli ; lé solrinémo, seamerns laisser étohrdir j)nj^ cette rulmîrable victoire, songeant que Provera menace la partie inférieure du âeuve, il rallie la division Masséna qui s*est battue deux jdurs de stiitè , lè i3 h Vérone , le' 14 â Rivoli , et part avec elle pour aller couvrir Mantoue,dont quatorze lieues le séparent. Ordre est envoyé à Victor, dont la dîvfsk>n occupe Villa- Franca , entre Yëi^e et Mantouc, de la diriiier aussi vers cette placé. A Castel-INovo, Bonaparte apprend que Provera, se dérobant à Augereau du»

gardait Legnagp,'a jeté un j^nt à Ahghuiari , un peu au -dessiis, et qu'il s'ç dirige, avec huit ou neuf mille hommes, vers Miantoue, où Serrurier bloque Wurmser. Augereau s'est jeté à la poursuite de Provera , mais n'a pu joindre le général autrichien, qui continue de s'avancer vers Mantoue. Bonaparte craint que la garnison àvertfe donne la main aux- troupes qui viennent à son secours, et que le corps de blocus ne soit pris eutre deux feux. Il a marché toute la ■oit , il marche encore tOuie ÎA journée du 15, et arrive, le soir, devant Mantoiiei

Provera l'y avait devancé de quelques heures, et s'était présenté au faubourg SahHrSeorge, dans lequel le général d6 brigade Miollis était posté avec environ quinze cents Français. Sommé de se rendre , le brave Miollis avait rép(^a

Page 1