‹ France Dictionnaire encyclopédique (volume 2)Chapitre 92 sur 97 · FAVRAS · texte numérisé non relu

FAVRAS

à coups de eanon. Provera , repoussé sur ce point , était porté vers la citadelle, Œ<A n eepératt voir Wurmser

déboucher; mais il avait trouvé Serrurier devant lui. Il sVtnit alors arrêté au palais de la Favorite , entre la citadçlfe et le faubourg Saint-George, et avait lancé yne barque à travers (e Minrio, pour engager Wurmser à tenter une sortie dans la matinée du lendetnain 16. Mnis, dans la soirée du 15, Botnaparie fit m-s dispositions. If plaça Augereau sur les derrières de ^*rovera, Victor et Masséna sur ses flancs , de façon, à le couper de la ciladeliç d'où Wùrmsér dev^ tente? une sortiè.' A Wurmser, il opposa Serrurier.

T.e 16, à la pointe du jour, la bataille s'engagea. Wurpaser, débouchant de la place, attaipi^ Serrurier avec fttrie; Serrurier lui résista avec une vigueur égale , et le contint; le loniz des lignes dé circonvaHation. Victor, aivec la 57* demi-brigade, qui reçut en ee jour le.

surnom ae la Terribtè, fondit strtr provera, et renversa tout ce qui se présenta sur son passage. Entin , après une aetion opiniftlre, Wurtnser Ait rejeté dans MantOiie; Provera , traqué de tons cotés, assailli par !Miollis, envelopi)é par Victor, par Augereau et par Massénai mrt l^as les armes avec phis de six mil le hommes.

I>e 2 février, Mnntoue se rendit. Mantoue rendue, rita}re f^it définirtivement conquise.

Pavras (Thomas Mahi , marquis de)

naquit à lîlois en \7if>. Après avoir servi dans les inousquetaires et dans le régiment de Belzuncé, il entra comme lieutenant dans les Suisses de la garde de Monsieur y frère de Louis XVI. Jl passa en Hollande en 1787, lors de l'insurrection des patriotes bataves, et y obtint le comniàndement d*une léfi^on.

Mais, bientôt après, il fut rappelé en France, par l'espoir de jouer un rôle dans la révolution qui allait y éclater, n proposa m mlmstres , et .'surtout à Momieur , divers plans de réformes financières et politRjues; puis , poussé, comme il l'avoda plus tard, par un htmt pentmnagey il ae eompromit dans des intrigues contre-révolutionnaires, qui, tenues secrètes d'abord, finirent eependant par être découvertes,

et amenèrent son arrestation dans le mois de décembre 1789. 11 fut aussitôt traduit au tribunal du Châlelet, sous la prévention d'avoir formé le complot d'introduire dans Paris des gens armés, qui devaient mettre à mort les trois obeft de Tadministration , la Fayette, Baiily et Necker; d'enlever le sceau de l'État, et d'entraîner le roi à Péronne, pour le mettre à la téte des troupes contre-révolutionnaires; enjio, d'affamer la capitale. Il se défendit aree autant d'adresse que de courage; mais la rumeur publique accusant Monsieur d'avoir dirigé le complot, ce prince crut devoir aller à la Oemnkme de IfarÎB , pour se justifier de toute liaison aveé Pavras, et le désavouer complètement, demandant à être jugé non sur des bruits pubKee, nww sur «o» paMo' Hsme connu et jamais démenti.

Cette déniarrhe décida du sort de l'accusé ; déclaré coupable de haiiU^ irahUm, h la majorité de ving^-hnH voix sur treote-huit , il fut condamné à être pendu, après avoir fait amendé honorable devant Motre-Dame, après avoir vaguement avoué ses rapports avee un, naui personnage, mais sans nommer personne; et, fe 19 février 1790, on le mena au supplice. Après avoiir kÈ Hii-méme , à haute roix , sa sentence, sur le parvis d» Notre-Dame, Il fut conduit sur la place de Grève. Il demaiida à s'arrêter un instant à l'hôtel de ville. Jusqu'au dernîer moment*, l*înfortuné conservait l'espoir que sa grâce lui serait accordée. Il avait envoyé un message à Monsieur... Il n'en recul point de réponse! Il Ht alors de n<Aiveau quelques aveux , puts , se résignant enfin , il se rendit au lieu du supplice, monta eonrniieusefnentà l'échelle, et fut pendu, ù la lueur des flambeaux, à (Kk IbeureS du soir. I>euit heures après, son corps fut rendu à sa famille. Comme il n^était pas encore refroidi, on connut l'espoir de le rappeler à ia vie. Un Inédeoin le saign,s; le mattieureo^ ouvrit tes yein, jeta on ^pir, e^ expira.

Quelques jours après, les journaux pubUèfem mm teslUMat HaiaU paraît que esHs pièce ne vit le jour

ou'après avoir été altérée. Tl en fut de même des procès - verbaux de ses

719 FITUE

LUmVERS FécâHP

interrogatoires, lies . chefs, du parti oontre-révolutionnaîn avaient une peor eitrême qu'il ne les compromit par

ses aveux. Il est maintenant prouvé qu'ils tirent tous leurs efforts pour hâter son supplice, et que ce furent leurs agents qui poussèrent les cris féroces

3ui s'élevèrent du milieu de la foule ont était remplie la place de Grève, au moment où il y fut amené.

Le lieutenant civil Talon se rendit auprès de Favras, avant qu'il fût interroeçé par le rapporteur. II en reçut des aveux complets; puis, en lui disant gu'ii ne pouvait être sauvé, il l'engagea à se laisser tuer de bonne prA( e, et à mourir avec son secret. Les principales pièces du procès furent soustraites au greffe du Châtelet et recueillies par le même magistrat, qui les conserva soigneusement. Elles passèrent ensuite (iiins les mains de sa fille, madame du Cayla , qui , dans les dernières années de l'empire, en donna communication au duc de Rovigo , et qui , plus tard , en fit hommage à Louis XVIIl, dans une des premières conférences qu'elle eut avec ce prince. On pensebien qu'il se bâta de les briller (*).

Fa VBE (Antoine), l'un des plus grands jlirisconsultes du dix-septième siècle, naquit en 1557, à Bourg-en-Bresse, province appartenant alors à la Savoie.

A vingt-deux ans, il publia les trois premiers livres des Conjeclurarum JurUdviUs, Lyon, 1580, in-4% ouvrage auquel il ajouta plus tard dix-sept autres livres. Ce fut à l'occasion de cette publication que Cujas dit de lui : « Le jeune « homme a du sang aux ongles; s il vit ' « âge d'homme, il fera du bruit. » La réputation de savoir que Favre s'était déjà acquise le lit appeler au sénat de Savoie par le duc Charles-Emmanuel P% qui le nomma premier président de cette compas^nic, en 1610. Il fut ensuite chargé de négociations assez importantes, et envoyé successivement à Année)^ , à Modène , à Turin et en France. Il séjourna près d'une année à Paris et à Fontainebleau , et y revint encore en

(*) Voy. rurt. Pavias, dans la Biographie universelle et portative des contemporains, par Rabbaf VietUi de Boisjolin et Sainte- Preuve,

1618, pour négocier le mariage de Christine de France, fille de Henri IV, avec le prince de Piémont, Victor- A médée.

Louis XIÏI essaya en vain de se l'attacher, en lui faisant les offres les plus séduisantes. 11 mourut à Chambéry en 1624, sans avoir augmenté son patrimoine de plus de cinq cents livres de rente , malgré les emplois lucratifs qu'il avait exercés. •

Ses principaux ouvrages ont été réu* nis, sous le titre û'Oppra juridicaf en

10 vol. in-fol., Lyon, 1658-1663. De cette collection, nous citerons, outre celui que nous avons déjà mentionné :

I ° Jurlsprndentlx papinianex scîentia, Lyon, 1058, in-fol.; 2° De Erroribus inierpretum juris, 2 vol.; et enfin, S" Codex Fabriams, 1661. Ce dernier est de ses ouvrai,'es celui qui a été le plus souvent cité devant les tribunaux.

Malgré le mérite de Favre comme jurisconsulte, son st^le est sans force et sans énergie , et , suivant M. la Ferrière ,

11 a poussé quelquefois jusqu'à la subtilité la vigueur et ia hardiesse de son esprit.

Faydit (Gancelm ou Anselme), troubadour, né à TTzerche, mort en 1220, avait accompagné Richard Cœur de Lion, son bienfaiteur, à la terre-sainte; il passa ensuite une partie de sa vie à la cour du marquis de Montferrat et à celle de Raymond d'Agoult. Il a laissé environ cinquante pièces de vers, dont la plupart sont des cbansons, où il se plaint des rigueurs des nobles dames auxquelles il adressa successivement ses hommages.

Fayolles, ancienne seigneurie du pays de Combrailles en Auvergne (aujourd'hui du dép. de la Dordogne), érigée en marauisat en faveur de ISicolas de Fayolles , seigneur de Tocane.

Féal, terme de chancellerie correspondant à l'ancien titre fidèle (voyez ce mot), bous l'ancienne-^iionarchie, le roi qualifiait ainsi les grands vassaux et officiers de la couronne, les principaux ofliciers, soit de la robe, soit de l'épée.

II faisait ordinairement précéri^r ce titre de celui é^amé, mais ce dernier était moins honorable. Le roi le donnait indifféremment à tous ses sujets.

Fiîc AMP , Fiscamwn , Fîscamnum , Fiscannus, ville maritime de Tancienne

FÉCAMV FRA

(formandie, et aujourd'hui chef-lieu de 2nnton du déparleiiient de la Seine-Interieure, arrondissement du Havre.

Cette cité est fort ancienne. On prétend ^e du temps de César elle portait le nom de Fisci Campus, parce-qu'on y apportait les contributions des localités voisines. En 6G2, Wanini;, seigneur de Pécamp, y fit bâtfr et y dota richement un monastère de filles. Sur les ruines de cet établissement, Richard 1""% duc de Normandie, fonda en 988 une célèbre abbaye de religieux , qui subsista avec toutes SCS prérogatives jusqu'à la fin du dix-huitième siècle. lUcliard II confîniKt en faveur des religieux les donntions temporelles de son père , les augmenta encore, et fit déclarer l'abbnye avec les douze paroisses exempte de la juridiction de Tarchevéque de Rouen et de tous autres ordinaires , privilège cjui fut confirmé pajr le roi Robert en 1000, et par le pape Benoît VIII, puis siiccessivement étendu ensuite nar les panes , les rois de France et les oucs de Norman^ die. L*abbé de Fécamp exerçait encore au dernier siècle la juridiction'spii itiiclle et temporelle dans les trente-six paroisses et les nombreux fiefs relevant alors de son abbaye. A lui appartenait de plus la nomination du gouverneur et du lieutenant du roi. Son bénéfice lui rapportait environ cent mille livres de rente, toutes charges payées.

L'église, qui seule a été conservée des bâtiments de l'abbaye, est un très-bel édifice, a ia construction duquel ont concouru les arts de cinq à six siècles depuis le onzième.

Fécnmp compte aujourd'hui environ 10,000 habitants.

FicAHP (surprise de). — En 1594, le maréchal de Biron avait enlevé Fécamp aux ligueurs. Dans la garnison qui en sortit se trouvait un gentilhomme nommé BoiS'Rosé, homme de téte et de cœur, qui remarqua exactement les dispositions de la place, et gagna deux soldats royalistes , dans le hardi dessein de surprendre sous peu les ennemis. Le côté du fort qui donne sur la mer est un rocher de six cents pieds de haut, coupé en précipice, et la mer en lave continuellement le pied à la hauteur d'environ trois toises, excepté à la marée basse, où elle laisse à lec pendant peu d*heu-

CE. pAcamp 9in

res, et seulément quelques jours de l'année, le pied de cette falaise avec quinze ou vingt toises de sable. Voici comment Bois-Rosé s'y prit pour abor« der par cet end mit, regardé jusqu'alors comme inaccessible :

Il était convenu d'un signal avec les deux soldats gagnés, dont l'un attendait oontinuellement sur te haut du rocher, pendant tout le temps de la basse marée. Ayant pris le temps d'une nuit fort noire , il vint avec cinquante soldats déterminés et deux chaloupes au pied du rorbcr. Il s'était muni d'un gros cùb\e. égal en longueur à la hauteur de la falaise, et y avait fait, de distance en distance, des nceuds , et passé de courte bâtons pour pou voirs'appuver des mains et des pieds. Le soldat qui se tenait en faction Jetta une corde à l'aide de laquelle il guinda ee câble an haut du rocher, oiiii rattacha à l'entre-deux d'une . embrasure nti moyen d'un fort levier Cela fuit, Bois-Uôsé fit prendre les de- ▼ants à deux sergents dont il connais* sait la résolution, et ordonna auK cinquante homiufs de monter dp nif^me à cette espèce d'échelle, leurs armes liées autour de leur corps , et de suivre à la file, se mettant lui-même le dernier de tous . pour ôter aux lAches toute espérance de retour. La difficulté devint d'ailleurs bientôt effrayante; car, avant qu'ils fussent à moitié chemin, la marée, qui avait monté de plus de six pieds, avait emporté les chaloupes et faisait flotter le crible. Qu'on se représente ces cinquante hommes , suspendus entre le ciel et la terre, au milieu des ténèbres, ne tenant qu'à ntic machine si peu sûre, qu'un léger manque de précaution, (a trahison d*un soldat meree* naire, ou la moindre crainte, pouvait les précipiter dans la mer ou les écraser sur les rochers. Qu'on y joigne le bruit des vagues, la hauteur du roch^, la lassitude et l'épuisement , il y avait dans tout cela de (juoi faire tourner la tête au plus assure de la troupe. £n effet, le sergent placé en téte ait à ceux qui le suivaient qu'il ne pouvait plus monter et (pie le cœur lui (léfaillait. Rois- Rosé prend son parti sans balancer; il passe par-dessus le corps de tous les hommes qui le précèdent, et arrive jusqu'au premier qu'il esaasw d'abord de ranimer,

fl4 rÉDàULÂ'WMSSS LIHNIVURS. WàpisULTlON

el qn^il oblige enfin à mouler en le

poussant le poignard dans les reins. La teoupe arriva cependant au haut de IMm «b peu fivwit le éa toi», il fin iatnjduite dtns le château , o& eM# massacra sans miséricorde les hommes du corps de garde et les sentinelles. Le sommeil lui livra ensuite presque toute Û garnison. EUe it main basse sur tout ee qui résista, et s'empara du forl.

Par ce coup de main presque incroyable et si favorable aux intérêts de son' parti, Bois-Rosé eroyait i^étve lé» fiitiniPinent acquis le f^ouverneinent de la citadelle de Fc.cnmp; mais il se vit bientôt menacé d'en être dépouille par I0 eomman<leiir de CriUon. Pôussé almrs par le ressentiment , il livra sa prise à Henri IV, dont il venait d'apprei^dre la cojQViirsioQ.

Vifiss DB ÀBAx« (oombit deV ^ Le IQ mars 1809, le maréchal Soult, qui, après sa glorieuse expédition de Galice, avait reçu de JMapûléou l'ordre d'envabir le Portugal , entra à la téte de vingtdeux mille hommes dans la province de Tras-los-Montes , et rencontra près du village de Fèces de Abaxo, sur la vive gaucNfi de la Tamega, un détachement ennemi fort de deux mille combattants. Cette troupe faisait p.irtie d'un corps d^année que le général Freire avait réuni cfons b (û'oviuce, et occupiiit une forte (ilPSiliOD. Les Français traveMèront la Ti»mega et fotidircnt impétueusement sur les euneuii.s. Ceux-ci, aussitôt mis en déroute, 2»e dispersèrent dans les iQODtagoes. Comme ceeombat finissait, un autre détachement de trois mille liomtues, appartenant à la garnison de Cbarès , plare peu éloignée, vint assaillir la droite de Pavant-garde française; mais, attaqué de front par le 17' d'infanterie légère, et tourné sur son Ik^nc (b'oit par le l^*" de dragons, il se dét faBndaemièraiDettt au premier dipc. Ski cents morts restèrent sur le champ, de bataille; on fit un grand nombre de prisonniers, et l'on poursuivit le reste tusr. (jue sous les amrs de la vittsi, qui «as jaurs après (la IS) ojuwil sfs pootea vk niaréchai.

F&DBBÂLiSMB. Yojiez Gi^oaj>iM& et Uhitb.

F^DBBATio». L* Assemblée^ natio»-, mifat aMiâ SéosaLà sa|ûaa MspnaailNi

comme la seul pouvoir législatif en

FrancR ; maïs ses décrets n'étaient pas acceptes par les privilégiés qu'ils dépos* sédaieat. Au dehors, réraigratlon menaçait la révolution; au dedans, raris-?

tocratie et le alerg^ essayaient d'arrêter son essor, et de la faire avorter en semant partout le trouble et la division.

Les citoyens, enflaiil^nés par Tamoup du bien public, sonizèrent alors à réunir en faisceau toutes les forces et toutes les volontés de la nation, et cet élan généreux sauva le pays. D'un bout de la France à l'autre , principalement prèsdès frontières, on vit les ijnrdes natio^ nales se confédérer entre ellei» et avec les troupes de ligne \ partout il se forma des fédérations partielles entre les patriotes d'une commune , d'un district , d'un département, puis de plusieurs départennents voisins.

Dès le 29 novembre, 12,000 gardes nationaux du Danphiné se réunirent sur les bords du Khône, et prêtèrent un serment fédératil aar lequâ ils s'engageaient à rester unis, à onrir leurs bras a la patrie pour le soutien des lois émanées de rAssemblée nationale, et à voler au secours da toute vUta dui sevait en danger pour la cause de la liberté.

La Bretagne ne tarda pas à suivre cet exemple. Le 30 nu\emore, les ieiH nés gens de Quimper sianèrent lad&liik ration suivante : « Consaléwitit que pkic sieurs parlements du royaume, après 0 avoir levé le masque par une insur- « rection audacieuse contre les décrets « de TAssesfilifeéfr natioBale , peuvent « tout oser contre la régénération qu'ils « ont tant d'nitérét d'arrêter ; considé- « rant que ces mêmes parlements l'ont « des mouvements (|ui teudent à tiou- « bler l'ordre tt Ki tranquillité publique, « et nutainnicnt, dans la province de « Breta^^ne. : Ont ariété et arrêtent d'in-v « viter loua las. jeunf s eitoyeos de la » Bretagne à renouveler le pacte d'union « qui a jusqu'ici servi de sauvegarde cona tre Ifik mauvais deiiseins de uos,enne- « mis, et à foiwer upe ligue pâtfîoli* « que contre les derniers efforts des « i^iagistrats aristocrates. A cet effet , « ils ont nomme, pour rédiger et signer « tn leur nom, l'adresse- à ninafl* sKéf> « ettUon de. leur arnl^, Gosa, 1M»>

PéDÉRATlOBI

FRANCK

FipÉRATIOBi

Nous lisons encore dan.s les Jnnalcs paU'ùDtÀques de Carra : « Le^ lettre) de liisieia «anûiioent que la jeuoeiSf bretonne vient de faire un traité avec presque toutes les villes de IVorniandie, traité par lequel les dtormaodiî f^t ie^ tiretoo^ s'en$;agent, deooQMtluveclesPartNeni, c'est-à-dire, sous leur direction , à soi»tenir par la force des armes Tocuvrc sacrée et difficile de la UUe(té. »

La jeunesse d'Aiyou s» lédéra aveci celle de Bretagne, et les délégués de 150,000 jeunes fédérés se réunirent à Loutivi, où avait été co.nplue la première tofiration bretonne. Là , il Utt décidé « <|u'au signal de guerre , l« cri de ralp « liement serait ; f 'ivre libres ou moua rir! ■ Le 20 mars , une députation de ce congrès patriotique se pi esetiia a la barre de l'Assemblée nationale, et y fit lecture du pacte fédératif, qui se terminait ainsi : « Kous déclarons qu'lieu- « reu\ et liers d'élre libres, nous ue « souffrirons jamais qu'on attente à nos

« droits d'hommes et de citoyens

« ^ous conjurons tous les Français nos « frères d'adhérer à la préseote çoali-

«tion Aux yeux de rnoivers , sur

« l'autel du Dieu qui punit les parjures, « nous prétons le serment d'être lidèles

à la Dation , à la loi et au roi , et de « maintenir la constitution française. »

L'Assemblée couvrit d'applaudissements cette déclaration , et en décréta ^impression et l'envoi à toiites les communes dè France. La capitale s*empressa d*adhérar an pacte breton. Dans beaucoup de provinces, le peuple n'a- ' vait pas attendu cet appel pour se coaliser contre les ennemis de la révolution. Dès le U décembrs, 6,000 gardes nationaux , qui en représentaient 27.G00 du Vivarais, de la Provence, du I mguedoc et du Diaupluné, s'étaient reums ft Moatélimart , y avaient prêté un serment semblable, et avaient nommé 12 commissaires pour corres[)ondre avec d'autres fédérations. Les içepresentauts des mil ires bourgeoises duPuy, de Dijon , (irenoble. Avi^^non, etc., étaient venus s'assembler à Valence, le 31 janvier , au nombre .de 9,000 , dans le Cliaoïp de MarS. Lyon , Mtmes , Borde.iux , avaient aussi leurs civiques alliances. La Bour^îogne se fédérait h Dijon , lâ, Franclie-Co/ute a Ikâan^ou.

Pendant le mois de mars, on vit encor^ uue (<^dçra(ipn rep^éseni^i^t 60,(j|ÇMÇl habitants, célébrer fôis de trois jours à Épipal ; la garde nationale de Montauban fraterniser avec toutes les villes voisines et avee ^ ^églm^nt ^ Languedoc, en garnison dans ses mur^; l'Alsace ett la Champagne suivre le mém^ mouvement , et s'en^^ager à fournir 1^,000 combattants pour la cause de la liberté; Orléans, enfin, organiser aw œntee du royaume oe^te sa^te fratefr nite.

Durant le moi^ suivant, 1§ mouvement révolutionnaire continua ^ ^.

propager : Cahors se fédéra avec Hif^yes, Lyon avec Grenoble, Orange d^i^ Rochei'ort , l'A génois avec la Picardie, etc. Le 30 mai , 8,000 fédéiés , représentant les milioBS civiques de Provence, célébrèrent leur association à Draguignan; le 31 mai, 50,000 hommes répétèrent à Lyou le$ mt^^*^^ serments j diartrea, To^r«, Toulouse , les imitèrent.

Toutes ces fédérations s'assemblaient malgré i/es rési^^tances qu'^^say^iei^.^ quelquefois de leur opposer les aristc^crates(*) ; elles célébraient des fète.s ^niniées par l'enthousinsmedc la liberté, et envoyaient des adresses non-seulement à l'Assemblée , inais aux Jacobins et à la garde nationale de Paris, pour lui demander alliance et fraternité. Quel-

aues régime^ts voulurent au^i avpi^ mrs fédérations ; les bas ofBeiers, ca*. poraux, grenadiers et fusiliers des rég^' ments P^onnandie et de Beauce^ en

Sarntson à Brc&t, iii^ièi:cnt un pacte ont ils adressèrent copie à la municipsiMtè de Pacia, pour qu'elle en donnât

connaissancft ans Cégunentoii^ gardessuisses.

De ces importantes manifestations, ne tarda pas à jaillir, comme un trait de lumière , la pensée de former , ùf^ toutes les fédérations particulières, une seule fédération, et de rassembler dans

A Metz, par exemple, le roarqiiis de Bonillé , oommandant la province et la garni>on , rom|)()sée t'ii grande partie de tioupes étrangèi'es , (il fermer les portes de la ville pour emptVher les fédérés de Lorraine d'y snlrer, etbaltya les maa par dtt ckirna de cavalerie pour disperser rémeiltQ qnV**"

Digilizea by CoOglc

716 FEDEEATION LlJinV£BS. FÉDéRATION

la grande commune de la France les députés de toutes les gardes nationales et dr. toutes les troupes de ligne. C'était la jeunesse bretonne qui , la première , avnit fait entendre eette généreuse motion. Arras et Orléans présentèrent ensuite leurs plans d'associiition

fénérale au mois oe février. L'abbé 'aucliet proposa à la mtiniripalité de Paris de fédérer toutes les gardes nationales, et d'en conCer le commandement à la Fayette. Enfin oe projet fut pn'^rntô à la même nssemblée \)Ar le district de Saint-Eustaehe, et alors elle l'adopta , sans toutefois déférer à personne le commandement de cet|ie immense réunion des milices du peuple.

I.a Commtme de Paris rrdiîïen aussitôt une adresse à la nation, dans laquelle elle proposa une fédération générale de toutes les communes, de toutes les gardes nationales et de tons les régiments , et une grande féte de fédération et de fraternisation qui serait célébrée le jour anniversaire de la prise de la Bastille, et où les députotions prrteraient le serment civique au nom de la nation entière. Knlin l'Assemblée rendit, le 5 juin, au milieu du plus vif enthousiasme, un déeret conforme à cette adresse.

Le mouvement imprimé à la France nar la fédération générale ftit immense. De tous les points du royaume, les fédérés arrivèrent dans la capitale, où les attendait un accueil fraternel; et, grâce au noble élan avec lequel tous les bras et tous les cœurs s'unirent pour cette solennité , tout fut prêt pour 4e 14 juillet.

Nous donnerons ailleurs (voyez Fêtes) les détails de cette pompe' qui devait être essentiellement nationale , populaire , révolutionnaire. Disons cependant ici que le grand événement d*une confédération générale fut envisagé d'une manière bien différente par les divers partis. Pour le peuple , pour la masse de la bourgeoisie, pour la gauche de l'Assemblée et les jaeobms, l'anniversaire du 14 juillet rappelait une victoire sur la cour et sur la royauté; c'était la féte des principes d'égalité et , de fraternité. Mais pour ^ue cette féte eût son véritable caractère, il fallait que TAssemblée et le roi sympatbisas-

sent sincèrement et complètement avec le peuple ; il fallait que les vainqueurs de la Bastille, les martyrs de la liberté» le peuple; la souverameté nationale,

l'égalité, y reçussent de justes hommages. Or, le roi et la reine, la cour et la droite de l'Assemblée, cherchèrent au contraire à exploiter cette immense réunion pour royaliser et cniitre-revohitionner ces milices bourgeoises venues des provinces avec leur inexpérience, leur confiance et leur curiosité. Le centre de l'Assemblée , la municipalité , la Fayette, Baillv, Mirabeau, ïalleyrand, Sieyès , tous les gens dévoués , vendus ou ambitieux, favorisèrent ces intentions. Pour tous ceux-là , cette solen-%> nité n'était certes point la féte de l'égalité. De là, le caractère monarchique donné autant que possible à la féte; de là le t rùne ma^niflquedressé pour Louis XVI, et la chaise mesquine réservée an président de l'Assemblée nationale; le roi en évidence, et le président complaisamment caché par un courtisan ; le drapeau blanc arboré sur la tente du roi . et les bannières blanches m<*lées aux drapeaux de la révolution ; le silence gardé sur le^ héros et les martyrs de la liberté , tandis que la munieipcâlité fait jouer des pièces adulatrices pour la royauté; l'ab- .sence des vainqueurs de la Bastille, et la présence des gardes du corps; les discours scrviles des la Fayette , des Delaunay d'Angers ; le refus du roi d'aller de son trône, a l'autel , pour donner au neuple la satisfiiction de Vy voir prêter le serment civique que prononçait et recevait en ce moment la France en-' tière (*).

En 1815, quand les effets du premier enthousiasme causé par le retour de Napoléon continuaient encore à se manifester, une nouvelle fédération se forma pour sauver la patrie des malheurs et de la honte d*une seconde invasion.

Ce fut encore du sein de la Bretagne que partit , peu de temps après la promulgation du décret portant convocation de rassemblée du champ de mai (voyez ce mot\ cette explosion électrique dont le retentissement souleva en quelques semaines , d'un bout de la

{*) Lousialot et Camille Desmotdins firent «urtonialors retentir la pmiedeleimpbuDtes.

Ditiilizeo by LiOOgle

F^.DÉRATION FRANCK. PÉD^RATION 717

France à l'autre , trne vaste association d'hommes résolus a braver tous les périls plutôt i|ue ife subîr le retour des Bourbons. Dès le 15 avril, avant même que la voix des d'Auticliamp, des Sapinaux , des la Kochejacquelein , eût ranimé la chouannerie, avant que le peu* pie eût connaissance de Tacte additionnel , les patriotes bretons sentirent le besoin de se rallier fortement, comme en 1790, autour du drapeau national* Les habitants de Rennes expédièrent dans les villes principales delà province des députés chargés de leur proposer de se réunir pour défendre les libertés publiques et Pindépendance nationale.

Les commissaires de Nantes , aecoiinis les premiers à cet appel , ceux de Vannes, Brest, St-Malo, Morlaix, Lorient, et d'autres cités , se formèrent à Rennes, le 24 avril, en assemblée yt-nérale, et tons^adoptèrent avec enthousiasme un pacte fetieratif dont voici le préambule : « Nos droits, nos libertés, le prix de « tant dp sang généreusement vrrsé, la « récompense de tant d'exploits iinmur- « tels..., encore quelques jours... , tout « nous était ravi , tout , jusqu'à Phon- « neur. De citoyens, nous devenions « vassaux; d'hommes libres, nous de- « venions esclaves. ISous avons vu , « crime inouï dans Thistoire nationale, « cinquante forteresses rendues à Pen- « nemi sans combat ; nos canons . nos « vaisseaux , nos plus riches clianticrs « livrés sans compensation ; 30,000 of* « ficiers, éprouves dans toutes les ba- « tailles, chassés pour faire place à des « hommes qui , pour états de services , « offraient vinRtcinq ans de nullité , « quelques jours d*émigration pour dix « campagnes de guerre ; la trahison ré- « compensée comme une vertu , et l'é-

• toile du brave brillant sur la poitrine

• de tels hommes , dont les mains dé- « gouttaient encore du sang de leurs « concitoyens égorgés sans défense.

« Non, l^miée n'a pu rester insensible « à tant d'ignominie ; la nation n'a pu f vouloir devenir la fable et In risée de « tous les peuples , reprendre les plus « indignes lers, se mettre sous le joug, «déchirer ses privilèges, fouler aux « pieds ses droits imprescriptibles, et « consentir à passer pour un attroupe- « meat en état de révolte et de sédi-

« tion pendant vin^ années. Aussi la a nation et l'armée n'avaient qu'un « vœu, et le même cri s^est élancé des « cités et des garnisons, des bourgs et « des camps , des le moment où le libé- « rateur s'est montré. S'il eût tardé , « rimpatience nationale ne Taurait pas « attendu , la mesure était h S(Mi corn* « ble. ÎSlais on dit, Bretons, que la guerre « étrangère nous menace ! Avons-nous « violé des traités, envahi quelque ter- « ritoire , outragé des peuples voisins , « tenté des conquêtes, et l'étendard tri- « colore flotte-t-il sur leKhin.^ ?ion, la « France a gardé ses anciennes limites. « Avons-nous donc moins que nos pères « le droit rrélever sur le pavois le guer- « rier que nous voulons pour monar- « que ? Nos pères nous ont-iUs vendus « comme un vil troupeau ? Sommes- « nous la propriété d'une famille ? Non, « sans doute; et les souverains de l'Ku- « rope éclairée se montreront digues de « leur siècle , en respectant notre sou- « veraineté nationale. Mais si nos vœux « étaient trompes . s'il fallait que la « France reprît les armes, la guerre et « la victoire scelleraient pour toujours « les (Irnils que nous tenons de Dieu et a de nos epées; la guerreserail nationale, « et la victoire, aussi prompte que la né- « cessité de vaincre, serait impérieuse. « On dit, mais nous repoussons cette n pensée , qu'il est de nos concitoyens « qui appellent l'étranger , et révent la c dévastation de leur patrie. On dit que « la guerre civile deviendrait PaftVeux « auxiliaire dePétranger. Non, la guerre « civile n'éclatera pas dans nos contt trées ; nos concitoyens savent de quel « côté sont leurs amis ; et , tandis que «^ous concourrons avec tous les Fran- « çais au triomphe de la cause natio- « nale , nous , ici , d'une main ferme , « nous maintiendrons le respect des « propriétés, nous ferons prévaloir les « saines doctrines de légalité des droits, « première condition de la liberté rea conquise. »

l>es fédérés bretons s'engageaient ensuite à consacrer tous leurs moyens à la propagation des principes libéraux. L'objet de leur association était « de « répandre la lumière au milieu des « hommes égarés ; de soutenir l'esprit « public au niveau lies ciicuastances ;

tl8 IlSUÉÉAtttMi UtiNtrÉtlS. >^DÉRAT10N

^ î< de i'èppôgfet b tom les désordres ; dè à màintenil" dans l'intérieur du pays la « sûreté publique ; d'eniplo\ er tout ce h du*»1f ^Vait avoilr dliilmehcê pouf « faire ttsiét chacuh dans là ligrte de « ses dét'oirs envers le prince et la çla- « trie ; âe porter un secours etïectit et t prompt, à la pr^tétë réqui^itioil dft t rautoritë publique , partout où besoin « serait; de secourir les villes, bourgs « êt villages menacés ; de déjouer tous « 6om^loté traftié$ eontrl» la Rbel-té, k RosbonstitutionsetreuipereUr ; èafln, « de sé prêter mutuellement àssistaoce, « selon les événements. »

Des fédérationii iseiiiblables fnreht stto* cessivement étaibtieë à Paris , à Rbiita, à Strasbourg, à Metz, à Nancy, en Bourgogne, en Rcrri , en Auvergne, dans le Dauphiné, a Lyon, à Angers, de. Cës coalitiohs ralliaient tei piitriotes les plus énergiques èt tous les républicains. Parmi les plus ardents meneurs , il y avait un certain nombre d*hottifiieë 4di croyailëlit pouvoir f irour ver pius tard les moyens de réf;ister au despotisme impérial. Quant à IXapoléon, ri laissa faire d'abord, car il croyait que 1^ tdlératice lai rendl'ait la popularité q\it lui avaient enlevée ses actes additionnels. Le 12 mai, le Moniteur inséra une proclamation bien diflereute de àA\H ^a'oD y lisait ordinairement.

Eflé était adiiessée pàr lès habitants et frs ùurrJprs des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau à leurs ciibyens^ leurs camarades. Ces prolétaifles demandaient à être ièméâ , organisés pour combattre comme éclaireurs et tirailleurs de la garde nationale. « Notre «ambition, disaient-ils, serait sati§- « faite, puisque nous pourrions nous « présenter les ptemicrs au-dèvant de « l'ennemi, l^ous voulons aussi, par no- « tre attitude , frapj)er de terreur les é trdftrés qvn (loumient désirer encore « uiiè fois l'avilissement de leur patrie. « C'est pour ce but, c'est pour notre « indépendance, c'est pour l'honneur de «la naheé, fmi la liberté, pour la 4 céiièe dii peuple, inséftarable de cellé fi de notre immortel em()^'reur, que nous « nous unissons tous par le même ser- « ment ; nous promettons, nousjurons • « 4ue la capitale ne reverra plus rétriih- 4 gét titi doiiAér des idiii;

« A cet effet, les habitants, les oba vriers dfs faubourgs Saint-Antoine et « Saint -Marceau , qui, dan^ tous leS « tempâ , ont hnotitre feUr dévdueiiiém « à la causé du peiiple , et qui nè sont « pas portes sur les contrôles de làgarde « nationale , sotU confédérés, »

A Une députdtion sèira ebargèè lie « présedtbi* leurs offres à Témoereur. *

Les derhieî^ articles dù pacte fédératif étaient ainsi conçus :

< Art. 9. Lel âatrâ dto^èhk de fo jf capitale qui he sont pàs portés sui*IeÀ

* contrôles de la garde nationale, et qui, « ayant manifesté leurs vœux aux auto- « irités et aux chefs de lésion dé léUr ar- ( h>ndisseniènt. voudronts'uhii*â doUâ, " seront àdmis ftVec jdie datîb nos « ran^s.

« Art. 4. Nous jurons à l'empÈreur A une obéissance sans borneà et liiië « fidélité à toute épreuve, et ïious prô- « mettons à nous-mêmes d'obéir à tous « les ordres des chefs désignés pour

* nous ooffliiiander, de ré^rime^ lés dé- « sordres , de quelque natiiri- qu'ils « soient , qui pourraient prendre nais- <i sance dans nos nombreux rassémblek Inents , et de rejeter de notre uiiioii « ceux qui en sevîient les auteurs.

« Le cri dé Ralliement de la Confédé- « ration est, et sera toujours : f ioe la « ï9aHon! ttve td Uberié! tUfè fÈà^ i pereur!

* Paris , ce 10 mai iÉiS.

« Signé Beaurain, Ùuloîr. Gàuville, Millour, coiiimissairès , et plus de 3,000 signatures. »>

Le dimanche iA mai, les fédérés des deux faubourgs, nu nombre de 12 à 15,000 , en habits de travail et sans armes , furent admis dans là cour des Tuileries, et s'y rangèrent eri ordi*e de bataille. L'empereur se porta à cheval devant la ligne ; il écouta un discours fh^èrioncé pai- Torated^ dès fédérés, On y remarquait le passaf^e suivant : « Nous « vous avons nrcueilli avec transport , « parce que vous êtes l'homme de la na- « tion, le défenseur de la patrie, et que « bous attenctoriè de voïié une glorieuse « Indépendance et une sage hberté. »

Çette adresse Ste terminait par le cri de rallienient dé la confédération. L'bfiipereur répondit « que l'honneur fran- « cais, les droits du peuple et son ^rôoe,

vévélUTioM

« étaient sous la garde des fédérés , « «t il tel>mina par li iki ée vioe Na*

tionî Ces derniers mots furent «iccueilis par les noclamations de vive l' Empereur i jNapuieon parcourut ensuite les rangs des iiédérés , qui le reçurent avw de nombreux témoignages d'enthousiasme et de dévouement t puis le défilé eut Lieu.

Cépendant ce n'était pas ems mrintt que les courtieanA avaient vu Tempe* reur se m^ler ainsi avec le peuplé. Des précautions avaient été prises* On avait mssé dee régiineiits snr le Oarrensel , et remaerelir lat pasaa en retne «pièe les fédères.

Peu après cette manifestation . qui devait prouver à l*èmperettP obmbien il IhI eût été facile de ranimer l'ancien entliousiasme populaire, s'il edt niitié

.. réellement le peuple et la liberté, combien il eàt vu de bras se lever pour la défense de la patrie, un décret impérial ordoiinn la formation de 24 bataillons de léderes, tirailleurs do hi (jnrde nationale. Ils devaient être équipes et babilles aux frais de la ville, et Parmée de liji^iie devait fournir les cadres d'ofQciers desLiiies à les diriger. Le général Darricau était désigné pour en prendre le eoRiniandenient èn chef.

Mais cette orfi;anisation redoubla les appréhensions de la cour impériale; on était, y disait-on, menacé d'un nouveau 10 août, du pillage, Uu jacoMotSme^ etc. : \np()!é(iii hii-même sembla ne pas rester étranger à de pareils sentiments de défiance, d'antipathie pour le peuple. Ses nréféta, ses conseillers, essayèrent bientôt de calomnier, d'entraver lés ft> dërés , et l'on finit cnlin par refuser leurs services (Voyez Ce:it joubsi tlV, pages 365, 966 et S67.)

Après avoir comi^rimé l'élan populaire, tué le patriotisme et la liberté, avec quelles ressources te gouvernement cât-il pu irétister è tm mîMion d'étranfsrsPAu retour de Waterloo, siPempe-»

reur se frit présenté au milieu des mandataires de la nation , s il eût dit et fait ce iju'il fffHaît pour inspirer aux vérila-

/ bles patriotes une entière confiance , s'il edt déclaré In crrierre nationale, fut im appel aux fédérés , convoqué une levée

. en masse, peut être eût-il pu encore émiMivél l^dhennuieiiMBli iàn'en

ât rien ; il flotta longtemps entre la vitriCliGe et la faiMcaac, pttsff finir ente par se décideir è un sacrifice iMf « ci

par conséquent inutile.

FbdÉBES. Vovez FS0BftA.Tl0If*

Fées. — La lIcliéA des fées est, soAî

contredit, l'une des plus poétiques et des plus gracieuses du moyen â^e. Les uns en lont remonter I origine aut nymphes dC l'aétiquité, aux génies ou aux druidesses des Gaulois, enfm aux walkyries des peuples Scandinaves; suivant d'autres, eetlC lictioo n'est autre chôse qdc csllc des péris crtentâlcc) pour nous , nous pensons que e'esî un mélange de toutes ces traditions plutôt qu'une reproduction de i'uiie denire eHes en ptfttculisr* ^

L'histoindu riiegren âge nous montre plus d'une fois les fées mêlées à des actes politique!) et religieux. Ainsi, dans l'abbaye de Poissy, fondée par saint Lobis, en disait tous les ans une messe pour préserver les religieuses dti malheur de tomber en leur pouvoir, et eet usage ne ce^sa que vers le nnlieu du siècle Mrnier.

Le commerce que l'on prétendait qué Jeanne d'Arc avait eu avec les fées, figura connue acx^usation capitale dans sén procès; vitemcnt ^resne |^ ses juges, !a pauvre fille répondit : « Qirt « assez près de Domremy, il y avoit iin « grand hêtre qui s'appeloit l'arbre des * «amss... qu'elle avoit ouï dire à pht* «sieurs anciens, non pis de son li- «gnage, que les fees y repairoient; « mais que pour elle, elle ne vit jamais « fée qu'elle sache à Tarbre di ailleorb ^ Les petits enfants y suspendaient dc^ couronnes et y chantaient des chansons.

I..es anciennes daines et maîtresses des fbréto ne pouvident plus, disait-on, se rassembler à la fontaine, près du grand* hêtre; elles en avaient été exclues pour leurs péchés , suivant la déposition de Béatnx au procès de révîsievi de ht pii^ oellc. Cependant TÉglise se défiait toujours des anciennes divinités loeales : lè curé, pour les chasser, allait chac^ue année dire une messe à cette Mntaine.

C'était àaai leur baguette qud résfs dait surtout le pouvoir des fées, ce qui ne les préservait pas de certains dangers « entre autres, de celui qu'elles couraient presque toutes le samedi » JM

Digilizea by CoOglc

où leur puissance était suspendue, et pendant lequel elles erraient sous différentes-formes et cherchaient p se dérober à tous les yeux. De ces métamorphoses vint la croyance aux animaux f^^, aux objets fees* Ud cbevâl , un poisson, de même qu'un arbre, un collier, une épée, un manteau, pouvait êtra/ée.

Dans les romans de ehe? alerie, où les .

fées jouent toujours un si grand rôle , elles sont représentées , la plupart du temps, comme des êtres doux et mélan- GOtiqnes , presque toujours victimes d*un amour malheureux.

Il y. avait d'ailleurs deux sortes de fées ; les unes étaient des divinités b peu près analogues aux nymphes, les autres n'étaient, à proprement parler,

Î[ue des magiciennes, c'est-à-dire, des emmes instruites dans la magie , comme Morgane, riviane et la fée ae Bourgogne, toutes trois élèves du célèbre enchanteur Merlin. Ces magiciennes n'avaient point un pouvoir qui leur fut propre; elles n'étaient redoutables et puissaiTtes que par l'entremise de l*en- ' icr, qui leur était soumis.

Outre les trois fées que nous venons de citer, on connaissait encore la fée Abonde, la fée Estérëlle et la fée Mélusine. La première rappelle par son nom et ses attributions une déesse de la mythologie païenne. On croyait que la . nuit elle répandait les ridiesses dans les maisons.

Sur le territoire de Fréjus s'élève encore la montagne de TEstérelC*). Il s'y trouvait jadis un temple consacré à la déesse des forêts , dont la domination s'étendait sur toutes les dépendances de la montagne, et il y avait peine de mort contre ceux qui toucheraient aux arbres de cette forêt. La destruction du temple de la divinité et l'abolition de son culte ne guérirent point le peuple de la crainte respectueuse que ce lieu lui inspirait. On crut que la déesse continuait de résider dans son annien domninp.

La légende de saint Arnienlaire, com^josée vers 1300, par Aaymond,

gentilhomme provençal , fait mention de I fée Estérelle ou 'Estérel, dont les

(*) C'est sur l'Estérei que se trouve la saÎBl» Baune.

breuvages enchantés rendaient les femmes fécondes , et de la lauza de la fada (la pierre de la fée), sur laquelle On sacrifiait à cette déesse.

xMais de toutes nos fées, Mélusine est, sans contredit,' la plus célèbre.

C'était la patronne de la maison de Lusignan, et la plupart des femmes de cette famille portèrent son nom. Jeau.

d'Arras, poète do quatorzième siècle, a écrit en vers l'histoire de cette fée. Fille d'un roi d'Albanie, elle a\nit été, en punition d'une faute, condamnée par sa mère à être fée et serpent tous les samedis, jusqu'au jour du jugement dernier, à moins qu'elle ne pilt trouver un chevalier qui consentît à Tépouser, et ne pilt jamais la voir sous cette forme. Raymondin, fils du comte de Forez , l'ayant rencontrée dans un bois, en devint amoureux et l'épousa. Ce lut , pour lui qu'elle bâtit le fameux château de Lusignan en Poitou. Mais malbeareiisement, il ne tint point la promesse qu'il lui avait faite de ne jamais cherclier à la voir le samedi , et un jour il la surprit lorsqu'elle était métamorptiosée en serpent. Klle s'éclinppa par une fenêtre en poussant un grand eri , et ne reparut plus. Seulement, toutes les fois ue le château de Lusignan changeait e seigneur, ou qu'il devait mourir quelque personne de sa famille, on la voyait pendant trois jours apparaître sur le donjon eif exhalant de lugubres gémissements.

Le manoir de Raymond resta plein des souvenirs de la mère des Lusignan, tour à tour nommée mère Lusigne, Merhuiney enVin MeUmine. Les bonnes gens parlaient sans cesse des huit fils de la femme-serpent, tous esfroyabks à veoir, tous marqués de signes surnaturels. La statue de l'un d'eux , Geoffroi à la Grand' Dent , se dressait même sur la maîtresse porte, comme pour attester la réalite des traditions. Parfois, un serpent aux cercles noueux se illissait la nuit le long des escarpements de la forteresse. S'il en faisait trois fois le tour, on pouvait être certain de la mènace d*un assaut. I^es eris prophétiques de la fée redoublaient au trépas de quelque prince de ia famille royale de France.

Les constructions les plus anoieaiies

F^BS FRANCe. WÉBS 791

elles plus renommées du Poitou, ainsi Dans la même province vivent les rianque des provinces voisines, étaient éga- tes fictions de la (Jame verfe, la fée des lement attribuées à la femme-serpent ; prairies, de \à Jée Aril, la bonne entra autres, les châteaux de Norvant, déesse oes chaumières. Ces croyances de Vouvant, de Parthenay, de Parc- merveilleuses sont, de nos jours encore, Soubise, du Coudray, de Salbart, de plus comtnunes qu'on ne le croirait. Il Béruges en Poitou, de Marmande en nVst guère de province où ne subsistent Touraine, d*Issoudun en Berri, etc.; de nombreuses traditions sur les Um, et dans leurs vieilles ceintures de mu- Ce sont leurs mains qui ont dressé ces railles flanquées détours, dans leurs pierres druidiques, t^ii^antesques monuruines majestueuses , les mêmes appa- nients dont le campagnard ne ()eut ritions se répétaient. expliquer autrement rori^ine , et auprèi La tradition de Mélosine était en- desquels on allait jadis faire des prières, core en pleine vigueur vers la fin du Elles habitent, en général, au fond des seizième siècle. Dans les guerres de re- forêts , sur les bords des fontaines , dans ligion qui désolèrent la France à cette des cavernes. épÎDque, le château et la ville de Lusi- Eu Périgord, aux environs de Miragnan furent, en 1574, assiégés et pris mont, est une grotte nommée du Clupar le duc de Montpeusier. « Le roi , dit zeau , qu'on dit leur avoir servi d'asile; le président de Thou, ordonna que ce elle s'étend, dit-on, sous terre jusqu'à château, le plus fameux et le mieux bâti cinq ou six lieues ; on assure même de France, serait rasé; on ne fit pas qu'il y coule des ruisseaux au milieu de même grâce à cette fameuse tour de belles salles et de chambres pavées de Mélusine, que nos auteurs ont rendue mosaïques avec des autels et des peinai célébra par les fables qu'ils ont ra- turcs.

contées. » Ces êtres mystérieux sont ordinaire- Catherine de IMédecis, qui était, ment désignés dans nos provinces de comme un sait, fort adonnée a la magie, l'Ouest et du Midi sous les noms de prit alors un grand plaisir à faire causer fadas, fB€U,yUantittéres. Elles ont sur» de vieillesfemmesqui lavai. nt leur iin^e tdut de nombreux croyants dans les à une fontaine auprès du vieux château, anciennes provinces du Berri , des Mar- « Les unes lui disoient, rapporte Bran- ches, du Limousin, de l'Angoumois, tdme, qu'elles voyoient lleluaine quel- de la Saintonge, du Poitou, de la Brequefois venir à la fontaine pour s'y tagne, de la Corse, de la Provence, baigner en forme d'une très-belle dame ]Sos Pyrénéens aussi leur rendent un et en habit de veuve; les autres disoient culte religieux. A certaines heures de la qu'elles la voyoient, mais trés-rara* nuit, ils voient se promener, au pic de ment, et ce, le samedi à sèpres (car en Bergons, près de Luz, ou près de la cet état ne se laissoit-elle guère voir) se fontaine de Saint-Bertrand, au pied de baigner, moitié le corps d'une très-belle l'escalier de liigaro. de beUes Jemmex dame et l'autre moitié en serpent ; les vêtues de blane qui chantent des roautres, qu'elle paraissoit sur le haut de mances douces et plaintives. En un la grosse tour en forme d'une très-belle instant, elles transiorment avec leur dameeten serpent. Les unes disoient que fuseau, en til de la plus Une espèce, le

3uanâ il devoit arriver quelque grand lin que Ton dépose à l'entrée de leur

ésastra au royaume ou changement de srotte , creusée dans l'albâtre et ornée

règne, ou mort et inconvénient de ses de cristal. Elles dansent à la clarté de la

parents, les plus grands de la France, lune, soit sur la cime des monts, soit

aue trois jours avant on l'oyoit crier sur les tours et les donjons des vieux

'un cri très-a i^ re et effroyable par trois châteaux abandonnés , soit dans les prai-

ioh. (Jn tient velut-vi pour très-vrai. •» ries verdoyantes. Des Heurs naissent

Une autre Meiusine ligure dans les sous leurs pas; elles excitent ou apai-

traditions féeriques de la Franche- sent à leur gré les tempêtes, et comblent

Comté; c'est la vouiore, être moitié de biens ceux qui leur randent de sin-

femme aussi, moitié serpent, qui porte cères hommages. Dans la nuit du 31

au front une escarboucle lumineuse, décembre au l*' janvier, les fées visi-

T. vu. 46* Uvraison. (Dicx. emcycl. , etc.) 46

7t2 FEISTRfZ L'Uni^ERS. FRI^KlfiCH ^

tent les maisons de leurs adorateurs , près' de Rosprk, et il s'était pmpar^ de portant le bonheur dans la main droite Villanh , lorsque le prince lùii^ène vint et le malheur dans la gauche. On u soin arrêter ses progrès. Celui-^i lit attaquer de Irar préparer nn repas dlMis une àlafoielescieux ftointsde Viilaohetëe chambre reculée, dont on ouvre les Roseck, s'en rendit maître, et détruisit portes et les fenêtres. Un linpe blanc les ponts. Les Autrichiens élevèrent ^ est étendu sur une table, où Ton place ensuite, dans les premiers jours de jNepun pain, un couteau, qb vase plehi tembre, des retranchements à Feistriz,* d*eau ou de vin^, une coupe et une non loin de Rrainburg. Delà, ils poubougie «Humée. Oux (jiii leur présen- vaient marcher directement sur Tarvîs, tent les meilleurs mets peuvent espérer ou vers la haute Saxe , couper les deu.\ que leurs moiesons seront abondantes, premières divisions de Tarmée franco* et que Thymen comMera Itufs vcbui les italienne de la troisième, et forcer amsi plus chers. Le chasseur (\{\\ peut placer le prince Fugène à se retirer derrière sur la table quelques pièces de gibier l'Isonzo et les Alpes juliennes. Mais sera particulièrement favorisé par ces Eugène vit le péril, et , le 6 , à 3 heures femmes cêkiHs, oui sont les épouses après midi, il donna ordre au général des (Uensc {eras nennos r/c.s- dienux). Grenier, commandant la f*" division, Mais ceux qui ne s'acquittent qu'à re- d'enlever les ouvrages des Autrichiens, gret ou avec lésinerie de leurs devoirs Les brigades des généraux Dupeyroux envers eltes doivent s'attendre aux plus et Schmitz longèrent la Drave; celle do grands maux. Le premier jour de Tan, général Campi s'avança par le revers des le père, Vancien , le maitre de la mai- montagnes. Des deux côtes, on attaqua son prend le pain offert aux fées, le vigoureusement les redoutes, et Tenrompt, et après Tavoir trempé dans nemi, bientôt cnlNlé , fut poursuivi, l'eau ou dans le vin que contenait le pendant plusieurs lieues, Pépee dans les vase, il le distribue h tous les me»nbres reins. A 5 heures, la position et les rede la famille, et même aux serviteurs, tranchemenls de Feistriz étaient com- On se souftaite alors une bonne année, plétement an pouvoir des Fratiçais. La et l'on déjeune avec ce pain. pertedes Autrichiens, dans cette affaire, Ln féerie, reléiiuco maintenant près s'élevn à r?')0 morts, 400 ble88és,et du berceau de l'enfance ou dans les 500 prisonniers, chaunnères , n'a pas fourni seulement Feldkirch ( combats et prise de ). de brillants récits aux poètes et aux ro- La position de Feldkirch , en Souabe , mancicrs des vietix !1.ïps; nous lui de- toujours importante pnnr un ennemi vous encore les chnrnKints contes de qui veut pénétrer immédiatement en Al- Perrauit, de madame d'Aulnoy, de Ha- lemague. devint nécessaire dans lescom— milton, et de tous ceux qu*on a insérés mencements de la guerre déclarée en dans la volumineuse collection du Ca- 1799 à l'Autriche. Dans le système binet des fées (Paris et Genève, 1786, adopté de deux années françaises, agiset ann. suiv. , 37 vol. in-S"). File a été sant, l'une en Souabe, et l'autre en avant précieuse aussi aux écrivains dramati- de la Suisse, c'était un point inter moques. Quinault, Montcrif. Cahuzac, diaireindispensablepourlierletirsopéra- IVÎnrinontel , la transportèrent avec bon- tions de ce coté. T es Tmpéria»ix et les heur sur la scène, et leur exemple a été Français dirigèrent donc de ce côté tous suivi de nos jours par de spirituels au» leurs efforts. Au momentoù Wasséna se teurs. porta sur Coire,il ordonna, Ie5mars,une Fi-TSTRiz ''prise de). Lors de la cin- fausse attnqueasscï vive sur Feldkirch, qiiienuf coalition, TAutriche envoya, pour y contenir le général Hotze. Mâîenaoùt 181 3, une armée de 60,000 liom- tre du pays des Grisous, il se retourna mes contre ritalie, pour en disputer de encore sans succès contre cette pnsfnouve.Hi In possession à la France. Le tioii , où l'ennemi étnit cotivf rt d'une p!<in du général Hiller, qui commandait belle ligne de retranchements. Fn effet, cette armée , était de pénétrer dans le Feldkirch s'élève entre deux forêts, à Tyro! par le vallon de fa Drave. Déjà 3,000 toises du Rhin , dans une étroite U avdit jeté des ponts sur cette rivière, vallée traversée par rion , et ^oè reit-

FELUKiaCU

FRANCE

I^ÉLIBIKN 723

ferfnent des mamelons assis sur une base de rochers à pic. Les issues du ëéAlé sont fermées par des travaux redotttables. Daiis la nuit du 1 1 a« 19

mars, ces retranchenienls furent assaillis avec la plus grande vivacité. Les Français jetèrent un pont sous le feu des Autricbieiu , emportèrent deux retranchements, renouvelèrent Tattaque jusqu'à six fois , et furent enfln forcés de se retirer avec une perte considérable.

Mais, quelque temps après, Tarchiduc ayant appelé à lui Hotze, avec 10,000 hommes , pour résister à Jourdan , qui «Itérait une diveraioii sur les borda da Daoube, Maaséna emt la drcoastance favorable pour brusquer une nouvelle attaque de Feldkirch ( 28 mars. ) Cette expédition, conduite avec beaucoup de Tiguaur ^r le général en personne, fut encore reponssée, et roiha beaucoup de sani». Massena , après avoir perdu une grande partie de i'elite de son armée,, fut force de repasser te Rhin , et se re* tira dans le pays des Grisons.

— Cepennant, les Impériaux ne devaient pas demeurer longtemps en possession de oe camp si vivement disputé.

Le général Lecourbe, placé sous les ordres de Moreau , fut chargé, en 1800, de reconquérir, avec IS t)ataillons, le pays «les Grisons, i|it*il avait oecupé Pannée précédente. Il dirigea le gros de ses forces ^ur Ftiessen et Renti , tandis que le général xMolitor marchait avec sa bri- ^de sur Feldkirch, Mayenfeld et Coire* Moreau a^avança en même temps avec des forces considérables surPIser, pour s'opposer aux mouvements du gênerai Kray. Montrichard appuya Lecourbe, qui à la téte de 20,000 hommes commença son opération le 11 juillot ; il forma de ses troupes trois colonnes d'attaque ; celle de gauche se présenta menaçante à Fuessen , et rejeta sur Renti les postes du prince de Reuss, dont l'attention fut ainsi délonrnée.Les deux autres colonnes s'avancèrent pahillèlement, Tmie sur Feudents, f antre sur la pointe méridionale du lac de Constance. Cette dernière donna l'assaut aux redèûtes de Feldkirch , que d^endaient liiiit Maillons impériaux , deux légions d*éniigrés suisses, une partie des milites du Voralberg , et une

nombreuse artillerie. Tous les avantpostes furent en un moment repoussés derrière les lignes, et l'on se canonna jua^ii^an. soir. La nuit vint enfin mettre un terme au combat, et Jellachich, conjecturant, d'après la vigueur desdernières attaques, qu'il était arrivé des renforts au général Leoourbe, et apprenant les succès de la colonne de Peudentz , évacua la place de Feldkirch , ou les troupes françaises entrèrent au point du jmr. Les généraux Godin et Molitor déployèrent dans ces affaires une intelligence et une bravoure rares; ils furent parfaitement secondés par les géueraux Puthod, Laral, Nansouti et Jardon (14 juillet 1800.)

Feletz (Charles - IVInrio Doriiuoitd, abbede) naquiten 1767, près di^ brivesla-Gaillarde, et montra, dès le début de sa carrière, ces sentiments hostiles à la révolution, qui ranimèrent constamment depuis. Il s'associa, en I8(il. a la croisadeque les feuilletonistes du Jour»

ntU de» Débatê avaient entreprise contre les nowitours en littérature ; devint, en 1809, conservateur de la bibiiotbèque Mazarine , place qu'il perdit penoant les cent jours , pour la reprendre et la conserver sous la deuxième res* tauration; fut appelé, en 1820, nux fonctions d'inspecteur des études de TAcadémiede Parts; fut élu, septana apr^, à TAcadémie française , en rem* placement de Villar, et prit enlin sa retraite après la révolution de juillet. On a réimprimé en 1828 , sous le titre de Mélanges de philosophie, d'histoire H ffp littérature ^ 6 vol. in-S", un choix des articles publiés , a différentes époques, par l'abbé de Feletz.

FÉLiBiBii (AndréS né à Chartres, en 1C19 , nommé membre de l'Aradémie des inscriptions, lors de sa formation, en 1663, puis successivement historiographe du roi et de ses faAtiments, secrétaire de l'Académie d'architecture, etc., mort en 1695, a laissé un certain nombre d'ouvrages, auxquels Voltaire a reproché é'fsffnr trop peu dk choses dûes an trop de paroles. Les principaux sont : Origine de la peinture , 1660, in -4*; Principes de l'architecture^ sculpture et /wi»/wrc, Paris, 1676-1690, in-4*; Entretiens suries vies et les oU' vraies «tes phu miceelinUM jmMvs

FELLETIN

L'UNIVERS

Page 1