CA
dont se composait le canon indique suffisamment qu'il n'y avait que les hommes libres et les propriétaires qui y fussent assujettis. Après la conquête de la Gaule par les tribus germaniques, le mot canon changea d'acception. On .ippe la alors ainsi des redevances annuelles, et même des loyers. On lit dans une charte de 1218, tirée des archives de l'abbaye de Saint-Victor de Marseille, que différents redevables dont il est fait mention n'ont à payer à l'église du monastère qu'une livre de poivre pour tout canon. Guillaume, évéque d'Apt, en inféodant à un certain Bertrand Reybaud un château avec toutes ses redevances et appartenances, se réserve le canon qui était d'une livre sterling, et y substitue un mouton vivant de la valeur de huit sous. Enfin, on lit dans la coutume de Loss : « Si an locataire renonce à son stuit (à son bail) avant la Saint-André, il n'est obligé qu'aux canons arriérez; mais s'il le fait après la Saint-André, il doit encore ce dernier canon. » Comme chose , le canon n'est plus en usage aujourd'hui, et comme mot, il n'a plus
Sue dans l'histoire ses significations 'autrefois.
Canon (droit). Voy. Droit canon.
Canon. La première circonstance où l'on voie d une manière certaine apparaître l'usage du canon est le siège de la ville espagnole de Baza par Ismatl , roi de Grenade, en 1323. Les textes cités ou traduits par Casiri et J. Condé ne peuvent, à cet égard, laisser aucune espèce de doute. Cette arme passa en France quelques années après. C'est ce que prouve évidemment le passagesuivantd'un compte de dépenses pour l'année 1338 : « Compte « Barthélémy du Drach, trésorier des « guerres de" cette année : A Henri de « Franc hemas , pour avoir poudres et • autres choses nécessaires aux ca- « non s qui estoient devant Puy-Guil- « iaume. » (Voy. du Cange au mot Bombarda.) Un acte latin de 1345, dont l'original existe encore à la bibliothèque du roi , parle aussi de canons en fer, et il est constant , malgré le silence de Froissart, que les
Anglais s'en servirent en 1346, à la bataille de Crécy ; les récits des chroniques de Saint-Denis, et de l'Italien Villani, mort en 1348, le prouvent d'une manière irrécusable. Les gros canons de cette époque étaient des cylindres creux, munis d'espace en espace de plusieurs cercles de fer. Fin 1 460, les canons les plus forts, fabriqués en France, ne pesaient pas au delà de cent quinze livres; mais dix ans plus tard, sous Louis XI, on fondit à Tours une pièce d'une grandeur démesurée; elle était de cinq cents livres de balles, et portait, dit-pn, de la Bastille à Charenton. Le fondeur , qui s'appelait Jean Mogué, fut tué du second coup d'épreuve. La fameuse couJevrine de Nancy, fondue en 1598, avait vingtdeux pieds de long. Jusqu'en 1732, le fonaeur détermina seul le calibre de la pièce ; mais à cette époque, on établit une mesure fixe et uniforme.
Le nombre des calibres fut réduit en 1732 à cinq pour l'artillerie de l'armée de terre. Ces calibres étaient de vingtquatre et de seize pour la défense des places et des côtes ; de douze , de huit et de quatre pour les pièces de campagne.
Une ordonnance de 1739 fixa la charge au tiers du poids du boulet; et l'on adopta, en 1765, un canon dit de •troupes légères. Pendant les çuerres de l'empire , on fit usage de pièces de six, destinées à remplacer celles de huit et de quatre; mais il y a longtemps qu'on ne s'en sert plus.
Aujourd'hui les calibres en service sont: ceux de vingt-quatre, de seize et de douze pour les sièges , et de huit pour l'artillerie de campagne. Dans les places , on emploie encore , outre ces calibres, les pièces de quatre, dont il n'est plus fait usage dans les batteries de campagne.
La longueur des nièces est ordinairement de dix-huit fois leur calibre.
La pièce de huit pèse cinq cent quatre-vingt-quatre kilogrammes; sa charge de poudre, pour tirer à boulet, est de cent douze centigrammes; la plus grande distance à laquelle on doive tirer a boulet est de neui cent quatre-vingtquatorze mètres. La charge des pièces
00 CA* L'UNIVERS. CAW
de campagne est contenue dans des pendant quelque temps donné la chas-
gargousses en serge. se . sans se faire beaucoup de mal par
La charge ordinaire des pièces de leurs bordées , les deux bâtiments vingt-quatre est de trois cent quatre- échangèrent un feu plus vif : ce fut vingt-onze centigrammes ; leur portée alors une pluie de boulets et de misous l'augle de 4S° est d'environ quatre traille, un tonnerre continuel de fusil* millecentquatre-vingt-dix-huit mètres, lade et d'artillerie. Le Tremendous La charge des pièces de seize est de souffrait cruellement de crtte lutte deux cent soixante-neuf centigrammes, acharnée. Fendant que Bouragne obet leur portée est de quatre mille cin- servait les effets des volées de la fréquante-deux mètres a peu près ; enfin , gatë, son chapeau qui, dans le désordre la charge des pièces de douze est de du combat , s'était retourné sur sa cent quatre-vingt-quinze centigram- téte, est frappé d'un boulet, qui le mes , et leur portée de trois mille six rétablit dans se position ordinaire. Le cent quarante-quatre mètres eoviron. capitaine se mit a rire, et se tournant du Les gargousses des pièces de siège côté de son officier de manœuvre : « Il sont faites en papier. {Voyez Aimes paraît, dit-il, quecesomf-/à trouvaient A fbu et Paixhans.) mon chapeau mal posé; ils ont voulu
Canon (P.) , jurisconsulte de la fin le remettre dans là position carrée;
du seizième siècle , a publié : Commen- merci ! » Cependant les bordées rontî-
taire sur les couslumes de Lorraine , nuaientde part et d'autre leurs ravages;
auquel sont rappariées plusieurs or- et Bouragne, debout près d'une caro-
don nances de Son Altesse et des ducs nade , observait avec une longue-vue
ses devanciers, Épinal, 1034, in-4°. ce qui se passait à bord du Tremen»
Il avait été anobli en 1626, par le dow.ç. Tout à coup la caronade estfrap-
duede Lorraine, Charles IV. pée d'un boulet, dont les éclats ren-
Son fils Claude-François Canon, versent le commandant et tous les
né à Mi recourt en 1638, fut envoyé, officiers qui l'entourent. On s'écrie :
par le duc Léopold , comme ministre Le capitaine est mort! On s'empresse
plénipotentiaire au congrès de Rys- autour de lui. Mais Bouragne en était
wick, où il déploya Une grande habi- quitte pour une contusion; il se re-
leté. Il mourut en 1698. On lui attri- lève tranquillement, et, braquant de
bue : la Médaille , ou Expression dm nouveau sa lunette : « C'est singu-
la vie de Charles IY, duc de Lor- lier, dit- il, elle n'est pas cassée.»
raine , par un de ses principaux ojfi- Sur ces entrefaites, le vaisseau en -
ciersf ouvrage manuscrit conservé nemi avait été tellement désemparé
dans la bibliothèque de Nancy. qu'il ne pouvait presque plus inanœu-
Canonnièbb ( la ). — Dans la ma- vrer. Nos marins demandaient à grands
tinée du 21 avril 1806, Bouragne, com- cris l'abordage, et le capitaine allait
mandant de la frégate la Canonnière, céder et donner l'ordre de gouverner
rejoignant l'escadre française postée sur l'Anglais, quand on le vit s'éloi-
dans les parages du cap de Bonne- gner pour rejoindre le convoi. La Ca-
Espérance, rencontra, à vingt-quatre nonnière était elle-même trop avariée
kilomètres du cap Natal , un convoi pour le poursuivre ; il fallut laisser
anglais de onze voiles, escortées par échapper cette proie si ardemment
deux gros vaisseaux de guerre. Mal- convoitée. De la galerie, des sabords
gré l'ardeur belliqueuse ae l'équipage, s'élançaient des imprécations et des
la partie était trop inégale. Il fallut poings menaçants. « Jamais , dit le ca-
manœuvrer pour éviter la rencontre pitaine dans son rapport, on ne vit
des navires ennemis, ou en attirer du pareil enthousiasme, ou plutôt pareil
moins un seul à la suite de la frégate, délit e. La disparition du Tremendous
Le Tremendous, de 74, se détacha en à l'horizon put seule mettre un terme
effet du convoi, et s'acharna à ia pour- à cette exaltation. »
suite de la Canonnière. Après s'être Quelque temps après , Bouragne dé-
CAS FRANCE. càn
dommagea amplement ion équipage par les prises importantes qu'il fit dans l'océan Indien. 11 combattit un jour, et captura, en vue de l'Ile de France , une frégate anglaise. Les habitants de cette île, qu'il avait délivrés des croiseurs anglais, lui offrirent cent cinquante mille francs comme témoignage de leur reconnaissance. Bouragne refusa avec une noble indignation, disant que les services il 'un officier français ne se payaient pas avec de l'argent : il accepta seulement une épee d'honneur. Bouragne mourut capitaine de vaisseau! C'était sous la restauration.
Cahopb ( bataille de ). — Le 18 mars 1801, le général Menou f qui, dans les premiers jours du mois, avait commis la faute énorme de laisser une armée de quinze à seize mille Anglais débarquer sur la plage d'Aboukir , était enfin venu , pour réparer sa folie s'il se pouvait, s'établir, avec toutes les troupes françaises alors disponibles, au pied des retranchements que les Anglais avaient élevés entre Rosette et Alexandrie, non loin des ruines de l'ancienne Canope. L'indigne successeur de Rléber sentant sa propre incapacité, consulta les généraux Reynier et La misse sur la conduite qu'il avait a suivre. Ceux-ci lui conseillèrent d'attaquer sans délai. Les dispositions furent faites en conséquence dans la journée du 20. Le 21, les Français prirent les armes entre trois et quatre heures du matin : les premiers engagements leur furent favorables; mais dans une manœuvre, dont le but était de tourner la droite des Anglais, deux corps de troupes françaises, par une funeste méprise, se chargèrent un moment sans se reconnaître. De là une confusion qui fit manquer la manœuvre, et dès lors échouer tout le plan des généraux Reynier et Lanusse; aussi fut-ce en vain que les quatre divisions qui formaient le centre de l'armée française se précipitèrent successivement sur la ligne des Anglais : l'ennemi les repoussa l'une après l'autre.
Le sort de la bataille était pour ainsi dire décidé; mais Menou, qui n'avait
pris aucune part à l'action , et qui se promenait tranquillement derrière les lignes , crut qu il était de son devoir comme général en chef de donner au moins un ordre II se porta donc sur la réserve de cavalerie commandée par le gênerai Roize, et lui ordonna de charger. Roize objecta vainement l'imprudence de cette tentative, il dut obéir. Entamaut alors la charge en désespéré, sabrant et renversant tout sur son passage, il pénétra jusque dans le camp ennemi. Telle fut la panique des Anglais, qu'ils se jetaient ventre à terre pour ramper jusqu'à leurs tentes ; mais un obstacle imprévu arrêta les cavaliers français, et causa leur perte au moment ou ils poussaient déjà des cris de victoire. Leurs chevaux s'abattirent dans des trous de loups et sur des chausse -t râpes dont l'ennemi avait parsemé son camp, ou s'embarrassèrent dans les cordes et les pi-
3uets des tentes qui étaient croisés à essein. Roize mit pied à terre, se battit en lion , et fut tué avec presque tous les braves qu'il commandait* Le général anglais, sir Abereromby, trouva aussi la mort dans cette mêlée épouvantable. A près quatre heures d'indécision , Menou se détermina enfin à ordonner la retraite, qui heureusement put encore s'effectuer en bon ordre.
Caisoubgub ( la ) , ville de l'ancien Gévaudan , aujourd'hui du département de la Lozère, • dix-huit kilomètres de Marvejols. On y voit une fontaine antique et des débris d'un fort dont on attribue la fondation aux Romains. La population de cette ville est aujourd'hui de dix-huit cent cinquante habitants.
CANOUBGUE(la) BT Ban LSSAC( monnaie de). — La Canourgue renfermait, à l'époque mérovingienne» une célèbre abbaye dédiée à saint Martin. Cette abbaye n'est, il est vrai, nommée dans les chartes que vers la fin du onzième siècle ; mais l'acte qui la désigne suppose une illustration déjà ancienne; et des tiers de sous d'or, portant le nom de banmaciacofiit scimahtini • prouvent ce que nous avançons.
L'abbaye de la Canourgue était, eu
<:an
L'UNIVERS
CAN
effet, placée dans la-vicomté de Ban assac, in vicaria Bannacence. Banassac est un bourg qui fait maintenant partie du canton de la Canourgue , et gui , au septième siècle, était un lieu fort important. Aucune localité, peutêtre, n'a fourni autant de monnaies pendant la période mérovingienne. Les énumérer serait trop long. Nous dirons seulement qu'elles portent généralement pour type un calice et quel-
3ues marques accessoires, telles que es branches, des points, etc.. Leurs légendes sont fort irrégulières; tantôt on y lit seulement le nom du monétaire et celui du roi, cabibertusrbx
— MAXiMiftvsMO ; tantôt celui du roi et celui de la ville, carirertvsrex
— bannaciacofiit; celui du roi et celui de la province, dagobebtvs-
BEX — GANTOLTANOPIIT ( pour Gava-
letano fût. Cette pièce a été mal à propos donnée par Lelewel à la ville de Gand, qui se dit en latin Gandavum ou Ganta; Bouteroue et Leblanc n'avaient pas su l'attribuer); tantôt celui du monétaire seulement,
VIISCEM1VS M ON ET; — BOSOLVS MO-
net; — TELAFivs MON... ; celui du monétaire et celui de la ville , ban-
NACACOFIT — MAXIMINVS MO — ;
celui de la ville et celui de la province , gavaletano ban , ou celui de la province seulement , gavaletanofiit.
Le voisinage des Cévennes, où sans doute on avait alors découvert quelques mines d'or, est probablement la cause de la fabrication de cette grande quantité d'espèces. Ce qui est remarquable surtout, c'est qu'à partir de la période mérovingienne , la Canourgue et Banassac disparaissent presque complètement. Cependant on a prétendu , mais sans preuves bien évidentes, que ce lieu avait été la résidence de l'évéque du Gévaudan, à l'époque où Mendes ne possédait pas encore de siège épiscopal. Dans le dixième siècle, ce pays fut ravagé par les Hongrois ; au onzième, la Canourgue, qui se nommait encore Saint-Martin de Banassac, était tombée entre les mains des vicomtes de Banna , qui la possédaient à titre de commende , et la cédèrent ,
vers Tan 1066, à l'abbaye de Saint- Victor de Marseille. Depuis cette époque , ces deux localités ne paraissent que bien rarement dans l'histoire , et pour des faits fort peu intéressants.
La Canourgue (en latin Canonica) doit son nom au monastère qu'elle a si longtemps possédé; mais ce ne fut qu'au douzième siècle que cette dénomination prévalut sur l'ancienne.
Cantal ( département du ). — Ce département, ainsi nommé de la plus haute de ses montagnes, est formé de la partie méridionale de l'Auvergne.
Ses limites sont, au nord, le département du Puy-de-Dôme; à l'ouest, ceux de la Corrèze et du Lot ; au sud , celui de l'Aveyron; au sud-est, celui de la Lozère*; et à l'est, celui de la Haute-Loire. Sa superficie est de cinq cent quatre-vingt-deux mille neuf cent cinquante-neuf hectares; sa population de deux cent soixante-deux mille cent dix-sept «1m es ; son revenu territorial, de 10,000,000 de francs; et il paye 1 ,371 ,895 francs de contributions directes. Il est divisé en deux cent soixante -cinq communes, réparties entre vingt -trois cantons et quatre arrondissements, Aurillac, Mauriac, Murât et Saint-Flour. Son chef-lieu est Aurillac.
Ce département fait partie de la dixneuvième division militaire (Clermont- Ferrand ) ; ses tribunaux ressortissent à la cour royale de Riom. Il forme un évéché, dont le siège est à Saint- Flour : pour l'administration universitaire, il est compris dans le ressort de l'académie de Clermont. Enfin, il fdit partie de la trentième conservation forestière (Aurillac), et il envoie quatre députés à la chambre. Gerbert, pape sous le nom- de Sylvestre II, l'académicien de Belloy , l'astronome Chappe d'Auteroche , le général Desaix , l'abbé de Pradt , etc. , sont nés dans ce département.
Cantalupo (combat de). Le général Mack s'étant avancé sur les bords du Teverone pour couper l'armée française, le général Macaonald reçut ordre, le 11 décembre 1798, de se'porter en avant de Catalupo. Les généraux
C4N FIU
Rey, Dufresse et Leraoine convergèrent vers le même point. Enveloppé r leur manœuvre, le général Mack ttit en retraite. Les Français, trouvant le camp de Cantal upo évacué, poussèrent jusqu'à Rome, et y prirent position.
C an tel (le P. Pierre- Joseph), savant et laborieux jésuite, né en 1645, mort à Paris en 1684, a écrit un bon abrégé des Antiquités romaines, sous ce titre : de Romana republica , sive de re milit. et civil. Roman., Paris, 1684, in- 12. Il avait commencé un grand ouvrage sur C Histoire civile et ecclésiastique des vil/es métropolitaines (en latin), dont il parut un premier volume en 1684, in-4°, et que sa mort prématurée l'empêcha de continuer. On lui doit le Justin, Paris , 1677, et le Valère- Maxime , ibid., 1679, de la collection des classiques ad usum Delphini.
Cantbnac (N. de), assez mauvais poète du dix-septième siècle, est auteur d'un recueil de Poésies nouvelles et œuvres galantes, imprimé à Paris en 1661 et 1665, in-12. On trouve, dans quelques exemplaires de la première édition de ce livre, un petit poème de quarante stances, intitulé l'Occasion perdue et retrouvée, attribué à tort a Pierre Corneille, et qui, supprimé (par ordre) dans l'édition de 1665, a été inséré dans d'autres re* cueils du temps. Cette pièce de mauvais goût est cependant la meilleure du recueil du sieur de Cantenac.
Cantillon (Antoine-Sylvain), né à Paris, dragon au 4e régiment, chargea devant Coïmbre, le 3 décembre 1811, avec six dragons, contre un peloton de chasseurs anglais qui défendaient la téted'un pont. En 1813, placé dans les grenadiers à cheval de la garde impériale, il prit part à tous les combats qui eurent lieu en Allemagne; le 30 octobre , à la bataille de Hanau, Cantillon, alors fourrier, voyant son capitaine entouré par les Bavarois , se précipite aussitôt au milieu d'eux, tue un cavalier, disperse les autres, et parvient à sauver son chef. Cette action, qui rappela que cinq jours aupa-
ravant on l'avait vu lutter contre trois Cosaques , en blesser deux et tuer le troisième, lui valut la croix de la Légion d'honneur. A M ont mi rail , avec quatre de ses camarades, il chargea sur quinze grenadiers russes, qu'il fit prisonniers; au mont Saint-Jean, il était maréchal des logis chef, et il s'élança l'un des premiers contre les batteries anglaises, sabra les canonniers sur leurs pièces, et, entouré par un grand nombre de cavaliers , il se fit jour le sabre à la main.
Cantons. Voyez Divisions géographiques de la France.
Cantru (Charles), né en 1769, à Lenault (Calvados), trompette au 1er régiment de dragons. Au combat de Frauenfeld, ce brave s'élanca sur une batterie, sabra plusieurs des canonniers qui la servaient, mit les autres en fuite , et s'empara d'un obusier. Il fut tué le 9 prairial an vu (28 mai 1799).
Cany, seigneurie avec titre de marquisat, en Normandie (département de la Seine-Inférieure), à huit kilomètres de Saint-Valéry.
Caorsins. L'origine et le nom de ces hommes de finance, qui se livraient, pendant le moyen âge, à une usure que nos rois furent, à plusieurs reprises, obligés de réprimer, ont donne lieu à de nombreuses controverses.
Des auteurs prétendent que les Caorsins étaient venus d'Italie, et tenaient leur nom de la ville de Cahors, où ils avaient établi leurs premiers comptoirs; d'autres, les reconnaissant pour Italiens aussi, assurent qu'ils étaient issus d'une famille de Florence, riche et puissante, appelée la famille des Corsini, dont, avec une légère altération, ils avaient conservé le nom en France; enfin, selon une troisième version, ils auraient été originaires du Piémont, et seraient sortis aune petite ville appelée Caorsa , en français Caours, d'où ils auraient été eux-mêmes appelés Caorsins et Caoursins.
Quoi qu'il en soit de cette divergence d'opinion , il est de fait que ces prêteurs d'argent furent longtemps, avec les Lombards et les Juits (voyez ces
CA!f L'UNIVERS. CAP
mots), un des fléaux du commerce de tous les pays. Aussi ont-ils été, avec ceux-ci , l'objet de diverses rigueurs, tant en France qu'en Sicile, en Angleterre et dans les Pays- Ras, où de proche en proche ils s'étaient répandus. Enchérissant encore sur les juifs, ils offraient leur argent à tout le monde , mais ne le prêtaient que sur gages , et prélevaient encore tous les deux mois un intérêt de dix pour cent : « Ces sangsues publiques , dit Matthieu Pâris, avaient le crédit de faire citer leurs débiteurs à la cour de Rome, qui, participant à leur gain , jugeait toujours en leur faveur. Saint Louis, par son ordonnance de janvier 1268, renouvelée par son fils Philippe le Hardi, commanda à tous les baillis de chasser de leurs territoires les caorsins dans l'espace de trois mois, accordant ce terme aux débiteurs pour retirer leurs meubles engrgés,en payant le principal sans intérêts. Il somma les barons de faire pareille chose dans leurs domaines , et fut obéi ( * ) » ( voyez les mots Juifs. Lombards) , et he leur permit de résider dans le royaume qu'autant qu'ils y feraient un commerce loyal. Les mesures répressives que Ton fut forcé de prendre
(*) Parmi les enquêtes contenues dans le premier volume des Olim, publié par M. le comte Beugnot 'collection des documents inédits sur I notoire de France) , on en trouve une de l'année ia58 qui semble prouver que les préventions contre les caorsins n'étaient pas générales , et que ces marchands trouvaient quelquefois des défenseurs dans les corps municipaux des villes commerçantes. Il résulte eu outre de la date de celte enquête que déjà une première ordonnance d'expulsion avait précédé celle de 1968. Et ai l'on remarque que cette dernière ordonnance n'expulsa pas de France tous les marchands italiens auxquels on donnait le nom de caorsins , mais prescrivit seulement aux baillis de chasser de leurs territoires ceux qui se livraient à l'usure , il paraîtra probable que celte ordonnance ne fit qu'en modifier nue autre plus sé\ère et dont l'exécution avait donne naissance aux faits relatés dans l'euquéte dont nous avons parlé.
contre eux dans la suite font voir que l'amour du pain leur inspirait une té naeité difficile h vaincre. Comme on enlevait et emprisonnait sans formalité ceux qui contrevenaient aux défenses qui leur étaient faites, ou bien parce que, selon des auteurs, eux-mêmes enlevaient et emprisonnaient leurs débiteurs avec une grande sévérité , on leur attribue l'origine du proverbe: Enlever comme un cortin, et non comme un corps saint, à moins que, par cette dernière locution, on ne veuille dire : Enlever avec ménagement et respect. A mesure que le commerce se régularisa et se créa, en France , des ressources moins onéreuses que celles que lui procuraient les caorsins, le nombre de ceux-ci diminua , et leur nom , qui répondait à celui de banquier, cessa même d'être en usage.
C AotiBSi n (Guillaume), vlce-chancelier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, naquit à Douai en 1430. Il mérita, par ses talents, la confiance du grand maître et du chapitre, et la dispense des vœux d'usage, remplit plusieurs missions Importantes en Italie, et mourut en 1501. On a de lui quel-
2ues ouvrages écrits en latin , qui ont té recueillis et imprimés à Ulm en 1496, in-fol., avec flg. en bois. Le principal est une description de la ville de Rhodes, et du siège qu'elle soutint en 1480. Cette relation, qui a pour titre Obsidionis urbis Rkodiae descriptio, a été imprimée une première fois à Rome, sans date, in-4°, et réimprimée dans la même ville, 1584, infol., avec des augmentations.
Cap-Bheton, bourg maritime de l'ancien pays de Martniies, aujourd'hui du département des Landes, à trentequatre kilomètres de Dax, a joui longtemps d'une grande prospérité commerciale, qu'il devait au changement qui se Ht, en 1360, dans le eours de I Adour. On sait que cette rivière, obstruée par d'énormes monceaux de sable, se creusa alors un nouveau lit, et aila se jeter dans la rn^-r, a vingthuit kilomètres de son ancienne embouchure. Depuis cette époque, tout
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CAP
FRANCE
CAP
le commerce de Bayonne se fit par Cap-Breton , où les huguenots s'emparèrent, en 1568, de dix vaisseaux qui revenaient de la pèche de la morue , et où Ton comptait encore, en 1690, plus de cent capitaines de navires. Mais en 1579, l'ingénieur Louis de Foix ayant fait reprendre à PAdour son ancien cours, le commerce de Cap-Breton commença à déchoir. Il est tout à fait perdu, depuis que les sables, amenés par les vents et les marées, ont comblé son port , à la place duquel des dunes s'élèvent aujourd'hui. En 1824, il n'y avait plus au Cap-Breton qu'un seul capitaine de navire. On n y compte aujourd'hui que neuf cent vingt ha-
Capdenac, petite et très-ancienne ville du Quercy (aujourd'hui du département du Lot), construite, suivant
Suelques auteurs, sur l'emplacement e l'ancienne UœeUodunum. C'était une ville importante sous Charles VIII. Sully s'v retira après la mort de Henri IV, et l'on y montre encore le château habité par ce grand ministre. Capdenac est situé à quatre kilomètres de Figeac. On y compte aujourd'hui treize cent cinquante habitants.
Capdueil ou Capdeulh, en latin, Capdolium ou Capdultum. — C'est ainsi que l'on désigne, dans les anciennes coutumes , la principale maison d'un fief, qui devait toujours appartenir à l'aîné de la famille.
Capditelh (Pes de), troubadour du douzième siècle, possédait une baronnie dans les environs du Puy. On conserve parmi les manuscrits de la bibliothèque royale vingt pièces de poésies qui lui sont attribuées, et une notice d'après laquelle il aurait perdu la vie dans la troisième croisade.
Cap* ou Chape. — Ce mot a été employé avec de légères variantes dans presque toutes les langues de l'Europe, pour désigner un vêtement de dessus.
l)e toute antiquité, la cape était en France un habit commun à tous, aux chevaliers, aux moines, aux clercs, aux laïques des deux sexe*. Elle était ample et munie d'un capuchon qui couvrait le visage. On lit dans une Vie
de saint Junien, par Ulphin Boèce :
« Une robe de poil de chèvre, que nous appelons cape, est encore en usage parmi nous; » dans Roger de Hoveden (Vie de Henri II) : « l'épée traversa la cape, la tunique et la chemise. » Le luxe qu'on déploya dam cette sorte de vêtements fut cause que le concile de Metz, tenu en 888 , en défendit l'usage aux gens d'église :
» Les laïques, • disent les eanons de cette assemblée, « porteront la cotte avec la cape, s'ils le veulent ; les moines, au contraire, auront la cotte seulement. »
Sous Louis VII, une autre prohibition vint frapper ce vêtement qui fut interdit aux femmes publiques, « pour mion pût let distinguer de* femme* légitimement mariées. «
Mais la première de ces deux défenses (et peut-être aussi la seconde) ne fut pas suivie rigoureusement. Dans les statuts de l'ordre de Saint-Benoit, généralement adoptes en France, nous voyons que les frères purent posséder deux capes; et, vers le douzième siècle , ce fut même l'habit le plus commun des clercs et des moines. Ainsi le pape Innocent IV (dans Baluse, tome VII , Mélanges , p. 407) avertit l'évêque de Maguelonne d'en prohiber l'usage aux juifs, « parce qu'il arrive souvent que les étrangers leur rendent des honneurs et des respects, les prenant pour des prêtres. * L'auteur anonyme des Miracle* de saint Hugues, abbé de Cluny, raconte que « le roi envoya au seigneur abbé une cape toute resplendissante d'or, d'ambre, de perles et de pierres précieuses (voyez encore Chapb de Saint-MaetiM). * Les marchands forains en portaient aussi pour se garantir des intempéries de l'air : ce oui fait dire à l'auteur du roman de Florimond y
Jm k de mirrheanf
Fuient Ttstui de c*p« fWad».
Quand elles avaient cette dernière destination, on les appelait capes à pluie ou à eau :
Une cbape à pluie afenbta.
cap L'UNIVERS. CAP
Mais souvent aussi, comme nous venons de le voir, elles étaient richement ornées; un compte d'Étienne de la Fontaine, argentier du roi, s'exprime ainsi : « Pour fourrer une robbe « de 4 garnemens que madame la royne « ot délivrée le jour de myaoust ,ipour « les deux surcos et cors de la chape , « 3 fourrures de menu ver; » et plus loin : « les manches et le chaperon de « chape, 300 livres.» Mais ces chapes à manches , à ce qu'il paraît, avaient un caractère trop négligé , car le concile de Latran (canon 16) défendit aux clercs et aux laïques d'en porter pour assister à l'oflice divin, prohibition qui fut couûrmée par Odon, évêque de Paris , dans ses statuts synodaux ; par les conciles d'Évreux , en i 195; de Montpellier, en 1214 ; par le synode de Ha \ eux , en 1300, etc.
Les lépreux devaient, même quand ils montaient à cheval, porter pardessus leurs vêtements des capes fermées, non fendues, pour qu'on pUt facilement les reconnaître (statuts synod.
de l'Épi, de Const. en JNurm. , c. 19, dans Marten., tom. 4).
Tout évêque sutfragant devait , après son ordination , offrir à l'église métropolitaine une cape profession- Lai cape rouge était réservée au pape ; la cape blanche aux nouveaux baptisés.
A la cour de nos rois , les officiers porte-capes ou porte-chapes furent les prédécesseurs des porte -manteaux du roi. Un statut de l'an 1317 dit : « Il i « aura 3 porte-chapes qui mangeront « à court, et auront 4 deniers d'ar- « gent par jour, et seront prisiez. »
Le mot cape est encore entré dans diverses locutions bien connues , parmi lesquelles nous rappellerons seulement celles-ci : « C'est une noblesse de cape « ou d'épée , » ou : « Il n'a que la cape « et Pépée ; » ce qui revient à dire : On veut faire figure dans le monde, et, cependant , on ne possède pas un sou vaillant; on n'a d'autre fortune que son bras et son habit.
Vers la fin du dix -septième siècle, le sens du mot cape fut restreint à une pièce d'étoffe en forme de capuchon ,
dont les femmes se couvraient la tête pour se garantir du mauvais temps, ou pour échapper à des regards indiscrets.
Capécuiie, village de l'ancien Boulonnais (aujourd'hui département du Pas-de-Calais), où fut signée la paix avec l'Angleterre, le 24 mars 1550r A l'époque du camp de Boulogne, le château de Capécure et ses dépendances avaient été transformés en arsenal et en parc d'artillerie pour la marine.
Capefigue (B. H.. R.) est né à Marseille en 1801. Élève de l'école des chartes, qui venait d'être établie en 1820, il obtint dans l'espace de quatre années, de 1822 à 1826, trois prix et une mention honorable à l'Académie des inscriptions et belles-lettres , pour des mémoires qui tous se rapportaient à l'histoire de la France au moyen âge. Imitant avec peu de bonheur M. de Barante, M. Capefigue a depuis étendu et multiplié ses recherches et ses travaux. On sait qu'il a successivement publié la Vie de Philippe-Auguste (1829), 4 vol. in-8"; YHistoire constitutionnelle et administrative de la France depuis Philippe-Auguste, 1831 , 4 vol. in-8'; à peu près à la même époque, une Histoire de fa restauration en 10 vol.; puis V Histoire de la réforme, etc. Le nombre de ces travaux historiques n'a pas empêché M. Capefigue de manifester ses opinions essentiellement légitimistes et religieuses par sa coopération à divers journaux , et par des ouvrages tels que le Récit des opérations de l'armée française en Espagne, sous les ordres de Son Altesse Royale Monseigneur le duc dAngouléme, la f te de saint Vincent de Paul, et Jacques H à Saint- Germain, roman historique.
Capeline, nom par lequel on désignait autrefois un chapeau de femme, ordinairement en paille , à grands bords doublés de taffetas ou de satin et couvert de plume?; quelquefois aussi on nommait ainsi un bonnet de velours garni de plumes.
En termes de blason, on nomme
CAP
FRANCK
CAP
capeline une espèce de lambreguin en fer que portaient les soldats et les chevaliers. C'est de là que vînt le dicton: Homme de capeiine, pour dire un homme hardi et résolu.
Capelle (la), petite ville de l'ancienne Picardie, aujourd'hui du département de l'Aisne, à seize kilomètres de Vervins. Ce n'était, en 1533, qu'un petit village. François I,r la fortifia et en fit une place importante. Les Espagnols la brûlèrent en 1557, et Mansfeld, général des ligueurs, la prit par capitulation, le 25 avril 1594; mais elle fut rendue à la France par le traité de Vervins, en 1598. Cependant les Espagnols la prirent de nouveau par capitulation en 1636. Reprise en 1637, par le cardinal de la Valette, elle fut encore assiégée en 1656, et prise après neuf jours de siège. L'année suivante, les fortifications de la Capelle furent démolies. Cette ville compte aujourd'hui treize cent quarante et un habitants.
Capelle (Guillaume -Antoine -Benoit, baron), né àSales-Curan (Aveyron) en 1765, fut député par cette ville à la fédération de 1790. Sous le consulat, il fut employé dans les bureaux du ministère de l'intérieur, et bientôt après nommé secrétaire général du département des Alpes-Maritimes d'abord , et plus tard de celui de la Stura. Sous l'empire, il fut successivement préfet du département de la Méditerranée et du département du Léman, et dans l'un comme dans l'autre de ces postes il se signala par une bonne administration. Cependant, lorsqu'en 1813, la ville de Genève se fut rendue aux alliés, M. Capelle fut accusé de n'avoir pas pris les mesures nécessaires pour résister; mais il fut disculpé par le rapporteur de la commission chargée de faire une enquête sur sa conduite.
Sous la première restauration, il fut nommé préfet de l'Ain et officier de la Légion d'honneur. Au retour de Napoléon, il se rendit à Lons-le-Saulnier auprès du maréchal Ney, qui lui ordonna de retourner à sa préfecture; mais il refusa d'obéir, et se retira d'abord en Suisse, et puis à Gand.
Rentré en France après le désastre de Waterloo, il figura comme témoin à charge dans le procès du maréchal Key, et fut nommé préfet du Doubs,
fuiîs conseiller d'État. Après avoir été on^temns secrétaire général du ministère de l'intérieur sous M. de Corbière, il fut nommé préfet de Seineet-Oise. Il administrait ce département, lorsqu'il fut, en 1830 , appelé à faire partie du ministère Polignac. M. Gipelle fut un des signataires des ordonnances de juillet, dont le résultat fut le renversement du trdne des Bourbons. Après être resté plusieurs mois caché dans Paris, il sortit de sa retraite et fut assez heureux pour gagner les frontières. Malgré l'amnistie accordée par le gouvernement de juillet aux coupables ministres de Charles X, le baron Capelle n'est point encore rentré dans sa patrie.
C a peluche. — Après la conjuration de Périnet Leclerc, les Bourguignons étaient redevenus maîtres de Paris (1418). On sait que leur triomphe fut souillé par le massacre des Armagnacs.
Le bourreau de Paris, Capeluche, se signala parmi les assassins. Il était secondé par les Legoix , les Saint-Yon , les Caboche, chefs de la faction des bouchers. La foule, ameutée par eux, se porta au grand Châtelet ; les prisonniers y furent égorgés, malgré l'opposition'des gens de justice. Le duc de Bourgogne essaya en vain de fléchir par des prières ces hommes altérés de sang. Il prit même par la main le bourreau Capeluche, que peut-être il ne connaissait pas; ce fut en vain. Jean sans Peur proposa ensuite aux massacreurs d'aller combattre les Armagnacs, qui, maîtres de Montlhéry et de Marcoussis, affamaient la ville. Il leur donna des chefs et leur fit ouvrir le3 portes; mais, dès qu'ils furent sortis, il referma les portes, et plus de six mille des plus turbulents se trouvèrent ainsi exclus de la ville. C'est alors qu'il fit arrêter Capeluche, dont il se reprochait d'avoir serré la main, et il lui fit trancher la tête par son valet, auquel Capeluche montra comment il devait s'y prendre, préparant
T. iv. V Livraison. (Dict. ekcycl., etc.)