‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 17 sur 88 · VERS. CAP · texte numérisé non relu

VERS. CAP

ne fait pas un doute pour la garnison d'une place de guerre : mais ie gouverneur d'une place est dans une catégorie à part. Les lois de toutes les nations l'autorisent à poser les armes lorsqu'il manque de vivres , que les défenses de sa place sont ruinées et qu'il a soutenu plusieurs assauts. En effet , une place est une machine de guerre qui forme un tout , qui a un rôle, une destination présente, déterminée et connue. Un petit nombre d'hommes , protégés par cette fortiûcation , se défendent, arrêtent l'ennemi et conservent le»dépôt qui leur est confié contre les attaques d'un grand nombre d'hommes ; mais lorsque ces fortifications sont détruites, qu'elles n'offrent plus de protection à la garnison , il est juste , raisonnable , d'autoriser le commandant à faire ce qu'il juge le plus propre à l'intérêt de sa troupe. Une conduite contraire serait sans but et aurait en outre l'inconvénient d'exposer la population de toute une cité, v ieillards, femmes, enfants. Au moment où la place est investie, le prince et le général en chef chargés de la défense de cette frontière savent que cette place ne peut protéger la garnison et arrêter l'ennemi qu'un certain temps , et que , ce temps écoulé , les défenses détruites, la garnison posera les armes. Tous les peuples civilisés ont été d'accord sur cet objet, et il n'y a jamais eu de discussion que sur le plus ou le moins de défense qu'a faite un gouverneur avant de capituler. Il est vrai qu'il est des généraux , Villars est de ce nombre, qui pensent qu'un gouverneur ne doit jamais se rendre, mais à la dernière extrémité faire sauter les fortifications, et se faire jour, de nuit, au travers de l'armée assiégeante : ou , dans le cas que la première de ces deux choses ne soit pas faisable, sortir du moins avec sa garnison et sauver ses hommes. Les gouverneurs qui ont adopté ce parti ont rejoint leur armée avec les trois quarts de leur garnison.

« De ce que les lois et la pratique de toutes les nations ont autorisé spé-

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cialement les commandants des places fortes à rendre leurs armes en stipulant leur intérêt , et qu'elles n'ont jamais autorisé aucun général à faire poser les armes à ses soldats dans un autre cas , on peut avancer qu'aucun prince, aucune république, aucune loi militaire ne les y a autorisés. Le souverain ou la patrie commande à l'officier inférieur et aux soldats l'obéissance envers leur général et leurs supérieurs , pour tout ce qui est conforme au bien ou à l'honneur du service. Les armes sont remises au soldat avec le serment militaire de les défendre jusqu'à la mort. Un général a reçu des ordres et des instructions pour employer ses troupes à la défense de la patrie : comment peut-il avoir l'autorité d'ordonner à ses soldats de livrer leurs armes et de recevoir des chaînes?

« Il n'est presque pas de bataille où uelques compagnies de voltigeurs ou e grenadiers, souvent quelques bataillons , ne soient momentanément cernes dans des maisons , des cimetières ou des bois. Le capitaine ou le chef de bataillon qui , une fois le fait constaté qu'il est cerné, ferait sa capitulation , trahirait son prince et son honneur. Il n'est presque pas de batailles où la conduite tenue dans des circonstances analogues n'ait décidé de la victoire. Or , un lieutenant général est a une armée ce qu'un chei de bataillon est à une division. Les capitulations faites par des corps cernes, soit pendant une bataille, soit pendant une campagne active, sont un contrat, dont toutes les clauses avantageuses sont en faveur des individus qui contractent, et dont les clauses onéreuses sont pour le princ*e et les autres soldats de l'armée. Se soustraire au péril pour rendre la position de ses camades plus dangereuse, est évidemment une lâcheté. Un soldat qui dirait à un commandant : « Voilà mon fusil, lais- « sez-moi m'en aller dans mon vil- • lage , » serait un déserteur en présence de l'ennemi , les lois le condamneraient à mort. Que fait autre chose le général de division , le chef

de bataillon , le capitaine qui dit .

« Laissez-moi m'en aller chez moi, ou « recevez-moi chez vous , et je vous « donne mes armes ? » Il n'est qu'une manière honorable d'être fait prisonnier de guerre, c'est d'être pris isolément les armes à la main et lorsque l'on ne peut plus s'en servir. C'est ainsi que furent pris François Tr, le roi Jean, et tant d'autres braves de toutes les nations. Dans cette manière de rendre les armes , il n'y a pas de condition, il ne saurait y en avoir avec l'honneur, c'est la vie que l'on reçoit, parce que l'on est dans l'impuîssance de l'ôter à son ennemi , qui vous la donne à charge de représaille, parce qu'ainsi le veut le droit des gens.

« Les dangers d'autoriser les officiers et les ge'néraux à poser les armes, en vertu d une capitulation particulière , dans une autre position que celle où ils forment la garnison d'une place forte, sont incontestables. C'est détruire l'esprit militaire d'une nation, en affaiblir l'honneur, que d'ouvrir cette porte aux lâches, aux hommes timides, ou même aux braves égarés. Si les lois militaires prononçaient des peines afîlictives et infamantes contre les généraux, officier et soldats qui posent leurs armes en vertu d'une capitulation , cet expédient ne se présenterait jamais à l'esprit des militaires pour sortir d'un pas fâcheux; il ne leur resterait de ressource que dans la valeur ou l'obstination , et que de choses ne leur a-t-on pas vu faire!

« Si les vingt-huit bataillons, troupes d'élite , qui posèrent les armes à Horhstedt, eussent été convaincus qu'ils entachaient leurs noms, flétrissaient leurs familles, encouraient la peine d'être décimés , ils se fussent battus ; et si leur obstination n'eût pas fait changer les destins de la journée, ils eussent certainement regagné l'aile gauche et fait leur retraite.

« Si l'infanterie bavaroise , qui avait défendu avec gloire le village ae Allerheim à la bataille de Nordlingen , et avait repoussé les attaques du grand Condé, n'eût pu capituler avec Tu-

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renne qu'en attirant sur elle le déshonneur et le châtiment d'être décimée , elle n'eût pas même songé à quitter sa position ; une heure plus tard , elle eût reconnu qu'elle n'était pas coupée de Jean-de-Vert ; les Bavarois auraient eu le champ de bataille et la victoire; Condé eut ramené peu d'hommes de son armée en deçà du Rhin.

« Mais que doit donc faire un général qui est cerné par des forces supérieures? Nous ne saurions faire d'autre réponse que celle du vieil Horace. Dans une situation extraordinaire, il faut une résolution extraordinaire; plus la résistance sera opiniâtre , plus on aura de chances d'être secouru ou de percer. Que de choses qui paraissaient impossibles ont été faites par des hommes résolus , n'ayant plus d'autre ressource que la mort ! Plus vous ferez de résistance, plus vous tuerez de inonde à l'ennemi , et moins il en aura le jour même ou le lendemain pour se porter contre les autres corps de l'armée. Cette question ne nous paraît pas susceptible d'une autre solution , sans perdre l'esprit militaire d'une nation et sans s'exposer aux plus grands malheurs.

« La législation doit-elle autoriser un général, cerné loin de son armée par cles forces très-supérieures, et lorsqu'il a soutenu un combat opiniâtre , à disloquer son armée la nuit, en confiant à chaque individu son propre salut, en indiquant le point de ralliement plus ou moins éloigné ? Cette question peut être douteuse; mais, toutefois, il n'est pas douteux qu'un général qui prendrait un tel parti , dans une situation desespérée, sauverait les trois quarts de son monde , rt , ce qui est plus précieux que les hommes , il se sauverait du deshonneur de remettre ses armes et ses drapeaux par le résultat d'un contrat qui stipule des avantages pour les individus, au détriment de l'armée et de la patrie.

■ Dans la capitulation de Maxen, il

Îa une circonstance fort singulière.

je général Wunsch, avec la cavalerie, s'était, à la pointe du jour, ouvert le passage. Une des conditions de la ca«

pitulation fut qu'il reviendrait au camp poser ses armes. Ce général eut la sim-

{)licité d'obéir à l'ordre que lui donna e général Finck; ce fut un malentendu de l'obéissance militaire. Un général au pouvoir de l'ennemi n'a plus d'ordres à donner, celui qui lui obéit est criminel. On ne peut pas s'empêcher de dire ici, que puisque Wunscn avec un gros corps de cavalerie avait percé, l'inranterie pouvait percer aussi , car, dans un pays de montagnes comme Maxen , elle avait plus de facilité de s'échapper la nuit oue la cavalerie.

« Les Romains désavouèrent la capitulation faite avec les Samnites ; ils refusèrent d'échanger les prisonniers, de les racheter. Ce peuple avait l'instinct de tout ce qui est grand : ce n'est pas sans raison qu'il a conquis le monde. »

Cap Lézabd (combat du). — Duguay-Trouin reçut de Louis XIV, en 1707 , le commandement d'une escadre de cinq vaisseaux de ligne , et sortit de Brest avec le comte de Forbin, qui avait sous ses ordres six vaisseaux : tous deux allèrent louvoyer à l'ouverture de la Manche , vers le cap Lézard, pour y attendre un convoi de deux cents Voiles, escorté de cinq gros vaisseaux , que l'Angleterre envoyait en Portugal et en Catalogne.

Le 21 octobre, il rencontre les ennemis, et les attaque; d'abord il se rend maître du Cumberland, vaisseau commandant, de 82 canons. Deux vaisseaux de son escadre prennent le Chester et le Ruby , de 56. D'un autre côté, le Devonshire est en flammes : ce grand vaisseau , défendu par plus de mille hommes, s'engloutit dans les flots, et le Royal-Oakf de. 76 canons, ne se sauve qu'à la faveur de l'incendie qui menace de le consumer. Les vainqueurs prirent soixante bâtiments de transport, sans compter trois vaisseaux de guerre, et cette action brillante fit presque autant de tort aux affaires de l'archiduc que la bataille d'Almanza.

Capm an. — Le 20 novembre 1794, à l'année des Pyrénées - Orientales , Capman, capitaine au 6e bataillon des grenadiers ae la Dordogne, suivi seu-

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lement de quelques soldats , s'empara de deux pièces de canon, ainsi que de leurs caissons, et força les Espagnols à se retirer précipitamment dans le fort. Plus tard, chef de bataillon au 53e de ligne, il se jeta le premier dans une redoute ennemie, en avant du fort de Figuières.

Capox. — Au moyen âge, on appelait ainsi les juifs. Un registre du parlement de Paris de l'année 1 3 12 désigne leur société par le nom de Societas caponum. On ignore l'étymologie de ce mot, qui est encore usité pour désigner, parmi les écoliers , un individu poltron et trichant au jeu.

Caporal. — Le caporal a dans les troupes a pied le même rang que le brieadicr dans les troupes à cheval.

C'est le premier grade auquel un soldat puisse parvenir.

Les ordonnances de Henri II sont le premier document où l'on voie apparaître le mot caporal. Les caporaux sont désignés dans les ordonnances de François îer sous le nom de caporal d'escadre ou d'escouade.

Les fonctions modestes du caporal n'eu sont pas moins importantes, et peuvent influer heauroup sur la discipline, In tenue et l'instruction des soldats. C'est lui qui est chargé de veiller au maintien de l'ordre, à la régularité du service et de la tenue, à la propreté des vêtements , des armes et des chambres. C'est lui qui pourvoit à l'achat des vivres et objets de toute nature nécessaires aux hommes de sa chambrée; il en tient un compte régulier sur un livret qu'on appelle livre d'ordinaire; il couche dans la même chambre que les soldats, leur apprend l'exercice de détail et le maniement des armes; il leur enseigne à monter et démonter leurs armes, à les nettoyer, à les tenir en état, etc.; enGn, dans le service, c'est lui qui commande les patrouilles et les petits postes, qui place les factionnaires, leur donne la consigne et en surveille l'exécution.

Il y avait autrefois dans les armées françaises un grade inférieur encore à celui de caporal : c'était celui d'a/wpessade. Un curieux passage du traité

T. iv. 9e Livraison. (Dict. ekcy

de la milice française, par le seigneur de Montgommery, nous fait connaître l'origine et les fonctions de ce grade; nous croyons devoir le citer : « L'an- « cespesade est un chevau-léger, le- «quel, après avoir perdu cheval et « armes en quelque honorable ©écart sion, se jette dans l'infanterie, et « prend une pique en attendant mieux.

« Cette coutume et ce nom viennent « des guerres du Piémont. En ce « temps-là, le chevau-léger qui en un « combat avoit rompu sa lance hono- « rablement, cas avenant que son che- « val lui fût tué, l'on le mettoit dans « l'infanterie avec la paye de chevau- «* léger, attendant mieux, et le nom- • moit-on lance-spesata , comme qui « diroit lance rompue. Depuis, par «corruption de temps, l'on l'a tait « lieutenant ou aide-caporal. Or ces « gens-ci honorent fort l'infanterie, « et sont ceux auxquels l'on commet « les rondes ou les sentinelles d'im- « portancfl en temps d'éminent péril; « car en autre saison ils sont épargnez « et gratifiez : ce sont ordinairement « les camerates des capitaines et autres « chefs. Ils ne sont sujets d'obéir après « le capitaine qu'au lieutenant, lequel « en est comme caporal , et les doit « même beaucoup honorer et priser, « et doivent être les chefs de Ole d'un « bataillon. »

A l'époque où le P. Daniel écrivait son histoire de la milice française (1721), il y avait déjà longtemps qu'on ne prenait plus les anspessades dans la cavalerie; ces sous-officiers recevaient l'ordre des caporaux, auxquels ils étaient tenus d'obéir, et dont ils tenaient lieu au besoin; enGn c'étaient plutôt des soldats à haute paye que des sous-of(iciers.

Capoue (sièges de). — Sous Louis XII, les Français se présentèrent, en 1500, devant Capoue, que Fabrice Colonne défendait avec une nombreuse garnison. Elle résista longtemps; mais enfin les habitants, épouvantés par le feu des batteries françaises, forcèrent la garnison de se rendre. Le 25 juillet, les Français se répandirent dans la ville, qui' renfermait d'immenses ri-

lop., etc.) 9

chesses, la pillèrent , et y massacrèrent sept mille personnes.

— Le général Championnet, avec seize mille hommes seulement, venait de chasser soixante mille soldats napolitains du territoire romain. Encouragé par ce succès, il résolut de punir l'agression du roi de Naples, en envahissant ses États. 11 commanda aux généraux Duhesme, Lemoine, Rey et Maurice Mathieu, de s'avancer sur Capoue, et àMacdonald de reconnaître la place , afin qu'on pût en commencer le siège. Les troupes napolitaines fuyaient de toutes parts. Enfin le nuartier général français vint s'établir à San-Germano. Mack fit alors demander un armistice. Championnet le refusa, mais fit porter en avant Macdonald, qui poussa une reconnaissance jusque sous les murs de Capoue; mais ses troupes furent obligées de se retirer avec une perte assez considérable. Le général Mathieu eut le bras cassé.

Cependant elles s'étaient rendues maîtresses des retranchements de la ville et de l'artillerie qui les garnissait. Sur ces entrefaites, on apprit la soumission de Gaëte, qui était défendue par quatre mille hommes et soixante et dix canons, et dont la prise cependant n'avait coûté que quelques coups d'obusier et où l'on avait trouvé des magasins immenses. Pour attaquer Capoue soutenue par trente-cinq mille hommes, il fallait attendre la réunion de l'armée entière. Rey et Kellermann arrivèrent les premiers. Lemoine et Duhesme restaient en arrière, retardés par les pluies et les bandes toujours croissantes d'insurgés, bien plus encore que par les places fortes et les troupes de ligne. En effet, toutes les communications étaient interceptées.

Les paysans napolitains avaient coupé sur les derrières de l'armée les nonts du Garigliano, incendié le parc de réserve, et occupé toutes les positions environnantes. Les équipages de Championnet avaient été pillés; un de ses aides de camp brûlé vif par les insurgés; nos troupes, décimées par les combats et les assassinats , manquaient de vivres j enfin, de toutes parts, on

apercevait les apprêts d'une attaque générale. Au moment où l'armée républicaine , dans un danger aussi imminent, n'avait plus d'autre ressource que son désespoir, on voit se présenter des parlementaires napolitains. Introduits devant Championnet, ils déclarent qu'ils sont chargés de tout accorder aux Français, pourvu qu'on laisse au roi la ville de Naples. Cette nouvelle proposition de Mack paraît si extraordinaire à Championnet, qu'il hésite quelque temps a l'accepter, dans la crainte qu'elle ne cache un piège. Cependant il se décide à saisir une chance si inattendue, et l'on signe une convention qui stipule entre autres articles : la remise ae Capoue aux Français, avec ses munitions et ses magasins , l'établissement d'une ligne depuis la Méditerranée jusqu'à la mer Adriatique, et une contribution de dix millions payée par le roi de Naples. Dès la même nuit, le général Éblé entra dans Capoue. Le lendemain, 11 janvier 1799, cette ville reçut garnison fran-.

çaise, et le reste de 1 armée campa autour de ses murs. On ne peut s'expliquer comment un traité qui sauva l'armée française fut désapprouvé hautement par le Directoire français; et l'on n'a pas moins de peine à concevoir comment le général Mack fut amené à proposer une pareille transaction au moment où il devait connaître les progrès des insurgés et la situation critique des Français.

—L'armée française, commandée, en 1806, par Joseph Napoléon, à qui la couronne de Ferdinand était destinée , se présenta le 6 février devant Capoue. Son gouverneur répondit par des coups de canon à la sommation qui lui fut faîte de remettre la place; mais, dès le lendemain, une députation arriva de la capitale, qui livra les clefs de Capoue, de Pescara et des châteaux de Naples.

Cappel (Guillaume), fils d'un avocat au parlement de Paris, était recteur de l'université en 1491 , lorsque le pape Innocent VIII voulut imposer un décime. Cappel s'y opposa vivement , et publia un ouvrage în-foL à l'appui de

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ma opinion. Plus tard, il remplit avec un grand succès une chaire de théologie, et mourut doyen de la faculté.

Cappel (Jacques), neveu de Guillaume, procureur général au parlement de Paris. On a de lui : 1° Fragmenta tx variis auctoribus humanarum litterarum candidat is ediscenda , Paris , loi 7, in-4°; 2° In Parisiensium tandem oratio, Paris (1520) , in-4°; 3° un Plaidoyer prononcé devant le roi, en 1*37, pour faire dépouiller Chartes- {>td*t, comme vassal rebelle, des comtés de Flandre, d'Artois et de Charotois: 4° un Mémoire sur les libertés de V Église gallicane.

L'un de ses lils, Louis Cappel, dit (Ancien et surnommé Moniambert, naquit à Paris le 15 janvier 1534, et mourut en 1586 à Sedan , où il professa h théologie. Il avait joué un rôle important comme négociateur dans les guerres de religion.

L'autre fils , Ange Cappel , seigneur duLuat, a publié quelques traductions de Stoèque et de Tacite. Son ouvrage 1* plus curieux est son Avis donné au roy sur l'abbréviation des procès, Paris, 1562, in-fol.

CippEL (Jacques), seigneur du Tiltoy, petit-fils de Louis Cappel, naquit 3 Rennes en 1570, et mourut à Sedan en 1624. Il fut professeur d'hébreu et de théologie, et publia entre autres les ouvrages suivants : 1° De ponderibus tt nummis libri II, Francfort, 1606, "M"; 2° De mensuris libri III, ibid., 1606, in-4°.

Cappel (Louis) , dit le Jeune . frère « Jacques Cappel du Tillov, ne à Sedan en 1585, mort en 1658 'à Saumur, °u il fut ministre et professeur d'hétou et de théologie, fut l'un des plus zèbres hébraïsants du dix-septieme S]ecle et le père de la critique sacrée. Su principaux traités sont : Arcanum panctuationis revelatum, Leyde, 1 624, »M% ouvrage où fauteur cherche à prouver la nouveautédes points voyelles du texte hébreu , et qui fut vivement combattu par les théologiens de Gejeve; Critka sacra, Paris, 1650, in- ">U , livre qui fit encore plus de bruit ¥* le précédent, et rencontra encore

plus d'opposition parmi les protestants.

On a de lui plusieurs autres ouvrages de philologie sacrée et de théologie.

Son fils atné, Jean Cappel, se fit catholique, et entra dans la congrégation de [Oratoire. Son fils cadet, Jacques- Louis, qui lui succéda dans la chaire d'hébreu à Saumur, fut obligé, lors de la révocation de l'édit de Nantes , de se réfugier en Angleterre, où il mourut en 1722. Ce fut le dernier de cette famille, qui, pendant deux cents ans, s'était illustrée dans les lettres et dans la magistrature.

Capperonnier (Claude), né à Mon tdidier en 1671, vint à Paris en 1688, et y étudia les langues anciennes.

Après avoir enseigné quelque temps en province et avoir reçu les ordres à Amiens, il revint à Paris reprendre ses leçons, qui, avec le revenu trèsmodique d'une chapelle de l'église Saint-André, faisaient toute sa fortune. Il enseigna le grec à Bossuet en 1704, l'année même de la mort de ce prélat. En 1722, il succéda à l'abbé Massieu dans la chaire de langue grecque au collège de France, et obtint, en 1743, la faveur d'avoir son neveu pour successeur dans cette chaire. Il mourut l'année suivante. C'est d'après 6es manuscrits qu'a été publiée l'édition des Rhetores antiqui , Strasbourg , 1756, in-4°. Son principal ouvrage est l'édition de QuintUien, Paris, 1725, in-fol.

Capperonnier (Jean), neveu du précédent, né à Montdidier en 1716, mort en 1775, fut appelé à Paris en 1732 par son oncle, auquel il succéda dix ans après dans la chaire de grec du collège de France. Il fut bibliothécaire du roi et membre de l'académie des inscriptions. J. Capperonnier a publié, outre quelques éditions latines, Y Histoire de saint Louis, par Joinville, 1761 , in-fol. , et a fait connaître le Lexique de Timée, publié plus tard par Kuhnkenuis, sur une copie qui en avait été préparée par Capperonnier.

Capperonnier (Jean-Augustin), neveu du précédent, naquit à Montdidier en 1745. Appelé par son oncle à la bibliothèque du roi , en 1765 , il consacra

dès lors sa vie à l'étude et au soin des livres. En 1796, Capperonnier devint J'un des conservateurs des livres imprimés. Il mourut en 1820, estimé

fxuir sa vertu et son savoir. On a de ui de bonnes éditions de plusieurs auteurs latins, et entre autres des Académiques de Cicéron , 1 796 , 2 vol .

in-12; de QuintiUen, 1803, 4 vol.

in-12.

Capbais (Saint) ou Capraise, après s'être livré à l'étude de l'éloquence et de la philosophie, renonça au monde et se retira dans une des solitudes des Vosges. Là, un jeune seigneur, Honorât, qui depuis fut évéque d'Arles, vint le trouver. Ils firent ensemble divers pèlerinages. Arrivés dans Tile de Lerins (département du Var) , Honorât fonda le célèbre monastère de ce nom , dont il ne consentit à être le chef que sous la direction de Caprais, qui mourut le 1er juin 430.

Caprais (Saint), né à Agen dans le troisième siècle , passait sa vie dans une caverne voisine de cette ville, lorsqu'un jour il aperçut, dit la légende, le supplice de sainte Fov. Il courut aussitôt se déclarer chrétien à Dacien , gouverneur de l'Espagne tarragonaise , qui alors se trouvait à Agen. Il eut la tête tranchée le 6 octobre de J'année287. Vers le milieu du cinquième siècle, Dulcide ou Dulcice, evéque d'Agen , fit bâtir une église sous l'invocation de saint Caprais. La vie de ce martyr a été écrite par Bernard Labenazie, Agen, 1714, in-12.

Caprée ou Capri (expédition de).

— Murât , dès son avènement au trône de Naples, résolut d'arracher aux Anglais l'île de Caprée , qui , entre leurs mains, était devenue un repaire de contrebandiers et de conspirateurs.

L'entreprise offrait d'immenses difficultés; le roi Joseph y avait échoué deux fois. Cette île, où Tibère se croyait à l'abri du châtiment de ses crimes, est presque entièrement ceinte de rochers a pic qui ont plusieurs centaines de pieds d'élévation ; et , depuis deux ans, le gouverneur anglais, sir Hudson Lowe, le même qui , plus tard , devint si tristement célèbre pomme

geôlier de Napoléon , ajoutait des fortifications aux obstacles naturels. Il avait quarante pièces d'artillerie et deux mille hommes de garnison. Rien n'arrêta 1rs Français. Murât fit réunir des moyens de transport, embarqua seize cents soldats d'élite , et donna le commandement de l'expédition au général Lamarque. La flottille quitta la rade de Naples dans la nuit du 4 au 6 octobre 1808. Le vent , d'abord favorable, ne tarda guère à faiblir; et, au jour naissant, le convoi était encore a environ trois lieues de Caprée. Ce fut seulement vers trois heures du soir que , sous le feu des batteries anglaises, les petits bâtiments qui portaient les troupes napolitaines commencèrent à longer la côte de l'île pour chercher un point de débarquement. Recherche longtemps inutile ; enfin , dans un rentrant où la mer battait avec moins de violence, on attacha une échelle avec des cordes ; sur cette première échelle on en hissa une seconde ; puis , sur la seconde, une troisième; et, par cet étrange chemin, à travers une pluie de balles et de boulets , on escalada la première enceinte de l'île. A quatre heures et demie , le général Lamarque était monté avec tout son monde ; mais, pour attaquer les positions supérieures qu'occupait l'ennemi , et auxquelles on ne pouvait parvenir que par un talus rapide et découvert, il se décida à attendre la nuit. Dans l'intervalle, voulant démontrer à ses troupes la nécessité de vaincre ou de mourir, il donna ordre à toutes les embarcations qui les avaient amenées de reprendre le large. A sept heures, les soldats, mis en bataille au milieu des ténèbres, montèrent dans un profond silence et sans répondre un seul coup de fusil au feu des Anglais : ils les enfoncèrent à coups de baïonnette. Dans la nuit , on fit onze cents prisonniers. A la pointe du jour, le fort Sainte-Barbe se rendit. Les Français étaient maîtres de la partie haute de l'île , qui a conservé son ancien nom grec a'Ana-Capri ; mais les Anglais tenaient toujours la partie basse , et les troupes du roi Murât pouvaient être affamées sur les

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hauteurs qu'elles avaient conquises arec tant de peine. Il fallait donc s'emparer de la Grande-Marine, et resserrer autant que possible l'ennemi dans b rille , la citadelle et les forts. Mais descendre d'Ana-Capri était une expédition aussi périlleuse que d'y monter : les deux parties de File ne communiquent que par un escalier de cinq cent quatre-vingts marches , dont chacune est haute d'une coudée, et où il ne peut passer qu'un homme de front; de plus , il était battu à petite portée par dix à douze pièces de trente-six. Lamarque se décida à le descendre en plein midi. Cette audace devait être couronnée de succès : la Grande-Marine fut occupée le jour même. Le lendemain, tandis que le général français s'occupait de forcer la ville et la citadelle, une nombreuse escadre anglaise, partie de l'île Ponza , où Ton avait entendu le canon de Caprée, se montra au large; et bientôt les Français,d'assiégeants qu'ils étaient, devinrent comme assiégés.

Mais à cette vue, le roi Murât, qui , de même que les cinq cent mille habitants de Naples , suivait des yeux tous les détails de ce drame, se rendit à Massa y et y réunit ses canonnières avec quelques barques de pécheurs, ciiargres de vivres et surtout de munitions qui commençaient à manquer.

Ce convoi , saisissanjt un moment favorable où les vaisseaux anglais s'étaient laissé affaler sous l'Ile et ne pouvaient se relever faute de vent, passa entre la queue de l'escadre et la terre, et aborda heureusement. Alors les Anglais, qui vovaient déjà leurs murailles tomber en brèche et l'assaut se préparer, capitulèrent.

Capsool ou Capsou, Capsoldum, nom par lequel on désignait , au moyen â»c, le droit que Ton devait payer au seigneur sur le prix de la vente des biens dépendant de sa seigneurie.

Captal, mot gascon qui signifie chef ou seigneur, et qui n'est guère en usage que pour le captal de Traîne et le captal de Buch (voyez Jean de Gbailly). Ce dernier titre appartint longtemps au duc d'Epernon , qui possédait la seigneurie de Buch (voyez

ce mot). Il dérive du latin capltalis.

Capuana (prise de la place).— Les lazzaroni napolitains ayant attaqué un des avant-postes français, le général Championnet jugea que l'armistice qu'il avait conclu avec le roi Ferdinand (voy. Capoue; était rompu , et se décida à envahir Naples. Les divisions françaises se portèrent (20 janvier 1799) sur les différents points qui leur avaient été assignés, de manière à opérer l'investissement de cette grande ville. Le général Duhesme reçut ordre de s'avancer par la route d'Acerra , pour prendre possession des villages et du faubourg qui s'étendent en dehors de la porte Capuana. Son avant-garde fut arrêtée un instant au village d'Aspargo par une fusillade meurtrière des lazzaroni ; mais elle enleva vivement cette position à la baïonnette, prit possession du faubourg, et déboucha , après une vive résistance, sur la place Capuana , en avant de la porte du même nom. Malheureusement il était impossible de se maintenir sur cette place, où l'on était dominé par deux tours qui flanquent en cet endroit l'enceinte de la ville.

Le général Duhesme se décida , en conséquence , à la faire évacuer. Les lazzaroni s'élancèrent aussitôt à la poursuite des Français, et disposèrent même contre eux une batterie de douze pièces. Il fallait abandonner complètement le faubourg ou enlever cette batterie : le général Duhesme se décida pour ce dernier parti. La batterie, vivement défendue , tomba au pouvoir des Français ; plusieurs pièces que les lazzaroni amenèrent successivement eurent le même sort. La place Capuana resta définitivement au pouvoir des assaillants. Cette brillante affaire, qui valut aux Français vingt-sept pièces d'artillerie et la position d'une place importante , leur coûta plus de trois cents hommes tués ou blessés.

Capuchon.— Cette pièce d'étoffe, servant à couvrir la tête des moines , devint, au treizième siècle, la cause d'une guerre très-vive entre les cordeliers. Les uns , surnommés les tpiritualistes, voulaient, par esprit d'hu-

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milité , le porter plus étroit , les outres prétendaient qu'on lui laissât l'ancienne forme. En 1314, les partisans du capuchon étroit, soutenus par les bourgeois de Narbonne et de Béziers, chassèrent à main armée leurs adversaires des couvents de ces deux villes. En 1318, quatre mutins du même parti furent condamnés par l'inquisition , et périrent par le feu à Marseille. Sans entrer dans tous les détails de cette trop sérieuse querelle, nous dirons seulement qu'elle dura près d'un siècle, et que quatre papes, malgré tous leurs efforts, ne purent parvenir à l'étouffer.

Caplciks. — Tel est le nom d'une société politique et religieuse qui, vers 1182, se forma dans la France, dont les provinces étaient alors désolées

f>ar les Brabançons, les routiers et es cotereaux (voyez ces mots). Un pauvre homme, nommé Durand, charpentier en Auvergne , publia partout que la Vierge lui était apparue, qu'elle lui avait donné un étendard, où elle était représentée avec son fils et qui portait cette inscription : « Agneau de Dieu a qui effacez les péchés du monde, don- « nez-nous la paix. » Elle lui avait, disait-il, enjoint de prêcher une ligue pour la défense de la paix, et pour la répression des Brabançons et de tous les brigands. L'évéque du Puy-en- Velay, avec douze citoyens de la même ville, se joignirent à lui nour établir les règles de la société des pacificateurs , des capuchons ou capuciès. On leur donnait ce nom à cause d'un ca-

fuichon blanc ou capuce de toile qui eur couvrait la tête et leur servait de signe de ralliement. Ils avaient, en outre, suspendue à leur cou, une petite image de la Vierge , en plomb ou en étain. Ils s'obligeaient tous, par serment, à maintenir la paix entre eux et à forcer les autres de l'observer.

L'association fit de rapides progrès, surtout en Bourgogne et dans le Berri.

Kn 1183, elle enveloppa, près de Châteaudun , un corps de sept mille aventuriers, dont il n'échappa pas un seul.

Malheureusement , les capuciès se recrutèrent d'une foule de malfaiteurs qui commirent de si horribles brigan-

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dages, qu'ils ameutèrent contre eux toutes les populations ; les milices communales, entre autres celles de l'Auxerrois, se levèrent en masse et les exterminèrent complètement.

Capucines.— Nom que prirent, en 1538, les Filles de la Passion, lorsque, par un bref du pape Paul III, les capucins furent charges de leur direction. L'habit des capucines avait, d'ailleurs , beaucoup de rapport avec celui des capucins.

Ces religieuses furent introduites en France, en 1608, par la duchesse de Mercœur, suivant les dernières volontés de sa belle-sœur, Louise de Lorraine, veuve de Henri III, et avec l'autorisation de Clément III. Après avoir habité successivement une maison que

Possédait la duchesse au faubourg aint-Antoine, et celle qu'elle leur Gt bâtir dans la rue Saint-Honoré, vis-àvis les capucins, elles se fixèrent enfin dans le monastère élevé pour elles, par ordre de Louis XIV, dans un enclos voisin du boulevard et de la rue auxquels elles ont depuis donné leur nom.

Elles y étaient au nombre de quarante.

Leur église, dont le portail faisait face à la place Vendôme , contenait de magnifiques mausolées. Nous citerons seulement ceux du ministre Louvois, du duc de Créqui, de Colbert, de la marquise de Pomjfadour et de sa fille.

Après la suppression des ordres monastiques, le couvent des capucines devint l'hôtel des monnaies de la révolution; c'est là que furent établies les presses d'où sortirent les assignats et tous les papiers-monnaie que l'on fit frapper pendant cette période.

Les capucines ne possédaient en France que deux maisons ; la seconde était à Marseille, où elle avait été fondée en 1625.

Capucins.— Nom que l'on donnait à une fraction de l'ordre des frères mineurs, franciscains ou cordeliers, parce que le capuce ou capuchon des membres de cette congrégation était plus long que celui des autres moines.

Fonde en 1528, à Camérino, en Italie , par Matthieu Baschi , moine observantin du couvent de Monte-Fias-

L'UNIVFRS.

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FRANCE

CAR

cone, l'ordre des capucins ne fut introduit en France que quarante-quatre ans plus tard , en 1572. Le pape Paul III , lorsqu'il approuva leurs statuts, leur avait défendu de fonder des établissements hors de l'Italie ; mais après la Saint- Barthélémy, Charles IX, et sa mère, Catherine de Médicis, pensant que ces moines de bas étage pourraient avoir sur les masses, pour les ramener au catholicisme, plus d'influence que n'en avait eu la terreur, demandèrent pour eux, à Grégoire XIII, la permission de passer les Alpes.

Le cardinal de Lorraine les établit d'abord à Meudon; mais Henri III leur donna, en 1576, une maison à Paris, dans larueSaint-Honoré, à l'endroit qui est occupé maintenant par la rue Castigiione. Cette maison , habitée par quarante religieux , devint le chet-lieu de leur ordre en France. On leur éleva, en 1613, dans la rue Saint-Jacques , sur un terrain plus vaste que celui de la rue Saint-Honoré , un couvent qui devint la maison du noviciat de la province de Paris. Us formaient dès lors, dans le royaume, neuf provinces, sans y comprendre celle de Lorraine. Ils s'y multiplièrent d'une manière étonnante.

Au moment de la révolution, ils y possédaient plus de quatre cents maisons. Leur régime était à peu près le même que celui des frères mineurs, dont ils ne différaient guère que par le costume. Le leur consistait en une robe assez ample , en grosse étoffe de laine marron clair, serrée à la ceinture par une corde. Lorsqu'ils sortaient, ils portaient par-dessus un petit manteau de même étoffe et de môme couleur, assez semblable au grand collet d'un carrick, mais accompagné de l'immense capuchon auquel ils devaient leur nom.

Ils avaient la téte rasée, et ne conservaient qu'une simple couronne de cheveux. Ils laissaient croître leur barbe, ne portaient ni bas, ni culottes, ni chemise, et avaient des sandales pour toute chaussure.

Près du maître-autel des capucins de la rue Saint-Honoré, on voyait, avant la révolution , les tombeaux des

deux hommes les plus célèbres de cet ordre en France : c'étaient celui du père Ange (Henri, comte du Bouchage, duc de Joyeuse et pair de France), sur lequel Voltaire a fait ces deux vers de la Henriade, si connus et si souvent cités :

Vicieux, pénitent, eourtitan, solitaire ,

Il prit , quitta , reprit la cuira* se et la ha ire; |

et celui du père Joseph du Tremblay, le confident et l'âme damnée du cardinal de Richelieu.

Les capucins , chassés de France en même temps que tous les abus de l'ancien régime, essayèrent d'y rentrer avec la restauration : il s'en forma, en effet , quelques maisons dans les départements du Midi; et l'on vit un gouvernement qui punissait la mendicité comme un délit chez les pauvres, pour lesquels elle est trop souvent une nécessité, l'autoriser, la protéger même chez des hommes pour qui elle est une profession volontairement choisie. Au reste , hâtons-nous de le dire , la restauration n'est pas le seul gouvernement auquel une pareille inconséquence puisse être reprochée : à l'heure qu'il est, il y a encore des capucins en France.

Capuron (Joseph), médecin distingué, célèbre accoucheur, professeur agrégé de la faculté de médecine de Paris, né en Languedoc vers 1755. On a de lui plusieurs ouvrages fort estimés , parmi lesquels on remarque son Cours théorique et pratique aactouchements; son Traité de la médecine légale relative aux accouchements, etc.

Caqueux. — Cette dénomination par laquelle on désignait, en Bretagne, de misérables parias longtemps considérés par les habitants comme des juifs ou des lépreux, n'était qu'une variante du mot cagot. (Voy. Cagots.)

Caba - Albebtim ( Capitulation des Autrichiens à). — Le 31 octobre 1805, lendemain de la brillante victoire qu'il avait remportée à Caldiero sur l'archiduc Charles (voyez Çaldiero), Masséna apprit que par suite d'un mouvement qu'il avait ordonné, le 29, à une de ses divisions, et dont le but était de tourner les troupes

ennemies qui pourraient se trouver sur la g3ucne de Vérone, une colonne autrichienne de cinq miHe hommes avait été séparée de son corps principal, de manière à ne pouvoir remonter dans les vallées del'Adige, et rejoindre ainsi l'armée de l'archiduc. Le général Hillinger qui commandait cette colonne, cherchait à regagner la route de Vicence et se trouvait alors à Cara- Albertini. Masséna, informé de ces circonstances, expédia un de ses aides de camp pour sommer le général ennemi de mettre bas les armes ; mais Hillinger ne voyant pas de troupes devant lui, rejeta cette sommation. Au retour de son aide de camp, Masséna, en personne, se porta, avec quatre bataillons de grenadiers, vers Cara-Albertini, à l'effet de cerner entièrement les cinq mille Autrichiens, et fut joint en routo par le 22' d'infanterie légère. Hillinger, sentant alors la nécessité de se rendre , signa une capitulation qui, sans coup férir, donna aux Français cinq mille prisonniers, avec armes et bagages. Le général et tous les officiers purent retourner en Autriche après avoir fait le serment de ne pas servir jusqu'à leur parfait échange, mais toute la troupe demeura prisonnière de guerre pour être dirigée sur la France.

Carabine, arme à feu portative dont le canon est rayé en spirale , et dont le calibre est tel que la balle ne peut arriver sur la charge qu'autant qu'elle est poussée avec violence par une baguette en fer et un maillet. La carabine est rayée de huit raies équidistantes et ayant 0 mètre 0006, à 3 mètres 0008 de profondeur.

Quelques auteurs prétendent que la carabine était l'arme des carabins; cette opinion nous paraît dénuée de fondement, car aucun des ouvrages anciens que nous avons consultés ne se sert du mot carabine, dont on n'a commencé à faire usage que quelques années avant la lin du règne de Louis XIV. Ce qui peut avoir causé l'erreur de ces écrivains, c'est l'abus que l'on a fait de la langue militaire, en confondant les mots mousqueton et

carabine. Un au leur contemporain dit aussi , sans plus de raison, que 1rs Français ont autrefois employé la carabine sous le nom de buttière et de rainoise. Nos recherches à cet égard n'ont aucunement justifié cette assertion.

Le nom de carabiniers , que porte un corps de grosse cavalerie, dont l'institution remonte à Louis XIV , n'implique aucunement que ces troupes se servissent de la carabine, car dès cette époque elles étaient armées de mousquetons,et non point de carabines.

La carabine se charge en mettant la poudre d'abord, puis un calpin et Ja balle par-dessus. Le calpin est un morceau de peau ou d'étoffe, coupé en rond et enduit d'une substance grasse, lequel doit envelopper la balle dans le canon de la carabine. La balle étant ainsi préparée , on la chasse à coups de maillet , jusqu'à ce qu'elle porte sur la poudre, sans y être cependant trop enfoncée.

Dans les premières guerres de la révolution, quelques compagnies franches ainsi qu'un bataillon , formé à Valenciennes en 1792, furent armés de carabines. Un peu plus tard on décida que les compagnies d'élite de l'infanterie légère et les voltigeurs de l'infanterie de ligne seraient armés de carabines rayées ; mais cette idée n'eut pas de suite. La carabine fut abandonnée à cause de la lenteur de son chargement, de la difficulté et de l'embarras de se pourvoir des munitions spéciales.

En Autriche, l'infanterie légère connue sous la dénomination de chasseurs du loup f et les Tyroliens font usage de la carabine. Lés Anglais ont une brigade de rifjlemen , qui se servent de celte arme avec beaucoup d'adresse, et elle est également en usage dans l'infanterie légère du Danemark , de la Prusse et de la Bavière.

Un nouveau système de carabines est maintenant en essai dans les troupes françaises. Exempte de tous les inconvénients qui avaient toujours fait abandonner 1 usage de cette arme, la carabine , perfectionnée par M. le ca-

car FRANCE

pitaîne Delvigne, et dont on a armé Tes bataillons de tirailleurs organisés à Vincennes, fera sans doute mieux apprécier l'utilité dont elle peut être par la justesse de son tir et la longueur de sa portée.

Cababimers. — Louis XIV, qui avait, en 1666, placé quatre grenadiers dans les compagnies d'infanterie, songea à créer une institution analogue pour la cavalerie. En 1676, il arma de mousquetons, improprement appelés carabines, quatre gardes du corps par brigade. L année suivante, il y en eut quinze, et, peu de temps après, dix-sept par brigade. Par une ordonnance du 26 décembre 1679, il plaça , dans chaque compagnie de cavalerie, deux carabiniers, choisis parmi les plus adroits tireurs. Le maréchal de Luxembourg, qui avait réuni les carabiniers et les avait formés en un seul corps, fut si satisfait de leur bravoure, et surtout des services qu'ils rendirent à la bataille de Fleurus, en 1690, que, sur le compte qu'il en rendit au roi , Louis XIV ordonna qu'une compagnie de mousquetons, improprement appelés carabiniers, serait organisée dans chacun des régiments de cavalerie de l'armée. La compagnie de carabiniers se composait d'un capitaine, de deux lieutenants, d'un cornette, d'un maréchal des logis et de trente cavaliers. Par une ordonnance du 25 octobre 1690, cette compagnie fut armée d'une carabine rayée.

Dans les campagnes ds 1691 et de 1692, les carabiniers furent réunis en une brigade, sous le commandement d'un brigadier et de deux mestres de camp. Mais ce corps ainsi composé d'éléments si divers manquait de l'homogénéité nécessaire ; aussi Louis XIV, qui appréciait les services que pourrait rendre un pareil corps, s'il était couvenablement constitué, se décida à organiser en un seul corps toutes les compagnies de carabiniers de l'armée.

Les cent compagnies formèrent donc cinq brigades ; chaque brigade eut quatre escadrons, et chaque escadron cinq compagnies. La brigade fut commandée par un mestre de camp , un

lieutenant -colonel, un major et un aide-major. Cette organisation eut lieu en 1693, et, dès cette époque, les carabiniers prirent le titre de corps royal des carabiniers.

Louis XIV fut le premier mestre de camp des carabiniers, mais il désigna pour les commander son fils naturel le duc du Maine.

En 1694, une haute paye fut accordée aux carabiniers. Une instruction de 1696, écrite en entier de la main du roi, régla leur service et leur discipline. Après la paix de Ryswick , on en réforma soixante compagnies, et le nombre des escadrons fut réduit à dix.

En 1701 et 1702, de nouvelles ordonnances vinrent encore apporter quelques améliorations dans le corps des carabiniers , mais , de cette époque à 1751 , il n'y eut plus d'autres modifications dans leur organisation. Une ordonnance du 20 mars, de cette année, régla les conditions du recrutement de ce corps. Les hommes , tirés des régiments de cavalerie, devaient avoir la taille de cinq pieds quatre pouces au moins , être âgés de vingtcinq à quarante ans, célibataires, d'une ligure et d'une tournure convenables, gens de valeur et de bonnes mœurs , ayant au moins deux ans de service , et devant encore rester trois ans sous les drapeaux.

Le 13 mai 1758, le comte de Provence prit le commandement du corps des carabiniers , qui porta le nom de royal carabiniers de monsieur le comte de Provence. Le 21 décembre 1762, le corps fut réduit à trente compagnies , tou jours réparties en cinq brigades. Enfin, le 8 avril 1779, eut lieu une nouvelle organisation qui subsista jusqu'à la révolution de 1789.

Jusqu'à cette dernière époque, l'effectif au corps des carabiniers fut de quinze cent soixante hommes sur le

{>ied de guerre, et de treize cents sur e pied de paix. Ce corps était divisé en deux brigades. En prenant le pied de paix pour base, la brigade se composait donc de six cent cinquante maîtres ou cavaliers. Chaque brigade était de cinq escadrons ou compagnies , de

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cent trente maîtres chacune ; chaque escadron ou compagnie était divisé en deux pelotons ; chaque peloton en deux sections, et chaque section en deux brigades.

L'état- maior général du corps se composait d un mestre de camp propriétaire, qui était toujours un prince du sang, ou un militaire de la plus haute naissance et du mérite le plus distingué (l'un n'allait pas sans l'autre à cette époque) ; d'un mestre de camp lieutenant et inspecteur du corps, d'un major général, d'un aide-major général, d'un quartier - maître trésorier, d'un aumônier, d'un chirurgien-major, d'un professeur de mathématiques, d'un professeur d'hippiatrique , d'un timbalier et d'un armurier.

L'état-major particulier de chaque brigade se composait d'un mestre de camp commandant la brigade, d'un mestre de camp commandant en second,d'un lieutenant-colonel, d'un aidemajor, d'un quartier-maître, de cinq porte-étendards , d'un adjudant , d'un aide-chirurgien-major, d un maréchal expert et d'un sellier.

Les carabiniers eurent vingt étendards, depuis le moment de leur création jusqu'au 13 mai 17C2. A cette époque, on les réduisit-à dix. Ils étaient de soie bleue , et portaient un soleil d'or avec cette devise : Nec pluribus impar. Le 17 septembre 1782, les carabiniers changèrent d'étendards : ceux qu'ils prirent alors , et qu'ils conservèrent jusqu'à la révolution, portaient les armes Je Monsieur brodées en or (la couronne était surmontée d'un panache en argent), et avaient pour devise : Toujours au chemin de l'honneur.

Chacune des dix compagnies ou escadrons était commandée par un officier supérieur regardé comme capitaine titulaire.

Les escadronsou compagnies avaient en outre chacun un capitaine en premier, qu'on pouvait considérer comme le capitaine lieutenant ; un capitaine en second , un lieutenant en premier, un lieutenant en second, un sous-lieutenant en premier, un sous-lieutenant

en second , et un sous-lieutenant en troisième.

Il y avait de plus cinq capitaines et seize sous -lieutenants attachés au corps des carabiniers.

Chaque compagnie avait un fourrier, avec rang de maréchal des logis chef dans la cavalerie , quatre maréchaux des logis et huit brigadiers.

Les carabiniers avaient pour armes offensives, la carabine avec sa baïonnette, les pistolets et le sabre ; et pour armes défensives, la cuirasse et la calotte de fer : cette calotte se composait d'un cercle de fer qui entourait la téte , et portait deux sections de cercle en fer , qui se croisaient au sommet. L'ordonnance du 28 mai 1733 et un règlement du l'r juin 1750 voulaient que ces calottes fussent de fer ou de mèches. Cette armure était en usage dans la cavalerie, pour garantir la téte des coups de sabre, et se portait sur la forme du chapeau. Pour la placer sur le chapeau et pour l'ôter , on était obligé de défaire les agrafes qui retenaient les ai>s.

L'uniforme consistait en un habit à la française de drap bleu de roi ; les revers , les parements et la doublure étaient écarlate ; les boutonnières, les parements et le collet étaient garnis d'un galon d'argent ; le bas de la taille était garni d'un galon en forme de fer à cheval.

Le chapeau était galonné en argent ; la veste de drap était blanche , ainsi que la culotte de peau. Les boutons étaient blancs , et timbrés d'une fleur de lis. Les sous-officiers avaient un habit galonné partout en argent fin. L'uniforme des officiers était semblable à celui des sous-officiers ; mais, au lieu de galons, il avait des broderies à paillettes.

Les carabiniers jouissaient de plusieurs prérogatives, en récompense des éclatants services qu'ils avaient rendus à l'État. La vénalité des emplois fut toujours éloignée de leur corps ; ils combattaient à pied et à cheval ; ils faisaient dans les sièges le même service que les grenadiers ; ils campaient à la gauche delà maison du roi,

car FRANCE.

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et la relevaient , si les circonstances l'exigeaient , de préférence à tout autre corps de cavalerie ; ils formaient Tavant-çarde , quand on marchait à l'ennemi , et Parrière-garde dans les retraites, etc., etc. Jamais on ne faisait subir un traitement ignominieux à un carabinier. Les maréchaux des loçis de ce corps étaient à l'abri de la peine de mort portée contre les déserteurs; ils ne pouvaient être condamnés qu'à un an de prison, au pain et à l'eau.

En 1763, une brigade de carabiniers vint tenir garnison à Saumur. L'instruction de ce beau corps dans l'équitatîon et dans les manœuvres avait atteint un tel degré de perfection , que, de 1763 à 1771, chaque régiment de cavalerie envoya quelques sujets choisis pour puiser chez les carabiniers les principes qui y. étaient mis en pratique avec tant de succès. En 1768, les carabiniers commencèrent la construction du beau quartier qui sert aujourd'hui à l'école de cavalerie. Leur séjour à Saumur contribua puissamment à la prospérité de cette ville.

Dans ses Recherches historiques, Bodin nous dit que, lorsque les carabiniers arrivèrent à Saumur en 1763, la population de cette ville n'était que de sept mille cinq cents âmes , et que, lors de leur départ, en 1788, elle s'élevait à plus de dix mille.

Dans toutes les circonstances où ils se trouvèrent, les carabiniers se distinguèrent toujours par leur bravoure et par leur discipline. Ils se firent surtout remarquer en Espagne , sous les ordres du maréchal de Noailles, en 1694; à la bataille de Guastalla, en 1734 , où ils firent des prodiges de valeur ; en 1740, au siège de Prague ; en 1742, au combat de Sahai ; à Dettin-

§en , à Fontenov , en 1745 ; au siège e Bruxelles, en 1746 ; à Lawfeld, en 1747; à Courtrai, à Macstricht, dans la campagne de 1757 ; à Crevelt, en 1758; a Minden, en 1759, et pendant les campagnes de 1760, 1761 et 1762.

Par suite de la nouvelle organisation de l'armée, en 1788, les deux brigades de carabiniers devinrent Ie'

et 2* régiments de carabiniers. Chaque régiment fut composé de quatre escadrons , et l'escadron de deux compagnies. Le titre de colonel fut substitué à celui de mestre de camp, et les compagnies , commandées par un capitaine, un lieutenant et un souslieutenant, se composèrent de soixante et dix-sept carabiniers.

La révolution ayant détruit tous les corps privilégiés, celui des carabiniers dut être dissous ; mais, sur les instantes réclamations de la brigade tout entière , l'Assemblée législative , par l'article 8 de son arrêté du 18 août 1790, conserva les carabiniers, et maintint la haute paye dont ils jouissaient.

L'état-major général de la brigade fut supprimé en 1791 ; quelques modifications furent faites à l'uniforme :

le chapeau galonné fut remplacé par le bonnet à poil sans plaque, et les carabiniers prirent le plastron en fer bronzé et les épaulettes galonnées en argent.

Dans toutes les organisations qui eurent lieu à cette époque , les carabiniers prirent toujours rang avant tous les autres régiments de cavalerie. A dater de 1791 , il n'y eut plus

2ue deux étendards par régiment; ils taient portés par les plus anciens maréchaux des logis chefs. Lors des organisations de l'an tv et de l'an vm, les carabiniers furent maintenus, et n'éprouvèrent d'autres modifications que dans leur effectif , qui fut pour chaque régiment de sept cent trois hommes en l'an iv, et de huit cent soixante en l'an vin.

Lorsque les cuirassiers prirent le nom de régiment de cavalerie , les carabiniers seuls constituèrent la grosse cavalerie.

L'organisation de l'an xn conserva les carabiniers. En 1806, chaque régiment de quatre escadrons, divisés chacun en deux compagnies , fut porté à un effectif de huit cent vingt hommes. Le 10 mars 1807, l'effectif était de mille quarante hommes.

Cette augmentation provenait de la création du cinquième escadron , qui

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