FIDEL1S
Les Anglais assiégèrent Calvi au commencement de juin 17d4. La garnison fut puissamment secondée par les citoyens ; les femmes même se firent remarquer par leur courage en portant des munitions sur les remparts et en travaillant aux fortifications dans le moment le plus terrible du bombardement. Après une longue et opiniâtre résistance, qui réduisit la garnison à deux cent soixante hommes, et après avoir vu les Anglais occuper le fort Mozello, Calvi se rendit faute de vivres. Les habitants abandonnèrènt aux Anglais les restes méconnaissables de leur cité et s'embarquèrent pour Toulouse. En 1795, les conquêtes du général Bonaparte en Italie encouragèrent les Corses à secouer le joug des Anglais ; Calvi fut repris et ses habitants rentrèrent dans leur patrie.
Cette ville, dont la population est aujourd'hui de trois mille deux cent quatre-vingt-deux habitants , n'offre (Tailleurs aucun monument remarquable. La caserne, qui est l'ancien palais des gouverneurs génois, et l'église, ou l'on voit le tombeau de l'ancienne famille Baglioni, offrent seules quelque intérêt.
Calvi (combat et prise de). Une colonne napolitaine, battue le 6 décembre 1798, à Otricoli, se retira sur les hauteurs de Calvi, petite ville de la terre de Labour, à 12 kilomètres de Cnpoue. Championnet fut instruit que le général MacK avait pris position à Cantalupo, pour tenter de couper les communications des divisions françaises. Afin d'arrêter cette entreprise, Championnet donna ordre au général Macdonald de faire porter la brigade du général Mathieu sur Calvi, celle du général polonais Kniazewitz sur le même point par Magliano , tandis que le général Lemoine déboucherait sur Calvi par Contigliano.
Ce mouvement, bien combiné, fut exécuté avec une grande précision; toutes les colonnes se mirent en marche dans la nuit du 8 au 9 décembre,
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et s'a Tancèrent par des chemins rangera au milieu d'une pluie horrible. À h pointe du jour, les troupes de MacéonakJ arrivèrent devant les hauteurs ëe Calvi. Après un combat très-vif, l'ennemi fut jeté dans la ville et cerné. Oq le somma de se rendre, et après cuelques pourparlers la garnison, forte de cinq mille hommes, se reconnut
(Charles-François, marquis de) naquit à Avignon /en 1G93, entra dans la carrière militaire et parvint au grade de lieutenant général; il se retira en 1755, après quarante-quatre ans de service, dans son château de Vezenobre, près d' A lais, où il mourut, en 1777. 11 avait été reçu, en 1747, membre bonorairede l'Académie royale de peinture. Il a laissé en manuscrits plusieurs mémoires sur les antiquités (fArfes, de Nîmes et d'Orange. On a publié de lui, après sa mort, un Re* ateil de f ables diverses, 1792, in-18.
Calvièbes (le baron Jules de), né à Nîmes, vers 1775, ne sortit de l'obscurité qu'à la seconde restauration. Il figura, en 1815, dans l'armée du duc dAngoulême, et contribua, avec le comte Charles de Vogué , à soulever la population des environs de Beaucaire et de Nîmes en faveur de la cause rovale. Entré dans cette dernière ville à la tête de quelques milliers de paysans , il y prit le titre de préfet provisoire. Sous son administration éclata I horrible réaction populaire qui se perpétua d'une manière si affligeante sous son successeur d' A rbaud Jouques. M. de Calvières fut nommé membre de la chambre des députés par le collège électoral du Gard, séant à Nîmes,deux jours après que cette ville eut été ensanglantée par le massacre de seize personnes, qui furent portées en plein jour à la voirie, sur le fatal tombereau qu'escortaient Traistaillons et Truphémy. Il fut une des tt'tes ardentes de la chambre introuvable t où il applaudit à la proposition de son compatriote, M.
de Trinquelague, réclamant une amnistie pour les assassinats politiques qui avaient pu être commis dans les départements méridionaux ou dans
uelques contrées de l'Ouest. En dépit e l'ordonnance du 5 septembre, M. de Calvières fut élu de nouveau, et vint reprendre sa place au côté droit , dont il partagea les défaites jusqu'aux élections de 1818, qui le rendirent à la vie privée. La nouvelle loi électorale le ramena encore à la chambre; et, sous le ministère de MM. de Villèle et Corbières, il passa successivement à la préfecture de Vaucluse et à celle de l'Isère.
Calvin (Jean). Le laborieux émule de Luther dans l'accomplissement de la révolution religieuse du seizième siècle naquit à Noyon le 10 juillet 1509. Son père, qui était issu de parents fort pauvres, mais avait obtenu la charge de procureur fiscal du comté , portait le nom de Cau vin , dont le fils forma , après l'avoir latinisé, celui auquel il devait donner une si grande célébrité. Disons en passant qu'en diverses circonstances, Calvin se servit, pour dérober à ses ennemis ses écrits ou sa personne, des pseudonymes de Caldarius, Happeville , Deparçan , etc. Il paraît qu'il fut redevable à Claude d'Hangest , abbé de Saint-Éloi de Noyon , de ses premières études, et sans doute des bénéfices ecclésiastiques dont il fut investi presque au sortir de l'enfance. 11 n avait en effet que douze ans, lorsqu'on lui conféra une chapellenie dans la cathédrale. Quelques années plus tard, il fut successivement nommé titulaire des cures de Marteville et de Pont-Lévéque, quoiqu'il ne fût que simple tonsuré. Sa première destination était, il est vrai, pour l'Église ; mais après avoir fait à Paris ses humanités au collège de la Marche, et sa philosophie à celui de Montaigu , il tourna ses vues, d'après le désir de son père, vers la jurisprudence, qu'il alla éludier d'abord à Orléans, sous Pierre de l'Étoile, puis à Bourges, sous Alciat. Il commença aussi dans cette dernière ville l'étude du grec et de l'hébreu avec l'Allemand Melchior "Wolmar , dont les leçons développèrent chez lui le goût des textes sacrés, que lui avaient déjà inspiré à Paris les
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conversations de son allié et condisciple, Robert Olivetan. On rapporta même que, dès 1520, époque de son séiour à Orléans , il s'essayait à la prédication dans quelques assemblées religieuses qui se tenaient chez des particuliers. On le vit ensuite parcourir les campagnes des environs de Bourges pour y catéchiser les enfants; et le seigneur de Lignières , après l'avoir entendu , trouvait que celui-là du moins enseignait quelque chose de nouveau.
A la mort de son père , qui arriva vers 1533, Calvin se démit de ses bénéfices ; puis , quittant l'étude des lois humaines, il employa ses premiers loisirs à l'examen de la morale, et sembla , par son commentaire sur le traité de Sénèque, De Clementia, vouloir rappeler son siècle aux principes d'une tolérance dont plus tard il s'écarta lui-même étrangement. Il ne devait pas rester longtemps simple spectateur des scènes de persécution dont il était entouré. Il était depuis quelque temps à Paris. Ses liaisons avec Michel Cop le firent soupçonner d'avoir pris part à la composition d'une harangue de ce docteur, dans laquelle le parlement et la Sorbonna avaient cru retrouver les doctrines des réformateurs. Il dut se cacher pour échapper aux poursuites du lieutenant criminel. Du logement qu'il occupait rue Saint-Victor , il se réfugia d'abord au collège du cardinal Lemoine ; puis, s'éloignant de Paris, il se retira chez un chanoine d'Angoulême, Pierre du Tillet. Pour subsister, il se mit alors à enseigner le grec. On suppose que, dans cette retraite, il s'occupait déjà à recueillir les matériaux de ses ouvrages contre le catholicisme; il saisissait du moins toutes les occasions de répandre ses opinions, et il les développa dans d'assez nombreuses réunions, tant à Angouléme et à Poitiers qu'à Nérac , où la reine de Navarre, Marguerite, sœur du roi François Ier, l'accueillit avec distinction. La médiation de cette princesse ayant apaisé la persécution dont Calvin avait failli être victime, il revint en 1534 à Paris,
n'v fit qu'une courte apparition, et alla publier à Orléans son premier ouvrage de théologie pour combattre l'opinion de ceux qui croyaient l'âme abandonnée à un. état de sommeil, dans l'intervalle de la mort au jugement.
Cependant la persécution se rallumait ; Calvin fut forcé d'aller chercher un asile en pays étranger. Il se dirigea vers la frontière de Suisse , et une fois en sûreté à Bâle, il fit paraître, sous le titre d'Institution chrétienne, l'exposé de la doctrine de la réforme telle qu'il la concevait. Il avait d'abord écrit ce livre en latin ; mais il en donna, dès la fin de 1533 , une traduction française. L'ouvrage était précédé d'une préface en forme de discours au roi très - chrétien.
Dans ce morceau , l'un des plus éloquents de l'époque, il s'attache à repousser les accusations d'hérésie et de rébellion portées contre les réformés de France, déclarant que leur unique ambition est 4e ramener à sa primitive pureté la religion du Christ. Mais , dans ce but , il repoussait aussi bien l'autorité des conciles que la puissance du pape ; il anéantissait le sacerdoce avec l'épiscopat , et rejetait comme des actes a idolâtrie les prières adressées aux saints et les honneurs rendus aux images. La simplicité du nouveau culte n'était pas, du reste , le moindre attrait qu'il offrît. On était porté à supposer qu'en purifiant la forme extérieure de la religion chrétienne, Calvin n'avait pas négligé d'en purifier aussi le fond. Jaloux de propager lui-même sa doctrine, le nouvel apôtre voulut sans doute aussi juger de plus près l'effet des coups qu il venait de porter à la cour de Rome, et ce fut peut-être le motif du voyage qu'il fit à Ferrare en 1 536 ; mais, malgré le bienveillant accueil de la duchesse Renée de France, fille de Louis XII, il ne put songer à s'arrêter longtemps en Italie. Le séjourde sa patrie ne lui présentait guère moins de danger.
Il ne fit qu'y passer, et se détermina à retourner à Bâle; mais comme la guerre lui fermait les routes de la