‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 23 sur 88 · GIENS · texte numérisé non relu

GIENS

C aboli us (livres).— On appelle ainsi les quatre livres qui, dit-on, furent composés par l'ordre de Charlemagne pour réfuter le deuxième concile de Nicée, contre lequel ils contiennent cent vingt chefs d'accusation exprimés en termes véhéments.

Quelques auteurs ont douté de l'authenticité de ces livres, que les uns attribuent à Angilran , évëque de Metz , les autres à Alcuin. Suivant d'autres, le pape Adrien ayant fait remettre à Charlemagne les actes du deuxième concile de Nicée, celui-ci les fit examiner par les évéques de France, qui y répondirent par l'envoi des livres caroîins.

Cabolus.— On frappa en France, sous le règne de Charles Ylil , une pièce de biïlon nommée Carolus , ou plutôt Karolus , parce qu'on y avait gravé dans le champ la première lettre du nom royal, un R couronné. Cette monnaie valait dix deniers : c'était, par conséquent,, un blanc. La seule différence qu'elle' offrait avec les espèces ainsi nommées, c'est que l'écu de France avait été remplacé par ce K, mais les légendes ordinaires et la croix du revers cantonnée de couronnes et de fleurs de lis y avaient été religieusement conservées ; ainsi , on lisait

d'un CÔté KABOLVS PBANCOBVM HKX ,

et de. l'autre, sit nombn domini ben edictvm • On ne frappa plus de Carolus après la mort de Charles VIII; mais le peuple continua pendant longtemps à se servir de ce nom pour désigner une pièce de dix deniers; et le Karolus finit même à la longue par devenir une monnaie de compte repré-

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L'UNIVERS

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sentant cette valeur. 11 faut se garder de confondre les Carolus avec un gros tournois frappé par Charles V, et dont le type était aussi un K couronné; cette monnaie était d'argent et valait douze deniers. Du reste , ces deux espèces diffèrent tellement d'aspect que personne ne peut les confondre (Voy.

Charles V (monnaies de).

Caromb, petite ville et ancienne seigneurie du comtat Venaissin (aujourd'hui département de Vaucluse) , à Luit kilomètres de Carpentras. On y compte deux mille cinq cent cinquantedeux habitants.

Caron (Augustin- Joseph) n'avait que seize ans quand il entra au service en 1789. Après un lent et pénible avancement, il fut nommé lieutenantcolonel à la suite d'une brillante action à Bar-sur- Ornai ii (1814), où, à la tète de deux cent soixante-douze cavaliers, il prit deux cents chevaux et fit mettre bas les armes à un corps de deux mille hommes. Retiré après 1815 en Alsace, avec une mince demi -solde , Caron conserva dans son cœur le culte de l'empereur et l'espoir de faire encore triompher sa cause. Ainsi il se trouva impliqué , en 1820, dans la conspiration d août qui fut déférée à la chambre des pairs. Défendu par M. Barthe, alors carbonaro , il fut acquitté et se retira à Colmar. Les infâmes délations dont il avait failli alors devenir victime , auraient dû le mettre en garde désormais contre les manœuvres de la police. Néanmoins, quand la conspiration de Béfort eut échoué, il forma le projet de délivrer les prévenus qu'on allait juger à Colmar. Il fit à ce sujet d'imprudentes propositions à quatre sous -officiers qui le dénoncèrent, et qui recurent Vordre de leurs chefs de se prêter à ces tentatives pour arrêter l'entreprise quand il en serait temps.

Caron conçut quelques soupçons sur la loyauté ae ces afudés, et parut disposé à rompre tout à fait avec eux. Les traîtres redoublèrent de protestations, lui fournirent même des fonds dont on devine la source. Enfin , le malheureux se décida. Le 2 juillet 1822, les sous-officiers dont voici les noms :

Gérard, Tfiier/, Magnien, Dehaive, lui amènent deux escadrons , dans les rangs desquels se trouvaient des officiers déguisés en simples chasseurs. D'après l'aveu du Supplément de la Biographie universelle, qui-, bien que favorable à la restauration , ne peut s'empêcher de flétrir ce guetapens infâme, « les soldats en montant «à cheval avaient été avertis qu'ils « allaient agir pour le roi, et que, «jusqu'à nouvel ordre, ils devaient « exécuter tout !ce que leur comman- « deraient leurs sous-ofliciers. La con- « signe fut suivie à la lettre , et sur « trois cents hommes, il ne s'en trouva « pas un qui dît à Caron : Comman- « dant, on vous trahit ! » Caron ayant revêtu son uniforme à l'approche du premier escadron , Magnien, qui avait reçu ses habits bourgeois avec ordre de les jeter dans les vignes, se hâte de les porter au préfet. Pendant ce temps, la petite troupe, qui avait ré-

Î tondu à sa harangue par le cri de vice 'Empereur! continue sa marche. Arrivée devant Ensisheim, elle refuse d'v entrer. Alors le colonel conçoit de nouveaux soupçons, et lorsqu'on est parvenu au village de Battenheim , il se rend immédiatement chez le maire pour préparer des logements à ses compagnons , avec la ferme intention de les disséminer. Le flagrant délit allait échapper aux délateurs... L'heure était venue... A l'instant, on l'entoure, on lui enlève ses papiers et ses armes. Un autre ancien militaire , nommé Roger, son complice , subit le même sort, et tous deux sont ramènes à Colmar garrottés sur une charrette. 11 fallait à tout prix une condamnation.

Une décision ministérielle, soutenue par deux arrêts de la cour de cassation, enleva les deux coaccusés aux tribunaux ordinaires, qui, en vertu du principe d'adjonction (*), persistaient à les retenir, et ils parurent à Strasbourg devant le conseil de guerre.

En vain , Caron déclina la compétence de ce tribunal d'exception. Les sousofficiers, devenus officiers, vinrent

(•) Roger n'était pas militaire.

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déposer; et Te 22 septembre, Caron fut condamné à mort. Il se hâta de se pourvoir en cassation : on garda son pourvoi dans les bureaux du ministre de fa justice Peyronnet. Il demanda à embrasser une dernière fois son 01s , sa femme : on lui refusa cette grâce; bien plus, on frappa madame Caron elle-même d'un mandat d'arrêt , pour l'empêcher de faire les moindres démarches en faveur de son mari. Il était a table quand on lui lut son arrêt.

Après l'avoir entendu, il continua tranquillement son repas. Puis il écrivit à sa femme et à son défenseur, l'éloquent et patriotique M. Lichtemberger, deux billets, modèles de calme et de fermeté. Le 1er octobre, à deux heures et demie après-midi, il partit pour le lieu de l'exécution. La voiture s'arrêta sur la plaine de la Finckmatt. Il descendit seul, refusa de se laisser bander les yeux, mesura lui-même la distance, et debout, d'une voix ferme, commanda le roulement et le feu. Depuis trois jours il n'était plus, et la cour suprême délibérait encore sur son

Sourvoi (*). De toutes parts s'élevèrent es cris d'indignation. L'honorable M. Koechlin, député du Haut-Rhin, pour avoir, dans une Relation circonstanciée, dévoilé tant d int'àmes manoeuvres, fut poursuivi, ainsi que les journalistes qui avaient rendu compte de l'ouvrage, et l'imprimeur qui l'avait publié. L'auteur subit la prison et l'amende, l'imprimeur perdit son brevet. Mais de tels souvenirs ne s'effacent pas si aisément. On n'oubliera jamais le procès de Caron , pas plus que les procès de Ney, de Didier, de Berton et des sous -officiers de la Rochelle.

Cabon (Charles), colonel d'infanterie et ancien aide de camp du maréchal Ney. Partageant les convictions de son homonyme, il s'engagea dans la conspiration de Valée; et, quand die eut échoué, il échappa aux inves-

(*) Roger, renvoyé devant la cour de MeU parce que ses juges allaient l'absoudre, fut aussi condamné à mort. Cet arrêt fut commué en ao ans de travaux forcés , et peu de temps après il recouvra sa liberté.

T. IV. 13* Liv. (DlCT. BNCYCL. ,

tigations de la police , et franchit les Pyrénées pour joindre l'armée constitutionnelle d'Espagne. Caron, uni au colonel Fabvier, organisa cette petite phalange de braves qui , sur les rives de la Bidassoa , déploya et défendit si bien le drapeau tricolore en face du drapeau blanc ( Voy. Bidassoa et Cabrel). Frappé de plusieurs condamnations à mort par contumace , il se retira, après la dissolution de ce corps, à Lisbonne, puis en Angleterre.

Il ne rentra en France qu'après la révolution de juillet, et y reprit son rang dans l'armée. Le colonel Caron est mort dans ces dernières années. Son fils servait en Afrique, et l'on vient d'apprendre qu'il a péri glorieusement sur un de ces champs ue bataille où lutte depuis dix ans notre jeune armée.

Cabon (François), né en Hollande, de parents français , alla dans sa jeunesse au Japon , où il apprit la langue du pays, et devint ensuite directeur du commerce au Japon et membre du conseil des Indes. Ayant demandé un poste plus éminent, il éprouva un refus et résolut de quitter la Compagnie hollandaise. Colbert, qui voulait que la France prit pari au commerce des Indes , profita du meconténtement de Caron, depuis peu arrivé en France, et lui confia l'exécution de son projet. En 1666, Caron fut nommé directeur général du commerce des Indes ; on lui associa quatre autres Hollandais, sous le titre de marchands , et cinq Français ayant le même titre, mais devant, avec le même grade, avoir le pas sur les étrangers.

A son arrivée à Madagascar , en 1667, Caron ayant trouvé la colonie en mauvais état, et s'étant inutilement efforcé de la relever, partit pour Surate, qui lui paraissait un centre préférable. Peu de temps après s'y être installé , il expédia une riche cargaison à Madagascar. En 1671, le gouvernement français lui envoya le cordon de Saint-Michel , récompense d'autant plus grande qu'il était protestant. L'année suivante, Caron s*embarqua avec l'amiral Delahaie pour Trinquemalé, où on essaya vainement

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