‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 32 sur 88 · CAS L'UN · texte numérisé non relu

CAS L'UN

mée de Charles VII assiégeait Castillon,qui devait lui livrer le coursde la Dordogne.Cette place, environnée de lignes de circonvallation et d'un camp retranché, était aux abois, quand le brave Talbot sortit de Bordeaux pour la secourir. Entraîné par un premier succès, il marche aux retranchements français, et donne l'assaut. Pendant deux heures, le héros octogénaire combat avec toute l'ardeur de la jeunesse. Les Anglais reculent; deux fois il les ramène à la charge, deux fois il est repoussé. En vain, couvert de sang et de poussière, il parcourt tous les rangs, animant les siens par ses discours et ses exemples : un coup de coulevrine le renverse, et sa chute décide du sort de la journée. Son fils, lord Lisle, tombe quelques instants après, à ses côtés, en voulant venger sa mort. Les Anglais fuient, et Castillon se rend le lendemain (18 juillet 1453). Après cette victoire, Bordeaux fut forcé de se soumettre à son tour.

— Les faibles murs de Castillon arrêtèrent, en 1586, le duc de Mayenne pendant trois mois entiers, malgré la peste qui y exerçait ses ravages, et les forces considérables que le duc avait réunies. Enfin les habitants accablés se rendirent. Au mépris de la capitulation, la ville fut pillée, et les bourgeois reconnus pour huguenots furent envoyés au parlement de Bordeaux et pendus. Mais aussi le butin fait à Castillon répandit la peste parmi les assiégeants, et Mayenne, atteint lui-même par le fléau, fut forcé de revenir à Paris.

— Quelque temps après, le vicomte de Turenne, l'un des chefs des calvinistes , s'empara par surprise de la ville de Castillon ; une seule échelle lui suffit pour escalader la muraille dans un endroit mal gardé. Ce succès facile donna lieu de rire des longs et coûteux efforts du duc de Mayenne.

Castillon (J. de). Voyez Mouchah.

Castillon (J. Fr. A. le Blanc de) , procureur général au parlement de Provence, naquit à Aix en 1719. Il fut l'un des magistrats les plus recomman-

fERS. cas

dables du siècle dernier, soit par ses talents comme orateur, soit par son érudition. Ses réquisitoires de 1765 sur l'étude des lois naturelles, sur les actes de l'assemblée du clergé, et celui de 1768 sur les brefs de Clément XIII, firent grand bruit à cette époque. Il montra le caractère le plus honorable dans la révolution parlementaire de 1771 , et protesta vivement contre les actes du chancelier Maupeou. Castillon mourut en 1800.

CASTOIEMEiNT ou Castoyement, roman célèbre au douzième siècle, et dont voici l'origine : un juif espagnol qui avait abjuré la religion de ses pères et pris le nom de Pierre-Alphonse, vint en France en 1 106, à l'âge de quarantequatre ans, apportant avec lui un recueil , dont il fit bientôt après une version latine intitulée Clerica disciplina. La bibliothèque royale possède plusieurs copies manuscrites de cette version, qui servit, à son tour, de texte à plusieurs traductions en vers et en prose. Ce sont ces traductions qui sont connues sous le nom de Castoiement Cet ouvrage, auquel les fables de Pilpay semblent avoir servi de modèle, est une suite de contes. L'auteur y suppose qu'un jeune homme prêt à entrer dans le monde reçoit de son pero les conseils nécessaires pour s'y conduire avec prudence, et chaque leçon mise en action est suivie d'apophthègmes, d'historiettes et de bons mots relatifs à ce qui a été dit précédemment. Cette manière d'enseigner par apologues, ce mélange de préceptes et de fables vient des Orientaux, et n'est pas le seul emprunt que nous ayons fait aux Arabes dans le temps des croisades. M. Méon a publié ce roman dans son nouveau recueil de contes et fabliaux.

Castor (saint), né à Nîmes vers le milieu du quatrième siècle, était marié et avait une fille, lorsque lui et sa femme , cédant à une pieuse exaltation , se séparèrent volontairement, embrassèrent la vie religieuse, et fondèrent dans leurs propriétés, au territoire de Menerbe en Provence, deux monastères entre lesquels ils partagèrent tous

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leurs biens. La fille prit le voile avec sa mère. Castor, peu d'années après, fut élu évêque d'Apt, et mourut le 21 septembre 419. L'abbaye de Saint- Castor suivait la règle des solitaires d'Égypte et de Palestine, règle qui lui avait été donnée par le célèbre Cassien , abbé de Marseille.

Castration. — Cette opération sacrilège, que Ton pratique de nos jours encore en Italie, pour procurer aux malheureuses victimes que Ton ne craint pas de mutiler ainsi, le frivole avantage d'avoir une voix que la nature n'adonnée qu'aux femmes, et de chanter dans la chapelle du pape, a toujours été considérée en France comme un crime. Selon quelques exemplaires de la loi salique, celui qui y avait soumis un homme libre était puni de cent sous de composition, et selon d'autres de deux cents. Chez les Ripuaires, cet attentat était mis sur la même ligne que le meurtre, et frappé de la même peine. Celui qui s'en était rendu coupable devait composer de deux cents sous avec sa victime, et, s'il se prétendait innocent, jurer avec douze témoins. Si plus tard on ne s'exprima pas toujours en termes formels, la castration ne cessa jamais d'être considérée comme un crime fort grave, et on sait que le chanoine Fulbert, qui l'avait exercée sur le célèbre et malheureux Abailard, fut forcé de prendre la fuite pour échapper au châtiment qu'il avait encouru. Aujourd'hui, cet acte est considéré comme une mutilation, et puni des mêmes peines que ces sortes de délits.

Ca st rel (combat du mont) . — A près la prise de Courlrai , le général Souham ayant attaqué Clerfayt, le 29 avril 1794, le força, par la vigueur du choc, à se retirer sur les hauteurs de Castrel. O poste ne pouvait être abordé que par cinq défilés couverts de batteries.

Les généraux se mirent à la tête des colonnes, composées en grande partie de réquisitionnaires. Ces jeunes gens, sous la conduite de leurs chefs, se battirent comme de vieux soldats, emportèrent les hauteurs à la baïonnette, et mirent les Hanovriens et les Autri-

chiens dans une déroute complète.

Clerfayt , blessé dans l'action , céda le champ de bataille, laissant entre les mains des Français douze cents prisonniers, trente-trois canons et quatre drapeaux.

Castres, ancienne ville du Languedoc dans l'Albigeois, aujourd hui chef-lieu d'arrondissement du département du Tarn. Selon quelques auteurs , Castres doit son origine a un monastère de bénédictins établi, dit-on, par Charlemagne. Ce qu'il y a de certain , c'est que cette ville était déjà fort considérable au douzième siècle. Pendant la guerre des Albigeois, les habitants se donnèrent volontairement a Simon de Montfort. Éléonore, fille de ce prince, apporta en dot à Jean, comte de Vendôme, la seigneurie de Castres, qui passa ensuite à Jean , comte de la Marche, cadet de Bourbon, époux de Catherine de Vendôme. Plus tard, une autre Éléonore, en épousant Bernard , comte de Pardiac, la lit passer dans la maison d'Armagnac. Après la mort du malheureux Jacques d'Armagnac, en 1477, tous les biens de cette famille furent confisqués, et Louis XI donna le comté de Castres à son lieutenant général en Roussillon, le Napolitain Boffilo del Giudice ; mais cette donation souleva de nombreuses contestations que François lrr termina enfin en faisant rendre par son parlement un arrêt qui, en 1519, réunit ce comté à la couronne.

Les habitants embrassèrent le parti de la réforme dès le commencement des guerres civiles qui suivirent la mort de Henri II, se fortifièrent, et érigèrent leur ville en une espèce de république. Mais après les revers des protestants, en 1629, ils furent forcés de se soumettre et de démolir leurs fortifications. C'est à Castres que fut établie la chambre de Cédit à laquelle devaient être portées les affaires des protestants établis dans le ressort du parlement de Toulouse. (Voy. Chambre.) Ce tribunal fut transféré, en 1679, à Castelnaudary, et enfin supprimé en 1685. Castres, bâtie sur l'Agout, dans un bassin agréable et fer-

h le, est aujourd'hui peuplée de seize mille quatre cent dix-huit habitants:

e'est la patrie d'André Dacier, de Rapin de Thoyras, de Sabatier, etc.

Castbïcum (combat de). — Le 4 octobre 1799 , peu de jours après la bataille d'Alkmaer (vovez ce mot), l'armée française et l'armée anglorusse se retrouvèrent en présence près du village de Castricum, qui, formant la position la plus importante, la clef du champ de bataille, fut vivement disputé. Occupé d'abord par les Français, puis enlevé par le général Essen, il avait été repris aux Russes, maison par maison, après une mêlée des plus sanglantes, lorsque Abercromby intervint, rallia les fuyards et livra un nouvel assaut. Le combat recommença avec fureur. Brune voyant alors que lé moment décisif était arrivé , conduisit en personne une charge brillante, qui fixa de notre côté le succès de la bataille. La cavalerie ennemie se dispersa, et l'infanterie recula jusqu'à Bakkumet Limmen. Cette bataille acharnée affaiblit de quatre mille hommes l'armée des coalises. Le lendemain même, le duc d'York, renonçant à lutter plus longtemps contre les soldats français, assembla un conseil de guerre, où il proposa de battre en retraite, et l'on sait que bientôt il se hâta de conclure avec Brune la capitulation qui termina cette campagne.

Castbies, ancienne baronnie du Languedoc, à huit kilomètres de Montpellier (département de l'Hérault ). Cette baronnie , acquise en 1495, par Guillaume de la Croix y gouverneur de Montpellier, fut érigée en marquisat, en 1645, en faveur de René- Gaspard de la Croix, qui fut ainsi le premier marquis de Castries.

Castries (famille de).— Le petit-fils de René-Gaspard de la Croix, Charles- Eugène- Gabriel de Castries, fut le personnage le plus remarquable de cette famille. Il naquit en 1727. Ses loyaux et nombreux services aux armées d'Allemagne, de Flandre et de Corse; aux batailles de Fontenoy,de Raucoux, de Rosbach, etc., et sa belle conduite à

l'escalade de la ville de Saint-Goar, et à la prise du château de RhinfeW», en 1758, lui valurent le grade de lieutenant général. Il continua de se distinguer sur le Rhin, à Clostercamp , à Wesel et aux campagnes de 1761 et de 1762; nommé en 1780, ministre de la marine, il devint en 1783, maréchal de France et émigra en 1791. Il alla alors demander un asile au prince de Brunswick, qu'il avait vaincu à Clostercamp; il en reçut l'accueil le plus honorable, commanda une division de l'armée des princes dans l'expédition de Champagne, en 1792, et contre-signa la déclaration adressée par Monsieur aux émigrés français, le 28 janvier 1793, relativement à la régence. En 1797, le maréchal de Castries dirigeait, conjointement avec le comte de Saint- Priest, le cabinet de Louis XVIII, résidant alors à Blanckenbourg. Il mourut à Wolfenbuttel , le 12 janvier 1801 , à l'âge de soixante et quatorze ans, et fut enterré à Brunswick, où le duc lui lit élever un monument.

Son fils, Armand-Nicolas- Augustin, duc de Castbies, né en avril 1 756, était maréchal de camp en 1 788. Député de la noblesse de la vicomte de Paris aux états généraux, il s'y montra l'un des plus opiniâtres défenseurs de la monarchie féodale, et se battit avec Charles de Lameth, pour soutenir ses opinions politiques. L'hôtel de Castries ayant été pillé par le peuple, à la suite de cet événement, le duc de Castries passa en Allemagne, et y servit dans les corps d'émigrés jusqu'en 1794, époque où il se chargea d'en organiser un, à la solde de l'Angleterre. En 1795, il combattit en Portugal , à la téte de ce corps, et ne rentra en France qu'à la restauration de 1814. Nommé par le roi membre de la chambre des pairs, il a continué à s'y faire remarquer par l'ardeur de son royalisme.

Casuel. — Ce mot , emplové substantivement, signifie, en droit ecclésiastique, les profits éventuels et variables d'une cure , comme ceux des baise-mains, baptêmes, mariages, enterrements, les rétributions des mes-

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