‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 40 sur 88 · TORS. CAT · texte numérisé non relu

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Près de Tours, il avait frappé de son épée un soldat qui enlevait du foin sur le territoire de cette ville, consacrée par le tombeau de saint Martin.

« Où est , dit-il, l'espoir de la nietoire , si nous offensons saint Martini * Après sa victoire sur Syagri us, un guerrier refusa au roi un vase sacré qu'il demandait dans son partage pour le remettre à saint Remi, à l'église duquel il appartenait. Peu après , Clovis , passant ses bandes en revue, arrache au soldat sa francisque, et, pendant qu'il la ramasse, lui iend la te te de sa hache : « Souvienstoi du vase de Soissons. » Un si zélé défenseur des biens de l'Église devait trouver en elle de puissants secours pour la victoire. Il vainquit en effet Alaric a Vouglé près Poitiers , s'avança jusqu'en Languedoc , et aurait été plus loin si le grand Théodoric, roi des Ostrogoths d'Italie et beau-père d'Alaric II , n'eût couvert la Provence et l'Espagne par une armée , et sauvé ce qui restait au fils encore enfant de ce prince, qui, par sa mère, se trouvait son petit-fils. »

Nous n'en finirions pas si nous voulions multiplier les citations. Tous les événements qui ont suivi , aussi bien

Jjueceux qu'on vient de lire dans ces diférents passages empruntes à MM. Sismondi , Augustin Thierry et Michelet , témoignent que cette main mystérieuse, qui aplanissait partout les obstacles en faveur des Francs , c'était la main des évéques et du clergé catholique. Avec le secours de ce même clergé qui avait consolidé leur puissance et aidé à leur triomphe sur les Visigoths et les Bourguignons , les Francs devinrent les chefs militaires de la Gaule; et ils acquirent sur le reste des barbares une supériorité assez grande pour les grouper autour d'eux, en un seul faisceau , et en faire un contrepoids assez fort pour que l'Occident n'eût rien à craindre ae l'accroissement prodigieux de la monarchiearabe, sou les successeurs de Mahomet. (Voy.

Chablbmaonb.) Mais si le concours du clergé latin

fut utile à l'agrandissement de la monarchie franque, l'alliance des Francs ne fut pas moins utile au développement du catholicisme et à l'élévation de la papauté. Avec le secours des Francs mérovingiens , le catholicisme ressaisit la Gaule, dont la perte définitive lui aurait fermé tout avenir. Avec le secours des Francs carlovingiens, le catholicisme triompha et des Saxons idolâtres et des Arabes mahométans.

Les Francs furent les missionnaires armés du catholicisme; ils en furent les soutiens et les sauveurs. Charlemagne, le plus grand homme qui soit sorti de leurs rangs, délivra la papauté du voisinage des Lombards qui menaçaient de l'étouffer. Il fit plus , il la dota , jeta ainsi les bases de son indépendance politique, et c'est à lui que les papes durent cette puissance, qui leur permit, bientôt après, de traiter d'égaux à égaux avec les empereurs qui lui succédèrent.

Ainsi donc , l'alliance profita aux uns et aux autres. Quoi qu en aient pu dire ou penser quelques critiques, ce fut un bonheur pour la civilisation générale. Si les Francs avaient embrassé l'arianisme comme les Bourguignons et les Vis-goths , la grande Éulise chrétienne n'aurait jamais existé, et le christianisme n'aurait pas pu prendre tout son essor. Il serait resté partout subordonné à la puissance temporelle, comme dans les Églises ariennes et dahs celle de Constantinople. L'Église latine, au contraire, se servit de l'épée des Francs pour faire reconnaître l'indépendance du pouvoir spirituel ; indépendance qui n*8vait existé que de nom dans les anciennes théocraties , où, distrait par l'exercice des fonctions politiques et par le besoin de veiller a la conservation de ses privilèges, le prêtre oubliait souvent les devoirs du sacerdoce. Alors, pour la première fois, le monde vit surgirdu sein de la société une république vraiment indépendante, ne reconnaissant que Dieu pour maître, ne voyant que des frères dans tous les hommes , n'obéissant qu'à des chefs de son choix , et n'admettant pas d'autre

titre au pouvoir que le talent et la vertu : gouvernement modèle , donné en exemple à tous les peuples pour qu'ils pussent s'en rapprocher successivement, et chacun dans la mesure de ses forces; institution pleine de puissance et de majesté; cité de Dieu, offerte à l'admiration de l'univers entier , comme le but vers lequel doivent tendre toutes les associations

E miellés dont se compose le genre umain.

Cette république religieuse, condamnée à une lutte incessante contre la puissance civile, et forcée de s'isoler du monde pour agir avec plus de force sur le inonde, eut sa discipline particulière qui reçut des modifications plus ou moins sagement conçues. Elle eut des alternatives de liberté ou de dictature, pendant lesquelles dominèrent tour à tour les conciles ou les papes. Elle eut ses moments de faiblesse , et parut plus d'une fois sur son déclin et à deux doigts de sa ruine; mais son but resta toujours le même :

travailler à faire de l'Évangile le code qui doit régir la terre ; propager les sentiments de charité, d'égalité et de fraternité universelle. A ce titre, elle a eu raison de se proclamer catholique, et de se prétendre l'unique héritière d* l'Église primitive, puisque seule elle a su mettre la rel'gion audessus des atteintes du pouvoir temporel et à l'abri des envahissements de César.

Cependant, elle ne se borna pas toujours à dire que , de tous les senti* ments de l'homme, celui qui a le plus besoin d'indépendance , c'est le sentiment religieux. Lorsque la papauté se sentit toute-puissante, l'Église empiéta à son tour sur le pouvoir politique qu'elle avait consacré rependant, et entra avec lui dans une lutte terrible qui troubla la société chrétienne pendant plusieurs siècles, et se termina à I avantage des rois soutenus par les peuples. Cette grande lutte, dans ce qu'elle a de relatif à la France, sera, comme nous l'avons déjà dit, esquissée à l'article Papauté. Ici, nous

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L'UNIVERS

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devons nous restreindre à cette considération générale, que, depuis le seizième siècle surtout, le catholicisme, désormais privé de sa prépondérance , a alternativement subi l'influence politique des États qui environnent le saint-siége; tantôt celle de la France, tantôt celle de l'Espagne et de l'Autriche. Il en résulte que le clergé catholique n'a pas toujours conservé cette haute indépendance , si nécessaire au développement et au triomphe de la religion. C'est sans doute pour cette cause que , dans la lutte des peuples contre les privilégiés , il a trop souvent suivi le système des jésuites, si opposé à la politique des anciens papes , et surtout si peu conforme aux principes de l'Évangile. Cependant au commencement de la révolution française , une grande partie du clergé français, fidèle à la tradition de l'Église, avait prêté son concours à la démocratie naissante. Un prélat italien, l'évéque de Chiaramonte, depuis le pape Pie VII, disait , en 1797, dans une homélie publiée à Imola : •Oui, mes très- chers frères, soyez bons chrétiens, et vous serez a excellents démocrates... Les vertus morales rendent bons démocrates... Les premiers chrétiens étaient animés de l'esprit de démocratie ; Dieu favorisa les travaux de Caton a"Vtique et des illustres républicains de Rome... Devenu pontife, l'évéque de Chiaramonte, il faut en convenir, ne dirigea pas toujours sa conduite d'après ces principes; mais, enfin, il les avait proclamés. D'ailleurs, l'ambition de Napoléon ,qui voulait réduire le catholicisme au rôle subalterne d'instrument politique, ne permit pas au nouveau pape de réaliser les projets de réforme qu'il paraissait avoir conçus. Pour échapper a la domination de Napoléon, il fut obligé de se jeter dans les bras des Autrichiens , des Russes et des Anglais.

Le catholicisme serait plus puissant aujourd'hui si la chancellerie autrichienne ne pesait pas aussi lourdement sur la cour deRonie. Le jour où les

pes, se rappelant leur ancien rôlede protecteurs et de représentants des peuples, chercheront à diriger plutôt qu'à étouffer le désir d'affranchissement qui agitel'Europe catholique, ce jour-là, le catholicisme ressaisira son ancienne puissance et son ancienne majesté ; ce

iour aussi il redeviendra l'allié de la "rance. Les descendants civilisés de ces barbares qui l'ont rendu tout-puissant au moyen âge, sont encore là pour mettre'à son service des bras et des cœurs non moins forts et non moins généreux que les bras et les cœurs des Francs mérovingiens et carlovingiens.

Mais il est temps que la papauté se hâte, car l'Église grecque , soumise à la volonté du czar, mais armée d'une grande puissance matérielle, gagne chaque jour du terrain et menace de réduire à la servitude plus d'une population catholique. Si l'Espagne, l'Italie et la France ne forment pas avant peu un faisceau compacte , les protestants et les Grecs, ou, ce qui revient au même , les Anglais et les Russes , usurperont bientôt la suprématie politique, et feront descendre les nations romanes du haut rang qu'elles ont jusqu'à ce jour occupe. Quel plus admirable lien pour ces nations que le clergé catholique !

Mais pour redevenir le çuide des peuples les plus civilisés, il faut que le catholicisme , se rajeunissant à l'exemple du reste de l'Europe, ait le courage d'en appeler lui-même à une sage réforme. Cela lui sera d'autant plus facile que la politique des peuples en France, en Italie et en Espagne, repose sur les bases mêmes de l'Evangile, etest absolument conforme à la politique des Grégoire VII, des Alexandre III et des Sixte-Quint. Alors les papes étaient les chefs, ils étaient les tribuns de la démocratie; alors le catholicisme était une doctrine de progrès et un foyer de lumières. Alors , pour occuper la chaire de Saint-Pierre, il ne fallait pas être Italien comme cela est nécessaire aujourd'hui; il suflisait d'être tholique et de posséder du talent

rAT , FRANCE.

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et de la vertu. Le commandement suprême était accessible à tous, ainsi qu'il convient dans une société d'apôtres qui doit servir d'institutrice à tous les peuples de la terre.

Catholicon. Voyez Satire MÉnippée.

Catinat (Nicolas), maréchal de France, naquit, le 1" septembre 1637, à Paris , où son père était doyen des conseillers au parlement. Il suivit d'abord la carrière d'avocat; mais la perte d'une cause dont la justice lui semblait évidente le dégoûta du métier; il quitta le barreau pour les armes, et entra dans la cavalerie. Simple soldat au siège de Lille en 1667, il se fit remarquer de Louis XIV, qui récompensa son courage par le don d'une heutenance. Chacun des grades intermédiaires par lesquels il passa depuis 1667, pour s'élever enfin à celui de lieutenant général en 1689, il les dut, de même que le premier, à des actions d'éclat dont Maëstricht , Besançon , Senef , Cambrai , Valenciennes, Sàint- Omer, Gand, Ypres, furent successivement les théâtres. Blessé à la bataille de Senef, il eut l'honneur de recevoir du grand Condé le billet suivant : « Per- « sonnene prend plus que moi d'intérêt « à votre blessure ; il y a si peu de gens « comme vous, qu'on perd trop quand « on les perd. » En 1689, lorsque Louis XIV, justement alarmé des tergiversations de Victor- Amédée II, duc de Savoie , lui déclara la guerre , Catinat fut envoyé en Italie. Le 18 août

1690, il gagna la bataille de Staffarde, qui le rendit maître de la Savoie : en

1691, il occupa une partie du Piémont.

La victoire de Marsaille, qu'il rem-

Eorta le 4 octobre 1693, lui valut le â ton de maréchal, et termina la guerre, car, dès lors, la France négocia secrètement avec le duc. Louis XIV accueillit Catinat de la manière la plus flatteuse à son retour de l'armée, l'entretint longtemps d'opérations militaires, et finit par lui dire: «C'est assez parler de mes affaires, comment vont les vôtres? » — «Fort bien, Sire, répondit le maréchal , grâce aux bontés de Votre Majesté. » « Voilà , reprit

le roi en se tournant vers ses courtisans, le seul homme de mon royaume qui m'ait tenu un pareil langage. » Envoyé en Flandre , Catinat ne fut ni moins habile ni moins heureux qu'en Piémont, et il prit Atli en 1697.

Mis de nouveau à la tête de l'armée d'Italie, en 1701, il allait se mesurer avec le prince Eugène , et c'était pour ce prince un digne rival ; mais Eugène avait l'armée impériale a son entière disposition , et Catinat ne pouvait agir que d'après les ordres de sa cour. Cette dépendance , jointe au manque de vivres et d'argent , et aux inquiétudes que lui causaient les secrètes dispositions du duc de Savoie, fut fatale à Catinat. La défaite qu'il essuya le 9 juillet à Carpi l'obligea d'effectuer sa retraite, et d'abandonner le pays entre l'Adige et l'Adda. Battu de nouveau à Chiari , il fut disgracié. On lui ôta le commandement pour le donner à Villeroi; et après la campagne, qu'il acheva sous les ordres de son successeur, il ne servit plus. Les échecs de Carpi et de Chiari furent plutôt le prétexte que la cause de sa disgrâce. La cause véritable c'est que Louis XIV estimait Caiinat sans l'aimer; et il ne l'aimait point parce que madame de Maintenon, dont l'influence sur l'esprit de son royal époux augmentait de jour en jour, avait su l'indisposer contre lui. Quant à l'inimitié de madame de Maintenon, Catinat l'avait encourue dès longtemps , parce qu'on le soupçonnait de jansénisme , et qu'il n'était que religieux : pour trouver grâce devant elle, il fallait être dévot. Elle-même, dans une de ses lettres , assigne à la disgrâce de Catinat le motif que nous donnons : « Il « ne servira nlus, dit-elle; le roi n'aime « pas à confier le soin de ses affaires à « ceux qui n'aiment pas Dieu. »

Catinat clôt la liste des grands capitaines qui ont illustré le siècle de Louis XIV; car, après lui, Villars seul empêcha que In gloire des armes françaises ne s'éclipsât tout à fait ; néanmoins, s'il faut en croire le Mémorial de Sainte-Hélène, Napoléon disait que l'inspection des lieux où Catinat avait

opéré en Italie, et la lecture de sa éorrespondance avec Louvois le lui avaient fait paraître beaucoup audessous de sa réputation. « Sorti du tiers état, observait l'empereur, et du corps des avocats ; avec des vertus douces , des mœurs, de la probité ; affectant la pratique de légalité; établi à Saint-Gratien , aux portes de Paris, il était devenu l'affection des gens de lettres de la capitale et des philosophes du jour, qui l'ont beaucoup troocxalté... Il n'était nullement comparable à Vendôme. » Certes, en pareille matière , l'empereur s'y connaissait ; cependant on peut dire que son jugement est sinon Injuste, du moins fort rigoureux; et qu'en appréciant les campagnes du maréchal en Piémont, sur un terrain où lui-même avait ouvert si glorieusement sa campagne d'Italie , il n'a point tenu suffisamment compte de la diversité des circonstances, des difficultés qui entravaient Catinat, et des progrès que l'art de la guerre a faits depuis. Il est vrai que Catinat n'eut ni la fougue ni le brillant de Vendôme: mais, comme Turenne, il fut toujours calme, prudent, réfléchi ; et cette di* position habituelle de son âme avait frap|»é jusqu'aux simples soldats , qui l'appelaient entre eux te père la Pensée.

Les talents militaires n'excluaient point d'autres capacités chez Catinat.

Plusieurs fois d'importantes négociations lui furent conliees, et il s'en tira toujours avec succès. Doué d'un esprit éminemment juste, il était propre à remplir avec distinction les emplois en apparence les plus opposés. Aussi le maréchal de la Fenillade, quoique son ennemi, disait-il à Louis XIV que Catinat eût été aussi bon ministre et aussi bon chancelier que bon général.

Mais ce qu'on doit surtout admirer chez Catinat, c'est l'heureuse trempe de son caractère , ce sont les nobles qualités de son cœur. Sa bonhomie I avait rendu l'idole du soldat. A la guerre, il croyait ne pouvoir jamais user, à l'égard des vaincus, d'assez de douceur et de ménagements. Souvent il éluda l'entière exécution des ordres durs et inflexibles qu'il recevait de Lou-

vois. Sa modestie était si grande, que, dans la relation qu'il envoya à la cour après sa victoire de Stafhrde, il s'oublia pour citer avec éloge tous les officiers sous ses ordres; de sorte qu'on aurait pu croirequ'il n'avait lui-même pris aucune part à cette mémorable bataille.

Catinat, qui, interrogé par Louis XIV sur l'etatde sesaffaires, disait être content de son sort , n'était pas riche ; et il avait fillu un ordre exprès du roi pour qu'il consentit à accepter ce qu'en temps de guerre les généraux appellent le traitement du pays. A la fin d'une campagne, sa bourse se trouva si dégarnie, qu'il se vit contraint de solliciter une gratification de trois mille écus , avouant « que les autres années cette gratification était de commodité , mais que, pour l'année présente, elle était de nécessité. » Malgré son peu de fortune, il savait au besoin se montrer généreux : ainsi il était en Piémont lorsqu'il fut nommé maréchal de France, et donna mille écus au courrier qui lui apporta le bâton. Mais ce courrier n'avait fait que remplacer un gentilhomme tombé malade en route ; et ce gentilhomme prétendit que la gratification lui revenait de droit. Catinat, venant à apprendre la discussion , fit donner mille écus à chacun des deux.

La rancune et la jalousie n'avaient aucune prise sur son âme : lorsque Viheroi vint le remplacer dans le commandement, Catinat, mettant la gloire d'être utile bien au-dessus du point d honneur , consentit a servir sous son successeur. » Je tâche d'ou- « blier ma disgrâce, écrivait-il à ses « amis, pour avoir l'esprit plus libre « dans l'exécution des ordres du maré- « chai de Villeroi. Je me mettrai jus- « qu'au cou pour l'aider. Les méchants « seraient outrés s'ils savaient jusqu'où « va mon intérieur à ce sujet. » Enfin , telle était la simplicité de ses habitudes, que madame de Sévigné,dans une de ses lettres à sa fille, lui marque, avec une surprise qui peint les mœurs du siècle, qu'elle a vu le maréchal de Catinat se promener dans son jardin sans épée.

Catinat mourut dans sa retraite de

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Saint-Gratien le 25 février 1712, à l'âge de soixante et quatorze ans, sans avoir jamais été marié.

Catinat (Abdias Manuel, dit), chef ea m isard , commandait sous Cavalier, et ce fut en grande partie à lui due les insurgés durent l'organisation de leur cavalerie. Cependant , malgré sa bravoure et de brillants faits d'armes, sa désobéi ssanee aux ordres de ses chefs le fit traduire devant un conseil de guerre, où on l'accusa aussi d'avoir incendié des églises sans ordres et sans raison. Il s'avoua coupable, et, grâce à ses services, il fut acquitté à l'unanimité. Il refusa de faire sa soumission au roi , comme Cavalier, et passa en Suisse; mais bientôt il se laissa séduire par les agents de l'Angleterre , rentra en France, et prit part à la conspiration dont l'objet était de tuer l'intendant Ba ville, et d'enlever le maréchal de Bcrwick. On sait que cette entreprise échoua. Catinat fut saisi et envoyé devant les tribunaux , qui le condamnèrent à être brûlé vif, sentence qui fut exécutée le 21 mai 1705.

Catineau-Laroche (P. M. S.), né à Saint-Brieuc en 1772, se trouvait à Saint-Domingue en 1791, et y publiait un journal intitulé C Ami de la paix et de l'union, dont les principes Je firent dénoncer aux tribunaux. Il échappa à grand'peine à une condamnation capitale, et revint en France.

Sous l'empire , il fut successivement secrétaire général des douanes en Autriche, inspecteur général en Illvrie, et chef de I administration de la librairie. Après avoir voyagé quelque temps en Amérique, il fut, en 1819, chargé par le roi d'explorer la Guyane française, et mourut a Paris en 1828. Il a publié un Vocabulaire portatif de la langue française, in-16, imprimé plusieurs fois; «es Réflexions sur la librairie, 1807, in-8°; et une Notice sur la Guyane française, Vans, 1822.

Cativolke, chef des Ëhurons, partageait le commandement avec le brave Ambiorix, lorsque celui-ci organisa contre César sa vaste conspiration.

Cativolke, rendu timide et incertain

Sar l'âge et la maladie s'opposa 'abord à ces projets. EnGn , entraîné r les sollicitations de l'infatigable ndutiomar, il seconda son jeune collègue, et le suivit à l'heure du combat. Quand la fortune eut trahi la cause de 1 indépendance, le vieux Cativolke, ne pouvant plus supporter les fatigues de la fuite et de la guerre , mit fin à sa vie en s'empoisonnant avec le suc de l'if (**). Il expira en prononçant « des paroles de douleur et de malédiction et en dévouant à la Vengeance du ciel et de la terre l'homme qui était venu troubler ses vieux jours, et verser sur sa patrie de si effroyables calamités ( ). »

Cet homme, César prétendit que c'était Ambiorix; « mais nous pouvons croire, en toute sûreté de conscience, dit M. Thierry, que les imprécations du vieillard gaulois s'adressaient plutôt à l'étranger contre qui Ambiorix n'avait fait que remplir son devoir de chef patriote et de Gaulois. »

Catogan, manière de porter les cheveux, en usage au dernier siècle, parmi les troupes d'infanterie. C'était un chignon ou une pelote de cheveux roulés sur eux-mêmes et noués par le milieu, et pendants à une hauteut prescrite. Le catogan , d'abord renfermé dans un crapaud, fut plus tard recouvert d'une chevrette, laquelle, en 1792, remplaça cette coiffure, qui, longtemps après, était encore en usage dans des corps de hussards.

Catroo (Franç., le P.), né à Paris en 1659, mort en 1737, entra chez les jésuites en 1677, et obtint pendant sept ans de grands succès dans la chaire. Mais son principal titre de gloire est la fondation du Journal de Trévoux , qui commença à paraître en 1701. Il entreprit cette publication avec trois autres jésuites, la soutint pendant près de douze années, et s'y acquit la réputation d'un écrivain spirituel et d'un critique judi-

(*) Ci'sar, Bell. GalLt liv. v, c. 3i. (*') César, il>id., liv. vr, c. 3i.

(•••) Am. Thierry, t. II, p. 79 de l'Histoire des Gaulois.

deux. Il a composé en outre un grand nombre d'ouvrages historiques, tels que V Histoire générale du Mogol, 1705, in-4*, ou cinq volumes in-12, avec Y Histoire du règne dAureng- Zeb; Y Histoire du fanatisme dans la religion protestante, contenant l'histoire des anabaptistes, du davidisme et des trembleurs, Paris, 1733, trois vol. in-12; Y Histoire des anabaptistes, Paris (Amsterdam), 1695, in-12, et Amsterdam, 1700, in-12; une Traduction de Virgile , avec des notes critiques et historiques : cette traduction est entièrement oubliée; une Histoire romaine, 1725-37, en 21 vol. in-4° :

cette histoire est fort étendue; mais une foule d'ouvrages supérieurs , surtout depuis quelques années, l'ont laissée fort en arrière. Le style, d'ailleurs, en est diffus, recherché, et quelquefois puérilement ambitieux.

Catbufo (Joseph), compositeur dramatique, naquit à Naples en 1771, entra, en 1783, au conservatoire de cette ville , et composa à Malte , en 1791, deux opéras bouffes. L'invasion de l'Italie par les armées françaises arrêta pour un temps l'essor de cet artiste. Il entra au service, et fit sous nos drapeaux toutes les campagnes d'Italie; c'est là qu'il gagna ses lettres de naturalisation. Pendant le temps qu'il resta dans nos armées, il composa plusieurs morceaux de musique pour consacrer le souvenir des événements auxquels il prenait une part glorieuse, et pour propager les idées républicaines en Italie; ces morceaux sont des hymnes républicains, et une cantate pour célébrer la victoire de Marengo. En 1804 , il quitta le service, et se fixa à Genève, où il fit le premier essai de l'enseignement mutuel appliqué à la musique.

C'est pour cet enseignement qu'il composa ses solfèges progressifs. Il réside à Paris depuis 1810, et a composé pour Fevdeau plusieurs opéras, dont la musique est harmonieuse et élégante; ces opéras sont : V Aventurier, opéra-comique en trois actes; Félicie, en trois actes; une Matinée deFrontin , en un acte; la Fille romanesque; la Bataille

de Denain, en trois actes; les Aveugles de Franconville, en un acte; enfin la Fée UrgeUe, en trois actes.

Cattaneo (Bernard-Louis), lieutenant général, né à Ajaccio en 1769, entra au service en 1786, comme souslieutenant au royal-corse. Il combattit à Jemmapeset à Fleur us, et était parvenu, en 1793, au grade de capitaine, lorsqu'il fut destitué comme noble, et forcé d'émiçrer. Il offrit alors ses services au prince de Condé, mais il rentra en France aussitôt qu'il put le faire sans danger. Nommé, en 1806, colonel de la légion corse, il fut envoyé la même année, avec ce corps, au service du roi de Naples. Élevé, deux ans après, au grade de général de brigade, il devint en même temps aide de camp de Murât, qu'il suivit dans la campagne de Russie. Blessé grièvement à la Moskowa, et nommé lieutenant général sur le champ de bataille, il revint ensuite à Naples avec son souverain d'adoption, fit, avec l'armée napolitaine, la campagne de 1814 et de 1815, et fut emmené en Moravie comme prisonnier de guerre. Rentré en France en 1816, il passa dans la disgrâce tout le temps de la restauration. Le général Cattanéo est mort en 1832. Sa famille était alliée à celle de Napoléon; son oncle maternel , Bacciocchi , avait épousé la princesse Élisa, sœur de l'empereur.

Cattel. Ce mot désignait, suivant la coutume de Hainaut, un effet mobilier, et, par extension, un droit seigneurial que l'on exprimait par droit au meilleur cattel. Ce droit consistait dans la faculté qu'avait le seigneur de

I rendre le meilleur effet mobilier que aissait en mourant un affranchi, uo descendant d'affranchi ou l'habitant d'un lieu affranchi.

Voici , selon les feudistes , l'origine de ce droit : jusqu'au milieu du treizième siècle, le Hainaut était, comme les autres prov inces de la France, rempli de serfs et de gens de mainmorte. En 1252, la comtesse Marguerite donna l'exemple des affranchissements aux seigneurs de sa cour, qui l'imitèrent, en se réservant comme elle une cer-

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