‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 42 sur 88 · CL., etc · texte numérisé non relu

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de Saint-Quentin, érigée en marquisat en 1714.

Celte terre a donné son nom à Tune des plus anciennes familles de Picardie. Au quatorzième siècle , la maison de Caulaincourt avait déjà fourni plusieurs hommes remarquables. Au seizième siècle, en 1554, l'un de ses membres, capitaine de cinquante hommes d'armes, se jeta dans la ville de Saiut-Quentin , assiégée par les troupes impériales, et contribua puissamment à la sauver. Mais c'est surtout dans le dix-huitième et le dixneuvième siècle que la famille de Caulaincourt s'est illustrée. Parmi les hommes les plus remarquables qu'elle a fournis pendant cette période, nous citerons surtout François- Armand , en faveur de qui la terre de Caulaincourt fut érigée en marquisat; Marc-Louis , maréchal de camp sous le règne de Louis XV ; et Gabriel- Louis, qui parvint au grade de lieutenant général , et fut le père des deux derniers et des plus illustres personnages de sa famille.

Armand' Augustin- Louis , marquis de Caulaincoubt, duc de Vicence, uéà Caulaincourt en 1773, entra au service dès l'âge de quinze ans , devint successivement sous-lieutenant , lieutenant, capitaine, et lit en cette qualité la campagne de 1792. Destitué et arrêté comme noble l'année suivante, il ne fut pas plutôt rendu à la liberté, qu'il entra comme volontaire dans le dix-septième bataillon de Paris, d'où il passa dans le quatrième, puis dans le 16* de chasseurs, avec lequel il combattit comme simple soldat jusqu'à la fin de l'an III, époque où , sur la demande de Hoche, il fut réintégré dans son grade de capitaine.

Devenu bientôt après aide de camp du général Aubert-Dubayet, il l'an m n pana à Venise, puis a Constantinople, 'où il revint à Paris en l'an v avec l'ambassadeur ottoman. Il lit en l'an vu la campagne d'Allemagne; et, après la paix de l'an vin , il fut envoyé à Petersbourg pour renouer les relations de la France avec la Russie, dont la couronne venait de passer sur

la tête d'Alexandre : il n'y séjourna

3ue six mois. [Sommé aide de camp u premier consul , puis grand écuyer de l'empereur, et plus tard général de brigade, il avait été chargé, en l'an xi , d une mission diplomatique qui consistait à surveiller les complots que tramait le ministre anglais sur les deux rives du Rhin contre le nouveau gouvernement de la France. A l'instant où s'effectuait à Ettenbeim l'arrestation du duc d'Enghien , laquelle avait été conûée par le ministre de la guerre à un autre général , qui en rendit compte directement au premier consul , Caulaincourt se trouvait sur la route d'Offenbourg pour l'exécution des ordres dont il était chargé. Il fut donc étranger à l'enlèvement et , par suite , à la mort du prince. En 1805 , Caulaincourt fut nommé général de division , grand cordon de la Légion d'honneur et duc de Vicence. En sa double qualité d'aide de camp et de grand écuyer, il suivit l'empereur dans toutes ses campagnes, à l'exception de celles d'Espagne et de Wagram , pendant lesquelles il fut ambassadeur à la cour de Russie.

Cette mission , qui dura quatre ans , et fut terminée en 1811 , était de la plus haute importance ; le duc de Vicence la remplit à la satisfaction de Kapoléon et d'Alexandre. 11 désapprouva constamment la malheureuse expédition de Russie ; et , lorsque ses prévisions furent réalisées , ce fut lui que l'empereur choisit pour compagnon de son voyage de Smorgonv à Paris. Jamais souverain et sujet n'avaient été rapprochés pendant un temps aussi long et dans une situation aussi extraordinaire. La confiance de Napoléon pour Caulaincourt s'accrut par ce téte-à-téte de quatorze jours et de quatorze nuits. Aussi , à l'ouverture de la campagne suivante , pendant l'absence momentanée du ministre des relations extérieures , le chargea-t-il de la correspondance politique et de quelques négociations pressantes. Le duc réussit à conclure l'armistice de Pleswitz, fut ensuite envoyé comme plénipotentiaire au

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congrès de Prague, mais travailla vainement à amener la paix. Bientôt arriva le désastre de Leipzig , et alors eut lieu la conférence de Francfort , où les tentatives du plénipotentiaire français pour amener la paix n'eurent pas plus de succès. Après avoir échoué de nouveau , non sans quelques efforts honorables , au congrès de Châtillon, il rejoignit Napoléon et l'armée à Saint-Dizier. Fidèle jusqu'au dernier moment, il défendit avec force les droits de l'empereur auprès des souverains alliés , à Bondy et à Paris, fut l'un de ses plénipotentiaires pour le traité du 11 avril 1814, et l'un de ceux qui portèrent ensuite son abdication au gouvernement provisoire. Il n'accepta aucun emploi de la première restauration, et fut nommé pendant les cent jours ministre des relations extérieures.

Rentré dans l'inaction après le second retour des Bourbons, il vécut paisible et loin de toule intrigue, ne fut qu'une seule fois l'objet des tracasseries du gouvernement , et mourut à Paris en 1827. Ses derniers moments furent empoisonnés , et sa vie fut peut-être abrégée par le souvenir de la déplorable circonstance qui l'avait fait accuser de l'arrestation du duc d'Enchien. De tels regrets, accompagnés à l'heure suprême d'un désaveu formel, le justifient complètement aux yeux de la postérité.

Auguste- Jean* Gabriel , comte de Caih incourt , frère du précédent , ne aussi à Caulaincourt, en 1777, entra au service en qualité de souslieuteuant de cuirassiers , en 1792 , et devint aussi aide de camp du général Aubert-Dubayet ; il fit ensuite les campagnes du Rhin avec le grade de capitaine de dragons , puis passa à l'armée d' Italie, fut blessé à Marengo , nommé colonel , et envoyé en Espagne en 1806 avec le grade de général de brigade. Il y commanda avec succès un corps de" cinq mille hommes, puis passa à l'armée de Portugal. Chargé en 1809 de tenter le passage du Tage sous les yeux des maréchaux réunis , il exécuta cette

opération difficile avec une valeur, une habileté qui triomphèrent de tous les obstacles. Il fut nommé général de division a la suite de cette brillante affaire, et continua de combattre dans la Péninsule jusqu'à l'ouverture de la campagne de Russie. Il commanda le grand quartier général pendant cette malheureuse expédition, et fut tué à la bataille de la Moskowa, le 7 septembre 1812 , en pénétrant, à la tête du 5« régiment de cuirassiers , dans une des principales redoutes de l'ennemi.

La bibliothèque rovale possède, sous le titre de Chronicon Corbeiense, ab anno 662 , ad annum 1329 , in-folio , un ouvrage manuscrit , composé au seizième siècle par un religieux de l'abbaye de Corbie , nommé Jean de Caulaincourt , et qui était de la famille des précédents.

Caulet (Étienne-François de), évéque de Pamiers, naquit en 1610. Son talent et son caractère charitable le firent remarquer par l'abbé Oilier , qui le choisit pour son principal coopérateur dans l'établissement du séminaire de Saint-Sulpice , et par Vincent de Paul, qui le désigna, en 1644, pour succéder a Sponde dans l'évéche de Pamiers. Le nouveau prélat entre-

firit de remédier àl'état d'anarchie dans equel les guerres de religion avaient mis le diocèse. Il y introduisit les réformes les plus salutaires , consacra aux pauvres une grande partie de ses revenus , créa des établissements pour servir d'asile aux vieillards et aux infirmes , en un mot , il se montra digne en tout point de l'opinion que Vincent de Paul s'était formée de lui.

Mais les malheureuses affaires du jansénisme et de la régale ne tardèrent pas à le distraire de ses occu-

Ktions pastorales. De concert avec véque d'Aleth , son voisin . il embrassa le parti de Port-Royal et admit la distinction du fait et du droit sur la signature du Formulaire d'Alexandre V II , distinction qui amena le schisme auquel se proposait de mettre fin la paix de Clément IX.. La dé-

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claration de 1673 ayant assujetti , en dépit de leurs privilèges, les églises de Languedoc au droit de régale, qui autorisait le roi à percevoir les revenus d'un évêché vacant , les évéques de Pamiers et d'Aleth furent les seuls qui refusèrent de s'y soumettre. Caulet défendit, sous peine d'excommunication , à tous ses chapitres , de recevoir et d'installer les pourvus en régale , qu'il qualifiait du nom d'intrus. L'archevêque de Toulouse, son métropolitain , eut beau casser les ordonnances , il résista toujours , et en appela au saint-siége. L'isolement dans lequel le laissa la mort de l'évê-

?|ue d'Aleth , les lettres de cachet qui urent lancées contre ses adhérents, la saisie de son temporel et de celui de ses chapitres , rien ne put l'ébranler. Cette querelle aurait pu lui devenir encore plus funeste, lorsqu'il mourut, en 1680, à l'âge de soixante et dix ans. Cependant Louis XIV montra toujours de la répugnance pour les mesures par trop violentes, lin abbé ayant fait passer de l'argent à l'évéque de Pamiers , qui se trouvait dans la détresse , un membre du conseil proposa de le faire enfermer à la Bastille , comme soutenant un rebelle.

« Lorsque j'ai fait saisir le temporel « de M. de Pamiers, répondit Louis « XIV , je n'ai pas prétendu qu'il « mou nU de faim , ni empêcher qu'on « l'assistât. Il ne sera pas dit que , « sous mon règne, on aura puni quel- « qu'un pour avoir fait un acte de « charité. »

L'évêque de Pamiers a laissé quelques ouvrages qui , pour la plupart , ont trait à ses différends avec la cour.

Caulet (Jean de) , évéque de Grenoble, mort en 1771, était petit-neveu du précédent, et il sut aussi se concilier l'amour et la vénération de son diocèse. Il était fort savant, et a laissé quelques ouvrages, entre autres : Dismurs sur l'attentat commis par Damien contre la personne de Louis XV , Grenoble et Paris, 1757, in-4°; Dissertation sur les actes de l'assemblée du cleraé de 1765, en trois parties, Grenoble, 1767 et 1 768, ouvrage qui eut peu de succès, mais qui valut à l'au-

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teur un bref de Clément XIII. La ville de Grenoble fit l'acquisition de sa bibliothèque, qui se composait de vingt mille volumes, et fut ainsi ouverte au public.

Caumartin, nom d'une famille originaire du Ponthieu, et qui a donné a la magistrature française plusieurs personnages distingués.

Louis- Le fèvre de Caumartin, né en 1552, fût élevé, en 1622, à la dignité de garde des sceaux, après avoir été successivement intendant de Poitou et de Picardie, ambassadeur «n Suisse, conseiller d'Etat, et président du grand conseil. La prudence et les talents éprouvés de Caumartin, qui, bien que bègue , comme le dit Brantôme, fit voir dans mainte ambassade qu'il iï avait pas la langue empêchée, av ait décidé Louis XIII à le revêtir de la première magistrature du royaume.

Mais il n'en jouit pas longtemps , et il mourut en 1623, trois mois après sa nomination. Ses Mémoires et ses Lettres ont été déposés à la bibliothèque du roi.

Louis- François tefèvre de Caumartin, son 'petit-fils, intendant de Champagne, ne en 1624 , ami du cardinal de Retz , fut le conseil et même l'agent de ce prélat' pendant la guerre de la Fronde, où il joua un rôle assez important. Il mourut en 1687.

Ijouis-Lrbain Lefèvre de Caumartin , son fils , né en 1653 , fut successivement conseiller au parlement, maître des requêtes, intendant des finances et conseiller d'Etat. Digne élève du célèbre Fléchier, ce magistrat avait été Hé avec les hommes les "plus distingués du règne de Louis XIV, et se plaisait à raconter

« Kl tou* 1rs faits et tous 1* dits

Des grands hommes, des beaux esprits |

Mille charmantes bagatelles ,

Des chantons vieilles et nouvelles,

Kt les annales immortelle*

Des ridicules de Paris. »

Ces vers terminent le portrait que Voltaire, dans une de ses épîtres, a laissé de M. de Caumartin. Boileau a dit du même magistrat :

Chacun de l'équité ne fait pas son flambeau ? Tout n'est pas Cauuaartin, Bifnon et d'Agoeueaa:

et la postérité a ratifié ces éloges.

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Louis-Urbain de Caumartin mourut en 1720. C'est à lui que Ton doit la conservation des Mémoires du cardinal de Retz et de ceux de Jolv.

Jean - François - Paul - Lefèvre de Caumartin fut élevé sous les yeux du cardinal de Retz, son parrain, qui, avant de mourir, lui résigna un de ses plus riches bénéfices. Caumartin avait a peine vingt-six ans lorsqu'il fut reçu membre de r Académie française. Quel-

Ïues mois après, l'orgueilleux évéque e Noyon (Clermont-Tonnerre), étant entré ,* de par le roif dans cette docte société, Caumartin, chargé de présider à sa réception, lui adressa un discours qui fut pris par le public et par l'Académie elle-même pour une ironie fine et soutenue, où le directeur se moquait du récipiendaire en l'accablant de louanges. Aussi ce discours ne fut-il pas donné à l'impression.

V i h moins le roi lui en garda rancune, et l'abbé de Caumartin n'obtint un évêché qu'en 1717. il mourut en 1733.

Il était aussi associé honoraire de l'Académie des inscriptions.

Caumartin (Jacques-Étienne), fils d'un notaire de Chaions-sur-Saône, et né dans cette ville en 1769, était depuis longtemps maire de sa commune , lorsqu'en 1814 ses opinions politiques le firent destituer. Les électeurs du département de la Côte-d'Or, qui avaient, dans plus d'une circonstance, apprécié le noble caractère de M. Caumartin , le nommèrent à la chambre des députés en 1817. Il s'y montra constamment le défenseur dés libertés nationales, appuya l'amendement qui tendait à appliquer le jury au délit de la presse, et, à l'occasion de la discussion de la loi sur le recrutement, il énonça cette proposition , si neuve et si hardie pour l'époque : « Que la « Charte était de fait et de droit un « véritable contrat entre la nation et « le monarque; mais que celui-ci ayant • stipulé seul pour les deux parties, ce « que la Charte n'avait pas prévu de- « vait s'interpréter nécessairement en « faveur de la partie qui n'avait pas « été consultée dans la rédaction du « contrat. » Il avait été désigné, en

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1819, comme rapporteur de la commission chargée de présenter une proposition sur le sort des bannis; mais le ministère fit nommer à sa place un autre rapporteur. M. Caumartin n'en défendit pas moins la cause des bannis dans la séance du 17 mai. Depuis, il ne s'occupa plus que de matières de finances. Il est mort à Montpellier en

Caumont, Caledomons, Calvemontium, Castrum deCavo monte, ou de Caris montibus , bourg de l'ancien pays de Lomagne , en Gascogne , à vingt kilomètres de Montauban.

Caumont, petite ville de l'ancienne province de Guyenne, aujourd'hui du département de Lot-et-Garonne , à six kilomètres de Marmande. Bâtie sur une hauteur qui domine la Garonne, Caumont était autrefois importante par ses fortifications. Les réformés s'en emparèrent en 1 62 1 , et la perte de cette ville dérangea les desseins de Mayenne, occupé au siège de IVérac. Cependant , comme le gouverneur tenait encore dans le château, le fils du célèbre chef de la ligue accourut à son secours.

Pour pénétrer jusqu'à lui, il fallait enlever trois retranchements établis sur le penchant assez rapide du coteau. Le combat fut opiniâtre et meurtrier. Enfin, Mayenne repoussa les protestants, et entra dans le château. Dès lors , n'espérant plus conserver la ville , ils se retirèrent après avoir fait sauter l'église qui leur servait de grenier et de magasin à poudre. Pour augmenter la terreur que la prise de Caumont répandait dans la province, Mayenne fit démanteler la ville et le château.

Caumont, petite ville de l'ancien comtat Venaissin , aujourd'hui du département de Vaucluse, a huit kilom.

de Cavaillon. Le fief de Caumont était très-ancien. Il appartenait par indivis, au commencement du onzième siècle, aux comtes de Rarcelone et de Toulouse, qui se le partagèrent en 1125.

Depuis , la seigneurie de Caumont passa, avec le comtat, sous l'autorité du souverain pontife, qui la divisa entre plusieurs familles, dont les principales furent celles de Sabran et àtSeytres.

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Caumont la Force. Voyez Laforce.

Caunes , petite ville du haut Languedoc, au diocèse de Carcassonne, aujourd'hui du département de l'Aude.

Population, deux mille deux cent quarante-cinq habitants. Caunes était autrefois célèbre par une abbaye de bénédictins fondée , conformément aux ordres de Charlemagne, par Milan, comte de Narbonne. Ce monastère existait encore avant la révolution.

L'église seule subsiste aujourd'hui , et c'est un édifice fort remarquable.

Caunois, graveur en médailles, né à Bar- sur- Aube en 1783, est élève de Dejoux; il a obtenu, en 1813, le deuxième grand prix de gravure en médailles sur le sujet de Thésée découvrant les armes de son père. Il a exposé, depuis 1819, un assez grand nombre de productions en général remarquables. M. Caunois s'occupe aussi de sculpture.

Caus (Salomon de), l'un des hommes dont la France doit le plus s'honorer, naquit en Normandie vers la fin du seizième siècle, et y mourut en 1630, suivant l'opinion la' plus commune. Longtemps les Anglais ont attribué à l'un de leurscompatriotes, le marquis de Worcester, la découverte des propriétés de la vapeur comme force motrice ; M. Arago est le premier nui ait re>titué l'honneur de cette découverte à la France et à Salomon de Caus, à qui le marquis de Worcester n'avait fait

r l'emprunter. Nous n'entreprenns pas de refaire la savante notice de l'éloquent secrétaire de l'Académie des sciences; nous nous contenterons d'en citer ici quelques passages, en le félicitant d'avoir rendu à la France uue gloire que d'autres lui avaient injustement enlevée.

« Par une bizarrerie bien singulière, un homme que la postérité regardera peut être comme le premier inventeur de la machine à feu, n'est cité, dans l'histoire des mathématiques de Montucla, qu'a l'occasion de son Traité de perspective, et encore la citation n'estelle que de cinq mots. A peine a t-il aussi obtenu les honneurs d'un arti-

cle de quelques lignes dans les volumineux dictionnaires biographiques publiés de nos jours. La Biographie universelle le fait naître et mourir en Normandie. Elle dit qu'il habita quelque temps l'Angleterre, où il fut attaché au prince de Galles. Dans les Raisons des forces mourantes, Salomon de Oius prend lui-même le titre d ingénieur etçf architecte de Son A 'liesse Palatine Électorale. Cet ouvrage fut composé, je crois, à Heidelbtrg; il a été imprimé à Francfort. Ces trois circonstances ont fait supposer à quelques personnes que Caus était Allemand. Mais remarquons d'abord combien il serait peu probable qu'un Allemand eût écrit en français dans son propre pays. Ajoutons que, dans la dédicace au roi très-chrétien (Louis XIII), la formule suivante précède la signature: De f'otr* Majesté , le très obéissant subject; qu enfin, on lit dans le privilège, et ceci tranche tous les doutes : Notre bien aimé Salomon de Caus, maistre ingénieur, estant de PRESENT au service de nostre cher et bien aimé cousin le prince électeur palatin , nous a fait dire, etc...\ désirant gratifier ledict de Caus comme estant nostbe subject. etc. — Ainsi, Salomon de Caus était Français. »

« Salomon de Caus est l'auteur d'un ouvrage intitulé : les Raisons des forces mouvantes, avec diverses machines, tant utiles que plaisantes; cet ouvrage parut à Francfort en 1615.

Un y trouve , entre autres choses ingénieuses , que plusieurs mécaniciens ont présentées de nos jours comme nouvelles, un théorème ainsi conçu, sous le n° 5 : L'eau montera par aide du feu plus haut que son niveau.

Voici en quels termes Caus justifie son énoncé :

« Le troisième moyen de faire mon- « ter l'eau est par l'aide du feu , dont « il se peut faire diverses machines.

« J'en donnerai ici la démonstration « d'une:

« Soit une balle de cuivre marquée « A , bien soudée tout à l'entour, a la- « quelle il y aura un soupirail marqué

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« D, par où l'on mettra l'eau, et aussi « un tuyau marqué R < :, qui sera soudé « en haut de ia balle; et le bout C « approchera du fond sans y toucher; > après, faut emplir ladite Dalle d'eau « par le soupirail, puis le bien rebou- - cher et la mettre sur le feu; alors « la chaleur, donnant contre ladite « balle, fera monter toute l'eau par le « tuvau BC. »

« L'appareil dont je viens de transcrire la description est une véritable machine à vapeur propre à opérer des épuisements. Mais peut-être supposerait-on , si je me bornais au passage précèdent, que Salomon de Caus ignorait la cause de l'ascension du liquide par le tuyau B C. Cette cause , toutefois, lui était parfaitement connue, et j'en trouve la preuve dans son théorème premier, où , à l'occasion d'une expérience toute semblable, il dit que « la violence de la vapeur ( produite « par l'action du feu), qui cause l'eau « de monter, est pro venue de ladite « eau , laquelle vapeur sortira après • que l'eau sera sortie par le robinet « avec grande violence. » (Arago, Annuaire du bureau des longitudes de 1830)

Causons, ancienne seigneurie de la principauté d'Orange, à huit kilomètres d Orange (département de Vaucluse), érigéeen marquisat en 1667.

Causans (Jos.-L. Vincens de Mauléon de), gouverneur de la principauté d'Orange \ né à Avignon au commencement du dix-huitième siècle, fut l'un des hommes les plus singuliers de cette classe de fous qui prétendent avoir trouvé la quadrature du cercle.

Il raconte qu'étant simple officier aux gardes, il faisait couper une pièce circulaire de gazon, lorsque la solution du fameux problème lui vint subitement à l'esprit. Alors il annonça publiquement qu'il déposait chez un notaire trois cent mille francs, qui devaient appartenir à quiconque pourrait parvenir à lui prouver la fausseté de sa démonstration. Ce défi, on le pense bien, fut accepté par un grand nombre de personnes, et entre autres par une jeune fille, qui actionna le chevalier de

Causans au Châtelet; mais le roi fit arrêter la procédure et déclarer les paris nuls. Causans en appela à l'Académie des sciences, qui fut obligée de déclarer que sa démonstration était absurde depuis un bout jusqu'à l'autre.

Mais le malheureux ne se tint pas pour battu ; il écrivit à un M. de Vausenville , qui était dans le même cas que lui, pour aviser aux moyens d'obtenir le legs de cinquante mille mis fait par M. de Meslay en faveur de l'inventeur de la quadrature du cercle. Ce qu'il y a de plus bizarre dans la folie de Causans, c'est qu'il prétendait expliquer, par sa démonstration de la quadrature, les mystères du péché originel et de la Trinité. Il a laissé : 1° Prospectus apologétique pour la quadrature du cercle, 1753, m-4°; 2° Démonstration de la quadrature du cercle. 1754.

in-4- ; 3° Éclaircissement sur le péché originel.

Cause grosse.— On appelait ainsi une cause, quelquefois supposée, quelquefois aussi sérieuse et réelle, qu'on plaidait et jugeait avec pompe en plein parlement pendant les jours gras. On choisissait d'ordinaire une cause qui prêtât fort au scandale, et en cas d'insuffisance, les avocats y suppléaient de leur propre fonds. Les personnages obliges de ce drame burlesque étaient toujours un mari trompé, une femme infidèle, un amant heureux, qui se trouvaient en discussion sur leurs droits et devoirs respectifs, et venaient présenter leur cause en justice. Chacun des avocats expliquait à la barre les griefs de sa partie avec toute la liberté et toute la licence qu'autorisait le carnaval ; le ministère public développait ses conclusions et la cour rendait arrêt. Il est question dans les œuvres de deux graves magistrats , le président d'Expilly et le président Henrys, de deux causes grasses. Dans l'une, il s'agissait de savoir si l'enfant né le sixième mois après le mariage était légitime et s'il ne pouvait pas être désavoué par le mari. Le président d'Expilly, ayant porté la parole dans cette cause , nous a laissé son plaidoyer avec cette annotation : « Ce fut une cause

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grasse, où les advocats s es tendirent assez avant, selon le sujet et la saison, et un peu trop licencieusement, sur quoi nous prîmes la parole. »

Henrys, portant la parole dans une cause semblable, avait à traiter la question de savoir si un mari qui avait consenti une séparation de corps sur l'aveu de sa propre impuissance, pouvait revenir sur cet avpu pour réclamer à la fois et sa femme et une succession qui lui était échue. L'heureux possesseur de la femme délaissée était intervenant en cause. Après avoir tiré son exorde de la comparaison du mariage au jeu de trictrac , le grave magistrat suivit les détails de sa métaphore avec un bonheur d'expression qui dut souvent exciter les rires de l'auditoire, et probablement à la grande confusion du malheureux patient de cette exécution rabelaisienne.

Mais peu à peu ces jeux d'esprit , en «'éloignant des mœurs du temps, finirent par ne plus paraître aux gens sérieux qu'une dérision de la justice. Le premier président de Verdun , qui fut a la téte du parlement de 1611 à 1617, en abolit l'usage. Toutefois cette prohibition n'empêcha pas, à ce qu'il paraît , l'abus des causes grasses d'être renouvelé par la basoche, et l'on vit le président de Lamoignon user de son autorité toute- puissante pour les proscrire de nouveau. Mais l'arrêt qu'il fit rendre, le 18 février 1617, resta d'abord sans exécution, tant était invétéré au palais cet usage, que le temps seul put faire disparaître.

Causerie. — Le monde entend par causerie tout entretien familier où les idées s'échangent avec un agréable et piquant abandon, que l'esprit aiguise, que la sensibilité anime, mais d'où la contrainte et l'affectation sont bannies; qui peut aborder tous les sujets, mais à la condition de passer vite et légèrement sur tous, et de ne jamais disserter sur aucun. Tous les autres peuples de l'Europe sont d'accord avec nous, quant à la supériorité , disons mieux, à la spécialité de notre pays en fait de causerie. C'est une preuve de plus de l'état avancé de

notre civilisation ; car sans des mœurs éminemment sociales, sans une habitude particulière d'élégance, sans un langage parfaitement souple, cette aptitude ne se filt pas développée. L'Anglais, méthodique; l'Allemand, pesant ou rêveur; l'Italien, tantôt trop vif, tantôt nonchalant; l'Espagnol, trop prompt à se monter au ton de. l'emphase, ne sauraient nous disputer cet avantage. Eux-mêmes conviennent que les Français sont le peuple de la terre qui cause le mieux.

La causerie est une chose moderne dans l'histoire de nos mœurs. Au moven âge, la rudesse de la langue, méfange "irrégulier et confus de plusieurs idiomes, l'extrême simplicité des mœurs, s'opposaient à son développement. Sans doute, dans les châteaux , on devisait au coin du foyer.

Sans doute un entretien naïf s'engageait entre les dames et les chevaliers a la suite du récit d'un croisé sur la Palestine, ou de la légende contée par un clerc; mais ce n'était pas là la causerie : il y manquait la variété, la délicatesse; il y mauquait l'esprit, chose toute moderne. Mais lorsqu'au commencement du dix-septième siècle, la langue s'épura, se polit, s'assouplit, par les travaux de Malherbe et de Balzac , dont le succès avait été préparé par le génie de Rabelais et de Montaigne , lorsque les mœurs, dégagées des restes de la barbarie du seizième siècle , prirent une élégance dont la langue n'était que l'image, alors la société comprit le plaisir que l'esprit peut trouver dans l'usage rapide, familier, délicat, que la causerie fait de • la parole pour présenter toutes les idées et tous les sentiments avec une vivacité ingénue et une douce gaieté.

Mais d'abord , comme il arrive pour toute nouveauté, on alla jusqu'à l'excès. Éprise du charme de la causerie, la société en dépassa les limites. On apporta tant de soin dans les salons à

Iiarler avec élégance, le goût de la déicatesse devint si fort, que l'affectation froide, les calculs du bel esprit, la roideur empesée du purisme, régnèrent dans ces cercles d'élite, nés

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du perfectionnement des mœurs. Ce fut le temps de I hôtel de Rambouillet , ce fut le temps des précieuses et des éclatants succès de Chapelain et de Voiture. Bientôt le naturel ayant repris ses droits, et le gout de la délicatesse étant resté , on vit naître à la cour du grand roi , et dans les principaux salons de l'époque, ce mélange unique de grâce et de familiarité , de négligence et de saillie, de gaieté et de sensibilité, de bonhomie et de finesse, qui est la véritable, la parfaite causerie. Parmi les cercles du temps oui offraient ce caractère, il faut citer les salons de madame de la Favette et du duc de la Rochefoucauld. A la cour, madame de Montespan, madame de Thianges, leur frère , M. de Vivonne, portèrent le genre à une perfection que l'esprit des Mortemart put seul atteindre. Une autre femme de ce temps a écrit comme on causait alors : c'est madame de Sévigné.

Ce fut l'âge d'or de la causerie. Les roués de la régence n'avaient plus cette sensibilité qui en fait un des plus grands charmes. Bientôt aussi, dans la société du dix-huitième siècle , l'esprit plus brillant, plus épigrammatique , devint plus prétentieux. Bientôt il fut convenu que pour se distinguer dans le monde, il fallait dire sur tout des choses fines, et se moquer de tout avec des traits. On était arrivé à ce point de raffinement que produisent l'excès et l'abus de la civilisation. Une autre cause d'infériorité pour la conversation du dix-huitième siècle, comparée à celle du dix-septième, c'est la mode de philosopher qui s'introduisit avec les premiers écrits des libres penseurs. Le philosophisme envahit les salons, et avec lui arrivèrent le goût des analyses, la manie des dissertations, auxquels les femmes elles-mêmes n'échappèrent pas. C'est là le grief qui subsiste aux yeux du goàt contre ces femmes d'ailleurs si spirituelles, si dignes des éloges dont on les comblait : mesdames du Châtelet, de l'Espinasse, du Deffand. Les traditions du siècle précédent se conservèrent mieux peutêtre chez madame Geoffrio. et chez sa fille, madame de la Ferté.

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Enfin remise des secousses qui l'ont si longtemps ébranlée, et qui la troublaient trop profondément pour lais-* ser aux mœurs le calme et la douce élégance , éléments si nécessaires de la causerie, la société aujourd'hui revient de plus en plus à ce genre de plaisir si propre à l'esprit français. Mais les rangs ont été confondus : l'es classes ui ont eu si longtemps le privilège e la délicatesse et du bon ton ont été détrônées, et vont bientôt disparaître.

Ce qui domine maintenant, ce qui compose toute la partie supérieure de la société, c'est la bourgeoisie. L'éducation de cette bourgeoisie, dont l'avénement est d'hier, ne peut manquer de se faire; mais elle n'est pas encore faite. Aussi , dans la plupart de nos salons, on trouve plus de bon sens

Sue d'esprit, ou bien, plus d'esprit que e goilt, ou bien, plus d'idées que de souplesse à s'exprimer. Aussi est-il aujourd'hui bien difficile de bien causer, et est-ce à juste titre que l'on juge favorablement celui dont un juge compétent dit : Il cause bien.

Causeur (Jean), paysan breton, né au village de Lanfenot,"en 1638, mourut à Saint-Mathieu, près de Brest, en 1775, à l'âge de cent trente-sept ans.

C'est peut-être le plus curieux exemple de longévité que présente la France.

Causeur se maria à quarante ans ; sa femme avait quatre-vingt-seize ans lorsqu'il la perdit : il en eut quatre filles- et un garçon. Il mangeait beaucoup de laitage , et ne fit jamais excès de liqueurs spiritueuses. A cent vingt ans il se rasait encore lui-même, et allait à l'église entendre la grand'messe à genoux. Après avoir fait trois grandes maladies à différentes époques de sa longue existence, il mourut ou plutôt il s'éteignit sans douleur. Sa barbe avait été remplacée par un léger poil follet; ses yeux avaient presquedisparu.

Cadssade, petite ville de l'ancien Quercy, aujourd'hui du département de Tarn-et-Garonne, à deux myriamètres de Montauban : population', 4776 habitants. On ignore l'époque de l'origine de cette ville. Pendant la guerre des Albigeois, l'évéque du Puy lui fit payer une forte rançon. En 1562, Duras,

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chef d'un corps de protestants, la surprit et la détruisit presque entièrement, après avoir massacré les habitants qui refusèrent d'embrasser la nouvelle religion , et fait précipiter les ecclésiastiques du haut du clocher.

Après la Saint-Barthélémy, les vicomtes de Paulin et de Panât s'en rendirent maîtres et y mirent garnison.

Mayenne l'occupa en 1621 ; sept ans après elle fut reprise par les protestants, qui en relevèrent les fortifications et ne la rendirent qu'après la capitulation de Montauban.

Caussin (Nicolas, le Père), confesseur de Louis Mil , naquit à Troves en 1 583, entra chez les jésuites en 1 607, enseigna les belles-lettres à Rouen , à Paris, à la Flèche, et obtint, dans la chaire, des succès qui fixèrent sur lui l'attention de la cour. Le cardinal de Richelieu, mécontent du P. Gordon, confesseur du roi , jugea prudent de lui donner pour successeur le P.

Caussin , dont la bonhomie ne lui inspirait pas d'inquiétude. Les jésuites virent à regret cette nomination, et essayèrent, mais en vain, d'obtenir du nouveau confesseur qu'il ne se conduirait que d'après leurs conseils.

Après avoir rendu quelques services au cardinal et avoir fait cause commune avec lui pour éloigner de la cour mademoiselle de la Favette, dont l'influence auprès du roi "devenait menaçante , le P. Caussin voulut faire tomber le cardinal à son tour, et , dans ce but, noua des intrigues avec mademoiselle de la Fayette. Ses griefs étaient que Richelieu favorisait la circulation de divers écrits contre l'autorité du pape; qu'il entretenait le trou* ble dans l'Eglise; qu'il grevait le peuple d'impôts; qu'il soutenait les Hollandais rebelles contre leur souverain légitime; formait des alliances avec les Turcs contre les princes chrétiens, et avec les princes hérétiques contre les princes catholiques. Louis XIII lui proposa de soutenir ces accusations devant le cardinal, auquel il ne fut pas difficile de se justifier. La disgrâce du P. Caussin fut la suite de l'entrevue qui avait eu lieu devant le roi. Elle fut ainsi annoncée dans la Gazette de

France : « Le P. Caussin a été dis- « pensé par S. M. de la plus confesser « a l'avenir, et éloigné de la cour, parce « qu'il ne s'y gouvernoit pas avec la « retenue qu'il devoit, et que sa con- « duite étoit si mauvaise, qu'un cha- « cun , et son ordre même . a bien plus « d'étonnement de ce qu'il a tant de- «meuré en cette charge, que de ce « qu'il en a été privé. »

Dans les lettres qu'il écrivit pour sa défense à son général , le P. Caussin attribue sa destitution au refus de révéler certaines confidences de son royal pénitent , et aux scrupules qu'il avait fait naître dans sa conscience sur sa conduite envers la reine mère, alors retirée en pays étranger; et il reproche à ses confrères de 1 avoir abandonné au ressentiment du cardinal ; ils s'opposèrent cependant à son départ pour le Canada. Il mourutà Paris, en 1651, après quatorze jours de cruelles souffrances qu'il appelait un bain de délices , en comparaison de tout ce qu'il avait souffert à la cour.

On a de lui quelques ouvrages, entre autres une Apologie pour les religieux de ta compagnie de Jésus, dont il partagea toujours les principes ultramontains ; ce qui ne contribua pas peu à sa disgrâce.

Caussin de Percbval ( Armand- Pierre), fils du suivant, né à Paris, en 1795, fut envoyé, en 18 14, comme élève interprète à Constantinople, et quitta cette ville en 1817, pour parcourir la Syrie. Après avoir passé une année parmi les Maronites du mont Liban , il parcourut les principales villes de la côte et de l'intérieur du pays , et remplit ensuite, à Alep, les fonctions de drogman. De retour à Paris, M. Caussin fut nommé, en 1822, professeur d'arabe vulgaire à l'école royale des langues orientales vivantes ; et , en 1824. il reçut le titre d'interprète arabe du ministère et du dépôt de la guerre. On a de lui : Précis historique de la guerre des Turcs contre les Russes , pendant les années 1769 a 1774, tiré de l'historien turc Vassif-Effendi , Paris, 1822, in-8°; 2° Grammaire arabe vulgaire, Paris, 1824, in-4°.

Caussin de Peecbyal (Jean-Jac-

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ques- Antoine»), orientaliste, né àMontdidier, le 24 juin 1759, vint jeune à Paris , où il apprit la langue arabe au collège de France, sous Cardonne et Deshauterayes; il obtint la chaire d'arabe, en 1783, après la retraite de ce dernier. En 1787, il succéda à son oncle Bejot, dans la place de canlu des manuscrits orientaux de la bibliothèque du roi , et la conserva jusqu'à l'époque du (OaoïH 1792. Le ministre Roll.uid la lui ôla alors, et depuis, elle ne lui fut point rendue. Nommé membre de la troisième classe de l'Institut, en 1809, il fit partie de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, depuis le 21 mars 1816. Il a publié : 1* f Expédition des Argonautes, ou la Conquête de la Toison d'or, poème en quatre chants, par Apollonius de Rhodes, traduit, pour la première fois, du grec en français, Paris, 1796, in-8°; 2" Histoire de ta SicUe sous ta domination des Musulmans, par Howaïri, traduit de l'arabe en français, Paris, 1802, in-8-; 3° Suite des Mille et une nuits, 2 vol. in- 12; 4* Tables astronomiques d'El-Younis, traduit de l'arabe, Paris. 1810, in-4°:

5° divers Mémoires, imprimés dans le recueil de l'Académiedes inscriptions.

On lui doit aussi des éditions soignées de quelques textes arabes, savoir : 1* les Cinquante séances de llariri, Paris, 1818, in 4°; 2° les Fables de Lokman, ibid., 1818, in-4° : c'est la meilleure édition de ce fabuliste; 3° les Sept Moallakals , in-4°; 4° les 7*rof* premiers chapitres du Coran, etc.

M. Caussin est mort au mois de juillet 1836, professeur au collège de France.

Une notice sur lui. composée par M.

Daunou, a été lue dans la séance annuelle de l'Académie des inscriptions, le 25 septembre 1840.

Cautf.rets, bourg du département des Hautes-Pyrénées, devenu célèbre par les sources d'eaux thermales qui jaillissent de sa vallée. D'antiques constructions de bains trouvées à l'orient de Cauterets font croire que ces sources étaient connues et fréquentées des Romains. Ce qui est certain, c'est que le bourg doit sa naissance à une

corporation de cénobites bénédictins, réunis à Saint-Savin parCharlemagne.

Caution et Cautionnement féodal. V. Pleige et Pleigerie.

Cautionnement. — Les employés des fermes étaient assujettis, avant la révolution , à des cautionnements que divers arrêts du conseil des 30 avril 1750, 16 septembre 1760, 3 mars 1761, 26 décembre 1762, 8 mars 1 77 1 et 17 février 1779, avaient soumis à différentes règles. Toutes les dispositions établies par ces arrêts devinrent sans objet, lorsque les anciennes compagnies de finance furent supprimées; et, en conséquence, il fut rendu, le 22 septembre 1791, une loi pour le remboursement de tous les cautionnements des employés, comptables et non comptables , de la ferme et de la régie générale.

Une loi du 14 pluviôse an h , confirmée par une autre du 7 floréal suivant, avait ordonné qu'il ne serait pas exigé de cautionnement des receveurs des deniers publics; mais une nouvelle loi du 15 germinal an iv révoqua cette disposition , quant aux receveurs des contributions directes des départements , auxquels une autre loi du 6 frimaire an vin imposa l'obligation de fournir un cautionnement en numéraire, dont le versement devait avoir lieu à la caisse d'amortissement.

La loi du 7 ventôse an vin assujettit à la même obligntion les régisseurs, administrateurs et employés des régies et administrations de I enregistrement, des douanes, des postes, de la loterie et les notaires. Par la suite, plusieurs lois, dont nous croyons inutile de rapporter les dates, assujettirent également les greffiers, les avoués, les huissiers , les paveurs du trésor public, les commissaires priseurs, les agents de change, les courtiers de commerce, les percepteurs des contributions directes dans les communes, les receveurs des hospices et autres établissements de charité, les directeurs, les entrepreneurs et débitants des manufactures royales; enfin, tous ceux qui, par profession, sont chargés des intérêts de l' État et de ceux des particuliers , et les journaux, bien

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qu'ils n'aient aucun maniement de fonds. Aux termes de l'art. 23 de la loi du 25 ventôse an xi, sur le cautionnement des notaires, ce cautionnement doit être spécialement affecté à la garantie des condamnations prononcées contre eux par suite de l'exercice de leurs fonctions. Cette disposition a été, par la loi du 25 nivôse an xin, étendue aux cautionnements fournis par les agents de change, les courtiers de commerce, les avoués, les grefliers, les huissiers et les commissaires priseurs.

Celui des journaux n'a pas d'autre but.

Cauvet (Gilles-Paul), sculpteur et architecte, naquit à Aix en 1731, et mourut à Paris en 1788; il s'appliqua surtout à la sculpture d'ornement , et composa un grand nombre de dessins, d'arabesques, de frises, de portes, de galeries, de vases, de pendules, etc.

« Tout n'est pas pur dans les ouvrages de cet artiste, a dit M. Émeric-David, mais tout s'y montre bien supérieur à ce qui s'exécutait avant lui , et même de son vivant : il réformait la branche des arts à laquelle il s'était appliqué , bien avant l'époque où nos grands maîtres ont épure le style de la peinture. : . . On peut le regarder comme le premier artiste français qui ait banni de la décoration des* appartements le genre vicieux appelé la rocaille, et substitué à ces formes maniérées des ornements d'un goût simple et noble, imités de l'antique. »

Cauville, l'un des commissaires de la fédération des faubourgs Saint- Antoine et Saint-Marceau , signa , en cette qualité, le pacte du 10 mars 1815, qui fut afûché dans Paris avec l'approbation de l'empereur. Le 15 mai , il présenta à Napoléon l'adresse des fédérés qui commençait ainsi : « Nous « avons reçu les Bourbons avec indifo f ère n ce et froideur, parce qu'ils « étaient devenus étrangers à la Fran- « ce, et cme nous n'aimons pas des rois «imposes par l'ennemi. Nous vous « avons accueilli avec enthousiasme , « parce que vous êtes l'homme de la « nation, le défenseur de la patrie, etc.; «nous venons vous offrir nos bras, « notre courage et notre sang... Vous

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« triompherez, nous en avons l'assu- « rance ; oui , nous vous devrons la li- « berté avec le bonheur, et la France « vous chérira comme un bon roi , « après vous avoir admiré comme le « plus grand des guerriers. »

Caux ( pays de ), Caletensis Ager, partie de l'ancienne Normandie , bornée au nord et à l'ouest par la Manche, à l'est par le pays de Bray , au sud-est par le Vexin normand, et au sud par la Seine.

On croit que ce pays a pris son nom de ses anciens habitants , désignés dans César sous le nom de Caletes , et dont la capitale était Juliobona , aujourd'hui Lillebonne. Le pays de Caux n'a jamais eu de seigneurs particuliers. Il a toujours suivi le sort de la Normandie.

C\ux de Blacquetot, nom d'une famille qui a fourni à i'Ktat plusieurs ingénieurs distingués.

Pierre-Jean de Caux de Blacquetot, né à liesdin, en 1720, était parvenu au grade de maréchal de camp, et occupait la place de directeur des fortifications, lorsqu'il prit sa retraite en 1791 ; il mourut Tannée suivante.

Son frère, Jean-Baptiste de Caux db BLACQUETOT,néà Montreuil-sur-Mer, en 1723 , assista à la bataille de Fontenoy , aux sièges de Tournay , de Munster, de Diflinbourg, et de Ziegenheim, et dirigea, en 1761 , la belle défense de Cassel. La paix conclue, il continua de servir, et rendit , comme ingénieur , d'importants services. Il était, au moment de la révolution, lieutenant général et inspecteur des fortifications. Se voyant alors privé de ces fonctions, il se retira en Westphalie, où il mourut sur la On de 1793. Louis-Victor de Caux de Blacquetot, son fils, né à Douai, en 1775, fut admis en 1792 à l'école du génie de Mézieres, et nommé lieutenant l'année suivante. Destitué bientôt après , à cause de sa qualité de noble , il fut réintégré, en 1795 , avec le grade de capitaine, et fait chef de bataillon en 1799. Il joignit alors l'armée du Rhin, fit avec elle les campagnes de 1800, 1801, s'y distingua plusieurs fois, fut

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