‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 43 sur 88 · AV · texte numérisé non relu

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chargé de la direction du génie au corps de gauche, puis à celui du centre, et il montra dans ces fonctions autant d'habileté que dans la détermination des conditions de l'armistice de Pafïsdorf qu'il avait réglées avec Je comte Bubna. Cependant il quitta bientôt après le service actif pour être employé au ministère de la guerre. Les Anglais menaçant Anvers, de Caux fut chargé , dans cette ville, de la direction de son arme; il pressa, multiplia les travaux , et eut bientôt cinq a six cents pièces en batterie.

Nommé colonel après cette campagne, il fut fait, au retour des fiourbons, maréchal de camp, conseiller d'administration militaire et inspecteur des fortifications.

Caux (Gilles de), littérateur et poète dramatique, né près de Baveux, en 1682, descendait du grand Corneille , par sa mère. Il mourut en 1733. On a de lui entre autres productions : Mari us , tragédie représentée en 1715, et qui fut attribuée au président Hénault.

Cavagnes. Voyez H moi km mît.

Cavagnole , ancien jeu de hasard qui nous a été apporté de Gênes, vers Je milieu du dix-huitième siècle. Les Génois l'appellent cavajola, mot qui signifie nappe ou serviette. Ce jeu se jouait avec de petits tableaux à cinq cases, qui contenaient des figures et des numéros. Comme au loto, chacun tirait les boules à son tour. Voltaire parle de ce jeu dans les vers suivants :

On croirait que le jeu console; Mais l'ennui vient a pa> comptés , A la table d'un emragnote S'asseoir entre deu» majestés.

Cavaign ac (Godefroy), fils aîné du conventionnel, a pris une part glorieuse à la révolution de juillet. L'intrépidité qu'il déploya dans les trois journées lui mérita les suffrages de ses concitoyens, et lors de la réorganisation de la garde nationale , il fut nommé capitaine d'une compagnie d'artillerie.

Godefroy Cavaignac a joué un rôle important dans les journées de juin et d'avril. Enveloppé dans les con-

damnations qui en furent la suite, il parvint à s'échapper de Doulens et se réfugia en Angleterre. Quelque jugement que l'on porte sur ses opinions, il n'y a qu'un avis sur la loyauté de son caractère et la sincérité de" son patriotisme.

Cavaignac (le vicomte Jacques- Marie), frère du conventionnel, est né à Gordon, en 1773. 11 servit avec distinction dans les armées de la république et de l'empire, et se signala particulièrement au passage du Tagliamento , pendant la retraite de l'armée d'Italie, sous les ordres de Moreau, au passage du Splugen et du Garigliano. A la bataille d Austerlitz , Napoléon le nomma commandant de la Légion d'honneur.

En 1806, il passa avec son frère au service du roi de Naples , et s'y comporta d'une manière très - brillante.

Joachim Murât ayant résolu de faire une descente en Sicile , lui confia le commandement de l'un des trois corps de son armée; mais Cavaignac seul opéra son débarquement sur les côtes siciliennes. Les autres corps de l'armée napolitaine , retenus par les vents, ne purent le suivre, et l'on fut forcé de le rappeler. Cependant son retour devenait fort difficile; il était pressé d'un côté par la flotte anglaise, et de l'autre par les troupes de terre. Les barques sur lesquelles la division napolitaine avait été transportée mettaient déjà à la voile pour Reggio; le général Cavaignac, autant par ses exhortations que par ses menaces , arrête le départ de la plupart d'entre elles, fait rembarquer .sa division , monte dans la dernière barque, et parvient , en passant sous le feu de l'ennemi, et a la vue des, deux armées, à descendre sur les côtes de Calabrc sans avoir perdu un seul bâtiment. Le roi de Naples, témoin de cet heureux retour, embrassa le général Cavaignac, le félicita dans les termes les plus flatteurs , et le nomma son premier aide de camp. Il quitta ensuite Naples avec son frère et rentra dans les rangs de la grande armée, en qualité de général de brigade. Chargé du commandement

de la cavalerie du 11e corps, il pro- surgées. Nommé membre du Conseil tégea la retraite de Moscou , et s en- des Cinq-Cents, lors de la réélection ferma dans la place de Dantzig avec des deux tiers , il en sortit peu de dix-huit cents hommes qui lui rcs» temps après par décision du sort. Citaient, et qui concoururent avec les vaignac fut alors forcé pour vivre, autres troupes de la garnison à soute- d'accepter un modeste emploi de recenir le siège de cette ville. La place veur aux barrières de Paris ; il devint capitula enfin, mais les alliés ne tinrent ensuite administrateur delà loterie, aucune des conditions qui avaient été et fut enfin nommé, après la paixd'Asouscrites, et Cavaignac fut envoyé miens, commissaire général des relaà Kiow comme prisonnier de guerre, tions commerciales à Maskate, dont Il rentra cependant bientôt après en le souverain réclamait depuis long- France, et fut successivement nommé temps un agent français. Il se rendit, lieutenant général , chevalier et corn- par l'île de France et Pondichéry, dans mandeur de Saint-Louis, baron de ce port de l'Arabie; mais déjà la "guerre Baragne , vicomte, et enfin inspecteur avait recommencé entre les Français général de cavalerie. et les Anglais , et l'influence que ceux- Cavaignac (Jean-Baptiste), mem- ci avaient acquise à Maskate empêcha bre de la Convention et du Conseil le commissaire français d'y être admis, des Cinq-Cents, naquit à Gordon, dé- A son retour en Kurope, Cavaignac partement du Lot, en 1762. Aprèsavoir suivit son frère dans le royaume de exercé les fonctions d'avocat au parle- Naples, où il fut chargé d'organiser ment de Toulouse, il était devenu l'administration de l'enregistrement et administrateur du département de la des domaines. Murât le nomma ensuite Haute-Garonne, lorsqu'il fut envoyé conseiller d'État; mais lorsqu'un dépar ce département à la Convention cret impérial rappela dans leur patrie nationale. Il y vota la mort de Louis les Français employés au service dele- XVI, et fut ensuite chargé d'une mis- tranger, il se démit de tous ses emplois sion à l'armée des côtes de l'Ouest, où il et rentra en France. Nommé , pendant montra beaucoup d'énergie et de cou- les cent jours, préfet de la Somme, il rage. De retour a la Convention, il en fut à la seconde restauration atteiut fut bientôt éloigné par une nouvelle par la loi dite d'amnistie et fut forcé mission à l'armée des Pyrénées-Occi- de s'expatrier II se retira alors à dentales, aux premiers succès de la- Bruxelles, où il mourut en 1829. quelle il contribua*. Cependant sacon- Cavaignac (Louis-Eugène), second duite ne fut pas alors exempte de fils du précédent, lieutenant - coioblâme, et des plaintes nombreuses ar- nel, commandant le régiment des rivèrent contre lui à la Convention, zouaves , est né à Paris le i 5 octobre Mais à son retour, il se rangea du côté 1802. Apres avoir terminé ses études des thermidoriens, et ce fut peut-être au collège de Sainte-Barbe, ilfutadmis cette politique qui le sauva. Unetroi- à l'école polytechnique; puis entra, sième mission lui fut ensuite confiée; comme élève sous-lieutenant du génie, envoyé près de l'armée de Rhin et Mo- à l'école d'application de Metz , et fut selle, il s'y conduisit en administrateur placé, en 1824, dans le 2e régiment du habile et en soldat intrépide. Il était de- génie. Il y devint successivement lieupuis peu à Paris , lorsque éclata le mou- tenant en second le 1 tr octobre 1 826, et vement insurrectionnel du premier lieutenanten premier le I2janvier 1827, prairialan m. On lui confia la direction et fit, en 1828, la campagne de Morée, de la force armée; mais il ne put em- où il remplit les fonctions de capitaine

Îêcher l'envahissement de la Conven- en second. Il fut nommé, le l,r ocion, et il manqua d'être assassiné, tobre 1830, capitaine dans le même ré- Au 13 vendémiaire an iv, il fut ad- giment.

joint à Barras, et contribua au triom- A son retour de l'expédition de

phede l'Assemblée sur les sections in- Morée, il se trouvait en garnison à

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Metz, lorsque parut, en 183 1,1e projet d'association nationale. Cavaignac tut l'un des premiers signataires de cet acte. Mais le gouvernement n'approuva point les nobles sentiments des citoyens qui consacraient ainsi leur fortune à la défense du pays. Le capitaine Cavaignac fut mis en non-activité. Rappelé au service en 1832, U fut dirigé sur Bone , où il trouva , en arrivant , une lettre de service pour se rendre à Alger. De cette dernière ville , U fut envoyé à Oran , où il contribua aux travaux de casernement et de défense de la place , et à l'établissement de la belle route de Mers-el Kebir. Le 3 juillet 1833, il fut nommé chevalier de la Légion d'honneur.

A l'armée d'Afrique , le capitaine Cavaignac trouva plusieurs fois l'occasion de se faire remarquer; mais aussi modesle que brave, jamais on ne le vit faire valoir des services qu'il ne considérait que comme l'accomplissement rigoureux de ses devoirs.

Après le succès de l'expédition de Mascara , à laquelle ce brave oflicier avait pris part, le maréchal Clause!

voulut proliter, pour s'emparer de Tiemcen , de la présence des nombreux renforts qui avaient été envoyés à Oran. Le 8 janvier 1836, un corps expéditionnaire quitta les muts de cette ville, et arriva, le 13, à Tiemcen, ayant parcouru une route d'environ quarante lieues sans qu'on eût eu à déplorer la perte d'un seul homme, sans avoir eu un seul blessé , sans même qu'un seul coup de fusil eût été tiré. L'armée resta vingt-cinq jours à Tiemcen ; et , pendant ce temps , plusieurs colonnes furent envoyées sur différents points.

Enfin, le maréchal Clausel songea à rentrer à Oran ; mais, ayant résolu de laisser une garnison française au Méchouar, il demanda des hommes de bonne volonté pour la former. La position était périlleuse : enfoncée dans les terres , à l'extrémité ouest de l'Algérie, non loin des frontières du Maroc, à une distance considérable de tout secours; entourée de Cabaïles entreprenants et belliqueux , la garnison , ainsi isolée, devait se suffire à elle-

même, et ne compter que sur ses propres ressources. La grandeur du danger ne fît qu'enflammer davantage le courage de nos soldats , et des centaines de braves se présentèrent. Parmi eux se trouvait le capitaine Cavaignac.

Ce fut lui que le maréchal nomma commandant supérieur du Méchouar et des cinq cents volontaires pris dans tous les corps de l'armée expéditionnaire. Le gouverneur général donna alors au capitaine Cavaignac le titre de chef de bataillon provisoire; il fit distribuer cinq cents fusils à ceux des coulouglis qui manquaient d'armes; et , après avoir laissé une certaine quantité d'approvisionnements dans la forteresse du Méchouar, il quitta Tiemcen le 7 février pour revenir à Oran.

Dès ce moment , le brave Cavaignac fut livré à lui-même; dès ce moment aussi ses actes révélèrent un homme fait pour exercer un commandement supérieur. Avec des ressources presque nulles , il établit des hôpitaux , des ateliers en tout genre, des casernes, et perfectionna les moyens de défense du Méchouar.

Plusieurs ravitaillements de la garnison de Tiemcen eurent lieu successivement; en I83G, le général Bugeaud conduisit deux fois dans cette placedes approvisionnements en blé ; mais ces ressources étaient bientôt épuisées; et à peineuneexpéditionétait-ellede retour, qu'il fallait songer à en entreprendre une nouvelle. Aussi , vers la fin de novembre, un nouveau ravitaillement était- il devenu indispensable; car, malgré la riche capture de bœufs que Cavaignac avait faite dans une de ses nombreuses excursions contre les tribus hostiles , il n'en était pas moins dans la dernière pénurie d'autres objets. En effet, a partir des premiers jours de septembre, la garnison avait été réduite aux trois quarts de la ration de pain. En octobre et en novembre, on n'avait pu distribuer que du pain d'orge fait avec de la farine non blutée, et seulement à raison de huit onces par jour à chaque homme. Aussi la détresse avait-elle atteint son dernier période, malgré l'abondance de

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viande fraîche dans bquelle on se trouvait , et malgré les ressources de détail que l'intelligence de Cavaignac , son activité et sa foi à la noble mission qu'il avait acceptée» avaient créées. Le 23 novembre, un corps expéditionnaire partit d'Oran , et remit , le 28 du même mois , à la garnison de Tlemcen , un approvisionnement de blé et de riz pour cent onze jours, et quatre-vingt mille francs en espèces. Cavaignac continua à exercer son commandement avec succès : attaqué plusieurs fois par des troupes nombreuses, il parvint non-seulement à les repousser, mais encore il occasionna aux Arabes des perles si considérables qu'il les obligea enfin à s'éloigner de la place.

Vers la fin de mai 1837, un nouveau ravitaillement fut amené ; la garnison fut relevée par un bataillon du 47e régiment de ligne , et Cavaiçnac fut remplacé par le chef de bataillon Menonville. Pendant l'accomplissement de sa pénible et glorieuse mission, Cavaignac avait su conquérir l'estime et l'affection de ses troupes, et il emporta, en quittant Tlemcen , les regrets de tous les habitants.

Malgré les services signalés que Cavaignac et les officiers sous ses ordres avaient rendus pendant cette longue occupation , le gouvernement se montra peu empresse de confirmer les grades provisoires qui avaient été donnes par le maréchal Clausel , et il ne fallut rien moins que la chaleureuse insistance du général Bugeaud pour que justice fut enfin rendue à ceux qui l'avaient si bien méritée. Une ordonnance du 20 mars 1837 créa un troisième bataillon de zouaves , dont le noyau fut formé par les officiers, sous - officiers et soldats des volontaires de Tlemcen. Le 4 avril suivant , Cavaignac fut promu au grade de chef de bataillon , et conserva le commandement de ses braves compagnons d'armes. Mais, appelé en France pour y régler des affaires de famille , il se vit forcé de les quitter momentanément; et, pendant son absence, son bataillon fut envoyé à Alger, pour y être incorporé dans le ré-

giment dont il devait désormais faire partie. A peine rentré de son congé, il fut forcé, par le mauvais état de sa santé, v de quitter le sol de l'Afrique, et de demander à être mis en non-activité pour infirmités temporaires, ce qui lui fut accordé. A peine rétabli , il demanda à reprendre son service, et fut nommé au commandement du 2e bataillon d'infanterie légère d'Afrique. Il servit avec la même distinction à la téte de ce corps qui , connaissant la réputation d'habileté et de bravoure de son nouveau chef, lui accorda , dès le premier jour, toute sa confiance.

Un acte de piraterie , commis par les habitants de Cherche!! envers un navire français, ayant nécessité un châtiment exemplaire , le maréchal gouverneur général dirigea contre cette ville une expédition dont fit partie le 2' bataillon d'infanterie légère d'Afrique, commandé par Cavaignac.

Le corps expéditionnaire, parti de Blida le 1 2 mars 1 840 , entra sans coup férir à Chercbell le 15 du même mois.

Après être resté quatre jours dans cette place, le maréchal retourna à Blida, et laissa, pour garnison à Cherchell, le 17* régiment d'infanterie légère et le 2e bataillon d'Afrique avec quelques soldats du génie. Le 20 avril, le 17 léger quitta cette ville pour se rendre à Alger, où il devait faire partie de la nouvelle expédition qui se préparait.

Cavaignac resta donc avec son seul bataillon pour défendre la place. Aussi les Arabes, persuades que la faiblesse de la garnison leur permettrait de se rendre facilement maîtres de la ville, vinrent, dès le 21, l'attaquer avec fureur; mais ils furent vigoureusement repoussés. Le 22, une nouvelle attaque fut tentée avec tout aussi peu de succès , grâce à l'activité et au courage du commandant, qui ne cessa jour et nuit de se trouver partout , et de soutenir par son exemple le courage des soldats. Les journées suivantes se passèrent assez tranquillement; néanmoins on continua à se tenir sur ses gardes , et on tirailla chaquejour aux avant-postes.

Mais le 27, vers le soir, une masse

considérable d'Arabes, sous le corn- truite, mais il paraît certain qu'elle mandement de Ben-Arrach, s'appro- fut rebâtie dès le temps de la dominacba de la ville; et, depuis ee moment tion romaine , au bas du rocher, à jusqu'au 2 mai, ce ne turent que com- l'endroit occupé par la ville moderne, bats et attaques continuelles constam- Les Romains y établirent une colonie ment repoussées nar les braves de la qu'ils favorisèrent beaucoup à cause garnison de Chercnell. Dans le combat de son port sur la Durance. Ce port, qui fut livré le 29, Cavaignac reçut une qui était alors très-commode, fut déballe dans la cuisse. Heureusement truit plus tard pur les inondations de cette blessure ne fut point assez grave la rivière. Les restes d'antiquités qui pour le forcer à quitter le champ de attestent le long séjour des Romains Bataille: mais le sentiment de crainte en ce lieu, consistent en un grand qui se manifesta parmi les troupes nombre de médailles que Ton y déen apprenant ce fâcheux événement, couvre encore tous les jours, en quelsuffit pour prouver toute la conflanoe ques statues ou tombeaux , et en qu'avaient inspirée à la garnison le un fragment d'arc de triomphe , qui, caractère, la bravoure et les talents vraisemblablement , date du temps de leur commandant. Dans cette lutte d'Auguste. La partie inférieure de disproportionnée, et dont les heureux cet arc est cachée sous la terre jusrésultats furent entièrement dus aux qu'à la corniche de l'archivolte (Vov. bonnes dispositions de Cavaignac, les la planche 83). De la domination Arabes éprouvèrent des pertes consi- des Romains , Cavaillon passa sous derables. celle des barbares; elle resta, pen-

Le 21 juin suivant, les services de dant près d'un siècle, au pouvoir

Cavaignac reçurent enfin leur récom- des premiers rois de Bourgogne , fut

pense. Nomme alors lieutenant-colo- ensuite soumise aux Francs, et appar-

nel, commandant le régiment des zoua- tint successivement aux comtes d Ar-

ves, il continue depuis, à la téte de les et de Provence et «î ceux de Tou-

ce corps, sa carrière de gloire et de dé- louse. Enfin, elle tomba , comme le

vouement. Il est maintenant à Médéah, reste du comtat Venaissin , sous la

avec son brave régiment; et il y sou- puissance du saint-siége. Avant la

tient dignement la brillante réputation réunion de cette province à la France,

que ses premiers faits iL'armes lui ont la juridiction civile de Cavaillon était

acquise. partagée entre l'évéque et la chambre

Cavaignac est un homme modeste, apostolique, à laquelle était réservé

instruit, ferme, brave jusqu'à la té- le jugement des causes criminelles,

mérité. Dans les campagnes qui vont Au reste , l'évéque prêtait hommage

s'ouvrir, il trouvera, nous n'en doutons au pape pour la moitié de la ville. Le

pas , l'occasion de signaler de nouveau gouvernement v fut longtemps exercé

son dévouement à la France, et de dé- par cinq consuls qui furent plus tard

veloppersur une plus grande échelle les réduits à deux. Cette ville est aujour-

talents militaires qui le distinguent. d'hui l'un des chefs-lieux de canton

CAVAiLLON,Co6e///o, ancienne ville du département de Vaucluse. Sa po-

du comtat Venaissin, à deux myriam. pulation est de six mille neuf cent

cinqkilom. d'Avignon. C'était,avant les onze habitants.

f premières conquêtes des Romains dans Cavale. — Dans les temps héroï-

es Gaules, unedes principales villes des ques de notre histoire , c'est-à-dire,

Cavares , et les Marseillais y avaient dans les siècles chevaleresques, une

établi un comptoir et des marchés. Elle cavale, aussi bien qu'un cheval que le

s'élevait alors sur la montagne du Ca- fer avait mutilé , était une monture

veau, comme le prouvent les fondations déshonorante affectée aux roturiers,

d'une forteresse et des restes de murs et à laquelle on condamnait, comme

qu'on y voit encore. On ignore l'épo- à la punition la plus humiliante qui pût

que ou cette ancienne ville fut dé- être infligée, un chevalier qu'on avait

T. iv. 21e Livraison. (Dict. encycl., etc.) 21

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de maître . dont on se servait encore peu u'années avant la révolution pour désigner un cavalier , fut sans doute consacrée à l'époque où riiomme d'armes marchait accompagné de ses satellites, comme un maître de ses valets. Chaque régiment était commandé par un mestre de camp ou colonel, un lieutenant colonel, un major, et chaque compagnie avait un capitaine, deux lieutenants et un cornette. On créa plus tard , dans ces régiments, une compagnie de mousquetaires et une compagnie decarabiniers, ces compagnies furent réunies en régiment en lè36, et donnèrent naissance à un régiment de mousquetaires à cheval ; et en 1640 et 1643 , à deux régiments de fusiliers à cheval.

La cavalerie française , qui avait combattu en haie jusqu'au règne de Henri II, commença dès lors à se former sur plusieurs rangs; mais cet ordre de bataille n'était qu'éventuel, et ce n'était qu'au moment décharger (ju*on réçlait le nombre des rangs qui devaient composer l'escadron.

A mesure que les hommes d'armes

Ïierdirent de leur importance , la cavaerie légère en acquit davantage, et l'on créa, dès le règne de Henri 11 , les charges de colonel général et de mestre de camp général de la cavalerie légère qui subsistèrent jusque sous le règne de Louis XV.

Dans les guerres de religion , sous la régence de Catherine de Médicis, on vit apparaître dans nos armées une cavalerie allemande sous le nom de reltres. Montluc dit que c'étaient d'excellents soldats. Quelques-uns servirent dans l'armée royale , mais la plupart furent envoyés par les princes protestants de l'Allemagne an secours de leurs coreligionnaires. Palma Cayet dit, dans ses mémoires , que ces cavaliers étaient plus à charge à leurs amis

Sue funestes à leurs ennemis ; cepenant on s'en servit en France jusqu'au règne de Louis XIU , époque ou ils furent enrégimentés.

Si l'on en croit le P. Daniel , les premiers arquebusiers à cheval furent créés sous Henri II. Mais ces trou-

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pes dégénérèrent rapidement ; leur nombre fut considérablement diminué sous Henri IV ; et il paraît qu'elles furent entièrement supprimées après le siège de la Rochelle. Cependant cette suppression semble n'avoir été que momentanée, caron retrouvebientôtaprès quelques régiments d'arquebusiers à cheval, sous le nom de dragons, et entre autres le régiment de Richelieu, dont la force était de douze cents hommes.

Lorsque Louis XIV monta sur le trône, la guerre d« trente ans avait apporté quelques améliorations dans les détails de l'organisation de l'armée. La profondeur des escadrons était alors fixée à trois rangs; la cavalerie avait été allégée , et les armes à feu étaient mieux appréciées. La gendarmerie n'avait plus des anciennes armures que le casque , la cuirasse et les gantelets. Peu a peu même ces armes défensives furent entièreremenl supprimées , et , en 1762, il restait à peine un vestige des anciens hommes d'armes; un seul régiment conservait encore la cuirasse. Après la paix des Pyrénées, en 1659, tous les autres corps de cette arme avaient été réunis sous le nom de gendarmerie. La gendarmerie de France se composa alors 1° des compagnies de la maison du roi, qui consistait en quatre compagnies de gardes du corps, une compagnie de aendarmes de ta garde et une de chev au ~ légers ; 2° de seize compagnies désignées sous le nom de petite gendarmerie ou gendarmerie de Lunéville. Ces seize compagnies étaient divisées en huit escadrons qui , en temps de guerre, faisaient ordinairement brigade avec la cavalerie de la maison du roi pour composer une réserve. Trente et une compagnies de maréchaussée étaient attachées à la gendarmie de France. Les officiers des compagnies connues sous le nom de gendarmerie avaient le grade supérieur dans les troupes de l'armée. Les capitaines lieutenants étaient mestres de camp et les lieutenants lieutenants-colonels.

Les gendarmes avaient pour armes

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le pistolet et l'épéequi se portait avec un baudrier dont l'usage fut général jusqu'en 1688, époque à laquelle il fut remplacé par le ceinturon. Ces compagnies furent réduites à dix en 17G3, a huit en 1775, et entièrement supprimées en 1787.

La portion de la cavalerie connue sous la dénomination de cavalerie légère depuis le règne de François I,r, devint de plus en plus nombreuse sous celui de Louis XIV. Daniel compte près de soixante régiments de cette arme , de quatre à six cents hommes chacun. Cette cavalerie était armée de Tépée, du pistolet et du mousqueton ; chaque régiment avait une compagnie de mousquetaires; il existait même, nous favoris déjà dit, des corps entiers armés du mousquet ou du fusil.

Les régiments de cavalerie se composaient de six à douze compagnies , dans chacune desquelles il y avait un capitaine, un lieutenant, un cornette et un sous-lieutenant. Le régiment était commandé par un mestre de camp , un lieutenant-colonel et un major. La cavalerie française avait un nombreux état-major général , à la tête duquel étaient un colonel général , un mestre de camp général , un commissaire général et un maréchal général des logis. Les trois dernières charges furent instituées par Louis XIV , les deux autres l'avaient été antérieurement.

Lorsque , en 1688 , le duc de Lauzun fut nommé colonel général des dragons , il n'y avait encore que deux régiments de cette arme ; mais au moyen du crédit dont il jouissait à la cour , il en fit successivement augmenter le nombre, afin de donner plus d'importance à sa charge. En 1G90, il y avait déjà quarante-trois régiments de dragons ; et à la mort de" Louis XIV , il y en avait encore trente-cinq régiments, de douze compagnies chacun.

ï)e 1635 à 1715, l'organisation de la cavalerie subit un grand nombre de modifications. En 1698, elle se composait décent dix-neuf régiments, dont un de carabiniers, un de cuiras-

siers , soixante et douze de cavalerie (grosse cavalerie), deux de hussards et quarante trois de dragons.

En 1715, on la réduisit à soixante et douze régiments , en supprimant dix - huit régiments de cavalerie et vingt-neuf de dragons. En 1730, elle fut augmentée1 de deux régiments, et, lors de la guerre de 1740, plusieurs nouveaux régiments de hussards furent créés.

Sous le ministère du duc de Choiseul , dix-neuf régiments de cavalerie furent réformés, ce qui réduisit le nombre des régiments de cette arme à trente-cinq, et tous les régiments furent organisés à quatre escadrons, de deux compagnies chacun. Il y avait, à cette époque , dix-sept régiments de dragons. Les hussards furent également organisés à quatre escadrons. ' Sous le ministère suivant , les régiments de cavalerie et de dragons furent réorganisés à trois escadrons, mais chaque escadron était de quatre compagnies. Les hussards seuls conservèrent leur organisation à quatre escadrons de deux compagnies.

En 1776, le comte de Saint-Germain réduisit les régiments de cavalerie à vingt-quatre, et porta les dragons au même nombre , en y incorporant les régiments de cavalerie supprimés.

Chaque régiment eut alors cinq escadrons, et le cadre d'un sixième pour recevoir et exercer les recrues en temps de guerre. Ce cadre fut supprimé en 1779, et les régiments de cavalerie n'eurent plus que quatre escadrons.

Les vingt -quatre escadrons d'excédant formèrent six nouveaux régiments, sous le nom de chevau-légers, et les vingt-quatre escadrons supprimés aux dragons formèrent six régiments de chasseurs à cheval. Les hussards conservèrent cinq escadrons.

En 1784, une ordonnance maintint l'organisation telle qu'elle était alors, mais elle augmenta l'effectif des escadrons. Les chevau-légers, supprimés en 1788, furent incorporés dans les chasseurs et dans les hussards; six régiments de dragons furent aussi réformés et devinrent chasseurs. Toui

les régiments furent alors réduits à trois escadrons.

En exécution de la loi du l*r janvier 1791, portant réorganisation de la cavalerie , les régiments de cette arme quittèrent les dénominations sous lesquelles ils avaient été connus jusque-là, pour ne plus être désignés désormais que par le numéro de leur rang de création. Par l'ordonnance du 1er avril suivant, les régiments de chasseurs et ceux de hussards furent portés à quatre escadrons, ceux de cavalerie et de dragons restèrent composés de trois escadrons.

Dans le courant de cette même année eut lieu la création de deux nouveaux régiments de cavalerie.

En 1792, la cavalerie française se composait de soixante - quatre régiments , dont : deux de carabiniers , vingt-six de grosse cavalerie , dix-huit de dragons, douze de chasseurs et six de hussards. La grosse cavalerie et les dragons avaient trois escadrons; les carabiniers, les chasseurs et les hussards en avaient quatre. ( Dans le nombre des régiments de grosse cavalerie se trouvait toujours compris un régiment de cuirassiers.)

Au mois d'octobre 1793, la cavalerie française avait été portée à quatrevingt-trois régiments par l'addition d'un régiment de grosse cavalerie, de deux de dragons, de onze de chasseurs et de cinq de hussards.

Le décret du 21 nivôse an n donna quatre escadrons de deux compagnies à la grosse cavalerie , et six escadrons, également de deux compagnies , à la cavalerie légère. Les compagnies de grosse cavalerie avaient un effectif de quatre-vingt-six hommes, et celles de cavalerie légère en comptaient cent seize , ce qui donnait une force totale de cent mille cinq cent cinquante-six cavaliers. •

Après diverses modifications , la cavalerie française se trouva , le f 2 nivôse an vu, composée de quatre-vingtcinq régiments , savoir : deux régiments de carabiniers, vingt -cinq de cavalerie, v inut de dragons, vingt-cinq de chasseurs, et treize de hussards.

En 1800, tous les régiments furent

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d'abord portés à cinq escadrons de deux compagnies, et ensuite réduits à trois.

Vers la fin de 1 804, les douze premiers régiments de grosse cavalerie formèrent autant de régiments de cuirassiers. Les treize autres régiments supprimés furent incorporés dans les carabiniers, les dragons et les cuirassiers de nouvelle formation. A cette époque aussi le casque remplaça le chapeau.

La cavalerie ne comptait plus alors que quatre-vingt-deux régiments , savoir : deux de carabiniers , douze de cuirassiers, trente de dragons, vingtcinq de chasseurs , et treize de hussards.

En 1807, le nombre des régiments fut porté à soixante-dix-neuf , par la création d'un treizième de cuirassiers. Le nombre varia un peu pendant les années suivantes; en 1808, il fut de quatre-vingt-un ; en 18 10 de quatrevingt-quatre.

Plusieurs régiments de dragons , qui avaient été démontés lors de l'expédition projetée contre l'Angleterre, avaient, ÔYs 1806, reçu des chevaux, et ils formèrent la plus grande partie de la cavalerie des armées françaises en Espagne. Les dragons rendirent, dans cette guerre désastreuse, des services signalés ; aussi le nombre des régiments de cettearme fut-il ensuite augmenté : mais un décret du 15 juillet 1811 ayant prescrit la formation de neuf régiments de chevau-légers lanciers, six régiments de dragons et trois de chasseurs composèrent ces nouveaux eorps, qui devaient remettre la lance en honneur. Au moyen de ce revirement , le nombre des régiments demeura le même; mais en 1813, il était de 93 , répartis ainsi qu'il suit : quatre régiments de gardes d'honneur (créés en vertu d'un senatus-consulte du 3 avril 1813), deux de carabiniers, treize de cuirassiers , vingt-quatre de dragons , neuf de chevau-légers lanciers , vingt -huit de chasseurs, et treize de hussards . sans compter huit régiments de cavalerie illyrienne et croate et un régiment espagnol , ni la cavalerie de la garde.

cav L'UNIVERS.

i Napoléon avait , en 1800 , établi à Saint-Germain en Laye une école de cavalerie sur le modèle de l'école militaire Saint-Cyr. Cette école, destinée à fournir à la cavalerie des officiers instruits, fut supprimée par ordonnance le 30 juillet 1814.

A la nouvelle organisation du 12 mai de cette année, la cavalerie se composa de cinquante-six régiments, dont deux de carabiniers, douze de cuirassiers, quinze de dragons , six de lanciers, auinze de chasseurs , et six de hussards , tous à quatre escadrons de deux compagnies chacun.

Plusieurs corps prirent alors les noms de régiments du Roi, de la Reine, d' Anqouiême, de Berry, d'Orléans, de Condé , etc ; les autres

gardèrent tout simplement leurs numéros.

Le retour de l'empereur rendit à la cavalerie son ancienne organisation.

Mais bientôt la trahison nous ramena l'ancien régime à la suite des bagages ennemis , et le licenciement de l'armée, prononcé par une ordonnance du 23 mars 1815 , fut immédiatement mis à exécution. Ce fut seulement après le retour de Louis XVIII qu'une ordonnance du 16 juillet 1815 en prescrivit la réorganisation. La cavalerie eut alors quarantesept régiments, dont undecarabiniers, six de cuirassiers, dix de dragons, vingt-quatre de chasseurs , et six de hussards. Chaque régiment fut compose de quatre escadrons, mais chaque escadron ne forma plus qu'une seule compagnie pour l'administration , et, depuis cette époque, il en a toujours été ainsi. Par la création d'un deuxième régiment de carabiniers, l'ordonnance du 27 février 1825 porta le nombre des régiments à quarante-huit, et tous les régiments eurent six escadrons.

Les régiments de chasseurs, qui jusqu'alors n'avaient eu que leur dernier escadron armé de lances , en eurent deux à cette époque, savoir le 1er et le 6*.

Outre la cavalerie de la ligne, il exista, pendant toute la restauration, huit régiments de cavalerie de la garde

royale et quatre compagnies de gardes du corps.

En vertu d'une décision royale du 27 novembre 1825, à dater du l*r janvier 1826 , les 7e, 8% 9# et 10* régiments de dragons devinrent les 7*, 8% 9e et 10e de cuirassiers, et les numéros 19 à 24 de chasseurs à cheval furent transformés en autant de régiments de dragons sous les numéros 7 à 12.

Après la révolution de juillet , la garde royale et la maison militaire du roi furent licenciées. Pour compenser la diminution d'effectif qu'entraînait ce licenciement, on augmenta la force des escadrons et on créa, le 14 août 1830, un nouveau régiment sous la dénomination de lanciers d'Orléans.

Le 19 février 1831, les cinq premiers régiments de chasseurs devinrent lanciers, et le régiment d'Orléans prit le numéro 6. La même ordonnance créa un quatorzième régiment de chasseurs à cheval, des cavaliers de première classe, des brigadiers élèves fourriers, et un peloton hors rang par régiment.

Le nombre des régiments de lanciers a été encore augmenté, le 27 novembre 1836, par l'incorporation des 13' et 14e de chasseurs, qui ont pris les numéros 7 et 8 de lanciers. Cette ordonnance du 27 novembre a supprimé la lance dans les escadrons de chasseurs qui en étaient pourvus.

Tous les régiments de cavalerie ont conservé six escadrons jusqu'au mois de mars 1834 ; à cette époque ils furent réduits h cinq.

Aujourd'hui le nombre des régiments de cavalerie est de cinquante, répartis ainsi qu'il suit : deux de carabiniers, dix de cuirassiers, douze de dragons, huit de lanciers , douze de chasseurs, et six de hussards ; tous a cinq escadrons ; à quoi il faut ajouter quatre régiments de chasseurs a'Afrique, à six escadrons , et un corps de spahis réguliers , dont la formation a été prescrite par diverses ordonnances, et qui est réparti dans les provinces d'Alger, de Bone, de Constantine et d'Oran.

La cavalerie française se divise en

cavalerie de réserve, comprenant les carabiniers et les cuirassiers ; en cavalerie de ligne, qui se compose des dragons et lanciers; et en cavalerie légère, où figurent les chasseurs et les hussards.

Cavalieb (Jacques), né le 30 mars 1772, à Saint-André de Valborgne, département du Gard, sous-lieutenant à l'époque de la révolution, capitaine en 1792, fut envoyé alors à l'armée des Alpes, où il fit les campagnes de 1792 , 1793, 1794; il se distingua en Italie, donna en Égypte des preuves de bravoure et d'intelligence, et v organisa le régiment dit des Dromadaires, dont on lui confia le commandement. De retouren France, en l'an ix, il fut nommé colonel de la troisième légion de gendarmerie à Alençon.

Cavalier (Jean), né à Ribaute, près d'Anduse, en 1679, exerçait à Genève la profession de garçon boulanger, lorsque éclata dans les Cévennés l'insurrection des Camisards (voy.

ce mot). Désigné comme le libérateur d'Israël par une visionnaire dont les prédictions avaient une grande autorité sur l'esprit des Cévenols, il rentra en France pour se joindre à eux , et son extrême bravoure, son habileté instinctive dans un art pour lequel il semblait être né , et aussi les prédictions dont il avait été l'objet, lui firent bientôt déférer, par les relipionnaires, le commandement des troupes de la plaine. Ses talents et son audace déconcertèrent toutes les mesures des généraux envoyés contre lui ; et quand la cour changea de système , et se décida à faire des propositions de paix, il obtint une honorable compensation.

On lui accorda la liberté de son père et de quelques autres individus détenus pour leurs opinions religieuses, un brevet de colonel pour lui, et avec une pension de douze cents livres, et pour son frère, un brevet de capitaine. Appelé à Versailles pour y recevoir les ordres du ministère de la guerre, il fut présenté à Louis XIV, qui, en le voyant, haussa les épaules. Ce dédain du roi irrita Cavalier, qui prévit d'ailleurs, non sans raison , qu'il courait encore

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des dangers. Il se hâta de quitter la France, et se rendit d'abord en Savoie, puis en Hollande, et de là en Angleterre. Il avait alors vingt-quatre ans. C'était, suivant un contemporain, un petit homme blond , d'une physionomie douce et agréable. La reine Anne l'accueillit avec distinction, et lui donna du service. « Il fit , dit Voltaire, la guerre en Espagne, et y commanda un régiment de réfugiés français a la bataille d'Almanza. La troupe ae Cavalier se trouva un jour opposée à un régiment français. Dès qu'ils se reconnurent, ils fondirent l'un sur l'autre avec la baïonnette, sans tirer... La fureur fit ce que ne fait presque jamais la valeur : il ne resta pas trois cents hommes de ces régiments. Le maréchal de Berwick contait souvent avec étonnement cette aventure. Cavalier est mort officier général et gouverneur de Pile de Jersey, avec une grande réputation de valeur, n'ayant, de ses premières fureurs, conservé que le courage , et ayant peu à peu substitué la prudence a un fanatisme qui n'était plus soutenu par l'exemple.»

Cavalot, monnaie de billon de la valeur de six deniers , fabriquée sous Louis XII , et ainsi nommée parce que saint Second v était représenté à cheval. Les cavafots furent frappés à Asti vers Tan 1500, pendant que Louis XII était maître du duché de Milan.

Cavari , ancien peuple de la Gaule narbounaise , dont parlent Strabon , Ptolémée, Pomponius Mêla et Pline.

Les Cavari, situes sur la rive orientale du Rhône, avaient sous leur dépendance tous les peuples compris entre les Allobroges et les Voconces , c'està-dire, les Segalauni, les Tricastini et les Miment Leur territoire comprenait donc le Valentinois, le Tricastin et le comtat Venaissin. Ptolémée leur donne pour villes Acusiorum colonia ( Montélimart) , Avenionum colonia (Avignon), Arausio (Orange), Cabellio colonia (Cavaillon). D'autres géographes anciens v ajoutent encore Aeria (le château de Lers, près d'Auriac).

CAV FRAISCE

CAV

Cavabïn, roi des Cénons. Les Romains, dont la politique constante était d'étouffer dans la Gaule le principe de l'indépendance, avaient forcé la haute assemblée des Cénons, peuple de la Gaule celtique , à reconnaître pour roi Cavarin , homme abhorré de tous , et dont le père et le frère avaient déjà exercé une odieuse domination.

Cavarin ayant été, peu après, chassé du pays , César humilia les Cénons , le leur imposa une seconde fois, et remmena ensuite avec lui, comme chef de la cavalerie gauloise, dans son expédition contre Ambiorix et les Trévires (*).

Cavaboux (Jean-Baptiste), grenadier à la 110e de ligne, né à Montfort, (Doubs). Assailli par neuf insurgés valaisans à Marti nv, le 17 floréal an vu , il en tua cinq, et combattit jusqu'à la mort contre les quatre autres, qui furent tous blessés.

Cavabus, dernier chef des Gaulois qui avaient formé des colonies dans la Thrace. Prusias, roi de Bithynie , nourrissait un profond sentiment de haine et de vengeance contre Cavarus, qui l'avait contraint à conclure avec les habitants de Byzance une paix désavantageuse. Pendant que les bandes barbares ravageaient les villesdel'Hellespont, il les attaqua; et pour leur faire perdre l'envie de repasser en Asie, il massacra les femmes et les enfants qu'ils avaient laissés dans le camp. Puis, à force d'or et d'intrigues, il excita contre ces dangereux ennemis un soulèvement général. Cavarus et tous les siens furent exterminés par les Thraces.

Cavaticobe. Dans le temps de la domination romaine, on appelait quelquefois cavaticum la eapitation, census capitalis, impôt personnel que tout homme libre, dépourvu de biens, et à l'abri du cens proprement dit, devait payer pour sa tète. De là est venu le mot cavaticarius , et en français covaticaire , pour désigner le contribuable soumis à cet impôt.

Çavatikbs. Voy. Savetiers.

(•) Voy. César, De Bell. Gatl.,y et vu.

Caveau (société du). Par suite de la coutume qui subsistait encore au milieu du dix-huitième siècle dans les classes élevées de la société, de fréquenter les cabarets, plusieurs auteurs et beaux esprits, au nombre desquels on comptait Panard, Piron, Collé, Gallet, Sedaine, Fuzelier, Vadé, etc., se réunissaient à jour fixe chez un traiteur pour se communiquer leurs ouvrages, et recevoir les avis les uns des autres avant de les livrer au public. Chaque séance finissait par un banquet où régnait la gaieté la plus franche et la plus spirituelle. Cette société gastronomique, qui s'appelait Société du caveau, fut dissoute par la mort successive des membres aont elle était composée, et surtout par la révolution,

3ui appela l'attention des esprits sur es cnoses bien plus graves que des dîners, des opéra-comiques et des flonsflons.

En l'an v, Piis, Barré, Badet, Desfontainps, Ségur, Deschamps, Armand Goufféet plusieurs autres poètes, fondateurs du théâtre du Vaudeville, instituèrent, chez le restaurateur Baleine, des dîners qui s'appelèrent d'abord dîners du Vaudeville, puis réunions du Caveau moderne. A ces nouvelles assemblées on ne lut plus d'ouvrages; la grande et unique affaire fut de se livrer, le 20 de chaque mois, aux plaisirs de la table, et de chanter des chansons bachiques, satiriques, pleines d'esprit, de malice et quelquefois de philosophie. Ces chansons, faites sur des mots donnés, ont été publiées en huit volumes m 18, et ont, en partie, fait le tour de la France. Qui ne sait pas, encore aujourd'hui, la plupart de celles de Désaugiers? C'est là que Béranger, qui devait porter la chanson à une hauteur ou personne ne l'avait encore é evée , a risqué ses premiers essais.

Le Caveau moderne fut longtemps présidé par Laujon , qui , jusqu'à l'extrême vieillesse, conserva une douce philosophie et une hilarité spirituelle.

Après sa mort, Désaugiers, le type Je plus véritable, l'organe le plus entraînant de la gaieté française, s'assit au

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fauteuil de la présidence, et, la marotte en main, dirigea les toasts et les chants de ce peuple folâtre de beaux esprits, qui s'était volontairement placé sous sa tutelle. On devait croire que des réunions où étaient amenés , par le plaisir et pour le plaisir, des hommes de même profession , de mêmes goûts, et qui s'estimaient entre eux , ne cesseraient jamais de se renouveler. Il en fut autrement. Des rivalités, des jalousies, nées hors du lieu où la folie tenait ses assises, firent naître la division parmi les membres de la société, et ils se séparèrent vers 1814. Peut-être y eut-il du patriotisme dans leur détermination : car alors le temps de gaieté était passé.

Plusieurs d'entre eux, lorsque l'horizon se fut un peu éclairci , se rapprochèrent cependant , et fondèrent, sous le nom de Soupers de Momus, une société nouvelle qui publia quelques volumes, mais fort inférieurs, pour l'ensemble, à ceux du Caveau, soit

fiarce que, pour les former, il avait altu y admettre des talents du second ordre*, c'est-à-dire , des médiocrités, soit parce que les deux sociétés précédentes avaient épuisé tous les sujets de chansons. Quoi qu'il en soit, les Soupers de Momus cessèrent, après une existence assez courte et assez obscure. Aujourd'hui que les préoccupations politiques et le désir de faire ce que l'on appelle son chemin absorbent tous les esprits, nous n'avons plus de sociétés semblables. Pour qu'il s'en reconstitue, il faut qu'il s'opcrë dans les idées et les désirs une modification que rien n'annonce encore, et qui sera lente à se faire , si toutefois elle doit se faire un jour.

Caveirac (Jean Isovi de), savant ecclésiastique , né à Nîmes en 1713, mort en 1783, a publié, à l'époque où s'agitait la question de la tolérance à accorder aux protestants, les ouvrages suivants : La Vérité vengée, 175G, in-12; Mémoire politico-critique, etc., 1767, in -8°; Apologie de Louis XIV et de son conseil sur la révocation de l'édit de Mantes, avec une dissertation sur la Saint-liarthélemi, 1768,

in-8 Dans cette dissertation , qui a fait beaucoup de bruit, et qu'on peut mettre en regard de l'apologie de Gabriel Naudé (voy. l'article Saint-Babthélemi), l'abbé de Caveirac prétend que la religion n'eut aucune part aux massacres; que ce fut une affaire de proscription; qu'elle ne fut pas préméditée; qu'elle ne concernait que Paris; que l'amiral de Coligni était un homme sans probité, un conspirateur dangereux, dont il était devenu nécessaire de prévenir les desseins; enfin, que la proscription atteignit à peine deux mille individus dans toute l'étendue de la France. Quant à la révocation de l'édit de Nantes, l'auteur s'efforce de prouver que cette mesure ne portait aucun préjudice à l'État; que la religion catholique et la religion réformée ne pouvaient subsister ensemble dans un Etat monarchique sans en troubler le repos. L'abbé Caveirac prit ensuite la défense des jésuites dans un écrit intitulé Appel a la raison, des écrits publiés contre les jésuites de France, Bruxelles (Paris), 1762, 2 vol. in-12. Cet ouvrage provoqua la mise en jugement de l'auteur, qui fut condamné par contumace, au tribunal du Châtelet, en 1764, à être mis au carcan et banni à perpétuité. L'abbé Caveirac chercha un reluge en Italie, et rentra en France après la disgrâce du ministre Choiseul et la dissolution du parlement. Cet écrivain n'ayant mis son nom à aucun de ses ouvrages, on lui en a attribué plusieurs auxquels il fut étranger.

Caventod (Joseph -Bien- Aimé), pharmacien et chimiste habile, né à Saint-Oiner en 1795, s'est fait une réputation méritée par ses nombreux travaux. Associé avec M. Pelletier, il a fait connaître un grand nombre de corps nouveaux, te\sque lastrychnine, la brucine, la chlorophxk, la quinine?

la cinchonine, etc. 11 s'est livré seul a des travaux fort intéressants, parmi lesquels on peut citer son travail sur Veau de Seltz , fanait/se de la rhubarbe, ses Recherches sur l'amidon, etc.

Çayetonnieh ou Ch a veto:* NIER.

— Les çavetonniers ou cuavetonmers,

CAV

appelés aussi basaniers, étaient des fabricants de chaussures, qui ne mettaient en œuvre que la basane, différant en cela des cordonniers qui pouvaient travailler en basane et en cordouan, c'est-à-dire, en peaux tan- . nées et corroyées. Ces artisans habitaient en grand nombre, à Paris, les environs de Sainte-Opportune , et notamment une rue qui , selon l'abbé Lebeuf , est aujourd'hui celle de l'Aiguillerie.

Lorsque Étienne Boileau recueillit, en 1260, les statuts des corporations de Paris, le métipr de cavetonnier s'achetait de Pierre de Vilïebéon, seigneur de Bagneaux, chambellan , et du comte d'Eu , chambrier, à qui le roi avait donné le produit de la vente des maîtrises de cette profession et de celle des cordonniers. Le

Î)rix était de seize sous , dont dix pour e chambellan , et six pour le chambrier. Voici sous quel régime fut alors placé ce métier. Le cavetonnier ne pouvait faire que des souliers légers, appelés petits solers, et plus petits que ceux que faisaient les cordonniers. Il lui était défendu de travailler le dimanche; et, le samedi, il devait quitter l'ouvrage au dernier coup des vêpres sonné à Sainte-Opportune. S'il violait cette prescription , les souliers par lui confectionnes en fraude devaient être saisis et brûlés. Il pouvait avoir autant d'apprentis qu'il voulait , était maître de régler les conditions de leur apprentissage , et devait, par an, trois deniers pour les huèses (les bottines) du roi, payables le dernier jour de la semaine peneuse (la semaine sainte), entre les mains du maître des cordonniers.

Moyennant une redevance annuelle de trois deniers au profit du roi , nayable le même jour , il était quitte et franc de tout droit sur ce qu'il achetait et vendait dans Paris, de matières premières ou de marchandises fabriquées se rattachant à sa profession, sauf aux foires de Snint-Laclre et de Saint-Germain des Prés, où il était tenu de payer pour droit de place deux deniers par douzaine de souliers qu'il vendait. La veuve du cavetonnier, en acquittant

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les redevances ordinaires, héritait du métier de son mari , et pouvait l'exercer librement tant qu'elle restait en viduité; mais si elle se remariait a un homme d'un autre état, ce second époux ne pouvait exercer la profession du premier sans acheter lui-même la maîtrise. Le cavetonnier pouvait devenir cordonnier, en payant ce que payait celui-ci.

Alors il lui était permis de travailler en cordouan aussi bien qu'en basane, sans toutefois mêler ces deux espèces de cuir dans ses ouvrages. Si seulement il bordait en basane un soulier de cordouan , le soulier était saisi et brûlé, et lui amendé de douze deniers au profit du maître des cordonniers.

Mais il était autorisé à faire entrer du cordouan dans des souliers de basane, parce qu'il est toujours permis à un artisan de faire de meilleur ouvrage. Le çavetonnier qui avait atteint soixante ans était exempt du guet , mais il devait la taille et toutes les redevances que les autres bourgeois avaient coutume de payer au roi. Tel fut le règlement qu'établit Etienne Boileau.

Le 30 janvier 1350. le roi Jean, dans une ordonnance qu'il publia pour la police du royaume , défendit aux çavetonniers, qu'il appelle faiseurs de souliers de basane , « de mettre en œuvre « ne faire souliers de mouton ou de « brebis . ou de chien tanné , ne les « vendre, mais tant seulement de ba- « sane d'Auvergne et de Provence. Et « qui fera le contraire, ajoute l'ordon- « nance , perdra la marchandise , et « sera privé du mestier, et amen- « dera de dix sols pour chacune fois «qu'il fera le contraire, et celui qui « Paccusera aura le quart. Et seront « visitez lesdits basaniers par cer- « taines personnes qui seront à ce or- « donnez. » Il faut croire que la privation du métier dont il est question ici , comme faisant partie de la peine, n'était que temporaire, autrement ces mots : « chacune fois qu'il fera le con- « traire, » seraient superflus. Ces artisans partageaient la vente des petits souliers, ou souliers de basane, avec de petits marchands , pauvres et pi-

FRANCE

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L'UNIVERS

CAY

téables personnes , comme les appelle l'ordonnance qui les autorise à gagner leur vie dans ce commerce, lesquels avaient le droit d'en exposer aux yeux du public, en des places à eux désignées sous les piliers des Halles. Tel fut l'état des choses pendant un temps dont on ne peut fixer la durée ; car, insensiblement, les çavetonniers et les cordonniers se confondirent et finirent par ne faire qu'un même métier. II ne resta des premiers que les fabricants de pantoufles, qui étalaient leurs marchandises sous les galeries du Palais de justice , et au'on vient d'en expulser. Aujourd'hui, les cordonniers travaillent a leur gré le cuir ou la basane, et le métier des çavetonniers, qui était distinct et séparé du leur, a cessé d'exister.

C a voie (Louis d'Oger, marquis de) , né en 1640, fut un des personnages les plus brillants de la cour de Louis XIV. Admirablement bien fait et d'une, belle contenance, toujours recherché dans sa parure, aussi adroit que brave, il devint bientôt à la mode pour ses bonnes fortunes et ses aventures de duelliste. Cependant il ne tarda pas à faire un meilleur usage de sa rare intrépidité. En 1666, il prit du service comme volontaire dans l'armée navale des Hollandais contre l'Angleterre, et étonna Ruyter lui-même par le sangfroid avec lequel il alla couper les cables de plusieurs chaloupes anglaises qui ameuaient un brûlot droit sur le vaisseau amiral. Ce trait d'audace lui valut l'amitié de Turenne. Cavoie lit toutes les campagnes du règne de Louis XIV. Au passage du Rhin, il se signala par des prodiges de valeur; on le croyait au nombre des morts, lorsqu'on le vit tout a coup s'élancer à cheval dans le fleuve, arrivera la nage, et apporter la nouvelle du succès. Il épousa mademoiselle de Coëtogou , qui était amoureuse folle de lui , mais

f>our laquelle il ne manifestait que de 'indifférence. Pour le décider au mariage, il fallut que Louis XIV intervînt , et lui donnât la charge de grand maréchal des logis de sa maison. Cependant l'avancement n'ayant pas ré-

pondu à ses espérances, à cause de l'inimitié dont le poursuivait Louvois, il se plaignit à Louis XIV, et demanda à quitter la cour. Le roi lui répondit en ces termes flatteurs : « Il y a trop « longtemps quenous sommes ensemble « pour nous séparer : je ne veux pas «que vous me quittiez; j'aurai soin de « vos affaires. »

Cavoie était ami de Turenne et du maréchal de Luxembourg; il avait une haute réputation de loyauté et d'intégrité. Comme il protégeait les gens de lettres avec un peu d'affectation , et qu'il faisait grand bruit de sa liaison avec Racine, on l'accusait à la cour de prétentions littéraires. Louis XIV lui-même avait remarqué que Cavoie et Racine se promenaient toujours ensemble. Les voyant, un jour, passer sur la terrasse, il dit en souriant à ceux qui l'entouraient : « Cavoie croit « devenir bel-esprit, et Racine se croira « bientôt un fin courtisan. » Cavoie mourut en 1716, à l'âge de soixante et treize ans.

Cayenne, nom qui sert à la fois à désigner l'une des rivières de la Guyane française, une grande partie du territoire de cette colonie, et la petite ville qui en est la capitale. (Voyez Guyane

FRANÇAISE

Cayet (Pierre-Victor-Palma) naquit, en 1525, à Montrichard, enTouraine. Élève et ami de Ramus, il embrassa avec lui la réforme ; et , après avoir étudié la théologie à Genève, il fut nommé pasteur dans un village du Poitou. Catherine de Bourbon en fit son prédicateur, et l'amena à Paris lors de l'entrée de Henri IV. Mais là , le cardinal Duperron , par ses conseils, par ses promesses, par une argumentation victorieuse peut-être, arracha à Cayet l'engagement de rentrer dans le sein de l'Eglise catholique. Les calvinistes, qui se doutaient du dessein de Cayet, le citèrent à comparaître dans un synode , pour y repondre à diverses inculpations. Cayet ne parut pas , et fut déposé. Cet "événement le décida tout à fait, et il fit son abjuration le 9 novembre 1595. L'année suivante , il fut nommé professeur d'hé-

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