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même toute l'autorité que l'Espagne laisserait au duc. Elle ajgita le parlement, dont le régent avait repoussé les remontrances, après lui avoir rendu le droit d'en faire ; elle excita la noblesse qu'il avait humiliée, en maintenant contre ses réclamations la prééminence des pairs. Elle se lia avec le parti moliniste et les défenseurs de la bulle Unigenitus. La noblesse bretonne entra en foule dans le complot. Les états de cette province venaient d'être cassés en 17 17, et le pays, mécontent , était sur le point de se soulever. Une flotte espagnole devait y débarquer des armes et des troupes , et alors l'insurrection devait éclater et se répandre. Mais cette entreprise, qui n'avait d'autre but que la satisfaction de quelques intérêts personnels, ne s'appuyant sur aucune sy mpathie populaire, manquait de force réelle et devait échouer ridiculement, après avoir fait quelques victimes. Dubois, qui venait de conclure la triple alliance avec la Hollande et l'Anglegleterre, et que le régent avait fait secrétaire d'État après l'abolition des conseils , fut informé du complot par une courtisane qui déroba des papiers importants à l'abbé de Porto-Carrero, agentde Cellamare.Elle les vola dans les poches de l'abbe au moment d'une de ces distractions, dit Voltaire, où personne ne pense à ses poches. Ces papiers faisaient connaître la conspiration sans en révéler le plan. On fît poursuivre l'abbé de Porto-Carrero que l'ambassadeur envoyait en Espagne; on l'arrêta près de Poitiers, et on trouva dans sa valise des dépêches du prince de Cellamare , et tout le plan des conjurés. A l'instant même, le régent fit arrêter l'ambassadeur d'Espaçne, et le fit reconduire jusqu'à la frontière (septembre 1718). Les coupables furent ursuivis, mais avec peu de rigueur, n'y eut que les nobles bretons , qui avaient été sur le point de prendre les armes , contre lesquels on déploya de la sévérité. Plusieurs eurent la tête tranchée : les autres prirent la fuite. L'effroi fut grand à la cour du duc du Maine. Le duc et la duchesse furent enfermés dans les châteaux de Dour-
lens et de Châlons ; les agents subalternes furent détenus à la Bastille.
Parmi ces derniers , fut comprise la confidente de la duchesse du Maine , mademoiselle de Launay, plus tard , madame de Staal , qui a laissé sous ce nom de charmants mémoires , où elle raconte sa captivité en détail, mais où elle se montre très -discrète sur la conspiration qu'elle devait bien connaître. Un grand nombre de coupables étaient en prison; beaucoup d'autres étaient signalés encore. Le duc d'Orléans , effrayé des poursuites à faire , amnistia tout le monde. Le duc et la duchesse furent remis en liberté, sans avoir perdu un cheveu de leur téte , dit Saint-Simon, assez punis sans doute par le renversement de leurs projets et le triomphe de leur rival.
Celle. — En droit féodal , ce mol qui se trouve dans plusieurs coutumes, et notamment dans celles de Troyes et de Chaumont en Bassigny, signifiait la maison, demeurance et mélanges des biens des personnes de condition servile. Plusieurs communes , notamment dans les départements de l'Aube, du Puy-de-Dôme, de l'Allier, du Cher, etc., en ont pris le nom qu'elles portent. C'est à tort que, dans le département de Loir-et-Cner, on écrit la Selle Saint- Denis ; on doit écrire : la Celle Saint-Denis. (Voyez Sebf.)
Cellebieb, CeUerarius, nom par lequel on désignait, dans les monastères, l'économe, ou celui qui était préposé à tout ce qui regardait les provisions de bouche. Le cellerier d'un seigneur était chargé de faire serrer dans les greniers les grains appartenant au seigneur, moyennant une part qu'il prélevait, et une robede fourrure.
Sous les empereurs romains, le cellerier était un fonctionnaire chargé de l'examen des comptes. Les prélats donnèrent assez longtemps ce titre à leurs procureurs et à leurs intendants.
Dans les communautés de femmes , la cellerière avait les mêmes fonctions que le cellerier dans les monastères d'hommes, et quelquefois, en outre, elle jouissait de plusieurs juridictions temporelles.
Celtes. — La race celtique est une de ces populations primitives qui se répandirent autrefois sur la surface du globe , et dont l'origine se rattache aux premiers souvenirs de l'histoire du monde. Cette grande famille a peuplé les contrées centrales et occidentales de l'Europe; elle en a été dépouillée par d'autres races barbares et par la conquête romaine, et refoulée aux extrémités de l'Occident, dans des forets et des montagnes, où les vainqueurs ne purent jamais les forcer.
Aujourd'hui, les débris de ce grand peuple, réfugiés dans la Bretagne, dans le pays de Galles et en Ecosse, conservent encore leurs traditions et leurs mœurs antiques , et sont restés l'image vivante de ce que leurs ancêtres furent autrefois. Mais les souvenirs du passé ont presque tous disparu , et l'histoire de cette race est aujourd'hui bien incertaine. Les anciens ne nous ont conservé que de rares indications, auxquelles la critique moderne a ajouté toutes les lumières de la linguistique. C'est avec des preuves tirées de l'histoire des langues , et même de la conformation physique des races, que M. Amédée Thierry, dans son Histoire des Gaulois, a éclairci les origines de la race celtique. La population primitive des Gaules était divisée en race gallique et en race kimbrique. Les Kymri et les Galles, ou Celtes, sont regardés par les historiens anciens, Plutarque, Appien, Slrabon, Diodore de Sicile, comme étant de la même famille. De plus, il est démontré que les Cimbres sont les mêmes que les Cimmériens des Palus-Méotides ; les Celtes se trouvent par là rattachés aux Cimmériens; et ces trois noms, Celtes, Cimbres et Cimmériens , représentent des peuples frères. Ces tribus errèrent d'abord dans les immenses plaines qui s'étendent entre la Caspienne, le Pont-Euxin , le Tvras (Dniester) et la mer du Nord.
C'est dans ces limites que les anciens placent d'abord la Celtique, mettant en face la Scythie, dont les tribus combattent et poursuivent les Celtes et les Cimbres. La Celtique s'éloigne ensuite de l'Orient , où elle a pris nais-
sance , et ne s'arrête dans ce déplacement successif que sur les bords de l'Océan. Dans cette longue marche, depuis la Caspienne jusqu'à l'Atlantique, les Celtes ont laissé derrière eux de nombreuses traces de leur passage. Les Cimbres f dans la presqu'île danoise ; les Boiens, dans la forêt hercynienne; les Scordisces et les Taurins , sur le Danube, et beaucoup d'autres, sont autant de Celtes restés derrière la masse de la nation qui vint se concentrer dans la Gaule. Les Cimbres s'étendirent dans la Belgique et la Grande-Bretagne , où les habitants du pays de Galles s'appellent encore Cymrn. Les Galles ou Celtes se répandirent dans le reste de la Gaule.
A différentes reprises , plusieurs tribus celtiques recommencèrent en sens inverse le voyage que toute la nation avait fait, et emigrèrent vers l'est:
les unes rentrèrent dans la vallée du Danube; les autres allèrent en Asie Mineure, et y fondèrent le royaume des Galates; d'autres, passant les Alpes , établirent une Gaule en Italie.
C'est là que les Romains rencontrèrent d'abord les Gaulois. Après les avoir vaincus dans la Cisalpine, ils les poursuivirent dans la véritable Gaule.
Les tribus celtiques résistèrent avec héroïsme; elles s'unirent à Annibal; partout elles combattirent avec opiniâtreté le génie grec et romain. Mais, épuisée par cette longue lutte, la nation gauloise tomba en décadence au second siècle avant l'ère chrétienne ; les chevaliers et les prêtres, c'est-à-dire les ordres prépondérants dans chaque tribu , se disputèrent la souveraineté, et bientôt César parut pour les mettre d'accord en les subjuguant. Il trouva la Gaule divisée en trois régions. La Belgique au nord, la Celtique au centre, f Aquitaine au sud. La Celtique était peuplée par les tribus celtiques ou galliques, proprement dites. Elle était circonscrite par l'Océan, depuis la Garonne jusqu'à la Seine, à l'ouest et au nord-ouest; par la Seine, la Haute-Marne et les Vosges, au nordest; par le Rhin et les Alpes à l'est; par la Durance, le Rhône, le golfe