‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 46 sur 88 · CEL · texte numérisé non relu

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de Lion , les Pyrénées orientales et la Garonne au sud. Déjà les Romains s'étaient emparés d'une partie de cette contrée , et en avaient fait la Narbonnaise. Les Celtes étaient divisés en grandes tribus gouvernées soit par des rois, soit par l'aristocratie des prêtres ou des guerriers. Ces tribus empruntaient presque toutes leur nom a la configuration du pays qu'ils habitaient; le mot Celte luimême (ceilt) veut dire habitant des forêts. Les tribus principales étaient :

les HelvétiertSy entre les Alpes et le Jura ; les Séquanais, entre le Jura et la Saône ; entre la Saône et la Loire, les Éduens, (jui dominaient les Ambarres, les Ségusiens et les Bituriges; les Arvernes, peuple des montagnes, qui avaient pour clients un grand nombre d'autres

{)euples; entre la Loire et la Garonne, es Santons, les Lémovices, les Pétrocariens, les Pictons ; entre la Loire et la Seine, les feriètes, les Unelles, les Bedons, les Cénomans, etc.; et, sur les bords de ces deux fleuves, les Andegaves, les Carnutes, les Turons, les Senons, les Meldes et les Parisiens. Toutes ces tribus celtes furent soumises par César , ainsi cme les Belges d'origine cimbrique. Dès lors, avec leur indépendance, lesGaulois perdirent leurs mœurs, leurs coutumes, leur langue et leur religion. Ils se firent Romains. L'île de Bretagne fut le seul lieu où se conservèrent leurs antiques traditions. Les druides s'y réfugièrent avec leur religion , leur langue et leurs mœurs; et aujourd'hui, dans

auelques contrées de l'Angleterre et e l'Ecosse, et à l'extrémité de notre Bretagne, ces débris des Celtes se maintiennent encore purs de tout mélange étranger. (Voyez Gaule.)

Celtibériens, peuple habitant le nord de l'Espagne, l'ancienne Ibérie, et formé du mélange des Celtes et des Ibères. A une époque très -ancienne , les Celtes envahirent les parties occidentales et septentrionales de la péninsule ibérienne. Entre l'Èbre et la chaîne des monts Idubèdes, ils trouvèrent une vive résistance;

sans se laisser vaincre, les habitants du pays se confondirent avec les envahisseurs; et de cette réunion il résulta un peuple mixte, qui prit le nom de Celtibériens, Celte miscentes nomen Iberis. (Luc. PAars., 1. iv, v. 9. ) A l'ouest, les Celtes triomphèrent facilement; et le pays soumis par eux s'appela la Galice. Les Celtibériens, braves et nombreux, placés au centre de l'Espagne, maîtres du cours supérieur du Douro, du Tage et de la Guadiana, qui prenaient leurs sources dans leur pays , formaient la plus puissante confédération de l'Iberie.

Les principales tribus celtibériennes étaient les Arevaques, les Berons, les Pelendons, les Lusons, les Belles, les Tittiens; leurs villes étaient Numance, Contrebia, Bilbilis, Segobriga, Castulo, Bigerrae. Les Carthaginois soumirent les Belles et les Tittiens, les Romains les quatre autres tribus; ce fut en 134 avant Jésus-Christ que la liberté des Celtibériens tomba avec la ville de Numance. Lorsque les Romains établirent des divisions dans l'Espagne ,

?|u'ils avaient vaincue, les Celtibériens urent compris dans la Citérieure , et au temps d'Auguste, ils faisaient partie de la Tarraconaise.

Celtill, chef arverne, ne nous est connu que par quelques mots du septième livre des Commentaires de César sur la guerre des Gaules. César le nomme parce qu'il fut père de Vercingétorix, et il ajoute qu il avait essayé de se faire reconnaître roi par toutes les tribus celtiques, mais que les autres chefs se liguèrent contre lui et le mirent à mort. Celtill vécut dans la première moitié, du premier siècle avant l'ère chrétienne.Vercingétorix dut en partie sa puissance au souvenir de son père.

Celtine. Les Grecs, dans leur système de personnifications , racontaient que Celtine, fille de Bretaunus, était devenue amoureuse d'Hercule lorsqu'il passa par les Gaules en revenant a'Espagne avec les bœufs de Géryon, qu'elle lui déroba quelques pièces de son troupeau, et ne consentit à les lui rendre qu'en échange

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de son amour. De cette union serait né Celtus, tige des Celtes.

Celtorii , peuple ligure, qui, vers l'an 600 avant Jésus - Christ, habitait avec les Salyens l'espace compris entre le Rhône et les Alpes. Les Celtorii sont probablement les Sculteri ou Selteri de Pline. Leur nom se retrouve dans celui du district de Sterel ou Esterely au nord d'Antibes.

Cely, ancienne cbâtellenie du Gatinais français , à 8 kil. de Melun (dép. de Seine-et-Marne), érigée en comté en 1670, en faveur de Nicolas-Auguste de Harlay, ambassadeur et plénipotentiaire de la France à la paix de Ryswick.

Cembba (combat de). — A l'ouverture de la campagne d'Italie en 1 797 contre l'archiduc Charles, le général Joubert, qui commandait l'aile gauche de l'armée française, fut charge d'envahir le Tyrol. 11 avait sous ses ordres, outre sa propre division , celles des généraux Delmas et Baraguay-d'Hilliers.

Kerpen et Laudon, généraux autrichiens, occupaient le pays : ils s'étaient établis dans des positions assez favorables, l'un derrière le Lavis, l'autre derrière la Nos; mais ils étaient séparés par l'Adige, dont ces deux rivières sont tributaires. Joubert n'hésita pas à attaquer l'armée ennemie qu'il avait devant lui. La gauche des Autrichiens étant le point qui paraissait le plus faible, Joubert oonna ordre aux troupes de sa propre division de forcer le passage du Lavis, vis-à-vis des hauteurs de Cembra, d'attaquer Kerpen sur ces hauteurs, et de se diriger par Caurîana pour tourner le flanc gauche de l'ennemi. Le 20 mars, la brigade Belliart passa en effet la rivière au village de Serignano, malgré le feu meurtrier des Autrichiens , et se porta sur le

Îjros de la division Kerpen, rangée en igne sur le plateau de Cembra. Attaqué de front et tourné par sa gauche», Kerpen tenta inutilementde résister: après un combat opiniâtre , il fut débusqué de sa position , repoussé surSan-Michele, enfin forcé d'évacuer ce village et de se retirer par les hauteurs sur Botzen. Les Autrichiens perdirent dans cette

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affaire trois canons, deux drapeaux et trois mille hommes environ, tués, blessés ou faits prisonniers. Au commencement de la journée, les chasseurs tyroliens avaient beaucoup souffert en défendant les bords du Lavis.

Cendal. — Le cendal , dont il est fréquemment parlé dans nos vieux auteurs, était une étoffe de soie ou seulement en partie de soie, dont on faisait des habillements, et en particulier des bannières militaires. Selon le Dictionnaire de Trévoux , il y en avait de trois sortes, du blanc, du rouge et du citron ; il y en avait aussi du vert. Dans l'histoire de l'abbaye de Condom, il est fait mention de deux courtines de cendal rouge et vert. La célèbre bannière de l'abbaye de Saint-Denis appelée Oriflamme était de cendal rouge. Cette étoffe est sans doute encore en usage aujourd'hui , mais elle a changé de nom.

Ceïiis (passage du mont). — Cette montagne, dont le passage forme la communication entre le Piémont et la Savoie, a vu plus d'une fois des soldats français franchir ses pics escarpés ; et ce ne fut pas toujours le génie de la guerre qui les entraîna dans ces régions glacées, au milieu de ces précipices affreux. Si le voyageur y trouve une route facile, c'est aux travaux exécutés par des Français qu'il en. est redevable. £n effet, cette route élargie par Charlemagne, et restaurée par Catmat, est due presque tout entière à Napoléon, qui, devenu empereur, consacra plus de sept millions de francs à cette magnifique construction. En 1802, tous les travaux antérieursavaientétédétruits, et le passage était difficile et même dangereux.

Maintenant il est très-fréquente, très; commode, et présente de Lans-le- Bourg à Suse une largeur de dix-huit à vingt pieds sur un développement de plus de huit lieues. Sur le plateau de la montagne, près du village de Ta vernettes, s élève un hospice fondé au neuvième siècle par Louis le Débonnaire , rétabli et restauré par Napoléon , qui y avait placé des religieux. L'empereur, pour attirer des habitants dans

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