‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 8 sur 88 · DU DRAP D'OR · texte numérisé non relu

DU DRAP D'OR

Campagne , ancienne seigneurie avec titre de pairie, à 10 kilomètres de Calais.

Campagnes (principales) des Français. Voyez la liste des campagnes laites par les Gaulois, les Francs et les Français, à l'article Guerres et campagnes, et pour chaque campagne en particulier, le nom du pays qui en a été le théâtre, ou l'année dans laquelle elle a eu lieu, par exemple, Mil sept cent quatre-vingt-treize (campagne de) ; Mil huit cent treize (campagne de), etc.

Campan, petite ville du département des Hautes-Pyrénées, chef-lieu

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d'une riche et fertile vallée, à laquelle die donne son nom. La population de cette ville est aujourd'hui de 4,171 habitants.

Campait (Jeanne-Louise-Henriette Genêt , madame), née à Paris, le 6 octobre 1752. Son père, M. Genêt, premier commis au ministère des affaires étrangères, était un homme distingué qui voulut donner à ses filles une éducation plus soignée qu'il n'était d'usage à cette époque. La jeune Henriette irait été douée d'une belle voix, que F étude rendit superbe, et ce fut, comme on le verra plus tard, une des causes de ia fortune à laquelle elle atteignit d'abord, et dont la révolution vint entraver le cours.

M. Genêt recevait chez lui quelques gens de lettres, entre autres Marmontet et Thomas, qui s'émerveillèrent de voir une jeune fille; de quatorze ans a laquelle la langue et la littérature anglaise étaient familières, aussi bien que l'italien. On faisait vite les réputations, dans ce temps-là, ia spirituelle jeune fille devint a la mode, et madame de Choiseul ayant parié d'elle à Mesdames, filles du roi, elle entra bientôt près d'elles en qualité de lectrice. Elle y vit la jeune dauphine, Marie -Antoinette; celle-ci la prit en amitié, et mademoiselle Genêt s'étant mariée à M. Campan, secrétaire de cette princesse, fit partie elle-même des femmes de sa chambre. De lasé- Tere et dévote société de Mesdames, Henriette passa dans la folâtre société de la jeune dauphine, sur laquelle elle a donné, dans ses mémoires, de curieux détails, dont nous n'oserions toutefois garantir entièrement l'authenticité, et auxquels nous reprocherons aussi d'être entai-lies d'une sorte desprît de domesticité, bien éloigné ée la sévérité de l'histoire. On v voit du reste comment, au moment de la révolution, ia jeune reine se trouvait seule au milieu d'ennemis et sans asile, sas même dans le coeur du roi son époux, qui jamais n'avait pu avoir confiance en elle. Madame Campan , toujours femme de chambre delà reine, la suivit peadaut les premières phases de

la ré volu t ion . et .comme demi ère preuve de la fidélité qu'elle lui avait montrée dans les jours les plus difQci les , notamment au 10 août, elle sollicita la permission d'entrer avec elle à la tour du Temple, permission qui lui fut refusée.

Elle se retira alors à la campagne; mais Louis XVI lui avait confié une cassette qui contenait des papiers précieux; le comité de salut public le sut , et madame Campan allait peut-être payer de sa tête ce qu'elle appelait sa fidélité à ses maîtres, lorsque le 9 thermidor la sauva.

Madame Campan respirait, mais elle était ruinée; son mari, infirme et malade, avait contracté trente mille francs de dettes; elle avait à soigner, avec lui, une mère de soixante et dix ans, un fils de neuf, et toutes ses ressources consistaient en uu assignat de cinq cents francs. Elle ne perdit pas courage pourtant, et elle fonda à Saint-Germain, dès 1794, une maison d'éducation pour les jeune* filles. Son établissement eut le plus grand succès; au bout d'un an elle eut soixante élèves, parmi lesquelles se trouvait la jeune Hortense Beauharnais, dont la mère allait épouser Bonaparte, alors général.

A son retour d'Italie, le général visita la pension où se trouvait sa belle-fille; elle lui sembla bien tenue; il y fit entrer ses soeurs, et, lorsque devenu empereur, il s'occupa d'organiser toutes choses, et entre autres l'éducation des filles , il consulta madame Campan :

« Que manque-t-il aux femmes en « France pour être bien élev ées ? »» lui dit-il un jour. — « Des mères, » répondit madame Campan. — « Eh bien !

« c'est à élever des mères que je vous des- « tiue,» reprit-il; et , par un décret daté d'Austerlitz, il créa la maison d'Écouen, dans laquelle il voulait que les saurs, les filleset les nièces des officiers morts au champ d'honneur trouvassent des soins maternels. Madame Campan fut nommée surintendaute d'Écouen, et, si son enseignement nous semble imparfait comme éducation publique, nous sommes pourtant obligés de convenir qu'il était supérieur à tout ce qu'on avait vu jusque-là, et même à

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presque tout ce qui existe aujourd'hui.

La restauration supprima la maison d'Écouen; on oublia les services rendus jadis à la famille royale par madame Campan, pour ne se rappeler que la faveur dont elle avait joui auprès de l'empereur, et, on le sait, une telle faveur était alors imputée à crime. II n'y eut sorte de persécutions auxquelles elle ne se vî( en butte ; sa santé s'altéra sous le poids de tant d'injustices, et quand un affreux malheur, la mort de son fils, vint la frapper, il la trouva sans force, elle courba la tête et mourut en 1822, âgée d'un peu moins de soixante et dix ans. Madame Campan a laissé plusieurs ouvrages, dont quelques-uns n'ont paru qu'après sa mort. Nous nous contenterons d'en indiquer ici les titres : Conversation d une mère avec sa fille, Paris, an xn, in-8° (anonyme) ; Lettres de deux jeunes amies, Paris, in-8° ; Mémoires sur la vie privée de Marie- Antoinette y reine de, France et de Navarre, suivis de souvenirs et anecdotes historiques sur les règnes de Louis XIV, Louis XV et Louis XVI , Paris, 1822, 3 volumes in-8° ; De V éducation, 2 volumes in-8°, Paris, 1823 ; Conseils aux jeunes filles, in-12, Paris, 1825.

Campan a, commandantde la Légion d'honneur, général de brigade, etc. Ne à Turin, vers 1770, il combattit avec bravoure dans les rangs français, à l'armée d'Italie, et fut ensuite nommé préfet d'Alexandrie, lors de la réunion du Piémont à la France. Mais ces fonctions convenaient peu à son humeur guerrière. Il rentra sous les drapeaux, fut fait général de brigade et combattit àDiernstern, à Austerlitz, devint aide de camp du grand-duc de Berg , et périt en défendant la petite ville d'Ostrolenka.

Campèche (prise de). — Pendant une grande partie du dix-septième siècle, l'Amérique espagnole fut ravagée et inondée de sang par un petit nombre de corsaires français et anglais connus sous le nom de Flibustiers. (Voy. ce mot.) Ces hommes formèrent, en 1685, le dessein d'aller attaquer Campêche. Commandés par

un brave capitaine, gentilhomme français, nommé Grammont, mille d'entre eux battirent huit cents Espagnols , s'emparèrent de la ville et en

Eillèrent toutes les richesses. Deux flius tiers furent pris; Grammont les redemanda, promettant de rendre tous les prisonniers qu'il avait faits.

On le refusa, et pour se venger, il réduisit toute la ville en cendres, lit sauter la forteresse , et brûla dans un feu de joie, le jour delà Saint-Louis, pour deux cent mille écus de bois de Campèche.

Campen (prise de). — Effrayés et démoralisés par les rapides succès de Pichegru en Hollande, les Anglais s'étaient retirés derrière l'Yssel, et avaient campé entre Dœsbourg et Campen, qu'ils évacuèrent, le 3 février 1794, dès qu'ils aperçurent l'avantgarde française. Cette pusillanimité augmenta là confiance des troupes républicaines, et fit tenter aussitôt la conquête des provinces deGroningue, d'Over- Yssel et de Frise.

Campenon (Vincent) , né à Grenoble en 1775, lit son début dans la carrière littéraire par la relation d'un voyage deGrenobleà Chambéry, écrite dans la manière de Bachaumont. Encouragé par le succès de cette petite pièce, il multiplia ses essais dans la poésie légère. Son épître aux femmes fut remarquée et lui valut sa nomination au commissariat impérial près le théâtre de l'Opéra-Comique. En 1812, son poëme de la Maison des Cfwmps et celui de l'Enfant prodigue lui ouvrirent les portes de l'Institut, où il fut le successeur de Delille, dont il chercha constamment à reproduire la manière. Le genre didactique et descriptif a été traité assez heureusement par M. Campenon, dans la Maison des Champs. Son style, quoique d'une couleur un peu passée, est élégant et agréable, ses descriptions sont ingénieuses et brillantes. Cet auteur montre fréquemment de l'esprit. Malheureusement toutes ces qualités, qui constituent une médiocrité honorable, ne suffisent pas pour faire survivre un nom au naufrage où viennent se perdre

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inévitablement les modes consacrées par chaque époque. En 1814 , M. Campenon fut nommé censeur royal et secrétaire du cabinet et des menus-plaisirs , sous les ordres de M. le duc de Duras. Dans les cent jours, il sut se faire rétablir par l'empereur dans sa place de commissaire impérial de l'Opéra-Comique. Il n'en fut pas moins bien traité par la seconde restauration, dont il fut partisan assez zélé. Il est mort dans ces dernières années. Outre ses poésies, il a laissé plusieurs éditions des Idylles de Léonard, son oncle, une rHmpresion de Desmoutiers et un choix de poésies de Clément Marot.

Campestre (Madame de). — C'est le nom que se donnait , sous la restauration , une intrigante, une entremetteuse de places , qui fut condamnée , en 1826 , par la police correctionnelle. Les mémoires qu'elle a publiés l'année suivante (2 vol. in-8°) ont fait alors beaucoup de bruit, parce qu'ils ont soulevé un coin du voile qui couvrait un amas de scandaleuses turpitudes.

Campet, seigneurie de l'ancienne prorince de Gascogne , érigée en marquisat en 1731.

Campistron (Jean-Galbert de), auteur dramatique, naquit à Toulouse, en 1656, d'une famille où la charge de capitoul et celle de procureur général des eaux et forêts étaient héréditaires d puis un siècle. Un duel le força de quitter à seize ans sa ville natale. Il vint à Paris, et conçut l'idée de travailler pour le théâtre, auquel l'appelait un penchant assez prononcé. Racine était alors dans tout l'éclat de sa gloire ; il voulut bien donner quelques conseils au jeune poète. Sous cette haute direction Campistron se mit à l'œuvre, et produisit bientôt Virginie, qui eut un grand succès. Puis vinrent Arménius qui fut dédié à Racine, Andronic qui attira une affluence telle qu'on fut obligé de doubler le prix des places, et Alcibiade qui dut au moins la moitié des applaudissements qu'il obtint, au talent de facteur Baron. Quinault avait renoncé au théâtre, et le duc Louis-Joseph de Vendôme voulant donner une fête au dauphin , chargea Campistron

de faire les paroles d'un opéra que Lulli mettrait en musique. Cet opéra fut Acis et Galathée, qui satisfit tout le monde. Le poète devint bientôt le favori du duc de Vendôme qui le nomma son secrétaire des commandements, et lui procura en outre la place de secrétaire général des galères. Campistron parait s'être acquitté assez négligemment de cette charge : il laissait traîner les affaires pour versifier de nouvelles tragédies. Phocion, Phraates , Aetius , Adrien , ne furent pas moins bien accueillies que ses premières pièces. Il s'essaya aussi dans la comédie , et vit assez bien réussir son Jaloux désabusé. Laharpe lui a reproché avec raison des plans dramatiques faibles , des caractères effacés , des situations sans vigueur, une versification qui n'est qu'une prose commune assez facilement rimée , enfin une imitation continuelle et malheureuse de Racine. Campistron se trouva souvent à côté du prince au milieu des batailles : il s'exposa près de lui dans la journée de Steinkerque. Comblé d'honneurs par ses puissants protecteurs, il se retira à Toulouse sur la fin de sa vie, et y mourut en 1725.

Campo di Piethi (combat de). — L'armée d'Italie, commandée par le général Kellermann, occupait, en septembre 1795, des positions avantageuses près de Borghetto, sur les bords du Tanaro. Le feld-maréchal Derwins, commandant l'armée austro-sarde , après être resté plus d'un mois dans l'inaction, résolut de tenter un effort contre les lignes françaises. Le 19. il se présenta a la tête d'une très-foi te division devant la droite du général Kellermann. C'était sur ce point qu'il devait diriger sa principale attaque , mais elle ne devait commencer qu'après l'enlèvement du petit Gibraltar, position très-forte que les Français occupaient en avant de leurs lignes, entre Borghetto et la rive droite du Tanaro. Le général Derwins avait porté un détachement de deux mille nommes d'élite sur la hauteur qui domine Campodi Pietri, et cinq canons et un obusier qu'il avait établis sur le

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même point ouvrirent un feu très-vif contre le petit Gibraltar. Mais cette canonnade ne produisit aucun effet ; les Austro-Sardes se déployèrent, pour attaquer les retranchements avec la plus grande impétuosité. L'adjudant général Saint-Hilaire les attendait de pied ferme. Deux fois les assaillants

gravirent la colline au pas de charge , eux fois ils furent repoussés par un feu meurtrier et obliges de descendre avec précipitation et en désordre. Le commandant austro-sarde désespérant d'enlever la position de front, se décida à la tourner. Il porte ses troupes sur les derrières du petit Gibraltar et les ramène à l'assaut. Elles éprouvent, dans cette troisième attaque, les mêmes obstacles et la même résistance que dans les deux précédentes. Un moment d'hésitation se manifeste alors dans les colonnes assaillantes ; Saint-Hilaire s'en aperçoit, il s'élance sur elles avec impétuosité, les culbute et les pousse avec tant de vigueur, que sur les deux mille hommes qui avaient attaqué, quinze cents hommes restèrent sur le champ de bataille. Déconcerté par cet échec , le général Derwins ne crut pas devoir donner suite à son plan d'attaque, et profita de la nuit pour ramener ses troupes dans leurs positions.

Campo-Foemio (traité de). — Le traité de Bâle , conclu à la suite de l'immortelle campagne de t793 et 1794, avait définitivement séparé la Prusse et l'Espagne de la coalition vaincue. Loin de se laisser envahir, et de se laisser effacer du rang des nations, comme on l'en avait menacée , la France révolutionnaire avait culbuté les ennemis , reculé nos frontières jusqu'au Rhin , et envahi la Hollande. Ces merveilleux succès, dus au courageux patriotisme des masses, et à l'énergique dictature du comité de salut public , avaient en outre mis l'Angleterre dans l'impossibilité de débarquer de nouvelles troupes sur notre territoire ; mais , pour qu'ils fussent complets , il était nécessaire que l'Autriche , devenue le foyer d'autres intrigues , éprouvât encore des défai-

tes , et fût obligée d'imiter l'exemple des ducs de Toscane et de Hesse- Cassel , aussi bien que celui des rois de Prusse et d'Espagne , qui tous avaient reconnu la république.

La Convention avait admirablement rempli la première partie de la tâche ; le Directoire, peu vigoureux par luimême, mais pourvu de bonnes armées, sentit le besoin d'ajouter au traité de Bâle ce qui lui manquait, c'est-à-dire, l'accession de l' Autr iche. Trois corps d'armée, sous la conduite de trois généraux habiles, reeurent l'ordre d attaquer simultanément cette puissance:

Moreau sur le haut Rhin , Jourdan sur le bas Rhin, et Bonaparte du coté de l'Italie. De ces trois généraux , le plus jeune fut le seul qui accomplit dignement sa mission. Pendant que Moreau et Jourdan battaient en retraite, faute de s'être entendus et d'avoir concerté leurs attaques , Psapoléon tournait les Alpes, et, tombant sur les Autrichiens et les Piémontais avec la rapidité de la foudre , les écrasait séparément , et étonnait le monde par des victoires sans cesse renaissantes contre un ennemi infiniment supérieur en nombre. Enûn, après Moutenotte, Millesimo, Mondovi, Lodi , Castiglioue, Bassano, Arcole, Rivoli, et tant d'autres batailles qui contraignirent tous les princes italiens , depuis le roi de Piémont jusqu'au roi de tapies, à traiter avec la république; après la prise de Milan, après la prise de Mantoue , qui ne se rendit qu a la suite de quatre blocus, l'Autriche, se voyant à la veille d'être attaquée sur sou propre sol , envoya sa dernière armée et son dernier général. Mais l'archiduc. Charles ne fut pas plus heureux que Beaulieu , Colli , \Vurmser et Alvinzi : les combats du Tagliamento et de Tarvis, et l'oecu-

Q- >n de Goritz , Klagenfurth , Layet Trieste, ouvrirent à nos troupes victorieuses la route de Vienne , où se répandit l'alarme.

Alors Napoléon, désireux de faire son début dans la carrière diplomatique, et de terminer en négociateur une guerre où il s'était montré si

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: .-.nid capitaine, offrit la paix à l'Autriche, dans une lettre adressée au prince Charles, le 31 mars 1797. Cette lettre n'ayant pas eu les suites qu'il l'en promettait, il soumit à de nouvelles épreuves l'opiniâtreté du cabinet autrichien. Vaincu de nouveau à Neumarkt , l'archiduc proposa cette fois une suspension d'armes, afin, disait-il , de pouvoir prendre en considération la Lettre au 81 mars. Bonaparte , à son tour , répondit qu'on pouvait négocier et se battre, et qu'il n'accorderait point d'armistice jusqu'à Vienne, à moins que ce ne fût pour la paix définitive. Il tint parole, continua son mouvement en avant, chassa les Autrichiens des défilés de Hundsmarck, fit occuper Léoben, et se trouvait à Judenbourg , à vingt lieues de Vienne, lorsqu'il y reçut la véritable réponse à la lettre du 31 mars, qui lui fut remise diplomatiquement par le comte de Meerveldt. L'empereur d'Autriche demandait un armistice de dix jours, afin de rétablir la paix entre les deux grandes nations. Bonaparte, qui avait hâte de revenirà Paris pour sonder le terrain , et pour voir de quel prix on se disposait à payer ses victoires , consentit à une suspension d'armes pour cinq jours, et n'épargna aucune des avances qui pouvaient abréger les négociations.

« Votre gouvernement, dit-il aux plé- « nîpotentiaires autrichiens, a envoyé ■ contre moi quatre armées sans géné- « raux, et cette fois un général sans « armée. »

Mais l'Autriche, naturellement temporisatrice, avait cette fois un intérêt réel à gagner du temps; comptant sur la révolution que méditaient les royalistes à Paris , et que ses propres agents cherchaient à faire éclater, espérant que l'Angleterre ou la Russie, toutes les deux peut-être, viendraient à son secours, elle employa toute son habileté à faire traîner les négociations en longueur, et les préliminaires qu'elle signa n Léoben, le 18 avril, ne lurent suivis d'un traité définitif que six mois après. Les conditions principales de ces préliminaires étaient : 1° que l'Autri-

che renoncerait à tous ses droits sur les provinces belges réunies à la France, et qu'elle reconnaîtrait les frontières de la république, fixées par les lois constitutionnelles; 2° qu'un congrès s'ouvrirait à Berne pour la paix de l'Autriche, et un autre dans une ville allemande pour la paix avec l'empire d'Allemagne; 3° que l'Autriche ferait abandon de ses possessions en deçà de l'Oglio, et obtiendrait en échange la partie des États vénitiens située entre cette rivière, le Pô et la mer Adriatique, et de plus, la Dalmatie vénitienne et l'Istrie; 4° que l'Autriche occuperait aussi, après la ratification du traité définitif, les forteresses de Palma-Nova, de Mantoue, de Peschiera et quelques autres places ; 5° que la Romagne, Bologne et Ferrare, indemniseraient la republique de Venise; 6° que l'Autriche reconnaîtrait la république cisalpine, formée des provinces qui lui avaient été enlevées.

Dans la situation critique où se trouvait l'Autriche, ces conditions étaient évidemment trop favorables; elles révélaient que Bonaparte était pressé d'en finir pour retourner à Pans, où se préparaient de graves événements.

Elles avaient encore l'inconvénient de ne ramener la paix qu'aux dépens d'un tiers, ce qui était indigne de la république française, et rappelait en quelque sorte le partage de la Pologne.

Aussi les préliminaires de Léoben furent-ils l'objet de nombreuses critiques. Le Directoire s'était montré contraire à la reddition de Mantoue et à l'abandon de la partie concédée des États vénitiens; mais Bonaparte avait pris sur lui de tout arranger, La mésintelligence qui existait entre le Directoire et le général en chef d'Italie était la principale cause du mal ; Bonaparte, pour revenir plus tôt, brusquait les événements et ne trouvait aucun sacrifice trop fort; le Directoire, pour tenir éloigné un concurrent aussi redoutable , ne voulait que médiocrement la paix, et, d'un autre côté, lui refusait les moyens de mener plus vigoureusement la guerre , de peur d'augmenter encore la puissance et la

popularité du vainqueur de l'Autriche.

Bonaparte avait raison quand il se plaignait de l'inertie des armées du Rhin et de la mauvaise volonté du gouvernement qui lui refusait des secours; le Directoire n'avait pas tort lorsqu'il disait que la possession de Mantoue faciliterait à l'Autriche les movens de ressaisir son influence en Italie , et que la France révolutionnaire qui avait promis la liberté aux peuples n'avait pas le droit de livrer à une puissance despotique les provinces vénitiennes qu'elle avait arrachées au joug oligarchique. L'Autriche seule profitait de leurs divisions , et voilà ce qui explique comment elle prenait encore des airs de fierté après tant d'humiliations. Si les armées du Rhin avaient franchi plus tôt ce fleuve, c'en était fait de la monarchie nutrichienne ; mais lorsque Hoche, qui avait remplacé Jourdan, eut donné le signal de l'attaque, et que Moreau eut rejoint Desaix, qui avait aussi passé le Rhin, la signature des préliminaires de Léoben vint les arrêter dans leur marche, et les empêcha d'opérer leur jonction avec l'armée d'Italie.

Ainsi placé entre le Directoire et l'Autriche qui ne voulaient pas la paix , si ardemment désirée par lui, Bonaparte eut le temps de mettre la dernière main à son oeuvre. Jusque-là , il n'avait révolutionnéqu'une faible partie de l'Italie; il s'occupa de la révolutionner tout entière, et, ce qui valait encore mieux , d'organiser d une manière stable les États nouveaux qu'il avait fondés et ceux qu'il se proposait de créer. N'ayant plus une armée assez forte pour s'engager au sein de la monarchie autrichienne, étant lié d'ailleurs par des négociations préliminaires avec le oabinet de Vienne, il ne songea plus qu'à mériter le titre de libérateur de l'Italie. C'était effectivement le meilleur moyen de se laver des reproches qu'il s'était attirés et de faire pièce à 1 Autriche et au Directoire; à l'Autriche, en élevant entre elle et la France une république puissante et capable de lui servir de boulevard; au Directoire, en lui montrant

qu'avec ses troupes décimées par la victoire, il savait encore faire de grandes choses et ajouter de nouveaux lauriers à sa couronne. La conduite de l'aristocratie vénitienne méritait un châtiment. Non content de lui avoir ravi ses provinces du Nord pour la punir de sa partialité hypocrite en faveur de l'Autriche, il eut bientôt une occasion de lui infliger une punition exemplaire. Le massacre des garnisons françaises dans plusieurs places, mais surtout le lâche assassinat de Vérone, ces pdques vénitiennes où quatre cents des nôtres furent immolés , l'autorisèrent à effacer Venise du rang des nations, et à s'emparer de son territoire, de sa flotte et de ses îles Ioniennes. De sa résidence, ou plutôt de sa cour de Montebello, il renouvela la face de l'Italie, et se mit à la pétrir à l'image de la France. Il fondit en une seule les deux républiques cispadane et transpadane. auxuelles il ajouta la Valteline, et il en t un État de quatre millions d'habitants, avec Milan pour capitale, et qui reçut le nom de république cisalpine.

A Gènes, le peuple, soutenu par nos troupes, renversa le gouvernement aristocratique et constitua la république ligurienne. La Romagne déclara aussi son indépendance, sous le nom de république Emilie. Tout le reste de l'Italie se prépara à suivre le même exemple.

Lorsque la journée du 18 fructidor, grâce au secours envoyé par Bonaparte au Directoire, eut tourné contre les royalistes , l'Autriche renonçant désormais à ses illusions de ce coté, désira vivement la paix. Seulement, comme l'état des choses avait singulièrement changé , elle fit semblant de n'y pas tenir beaucoup, pour obtenir davantage. Bonaparte la voulait toujours avec la même ardeur; mais le nouveau Directoire s'en souciait encore moins que le précédent. Sentant qu'il avait besoin de la sanction du succès pour taire oublier le coup d'État qui venait d'avoir lieu, craignant d'autant plus le général Bonaparte que sa puissance morale grandissait tous les jours du-

vantage, le gouvernement voulait nonseulement le laisser en Italie, mais lui susciter quelque rival qui fût capable <ie partager sa çloire, sinon de l effacer. Hoche n'existait plus, Moreau venait de se déconsidérer; on jeta les jeux sur Augereau, qui cependant □ avait guère d'autre mérite qu un courage bouillant. Choqué des sentiments qui portaient le Directoire à tenir compte à Augereau , son lieutenant , d'un service qu'il n'avait rendu que d'après ses propres ordres, Bonaparte s'empressa de donner sa démission. Son offre ayant été refusée dans des termes extrêmement flatteurs, mais qui trahissaient une émotion craintive, il résolut d'assumer sur lui seul toute responsabilité, et d'agir avec une indépendance absolue. Dès lors, les négociations , jusque-là si lentes, marchèrent avec une grande rapidité.

Le comte de Cobentzel, chargé de remplacer le marquis de Gallo, qui s'était montré accommodant pour gapner du temps , et que le cabinet de Vienne avait désavoué au moment de conclure, le comte de Cobentzel sut profiter avec adresse de l'impatience du général en chef. Le côté brillant fut pour Napoléon; mais l'Autriche fut heureuse d'en être quitte à si bon marché, dans un moment où le gouvernement français, délivré des intrigues rovalistes , aurait pu l'accabler. Napoléon offrait Venise pour compenser la perte de la Lombardie; le négociateur autrichien réclamait, au nom de l'empereur, et comme ultimatum, la ligne du Mincio pour frontière, c'est-àdire, Mantoue avec Venise. «A cescon- > ditions seulement, disait-il, mon maii tre consent à vous donner Mayence, i la place la plus forte de l'univers. » Ce fut seulement lorsque Bonaparte , indigné de voir qu'on exploitait ainsi sou penchant pour la paix , fut entré dans une violente colère, et eut signifie la reprise des hostilités, que M. de Cobentzel, bien certain qu'il n'y avait plus rien à gagner, apposa sa signature au traite. « Souvenez-vous, » avait dit Napoléon, en brisant un cabaret de porcelaine donné au diplomate au-

trichien par Catherine II de Russie, « souvenez-vous qu'avant la fin de « r automne je briserai votre monar- « chie comme je brise cette porce- « laine. » Le lendemain, 17 octobre 1797, le traité fut conclu chez le général Bonaparte, à Passeriano , mais il fut daté de Campo-Formio , village du Frioul, situé entre Udine et Passeriano, qui avait été déclaré neutre.

Conditions de la paix de Campo- Formio.

1° L'Autriche renonce , en faveur de la France, à tous ses droits sur les Pays-Bas; 2° l'Autriche acquiert le territoire de Venise, depuis le lac de Garda, la ville de Venise, l'Istrie, la Dalmatie et les Bouches du Cattaro; 3° la France garde les îles gréco-vénitiennes et les possessions en Albanie; 4° l'Autriche reconnaît la république cisalpine; 6° congrès à Rastadt pour la conclusion de la paix avec l'Empire; 6° l'Autriche indemnisera le duc de Modène par la cession du Brisgau.

Articles secrets. 1° L'Autriche consent à la cession de la rive gauche du Rhin, de Râle au confluent de la Nèthe, près d'Andernach, et à celle de la ville et de la citadelle de Mayence; 2° la navigation sur le Rhin est déclarée commune aux deux pays; 3° la France emploiera sa médiation pour faire obtenir a l'Autriche Salzbourg et la portion de la Bavière située entre cet evéché, le Tyrol, l'Inn et la Salza; 4' à la paix avec l'Empire, l'Autriche renoncera au Frickthal; 6° compensation réciproque pour tout ce que la France et I Autriche pourraient acquérir ultérieurement en Allemagne; 6° mutuelle garantie qu'en cédant ses possessions sur la rive gauche du Rhin, la Prusse ne pourra faire aucune acquisition.

Les princes et les États dépossédés sur le même bord du fleuve doivent être indemnisés en Allemagne; 7° dans l'espace de vingt jours, après la ratification , toutes les forteresses sur le Rhin, ainsi qu'Ulm et Ingolstadt, seront évacuées par les troupes autrichiennes.

L'Autriche avait pour négociateurs

le comte de Cobentzel , le marquis de Gallo, le comte de Meerfeldt et le baron de Degelmann. Le général Bonaparte était seul.

Lorsqu'on commença à rédiger le traité, le secrétaire ayant mis : L'empereur d Autriche reconnaît la république française y Bonaparte lui ait:

« Effacez cet article : la république française est comme le soleil; aveugle qui ne la voit pas. Le peuple français est maître chez lui; il a fait une république, peut-être demain ferat-il une aristocratie , après demain une monarchie; c'est son droit imprescriptible ; la forme de son gouvernement n'est qu*une affaire ae loi intérieure. » Paroles remarquables , gui semblaient prophétiser le consulat a vie et l'empire!

Le tr;iité de Campo-Formio a été l'objet de beaucoup d'éloges et de beaucoup de critiques. Son plus grand mérite, c'est d'avoir fait reconnaître par l'Autriche le Rhin et les Alpes pour les frontières naturelles de la France.

Une de ses particularités, c'est la bienveillance du plénipotentiaire français pour l'Autriche vaincue, et sa malveillance pour la Prusse , notre alliée depuis près de deux ans. Napoléon eut toujours un sentiment de faiblesse

I>our l'Autriche : n'était-ce que pour a détacher de l'alliance de l'Angleterre? Ce oui est évidemment blâmable, c'est l'incorporation de Venise à la monarchie autrichienne. Il n'y eut en France qu'un cri de douleur à ce sujet, et ces paroles furent prononcées à la tribune du Conseil des Cinq-Cents: « Peut-on faire le commerce des peu- « pies au nom d'une nation qui a pros- « crit le commerce des hommes? »

Mais pour faire oublier cette tache, il y avait le souvenir des plus brillantes victoires , il y avait la fondation des républiques italiennes, qui étaient nos annexes au midi , comme la Hollande était notre annexe au nord. La révolution commençait à déborder sur l'Europe. En s'emparant de l'Albanie vénitienne et des îles Ioniennes, Bonaparte avait ouvert à la France une nouvelle route pour aller en Orient.

Maîtres du Rhin, nous devions faciliter à notre commerce l'accès du Danube, autre route encore qui mène en Orient. Bonaparte était tres-probablement dominé par cette pensée, lorsqu'il exigea que les places d'Ulm et d'Ingolstadt fussent évacuées par les troupes autrichiennes.

Campo-Mayor ( prise de). La ville de Badajoz était tombée , le 1 1 mars 1811, au pouvoir des Français; le duc de Trévise, pour achever la conquête de l'Estramadure, pensa que l'armée devait s'emparer sans délai des forteresses de Campo-Mayor, d'Albuquerque et de Valencia, que l'ennemi tenait encore sur la frontière de l'Alentejo.

Il voulait aussi détruire ces forteresses, afin de ne laisser aucun point d'appui aux corps anglais qui se préparaient à pénétrer en Estramadure par le Portugal. Dès le 13, tandis qu'il envoyait le général Latour-Maubourg attaquer Albuquerque, et qu'un autre détachement allait surprendre Valencia, il faisait lui-même ouvrir la tranchée devant Campo-Mayor. Cette place n'avait que trois cents nommes de garnison.

Cependant le gouverneur fit une telle démonstration de résistance , que les Français durent l'assiéger régulièrement. Le 15 , deux batteries furent établies contre le bastion San-Joao; le 17, le bombardement commença; le 21, la brèche devint praticable, et la place, sommée une seconde fois, se rendit. Le duc de Trévise fit aussitôt sauter les fortifications. Sur cinquantedeux pièces de canon qui étaient dans la ville, trente-sept seulement purent être dirigées sur Badajoz; on brisa les quinze autres, faute de temps pour effectuer leur transport.

Campo-Tknf.se (bataille de). Le 9 mars 1800, le général Reynier, qui, après la reddition de Naples, poursuivait en Calabre les débris de l'armée napolitaine, déboucha par les gorges du val San-Martino dans la plaine de Campo-Tenese, où il savait que les généraux ennemis s'étaient retranchés pour recevoir bataille. La position des Napolitains était bien commuée : leur droite et leur gauche s'appuyaient à

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des montagnes couronnées par plusieurs bataillons d'infanterie légère, et devant le centrede leur ligne ils avaient élevé trois fortes redoutes armées de pièces de gros calibre. Le général franis n'en résolut pas moins d'attaquer, fit former ses troupes à mesure qu'elles débouchaient dais la plaine, puis leur donna ordre de marcher au pas de charge et à la baïonnette. L'ennemi ne les attendit pas. Après quelques décharges, sans grand effet, de 1 artillerie des redoutes, les Napolitains lâchèrent pied, abandonnèrent redoutes et pièces, et se dispersèrent dans les montagnes. Sans la nuit , il eût été possible d'envelopper entièrement cette armée à la débandade; cependant sa destruction fut presque complète : des dix à onze mille hommes que le général en chef , l'émigré français Roger de Damas , avait sous ses ordres, à peine put-il rallier un millier de fantassins et quelques centaines de cavaliers. Deux mille prisonniers, dont grand nombre d'officiers supérieurs, toute l'artillerie, cinq drapeaux et plus de cinq cents chevaux, restèrent au pouvoir des vainqueurs.

Camponi, l'une des peuplades de la nation des Bigebbi (voyez ce mot), dont le nom s'est conservé dans celui de la vallée de Campan, qui faisait partie de leur territoire.

Campra ( André), compositeur de musique, né à Aix le 4 décembre 1660, devint maître de musique de la cathédrale de Toulon en 1679; il passa ensuite en la même qualité à Arles et à Toulouse, et vint à Paris en 1694 , où il fut d'abord maître de musique de l église du collège et de la maison professe, et maître de la musique de Notre-Dame. Ses deux premiers opéras parurent en 1697, sous le nom de son frère Josenh. En 1722, il devint maître de la chapelle du roi et directeur de la musique du prince de Conti. Il mourut à Versailles le 29 juillet 1744.

Les ouvrages de Campra sont :

V Europe galante, 1697 ; le Carnaval de Venise, 1699; Hésione, 1700; Aréthuse, 1701; Tancrède , 1702; les Muses , 1703; Iphigênie en Tauride;

Télêmaaue , 1704; Mine , 1705; le Triomphe de l'amour, 1705; Hippodamie , 1708: les Fêtes vénitiennes , 1710; Idoménée; les Amours de Mars et de t enus, 1712; Télèphe, 1713; Camille, 1 7 1 7 ; les Ages, 1 7 18 ; Achille et Déidamie, 1735, opéras représentés à l'Académie de musique; Vénus, 1698; le Destin du nouveau siècle, 1700; les Fêtes de Corinthe , 1717; la Fête de Vile Adam, 1722 ; les Muses rassemblées par l'amour, 1723; le Génie de la Bourgogne, 1732; les Noces de Vénus, 1740; Divertissements pour la cour; trois cantates et cinq livres de motets.

« Bien supérieur aux autres successeurs de Lulli , dit M. Fétis , Campra entendait bien l'effet de la scène , et savait donner une teinte dramatique à ses ouvrages. Sa musique n'a point le ton uniforme et languissant de celle de Colasse et de Destouches; il y règne une certaine vivacité de rhythme qui est d'un bon effet , et qui manquait souvent à la musique française de son temps; néanmoins, ce n'était point un homme de génie. Il manquait d'originalité , et son style était fort incorrect. Malgré ces défauts, la musique de Campra fut la seule qui put se maintenir auprès de celle de Lulli ,

{'usqu'au moment où Rameau devint e maître de la scène française. »

Càmpkedon (affaire et prise de).

Le général Dagobert, poursuivant le général espagnol Ricardos , se présente, le 4 novembre 1793, devant la ville de Campredon, en Catalogne, et la somme deux fois de se rendre; l'alcade, qui ne cherche qu'à gagner du temps pour permettre aux habitants d'évacuer la place, demande vingtquatre heures de suspension d'armes , et cependant il continue son feu. Le lendemain, Dagobert ordonne l'assaut après une nouvelle sommation et un nouveau délai. Quand la ville eut été emportée au bout de deux heures et livrée au pillage, on vit <jue tous les habitants aisés avaient fui; il fut impossible de lever aucune contribution.

ÎS'ayant pu rallier à lui le reste de son arniée, Dagobert fut obligé d'évacuer

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