‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 9 sur 88 · V.kM · texte numérisé non relu

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sa conquête, et même de sortir de la Catalogne.

Le général Doppet, combattant sous les ordres du général Dugommier, s'empara de nouveau de Campredon au mois de juin 1794.

Campredon (Jacques-David), baron, lieutenant. général, etc. Né en 1761, à Montpellier, entra de bonne heure dans le corps du génie. Des connaissances étendues, une aptitude rare, lui valurent un prompt avancement. Chef de bataillon à Tannée d'Italie, il fut honorablement cité dans les relations du général en chef, et se signala ensuite à la défense du pont du Var. Nommé général , il fut chargé , en 1805, de la direction des travaux de Mantoue, contribua, en 1806, aux succès de M asséna à Naples, à Gaëte, et mérita , par sa belle conduite , les éloges du maréchal. Entré plus tard au service du nouveau roi des Deux- Siciles, Campredon Gt la campagne de Russie avec les troupes napolitaines , et se distingua en diverses rencontres; après la retraite, il s'enferma à Dantzig, commanda le génie tant que dura le siège, fut fait prisonnier, au mépris de la capitulation, et conduit à Kiew.

De retour en France, il reprit ses fonctions, qu'il cessa lorsque l'armée fut licenciée.

Camps. — Les Grecs paraissent être l'un des premiers peuples qui aient fait une étude sérieuse des principes de l'art du campement des troupes. Mais les Romains, instruits par eux des règles de cet art, furent ceux qui lui firent faire les plus grands progrès. On trouve dans Végèee, sur la manière dont ils dressaient leurs camps, des détails curieux. Nous pensons que quelques-uns de ces détails ne seront point ici déplacés : la Gaule est en effet l'un des pays où le peupie-roi a établi le plus grand nombre de camps, et encore aujourd'hui, l'on ne peut presque faire un pas sur le sol de la France, sans rencontrer des vestiges de la castramétation romaine.

« Lorsque l'on veut placer un camp, dit Végèce (*), il ne suffit pas de choi-

(*) MA rei mi/i taris, lib. m, c. 8.

sir un lieu favorable; il faut qu'on ne puisse en trouver un plus favorable , et surtout qu'une position plus avantageuse, délaissée par vous, ne puisse être occupée par l'ennemi, à votre détriment. Il faut en outre prendre garde de se placer trop près d'une eau malsaine et trop loin d'une eau salubre en été ; il faut que Ton puisse se procurer facilement, en hiver, du fourrage et du bois ; que le lieu où l'on veut séjourner ne soit pas exposé à être inondé subitement dans les temps d'orage; qu'il ne soit pas dominé par des hauteurs d'où les ennemis puissent y lancer des traits, et enfin qu'il ne puisse être entouré de manière à empêcher d'en sortir.

« Toutes ces précautions prises , comme il convient, on donne au camp la forme carrée, ronde, triangulaire ou obiongue, suivant la nature du terrain. La régularité ne doit jamais passer avant l'utilité ; cependant on préfère le camp dont la longueur excède d'un tiers la largeur. Les ingénieurs doivent prendre leurs mesures d'après la force de l'armée : un espace trop resserré nuit aux évolutions des défenseurs; une enceinte trop étendue les disperse.

« Il y a trois manières de fortifier un camp. Quand il ne s'agit que d'une nuit à passer, on se contente d'élever avec du gazon un léger retranchement, que l'on fortifie ensuite au moyen de pieux ou de chausse- trapes en "bois. On coupe le gazon de manière que la terre soit retenue par les racines des herbes ; les morceaux ont un demi-pied d'épaisseur, un pied de largeur et un pied et demi de longueur.

« Si la terre est trop friable pour qu'on puisse couper le gazon par morceaux en forme de briques, on creuse à la hâte un fossé de cinq pieds de large, et de trois de profondeur, dont la terre, rejetéedans l'intérieur, forme un retranchement, derrière lequel l'armée peut reposer en sûreté.

« Mais on donne plus de soin aux fortifications des camps où l'armée doil séjourner longtemps (castra siativa) , soit pendant l'été, soit pendant

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l'hiver, dans le voisinage de l'ennemi.

Chaque centurie reçoit alors un espace de cent pieds ; puis'après avoir déposé leurs boucliers et leurs bagages autour de leur enseigne, les soldats, l'épée au co"té, creusent un fossé large de neuf, de onze, de treize pieds, ou même de dix-sept, si Ton craint une dangereuse attaque; on choisit ordinairement un nombre impair. On dispose ensuite des claies , des troncs ou des branches d'arbres entrelacées, pour empêcher l'écoulement des terres, et l'on élève un retranchement que l'on couronne d'un parapet et de créneaux, comme un véritable rempart. »

Telles étaient, chez les Romains, les règles de la castramétation. On peut en voir l'application dans les Commentaires de César. Le récit du siège que son lieutenant , M. Cicéron , soutint dans un camp, contre une nombreuse armée de Nerviens, pourra surtout donner une idée du soin que l'on mettait dans la construction de ces retranchements , et l'on ne sera point étonné que leurs débris aient traversé les siècles , et subsisté jusqu'à nous.

Nous avons dit que l'on observe encore en France les vestiges d'un grand nombre de camps romains. Les plus beaux monuments de ce genre sont :

le camp de t Étoile, près du village de ce nom , sur la Somme , à douze kilomètres de Péquigny; le camp de ff 'issan , entre Calais et Boulogne; le camp de la cité de Limes, en Normandie; celui de la cité d'Afrique, près de Nancy ; et ceux de Bière et du Chatelîer, dont nos planches 99 et 100 représentent le plan et le profil. Une description détaillée de ces monuments serait ici déplacée. Nous renvoyons nos lecteurs au recueil d'antiquités de Caylus,t. I à VII, et à une savante dissertation de M. d'Allonville, publiée en 1828.

Les historiens ne nous ont transmis aucun détail sur la manière dont campaient les armées françaises sous les deux premières races ; et il y a tout lieu de présumer que les règles' de l'ancienne castramétation , ainsi que toutes les autres branches de la science

militaire des Romains , avaient alors été délaissées pour la grande tactique des barbares. Plus tard , lorsque , au régime fondé par la conquête, eut été substitué le régime féodal, qui morcela à l'infini les forces des Etats, et couvrit l'Europe de forteresses , les camps devinrent inutiles. Les châteaux que l'on rencontrait à chaque pas en tenaient lieu ; et les armées étaient si peu nombreuses , que ces

{)laces suffisaient ordinairement pour eur donner un abri.

Ce n'est guère que pendant les guerres contre les Anglais, au quatorzième et au quinzième siècle , et surtout pendant les expéditions des Français en Italie au seizième siècle, gue Ton recommença à pratiquer les règles de la castramétation. Le P. Daniel, dans son histoire de la milice française, cite comme le premier camp dont il soit question dans notre histoire, celui que le marquis de Mantoue, cornmandant l'armée française, établit en 1503 , sur les bords 'du Garigliano.

Depuis, les principes de l'art du campement des troupes ont été de nouveau étudiés, et cet art a fait des progrès, comme toutes les autres parties de la science militaire. Voici quelles sont aujourd'hui les principales règles observées par les armées françaises dans rétablissement des camps :

Un camp peut avoir pour objet de couvrir une place forte, un défilé, un passage de rivière, un point important quelconque, ou d'observer les mouvements de l'ennemi , ou enfin de faire prendre du repos aux troupes qui l'occupent. L'objet que l'on se propose dans la construction d'un camp, détermine l'ordre dans lequel les troupes doivent y être rangées. Il y a deux ordres de campement , l'ordre en bataille et l'ordre en marche. Le premier est le plus usité , car c'est celui dans lequel les troupes , en prenant les armes, se trouvent dans la disposition où elles doivent être pour combattre l'ennemi s'il tentait une attaque. L'ordre en marche ne s'emploie que dans les camps passagers, et lorsque l'on est bien certain de n'être point attaqué.

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Un camp destiné à couvrir une place forte doit être placé dans la position la plus avantageuse possible, et de manière à ce qu'il puisse rendre la défense supérieure à l'attaque. Dans tout état de choses, les camps doivent être placés de telle sorte , que leurs communications soient toujours libres, leurs flancs bien appuyés, et couverts à une distance assez grande , pour que l'ennemi ne puisse leur dérober ses mouvements. Les camps qui couvrent des passages de rivière ou des défilés, doivent toujours être placés en arrière de ces obstacles.

Les camps destinés seulement à faire reposer les troupes , doivent occuper une position assez forte pour que l'on puisse s'y défendre avec des chances de succès à peu près certaines.

Les camps sont ou passagers ou permanents. Les camps passagers servent à observer les mouvements de l'ennemi , à y mettre obstacle, à le tenir en échec. Quant aux camps permanents, ce sont de ces positions qui ont toujours une grande influence sur les opérations de la guerre, et qui contribuent puissamment à en assurer le succès.

Il peut arriver que les camps permanents ou passagers soient établis sur des positions qui ne sont point fortifiées naturellement, ou du moins qui ne le sont que d'une manière imparfaite. Dans ce cas, c'est à l'art d'y suppléer.

I/em placement que Ton choisit doit être situé sur un terrain aéré, à proximité d'une rivière ou d'un ruisseau , et, autant que possible, à portée d'un bois. Les environs doivent pouvoir fournir à ses besoins en subsistances, en fourrages, etc. Ses communications avec les dépôts, les magasins, en un mot , avec la base d'opérations de l'armée , doivent être assurées et faciles.

Lorsque toutes ces conditions sont remplies, il reste à prendre des dispositions militaires , suivant le but auquel le camp est destine. Si c'est un camp d'instruction, en temps de paix,

il suffit que sa position soit salubre , et remplisse d'ailleurs les condition?

de commodité les plus essentielles ; mais si c'est un camp de guerre , et dans le voisinage de l'ennemi , il est nécessaire qu'il soit établi de manière à ce que les troupes qui l'occupent puissent en sortir promptement et avec ordre, prendre les armes, et se porter immédiatement sur la ligne de bataille en avant du front du camp ,

Ïu'on appelle aussi front de bandière.

>'où il suit que l'étendue du front du camp, ou de oandiere, doit être égale à l'étendue de la ligne de bataille , et que les différentes troupes qui entrent dans la composition d'une armée, doivent être campées dans leur ordre de bataille, c'est-à-dire, chacune derrière le front qu'elle doit occuper dans la ligne de bataille. Toutes ces dispositions s'appliquent aux camps d'instruction comme aux camps de guerre.

Nous avons traité ailleurs les questions politiques qui se rattachent au camp de Boulogne (•) ; nous ne dirons donc ici que quelques mots sur l'établissement et la lev ée de ce camp.

Après la rupture de la paix d'Amiens, Napoléon, alors premier consul, ayant conçu le projet d'aller attaquer les Anglais dans leurs propres foyers, ordonna l'établissement de six camps sur les côtes de l'Océan. Ces camps furent placés à Boulogne, Saint-Omer, Ostende , Bruges , Compiegne et Batjonne.

Celui de Boulogne était le plus important de tous : c'est là que se firent les plus grands préparatifs de l'expédition projetée; c'est de là aussi que devaient partir tous les ordres. Le premier consul y réunit une armée de cent cinquante mille hommes, l'élite de ses troupes. Les ports situés sur la côte, depuis Cherbourg jusqu'à Calais, renfermaient une flotte formidable et une immense quantité de bâtiments de transport. La France entière s'associa à cette expédition nationale, et concourut par des dons patriotiques à la construction des bâ-

(*) Voyez Bocloowe (camp de).

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timents nécessaires au transport des troupes et aux opérations de la marine. Au mois de juin 1803 , le premier consul vint activer par sa présence les préparatifs qui se faisaient à Boulogne. Il y revint une seconde fois dans la même année, pour passer en revue les troupes et les différentes divisions de la flottille qui s'y trouvaient réunies. Enfin, au mois d'août 1804, Napoléon, devenu empereur, vint faire aux troupes des armées de terre et de mer la première distribution solennelle de croix de la Légion d'honneur. Le camp de Boulogne fut levé vers la 6n d'août 1805; les" troupes qui le composaient se rendirent à marches forcées sur le Rhin ; et, après unecampagnede moins de trois mois, le soleil d'Austerlitz éclaira l'anéantissement de l'armée ennemie.

Il nous reste maintenant à dire quelques mots des camps qui , établis dans l'intérieur du rovaume, sont destinés à l'instruction des troupes, et sont counus sous le nom de camps de manœttvre ou d'instruction.

Déjà , sous Louis XIV, ces camps, qu'on désignait alors sous le nom de camps de plaisance, étaient le rendezvous des grands seigneurs et des grandes dames , oui venaient y passer leur temps dans les fêtes et l'a bonne chère. Le camp de Compiègne, établi en 1696 pour l'éducation militaire du duc de Bourgogne et pour l'amusement de madame de Maintenon, qui desirait voir un simulacre de guerre, fut formé à grands frais. Ce camp de parade, où manœuvrèrent environ soixante mille hommes de toutes armes, ne fut d'aucune utilité pour l'instruction des troupes, ni pour celle du prince, qui, quinze jours après, en avait perdu le souvenir. Les officiers y affichèrent un luxe effréné, qui ebrécha quelque peu leur fortune , et ne puisèrent, dans ces brillantes évolutions , aucun des principes de l'art de la guerre. Il en est à peu près de même aujourd'hui.

Plusieurs de ces camps ont existé sous la restauration à Saint-Omer, à Perpignan et à Lunéville. Depuis la

révolution de 1830 nous avons eu ceux de Saint-Omer, de Lunéville, de Compiègne et de Fontainebleau. Le but de leur création a toujours été Pinstruction des troupes; mais l'ontils atteint , et les résultats obtenus sont-ils de nature à justifier complètement les crédits que les chambres leur ont alloués ? Nous avons lieu de croire le contraire. Le résultat le plus clair de ces rassemblements onéreux, c'est de faire dépenser beaucoup d'argent aux officiers, etde fatiguer inutilement les soldats. Le temps s'y passe en revues, en exercices de détail, auxquels les troupes devraient avoir été suffisamment habituées, dans les villes de garnison, pour n'avoirplus, en arrivant au camp , qu'à en laire l'application aux grandes manœuvres de la guerre.

Mais si ces dispendieux rassemblements de troupes sont sans aucune utilité pour l'instruction, ils servent du moins à faire briller, dans tout leur éclat, quelques jeunes intelligences tellement favorisées de la nature, que cette science, à l'étude de laquelle tant de grands capitaines ont consacré de longues et laborieuses veilles , leur arrive à eux sans aucun effort et comme par droit de naissance.

Camps de vétérans. — Dès le mois de vendémiaire an XI, le gouvernement avait fait un appel aux vétérans pour les réunir et en former des camps dans les 26e et 27' divisions militaires. Les dispositions qui furent arrêtées alors reçurent bientôt la sanction du Corps législatif, et, par une loi du l'r floréal de la même année, la formation des camps de vétérans fut définitivement décidée.

Cette loi concédait aux militaires des armées de terre et de mer , mutilés ou grièvement blessés dans les combats, âgés de moins de quarante ans, et qui voudraient s'établir dans les 26* et 27* divisions , un nombre d'hectares de terre d'un produit net égal a la solde de retraite dont ils jouissaient , à la condition de résider sur les terres qui leur seraient distribuées, de les cultiver ou faire cultiver, d'en payer les contributions, et

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de concourir, quand ils y seraient appelés, à la défense des places frontières faisant partie de ces divisions.

Elle affectait, pour cette concession, dix millions de Liens nationaux pour les cinq premiers camps qui seraient établis dans les 26e et 27e divisions militaires , savoir : quatre millions dans la 26* division, et de préférence sur les propriétés nationales les plus à portée des places de Mayence et de Juliers ; et six millions dans la 27e division , et de préférence sur les propriétés nationales les plus à portée des places d'Alexandrie et de Fenestrelles.

Ces propriétés ne pouvaient être engagées, cédées ni aliénées pendant l'espace de vingt-cinq ans; elles n'étaient transmissibles aux enfants des vétérans qu'autant que ceux-ci étaient nés de mariages contractés en France ou aux années , avant l'époque de la formation de camps dans lesquels ils auraient été compris, ou de mariages contractés depuis cette époque avec des filles du pays où le camp était établi.

Les enfants mâles des vétérans admis dans les camps ne pouvaient cependant conserver la part héréditaire

3ui leur serait échue dans le partage e la portion de terre distribuée à leur père, qu'autant qu'ils rempliraient eux-mêmes , jusqu'au laps de vingtcinq ans depuis la formation du camp, les conditions auxquelles leur père était soumis , en exécution des lois et des arrêtés du gouvernement.

Lorsqu'un vétéran mourait sans enfants , sa veuve conservait pendant sa vie l'usufruit de sa portion déterre; et si elle épousait un militaire ayant dix ans de service, elle lui apportait cette portion de terre dont elle devenait propriétaire incommutable.

Après la mort de la veuve qui n'avait point été remariée à un militaire, le gouvernement disposait de cette portion en faveur d'un militaire réunissant les conditions exigées pour être admis dans les camps.

Les militaires qui désiraient être admis à jouir de ces divers avantages

adressaient leur demande au préfet de leur département , qui la transmettait au ministre de la guerre. S'ils avaient toutes les qualités requises, ils recevaient l'ordre de se rendre au camp qui leur était désigné. Les vétérans continuaient à recevoir leur solde de retraite.

Un arrêté du 26 prairial an xi régla la formation des camps, la répartition des habitations et des terres , ainsi que les mesures d'ordre qui devaient y être observées. Chaque camp se composait de quatre cent cinq hommes, savoir:

1 chef de bataillon, ou capitaine en faisant fonctions ,

4 capitaines,

4 lieutenants,

4 sous-lieutenants,

8 sergents,

16 caporaux, , 368 soldats.

Ces quatrecentemq hommes étaient divisés en quatre compagnies de cent un hommes.

Chacun des vétérans avait son habitation particulière, soit dans des maisons nationales, soit dans des maisons rurales construites exprès. Des visites annuelles étaient faites pour connaître les réparations qu'il convenait de faire dans les habitations.

Des bornes ou limites indiquaient la propriété de chacun , et un mur élevé et crénelé entourait chaque camp.

En temps de guerre, les vétérans ne pouvaient s'absenter.

En temps de paix, ils ne pouvaient s'éloigner pendant plus de dix jours sans une permission expresse. Le vétéran qui n'était pas rentré dans ses foyers au jour indiqué était privé de sa solde de retraite pendant le temps

Sui s'était écoulé depuis l'expiration e sa permission jusqu'à son retour; si ce laps de temps égalait ou excédait le délai qui lui avait été accordé, il perdait le double de sa solde de retraite pendant tout le temps excédant le terme fixé par sa permission.

* Lorsqu'un vétéran s'était absenté

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sans permission, ou qu'il avait excédé d'un mois le délai fixé par la permission qui lui avait été accordée, il était considéré comme n'ayant pas l'intention de résider sur les terres qui lui avaient été concédées; et le ministre de la guerre, d'après le compte qui iut en était rendu , en référait à Fempereur, et proposait ies mesures qu'il jugeait convenables.

Les militaires admis dans les camps étaient habillés, armés et équipés aux frais de l'État, comme k'inranterie de ligne. Toutefois , l'habillement et l'équipement ne leur étaient fournis que lors de leur admission; ils étaient ensuite tenus de s'en pourvoir.

Tefîes étaient les principales dispositions reiatives aux camps de vétérans. Elles furent exécutées jusqu'au moment où la restauration, acceptant toutes les conditions imposées par Fétrançer. renversa une à une toutes les institutions nationales créées par le génie de Napoléon. Les camps de vétérans furent dissous; mais, pr une ordonnance du 2 décembre 1814, le nouveau gouvernement r.ccorda un doublement de la solde de retraite dont ils jouissaient aux officiers, sousofficiers et soldats dépossédés des terres domaniales qui leur avaient été concédées. Les veuves et les orphelins de ceux qoi étaient décédés dans ies établissements de Ju!iers et d'Alexandrie reçurent une pension. On accorda de plus, a chaque sous-officier ou soldat, dans le lieu de sa nouvelle résidence, ur» secours, une fois pavé, de cinquante francs, et' à chaque femme ou enfant, un secours de vingt-cinq francs.

Camps (François de), prêtre et antiquaire, né à Am»ens en 1643, s'appliqua aux études historiques sous la direction de Bouteroue, de du Cange, du P. le Coi nie et de dom Manillon , et se livra ensuite à l'étude des médailles; il en forma une très-behe collection qui est passée depuis au cabinet des antiques de la bibliothèque du roi. On a de lui , dans le Mercure du temps, un grand nombre de Dissertations sur I histoire de France. Le P.

T. IV. 6' UV. (DlCT. EISCYCL. , 1

Daire en a donné la liste complète dans son Histoire littéraire d? Amiens.

De Camps mourut en 1723.

Camulogène, Gaulois dont César parle dans ses Commentaires (ïiv. vu, chap. 57 et suiv.). Il commandait en chef les Parisii et les confédérés des cités voisines, lorsque Lahicnus marcha sur Lutetia. Camulogène , alors chargé d'années , mais doué d'une grande expérience de l'art militaire , disputa au général romain l'approche de la Seine en se couvrant d'un grand marais que formait sur la rive gauche du fleuve la rivière de Bièvre. Labienus, contraiut de se retirer, alla sur-

f (rendre Melodunum (Melun), y passa a Seine et remonta vers Lutetia. Camulogène, craignant que l'ennemi ne s'en rendît maître et ne s'y fortifiât , y mit le feu, coupa les ponts, et, protège par le marais, revint camper sur la rive gauche. Cependant Labieuus opéra son passage à quatre milles plus bas, et les deux armées en vinrent aux mains dans la plaine d'Issy et de Vaugirard. L'action fut longue et opiniâtre; enfin les Gau.'ois furent enveloppés et taillés en pièces. Camulogène, qui avait toujours animé les siens par son exemp'e, ne survécut pas à sa défaite, et se lit tuer les armes à la main.

Camus , seigneurie de Franche- Comté, à seize kilomètres de Gray, aujourd'hui du département de la Haute- Saône, fut érigée en marquisat en 1746.

Camus (Armand-Gaston), député aux états généraux et à la Convention nationale, membre du Conseil des Cinq-Cents et de l'Institut, naquit à Paris, le 2 avril 1740. Cet homme, dont le nom a occupé depuis une place si importante dans l'histoire de notre révolution , étudia avec un grand succès le droit, et acquit surtout une connaissance parfaite du droit canonique; ce qui lui valut la place d'avocat du clergé de France. Il vit avec transport les premiers événements de 1789, et ne dissimula point la part qu'il se proposait de prendre a la révolution, nommé député du tiers état de Paris aux états généraux, il devint l'un des

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secrétaires provisoires de la chambre des communes, combattit Mirabeau, qui voulait qu'on obtînt la sanction du roi pour se réunir en sections, et déclara s'opposer à tout projet - d'emprunt, jusqu'à ce que l'Assemblée fi t légalement reconnue. Il joua un rôle important à la journée du ieu de paume, et ce fut lui nui alla chercher les papiers de l'Assemblée dans la salle fermée pour les préparatifs de la séance royale. Quand la résistance de la cour eut été vaincue, et que les députes purent accomplir leur importante mission, il obtint la suppression des ahnates payées jusqu'alors à la cour de Rome, et fut nommé archiviste de l'Assemblée (*). Depuis cette eponue , il s'occupa presque exclusivement de matières de finances et des biens nationaux. Dans la séance du 4 août, pendant qu'on discutait des droits de l'homme, Camus demanda qu'on m aussi mention des devoirs. L'ordre de Malte ayant, le 30 novembre, fait des réclamations contre la suppression de la dtme, il s'écria : * Je demande, pour « répondre aux pétitionnaires, que les n établissements de l'ordre de Malte « soient supprimés. » Il fit tous ses efforts pour que le livre rouge, qui contenait Pétât des dépenses royales et des pensions secrètes du gouvernement, fût donné en communication a l'Assemblée, et il le lit imprimer, stigmatisant ainsi la cupidité des courtisans. En juin, il attaqua les fermiers généraux , et obtint la suppression de toutes les croupes (vovez ce mot). Dans la discussion sur les dettes du comte d'Artois, il demanda à l'Assemblée:

« Pourquoi l'on voudrait faire payer a « la France les dettes d'un particulier, » et fut vivement applaudi. 11 fit, dans la séance du 13 août, réduire à un milliou le traitement des princes français, et fit supprimer leur maison militaire. La fameuse constitution civile du clergé fut presque exclusivement son ouvrage. Ce fut lui également qui provoqua le serment civique de la part de tous les ministres du culte. Apres

(*) Voyez Archives.

la fuite de Louis XVI , il accusa Montr morin, la Fayette, Bailly, et Louis XVI lui-même, les qualifiant de conspirateurs et de traîtres; il demauda, le 3 juillet, la suppression de tous les ordres de chevalerie et de toutes les corporations fondées sur des distinctions de naissance. Nommé conservateur des archives nationales , il rendit un immense service en prévenant la destruction des titres et papiers des diverses corporations supprimées. Camus prit part aux discussions relatives aux attributions des ministres et à leur présence a l'Assemblée législative, et provoqua le décret qui convoquait la Convention nationale, à laquelle il fut envoyé par le département de la Haute-Loire. Devenu secrétaire de la Convention des sa première séance, il y demanda, le 22 octobre, la vente immédiate du mobilier des émigrés et des maisons religieuses. Au mois de décembre 1*92, il fut chargé par la Couvention d'aller vériOer, en Belgique, les dénonciations

2ui étaient adressées par le général lumouriex contre le ministre de la guerre; et, après avoir rempli sa mission, il revint à Paris, rendit compte à l'Assemblée de la situation de l'armée française en Belgiuue, et insista sur le danger de ne pas laisser aux généraux les moyens de mettre à exécution leurs plans de campagne. Envoyé de nouveau dans ce pays, en qualité de commissaire de la Couvention, pour surveiller les opérations de l'armée, il se trouvait absent de Paris lorsque l'on condamna Louis XVI ; il envoya cependant son vote pour la mort sans appel et sans sursis , dans une lettre du 23 janvier. A son retour, il fut nommé membre du comité de salut public. Le 30 mars, il fut charge de demander au nom du comité que le général Dumouriez fût mandé à la barre, et que

Quatre commissaires pris dans le sein e la Convention, accompagnes du ministre de la guerre, Beurnonville, partissent sur-le-champ pour la Belgique, avec pouvoir de faire arrêter tous les généraux et officiers de l'armée qui leur paraîtraient suspects. Camus lit partie de cette commission. Ce fut lui

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qui signifia à Dumouriez le décret de la l.ou\ention. On soit comment Dumourii z répondit à cet ordre; il fit arrêter par des hussards les commissaires et le ministre de la guerre, et les livra aux Autrichiens, le 3 a\ril 1793. Successivement détenu à ftlaestrîcht, à Coblentz , a Kanit;ingratz et à Olmutz, Camtia . après trente-trois mois de cap- Inité. fut enfin échangé à Bàle contre la fille de Louis XVI. Revenu en France, il siégea au Conseil des Cinq- Cents , dont un décret de la Convention l'avait déclaré membre de droit, ainsi ue ses awiua^nons de captivité. Il y t le rét it ae leur lonuue et douloureuse détention , et obtint l.i présidence du Conseil, le 23 janvier 1790. Peu de jours après, il fut nommé par le Directoire ministre des finances; mais il refusa cette place, et resta attaché au Conseil. Ses travaux furent tous consacrés a r administration et aux finances. En 179ô, il présenta un projet d'amnistie qui fut adopté peu après. Il sortit du Couseil le 20 mai 1797.

Camus, qui déjà avait été nommé membre de l'Institut, reprit alors ses travaux littéraires, et s y livra sans interruption. Fidèle à la' cause de la liberté. Camus osa, au 10 juillet 1802, s'inscrire pour la uéiiative sur le registre des votes pour le consulat à vie. Napoléon, devenu empereur, lui cotisera sa place aux archives et à l'Institut. Camus préparait des matériaux précieux pour Pnistoire des départements reunis à la France, lorsque, le '2 novembre 180-4, il mourut. Il a laissé plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous mentionnerons : Lettre sur la profession d'avocat, et Bibliothèque choisie des livres de droit , 2 vol. in- 12, 1772 et 1777; Histoire des animaux d'Aristote. avec le texte en regard, 2 vol. in-4 ; Code judiciaire, ou Hecuril des décrets de ï' Assemblée nationale et constituante sur l'ordre judiciaire, 1792; Manuel d Epiciète , el tableau <i< Cebès, 1790 et 1803; Mémoire sur la collection des grands et petits voyages, in -4°, 1802; Histoire et procédés du polytypage et du stéréotypage , 1802; Voyage dans les

départements nouvellement réunis. Il a fourni aussi , dans le temps . un grand nombre d'articles au Journal des Savants et à la Bibliothèque historique de Fiance.

Camus (Ch. Et. L.), né à Cressy en Brie le 20 août 1099, montra de bonne heure les dispositions les plus heureuses pour les sciences mathématiques. Il concourut, à vingt-huit ans, avec Bou^ucr pour le prix proposé par l'Académie des sciences sur la manière la plus avantageuse de mâtev les vais- Seaujc. Il lut v aincii ; niais son travail fut juge si remarquable, que l'Académie l'admit immédiatement au nombre de ses membres. Camus fut du nombre des académiciens envovés dans le !So;d, pour déterminer la figure de ia terre. De retour en 1737, il communiqua deux ans après h l'Académie un ouvrage important sur fhydvaulique. Il mourut en 1768. Il était memnre de la Société royale de Londres, et srerétaire perpétuel de l'Académie d'architecture. Outre les ouvrages cités plus haut, il a publié : 1" plusieurs mémoires sur les forces vives , sur les dents des roues et les aites des pignons, insérés dans le recueil de l'Académie, années 1728 et 1733; 2° Cours de mathématiques , Taris, 1760, 1 vol. in-8*.

Camus (François), carabinier au 9e régiment d'infanterie légère, né à Reims en 1775, fut attaqué, à la bataille de Marengo, par une dizaine de hussards ennemis. Sans se laisser effrayer par le nombre des assaillants , il leur résista, parvint à en démonter deux, les fit prisonniers, et obligea les autres a prendre la fuite. Cette action lui valut un sabre d'honneur.

Camus (Fr. Jos. des) naquit le 14 septembre 1672, à Pichome , village près de Saint-Mihel , en Lorraine, fît ses études à Bar-le-Duc sous les jésuites, puis après être resté deux ans au séminaire de Verdun, alla cultiver à Paris son gortt pour la mécanique.

Plusieurs de ses machines furent approuvées par l'Académie des sciences, qui le reçut au nombre de ses membres eu 1710, mais l'exclut de son sein

pour cause d'absence en 1723. Après avoir été en Hollande faire l'essai d'une machine propre à soulager les rameurs, Camus fut forcé, en 1732, par son manque de fortune et le peu cl'encouragementqu'il reçut en France, de passer en Angleterre, où il mourut, on ne sait précisément à quelle époque. On a de lui : 1* Traité des forces mouvantes, 1722 , in-8°, ouvrage rare et curieux , qui donna lieu à une polémique entre l'auteur et le marquis de s mois: 2° Traité du mouvement accélère par des ressorts et des forces gui résident dans les corps en mouvement, inséré dans les mémoires de l'Académie des sciences, année 1728.

Des Camus contribua aussi à la nouvel le édition de la Mécanique de Varignon, donnée par de Beaufort, Paris, 1720, 2 vol. in-4°.

Camus (Jean Pierre) , évéque dé Bellev, né à Paris en 1582, se rendit/célèbre par la guerre acharnée qu'il fit durant toute sa vie aux moines mendiants , dont la fainéantise et les mauvaises mœurs avaient excité son indignation et vivement contrarié son zèle pour le bien de la religion. Dans ses écrits, dans la société, du haut de la chaire, partout il les poursuivait impitoyablement. A ses sarcasmes, les moines répondaient par des injures; si bien que , pour faire cesser la lutte , il fallut recourir à l'intervention du cardinal de Richelieu. « Je ne vous « connais , lui dit le premier ministre, « d'autre défaut que cet acharnement « contre lés moines , et sans cela je « vous canoniserais. » — « Plût à Dieu ! «lui répondit avec vivacité Camus; « nous aurions l'un et l'auire ce que « nous souhaitons ; vous seriez pape , « et moi saint. » Cette réponse suffit pour faire connaître le caractère du pieux évêque , qu'on peut juger encore Çar les titres de quelques-uns de ses écrits polémiques : c'étaient le Directeur désintéressé; la Désappropriation claustrale; le Rabat -Joie du triomphe monacal: les deux Ermites; le Reclus et l'Instable; C Antimoine bien préparé, 1632, in-8°, rare, etc. Cet infatigable écrivain a laissé plus de

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deux cents volumes écrits avec une singulière facilité, mais d'un style moitié moral , moitié bouffon , semé de métaphores bizarres et d'images gigantesques. N'oublions pas de dire que Camus fui surnommé le Lucien de tépiscopat pour \es romans pieux qu'il avait imaginé de composer comme contre-poison des romans profanes.

Quelques-uns d'entre eux , sans doute pour mieux soutenir la concurrence avec \9 Attirée, la Clélie, le Cyrus de volumineuse mémoire, sont écrits en six gros in-8° ; ils sont intitulés : Dorothée, Alcime, Spiridlon, Daphnide, Alexis, etc. On avait proposé a Camus plusieurs évêchés considérables qu'il refusa constamment. Après vingt ans de travaux , il se démit de son évéché , et se retira à l'hôtel des Incurables à Paris , pour y consacrer le reste de sa vie au service des pauvres , et y mourut en 1652, à l'âge de soixante et dix ans. Dans la longue liste de ses ouvrages, nous distinguerons encore les Moyens de réunir tes protestants avec l'Église romaine, Paris, 1703 : c'est ce que Camus a écrit de mieux; VEsprit de saint François de Sales (ami de l'auteur), Paris, 1641; Discours prononcés devant tes états généraux de 1614, Paris, 1615, in-8*.

Camus (Pî.), lieutenant au 16e régiment d'infanterie de ligne, né à Briôn,

f>rès Jo'gny, fut chargé, avec quelques lommes de sa compagnie, de défendre un passage au combat d'Amberg , le 21 août 1796. A peine a-t-il pris position qu'il est assailli par un parti considérable d'Autrichiens qui le somment de se rendre. «* En avant ! » crie alors Camus; et il fonce avec sa petite troupe sur le détachement, qu'il fait prisonnier.

Camus (N.), maréchal des logis au 20e régfment de chasseurs à cheval , né à Fismes (Marne). Étant en tirailleur avec le chasseur Robin , du même corps, dans la forêt de Saint-George, ils aperçurent un bataillon de grenadiers français faits prisonniers pendant la bataille de Hoheniinden: Camus et Robin se précipitent sur les Hongrois en criant: « Escadron , en avant! « A

L'UNIVERS

FRANCE

ce cri, les grenadiers français sautent sur les armes de leurs conducteurs épouvantés, s'en emparent, et les font prisonniers à leur tour. Dans ce moment, Camus et Robin s'avancent vers leurs frères d'armes, oui reconnaissent que le prétendu escadron se compose de deux hommes.

Camusat (Denis-Fr.), né à Besançon eu 1695, se fit connaître de bonne heure par une Histoire des journaux imprimés en France, publiée en 1716.

Retiré plus tard en Hollande , il y passa le reste de sa vie à écrire des ouvrages qui se ressentent, il est vrai, de P inconstance et de la précipitation naturelles à l'auteur, mais qui décèlent toujours l'homme d'esprit, et renferment une foule de recherches curieuses. Sans compter ses éditions des Mémoires pour servir à r histoire de Louis Xi t "par Vabbé Choisy, des Mémoires historiques de Mézeray, qui furent proscrits en France , des Poésies de Qhaulieu et de La/are, éditions publiées en Hollande de 1726 à 1731, on lui doit encore une Jiiblioihèaue française, ou Histoire littéraire' de la France, Amsterdam, 1723 et suiv., 3 vol. in-12; des Mémoires historiques et critiques , Amsterdam, 1722, 2 vol. in-12; des Mélanges de littérature , tirés des lettres manuscrites de Chapelain , Paris, 1726, in-12; la Bibliothèque de Ciacconius, avec des notes, Paris, 1731, in-fol.; enCn, l'Histoire critique des journaux, 1734, 2 vol. in 12, publiés par Bernard. Camusat mourut à Amsterdam en 1732.

Camusat ( Jean ) , imprimeur-libraire à Paris, se fit, au commenecmentdu dix-septième siècle, uneréputation par son savoir et le choix des ouvrages sortis de ses presses. L'Académie française , à sa création , le choisit pour son imprimeur, et le chargea plusieurs fois de répondre pour die aux lettres qui lui étaient adressées. Il assistait aux séances de cette assemblée , et y remplissait les fonctions d'huissier. Souvent même les académiciens se réunirent chez lui avant leur installation au Louvre. A la mort de Camusat, arrivée en 1639,

l'Académie lui fit célébrer un service funèbre, et lui donna pour successeur sa veuve, malgré la demande faite par Richelieu en faveur de l'imprimeur Cramoisi. Cette dame fut représentée par son parent, le médecin Duchesne, qui prêta serment pour elle, «et fut « exhorté , dit Pélisson , d'imiter la « discrétion, les soins et la diligence « du défunt. » Le recueil intitulé Négociations et traités de paix de Cateau-Cambresis a été publié par Camusat.

Camusat {Nicolas), savant chanoine de l'église de Troyes , né dans cette ville en 1575, mort en 1655, est auteur des ouvrages suivants : Prompt uarium sacrarum antiquitatum Tricassinœ diœcesis, Troyes, 1610, in-8°; une édition de YHistoria Jlbigensium de P. Des Vaux de Cernai, 1615, in-8°; Mélanges historiques . ou Recueil de plusieurs actes, traites, lettres, etc., depuis 1390 jusqu'en 1580, Troyes, 1619, in-8° : enlin, une édition des Mémoires divers touchant les différends entre les maisons de Montmorency A de Châtillon, écrits par Chr.

Richer, ambassadeur de François V et de Henri H en Suède et en* Danemark, Troyes, 1625, in-S°. Tous les ouvrages de Camusat, ces deux derniers "surtout, sont extrêmement curieux et recherchés.

Camusson ( Laurent ) , sergent à la 66' demi-bpgade de ligne, né à Prunav ( Marne), commandait en l'an vu, à '"affaire de Manheim , un peloton de neuf hommes, avec lesquels il tint en échec pendant trois quarts d'heure, au débouché d'un pont, un fort détachement d'Autrichiens: il se défendait encore lorsqu'une balle le frappa au front.

Cana ( combat de ). — Tandis que Napoléon pressait le si^ge d'Acre, de nombreux rassemblements d'Arabes, de Mameluks et de janissaires furent signalés à ÎNabious et sur les lords du lac de Tabarieh. Le 10 juin 1798, Napoléon envoya d'abord le général Junot en reconnaissance. Un premier combat eut lieu à Nazareth. Kléber accourut pour soutenir Junot , et leurs forces

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L'UNIVERS

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réunies rencontrèrent les ennemis a une lieue et demie de Cana. Kléber forme de sa petite armée deux carrés : aussitôt il est enveloppé par quatre mille hommes de cavalerie et six cents d'infanterie qui commencent à le charger.

Mais bientôt culbutés par le feu de nos carrés et chassés de toutes leurs positions, les Musulmans se retirent en désordre vers le Jourdain, où le manque de munitions empêche Kléber de les poursuivre.

Canada. — Les Anglais re?endi-

auent pour un de leurs navigateurs la écouverte du Canada. Selon eux, Sébastien Cabot découvrit, en 1497, tout le littoral de l'Amérique septentrionale, depuis le 34° jusqu'au 66° de latitude nord, sur l'océan Atlantique; mais , dans tous les cas , il se serait borné à reconnaître les côtes, et n'aurait pas pénétré dans le fleuve Saint- Laurent. Ce qui le prouve incontestablement, c'est qu'en 1534, lorsque Jac-

3 ues Cartier fut envoyé par François lrr ans le nord de l'Amérique, ce navigateur ignorait encore que I île de Terre- Neuve fil t séparée du continent, et qu'il prit d'abord l'embouchure du Saint- Laurent pour un golfe. Dès qu'il eut reconnu son erreur, il remonta le fleuve jusqu'à trois cents lieues de la mer, et prit possession du pays au nom de la France. On peut donc regarder le Canada comme une découverte française. Déjà, avant Jacques Cartier, le f lorentin Verazzano avait reçu de François lrr lu mission d'explorer ces parages.

Henri IV et Sully s'occupèrent de fonder des établissements sérieux au Canada, et, en 1G03, Champlain partit à la téte d'une expédition. En lt>07, Champlain jeta les fondements de Québec, qui devint la capitale de la colonie, et qui est aujourd'hui l'une des premières places fortes du nouveau monde. Son administration éclairée ayant donne à la colonie des chances de durée, le Canada reçut le nom de Nouvelle- France.

Le cardinal de Richelieu, qui avait à cœur le rétablissement de uotre marine et la prospérité des colonies, base

essentielle de tout développement maritime, arrêta sa pensée sur le Canada,

3 ni avait été l'objet de la sollicitude e François 1er, de Henri IV et de Sully. Malheureusement il livra la colonie à une compagnie particulière, qui fut investie de pouvoirs excessifs. Un règlement du 29 avril 1627 céda à cette compagnie , en toute propriété, lé fort et l'habitation de Québec , circonstances et dépendances, avec droit de justice et de seigneurie, à la charge d'en porter foi et hommage, et de présenter au roi et à chacun de ses successeurs, à leur avènement au trône, une couronne d'or du poids de huit marcs. La compagnie eut en outre le droit d'ériger des seigneuries, duchés, marquisats et baronnies, en prenant des lettres deconlîrmation.On lui donna la disposition des établissements formés ou à former, le droit de tes fortifier et de les régir a son gré, de faire la paix ou la guerre selon ses intérêts. A l'exception de la pèche de la morue et de la baleine, déclarée libre pour tous les Français, le commerce qui pouvait se faire par terre et par mer lui fut cédé pour quinze ans; la traite des pelleteries et du castor lui fut accordée à perpétuité. On prit l'engagement de taire passer tous les ans au Canada un certain nombre d'habitants de tous les métiers , de n'y transporter que des catholiques, et d'y envoyer le nombre d'ecclésiastiques nécessaires. Cette organisation, qui avait le tort de rendre la Nouvelle-France trop indépendante de la métropole, ne fut pas lavorable à son accroissement.

Avant de le garder pour toujours, l'Angleterre s'empara plusieurs fois du Canada. Déjà , du temps de Champlain, Québec fut pris et rendu a la paix. En 1G29, les Anglais se rendirent maîtres de tout le Canada ; la France le recouvra en 1031 , par le traite de Saint-Germain en Laye. Colbert adopta le même système que Richelieu, et la colonie retomba sous le joug du monopole. Pendant la guerre pour la succession d' Espagne, les A nglais s'emparèrent encore d'une partie du Canada .

Le traité d'Utrecht céda à l'Angleterre

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la Nouvelle-Ecosse ou l'Acadie, qui était une dépendance de la colonie canadienne. Dans ce même traité, la France ût abandon de la ville de Port- Royal, de Pile de Terre- Keuve; eqûu , l'Angleterre se ût reconnaître en possession de la baie et du détroit d'Uudson.

La fixation des limites entre les possessions de l'Angleterre riveraines de la mer d'Hudsoo et les possessions françaises du Canada, donna lieu a la guerre de 1756, qui fut terminée par le traite d'Aix-la-Chapelle, et pendant laquelle les Anglais prirent Louisbourg et file-Royale au cap Breton, que nous avait laissés la paix d'Utrecht. L'article 9 du traité d'Aix-la-Chapelle stipula la restitution de ces conquêtes.

Mais les hostilités ne tardèrent pas à être reprises , et cette nouvelle guerre maritime, corollaire de la guerre de sept ans, eut des suites désastreuses pour la France. Entre autres pertes, le traité de Paris, 10 février 1763, sanctionna celle du cap Breton et du Canada, qui depuis ont cessé de nous appartenir. La France, est-il dit dans ce funeste traité, ne pourra revenir contre cette cession, ni troubler la G rande- Bretagne, dans ses nouvelles possessions, sous aucun prétexte : le roi d'Angleterre accordera aux habitants du Canada la liberté de la religion catholique, et donnera les ordres fes plus précis et les plus effectifs pour que ses nouveaux sujets catholiques romains puissent professer le culte de leur religion , selon le rit de l'Eglise romaine, en tant que le permettent les lois de la Grande-Bretagne.

Ce ne fut pas sans de grandes peines et sans d'énormes sacrifices d'hommes et d'argent que l'Angleterre uous supplanta tant ae fois dans la possession du Canada , et finit par nous l'enlever pour toujours. Ces nombreuses attaques furent presque toujours neues avec oeaucoup d'énergie ; la suueriorite numérique des ennemis fut la principale cause de leurs succès; et depuis la belle défense de Champiain jusqu'à celle de Montcalm, qui ne céda qu'à la mort, la ville de Québec par ti-

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culièrement fut le théâtre d'une foule

d'exploits inouïs. ( Voyez Québec , Cbamplain et Montcalm.)

La mauvaise administration de la colonie et les dilapidations des employés contribuèrent aussi à notre ruine. Avant la conquête du Canada , il était souvent parvenu au ministre de la marine des rapports alarmants sur l'état où se trouvait cttte contrée.

« Tout le pays, lui écrivait-on, est « prêt à déposer des malversations qui « s'y sont commises et qui s'y corn met- « teut journellement , jugez-en par les * fortunes rapides qu'elles on t occasion- « nées. C'est aux deueus du roi qu'elles « sont faites; il épuisait ses forces pour « nous nourrir et nous donner la torce « de combattre à son service ; la faim a nous consume, et c'estde notre subs- « tance qu'on s'est eugraissé... » En 1762, une commission du Châtelet fut instituée à Paris, dans le but de soumettre à une enquête la conduite des employés les plus compromis. Le jugement qui fut rendu par cette commission reconnut que des sommes immenses avaient été dilapidées , et ordonna une restitution de douze millions dans le trésor royal. MM. Bigot, intendant, Varin, commissaire ordonnateur à Montréal, Bréard, contrôleur de la marine à Québec, convaincus d'avoir favorisé les malversations et les concussions mentionnées au procès, furent condamnes à six cent nulle livres de restitution envers le roi.

L'organisation politique de la colonie se prétait merveilleusement aux abus. Des l'origine, l'autorité du chef militaire et de ses lieutenants fut arbitraire et absolue. Le gouverneur avait le pouvoir de punir et d'absoudre ; il tenait dans ses mains les grâces et les peines, les récompenses et les destitutions, le droit d'emprisonner; il décidait arbitrairement et sans appel tous les procès qui s'élevaient entre les colons. Cette omnipotence, dont l'exemple fut si dangereux pour la métropole elle-même, se maintint avec toutes ses vexations, jusqu'en 1663. A cette époque, dans le but de remédier au mal , Colbert institua à Québec un conseil

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supérieur. Le gouvernement envoja successivement dans cette ville un intendant, un maître des eaux et forêts, et des juges subalternes de la police française. Le taux des impôts était exorbitant et nuisait aux progrès de l'agriculture. Suivant un editde 1663, la dime se composait du treizième de tout ce que produisait le travail des hommes, et du treizième de tout ce

Îuc la terre donnait sans culture, «e conseil supérieur de Québec prit sur lui , en 1667, de réduire ce tribut au vingt-sixième, réduction beaucoup trop laible, qui fut confirmée par un édit postérieur. Des seigneuries avaient été accordées à une foule d'individus, tant on avait cherché à appliquer à la colonie les lois de l'ancienne métropole. Ces grands propriétaires hors d état , par la médiocrité de leur fortune et par leur peu d'aptitude , de faire valoir leurs biens , les distribuèrent à des soldats vétérans , en s'en réservant la directe et toutes les servitudes féodales. Cependant , lorsqu'en 1663 la coutume de Paris , modifiée par des combinaisons locales, devint en quelque sorte le code civil du Canada, le morcellement des terres ne tarda pas à arriver. En effet, la coutume de Paris admettait dans les successions le partage égal des propriétés. La division des biens étant devenue extrême, le gouvernement français défendit, en 1745, d'entamer toute plantation qui n'aurait pas un arpent et demi de front sur trente ou quarante de profondeur. Tous ces changements successifs montrent que les affaires de la colonie étaient loin de prospérer. La source du mal était principalement dans le despotisme du gouvernement colonial et dans les charges qui pesaient sur l'agriculteur. Chaque colon recevait ordinairement quatre-vingtdix arpents de terre , et s'engageait à donner annuellement à son seigneur un ou deux sous par arpent, et un demi-minot de blé pour la concession entière ; il s'engageait à moudre à son moulin, et à lui céder, pour droit de banalité , la quatorzième partie de la

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farine ; il lui payait un douzième pour les lods et ventes, et restait soumis au droit de retrait et à une foule d'autres sujétions. Le clergé avait , en outre , de trop grands privilèges. La nlupart de ces usage* féodaux se sont perpétués au Canada, sous la domination anglaise, et y existent encore aujourd'hui.

La colonie française du Canada vécut généralement en bonne intelligence avec les sauvages du pays. Elle cultiva surtout l'alliance des Murons, qu'elle défendit contre les attaques des lroquois, leurs voisine, qui se montrèrent toujours moins l»aitablcs. Aussi les Hurous avaient-ils un grand attachement pour les Français, qui s'appliquaient à les éclairer, a les civiliser et a les convertir au christianisme. Il s'en faut que les Anglais soient aussi généreux à leur égard , et les lroquois n'ont pas plus à se louer de leurs traitements que les Hurous. L'orgueil britannique ne peut pas s'habituer à voir des hommes dans ces enfants de la nature. Leur vendre le plus possible, leur acheter quelquefois, les dépouiller toujours ou les exterminer, soit à l'aide des machines , soit à l'aide des liqueurs fortes, soit à l'aide encore de chiens féroces dresses exprès , tel est le svstème de relations que les Anglais ont adopté à leur égard. Ils en seront punis à la première atteinte que recevra leur puissance dans l'Amérique du bord. Le jour où la force viendra a leur manquer, les sauvages prendront leur revanche; et, s'il faut en croire les apparences, ce four n'est pas fort éloi-

5 né. Déjà les deux Canadas ont fait es tentatives de révolte; de nouveaux symptômes de mécontentement s'y manifestent. Le haut Canaaa surtout, presque exclusivement lrançais, attaché à notre langue et à nos mœurs , repoussant avec opiniâtreté la langue et les mœurs anglaises , paraît devoir s'émanciper avant peu. Lorsqu'il aura besoin d'assistance, le concours des naturels et celui des Ktais-bnis ne lui manqueront pas. Quel que soit son avenir, l'attachement que ses habitants ont conservé pour l'ancienne

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