‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 19 sur 96 · CL. , ETC.) H · texte numérisé non relu

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pouvait plus empêcher; il fixa un maximum pour le loyer des étaux, et décida qu un conseiller présiderait chaque année à leur location.

De fait , l'ancienne corporation de la Grande Boucherie n'existait plus, depuis que les propriétaires n'occupaient plus en personne leurs- étaux ; l'arrêt dout nous venons de parler, acheva de l'anéantir. En effet , il n'y eut plus dès lors aucune différence entre les propriétaires de cette boucherie, et ceux des autres boucheries de la ville; tous louaient également leurs étaux, et leurs locataires étaient également libres et affranchis de toute juridiction. Cette indépendance absolue ne pouvait durer longtemps, à une époque où aucune branche de l'industrie n'était abandonnée aux chances de la concurrence. Les locataires ou compagnons bouchers sentirent eux-mêmes les inconvénients de cet état exceptionnel, et ils furent les premiers a demander au roi des statuts qui leur furent en effet accordés par lettres patentes du mois de février 1587.

En vertu de ces lettres patentes, « tous les bouchers de la ville de Paris furent réunis en une seule et unique communauté, gouvernée par quatre jurés, dont la principale fonction consistait à visiter toutes les bêtes qui étaient amenées, tuées et exposées en vente dans la capitale, de façon

Ju'il n'y fût vendu aucune viande e bête morte ni malade , ou ayant été nourrie ès maisons d1 huiliers, barbiers y ou maladeries , sous peine de dix écus d'amende , auquel cas ladite viande devait être jetée aux champs ou à la rivière. » Nous ne transcrirons point ici les autres dispositions de ces statuts , qui ne cessèrent d'être observés qu'en 1789.

Nous citerons seulement, parm» les additions qui y furent faites à diflerentes époques , celle en vertu de laquelle les bouchers ne pouvaient être arrêtés pour dettes la veille ni le jour des marchés de Sceaux et Poissy. Enfin, nous mentionnerons les caisses établies dans ces deux villes,

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pour fournir à ces industriels les moyens d'acquérir plus facilement les bestiaux nécessaires à l'approvisionnement de Paris (*). Au moment ou la corporation fut abolie , on ne pouvait arriver à la maîtrise qu'après trois ans d'apprentissage, et autant d'années de compagnonage. Le prix du brevet était de deux cent deux livres, celui de la maîtrise de quinze cents livres.

Bouchbs-de-l'Elbe ( département des). Ce département, formé d'une partie de la basse Saxe, était borné au nord par le Holstein, à l'est et au sudest par le royaume de Westphalie , à l'ouest et au sud-ouest par le département des Bouches-du-Weser. 11 avait pour chef-lieu Hambourg," et formait quatre arrondissements, dont les chefslieux étaient Hambourg, Lubeck, Lunebourg, Stade. Sa population était de trois cent soixante-treize mille habitants. Enlevé à la France en 1814, il constitue aujourd'hui les républiques de Hambourg, de Lubeck, et le nordest du royaume de Hanovre.

Bouches-de-l'Escaut ( département des ). Ce département, formé.de la Zélande , était borné au nord par le département des Bouches-de-la-Meuse; à Test, par le département des Deux-Nèthes; au sud, parle département de l'Escaut ; et à l'ouest par la mer du Nord. Il était formé de*plusieurs îles, entre autres de celle tle Walcheren , avait pour chef-lieu Middelbourg , et était divisé en trois arrondissements, dont les chefs -lieux étaient Middelbourg , Gois et Zierickzée. Sa superficie était de soixantedouze lieues carrées, et sa population de soixante-quatorze mille habitants.

Ce département, enlevé à la France en 1814, forme aujourd'hui la province de Zélande dans la monarchie néerlandaise.

Bouches-dï-là-Meusb ( département des ). Ce département, formé de

(*) Le lecteur trouvera à l'article Caissi de Poissy, des détails plus étendus sur cette utile institution, qui subsiste encore aujourd'hui.

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la Hollande méridionale, était borné au nord et au nord-est par le département du Zuiderzée, à t'est par le département de l'Yssel-Supérieur, au sud par les départements des Deux-Nèthes et des Bouches-de-l'Escaut, à l'ouest par la mer du Nord. Il avait pour chef-lieu la Haye, et était divisé en quatre arrondissements, dont les chefslieux étaient la Have, Dordrecht, Rotterdam , et Middelharnis dans l'île de Fiakkée. La France perdit en 1814 ce département, qui forme aujourd'hui dans la monarchie néerlandaise la province de Hollande méridionale.

Bocches-du-Rhin ( département des ), formé du Brabant hollandais, et borné au nord par l'Yssel-Supérieur , à l'est par les départements de la Roër et de la Meuse-Inferieure, au sud par la Meuse-Inférieure, et à l'ouest par les Deux-Nèthes. Il était divisé en trois arrondissements , dont les chefs-lieux étaient Bois-le-Duc, résidence du préfet, Eindhoven et Piimègue. Ce département, enlevé à la France en 1814, fait aujourd'hui partie du royaume de Belgique.

Bouches-du-Rhône ( département des). Ce département doit son nom aux embouchures par lesquelles le Rhône se jette dans la Méditerranée. Ces embouchures ont souvent changé de nombre et de direction ; c'est ce que prouve la diversité des opinions des anciens à leur égard. En effet, Polybe en compte deux; Pline et Artémidore trois; Timée cinq; d'autres, suivant Strabon , portaient ce nombre à sept.

Ces embouchures s'appellent aujourd'hui grâces en provençal, et gras en languedocien. On en compte encore sept, qui portent les noms de gras Rhodanet (branche occidentale du fleuve), et gras de Foz, de Fer, de la Brigue, de Periche, du Midi et du Sauzet. Les six derniers sont des subdivisions de la branche orientale.

Le département des Bouches-du- Rhône est borné au nord par le département de Vaucluse , à l'est par le département du Var, au sud par la Méditerranée, et à l'ouest par le département du Gard. Sa superficie esl

de 6091,60 kilomètres carrés, et sa population de 362,325 habitants. Il est divisé en trois arrondissements , dont les chefs-lieux sont Marseille, Aix et Tarascon. C'est à Marseille que se trouve la préfecture. Ce département est compris dans l'archevêché d' Aix; il dépend de la huitième division militaire, de la seizième conservation forestière , et ressortit à la cour royale d'Aix. Il paie 2,731,405 fr. de contributions directes, sur un revenu foncier de 23,588,000 fr., et envoie six députés à la chambre. Les hommes les plus remarquables nés dans ce département sont l'abbé Barthélémy, Brueys; les érudits Cary, Gibert, Ménard ; l'ingénieur Adam deCrapone; le généalogiste d'Hozier, Honoré d'Urfé, Dumarsais, Vauvenargues, Mascaron, Massillon, Mirabeau, Nostradamus; les amiraux Suffren et Forbin ; le voyageur d'Entrecasteaux ; les botanistes Adanson , Tournefort et Plumier; le sculpteur Puget ; le peintre J.-B. Van Loo, etc., et parmi les contemporains, MM. de Pastoret, Eyriès, Thiers, Mignet, Barthélémy, Méry, Capefigue, Amédée Pichot, Reynaud, le comte de Forbin, etc. A cette 'liste on peut encore ajouter le Romain Pétrone.

Bouches-du-Weseb (département des) , formé d'une partie de la basse Saxe, était borné au nord par la mer du Nord, à l'est par le département des Bouches-de- l'Elbe , au sud par le royaume de Westphalie, et à l'est par les départements de l'Ems-Supérieur et ae PEms-Oriental. Il était divisé en quatre arrondissements, dont les chefs-lieux étaient Brème , qui possédait la préfecture, Bremerlehe, Nienbourg et Oldenbourg. Repris par les alliés en 1814, il forme aujourd'hui la république de Brème et une partie du duché d*01denbourg et du royaume de Hanovre.

Botjches-de-l'Yssel (département des ). Ce département, formé de la province hollandaise d'Over - Ysscl , était borné au nord par les départements de la Frise et de 1 Ems-Occidental , à l'est par le département de la Lippe , au sud par le département de l'Yssel-

Supérieur, et à l'ouest par le golfe du Zuiderzée. Il était divisé en trois arrendissements, dont les chefs-lieux étaient Zwol , chef-lieu du département , Almeloo et Deventer. Depuis 1814 , ce département appartient à la Hollande.

Bouchet (le), seigneurie de l'Ilede-France (aujourd'hui département de Seine-et-Oise), érigée en marquisat en faveur du célèbre Duquesne.

Bouchet (Claude-Antoine) naquit le 17 février 1785, à Lyon , où son père, élève et pensionnaire de Desault , exerçait avec distinction la médecine. A l âge de quatorze ans il entra à l'école vétérinaire , dont il fut l'un des élèves les plus distingués, et suivit en même temps les cours de l'Hôtel-Dieu, où il obtint , après trois années d'études anatomiques, la première place au concours d'internat. A dix-sept ans, il alla continuer, à Paris, ses études médicales. Il n'avait pas vingt et un ans lorsqu'il apprit que le concours pour la place de chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Lyon allait s'ouvrir. Il s'y présenta avec une assurance qui n'était pas de la présomption , car il s'était préparé , par de graves et sérieuses études, au combat scientifique qu'il allait soutenir. Jamais triomphe ne fut aussi complet que le sien. Cependant il sut faire excuser sa supériorité par une modestie réelle, et par cette douce affabilité dont le véritable savoir est toujours accompagné. Le 1er janvier 1812, il prit possession des fonctions qu'il venait de conquérir ainsi, et, a peine installé , il apporta dans sa pratique de précieuses améliorations. Le premier, il introduisit dans la chirurgie la méthode de réunion par première intention après les amputations , méthode adoptée depuis par tous les chirurgiens. Il inventa la gouttière brisée pour les tumeurs blanches du genou , ainsi qu'un instrument pour exciser les tubercules cancéreux dans les parties profondes. Bouchet était doué d'une adresse et d'une dextérité extrêmement remarquables. Bornés par l'espace, nous ne pouvons le suivre dans les nombreux travaux d'hô-

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pital qui lui acquirent une réputation si brillante et à la fois si méritée.

Nous citerons cependant une de ces opérations capitales qui , par la nouveauté, la hardiesse, le génie de leur conception, placèrent le chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon au plus haut rang de la chirurgie française. Un Espagnol se présenta dans son service, affecté d'un anévrisme de l'artère crurale à la région de l'aine. Il n'y avait qu'une seule chance de sauver le malade ; c'était de faire la ligature de l'artère iliaque primitive : cette opération n'avait été pratiquée qu'une fois par Astley Cooper, et la majade en était morte. Cet exemple ne découragea pas Bouchet , qui pratiqua cette opération et réussit.

En 1814, lorsque Lyon tomba au pouvoir des Autrichiens , Bouchet lit sortir de l'hôpital dix-huit soldats français, après leur avoir donné des habits d'artisans, et les empêcha ainsi de devenir prisonniers des Autrichiens. Cet acte de patriotique bienfaisance ne fut pas le seul de sa vie. Ce fut le même sentiment qui l'engagea à refuser la décoration que le comte hongrois Smideck lùi offrit au nom de l'empereur d'Autriche, en récompense des soins qu'il avait donnés, en 1814 et 1815, aux blessés des armées alliées. C'est aussi par amour pour sa ville natale qu'il refusa la place de médecin de l'empereur que Napoléon lui avait fait offrir.

Enfin, à cinquante-quatre ans, Bouchet termina une vie si bien remplie; il mourut le 25 novembre 1839, ne laissant pas la fortune qu'auraient pu lui assurer ses longs et honorables travaux : sa bienfaisance ne lui avait pas permis d'amasser.

Bouchet (Guillaume), né à Poitiers, en 1526, fut libraire dans cette ville et devint prévôt des marchands.

Sa vie , qui se passa dans sa boutique et dans le conseil des prud'hommes , n'est pas connue ; mais il a laissé un livre qui peut figurer auprès du Cymbalum de Desperriers et du Moyen de parvenir de Beroald. Bouchet plus d'une fois citePanurge et Pentagrnel,

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et en effet les interlocuteurs de ses Sérées sont bien des élèves de Rabelais. Les Sérées sont des entretiens à l'usage des personnes qui veulent agréablement passer les loisirs de l'après-dîner. Il y en a pour tous les goûts; «car j'aime aussi bien, dit « l'auteur , choses de risées , que les « plus doctes et les plus sérieuses. » « Ces entretiens, ojoute-t-il- encore, « seront profitables à toute personne « mélancolique et joviale. » Du reste, il garantit au lecteur, foi de marchand, « qu'il a garni son livre des meilleures « étoffes qu'il eût en sa boutique. » Il est fâcheux que bien souventses étoffes portent des dessins d'une obscénité révoltante. La pudeur n'y est guère

I)lus respectée par les femmes que par es hommes. Peut-être faut-il s'en prendre à l'époque elle-même, dont le cynisme est étalé non-seulement dans des livres, mais encore gravé sur bien des médailles. Puis, à côté de ces quolibets grossiers , de ces plaisanteries indécentes, se trouvent çàet là quelques détails curieux d'érudition. Après une plaisanterie de mauvais goût, on est tout étonné de rencontrer les graves noms d'Hésiode, de Périclès, de Démosthène, de Cicéron. C'est bien là l'esprit plaisant et sérieux à la fois du seizième siècle. Cette peinture de mœurs est, sans contredit, le plus grand mérite de Sérées. Autrement, Bouchet n'avait pas le droit, quoi qu'il en ait dit , de se promettre la postérité. Il y a de l'abondance et de la gaieté dans ses dialogues ; mais cette gaieté est travaillée, étudiée ; mais cette abondance dégénère en un bavardage fatigant ; enfin, le désordre de ses pensées est beaucoup plus un défaut réel de composition que l'imitation adroite des détours capricieux de la conversation. Bouchet mourut fort âgé, en

Bouchet (Jean), né à Poitiers, en 1476 , montra de bonne heure un vif amour pour la poésie ; et, au milieu des embarras d'une charge de procureur, il ne cessa pas de faire des vers, et il en fit de nombreux. Poète dès vingt ans (car il présenta, en 1496, quelques produc-

tions à Charles VIII), il composa jusqu'à 1550, où il mourut, une foule d'ouvrages aujourd'hui oubliés, mais qui obtinrent alors un brillant succès, et méritent une place dans l'histoire de la littérature, parce qu'elles marquent un progrès dans la versification. Bouchet astreignit le premier ses compositions à un mélange alternatif de rimes masculines et féminines. Ce fut , du reste, la seule innovation qu'il introduisit, et il se traîna sur les traces des poètes allégoriques et érotiques qui l'avaient précédé. Lts titres de ses poésies sont :

le Regnard traversant les voies périlleuses des folles fiances du monde, où l'on veut voir, àtort, une traduction de l'ouvrage de Brandt, de Spectaculo conflictuque vulpium ; le Chapelet des princes; le Triomphe de la noble et amoureuse dame en l'art d'honnêtement aimer ; la Fleur et le Triomphe de cent cinq rondeaux; V Amoureux transy, et les Jugements poélics de l'honneur féminin. Dans quelquesunes de ses pièces, il mêle les verset la prose : à ce genre bâtard se rattache le Panégyrique du chevalier sans reproche, Louis de la Trémouille.

Cette pièce se recommande par l'intérêt que présentent quelques détails historiques. Du reste, Bouchet fut historien ; il écrivit Y Histoire et les chroniques de Clotaire; les Anciennes et les modernes généalogies des anciens rois de France; enGn , les Annales d'Aquitaine et Antiquités du Poitou.

Dans ces ouvrages, ou se trouvent tant d'erreurs , où se croisent bien des assertions qui prouvent la naïveté de l'auteur et sa bonne foi, beaucoup plus

Îjue son goût, témoin le passage où il ait venir les Poitevins de je ne sais quelle colonie troyenne, on rencontre aussi des détails curieux et positifs qu'on peut lire avec profit. Bouchet , dans ses poésies, nous apparaît comme un homme de bien ; ses histoires nous font voir en lui un homme crédule , mais sincère ennemi de tout ce qui n'est pas vrai; qui peut se tromper, mais ne ment pas. C'était, de plus, un homme instruit, et la variété de ses connaissances se montre surtout dans

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ses Épîtres morales et familières.

Sort style, en général , ne manque pas d'énergie; mais du reste il a tous les défauts de l'époque , la prolixité, l'absence de méthode , et quelquefois l'affectation.

BoucnET(Jean du) , né en 1599, mort en 1684, est auteur des ouvrages suivants : Véritable origine de la seconde et troisième lignées de la maison de France , Paris, 1646 et 6t, in-fol. ; Histoire généalogique de la maison de Courtenay , Paris, 1661, in-fol.; Preuves de l'histoire généalogique de la maison de Coligny , Paris, 1662, in-fol. ; Table généalogique des comtes d'Auvergne, 1665, in-fol. ; Table généalogique des anciens vicomtes de la Marche , Paris, 1682, in-folio; enfin, une édition avec des notes et des additions de V Histoire de Louis de Bourbon , premier duc de Montpensier, par Coustureau, Rouen, 1642, in-4°. Tous ces ouvrages sont précieux à cause des recherches qu'ils contiennent , et des pièces nombreuses qu'on y trouve.

Bouchbtel ou Bochetel ( Guillaume ), né dans la province de Berry, secrétaire du roi François Ier, fut chargé par ce prince , et par Henri II, de plusieurs missions importantes; il mourut en 1558. On lui a attribué Y Ordre et forme de Ventrée de la reine Eléonore d? Autriche en la ville de Paris , et de son sacre et couronnement à Saint-Denis y le 5 mars 1510. Cet ouvrage a été publié en 1532.

Bouchotte (*) (Jean-Baptiste-JSoël) naquit à Metz en 1754. Entré, à l'âge de seize ans, dans la carrière militaire, il était lentement arrivé au grade de capitaine de cavalerie lorsque la révolution éclata. Il ne tarda pas à être élevé au grade de colonel.La réputation d'ordre, de probité et de désintéressement qu'il s'était acquise, appelait déjà l'attention sur lui. Après la trahison de Dumouriez et de son état-major, il se signala de nouveau en empêchant la ville de Cour-

(*) Cel article est extrait de la notice nécrologique publiée sur ce grand citoyen , daus le National, numéro du ao juin :84o.

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trai de tomber au pouvoir des Autrichiens dont les traîtres guidaient les drapeaux. Cet éminent service fut apprécié par la Convention ; et , dans la séance du 4 avril 1793, elle l'appela par un vote unanime à remplacer, comme ministre de la guerre , Beurnonville, que Dumouriez venait de livrer à l'ennemi.

Jamais administration de la guerre ne fut aux prises avec des circonstances plus solennelles et plus périlleuses. Tous les services étaient désorganisés ; on manquait d'armes et de munitions ; les frontières étaient entamées sur tous les points; l'insurrection de la Vendée menaçait de déborder la France : Bouchotte , par son zèle, par son activité, aida puissamment le comité de salut public à improviser, organiser et approvisionner nos armées ; et c'est le nom modeste de Bouchotte qu'on lisait au bas des promotions accordées à des noms illustres : Masséna , Kléber, TMoreau , Dugommier, Marceau , Augereau, Lefèvre, Pérignon , Serrurier, Desaix, Abatucci, Bernadotte , Bonaparte luimême, et plus de quatre-vingts généraux, dont la plupart occupent une place si brillante dans les fastes militaires. C'est dans les situations difficiles que s'éprouvent la capacité et le courage : Bouchotte conserva le ministère de la guerre au milieu des circonstances les plus graves où jamais nation se soit trouvée; il l'exerça avec fermeté, prudence et dévouement, un an entier, jusqu'au l*r avril 1794, époque à laquelle , dans le but de concentrer davantage l'action gouvernementale, les différents ministères furent supprimés, et remplacés par des commissions exécutives.

Bouchotte avait pris une part trop active à la grande lutte de 1793, pour ne pas devenir l'objet de la haine et de la calomnie. Les accusations contradictoires auxquelles il fut en butte peuvent faire juger de la justice de ses ennemis. Pendant la terreur, Bouchotte fut accusé d'avoir fait crier :

Vive le roi, et de favoriser la contrerévolution. Plus tard, après le 9 ther-

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mitlor, les réacteurs persécutèrent Boucholte comme terroriste ; il pouvait se consoler de partager cette infortune avec Ça mot, Robert Lindet, Prieur, etc.. Il fut arrêté, détenu pendant treize mois , et remis en liberté sur une lettre de l'accusateur public près le tribunal criminel d'Eureet-Loire : « Je fais observer, disait ce

• magistrat , que nulle pièce à charge « ne m'est parvenue, et que je ne puis « mettre en jugement un citoyen con-

• tre lequel il est impossible de baser

• un acte d'accusation.» On poussa l'acharnement contre Bouchotte jusqu'à jeter des doutes sur sa probité , et à l'accuser d'être reliquataire de plusieurs centaines de millions envers i Rtat. Mais le désintéressement de Boucbotte se révélait par des faits trop éclatants pour que de pareilles accusations pussent porter atteinte à sa renommée. Colonel à son entrée au ministère , il quitta ses fonctions avec le même grade. Jamais ministre ne fit de plus nombreuses promotions d'officiers généraux et ne songea moins à lui-même.

Rendu à la vie privée, Bouchotte se retira à Metz, sa ville natale, et ses concitoyens purent juger, par la simplicité de sa vie et par la médiocrité de sa fortune, si, durant son ministère, il fut plus préoccupé du soin d'augmenter son patrimoine que de s'avancer dans la carrière militaire. Nous doutons que l'homme oui fut jugé digne par la Convention a'étre à la tête de l'administration de la guerre, au moment des plus grands périls de la patrie , ait réuni les conditions de fortune exigées depuis pour être électeur. Bouchotte mourut à Metz , en 1840. Souvent persécuté, méconnu, oublié, il supporta tout avec la résignation d'un sage, et ne varia, à aucune époque de sa vie, dans son attachement aux principes de la révolution. Bouchotte a joué un rôle important au milieu de la génération forte et héroïque à laquelle nous devons notre civilisation et notre puissance.

D mérite d'avoir une place dans les souvenirs de la patrie.

Boucicaut.— Jean le Mai ogre Boucicaut naquit à Tours , en 1364. Son père , qui s'appelait aussi Jean le Maingre , fut le premier de la famille qui porta le nom de Boucicaut. Il était maréchal de France lorsqu'il fut choisi comme un des négociateurs du traité de Brétigny. Le jeune Boucicaut n'avait que trois ans au moment où son père mourut. Charles V, vers la fin de son règne, l'appela tout jeune encore pour le placer auprès de son fils, le dauphin, oui fut depuis Charles VI. Il était âgé ae douze ans à peine lors-

3u'il lit sa première campagne. Le uc de Bourbon lui donna des armes et remmena à sa suite en Normandie où il allait faire la guerre aux Anglais. 11 servit alors sous Duguesclin, le duc de Bourbon et le duc de Bourgogne. Boucicaut, qui avait étudié autant qu'un jeune homme de bonne famille pouvait le faire à cette époque, employa les loisirs de la paix à composer des poésies légères. C'étaient des ballades , rondeaux ou virelets qu'il taisait pour Antoinette de Turenne, dame qu'il aimait éperdument et que plus tard il épousa. En 1382, il suivit le roi Charles VI en Flandre, et il assista à la bataille de Rosebecq. Dans cette bataille il poignarda, ait-on, de sa propre main, un ennemi qui se distinguait de tous les autres par sa force et sa haute stature. Sa passion pour les armes l'entraîna bientôt hors de France , et il alla au secours des chevaliers de l'ordre teutonique qui combattaient contre les barbares du INord. Puis , il rentra dans son pays où il accompagna dans le Poitou et la Guienne le duc de Bourbon qui l'avait fait son lieutenant. Il se distingua alors dans plusieurs combats singuliers qu'il soutint contre des Anglais. Charles VI lui donna d'abord une compagnie de cent hommes d'armes, et le lit ensuite maréchal de France. Boucicaut n'avait que vingt-cinq ans. Dans l'année 1396, il lit partie de cette troupe de chevaliers français qui allaient défendre le roi de Hongrie contre les attaques du sultan Bajazet. Ses compa-

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gnons , parmi lesquels se trouvait le comte de Nevers, qui fut depuis Jean sans Peur, duc de Bourgogne , le choisirent pour chef de l'expédition. Dans la désastreuse journée de Nicopolis , il devint prisonnier de Bajazet. 11 se racheta , et contribua puissamment à rendre la liberté au comte de Nevers en réduisant , par ses habiles négociations, la somme qui devait servir de rançon à l'illustre prisonnier. En 1400, Boucicaut revint en Orient pour défendre, encore contre Bajazet , l'empire de Constantinople. Mais l'invasion de Tamerlan délivra l'empereur Manuel de son plus redoutable ennemi, et le maréchal rentra en France. Il arriva , vers cette époque , qu'après une longue«série de dissensions la ville de Gènes se donna au roi Charles VI. En 1401, Boucicaut fut envoyé pour la gouverner. Son administration fut habile; il donna à Gènes la paix au dedans et la gloire au dehors ; il assura son commerce par ses victoires sur les flottes vénitiennes et par la crainte qu'il inspira aux corsaires infidèles. Il était gouverneur de Gènes depuis dix ans lorsqu'il repassa les Alpes. En 1415, Boucicaut assista à la bataille d'Âzincourt. Fait prisonnier, il fut conduit en Angleterre où il mourut en 1421. Son corps fut rapporté au lieu où il avait pris naissance et placé derrière le chœur de l'église de Saint-Martin de Tours.

Boucret (N.) , général de division de l'armée républicaine , fut employé en 1793 dans la Vendée, et combattit à Antraim et à Angers. Le général Boucret commandait à Belle-Ile-en- Mer en 1795. L'amiral anglais Waren le somma de rendre la place, en l'assurant qu'il était autorisé , par Louis XVIII , à lui promettre protection et récompense , s'il voulait la livrer. J'ai des vivres et de V artillerie, répondit-il; "plutôt que de remettre Belle-Ile je m'ensevelirai sous ses ruines. Waren , frappé de cette réponse énergique , se retira. Le général Boucret, qui fit la campagne de 1799 , en Italie , se trouvait , le 20 juin , avec

douze cents hommes environ, dans Brescia. Les Autrichiens le forcèrent ; de capituler , et il fut fait prisonnier avec sa troupe. Nous ignorons ce que Boucret devint depuis cette époque.

Boudet (Antoine), né à Lyon, imprimeur-libraire à Paris, mort en 1789.

On lui a attribué un Recueil des sceaux du moyen âge, avec des éclaircissements^ publie en 1779, in-4°. Il fonda, en 1745, une nouvelle collection des Affiches de Paris, des provinces et des pays étrangers.

Boudeville , caporal à la 14e de ligne , né dans le département de Seine-et-Oise. L'armée française attendait sous les armes le choc d'une colonne ennemie, le 7 germinal an vu, quand un boulet vient emporter une cuisse à ce brave sous -officier : il ' tombe ; mais bientôt , apercevant les troupes autrichiennes à peu de distance de nos rangs, il se redresse, fait deux décharges de son fusil , tue un porte-drapeau , et rend le dernier soupir.

Boudieb-de-Viixemebt (Pierre- Joseph), avocat au parlement de Paris, a publié un assez grand nombre d'ouvrages, dont le plus estimé, VAmi des femmes, 1 758, in-1 2, a été traduit en plusieurs langues. Boudier est mort au commencement de ce siècle.

Boudièbb (François), soldat, né dans le département de la Charente- Inférieure, se jeta, pendant la bataille de Marengo , au milieu d'un parti de cavalerie , pour en arracher son officier, qu'il parvint à dégager, après avoir tué un hussard qui se disposait à le sabrer.

Boudot (Jean), imprimeur, qui s'est fait une sorte de célébrité en publiant en 1704 un Dictionnaire latin-français , qui a longtemps été en usage dans nos écoles. Ce n'était cependant qu'un abrégé d'un Dictionnaire manuscrit, en 14 vol. in-4°, composé par Jean-Nicolas Blondeau , inspecteur de l'imprimerie de Trévoux. Boudot mourut à Paris en 1706. — Son fils aîné , qui porta le même nom que lui, et exerça aussi la profession d'imprimeur , est connu comme un des plus

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savants bibliographes du dix-septième siècle. — Son second fils, labbè Boudot (Pierre-Jean), fut aussi un bibliographe distingué , et rédigea avec Tabbé Sallier les catalogues de la bibliothèque du roi. Il publia en 17G8, en société avec L. F. C. Marin , la Bibliothèque du Théâtre-Français, Dresde-Paris , 3 vol. in-8° , ouvrage longtemps attribué au duc de la Vallièrfe. En 1755, il avait fait paraître un Essai historique sur l'Aquitaine , in-8° de trente-deux pages ; et dix ans après , en 1765 , un Examen des objections jaites à V Abrégé chronologique de l'Histoire de France , in-8°.

L'auteur de l'article qui lui est consacré dans la Biographie universelle lui attribue à tort l'ouvrage même du président Hénault. L'abbé Boudot mourut à Paris en 1771 ; il était né dans cette ville en 1689.

Boue (Jean-Baptiste), lieutenant au 57e régiment de ligne, né à Saint- Girons, Ariége. A l'affaire qui eut lieu le 20 décembre 1794, à Bagnol, un bataillon de la 57e demi-brigade ayant été obligé de céder à des forces supérieures, Boué, alors sergent, se jeta à la mer pour sauver le drapeau qu'il portait, et le mit en pièces pour qu'il ne tombât pas au pouvoir des Espagnols. Le 30 mai 1803, il fut récompensé par un sabre d'honneur. Parvenu au grade d'officier, Boué, gui était entré au service en 1792, a fait avec honneur toutes les guerres de la révolution, jusqu'en septembre 1813.

Bouellks, Bouilles ou Bouvelus, en latin Bovillus (Charles de), chanoine et professeur de théologie à Novon, auteur de plusieurs ouvrages recherchés des curieux, pour leur singularité, était né à Sancourt, près Ham, Picardie, en 1470; il mourut à Royon, vers 1553. Les plus curieux de ses ouvrages sont les suivants : Liber de inteuectu, de sensu , de nihifo," Ars oppositorum; De generatione;

sapiente; etc.... Paris, Henri Etienne, 1510, in-fol. Commentarius in primordiale Evangelium Joannis; fita Remundi eremitae (Raymond toile); Philosophicœ et Historien epis-

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ioke, Paris, 1511 et 1514, io-4«. La Vie de Raymond LUlle contient des détails intéressants. Proverbiorum vulgariorum libri très, Paris, 1531, in-8° : ce livre, où les proverbes sont en français, et leur explication en latin, est très-recherché. Liber de differentia vulgarium linguarum et gallici sermonis varietate, Paris, Robert Etienne, 1533, in-4°.

Bouette de Blemur (Jacqueline), religieuse bénédictine de Caen, née dans cette ville, en 1618, morte en 1696, a publié l'Année bénédictine, ou f ies des Saints de V ordre de Saint- Benoit pour tous les jours de Vannée, 1667-73, 7 vol. in-4% et plusieurs ouvrages ascétiques, assez remarquables sous le rapport du style.

Bouffarick (défilé de), situé au centre de l'outhan ou district de Beni- Khalil, sur la route d'Alger à Belida.

On y arrive par le pont d'Oued el Kerma.' Le maréchal de Bourmont, pendant son expédition de Belida, traversa le premier ce défilé, que de nombreux combats ont rendu depuis si célèbre.

Bouflers, terre et seigneurie dans le Beauvoisis,à9 kilomètres de Beauvais, érigée en comté en 1640, en marquisat, puis en duché en 1695.

Bouflers (maison de). Cette ancienne famille, originaire de Picardie, remonte à Bernard, seigneur de Bouflers, Morlai et Campi^neulles, qui vivait en 1133. Après lui nous citerons Guillaume de Morlai, seigneur de Bouflers, qui, en 1239, suivit, avec son fils Henri,\e roi saint Louis à la croisade. Guillaume II, fils de Henri , accompagna, en 1266, Charles d'Anjou à la conquête de Naples, et se distingua à la bataille de Bénévent. Son petit-fils, Aleaume Ier, se signala à la bataille de Mons en Puelle, en 1304. Aleaunielï, petit-fils d'Aleaume Ier, combattit courageusement les Anglais à Azincourt, où il fut fait prisonnier.

Dans les guerres des Armagnacs et des Bourguignons, la famille de Bouflers se prononça pour ces derniers.

David, fils du précédent, se trouva dans l'armée qui assiégea Paris sous

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lesxwdres de Jean sans Peur. PierreUi son frère, fut député par le duc Philippe le Bon à Charles VII pour traiter de la paix qui fut conclue à Arras. Depuis cette époque, Pierre de Bouflers se montra l'un des plus zélés défenseurs de la France contre les Anglais, qu'il força de lever le siège de Dieppe, et auxquels il enleva Gerberoi en 1449. Il aida ensuite Charles VII à

E rendre Falaise et à soumettre toute l Normandie. Après l'expulsion des Anglais, il servit, comme vassal, les ducs de Bourgogne contre les Gantois (1453), et deux de ses fils périrent avec le Téméraire à la bataille de Nancy (1477). Jacqves Ier, son fils, se distingue à la première bataille de Guinegate. Adrien Ie*, fils de celui-ci, parut avec honneur dans toutes les batailles de son temps, et surtout à Pavie ; il avait commencé à servir en 1513 et mourut en 1585. Son fils, Adrien II, se distingua dans les guerres-de religion : il se trouva aux journées de Saint-Denis, de Montcontour, d'Auneau, et pendant la ligue resta fidèle à Henri in et à Henri IV; il mourut eL 1622. Son frère Louis était surtout célèbre par sa force musculaire; ir enlevait de terre un cheval et le portait dans ses bras. Nul ne pouvait lutter contre lui. Il sautait tout armé sur son cheval sans se servir de l'étrier, et courait plus vite qu'un cheval d'Espagne» Ce vigoureux gentilhomme fut tue d'un coup d'arquebuse en 1563, à l'âge de 19 ans. François Ier, fils d'Adrien II, se trouva au siège de Casaleet de Trêves, et mourut en 1670.

Louis-François , duc de Bouflers , son arrière-pe'tit-fiis, naquit le 10 janvier 1644. Il fit ses premières armes au siège de Marsal, 1663, sous le nom de chevalier de Bouflers, servit tour à tour sous Coudé, Turenne, Créqui, Luxembourg et- Catiuat , prit part à l'expédition de Gigeri, en 1664; fit avec Turenne la campagne de 1672, eut, de l'aveu de ce grand homme, la meilleure part au gain de la bataille de Eusheim (1673), et se distingua dans toutes les campagnes d'Allemagne, depuis cette année jusqu'en 1678.

C'est pendant le cours de ces campagnes qu'il obtint le grade de lieutenant général. De 1688 à 1697, il servit encore avec éclat sur le Rhin, dans les Pays-Bas, et acquit la réputationd'un habile tacticien. Il avait été fait maréchal de France en 1693. Pendant la guerre de la succession d'Espagne, il commanda, dans les Pays-Bas espagnols, l'armée de Flandre, arrêta les ennemis en remportant, en 1703, sur les Hollandais, la victoire d'Ekaren, se renferma à Lille, menacé par le prince Eugène, après la perte de la bataille d'Oudenarde, et fit toutes les dispositions nécessaires pour une vigoureuse défense. Cette place fut investie le 12 août ; il ne la rendit que le 25 octobre pour se renfermer dans la citadelle, où il se défendit jusqu'au 11 décembre. Cette héroïque défense valut au maréchal de Bouflers le titre de duc et pair. Peu après, il se trouva à la bataille de Malplaquet sous le maréchal de Viliars. Il commanda l'aile droite où il fut vainqueur, et remplaça Viliars après que celui-ci eut été blessé.

Obligé de céder le champ de bataille, Bouliers fit une retraite admirable, pendant laquelle il enleva 30 drapeaux à l'ennemi. Ce fut son dernier exploit; il mourut le 22 août 1711, à Fontainebleau, âgé de 68 ans.

Son fils, Joseph- Marie, duc de Bouliers, naquit en 1706. Il se distingua par ses talents militaires pendant les guerres du règne de Louis XV; il était maréchal de camp à la retraite de Bohême et à la bataille de Dettingen.

Devenu lieutenant général, il se trouva aux batailles de Fontenoi, de Raucoux , et fut ensuite chargé de commander les troupes que Louis XV envoyait au secours de la république de Gênes, attaquée par les Impériaux.

Il mourut dans cette expédition le 2 juillet 1747.

Bouflebs (Stanislas de) , né à Lunéville en 1737. Il fut un des hommes d'esprit que goûta le plus la brillante «t frivole société du dix-huitième siècle. Il avait été élevé à la cour que tenait en Lorraine le. roi Stanislas, cet hôte aimable et bon des poètes et des

philosophes à la mode. Sa mère, fem- trastes ne manquent pas dans cette vie. me remarquable par sa beauté et son Voilà le brillant auteur de tant de maesprit, était la reine de cette cour si drigaux, le bel esprit fêté des plus élésouvent célébrée par Voltaire. Le gants salons de l'époque , transporté jeune de Bouliers fut le protégé de sur une plage barbare et dirigeant une Stanislas, qui lui assura en Lorraine colonie. Il y avait plus d'une raison un bénéfice de quarante mille livres, pour que Bouliers fut un mauvais goumatfame de Bouliers ayant destiné, verneur; mais il montra dans cet emselon l'usage, son fils cadet à Pétat ploi beaucoup de zèle et d'intelligence ecclésiastique. C'était, de tous les administrative. Il s'honora par son états , celui auquel il était le moins humanité envers les esclaves , dont il propre. II le prouva bien en compo- délivra un grand nombre, et qu'il désant, au séminaire Saint-Sulpice, son fendit contre la cruauté des traitants, conte d'Aline ou la reine de Golconde, Il forma des projets de voyages scientiouvrage d'un esprit vif et galant, et fiques dans I intérieur de l'Afrique, et d'une imagination voluptueuse. Au envoya au ministère des plans bien reste, dans le temps où il vivait, une conçus dont l'exécution eût été fépareille fantaisie chez un séminariste conde en heureux résultats. Cepenn' était pas un scandale, et ne l'aurait dant cet exil commençait à être insuppas empêché de rester dans l'église et portable au chevalier. Il fut rappelé d'y faire son chemin : mais il se dé- en France et revint à Paris pour être goûta lui-même de cette profession. Il reçu à l'Académie. On était en 1789. n'y tenait plus qu'à cause du bénéfice En voyant cette date , on s'aperçoit de quarante mille livres. Pour le cou- que Bouflers aurait dû naître trente server en quittant la robe, il se fit ans plus tôt dans le dix-huitième sièchevalier de Malte, et ayant endossé de. N'est-ce pas un contraste chol'habit bleu de Tordre, il alla faire la quant de le voir siéger dans l'assemguerre dans la Hesse, en 1761. Dans blée constituante et prendre part aux la société de gentilshommes qui s'y graves débats soulevés par la génératrouvait réunie, il se distingua par sa tion nouvelle? De quelque manière belle humeur, ses folles plaisanteries, qu'on juge l'émigration on aime mieux ses débauches et ses petits vers. Il se le voir s'en aller rejoindre à l'étranger mit ensuite à voyager et courut par les débris d'une société à laquelle tout la Suisse et l'Allemagne, se livrant, à le rattachait, et accepter un asile à la la faveur de l'incognito, à mille folies, cour du roi de Prusse, auquel d'ailleurs courant après les belles et emportant il donna de sages conseils sur la polide tous les lieux où il s'arrêtait, des tique à suivre à l'égard de la révolulettres d'amour et des portraits qu'il tion française. Pourquoi Bouflers ne avait dessinés lui-même. Car, pour resta-t-il pas dans cette retraite, ou du

{>arler le langage du temps, il maniait moins pourquoi , à son retour en e crayon non moins que la lyre. Dans France, vint-il solliciter avec un emses courses en Suisse, il vit Rousseau pressement qui allait bien mal à ce et s'arrêta quelque temps chez le vieux spirituel et noble seigneur d'autrefois, Voltaire, qui tourna pour lui en vers les faveurs du premier consul? N'estun de ses plus jolis compliments, et il pas triste de voir sous l'empire Pindont il grava le portrait a l'eau forte, génieux ami de Voltaire demander une En 1771, le chevalier retourna à Par- préfecture, et la demander en vain? mée: toujours ami du plaisir, toujours Au reste, ta légèreté de Bouflers, que étourdi et prodigue, il acheva de dis- les années n'avaient pas diminuée, siper son bien, et plusieurs années l'empêchait de sentir ce qu'il y avait après, ses affaires étaient dans le plus de malheureux dans ces disparates de mauvais état. Ce fut afin de pouvoir se sa vie. Il se consola de l'état fort humtirer d'embarras, qu'il accepta la place ble où le 'laissait l'indifférence du ponde gouverneur du Sénégal. Les con- voir nouveau, en faisant de petits vers

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3ui n'excitaient plus les mêmes applauissements qu'autrefois, mais qu'on écoutait encore avec plaisir, même dans le salon de madame de Staël, où il était reçu , parce que, après tout , l'esprit platt toujours et n'est jamais dédaigne que par la grossièreté ou la sottise. Un instant, sans doute à cause du retour que les vicissitudes de sa vie devaient lui faire faire sur luimême, Bouliers eut envie d'être grave.

Il composa dans sa vieillesse un traité du Libre arbitre, que peu de gens ont lu parce qu'il est fort ennuyeux. Cet effort n'eut pas de suite, et , dans ses derniers jours, Bouliers fut ce qu'il avait toujours été , un esprit frivole ,

Îiquant et aimable. Il mourut en 1815.

1 y a une foule de vers charmants dans ses poésies , où l'on peut blâmer d'ailleurs trop de jeux de mots , de fleurs, de fadeurs et d'antithèses. Cependant, après tout, il n'y aurait pas tant à rabattre des éloges que lui donnait Voltaire. Outre ses poésies fugitives, on a de lui des lettres à sa mère sur son voyage en Suisse, /•• Cœur, poème érotique avec réponse de Voltaire, un éloge de l'abbé Barthélémy et des contes.

Bouffons. Voyez Fous.

Bougainville (Jean-Pierre de), né à Paris, en 1722, fut admis, en 1745, à l'Académie des inscriptions , dont il devint secrétaire deux ans après , et à l'Académie française , en 1754. Il mourut à Loches , en 1763. On a de lui : une Traduction de l'Anti - Lucrèce du cardinal dePolignac, en 2 vol. in-8°, et en 1 vol. în-12; Parallèle de l'expédition de Thamas Koulikhan dans les Indes, avec celle a" Alexandre , 1752, in-8°; Droits des mê* tropoles grecques sur les colonies, et les devoirs des colonies envers leurs métropoles, Paris , 1745, in- 12. C'est cet ouvrage qui lui avait ouvert les portes de l'Académie des inscriptions , dont il devint plus tard secrétaire perpétuel. Il a, en cette qualité , publié les Mémoires de cette société savante, depuis le tome XVII0 jusqu'au XXIVe. Ces huit volumes contiennent un grand nombre de disser-

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tations savantes dont il est auteur.

Bougainyille (Louis-Antoine de), frère du précédent, naquit à Paris , le 11 novembre 1729. Après de brillantes études , il se fit , pour se conformer aux vœux de sa famille , recevoir avocat au parlement, Mais sa vocation pour l'état militaire, vocation qui s'était déjà manifestée par ses succès dans l'étude des sciences mathématiques, l'emporta bientôt. Peu de temps après , if fut reçu dans les mousquetaires noirs , et entra , en

1753, en qualité d'aide-major, dans le bataillon provincial de Picardie. En

1754 , il devint aide de camp de Chevert, et fut la même année envoyé à Londres, avec le titre de secrétaire d'ambassade. Deux ans après, il partit pour le Canada, en qualité d'aide de camp du marquis de Montcalm , qui venait d'être chargé de la défense de cette colonie. Nommé, l'hiver suivant, commandant d'un détachement d'élite, il alla, à la suite d'une marche forcée de près de soixante lieues, brûler au fond du lac du Saint-Sacrement, une flottille anglaise, au pied même du fort qui la protégeait. Le 6 juin 1758, un corps de cintj mille Français se trouvait poursuivi par une armée anglaise de vingt-quatre mille hommes ; Bougainville ouvrit et fit adopter l'avis d'attendre l'ennemi de pied ferme. En moins de vingt «quatre heures un camp retranché fut construit, et l'ennemi renversé fut obligé de se retirer, après avoir perdu six mille hommes. Bougainville avait été blessé à la tête, à la fin de la dernière action. Le gouverneur , ne croyant pas pouvoir défendre plus longtemps la colonie , l'envoya demander des renforts à Paris. Bougainville retourna en Amérique, en 1759, avec le grade de colonel , mais sans avoir obtenu les secours qu'il demandait ; et , le 10 septembre de la même année , la mort de Montcalm décida du sort de la colonie. Bougainville revint alors en Europe, et fut employé, en 1761, à l'armée d'Allemagne, en qualité d'aide de camp du général Choiseul-Stainville. Il s'y distingua tellement, que,

L'UNIVERS

BOD FIW

pour le récompenser d'une manière toute particulière, le roi lui fit présent de deux canons. La signature de la paix le fit rentrer dans la vie civile ; mais son infatigable activité eut bientôt besoin d'un nouvel aliment. Ses voyages d'Amérique l'avaient mis en relation avec des armateurs de Saint- Malo; il les engagea à aller fonder un établissement aux îles Malouines.

Ses conseils furent suivis ; les armateurs firent les frais de l'expédition ; . il fit ceux de l'établissement, dont le roi lui donna le commandement, avec le grade de capitaine de vaisseau.

Bougainville partit de Saint-Malo avec sa petite flotte, en 1763, mais à peine était-il de retour, que les Espagnols réclamèrent la propriété des îles Malouines. Le gouvernement français crut devoir céder à cette réclamation, et Bougainville fut chargé de remettre son établissement aux employés espagnols, qui devaient lui rembourser les frais qu'il avait faits. Il partit, en 1766 , avec la frégate la Boudeuse et la flûte V Étoile, C'est en revenant de cette expédition qu'il fit ce beau voyage de découvertes qui a immortalisé son nom. De retour en France, en 17C9, il publia la relation de son Voyage autour du monde. Ce livre, qui parut en 1771, 1 vol. in-4#, et fut réimprimé l'année suivante, en 2 vol.

in-8", eut un succès immense ; mais déjà Bougainville s'était fait connaître comme savant et comme écrivain, par son Traité du calcul intégral , pour servir de suite à V analyse des infiniment petits , du marquis de l'Hospital, Paris , 1752, 2 vol. in-4°. Il fut promu, en 1779 , au grade de chef d'escadre, et l'année suivante, à celui de maréchal de camp des armées de terre. Il fut chargé, en 1790, du commandement de l'armée navale de Brest, et du soin d'y rétablir la discipline. Mais il jugea bientôt cette partie de sa mission au-dessus de ses forces, et il donna sa démission. Il avait servi son pays avec un grand éclat, pendant près de quarante ans ; les dernières années de sa vie furent consacrées aux sciences, qu'il avait

toujours cultivées, même pendant 6es expéditions militaires. La société royale de Londres l'avait admis au nombre de ses membres , en 1755; il fut appelé, en 1796, dans la section de géographie de l'Institut, et nommé quelque temps après membre du Bureau des longitudes. Il fit partie du sénat , lors de la création de ce corps, et mourut en 181 1, dans sa quatre-vingt-neuvième année.

Bodg eant (Guillaume- Hyacinthe), né à Quimper, en 1690, entra de bonne heure chez les jésuites , et professa successivement les humanités et la rhétorique dans plusieurs de leurs collèges. On lui doit un assez grand nombre d'ouvrages ; son Amusement philosophique sur le langage des bêtes, Paris, 1739, in-12 , fit beaucoup de bruit à l'époque où il parut ; il fut plusieurs fois réimprimé et traduit en anglais et en allemand ; mais il lui attira de nombreuses vexations de la part de ses supérieurs, qui le punirent par un long exil, de cet agréable badinage. Lors même que le P. Bougeant ne serait auteur que de ce seul ouvrage, on devrait encore le regarder avec raison comme un des plus élégants écrivains du dix-huitième siècle; mais on lui doit en outre des productions d'un ordre plus élevé , et qui sont pour lui des titres plus durables au souvenir et à l'estime de la postérité. Nous voulons parler de Y Histoire du traité de fVestphalie, 1744, 2 vol. in-4° , et de Y Histoire des guerres et des négociations qui ont précédé ce traité, Paris, 1727, in-4°. Ces deux histoires, quoique l'on puisse encore leur adresser quelques reproches , sont regardées comme les meilleures qui aient été composées par un membre de l'ordre des jésuites. Elles ont été plusieurs fois réimprimées. Le P. Bougeant mourut à Paris , en 1743. On dit que les persécutions dont il fut l'objet, à l'occasion de son Amusement philosophique, abrégèrent ses jours.

Bougerel (Joseph), oratorien, né à Aix, en 1680, mort à Paris, en 17*3, est auteur des ouvrages suivants:

Mémoires pour servir à F histoire de

plusieurs hommes illustres de Provence, Paris, 1752, in-12; Idée géographique et historique de la France, pour l'instruction de la jeunesse, Paris, 1747, 2 vol. in-12; rie de Gassendi, Paris, 1737, in-12; Lettre sur Pierre Puget , sculpteur , peintre et architecte, 1752, in-12. 11 a laissé en manuscrit une Bibliothèque des écrivains de V Oratoire. 2 vol. in-4°.

Tous ces ouvrages , fort recommandables sous le rapport des recherches et de l'érudition , sont , en général, écrits d'un style lourd et incorrect.

Bouges (lé P. Thomas), religieux augustin de ta province de Toulouse, né en 1667, mourut en 1741. On lui doit, outre plusieurs ouvrages de théologie , une Histoire ecclésiastique et civile de la ville et du diocèse de Car cassonne, avec les pièces justificatives et une notice ancienne et moderne de ce diocèse , Paris, 1741, in-4*. Cette histoire, qui est recherchée, s'arrête en

Bougie {Boudjeiah), port de l'Algérie, dans la province de Constantine, à

10 myriamètres E. d'Alger, à l'ouest d'un golfe assez étendu, possédant une rade spacieuse et abritée, etoffrant une relâche sûre. Cette place, qui nous assure la possession des côtes orientales de l'Algérie, appartient à la France depuis 1833. Le 22 septembre 1833, une flottille sortit du port de Toulon; elle était commandée par le capitaine Parseval-Deschénes, elle portait dix-huit cents hommes de débarquement, commandés par le général Trézel. Arrivée, le 29, devant la plage de Bougie, elle fut reçue à coups de canon : le feu supérieur des bâtiments eut bientôt éteint celui de l'ennemi, et le débarquement s'effectua. Favorisés par un terrain coupé de ravins et couvert de bois, les Arabes résistèrent avec acharnement.

11 fallut sept jours de combat pour les chasser de la ville , qu'ils disputèrent maison à maison. Enfin , le 6 octobre , Bougie était purgée de tous les ennemis, et mise sur un Don pied de défense. Cependant, les Arabes, campés sur les montagnes qui dominent la ville , ne cessaient de menacer et d'inauiéter

les Français par leur présence : on résolut de les chasser. Le 12, ces positions inaccessibles, et dans lesquelles l'ennemi se croyait à l'abri de tout danger, furent enlevées à la baïonnette.

Le 1er novembre, à la sollicitation du bey de Constantine, les Arabes firent une nouvelle attaque contre Bougie, mais ils furent repoussés. Depuis lors, les Arabes de la plaine se soumirent à la France , et sauf quelques attaques des montagnards , la paix ne fut plus troublée.

BouGOUiNE (Simon), valet de chambre de Louis XII, est auteur de plusieurs ouvrages qui doivent tout leur prix à la date et à la beauté de leur impression. Le plus rare et le plus recherché est celui oui a pour titre :

VHomme juste et l'homme mondain, avec le jugement de Vùme dévote. Paris, Ant. Vérard, 1508, in-4°.

Bougueb (Pierre), l'un des géomètres qui se sont le plus distingués dans les applications des sciences du calcul, naquit en 1698, au Croisic (Loire- Inférieure). Son père, qui était professeur d'hydrographie , perfectionna ses dispositions naissantes pour les sciences exactes; mais Bouguer eut bientôt dépassé son maître , et remporta, en 1727, le prix fondé par l'Académie des sciences pour un Mémoire sur la mâture des vaisseaux; cette compagnie se l'associa en 1731.

Il fut choisi , en 1736, avec Godin et de la Condamine, pour aller au Pérou déterminer la ligure de la terre. A son retour, Bouguer publia les résultats de ses opérations dans un savant ouvrage intitulé : Théorie de la figure de la terre, Paris, 1749, in-4°. Sa Helation du voyage au Pérou se trouve dans les Mémoires de F Académie des sciencesàt l'année 1744. Elle est écrite avec moins d'élégauce que celle de la Condamine; mais elle est peut-être plus exacte. Bouguer travaillait beaucoup et avec peine : aussi ses ouvrages lui étaient si chers , qu'il tenait plus à leur réputation qu'à sa propre existence. Cette sensibilité extrême ae son amourpropre lui causa une foule de chagrins auxquels il succomba à l'âge de soixan-

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te-trois ans , en 1758. On a de lui plusieurs ouvrages, outre ceux que nous avons cités. Les principaux sont : la Construction du navire , 1746, in-4°; Traité doptique sur lu gradation de la lumière y 1760, in-4°; la Manœuvre des vaisseaux , 1757, in-4° ; Traité de la navigation 9 1753 , in-4°. De la Caille en a publié, après sa mort , une seconde édition in-8°, etc. Un de ses principaux titres de gloire consiste dans I invention de I1 héliomètre , instrument à l'aide duquel on mesure de petits angles avec une extrême précision. C'est avec un héliomètre que M. Bessel est parvenu à déterminer, pour la première fois , la distance si longtemps inconnue d'une étoile fixe à la terre ; nous pouvons donc revendiquer, pour la mémoire de Bouguer, une part dans l'honneur de ce beau résultat scientifique.

Bouhier, ou Lantbnay, marquisat en Bourgogne, à dix kilomètres ouest de Dijon.

Bol hier ( Jean ) , . président à mortier au • parlement de Dijon , membre de l'Académie française , naquit à Dijon le 16 mars 1673. Son père, conseiller au parlement de cette ville, le destina à suivre la même carrière, et dirigea de bonne heure ses études vers ce but. Doué d'heureuses dispositions que soutenait son aptitude au travail, Jean Bouhier à d'excellentes études classiques joignit la connaissance de plusieurs langues étrangères, de l'italien, de l'espagnol , et même de l'hébreu. Après avoir fait son droit à Orléans , il fut, en 1692, à l'âge de dix-neuf ans , reçu conseiller au parlement de Bourgogne ; et onze ans après, en 1704, il en devint président à mortier. 11 consacra aux lettres tous les loisirs que lui laissaient ses fonctions; et il acquit bientôt une telle réputation de science et d'érudition, que l'Académie l'appela, en 1727, à la place laissée vacante par la mort de Malézieu , et qu'elle dérogea en sa faveur à ses règlements, qui exigeaient U résidence à Paris de tous les membres autres que les évéques. Le président Bouhier fut reçu par un autre

[ce. bou m

magistrat , le président Hénault. A sa mort , arrivée en 1*746 , il eut pour successeur Voltaire, qui, dans son discours de réception, disait de lui, « qu'il « faisait ressouvenir la France de ces « temps ouïes plus austères magistrats, « consommés comme lui dans l'étude « des lois , se délassaient des fatigues « de leur état dans les travaux de la « littérature ; » et l'abbé d'Olivet, répondant à Voltaire, ajoutait encore à cet éloge en disant : « Pendant que je

• parle de talents universels et de eon- « naissances sans bornes , il est diffi- « cile qu'on ne se rappelle pas l'idée de « votre prédécesseur. Ce fut un savant a du premier ordre, mais un savant

• poli , modeste , utile à ses amis , à sa « patrie, à lui-même. » Et ces louantes sont loin d'être exagérées. On a peine à comprendre aujourd'hui les nobles et laborieux loisirs de tous ces savants magistrats dont la France s'honore à bon droit ; et on est surtout frappé d'étonnement à la vue des immenses travaux du président Bouhier. Tout en remplissant avec une grande exactitude les importants devoirs de sa charge, il trouvait le temps d'entretenir avec l'illustre Montfaucon une savante correspondance, de composer ses excellents travaux critiques sur Cicéron , de les défendre contre Fromageot dans la Lettre de maître ***, bedeau de t université de***, à M. **% docteur régent en la même université ( 1738); il publiait des dissertations critiques et historiques , des recherches sur Hérodote, des traités sur plusieurs points d'antiquités, et des antiquités de la Gaule eu particulier ; il expliquait des marbres antiques, traduisait en vers français le poème de Pétrone, un livre de Virgile , des épitres d'Ovide , des odes d'Horace et cT Anacréon , des épigrammes de Martial, composait des mémoires sur la vie et les ouvrages de Montaigne, éditait le Supplément au journal de l'É* toile , qu'il avait retrouvé dans les manuscrits de sa riche et précieuse bibliothèque. Nous ne parlerons pas d'une foule de traités particuliers de jurisprudence, dont un donna encore

BOC

Heu à une vive polémique avec Fromageot; il nous suffira de citer son remarquable commentaire sur les coutumes générales de Bourgogne , en 2 vol. in-fol. On trouve de lui une foule de lettres et de mémoires dans divers recueils , dans les Mémoires de l'académie des inscriptions, le Journal de Trévoux, le Mercure, lesAmœnitates litterarix de Schelhorn, la Bibliothèque raisonnée, la Bibliothèque italique, etc. « Jurisprudence , philologie, criti- « que, langues savantes et étrangères, «histoire ancienne et moderne, his- « toire littéraire , traductions , élo- « quence et poésie, il remua tout, dit « d'Alembert, il embrassa tout; il fit « ses preuves dans tous les genres , et, « dans la plupart , il fit des preuves « distinguées et dignes de lui. »

Bouhours (Dominique), né à Paris en 1638, entra à seize ans dans la compagnie de Jésus, professa avec succès les humanités à Paris et la rhétorique à Tours, fut chargé de l'éducation de plusieurs jeunes gens de familles nobles , puis se lança dans la carrière des lettres. Ses Entretiens d'Ariste et d'Eugène, imprimés en 1671, eurent un grand succès. Ce sont six dissertations en forme de dialogues sur autant de sujets détachés. La seconde renferme d'excellentes choses sur le caractère de notre idiome et l'histoire de sa formation. Quatre ans après, Bouhours fit paraître les Doutes sur la langue française , proposés à MM. de F Académie française par un gentilhomme de province. La pensée y est , en général , juste et le style piquant. Ménage dit de l'auteur, « qu'un nomme qui doutait si raisonnablement était bien capable de décider. » On trouve des observations également judicieuses, mais moins de méthode, dans les Nouvelles remarques sur la langue française qui parurent l'année suivante. Elles portent , du reste , sur des difficultés grammaticales, dont la plupart ne font plus question aujourd'hui. Bouhours publia, en 1688, la Manière de bien penser dans tes ouvrages d'esprit. On aimerait à trouver dans ce livre plus de fond, et surtout

des jugements mieux motivés. Il s'en faut, néanmoins , de beaucoup que les critiques aient eu raison dédire, comme ils l'ont fait , qu'il ne manquait à l'auteur, pour écrire parfaitement, que de savoir lui-même penser. En 1691, il donna au public , sous le titre de Pensées ingénieuses des anciens et des modernes , la partie de ses matériaux qui n'avait pas trouvé place dans son précédent travail. Cette publication n'eut qu'un médiocre succès. Les Pensées ingénieuses des Pères de l'Église, qu'il fit paraître en 1700, pour répondre au reproche qu'on lui faisait de négliger, pour l'étude des auteurs profanes, celle des écrivains sacrés, ne firent que confirmer l'opinion établie. Ses adversaires qui, il faut le dire, ne mettaient pas toujours les procédés de leur côté , renouvelèrent leurs attaques quand parut la Traduction du Nouveau Testament selon la Fulgate, qu'il avait faite en société avec ses confrères Letellier et Besnier. Comme ij voulait s'en venger : « Gar- « dez-vous-en bien, lui dit Boileau; ce « serait alors qu'ils auraient raison de « dire que vous n'avez pas entendu le « sens de votre original qui ne prêche « partout que le pardon des ennemis. » Nous avons encore de Bouhours, outre les ouvrages que nous venons de citer, une Histoire du grand maître d'Aubusson , des Fies de saint Ignace de Loyola et de saint François Xavier, où il compare l'un à César et l'autre à Alexandre, ainsi que divers opuscules. Ce jésuite , bel esprit et galant, affectait de se partager entre le triple culte de Dieu, des lettres et des dames. Aussi, tandis que d'un côté les censures hardies du littérateur et le ton d'autorité dont elles étaient prononcées lui suscitaient de nombreux ennemis, de l'autre, la conduite parfois légère du prêtre donnait à la médisance l'occasion de s'exercer largement à ses dépens. Madame de Sévigné fut l'objet particulier de ses soins. « L'esprit lui sort de tous côtés, » disait-elle. Voltaire a donné h cet écrivain une place dans son Temple du Goût , où il le représente occupé à enregistrer

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les négligences qui échappent au génie. Bouhours mourut à Paris, en 1702.

C'est à lui qu'on a attribué ce root original et sans doute apocryphe d'un agonisant qui veut mourir en grammairien : « Je m'en vas ou je m'en « vais; car l'un et l'autre se disent. »

Les jésuites se montrèrent très- Gers de l'avoir dans leurs rangs : les jansénistes écrivirent contre lui et ne laissèrent passer aucun de ses défauts.

Il est jugé sévèrement, mais justement, par Barbier d'Aucour dans les Sentiments de Cléanthe , ouvrage qui servit de réponse aux Entretiens d'Ariste et d'Eugène, et que font remarquer le goût, lè bon sens et le bon style.

Bocillart (dom Jacques), bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, né à Meulan , diocèse de Chartres, en 1669, mort à Paris, en 1726, est auteur d'une savante Histoire de Fabbaye de Saint-Germain des Prés, 1724, in-fol.

Bouillaud (Jean), professeur de clinique à la faculté de médecine de Paris, né dans les environs d'Angouléme, en 1796, a oublié des Éléments de philosophie médicale , 1 vol. in-8°; un Traité du rhumatisme, 2 vol. in- 8"; la Clinique de la Charité, etc. , 3 vol. in-8°; et un grand nombre d'articles dans les Archives de médecine, dans la Bibliothèque médicale, et dans la Revue médicale. Il a été l'éditeur du Traité des maladies du cœur et des gros vaisseaux, de R. J. Bertin.

Bouillb (François-Claude-Amour, marquis de ), né à Clusel en Auvergne, en 1739, entra au service dès 1753. Il fit ses premières armes dans le régiment de Rohan-Rochefort , passa ensuite dans les mousquetaires noirs, et fut nommé, à l'âge de seize ans, capitaine de dragons. C'est en cette qualité qu'il partit pour la guerre de sept a"s. Il assista à la prise de Rhinfeld , combattit à Bergheim, à "Wildengen el à Langen-Salsa , où il fut blessé. Il contribua ensuite au gain de la bataille de Grunberg, et fut chargé, en récompense des services qu'il avait rendus dans cette rencontre, d'aller présen- ■* au roi les drapeaux enlevés à l'en-

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ncmi. Rouillé, nommé alors colonel , acheva la campagne en cette qualité , et battit , près d'Eimbuck , l'arrièregarde du général Luckner, qui passa

S lus tard au service de France. Il se istingua à l'affaire de Quedlinbourg; mais, atteint dans une charge d'un coup de sabre à la téte, il fut renversé de cheval et fait prisonnier. Échangé peu de mois après , il fut pourvu du régiment de Vaston, qui prit son nom et le porta jusqu'à la paix. Nommé gouverneur de la Guadeloupe , en 1768 , et brigadier d'infanterie en 1770, il obtint, en 1777, le gouvernement général des lles-du-Vent. La guerre de l'indépendance éclata bientôt après ; il y prit part , se signala d'abord en surprenant la Dominique; concourut aussi aux tentatives faites sur Sainte-Lucie, et recueillit les débris des colonnes que l'on y avait si imprudemment engagées. Il fut plus heureux dans l'attaque de Tabago.

Promu au grade de maréchal de camp, le 27 octobre 1778, il s'avança sur cette île à la téte de quatre mille hommes, culbuta les Anglais , et leur enleva cinquante-neuf pièces de canon.

Il marcha ensuite sur Saint-Eustache, s'en empara , et restitua aux Hollandais trois millions de francs que leur retenait l'amiral Rodney. L'année suivante, il attaqua Saint-Christophe, emporta Briston-Hili , que l'ennemi regardait comme imprenable; remit ensuite à la voile, descendit à Nevis, à Montserrat, se rendit maître de ces îles , et triompha de tous les obstacles qu'on lui opposa. Ces services lui valurent le grade de lieutenant général et l'ordre du Saint-Esprit , dont il fut décoré le 1er janvier 1784. Le roi désirait acquitter les dettes qu'il avait contractées pendant la guerre: Bouillé s'y refusa , ne voulant pas faire peser de nouvelles charges sur l'État. Mais cet homme si désintéressé, si généreux, tenait avec obstination aux privilèges de sa caste; il devint intraitable dès qu'on les attaqua. Nommé à l'assemblée des notables , il fut inflexible sur ce qu'il appelait les lois fondamentales de la monarchie. De ces fonctions , il

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passa à celles de gouverneur des provinces d'Alsace, de Franche-Comté, puis fut nommé général en chef de l'armée de Meuse, Sarre et Moselle.

Ce fut pendant ce commandement qu'eut lieu , par ses ordres, le massacre des soldats du régiment de Château-Vieux et des habitants de Nancy qui avaient pris parti pour eux. Après cette exécution. Louis XVI lui offrit le bâton de maréchal de France, que Bouillé eut assez de pudeur pour refuser. Initié ensuite aux projets d'évasion de Louis XVI, il disposa ses cantonnements en conséquence , et attendait l'arrivée du roi à Dun-sur Meuse, lorsqu'il reçut la nouvelle de son arrestation. Il rassembla aussitôt ce qu'il avait de troupes sous la main, et s'avança sur Varennes ; mais il n'arriva pas à temps; Louis était parti depuis une heure, lorsqu'il atteignit, cette ville. Il ne lui resta plus dès lors qu'à chercher son salut dans la fuite ; il se retira à Luxembourg, d'où il écrivit à l'Assemblée une lettre remplie de menaces ridicules. 11 se rendit ensuite à Coblentz, puis à Pilnitz, à Prague, où il eut diverses conférences avec les souverains étrangers. Revenu à Aixla-Chapelle, il eut dans cette ville une entrevue avec le roi de Suède, qui lui offrit de commander sous ses ordres l'expédition qu'il voulait tenter en faveur de Louis XVI. Bouillé accepta , fournit les plans, les instructions pour opérer un débarquement sur les côtes de Normandie; mais Gustave périt, l'expédition fut abandonnée, et le marquis déçu n'eut plus qu'à rejoindre 1 armée de Condé , d'où il passa à celle du duc d'York, avec laquelle il lit la campagne de 1793. Il se réfugia l'année suivante à Londres, où il mourut le 14 décembre 1800. Bouillé a laissé des mémoires sur la révolution française, qui furent d'abord imprimés en anglais, Londres, 1797, in-8°; traduits en allemand, Luxembourg, 1798, in-8°, imprimés en français sous ce titre :

Mémoires sur la révolution française, depuis son origine jusqu'à la retraite du duc de Brunswick, etc., Paris, 1801, 2 vol. in-12,et réimprimés dans

la collection des Mémoires sur la révolution publiée par MM. Berville et Barrière.

Bouillet (Jean) , savant médecin, né à Servian, près de Béziers, en 1690, mort dans cette ville, en 1777 , a pu* blié un grand nombre d'ouvrages , où l'on reconnaît surtout un excellent praticien. Il fut, avec de Mairan, l'un des fondateurs de l'Académie de Béziers, dont , en qualité de secrétaire, il publia les Mémoires, sous le titre de: Recueil de lettres , mémoires et atttres pièces, pour servir à l'histoire de l Académie de Béziers. Béziers , 1736, in-4°. Il était membre correspondant de l'Académie des sciences, et l'on trouve de lui, dans le Recueil de cette société, plusieurs travaux fort remarquables.

Bouilli a bd (Jacques), graveur célèbre, naquit à Versailles en 1744. Il s'adonna d'abord à la peinture ; mais une infirmité qui ne lui permettait pas de se tenir longtemps debout l'engagea à se livrer tout entier à la gravure. Il se fit principalement connaître par la publication de la fameuse collection du Palais-Royal. Plus tard il fut reçu à l'Académie, et acquit, par ses travaux, une fortune honorable. C'est un des artistes qui ont le plus contribué à la restauration de la gravure en France. Ses ouvrages les plus estimés sont : Borée et Orythie, d'après Vincent: Apollon et Daphné , d'après Michel Vanloo, et quelques portraits.

Cet artiste estimable est mort en 1806.

Bouillir. — Le goût de la bouillie a été autrefois beaucoup plus répandu qu'il ne l'est aujourd'hui. On servait ce mets comme un régal sur les meilleures tables et même dans les monastères. Une charte de Charles le Chauve , de l'année 862 , accorde annuellemeut aux religieux de l'abbaye de Saint- Denis cinq muids de pur froment, pour faire de la bouillie aux fêtes de JSoël et de Pâques. Fastrade , troisième abbé de Cîteaux , écrivant au supérieur de l'unedes maisons de son ordre, pour lui faire des reproches sur son goût pour la bonne chère, lui dit: «J'ai vu notre saint fondateur ne man-

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