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travaux historiques qui précédèrent la
révolution. Sans doute, ie système du comte de Boula in vil lers est aujourd'hui incomplet, puisqu'il ne tient compte que de l'élément germanique, parmi ceux dont s'est formée la nationalité française; sans doute, cet historien ne rend point un compte exact de la marche qu'a suivie la société française; mais il faut prendre son livre pour ce qu'il est, pour une protestation maladroite de la noblesse sentant sa fin prochaine, et croyant raviver sa puissance en arguant de son origine.
Les Quatorze lettres historiques sur les parlements sont moins systématiques que YHistoire de Vancien gouvernement. L'auteur y a, par conséquent, mieux rempli son cadre. Il y donne d'une manière complète l'histoire des états généraux des quatorzième et quinzième siècles. « Ce travail, dit M. Aug. Thierry, entièrement neuf pour l'époque, a depuis servi de base à beaucoup d'essais du même genre; il n'a jamais été refait sur les sources avec un pareil développement (*). »
Boulangeb ( Jean ), graveur, né à Amiens en 1607, peut être regardé* avec Morin , comme l'inventeur de la gravure au pointillé, genre bâtard que les Anglais ont adopté depuis, et qui faillit faire tomber l'école française, dans le siècle dernier. Ses estampes sont des reproductions des tableaux de Raphaël , Léonard de Vinci, Champagne, Mignard, etc.
Boulanger ( Nicolas -Antoine )* auteur de Y Antiquité dévoilée, ouvrage posthume publié par le baron d'Holbach, en 1766, et qui fit beaucoup de bruit à la fin du dix-huitième siècle, naquit à Paris , en 1722, et y mourut en 1759. Boulanger avait aussi composé d'autres ouvrages qui, publiés successivement , furent tous réunis avec le précédent, en 1790, et réimprimés en 8 vol. in-8°, ou 10 vol.
(*) Voyez les Considérations sur l'histoire Il France , en tête des Récits des temps
in-12. C'est à tort qu'on a attribué à cet auteur le Christianisme dévoilé.
Boulangbrs. — Nous avons vu la corporation des boarii ou bouchers survivre dans Paris a la puissance romaine, s'adapter aux moeurs nouvelles créées par l'invasion des populations barbares, et subsister longtemps encore après l'avènement des temps modernes. Il n'en fut pas de mène de la corporation des pistores ou boulangers ; nombreux sous l'administration romaine, ils ne disparurent pas complètement après la conquête des Francs , mais ils cessèrent de former une corporation. En effet, dans l'état de la civilisation, ils n'étaient plus nécessaires; les produits de leur art étaient devenus des objets de luxe, dont les riches seuls pouvaient se permettre l'usage.' Quant aux pauvres, les fours banaux étaient là , et ils devaient, après avoir payé au seigneur du lieu un droit assez élevé, aller y cuire le pain nécessaire à la nourriture de leurs familles.
C'est seulement sous Philippe-Auguste que l'on voit apparaître , pour la
f première fois , la corporation des bouangers, alors connus sous le nom de talemeliers (*). Depuis longtemps, ceux de ces artisans qui étaient établis à Paris payaient au roi, pour l'exercice de leur profession, un droit nommé hautban, auquel n'étaient point assujettis ceux qui avaient été s'établir hors des murs de Paris, sur les terres des seigneurs ou des abbayes. En revanche, ceux-ci ne pouvaient vendre leur pain dans la ville que sur les étaux de fa halle, au marché du samedi. Mais Philippe-Auguste avant considérablement agrandi la ville, et compris dans son enceinte une partie des faubourgs, un grand nombre de boulangers forains se trouvèrent ainsi de droit et de
(*) « Talemeliers, qu'on écrivait aussi tallemelliers ou taillemeiliers, parait être la plus ancienne dénomination qu'on ait employée en France, pour désigner les boulangers ; dès le quatorzième siècle oe dernier terme remplaça l'ancien , dont il serait difficile de découvrir l'origine.» Depping, Livre des métiers, page 4 1 note.