‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 22 sur 96 · BOB · texte numérisé non relu

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fait les égaux de leurs anciens collègues de la cité. Ceux-ci crurent voir là une atteinte portée à leurs droits; ils réclamèrent, et Philippe-Auguste se contenta de diminuer le hautban qu'ils lui devaient Mais cette faveur ne leur suffît pas; ils réclamèrent de nouveau, et demandèrent des statuts qui les distinguassent d'une manière bien tranchée des anciens boulangers forains.

Ces statuts leur furent enfin donnés sous le règne de saint Louis , et ils sont au nombre de ceux qui composent le livre des métiers d'Etienne Boileau.

Nous croyons devoir en citer ici quelques articles, dont les dispositions sont assez curieuses : t

« Nuz ne puet estre talemeliers de « dans la banliue de Paris, se il n'a- « chate li mestiers du roi...

« Haubans est uns propres nons « d'une coustume asise, par laquele il « fu establi ancienement que quicon- « ques seroit haubaniers, qui seroit « plus frans, etjpaieroit mains de droi- « tures et de coustumes de la marchan- « dise de son mestiers que cil qui ne « seroit pas haubaniers. Haubanier « furent ancienement establi à un mui « de vin paier, et puis mist li bons « rois Phelippe cel mui de vin à vj sols « parisis

« Li talemelier qui sont haubanier « sont qui te du ton lia (*) des pors « qu'il achatent, etdeceus qu'il reven- « dent por tant qu'il aient une fois man- « gié de leur bren (**) ; et si sont quite li « talemelier du tonliu du tout li blé « qu'il achatent por leur cuire, et du « pain qui vendent, fors que trois de- « mies de pain que chascun taleme- « liers noviax et viez doit chascune « semaine au roy de tonliu. »

Vient ensuite l'énumération des droits qui étaient dus par les nouveaux talemeliers pendant les quatre pre-

(*) Tonlieu, teloneum, et dans la basse latinité tonlegium. C'était l'impôt payé par les marchands pour stationner dans les marches. Cependant le mot tonlieu a quelquefois uue signification plus générale.

(**) Son; ce mot est encore usité dans ce aens en Normandie.

mières années de leur exercice. Cette énumération est suivie de l'article suivant, le plus curieux de tous ces statuts:

« Quant li noviax talemeliers ara en « tele manière fet quatre ans accom- « plis, il prendra un nuef pot de terre, « et ara dedans li pot nois et nieu- « les (*), et venra à la meson au niestre «des talemelier, et ara avec lui li « coustumiers et touz li talemelier, « et li mestres vallet que l'on apele « joindres, etdoitcil noviax talemeliers « livrer son pot et ses nois au mestre, « et dire : Mestre, je ai fait et accom- « pli mes quatre années; et li mestre « doit demander au coustumiers se ce « est voirs ; et se il dit que ce est voirs , « li mestre doit baillier au noviax ta- « lemeiiers son pot et ses nois, et com- « mander li qu'il les jète au mur, et « lors li noviax talemeliers doit jeter « son pot et ses nois et ses nieuies au « mur de la meson le mestre, au de- « hors, et lors doivent li mestre, li «coustumiers, li noviax talemeliers, « touz li autre talemelier et li vallet en- « trer en la meson au mestre , et li mes- « tre leur doit livrer feu et vin , et chas- « cun des talemelier, et li noviax, et « li mestre vallet doivent chacun un « deniers au mestre des talemelier « pour li vin et pour li feu qu'il livre.

« Li niestre des talemelier doit « faire à savoir au coustumiers, aus «talemelier, aus joindres , que il « viegnent à ce jour à sa meson , et il « i doivent venir ou envoier leur de- « niers au mestre des talemelier pour « li vin devant dit. »

Cet article est d'autant plus remarquable , que la coutume qu'il nous fait connaître est exceptionnelle , et n'a point d'analogue dans les différents statuts que nous a conservés le livre des métiers. En effet, la corporation des talemeliers était la seule qui eut un cérémonial particulier pour la maîtrise. Il se pourrait, suivant M. Depping , que cet usage fut d'une haute antiquité, et remontât assez

(*) Oublies ou feuilles légères de pain non levé; nebulœ, dans la basse latinité.

loin dans les fastes de la talemelerie en France ou en Gaule. Dans la suite, il tomba en désuétude ; cependant les boulangers de Paris n'en perdirent pas le souvenir , et , lorsqu'au dixseptième siècle ils proposèrent un règlement à l'autorité publique , ils n'y omirent pas le pot d'installation des temps féodaux. Voici l'article de ce reglemeift qui contient cette disposition:

«Seront tenus tous les nouveaux 'maistres, dans les trois premières « années après leur réception , payer «chacune des dites années vingt-cinq « deniers de compte au grand pane- ' tier, à l'Épiphame, qui est le premier «dimanche d'après les Roys, et à «Pâques, vingt-deux deniers, et à la « saint Jean - Baptiste , cinq deniers «obole; et au bout des dites trois ' années , est tenu ledit nouveau 1 maistre boulanger, d'apporter, ledit « jour premier dimanche d'après les « Roys, un pot neuf de terre verte ou 1 defayence, dans lequel il y aura un «romarin ayant sa racine entière,

• aux branches duquel romarin y aura 1 des pois sucrez, oranges et autres « fruits convenables, suivant le temps, « et ledit pot remply de pois sucrez , « et sera ledit nouveau maistre as- 1 «sté des jurez et anciens et des au- « très maistres dudit mestier. Ce fait,

• dira audit grand panetier : Maistre, 1 j'ay accomply mon temps; et ledit

-ranci panetier doit demander aux 1 jurez s il est vray ; ce fait, prendra

• l'avis des jurez et des anciens maistres, si ledit pot est en la forme « qu'il doit estre, et s'il est recevable; 1 et s'ils disent qu'ouy , ledit grand " panetier doit recevoir iceluy , et 1 luyen donner acte, et de là en avant « n'est sujet que de payer chacun an 1 le bon denier , ainsi que les autres « maistres. »

Mais le temps où de semblables formalités pouvaient encore être observées était irrévocablement passé; le parlement, en ratifiant le règlement proposé, laissa de côté la disposition que nous venons de rapporter , et , quoiqu'elle eût déjà été observée vo-

lontairement par quelques aspirants à la maîtrise, elle tomba bientôt de nouveau en désuétude. Toutefois , suivant Delamarre(*) , le principe qui avait dicté cette disposition subsista , et le pot de romarin fut converti en un louis d'or, que les nouveaux maîtres continuèrent à payera titre d'hommage au maître du métier.

Nous avons dit, dans l'article que nous avons consacré à la corporation des bouchers, que, dès le commencement de la troisième race, les rois avaient inféodé, en faveur des grands officiers de leur couronne, la plupart des justices des corporations. Les talmeiiers ou boulangers dépendaient du grand panetier.

« Lirois, disent les statuts recueil- « lis par Étienne Boileau, a donné « à son mestre panetiers la mestrise « des talmelier, tant corne il li plaira , * et la petite justice et les amendes « des talemelier et des joindres et « des vallet, si corne des entrepresure « de leur mestiers et des bateure sanz « sanc, et des clameur, hors mise la cla- « meurs de propriété. » Cette juridiction subsista fort longtemps , malgré le conflit qui ne tarda pas à s'élever entre elle et la prévôté de Paris, et elle ne fut abolie qu'à l'époque où la charge?de grand panetier fut définitivement supprimée.

Les talemeliers de Paris ne pouvaient cuire tous les jours de l'année; on peut voir dans les statuts de leur communauté la liste des jours où il leur était interdit d'exercer leur industrie. Cette liste comprend tous les jours de fêtes reconnues par l'Église , et les veilles de ces mêmes jours , qui devaient être consacrées au jeûne et à l'abstinence ; en sorte que, pendant une grande partie de l'année, les habitants de Paris étaient privés de pain frais.

C'était peut-être pour cette raison que , le samedi , le marché au gros pain se tenait aux halles, où les marchands forains pouvaient, ainsi que nous l'avons dit , venir vendre leur pain aussi bien que les talemeliers de Paris; ceux de Gonesse occupaient

(*) Traité de police , Uv. v, tit. xa, ch. 5.

même une halle particulière. Us avaient tous , en outre , un autre privilège ; c'était celui d'exposer en vente, au parvis Notre-Dame, le pain qui leur restait du marché du samedi. Mais ce privilège n'était point gratuit; les boulangers forains l'achetaient au prix d'un tonlieu qu'ils payaient aux religieuses de Longchamp , depuis le jour de saint André jusqu'à la fête de saint Denis, et aux religieux de l'abbaye de Saint- Denis , pendant le reste de l'année.

Le statut des talemeliers de Paris est le plus détaillé de tous ceux qui composent le registre d'Étienne Boileau ; cependant on est étonné de n'y trouver aucune prescription sur la qualité et sur le poids du pain. Cette omission pourrait peut-être s'expliquer, par cette considération que les produits de la talemelerie de Paris étaient encore un objet de luxe à l'époque où ces statuts furent établis. C'est en effet ce que semblerait prouver la défense qui fut alors faite a ces artisans de fabriquer des pains dont le prix dépassât deux deniers.

Sans parler des fours banaux dont le peuple, dans certaines parties de la ville, dut encore longtemps faire usage O , c'était aux marches du samedi et du dimanche que les pauvres devaient faire leurs provisions, et là, le pain se vendait au poids et de gré à gré. Ce fut seulement lorsque les boulangers purent exposer dans leurs boutiques du pain de toutes sorte de poids et de qualités, que l'autorité pensa à leur prescrire des règles à cet égard. Une ordonnance rendue par Philippe le Bel, en 1305, est le premier acte où l'on trouve de semblables prescriptions (**)

(*) Le four banal du chapitre de Saint- Marcel subsistait encore en 1406 ; c'est alors seulement que les habitants du faubourg furent dispensés d'y cuire, en payant aux chanoines une redevance qui ne fut abolie qu'en 1675. Voyez Delamarre, Traité de police, liv. v, tit. xi.

(**) Delamare, Traité de police, liv. v, tit. xhi , chap. 4.

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Au moment où les corporations" furent abolies, en 17S9 , il fallait, pour être admis dans celle des boulangers , avoir fait cinq ans d'apprentissage, quatre ans de compagnonnage, et présenter en outre un cnef-d'œuvre. Les Gis de maîtres étaient seuls exempts de cette formalité. Le prix du brevet était de quarante livres; celui de la maîtrise, de neuf cents livret.

Outre leur communauté civile, dont nous avons analysé les statuts, les boulangers formaient encore , de même que toutes les autres corporations d arts et métiers, une confrérie ou association religieuse. Ils avaient pour patron saint Pierre aux liens, dont la fête est désignée, d-«ns le livre des métiers, par la singulière épitbète de saint Pierre angoule aoust.

Les boulangers sont maintenant soumis, dans chaque localité, à un règlement émané de l'autorité municipale. Ceux de Paris sont les seuls qui soient régis par un acte du gouvernement. Cet acte est le décret du 19 vendémiaire an x.

Boulay ( César Égasse du), né à Saint - EHier, dans le bas Maine , au commencement du dix-septième siècle, fut successivement professeur d'humanités au collège de Navarre, greffier, recteur et historiographe de l'université de Paris; il mourut en 1678.

On a de lui une Histoire de £ université de Paris, en latin, depuis 800 jusqu'en 1600, 6 vol. in-fol., 1665 et 1673. Cet ouvrage est moins une histoire qu'un recueil de pièces curieuses concernant l'université. Crévier et tous les auteurs qui ont écrit sur le même sujet y ont abondamment puisé De patronis quatuor nalionum universitatis, 1662, in-8°; Fondation di l'université de Paris, par Charlemagne, Paris, 1675, in-4°; Privilège de l'université de Paris, 1674, in-4° ; de Decanatu nationis gaUicanse in academia parisiensi, 1662, in -8°.

Boulay (Edmond du), héraut d'armes des ducs de Lorraine , né à Reims à la fin du quinzième siècle, est auteur d'un grand nombre d'ouvrages en prose et en vers , la plupart sur des

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sujets historiques. Parmi les principaux , nous citerons : la Généalogie des ducs de Lorraine , Metz , 1647 ; la Fie et le trépas des ducs de Lorraine Jntoine et François, Metz, 1547, in-4°; le Voyageait duc Antoine vers l'empereur Charles F, en 1645,/>owr traiter de la paix avec François /er, Paris, 1549, in-8°. Il est aussi l'auteur d'une moralité fort recherchée des curieux, et intitulée: Combat de la chair et de l'esprit en ryme française et par personnaiges , Paris, 1549, in-8 de 72 feuillets.

Boulay (N. du), canoniste, composa une Histoire du droit public ecclésiastique français, Londres (Paris), 1740, 1751, in-4°; ibid.,2 vol. in-12.

BOULAY DE LA MEUBTHE (Ant.-

Jacques-Cl.-Jos.) , naquit., en 1761 , à Chaumourey, près d'Épinal , département de la Meurthe. Reçu avocat à Nancy , il vint à Paris exercer cette profession, et il commençait déjà à s'y faire connaître avantageusement lorsque la révolution éclata. Patriote dévoué, il s'engagea, en 1792, dans un, bataillon de volontaires de la Meurthe, et se trouva à la bataille de Valmy. Après la campagne, il revint à Nancy, où il fut élu par ses concitoyens juge au tribunal civil. Quoique républicain, Boulay n'avait point cette chaleur de conviction, cette ardeur révolutionnaire gui sauva la France en 1793; aussi tut- il alors destitué par un représentant du peuple en mission ; frappé ensuite d'un mandat d'arrêt, et obligé de chercher un asile dans les bois , il ne put en sortir qu'après le 9 thermidor.

Depuis cette époque, il remplit successivement les fonctions de président et d'accusateur public au tribunal de Nancy, et fut élu ensuite , en l'an v, député de son département au Conseil des Cinq-Cents. Boulay fit, dans cette assemblée, une énergique opposition aux projets royalistes soutenus par un rand nombre de députés. Il tut un es orateurs les plus influents de cette législature, et personne peut-être ne se montra plus péniblement affecté que lui des vices de l'administration du Directoire ; aussi , désespérant de l'ave-

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nir de la France tant que subsisterait ce gouvernement, se montra-t-il l'un des plus zélés partisans de la révolution du 18 brumaire. Il refusa, quelques jours après , le ministère de la police, et fut appelé au conseil d'État en qualité de président du comité de législation.

Après avoir été chargé, en I an x, de l'administration du contentieux des domaines nationaux, il reprit, en 1810, sa place de président du comité de législation. Boulav fut un des fonctionnaires qui , sous le despotisme impérial, surent conserver le plus d'indépendance. Il s'opposa même avec assez d'énergie à la mesure qui donna au premier consul le titre d'empereur; défendit constamment l'institution du jury, repoussa les prétentions du clergé , et, lorsque le gouvernement et le corps législatif' se divisèrent en 1813, il conseilla à Bonaparte de faire droit aux justes réclamations des députés.

Destitué en 1814, il reprit, au retour de l'île d'Elbe, ses anciennes fonctions , augmentées de la direction de la correspondance et de la comptabilité au ministère de la justice. Il fut nommé alors ministre d'Etat ; mais il fut exilé à la seconde restauration, comme ayant conspiré pour le retour de Napoléon. Il passa quatre années à l'étranger, et ne revint en France qu'en 1820. Administrateur intègre et désintéressé, Boulay de la Meurthe sut, dans toutes les positions de sa vie politique , se concilier l'estime générale.

Boul a y-Paty (Pierre) naquit, en 1763, à Nantes, où il exerçait la profession d'avocat, lorsqu'il fut appelé, en 1789, à remplir successivement différentes fonctions publiques. En 1798, il entra au Conseil des Cinq-Cents, dont il fut nommé secrétaire l'année suivante. Membre de la commission de la marine et du commerce, il s'occupa spécialement de la législation sur ces matières. Son opinion fut très- influente, et on a de lui des rapports et des discours remarquables. Il prit une part active à la révolution du 18 juin 1799, qui contraignit la Réveillèr-e- Lepeaux et Merlin a quitter le Direc-

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toire. Il fit aussi l'opposition la plus vive à la journée du 18 brumaire, et fut placé sur la liste des membres exclus. Mais sa disgrâce ne fut pas de longue durée, car le gouvernement consulaire le nomma juge du même tribunal où il avait rempli les fonctions de commissaire du Directoire.

C'est en cette qualité que , chargé de répondre au ministre de la justice sur le projet du code de commerce, il lui adressa des observations qui ont beaucoup servi à la rédaction de ce code , et qui ont été imprimées sous ce titre : Observations sur le code de commerce, adressées aux tribunaux. Lors de la réorganisation de Tordre judiciaire en 1811, il devint conseiller à la cour impériale de Rennes. Doyen de cette cour en 1828, ce fut lui qui rédigea les observations sur le projet de loi du titre des faillites. Il mourut en 1830.

Boulaye (la), ancienne baronnie de Bourgogne (aujourd'hui département de Saone-et-Loire) , à vingt-deux kilomètres sud-ouest d'Autun , érigée en marquisat en 1720.

Boulbon , ancienne vicomté de Provence ( aujourd'hui département des Bouches-du-Rhône) , à six kilomètres nord-est de Tarascon, érigée en comté en 1008.

Boule (André-Charles) , artiste , né à Paris en 1642, mort en 1732, devenu justement célèbre par le talent admirable qu'il déploya dans la fabrication et dans l'ornementation des meubles.

A une science profonde du dessin il joignait un excellent goût. Ses meubles sont ornés de bronzes de formes sévères et élégantes, de mosaïques formées de bois de différentes couleurs, de cuivre et d'ivoire. Il fut nommé par Louis XIV graveur ordinaire du sceau, et il est qualifie, dans le brevet qui lui fut délivré, d'architecte, peintre, sculpteur en mosaïque et inventeur de chiffres. Le genre de Boule, espèce de st \ le renaissance, fut remplace à la On du dix-huitième siècle , par un style appelé grec , qui excluait tout ornement, et dont la roideur et le nu absolu étaient les caractères principaux.

L'ébénisterie abandonne maintenant ce mauvais goût pour en revenir à celui que Boule avait mis en voçue ; mais il est à craindre que la manie des ornements ne dégénère en profusion, et ne rende, dans un autre genre, le style moderne aussi mauvais que celui de l'empire. Nous devons dire cependant que l'exposition de 1839 présentait des meubles dans le genre de Boule d'un goût parfait. (Voy. Ébénistebie. )

Boulée (Étienne-Louis), architecte, né à Paris le 12 février 1728, étudia à l'école deLejai, mais se forma surtout d'après l'antique. Il commença une réaction contre le genre contourné et mesauin de l'architecture de Louis XV, et doit surtout être signalé parmi ceux oui firent prévaloir les règles de l'architecture antique , et qui ramenèrent le goût de la sévérité et de la noblesse, trop souveot négligées dans les constructions du dix-huitième siècle.

C'est tout à la fois par son enseignement et par ses travaux que Boulée exerça une influence considérable.

Parmi ses élèves , nous citerons MM.

Brongniart , Chalgrin , Durand , etc.

Dans le nombre des monuments qui sont dus à ses plans , nous mentionnerons l'hôtel de Brunoy aux Champs- Élysées , le château de Tassé à Chaville, celui de Chanvri à Montmorency, et celui du Péreux. Mais c'est surtout dans ses projets et dans les manuscrits qu'il n'a pas eu le temps de réunir pour en former une œuvre complète d'architecture, qu'éclate toute la puissance de son génie. Boulée est mort le 6 février 1799.

Boulène , ville et seigneurie du comtat Venaissin, à 7 kilomètres nord d'Avignon.

Boulengeb ( Jules-César ) , fils de Pierre Boulenger, naquit à Loudun en 1558, et mourut à Cahors en 1628, après avoir donné en latin une Histoire de $on temps, Lyon, 1619, infol.; elle commence à l'an 1559, et finit en 1610. On a de lui en outre un grand nombre de savants ouvrages , entre autres : De Imperatore et imperio romano, Lyon , 1618, in-fol.; De In-

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tignibusgeniilitiis ducum lotharingorum, Pise, 1617, in-4°; et beaucoup d'opuscules imprimés d'abord séparément , et réimprimés depuis dans les antiquités grecques et romaines de Gram'us.

Boulenger (Pierre), célèbre grammairien , né à Troyes en Champagne, professa successivement la langue grecque et la langue latine à Loudun et la théologie à l'universitédePise. Il mourut dans cette ville en 1598. On a de lui une Histoire de France, restée manuscrite; de petits Traités de piété et un Discours imprimé en 156G.

Boulet, projectile sphérique avec lequel on charge les canons. Sous le règne de Charles VI, vers Tan 1 385, on se servait de boulets de grès, et ce fut seulement en 1400 qu'on leur substitua les boulets en métal. Sous Louis XI, en 1470 , il y en avait en plomb et en fonte de fer* Depuis, on n'a plus employé que ce dernier métal. Les boulets sont pleins ou creux. Les boulets pleins servent à détruire les batteries et les remparts d'une ville assiégée, les retranchements de campagne, à porter le ravage dans les troupes ennemies, etc. Les boulets creux sont principalement destinés à la défense des côtes. ,

Les boulets creux ne sont autre chose que des obus sans culot que l'on ensabote pour les tirer, afin d'éviter de casser leur fusée et de les faire éclater en sortant du canon. Les boulets creux étaient autrefois des boîtes de fer longues d'environ deux calibres et demi , et du diamètre du calibre de la pièce. Ces boîtes renfermaient des artifices, des balles, de la ferraille, etc. Elles avaient une fusée en cuivre entrant à vis dans un écrou, et chargée comme celle des bombes.

« Toutes les fois, dit Surirev de Saint- Remy, que l'on a fait l'épreuve de ces boulets creux, ils ont crevé en l'air, ou ils ne sont allés frapper la butte ou le blanc que par le travers , et non par leur pointe , ou les fusées n'ont point pris , ou elles se sont éteintes, et leur effet, par conséquent, est entièrement inutile. »

Les boulets incendiaires , faits avec une composition d'artifice renfermée dans un sac de toile cordelé avec du menu cordage, pour leur donner plus de solidité, ont le diamètre des pièces de 24 et de 16. Pour qu'ils ne soient pas brisés par la force de la poudre, on ne met qu'une petite charge dans le canon, et on enfonce sans refouler.

Leur usage le plus essentiel est de servir, dans les places assiégées, à éclairer les travaux de l'ennemi.

Les boulets rouges sont des boulets ordinaires qu'on fait rougir et qu'on introduit dans une pièce de canon après qu'ils ont été chauffés au rouge clair. On employait d'abord les grilles pour chauffer les boulets; mais ce moyen étant dangereux, lent et dispendieux, on imagina les fourneaux à réverbère, chauffés soit avec du bois , soit avec du charbon. Dans un fourneau à réverbère dont le feu est en train, un boulet est rouge en trente minutes.

Pendant que les boulets chauffent, on met la poudre dans le canon , en plaçant dessus d'abord un bouchon sec, puis après une nelote de terre argileuse pour l'enfoncer et la refouler; on pointe la pièce, on l'amorce, après quoi deux canonniers prennent le boulet avec une cuiller à deux manches, le portent à la volée de la pièce , l'y introduisent, mettent du gazon ou un bouchon mouillé par-dessus , et l'enfoncent légèrement; ils se retirent aussitôt pour qu'on puisse mettre le feu promptement, et éviter le refroidissement du boulet. C'est au siège de Stralsund, en 1675, que, pour la première fois en Europe, l'électeur de Brandebourg employa le tir à boulet rouge avec succès.

Boulets messagers. On appelait ainsi des boulets creux doubles en plomb , dont on faisait usage pour donner des nouvelles dans une place .

assiégée ou dans un camp.

Les boulets barrés ou ramés sont deux boulets joints par une barre de fer; ils sont destinés à couper les cordages et les manœuvres des vaisseaux, à déchirer les voiles, à briser les mâts, etc.

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