‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 24 sur 96 · IO0 FRA · texte numérisé non relu

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ces petites royautés , et étendit sa domination sur la plus grande partie des Gaules. Le Boulonnais suivit alors les destinées de la Neustrie , pais il fit partie du Ponthieu jusque vers le milieu du neuvième siècle. A cette époque, Helgaud Ier, titulaire de ce comté , le donna comme dot de Berthe, sa fille, à Hernequin, neveu de Baudouin le Chauve, comte de Flandre. Hernequin fut donc le premier comte de Boulogne. Il mourut en 882, et eut pour successeurs :

2° Regnièr, Raginaire ou Vagimire , son fils , assassiné vers Tan

3° Erkenger, qui, après avoir combattu pour Charles le Simple, se rangea, en 896, parmi les partisans d'Eudes, rival de ce prince.

4° Après la mort d'Erkenger , Baudouin le Chauve, comte de Flandre , s'empara du comté de Boulogne.

6° Il le laissa, en mourant, à Adolfe ou Adalolfe, le second de ses fils.

6° Celui-ci mourut en 933 , et eut pour successeur son frère aîné , Arnold, comte de Flandre.

T A la mort d'Arnoul , en 965 , Guillaume , comte de Ponthieu, s'empara du Boulonnais, et le donna à son OU Ernicule, auquel succédèrent :

8° Gui à la Barbe Blanche ,

9° Baudouin II, fils de Gui, qui fut tué en 1033 par

10° Enguerrand, comte de Ponti.Ieu, qui se rendit ensuite maître du Boulonnais , mais à la mort duquel ce comté retourna à

11° Eustache /'r, dit à VŒU, fils de Baudouin II.

12° Son fils Eustache H, surnommé aux Grenons , lui succéda , et ajouta à ses États une grande partie de l'Artois. Veuf en premières noces de Goda, fille d'Ethelred II, roi d'Angle- > terre, il épousa, en 1057, à son retour de Rome, où il avait été chargé de reconduire le pape Victor II , après le concile de Cologne, Ide, fille du duc Godefroi de Bouillon, dit le Barbu , j et reçut pour dot le château de Bouillon, il. suivit, en 1066, Guillaume, duc de Normandie , dans son expédition

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d' Angleterre , et combattit à la bataille d'Hastings , où il fut blessé. 11 reçut en récompense des domaines considérables dans ce pays. Mais bientôt après , à la sollicitation du roi de France , il prit parti contre Guillaume, et chercha a lui enlever le trône qu'il avait contribué à lui donner. Ces tentatives n'ayant eu aucun succès, il fit la paix avec son ancien allié. Il mourut en 1093, laissant d'Ide, sa seconde femme, Godefroi , créé, en 1076, marquis d'Anvers , par l'empereur Henri IV, puis duc de Bouillon et de la basse Lorraine , et enfin élu roi de Jérusalem en 1099 ; Eustache , qui suit , et Baudouin, qui, après avoir été comte d'Edesse , succéda à son frère sur le trône de Jérusalem.

13° Eustache III épouse, en 1102, Marie, fille de Malcome III, roi d'Écosse, et sœur de Mathilde , femme de Henri Ier, roi d'Angleterre. Il meurt en 1125, ne laissant qu'une fille,

14° Mahaul ou Mathilde, épouse d'Étienne, troisième fils d'Etienne, comte de Blois. Ce prince s'empare , en 1 1 35 , du trône d'Angleterre , au détriment de sa cousine l'impératrice Mathilde, et cède, en 1150, le comté de Boulogne à son fils

15° Eustache IV. Celui-ci avait épousé, en 1140, Constance, fille de Louis le Gros ; mais il mourut en 1 153 , sans postérité.

16° Guillaume II, son frère , reçut , après lui, l'investiture du comté de Boulogne; mais, quoiqu'il fût le seul héritier mâle de son père, il n'eut point après lui le trône d'Angleterre , ce prince ayant adopté pour son suc-, cesseur Henri , fils de Mathilde. Guillaume meurt en 1159, sans postérité.

17° Marie, dernier enfant d'Étienne et de Mahaut, était abbesse de Ramsei, en Angleterre , lorsque son frère mourut. Elle épousa, malgré ses vœux, Mathieu d'Alsace, fils puîné du comte de Flandre. Celui-ci , après s'être distingué tantôt comme allié du roi de France , tantôt parmi les partisans du roi d'Angleterre, dans les guerres que se firent ces deux princes, mourut assassiné en 1173.

18° Ide, sa fille, lui succéda, et épousa successivement Mathieu II, Gérard de Gueldre, Berthold de Zeringhen et Renaud de Dammartin.

Celui-ci , à la suite de démêlés qu'il avait eus avec Phi lippe- Auguste, entra dans la ligue formée contre ce

fwince par Othon IV , empereur d'Alemagne, Ferrand, comte de Flandre, et Jean sans Terre, roi d'Angleterre.

Il attaqua, en 1213, à la tete de la flotte anglaise , celle de la France, qui était mouillée auprès de Dam. Il tut vainqueur, coula cent navires français, et en prit trois cents. Mais il échoua dans son attaque contre la ville de Dam. Il se trouva ensuite à la bataille de Bouvines, et y fut fait prisonnier. Philippe-Auguste le fitd'abord garder à Bapaume; mais ayant ap- )ris qu'il continuait d'avoir des inteligences avec le comte de Flandre , il e fit enfermer au château de Péronne , où il mourut de désespoir en 1227.

Pendant sa captivité, Louis, depuis Louis VIII, fils de Philippe-Auguste, administra le comté de Boulogne.

19° Cependant, dès l'année 1201, Philippe, dit Hurepel, autre fils de Philippe- Auguste, à peine âgé d'un an, avait été fiancé avec Mahaut, fille d'Ide et de Renaud. Le mariage se fit en 1216, et Philippe prit le titre de comte de Boulogne. En 1226, il accompagna son frère dans la guerre contre les Albigeois ; et , la même année , il assista au sacre de son neveu , Louis IX. Mais , jaloux de voir la régence aux mains de Blanche de Castille , et désirant s'emparer du pouvoir, il se mit à la tête de toutes les ligues qui se formèrent contre cette princesse. On sait avec quelle habileté elle triompha de tous ces obstacles. Philippe ne fut pas plus heureux dans ses attaques contre Thibaut, comte de Champagne , qu'il haïssait pour avoir pris le parti de la reine. Il fut tué à Corbie, dans un tournoi, en 1234. Mahaut, sa veuve, épousa, en 1238, Alphonse, neveu de Blanche de Castille, et frère de Sanche II, roi de Portugal. Mais ce prince la quitta en 1245, pour retourner dans sa patrie,

où H fut proclamé roi en 1248, et où il épousa, en 1249, Béatrix de Cusange, fille naturelle d'Alphonse X, roi de Castille. Mahaut mourut à Boulogne en 1258, sans laisser de postérité.

20° Henri III. duc de Brabant , lui succéda , et vendit le comté de Boulogne à

21° Robert V, comte d'Auvergne, auquel succédèrent ses deux fils ,

22° Guillaume XII, d'Auvergne , en 1277, et son frère

23° Robert VI, d'Auvergne, en 1279,

24° Robert VII, d'Auvergne, dit le Grand, succéda à Robert VI, en 1314.

25° Guillaume XIII, d'Auvergne, fils de Robert VII , ne laissa qu'une fille ,

26° Jeanne, qui épousa en secondes noces, en 1350, le duc de Normandie , qui fut depuis le roi Jean,

27° Elle n'en eut qu'un fils , Philippe de Rouvre, qui mourut sans postérité en 1361.

28° et 29° Jean I" lui succéda dans les comtés d'Auvergne et de Boulogne,

2u'il laissa, en 1394, à Jeanne II, sa lie. Celle-ci avait épousé, en 1389, Jean , duc de Berri , fils du roi Jean. Ce fut elle qui , en 1393 , sauva la vie à Charles VI , dans un bal où ce prince, déguisé en sauvage , faillit périr par le feu qui avait pris à ses vêtements enduits de poix.

30° Jeanne mourut en 1422, sans postérité, mais après avoir adopté Marie, sa cousine.

31°, 32° et 33° Celle-ci ne fut pas longtemps en possession du comté de Boulogne. En effet, Philippe le Bon, duc de Bourgogne , s'en empara vers 1430, et se le fit céder, en 1435, par le traité d'Arras. Charles le Téméraire. son fils, le posséda après lui ; mais, a la mort de ce prince , en 1477, Louis XI le reprit, et le rendit au petit-fils de Marie, Bertrand II, comte d'Auvergne, qui le lui céda l'année suivante , en échange du duché de Lauraguais. Maître du comté de Boulogne, Louis XI imagina un singulier expédient pour l'affranchir de la suzeraineté

BOU FR

du comté d'Artois, dont il relevait, et qui appartenait , du moins de droit , à Marie de Bourgogne. Ce fut de transporter, en vertu de son autorité royale, l'hommage de ce comté à l'image de la Vierge qui se trouvait dans l'église principale de Boulogne. En effet , par lettres patentes datées d'Hesdin, au mois d'avril 1478, avant Pâques, il déclara la sainte Vierge seule souveraine de Boulogne , et se reconnut son vassal, par le relief d'un cœur d'or du poids de treize marcs que lui et ses successeurs, rois de France, lui payeraient à leur avènement à la couronne, en lui faisant hommage du Boulonnais. Il alla lui-même accomplir cette cérémonie le 18 août suivant ; et tous ses successeurs, jusqu'à Louis XV, inclusivement, se soumirent aux prescriptions de ses lettres patentes ; seulement , au lieu d'aller eux-mêmes porter le cœur d'or à Notre-Dame de Boulogne , ils se contentèrent de lui en envoyer la valeur.

Boulogne (Jean-Baptiste), sergent, né dans le département de la Marne.

Avant aperçu, pendant l'attaque des ouvrages de" San-Giacomo, un détachement de quatre cents Autrichiens embusqués dans un jardin, se présenta a la seule porte par laquelle ils pussent sertir, et les somma de mettre bas les armes. Cette audace épouvanta l'ennemi, qui se rendit à discrétion.

Bouloire, village et baronnie du Maine, à dix- huit kilomètres sudest du Mans (Sarthe), érigée en baronnie en 1593.

Bouquebot (J. B. , baron Desessard), né à Asnan en 1771, entra au service en 1791 en qualité de volontaire du premier bataillon de la Nièvre, passa par tous les grades inférieurs, et fut nommé, en 1811, colonel du quatrième régiment devdragons.

H avait fait toutes les campagnes de 1*92 à 1805 aux armées du Nord, de Sambre-et-Meuse , d'Italie, d'Helvétie, d'Orient et d'Allemagne; celles de Prusse en 1806 et 1807, d'Autrithe en 1809, d'Espagne de 1810 à 1814, et enfin les inimortelles campagnes de France en 1814 et 1815.

C'est en 1814 que, près de Nangis, le

colonel Desessard, à la tête du quatrième régiment de dragons, enfonça un carré de dix mille Russes, le força à mettre bas les armes, et enleva ensuite une batterie de quatorze pièces de canon. Napoléon, après avoir félicité ce brave officier sur sa belle conduite, le nomma officier de la Légion d'honneur sur le champ de bataille.

Bouquet (dom Martin), l'un des savants bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, naquit à Amiens le 6 juin 1685, et prononça ses vœux en 1706. Nommé bibliothécaire de l'abbaye deSaint-Germain des Prés à Paris, il se démit , peu de temps après, de cette charge , afin d'avoir plus de temps pour se livrer à l'étude. Après avoir été le collaborateur du P. Montfaucon, qu'il aida dans la publication de quelques-uns de ses savants ouvrages, il s'occupait de recueillir les matériaux d'une nouvelle édition de l'historien Flavius Josèphe, lorsqu'il apprit qu'un savant distingué d'Amsterdam , Havercamp, s'occupait d'un travail semblable. Le P. Bouquet s'empressa de lui adresser les notes qu'il avait déjà réunies, et? les recherches du bénédictin ne contribuèrent pas peu au succès de cette édition de l'historien juif, laquelle parut à Amsterdam en 1726. Mais déjà, à cette époque, dom Bouquet travaillait au gmnd ouvrage qui devait lui assurer la place distinguée qu'il occupe dans les fastes de l'érudition française. Nous voulons parler de la grande collection dont il

f>ublia, en 1738, les deux premiers voulues, sous le titre de Rerum galiicarum et francicarum scriptores. Dès l'année 1676, Colbert avait conçu l'idée de publier une nouvelle collection des historiens de France. A sa mort, Letellier, archevêque de Reims, avait repris son projet, et proposé à Mabillon de se charger des détails de la publication. Mais ce bénédictin regarda ce travail comme étant au-dessus de ses forces , et n'accepta pas.

D'Aguesseau , devenu ministre, s occupa aussi de cette idée, et en confia l'exécution au P. Lelong, qui mou-

BOIT

LUNIVERS.

rut en 1721, sans avoir rien publié.

Ce fut alors aue dom Denys de Sainte- Marthe, supérieur général de la congrégation deSaint-Maur. demanda que ses religieux fussent chargés de la continuation de cette entreprise nationale, et en donna la direction à dom Bouquet. Ce savant publia successivement les huit premiers volumes de la collection , et mourut à Paris, au monastère des Blancs-Manteaux, en 1754. La collection commencée par dom Bouquet, continuée successivement par d'autres religieux de sa congrégation, et, depuis l'abolition des ordres monastiques, par l'Académie des inscriptions et bel les -lettres, est maintenant arrivée à son vingtième volume. Nous donnerons, à l'article Historiens de Fbànce, plus de détails sur ce monument national.

Bouquet (Pierre), neveu du précédent, avocat , mort en 1781 , est auteur des ouvrages suivants : Le Droit public de France, éclairci par les monuments de l'antiquité, tome 1er, 1756, in-4°; la suite n'a pas paru; Lettres provinciales, ou Examen impartial de l'origine de la constitution et des révolutions de la monarchie française, 1772, in-8°; Tableau historique, généalogique et chronologique des trois cours de France, 1772, m-8.

Bourbon -l'Abchàmbàult, Borbo?iium Arcimbaldi, ancienne capitale du Bourbonnais, auquel elle adonné son nom, ainsi qu'à la maison royale, dont une branche occupe encore aujourd'hui le troue de France. Cette ville, qui est située à vingt-cinq kil. de Moulins, est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département de l'Allier. On fait remonter assez haut son origine; les savants y voient YAqua Bormonis ou Borvonis des itinéraires romains. Quoi qu'il en soit, c'était au huitième siècle une ville assez importante, puisqu'elle put arrêter Pépin, qui l'assiégea et la prit en 759. Ce prince la donna, dit-on, à l'un de ses parents, qui en transmit la possession à sa postérité. C'est de ce parent de Pépin que quelques historiens

font descendre les sires de Bourbon.

Un assez grand nombre de ces sei-

gneurs portèrent le nom d'Archamault , qui depuis a été ajouté à celui de la ville.

Bourbon-l'Archambault compte aujourd'hui près de trois mille habitants.

Cette ville possède des eaux minérales très-renommées. Il reste du château des anciens sires de Bourbon des ruines remarquables, mais au milieu desquelles on regrette de ne plus trouver de traces de l'ancienne Sainte-Chapelle, élevée par la régente Anne de France, et l'un des plus grecieux monuments du quinzième siècle.

Pendant la révolution de 1 789, Bourbon-l'Archambault échangea son nom contre celui de Burges-les-Bains.

Bourbon-Lancy, ville de l'Autunois et de l'ancien duché de Bourgogne, en latin, Borbonium Anselmi, siège autrefois d'un bailliage dont la juridiction était assez étendue, aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département de Saône-et-Loire.

Le lieu qu'occupe aujourd'hui cette ville était déjà habité à l'époque romaine. Il est désigné, dans les anciens itinéraires, par le nom iïAquae Nisenii (*), dénomination qui fait remonter à une assez haute antiquité la célébrité des eaux minérales auxquelles Bourbon-Lancy doit, encore aujourd'hui , toute sa richesse. Le nom de Bourbon-Lancy fut, pendant la révolution de 1 789, changé en celui de Belle- Vue -les -Bains. Cette ville compte deux mille huit cent quarante - huit habitants.

Bourbon-Vendée, nom donné, en 1815, au chef- lieu du département de la Vendée, fondé en 1805, sous le nom de Napoléon- Ville, sur les ruines de l'ancienne forteresse de la Roche-sur- Yon. (Voyez Roche-sub-Yon (la).

Boubbon (Ile), nommée d'abord Mascarenhas par les Portugais qui la découvrirent, en 1545; elle échangea ce nom pour celui de Bourbon, en 1642, époque où M. de Prony en

(*) Walckenaer, Géographie fdstorique des Gaulois, t. I , p. 37a.

bou France.

prit possession au nom du roi de France.

Cette île est située dans l'océan Oriental, sous le 21e degré de latitude sud, et le 53e de longitude est. Sa plus grande longueur de l'extrémité nord à l'extrémité sud est d'environ soixante - deux kilomètres ; sa plus grande largeur d'environ quarante à quarante-quatre kilomètres; sa circonférence, en suivant les bords de la mer, de deux cent treize kilomètres, et sa superficie de deux cent trente et un mille cinq cent cinquante hectares.

Pendant longtemps elle ne fut fréquentée que par les aventuriers de la mer des Indes. Mais en 1641 , après la cession qu'en fit Louis XIV a la compagnie des Indes orientales , celleci envoya à Bourbon une vingtaine d'ouvriers français qui s'y fixèrent ; d'autres y furent successivement expédiés pendant les années 1673 , 1688 , etc. Mais ce fut seulement en 1710 que la compagnie des Indes établit dans cette île une administration régulière. Un gouverneur nommé par le roi fut chargé de l'administration supérieure , et fut assisté d'un conseil composé des principaux employés. Ce tribunal était , du reste , soumis pour les appels au conseil souverain de Pondichéry. L'île avait été divisée en sept pa/oisses, dont chacune était administrée par un curé et un employé de la compagnie.

La culture du tabac fut la seule à laquelle s'adonnèrent les habitants jusqu'en 1717, époque de Fintroduction du café, dont le commerce y prit une rapide extension. A cette époque, la population de Bourbon , composée de blancs et de noirs, s'élevait à peine à deux mille individus. L'île resta environ un siècle entre les mains de la compagnie des Indes , qui la rétrocéda au roi en 1764. Un gouverneur et un intendant, dont la résidence était à l'île de France, administrèrent alors les deux îles. Ce fut l'intendant, M. Poivre , qui acheva d'organiser toutes les branches du service. Les habitants de Bourbon lui durent aussi

hoir ioé

l'introduction d'une foule de végétaux précieux. Cette île possédait, en 1789, une population de soixante et un mille deux cents individus , dont dix mille blancs, douze cents affranchis, et cinquante mille esclaves. Par suite des décrets de l'Assemblée constituante des 2 et 28 mai 1790, une assemblée coloniale y fut formée et s'empara de tous les pouvoirs. De 1790 à 1795 l'influence révolutionnaire domina les habitants ; mais, en 1798, les modérés réussirent à exclure de l'assemblée coloniale les plus exaltés. En 1799, la réaction fut complète, et cent huit propriétaires furent déportés aux îles Séchelles ; mais le navire qui les transportait , attaqué par une frégate anglaise, fut coulé bas, et les déportés , aussi bien que les hommes de l'équipage, furent tués ou noyés. Jusqu'en 1803 l'île Bourbon, qui avait pris sous la république le nom d'île de la Réunion, se gouverna elle-même. L'assemblée coloniale reçut les ambassadeurs de Tippoo-Saïb, et envoya à ce prince des secours contre Tes Anglais. Mais après la paix d'Amiens, l'autorité de la métropole fut rétablie à Bourbon , et le général Decaen y fut envoyé comme administrateur. Un commandant particulier et un sous-préfet colonial furent aussi établis à Bourbon, et l'assemblée coloniale cessa ses fonctions. Mais le 8 juillet 1810, les Anglais y débarquèrent quatre mille hommes, malgré la plus vive résistance de la garnison, composée dcquelques centaines d'hommes réunis à douze cents gardes nationaux, et, le 9 juillet, une capitulation lit passer cette île aux Anglais, dont l'administration fut douce et modérée. Ils la rendirent à la France, le 6 avril 1815 , en vertu du traité de Paris du 30 mai 1814. Bourbon reprit alors son ancien nom. Quoique les habitants de Bourbon ne se fussent point associés au mouvement qui remit, en 1815, la France sous le sceptre de Napoléon, le 5 octobre 1815, une escadre anglaise somma l'île de se rendre, et sur le refus du gouverneur, BouvetdeLozier(voyezcenom),

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L'UNIVERS

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un blocus fut établi jusqu'à la seconde restauration, où l'état de guerre cessa. De 1815 à 1836, la prospérité de l'île Bourbon alla toujours croissant : la culture de la canne à sucre y prit surtout un très-grand développement , et c'est aujourd'hui le principal produit agricole de la colonie.

La circonscription judiciaire de la colonie comprend : 1° une cour royale, séant à Saint-Denis ; 2° deux cours d'assises; 3°deux tribunaux de première instance, séant l'un à Saint-Paul et l'autre à Saint-Denis ; 4° six justices de paix, à Saint-Denis, Sainte-Suzanne, Saint- Benoît , Saint-Paul , Saint-Louis et Saint-Pierre. Il y a à Bourbon deux villes, Saint-Denis et Saint-Paul, et huit bourgs ou villages. La ville de Saint- Denis est le chef-lieu de la colonie et le siégedu gouvernement; elle est située dans l'arrondissement du Vent,au nord de l'île; la ville de Saint-Paul, chef-lieu de l'arrondissement Sous le Vent , est située au sud. La population de l'île s'élevait, en 1837, à cent neuf mille trois cent trente individus, dont trente-neuf mille huit cent dix - sept libres , et soixante-neuf mille cinq cent treize esclaves.

Le conseil colonial de Bourbon se compose de trente membres, élus pour cinq ans, par les collèges électoraux de la colonie. Bourbon entretient en outre à Paris deux délégués, dont le traitement est fixé à vingt mille francs pour chacun. Le commandement et la haute administration appartiennent ciu gouverneur; le commandement des troupes et le service militaire sont confiés à un commandant militaire. Lesdiffé; entes partiesdu service sontadministrées par un ordonnateur, un directeur de l'intérieur et un procureur général ; un inspecteur général veille à la régularité du service administratif. Le nombre des communes est de douze, ayant chacune un conseil municipal, dont les membres sont élus pour quatre ans par les électeurs communaux.

Il existe à Bourbon : un collège établi à Saint-Denis; un pensionnat pour les garçons à Saint-Paul; vingt-neuf écoles pour les garçons , et vingt-qua-

tre pour les filles. Au 1er janvier 1837,1e nombre total des élèves de ces différentes écoles et institutions s'élevait à deux mille trois cent seize, dontquatorze cent quatre-vingt-six garçons et huit cent trente filles. On trouve dans l'île : deux hôpitaux, l'un à Saint-Denis, l'autre à Saint-Paul, tous deux ad ministres en régie; deux administrations de bienfaisance, l'une à Saint-Denis, pour les communesduVent, l'autreà Saint-Paul, pour les communes Sous le Vent ; seize édifices consacrés au culte; une commission spéciale de santé, composée de six membres titulaires et de six suppléants ; deux prisons , l'une à Saint- Denis, l'autre à Saint-Paul ; une chambre de commerce ; une bibliothèque à Saint-Denis , composée en 1833 , de trois mille sept cent soixante-douze volumes; enfin, trois imprimeries particulières. On imprime à Bourbon 1° quatre journaux; 2° l'Annuaire de Bourbon ; 3° le Bulletin officiel de Bourbon.

Boubbon (maison de). — Les hommes issus de cette maison , et qui ont porté le nom de Bourbon , ont été mêlés tant de fois dans les événements les plus graves de l'histoire de France, èt notamment dans les trois derniers siècles, ils ont exercé sur les destinées de notre pays une influence si grande, qu'une longue notice , consacrée au récit de leurs actions , ne serait assurément pas déplacée dans cet'ouvrage.

Toutefois, pour nous conformer à l'ordre et au plan que nous avons suivis jusqu'à présent, nous avons dû nous renfermer ici dans d'étroites limites. Nous nous bornerons donc à

firésenter, dans un tableau d'ensemble, 'histoire des Bourbons depuis les origines vraiment historiques de la famille jusqu'au moment ou Henri de Navarre , l'un d'entre eux , fût porté sur le trône de France, autant par son courage, son habileté , les circonstances et sa bonne fortune, que par les droits qu'il tenait de sa naissance. II sera fait mention ailleurs , dans des biographies séparées, des personnages de cette famille, ducs, princes ou rois, qui , depuis la fin du seizième siècle

FRAN C E (XIVCS)

sa

BOU

ont pris part à des événements importants , et qui ont acquis , par des actions bonnes ou mauvaises, quelques titres à la célébrité.

Voici, d'après l'Art de vérifier les dates , la nomenclature des premiers seigneurs qui possédèrent le fief de Bourbon.

Almar,

Gui,

Aimon.

Archambaud Pr. Il paraît que cet Archambaud fut le premier de la famille qui joignit à son nom celui de la terre qu'il possédait à titre féodal.

Archambaud II.

Archambaud III , qui mourut en

1064. Archambaud IF.

1078. Archambaud V. 1096. Archambaud VI.

Archambaud y II. On ne connaît pas la date de la mort de son père.

1171. Archambaud FUI.

1200. MathUde.

1215. Archambaud IX.

1242. Archambaud X.

1249. MathUde.

1262. Agnès et Jean de Bourgogne.

1283. Beatrix, fille d'Agnès , succéda à sa mere , avec son époux, Robert de France , comte de Clermont en fieauvoisis. Robert était le sixième fils de saint Louis. Avec lui commence la dynastie féodale des Bourbons, issus de la famille capétienne. Cependant, après la mort de Béatrix (1310), ce ne fut point Robert qui hérita des domaines de la maison de Bourbon , mais Louis, son fils aîné (*). En 1327, le roi de France, Charles le Bel, érigea en duché-pairie la sireriede Bourbon, et la môme année il donna au nouveau duc le comté de la Marche en échange de celui de Clermont.

En 1342, les deux fils de Louis, Pierre et Jacques , se partagèrent les liefede leur père. Pierre, à titre d'aîné, garda le duché de Bourbon, et Jacques se fit donner le comté de la Marche.

Nous nous bornerons ici , dans un résumé rapide , à suivre les descendants

(•) Robert mourut en x3i7.

BOU 20

de Pierre ; nous parlerons ensuite de la branche cadette, qui fut investie successivement du comté de la Marche et du comté de Vendôme.

Pierre, duc de Bourbon , prit une part active aux guerres que les rois de France firent de son temps pour repousser l'invasion des Anglais. En 1345, il se distingua en Guvenne, et, en 1346, il assista à la bataille de Crécy. Dix ans plus tard , il mourut glorieusement à Poitiers , en combattant à côté du roi Jean.

Louis //, son successeur au duché, fut retenu huit ans en Angleterre , comme otage du traité de Brétigny. A son retour, il servit Charles V avec zele et avec courage. Animé, comme son père, d'une haine profonde contre les Anglais, il ne négligea aucune occasion de les combattre, et il fit contre eux plusieurs expéditions glorieuses en Anjou , en Saintonge, en Guvenne et en A u vergue. Quand le roi Charles V, en 1374, eut conclu une trêve avec l'Angleterre, Louis de Bourbon se dirigea vers l'Espagne pour faire la guerre aux mécréants. Il fut accueilli cvec enthousiasme par les sujets de Henri de Transtamare, qui ne voyaient point sans un vif intérêt, au milieu d'eux, le frère de l'infortunée Blanche de Bourbon. La guerre qui éclata, à cette époque , entre la Castille et le Portugal, arrêta tous les projets de croisade, et Louis repassa les Pyrénées sans avoir combattu les infidèles. Vers la fin du règne de Charles V, il contribua puissamment à ramener au service de la France, du Guesclin, qui avait renvoyé son épée de connétable.

En 1380, après la mort du roi , il accepta la tutelle du jeune duc d'Orléans, frère de Charles VI. En 1382, il se distingua à la bataille de Kosebecque.

L'événement le plus important de la vie de Louis de Bourbon fut, sans contredit, la croisade qu'il entreprit en 1391, contre les pirates de Tunis. Il fut plus heureux que son aïeul le roi saint Louis. Malgré les grandes chaleurs et les maladies qui décimaient son armée, il vainquit les chefs qui commandaient à Tunis, à Bougie et à Tlemcen ,

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et il força le roi de Tunis à renvoyer libres les chrétiens qui étaient devenus ses captifs, et à se reconnaître tributaire des Génois. Quelques années après sou retour en France, il ne vit point sans douleur les querelles intestines gui divisaient non -seulement la famille royale, mais encore tout le royaume.

II chercha en vain à réconcilier ceux que la haine et le meurtre avaient désunis , mais il ne put y réussir. On connaissait si bien tes louables intentions du duc de Bourbon, que sa mort, arrivée en 1410, au moment où la guerre civile allait éclater, causa une véritable douleur à tous ceux qui souhaitaient la paix et désiraient sincèrement le bien de la France. On peut citer, comme chose glorieuse pour sa mémoire, les paroles que, suivant un narrateur contemporain , prononcèrent les gens du peuple lorsqu'ils virent passer son convoi: «Ahl ah!

mort, tu 7ious a été en ce jour notre soutien, celui gui nous gardait et nous défendait de toutes oppressions; c était notre 'prince , notre confort, notre duc, le plus pr ud'homme et de la meilleure vie et coiiscience qu'on pût . trouver. »

Après sa mort, Jean /er, son fds, succéda à tous ses titres et apanages. Il ne chercha point, comme Louis II, son père, à mettre, fin aux discordes civiles par des moyens de conciliation. Loin de là , il devint chef de parti , et se déclara le défenseur et le soutien de la faction d'Orléans. A la bataille d'Azincourt (1415), il fut de ceux qui compromirent par leur imprudence le salut de la France. Il fut fait prisonnier dans cette désastreuse journée, et conduit en Angleterre, où il mourut en 1433. Louis, son troisième fils , fut la tige de la famille de Montpensierf*). L'aîné, Charles 1", qui fut son successeur,contribua puissamment, par son courage , à replacer Charles VII sur le trône que lui avaient ravi le duc de Bourgogne et les Anglais. Nous devons ajouter qu'il fut un des principaux négociateurs du traité d'Arras,

qui devait mettre fin aux malheurs de l'invasion étrangère.

Jean //, son fils, lui succéda en 1456. Il s'était distingué, lorsqu'il n'était encore que comte de Clermont, dans les derniers combats que la France eut à soutenir contre les Anglais. Après la mort de Charles VII , il se révolta contre Louis XI , et entra dans la ligue du bien public. A l'avènement de Charles VIII , on le retrouve encore à la tête des factieux. Il mourut en 1488, et ne laissa point d'enfants légitimes. Ses apanages devaient appartenir à son frère puiné , Charles de Bourbon , cardinal et archevêque de Lyon; mais un autre frère de Jean , Pierre , sire de Beaujeu, s'empara de tous les fiefs de la maison de Bourbon.

Pierre II, sire de Beaujeu, est plus connu dans l'histoire par les vertus et les rares qualités de sa femme que par son propre mérite. Il ne fut le tuteur du jeune roi Charles VIII, et ne prit quelque part aux affaires, que parce qu'il avaitépousé lafilie de LouisXI (*). Il mourut en 1503 , ne laissant de son mariage qu'une fille, Susanne, qui porta dans la branche de Montpensier tous les titres et tous les domaines de la maison de Bourbon.

Ce fut en 1505que Charles deMontpensier dev int duc de Bourbon par son mariage avec Susanne. 11 fut dès lors le seigneur le plus riche et le plus puissant de France. Il se distingua dans les guerres que fit le roi Louis XII.

Sous François Ier, il reçut l'épée de connétable J se distingua de nouveau à la bataille de Marignan et dans les guerres du Milanais, dont il fut nommé gouverneur. Mais bientôt le roi fut effrayé de la puissance du duc de Bourbon, et il lui enleva peu à peu , sous divers prétextes , une grande partie de ses apanages. Charles, exaspéré par les mauvais traitements dont il était l'objet , résolut d'écouter les propositions qui lui étaient faites par Charles-Quint et par le roi d'Angleterre. Il était déjà hors de France , lorsque François I«r

(*) Voyez Montpkhsier (famille de).

(*) Voyez kjnna de Beaujeu , 1. 1, p. a56.

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