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loi fit redemander l'épée de connétable, et l'Ordre dont il Pavait décoré. « Quant «à Tépée de connétable, lui fit- il ré- « pondre , le roi me l'a ôtée à Valen- « ciennes , lorsqu'il confia à M. d'Alen- ■ çon l'avant-garde qui m'appartenait; «pour ce qui est de l'Ordre, je l'ai « laissé à Chantelle, derrière mon che- < vet. » La tuite du connétable de Bourbon fut un grand malheur pour la France; elle empêcha François Ier de passer en Italie, et le força d y envoyer l'amiral de Bonnivet, qui n'y éprouva
ri des revers. Bourbon, vainqueur ce général , le poursuivit jusqu'en Provence, et vint l'assiéger dans Marseille, dont heureusement il fut forcé de lever le siège. Mais il eut le malheur de contribuer au gain de la bataille de Pavie , et suivit en Espagne François, devenu prisonnier de Charles - Quint , non pour veiller à ses intérêts, mais pour être compris dans le traité.
Trompé dans ses espérances, et dissimulant son dépit , il retourna à la tête de cette armée qui avait fait trembler l'Italie. Ne pouvant plus suffire à la paye de ses soldats , il les mena au siège de Rome , dont il leur promit le pillage ; mais il fut frappé d'un coup mortel en montant le premier à la brèche, le 6 mai 1537. Il n'avait que 38 ans. Les événements qui remplirent les dernières années de sa vie, et ceux auxquels il prit une part active, ont été racontés ailleurs avec plus de détails, et nous renvoyons ici nos lecteurs à la partie de nos* Annales qui traite des guerres d'Italie , et aux articles qui ont été consacrés dans ce dictionnaire aux rois Louis XH et François 1er.
En 1527, après la mort du connétable, Charles, duc de Fendôme, devint Je chef de la maison de Bourbon. C'est ici, qu'après avoir vu l'extinction de la branche aînée de la famille , nous devons parler en quelques mots des branches collatérales.
Ea 1342, comme nous l'avons dit plus haut , Jacques, troisième fils de Louis Ier, devint comte de la Marche, en vertu du partage qu'il fit avec le duc Pierre , son frère. Jacques mourut les armes à la main, en combattant
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les grandes compagnies qui allaient porter le pillage et la dévastation dans les provinces du midi de la France. Il* eut pour successeur au comté de la Marche , Jean de Bourbon. L'héritier de Jean (1393) fut Jacques II, qui mourut en 1438. Il laissa ses domaines aux mains de son gendre, Bernard d'Armagnac. Le comté de la Marche revint plus tard à la branche aînée (*). Louis XI le donna, en 1477, à Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu.
Le comté de Vendôme passa à la maison de Bourbon en 1374 (**). Ce fut Jean de Bourbon, comte de la Marche, qui en prit possession en vertu du mariage qu'il avait contracté avec Catherine , sœur du dernier comteBouchard VII (***). Jean de Bourbon eut plusieurs enfants. Jacques, l'aîné, eut le comté de la Marche, et le second, Louis, le comté de Vendôme. Louis ne prit possession de son héritage qu'après la.mort de sa mère, qui arriva en 1412. Il fut fait prisonnier à la bataille d'Azincourt. Lorsqu'il fut délivré de sa prison , il s'empressa d'accourir auprès du roi Charles VII pour l'aider à reconquérir sur les Anglais son trôneet la France.
Mais après le traité d'Arras , il prit part à toutes les révoltes des seigneurs contre le pouvoir royal. Il mourut en 1446, et Jean II, son fils, lui succéda. Après Jean II, ce fut François oui hérita, en 1478, du comté de Vendôme. Celui-ci mourut à l'âge de vingt-cinq ans, en 1495. II laissait un fils, appelé Charles, qui prit possession de tous ses domaines. Charles de Bourbon fut le premier duc de Vendôme. Ce fut en effet en sa faveur que François Tr érigea le comtéen duché, au mois de février de l'année 1515. Il se distingua dans les guerres d'Italie par son courage , et dans les conseils du roi par sa grande sagesse. En 1527, il réclama en vain les biens du connétable de Bourbon , oui furent réunis alors au domaine de la couroune.Tou-
(*) Voy. l'article Marche (maison de la), (**) Voyez l'Art de vérifier les dates. . (***) Voyez l'art. Veicdô** (maison de).
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tefois, par la mort du connétable, le duc de Vendôme devint le chef de la maison de Bourbon. Il mourut en 1537. Charles avait eu plusieurs enfants. Voici les noms de ceux qui lui survécurent : Antoine de Bourbon , son successeur au duché de Vendôme, et père de Henri IV ; le comte d'Enghien, vainqueur à Cerisoles, qui mourut en 1546; Charles , cardinal, qui fut créé roi par la ligue, en 1589, sous le nom de Charles X; Jean, comte de Soissons, et Louis,, qui fut le premier de la famille des Condé, d'où sortit plus tard celle de Conti. (Voyez la partie des Annales consacrée aux événements du seizième siècle, et notamment aux guerres de religion; voyez aussi, dans ce Dictionnaire, les articles Cerisoles, Condé, Conti, Enghien, Ligue, etc.)
Comme nous l'avons dit , Antoine de Bourbon succéda à son père, dans ses titres et domaines , en l'année 1537. Il épousa à Moulins, en 1548, la fameuse Jeanne d'Albret. En 1555, il devint roi de Navarre. Au commencement du règne de Charles IX , il disputa la régence à Catherine de Médicis. Mais dans ces temps de troubles, le roi de Navarre n'était pas l'ennemi le plus redoutable de la cour. Catherine de Médicis , qui connaissait son caractère faible et irrésolu, lui céda plusieurs fois dans le gouvernement de l'État, au moins en apparence, une assez grande part d'autorité. Il s'était déclaré l'ennemi ardent des calvinistes lorsqu'il fut tué, en 1562, au siège de Rouen (*). L'épitaphe que lui firent les huguenots, comme on disait alors, nous apprend que sa mort arriva d'une manière imprévue et tout à fait bizarre :
Amis François , le prince ici gissant 1 Vécut sans gloire el mourut en pissant (").
(*) Voyez Nayarrk.
(•*) Les religieux bénédictins, auteurs de l'Art de vérifier les dates, n'ont point hésilé à insérer, dans leur grave recueil, l'épitaphe que nous citons.
Antoine de Bourbon laissait un fils qui devait, à la fin du seizième siècle, acquérir une grande célébrité, et remplacer les Valois sur le trône de France.
Depuis son avènement au trône , la famille royale de Bourbon s'est divisée en deux branches, dont la cadette, celle d'Orléans (voyez Orléans), possède actuellement la couronne. La branche aînée, expulsée une troisième fois, en 1830, du sol de la patrie , expie maintenant à l'étranger les fautes des derniers princes qu'elle- nous a donnés.
Les souvenirs qu'elle a laissés sont déjà assez loin de nous pour que nous puissions juger, sans prévention et sans haine, le bien et le mal qu'elle a fait à notre pays. Mais nous ne devons point ici nous livrer à cette appréciation qui trouvera sa place ailleurs. Contentons - noiis de dire que la France est trop jalouse de toutes ses gloires pour envelopper dans un même arrêt de réprobation les bons et les mauvais princes , les hommes qui l'ont rendue grande et uissante, et ceux qui ont cherché à amoindrir et à l'humilier. Si elle n'a
f)oint perdu la mémoire des maux que es Bourbons de notre âge lui ont fait souffrir, elle n'en revendique pas moins,avec un légitime orgueil,comme ses dignes enfants, les hommes illustres de cette maison qui, dans les siècles passés, l'ont aimée sincèrement et ont prodigué pour elle leur sans et leur vie. Certes, elle ne saurait, sanslnratitude, effacer de ses annales le nom 'une famille qui lui adonné, au moyen âge, Pierre, duc de Bourbon, qui se fit tuer à Poitiers; Louis, son fils , l'ami de du Guesclin, qui consacra la première partie de sa longue existence à combattre les Anglais, et la seconde à prévenir les maux de la guerre civile; Charles , un des principaux négociateurs de la paix d' Arras; le comte d'En-
Shien, vainqueur à Cerisoles, et, dans es temps plus modernes , Henri IV, le grand Condé et Louis XIV.
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