‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 33 sur 96 · CE ROC · texte numérisé non relu

CE ROC

à combattre des remèdes qu'il aurait sans doute approuvés de sang-froid :

l'inoculation, par exemple, dont il fut l'adversaire par un sentiment d'hostilité contre Tronchin. Cependant il était d'une probité scrupuleuse , et le trait suivant montre qu'il savait obliger.

Appelé auprès d'un banquier qui souffrait d'une maladie dont l'origine paraissait inexplicable, Bouvart finit par deviner que c'était une affection purement morale, qui avait pour cause première des embarras financiers. Un billet de trente mille francs , telle fut la seule ordonnance qu'il déposa sur la cheminée du malade, en disant: « Cette fois, je suis sûr d'avoir trouvé le remède. » Il ne s'était pas. trompé; la santé du malade revint avec le rétablissement des affaires du banquier.

Bou vens ( l'abbé de) , né , vers 1 750, à Bourg en Bresse , émigra eu Allemagne d'abord, puis en Angleterre, par suite de son refus de prêter le serment que l'on exigeait des ecclésiastiques à l'époque de la révolution. Ce fut lui qui prononça, en 1804, l'oraison funèbre du duc d'Enghien, dans la chapelle de Saint- Patrice, à Londres, en présence des princes de la maison de Bourbon. Si nous avons cité ici le nom de l'abbé de Bouvens, c'est moins pour son éloquence qui n'était pas de premier ordre, que parce que cette oraison funèbre est suivie d'une flottée historique sur le duc d'Enghien , notice pleine de partialité, mais qui peut être utilement consultée.

Bouvebt, lieutenant, chargea à trois reprises à la tête de quatre cents cavaliers, contre un carré de quinze cents Autrichiens, au combat d'Arlon, en 1793. Il parvint à disperser les ennemis, les tailla en pièces; mais il reçut vingt-huit blessures. « La France les a comptées, » lui écrivit à ce sujet Vergniaux , président de la Convention nationale.

Bouvet (Claude-Pierre), né à Dôle en 1759, fut à vingt-sept ans nommé professeui à l'université de droit de Dijon. Lors du procès de Louis XVI , il s'offrit en otage, et demanda à être l'un des défenseurs de ce prince. Arrêté en-

298 BOU

suite comme suspect , il fut remis en liberté après le 9 thermidor. Il présida , pendant Tan iv et l'an v , l'administration centrale du département du Jura, et fut ensuite successivement maire de Dole pendant dix ans, député de cette ville au Corps législatif, dont il fut vice- président, et procureur général de la cour impériale de Besançon. Nommé membre de la chambre des députés en 1814, il s'y fit remarquer par l'indépendance de ses opinions et l'impartialité de sa conduite. Il alla reprendre, pendant les cent jours, ses fonctions de procureur général , et les continua sous la seconde restauration, jusqu'au 18 mars 1816, époque où il fut envoyé à Limoges en la même qualité. Enfin, une ordonnance royale le rappela, en 1820, à Besançon , comme président honoraire de la cour royale.

Bouvet ( François-Joseph, baron), vice-amiral, naquit, en 1753, à Lorient : fils d'un capitaine de vaisseau de la compagnie des Indes, il s'embarqua , à douze ans , sur la flotte commandée par le bailli de Suffren , et fit avec ce grand amiral les .campagnes de l'Inde. En 1782, il fut élevé au grade d'enseigne de vaisseau, et, en 1793, à celui de capitaine de frégate. Il se distingua dans les diverses expéditions qui lui furent confiées, et se trouva aux fameux combats des 10, 11 et 12 prairial an II. Lorsqu'en 1797, l'amiral Morard de Galles sortit de nos ports, à la tête de l'escadre destinée à opérer une descente en Irlande, Bouvet, devenu contre-amiral , avait le commandement d'une de ses divisions, et il fut chargé bientôt après, par suite d'un événement fortuit, du commandement en chef. Il ne négligea rien pour le succès de l'entreprise, mais la fortune lui fut contra ire, et le Directoire le destitua; injustice d'autant plus douloureuse pour lui, qu'il avait tout fait dans cette circonstance pour soutenir l'honneur national. Bonaparte, devenu premier consul, lui rendit de l'activité, et le chargea de conduire à sa destination le général Riehepanse, nommé gouverneur de la Guadeloupe.

Bor

Il remplit ensuite successivement, durant plusieurs années , les fonctions de commandant de la marine à Brest et celles de préfet maritime. Destitué pendant les cent jours, il fut nommé, en 1816, vice-amiral; mais on le mit à la retraite dix-huit mois après.

Bouvet (Joachim), jésuite, né au Mans, fut l'un des premiers missionnaires envoyés en Chine, par Louis XIV, avec une mission scientifique.

Colbert , après avoir relevé l'industrie française , après l'avoir mise au niveau de" tous les progrès que les arts avaient faits dans les autres contrées de l'Europe, avait conçu le projet de l'enrichir des procédés usités chez les peuples de l'Asie. A cet effet, il avait résolu d'envoyer à la Chine un certain nombre de missionnaires instruits, dont les relations devaient faire connaître à l'Europe ce pays, sur lequel on n'avait encore que des notions inexactes. La mort du grand ministre empêcha l'exécution de ceprojet; mais Louvois, son successeur, le reprit; et, le 3 mars, six missionnaires jésuites, les pères Fontanay, Tachard, Gerbillon , Lecomte , Visdelou et Bouvet, munis dïnstruct ons détaillées du ministère et de l'Académie des sciences , et pourvus de tous les instruments nécessaires aux observations, s'embarquèrent à Brest pour la Chine, où ils abordèrent le 23 juillet 1687.

Appelés aussitôt à Pékin, ils eurent la faculté de se disperser dans l'empire, excepté les pères Gerbillon et Bouvet, que l'empereur retint auprès de lui, et qu'il prit pour maîtres de mathématiques. Ce furent ces deus missionnaires qui dirigèrent la construction de l'église et de la résidence des jésuites à Pékin.

Le P. Bouvet revint en France, en 1697 , et apporta au roi, de la part de l'empereur Kang-hi , auaranteneuf volumes chinois. La bibliothèque royale n'en possédait que quatre, lesquels avaient été trouvés parmi les manuscrits du cardinal Mazarin. Louis XIV remit au P. Bouvet, pour l'empereur, un recueil complet de ses estampes, magnifiquement relié; et peu

L'UNIVERS

BOU

après, ce religieux, accompagné de 4ix nouveaux missionnaires , repartit pour la Chine, où il arriva en 1099. Il mourut à Pékin, en 1732, après aïoir travaillé longtemps à la grande carte de l'empire, levée par les jésuites, d'après les ordres de Kang-hi.

Bouvet ( Pierre - François - Henrisienne), né à l'île de Bourbon, le 28 novembre 1775, est un des capitaines de vaisseau qui ont fr.it le plus d'honneur à la marine française, pendant la révolution et sous l'empire. Avant l'âge de douze ans, Bouvet s'embarqua sur les vaisseaux du roi comme volontaire ; il était aspirant en 1792, à bord de \Artthuse, frégate amirale dans la campagne de la Méditerranée, sous les ordres de l'amiral Trugtiet Lors de la funeste campagne de Saint-Domingue, Bouvet montait le Redoutable en qualité de lieutenant de vaisseau et d'adjudant du contre-amiral qui portait le même nom que lui. Il contribua, avec ce général, à la soumission de la Guadeloupe, qui s'était révoltée contre le capitaine général nommé par le gouvernement consulaire. Apres plusieurs campagnes dans les mers du Sud , où ''déploya une rare intrépidité, il fut chargé, par le capitaine général de l'ile lie France, d'une croisière avec un petit bâtiment de l'espèce connue, à la côte de Malabar, sous le nom de Patiar, et que le général Decaen avait surnommé X Entreprenant. Quoique cette embarcation ne fût armée que d'un seul canon de huit et n'eût que quarante hommes d'équipage, le capitaine Bouvet parcourut sur son pat- «ar une grande partie de la côte de Malabar, sut se dérober aux poursuites des bâtiments de guerre de l'ennemi, et (it plusieurs prises sur son ommerce. Il termina sa croisière par un fait d'armes très -remarquable.

Avant rencontré un paquebot anglais qui se rendait à Bassora, il l'attaqua; et bien que ce bâtiment fût armé de dix caronades , et eût à bord un détachement de troupes en outre de son équipage, montant à soixante-dix hommes, il parvint à s'en emparer. Ce brillant succès retentit dans la mer de

BOU 399

l'Inde, et les journaux anglais euxmêmes donnèrent de grands éloges à la valeur du .capitaine Bouvet. Une partie du produit de cette campagne lut employée à construire un brick de douze canons de douze, qui remplaça le patnar, en conservant le nom de Y Entreprenant. Avec un bâtiment de cette force, le capitaine Bouvet put tenter davantage, et sa seconde croisière fut beaucoup plus fructueuse que la première. Indépendamment de

I objet principal de la course, la destruction du commerce anglais, le capitaine Bouvet avait été chargé par te général Decaen d'une mission dont le but était à la fois politique et militaire.

II s'agissait de srinder les dispositions du gouvernement des Philippines envers la France, dispositions que l'invasion de l'Espagne par nos armées avait pu rendre hostiles. Le capitaine Bouvet alla, en conséquence, se présenter devant Manille, expédia un canot avec des dépêches pour le gouverneur espagnol, et s'avança avec son brick sous pavillon parlementaire dans la baie de Caveto. Cependant, au mépris du droit des gens, il fut ennonné

1>ar une corvette anglaise et divers râtiments espagnols et manillais. Dédaignant de riposter, et conservant son pavillon de parlementaire, Bouvet regagna le large. Toutefois il résolut de venger sur le commerce manillais l'insulte qu'il avait reçue, et il y réussit à un tel point que le gouverneur espagnol se vit forcé d'obtempérer à sa sommation, et de lui renvoyer son canot avec l'équipage d'un autre bâtiment français

3u'il avait retenu prisonnier, et traité e la manière la p us inhumaine. Les prises riches et nombreuses qu'il fit procurèrent au gouverneur de l'île de France les matériaux et l'argent nécessaires pour réparer une division de frégates que la pénurie des magasins de la marine impériale retenait dans une inaction forcée. On put même réarmer une frégate portugaise et une corvette anglaise, qu'avait capturées le capitaine Duperré, et qui, jointes à la frégate la Bellone , tormèrent une seconde division que l'on envoya en

BOIT

L'UNIVERS. Bou

croisière. Le commandement de la frégate portugaise, la Minerve, fut donné au capitaine Bouvet , qui sut tirer parti d'un équipage numériquement trèsfaible, et d'ailleurs composé d'hommes de toutes nations et de toutes couleurs, la plupart sans aucune expérience de la mer. La division Duperré dont il faisait partie ayant donné chasse à trois vaisseaux anglais de la compagnie des Indes, Bouvet les joignit le premier, les attaqua seul, et les avait presque entièrement réduits, quand les autres bâtiments de la division le rallièrent.

C'est au retour de cette croisière, en août 1810, qu'eut lieu le célèbre combat du Grand-Port, où deux frégates françaises combattirent quatre frégates anglaises, dont trois furent détruites et la quatrième prise. La blessure que reçut le capitaine Duperré pendant l'action fit passer le commandement au brave Bouvet, qui consomma la destruction de la division anglaise. Sa conduite, dans cette affaire, lui valut le grade de capitaine de vaisseau. Peu de jours après, il reprit la mer, montant la frégate même qui venait d'être capturée , et à laquelle on avait composé à la hâte un équipage. Avec cet armement improvisé, il réduisit en très- peu de temps une frégate anglaise montée par un capitaine ^habile, qui, avec son équipage, avait cent hommes d'élite de la garnison anglaise de Bourbon, et quantité de volontaires qui avaient voulu assister en amateurs à la prise de la frégate française. Leur attente fut cruellement trompée. Le spectacle horrible que présentait leur frégate fit dire à l'officier que Bouvet avait envoyé à son bord, aussitôt qu'elle s'était rendue : « Commandant, ce que «je viens de voir me fait saigner le « cœur; les hommes sont pilés comme « dans un mortier. »

On cite une foule d'autres traits remarquables du capitaine Bouvet, que le retour des Bourbons condamna malgré lui au repos. Il avait pris part à treize combats, dont dix sous son propre commandement, sans que jamais ta fortune eût trahi son courage. Depuis sa retraite , qu'il prit à quarante-

cinq ans, encore dans toute sa force, il s est retiré à Saint-Malo. On a de lui des Observations sur la marine, Paris, 1821, in-8°.

Bouvet de Cressé( Auguste-Jean- Baptiste) naquit à Provins en 1772 Après avoir servi quelques années dans l'armée de terre , il s'enrôla au commencement de la révolution dans la marine, et devint chef de l'imprimerie de l'armée navale. Il se distingua surtout au combat qui eut lieu le 1er juin 1794 entre la flotte française sous les ordres de Villaret-Joyeusê et l'escadre anglaise commandée par l'amiral Howe. Voyant le vaisseau qui portait l'amiral français prêt à succomber sous les coups de cinq bâtiments ennemis, l'intrépide jeurre homme, quoique déjà blessé et le bras en écharpe, conçoit l'espoir de le sauver ; il s'élance aux cris de : Vive la république /gravit avec mille efforts , et maigre cinq nouvelles blessures qu'il reçoit , jusqu'au pont du vaisseau, met le feu à une caronade de 36 et balaye le pont de la Reine- Charlotte y qu'if force, par cette action courageuse, à prendre la fuite à pleines voiles. F.n quittant le service, M. Bouvet de Cressé se livra à l'enseignement et établit une maison d'éducation à Paris. Il a publié de nombreux ouvrages , parmi lesquelles nous citerons seulement son histoire d?

la catastrophe de Saint-Domingue, Paris, in-8°, 1824, et son Histoire de la marine, Paris, 2 vol. in-8°, 1824.

Bouvet de Lozieb ( Athanase- Hyacinthe) , né à Paris, en 1769, entra fort jeune encore au service , et suivit les princes dans leur émigration. Il fit avec eux les campagnes contre la France , se retira en Angleterre , lorsque l'armée de Condé fut dissoute, et passa avec le grade d'adjudant général dans les banaes royales de la Vendée. Impliqué dans l'affaire du 3 nivôse, où il figurait comme complice de Georges Cadoudal , il ne voulut pas supporter les débats du procès et chercha à s'ôter la vie. Il était près de rendre le dernier soupir, lorsqu'on arriva à temps pour le soustraire à la corde dont il s'était enlacé. Rap-

bou FRANCE.

pelé à l'existence , mais encore tout troublé, il fit des aveux qui compromirent particulièrement Moreau , coupable selon lui d'avoir attiré à Paris les conspirateurs, par la promesse d'une coopération qu'il ne leur avait pas prêtée. Il n'en tut pas moins condamné à mort; mais, à la prière de sa sœur, présentée à Napoléon par madame Murât, sa peine fut commuée en une détention de quatre ans, à l'expiration desquels il fut déporté.

En 1814, Louis XVIII, pour reconnaître son zèle, le nomma maréchal de camp , officier de la Légion d'honneur, chevalier de Saint-Louis, puis commandant de l'île Bourbon. Dans ce dernier poste, Bouvet de Lozier fit un bon usage de la détermination de caractère qui lui était naturel le, non pas en adressant aux troupes de la colonie une proclamation insultante contre Napoléon qu'il ne voulut pas reconnaître , mais en refusant de laisser débarquer les Anglais dans l'île. C'est à sa fermeté qu'on doit attribuer la conservation de l'île Bourbon à la France. Sous prétexte de faire respecter la souveraineté des Bourbons , les Anglais , se présentant en force, étaient venus lui offrir du secours. Il répondit qu'il n'en avait pas besoin, et il ne tint aucun compte des sommations de remettre l'île, que, sur son refus, lui fit le commandant de l'escadre anglaise.

Les dispositions militaires de Bouvet de Lozier et l'élan que son courage avait communiqué aux habitants imposèrent aux Anglais qui se décidèrent a la retraite.

Tombé un moment en défaveur , en 1818, Bouvet ne tarda pas à recevoir, comme une sorte de dédommagement, le titre de comte; mais, en 1825, il mourut à Fontainebleau, des suites d'un duel que lui-même avait provoqué par jalousie pour une très-belle créole de l'île Bourbon , devenue sa femme. Scandalisé de ce fait, le clergé lui refusa la sépulture, et, par une particularité bizarre , l'homme qui , sous le consulat , avait sacrifié sa vie pour le rétablissement du trône et de l'au-

BOU 801

tel , fut enterré dans le cimetière des

juifs.

Bouvter - Destouches ( Urbain- Mathurin-Marie), né à Rennes , avait fait, en qualité de lieutenant en premier dans les grenadiers à cheval de la vieille garde, la campagne de Russie. Il revint en France, après avoir été amputé des dix doigts, et fut nommé-conseiller de préfecture de son département; mais, en 1814, il n'eut pas plutôt entendu la voix de la patrie qui faisait un appel à tous ses enfants en état de porter les armes, qu'oubliant qu'il était mutilé , il se rendit à Paris et obtint d'être remis en activité. Un crochet de fer pour tenir la bride et les rênes de son cheval a remplacé son poignet gauche , et une courroie adaptée au poignet droit lui sert à tenir son sabre. Il arrive en cet état pendant la bataille de Craonne et se met en ligne ; mais à l'instant même il reçoit deux blessures, est renversé de cheval , fait prisonnier par les Cosaques et conduitau colonel russe Blenkendorf, qui le fait transférer à Laon, au quartier général de Bulow. Celuici, plein d'admiration pour son prisonnier, le fit mangera sa table, et ne laissa échapper aucune occasion de le citer comme un modèle de courage et de patriotisme.

Bou vier-Dumolàrd (le chevalier), né en 1781 , à Sarreguemines , fut nommé successivement auditeur au conseil d'État, intendant de la Carinthie,de la Saxe, des principautés de Cobourg et de Schwartzbourg, et chargé de l'organisation des États vénitiens.

Après s'être acquitté de cette dernière mission , il fut pourvu de la sous-préfecture de Sarrebruck, obtint, en 1810, la préfecture du Finistère, et passa, en 1812, au département de Lot-et- Garonne, où il était encore lorsque les événements de 1814 changèrent les destinées de la France. Nommé , pendant les cent jours, préfet de la Meurthe et membre de la chambre des représentants, il resta dans ce département pour y organiser la garde nationale, et ne vint siéger à la chambre qu'après que les Autrichiens se furent

BOU L'UNIVERS. boi

emparés de Nancy. Quoiçrae M. Bouvier-Dumolard n'eût mérité, en aucun temps , le reproche d'avoir fait éclater son attachement pour l'empereur par aucun acte arbitraire, son nom tut inscrit, à la seconde restauration, par le gouvernement sur la liste des exilés.

Bouvines, village à dix kilomètres de Lille et à douze kilomètres de Tourna)', sur la rivière de la Marque, où fut gagnée par Philippe-Auguste, en 1214, une bataille célèbre.

Une ligue formidable s'était formée contre la France, entre le roi d'Angleterre , Jean sans Terre , l'empereur d'Allemagne, Othon IV, et Ferrand de Portugal , comte de Flandre. Tandis que Jean sans Terre opérait une diversion dans le Poitou , l'armée impériale , composée en grande partie de chevaliers, s'était avancée dans la Flandre; mais Philippe- Auguste n'avait point attendu l'ouverture de la cam-

f>agne pour se préparer à repousser 'invasion étrangère. L'hiver de 1213 avait été employé par lui en préparatifs; au printemps il rassembla son armée à Péronne. La plus grande partie de la noblesse avait suivi son (ils envoyé sur la Loire pour s'opposer aux tentatives des Anglais. Mais il était encore entouré d'un assez grand nombre de nobles ; et les milices des communes , surtout celles de Corbie , Amiéns, Beauvais, Compiègne et Arras , qui s'étaient exercées aux armes, et qui lui montraient beaucoup d'attachement, s'étaient réunies sous ses étendards, au nombre de plusieurs milliers. Son armée s'élevait, suivant les calculs de M. de Sismondi, à quinze ou vingt mille hommes.

a II entra en campagne le 23 juillet, jour de la fête de Marie-Madeleine; il s'avança sur les terres de Flandre , et, selon 1 expression de son historien , il {es ravagea royalement, les dévastant à droite et à gauche par des incendies (*). Mais , après un mois de dévastations, Philippe -Auguste avait

(*) Guillaume le Breton , dans les Historiens de France, t. XVII, p. 94.

l'intention de ramener son armée en France sans avoir vu l'ennemi, qui avait sou quartier au château de Mortain , à six milles de Tournai. Le 27 août au matin, le roi se dirigeait de Tournai sur Lille, lorsque le vicomte de Melun, et frère Gjirin , de l'hôpital de Saint -Jean, évêque élu de Seulis, qui s'étaient écartés pour reconnaître l'ennemi , avertirent Philippe qu'Othon s'était, de son côté, mis en mouvement de Mortain, et que, d'après l'ordre où marchaient ses troupes, ils Jugeaient que l'empereur se préparait a leur livrer bataille. Othon avait compté attaquer les Français après que la moitié de leur armée aurait passé le pont de Bouvines , lequel traverse une petite rivière qui se jette dans la Lys. Lorsque ses coureurs attaquèrent i'arri ère-garde des Français, le roi , fatigué du poids de ses armes et de la longueur du chemin, se reposait à l'ombre d'un frêne, à coté d'une église consacrée à saint Pierre. « A cette nouvelle, dit Guillaume le Breton, le roi entra dans l'église; et, ayant adresse une courte prière au Seigneur, il en ressortit, revêtit ses armes, et d'un visage joyeux , comme s'il était appelé à des noces, il remonta sur son cheval ; au travers du champ on entendit le cri : Aux armes, aux armes; les trompettes retentissaient; les escadrons, qui avaient déjà passé le pont, revenaient en arrière; on fit redemander aussi le drapeau de Saint- Denis, qui, dans les combats, doit précéder tous les autres ; mais comme il tardait à revenir, on ne l'attendit pas. Le roi partit à cheval, et se plaça a la première ligne, où une petite élévation le séparait des ennemis.

« Ceux-ci voyant , contre leur espérance, t|ue le roi était de retour, frappés d'étonnement, tournèrent sur la droite et s'étendirent à l'occident , en occupant la partie la plus élevée de la plaine. Ils avaient le dos au nord et dans les yeux le soleil»

qui, ce jour-là, était plus ardent que de coutume. Le roi déploya son armée vis-à-vis d'eux, occupant une longue ligne au midi de la plaine ,

BOC

BOU

et ayant le soleil sur les épaules Les deux armées demeurèrent ainsi quelque peu de temps , offrant deux lignes à peu près de même longueur, et n'étant séparées que par un court espace (*). >»

« Autour du roi se trouvaient rangés les plus vaillants chevaliers de l'armée française , Guillaume de Barres , Barthélémy de Roye, le jeune Gaultier, Pierre de Mauvoisin, Gérard Seropha,Étienne de Longehamp, Guillaume de Mortemer, Jean de Rouvrai, Guillaume de Garlande, et le jeune comte de Bar. Derrière Philippe se plaça Guillaume le Breton , son chapelain , a qui nous devons une relation trés-curieûse de cette bataille; le Breton, de concert avec un autre clerc, ne cessa de chanter des psaumes pendant tout le combat , quoique sa voix, nous dit-il lui-même, fût souvent entrecoupée par les larmes et les sanglots.

« Les Français envoyèrent d'abord un corps de cent cinquante écuyers à cheval, pour escarmoucher avec les flamands : ces écuyers furent bientôt presque tous démontes; mais, quand les chevaliers vinrent à heurter contre les chevaliers, les forces furent plus égales : des deux parts, il était presque impossible de blesser ou l'homme ou le cheval, au travers d'une armure impénétrable; mais les lances se brisaient en éclats, et de grands coups de sabre, frappant sur les casques et les boucliers, en faisaient voler des étincelles. On entendait cependant, comme dans un tournoi, repeter de part et d'autre le cri : Chevaliers, souvenezvous de vos dames.

« Dans ce combat,on vit se distinguer par une brillante bravoure le comte Gaucher de Saint-Paul, dont les Français se déliaient, mais qui avait dit luimême à l'élu de Senlis, qu'il leur ferait voir qu'il était bon traître ; le vicomte de Alelun, qui, comme Saint-

(*) Guill. le Breton, p. gî. La lipne des Français, à ce que dil un peu plus loin le même auteur, avait mille quarante pas de longueur.

Paul, ht une trouée nu milieu des en-

nemis et revint par un autre endroit, après avoir traversé deux fois leur ligue ; le duc de Bourgogne, qui eut un cheval tué sous lui, et qui, ayant beaucoup d'embonpoint , aurait été fait prisonnier sans la prompte assistance de ses Bourguignons. « Enfin, après trois heures du combat le plus acharné, tout le poids de la guerre se tourna contre le comte Ferrand.

Ce prince, percé de beaucoup de blessures . et renversé par terre, fut fait prisonnier avec beaucoup de ses chevaliers. Il avait presque perdu le souffle par la longueur du combat, lorsqu'il se rendit a Hugues de Mareuil et à Jean, son frère.

« Pendant ce temps, les lésions des communes , qui étaient déjà parvenues presque jusqu'à leur quartier, arrivèrent de nouveau sur le champ de bataille avec létendard de Saint-Denis , et vinrent immédiatement se ranger près du corps de bataille du roi, 'où elles voyaient l'étendard royal des fleurs de lis, que portait ce jour-la Galon de Montigny, vaillant mais pauvre chevalier. Les milices de Corbie, Amiens , Beau vais, Compiègne et Arras , passèrent entre les escouades des chevaliers et vinrent se mettre en bataille devant le roi. Mais la chevalerie d'Othon, composée d'hommes très - belliqueux et très-audacieux , les chargeant incontinent , les repoussa , les mit en désordre et parvint presque jusqu'au roi. A cette vue , les chevaliers qui formaient le bataillon du roi s'avancèrent pour le couvrir, en le laissant un peu derrière eux , et ils arrêtèrent Othon et les siens, qui, avec leur fureur teutonique , n'en voulaient qu'au roi seul. Mais tandis qu'ils se portaient en avant, et qu'avec une vertu admirable ils arrêtaient les Allemands , les fantassins ennemis entourèrent le roi, et avec leurs petites lances et leurs crochets , ils l'entraînèrent à bas de son cheval, et ils l'y auraient tué, si la main divine et ^excellence de son armure ne l'avaient protégé. Un

petit nombre de chevaliers qui étaient restés avec lui , et surtout Galon de Montigny , qui , en agitant son drapeau , appelait du secours , et Pierre Tristan , qui se jetant à bas de son cheval , s'exposait aux coups pour le roi , repoussèrent ces fantassins ennemis, les tuèrent ou les mirent en fuite; tandis que le roi, se relevant de terre plus tôt qu'on ne s'y attendait , remonta sur son cheval avec une légèreté qu'on ne lui croyait point (*). »

« Si dans ce moment Philippe-Auguste courut un grand danger, l'empereur Othon ne tarda pas à se voir exposé à un péril non moins grave. En effet, les chevaliers français parvinrent jusqu'à, lui. « Pierre dé Mauvoisin saisit même la bride de son cheval ; comme il ne pouvoit l'arracher à la foule qui l'entourait , Gérard Scropha le frappa à la poitrine du couteau qu'il tenait nu à la main ; il ne traversa point l'armure presque impénétrable "dont les chevaliers* de nos jours sont couverts ; et comme il voulait redoubler , le cheval d'Othon, en se cabrant , reçut le coup dans la tête : blessé mortellement à l'œil, il tourna sur lui-même et prit sa course du côté par où il était venu. L'empereur , nous montrant ainsi le dos, et nous laissant en proie son aigle et le char qui le portail , le roi dit aux siens : Fous ne verrez plus sa face d'aujourd'hui. Cependant son cheval avait fait bien peu de chemin lorsqu'il tomba mort; mais on lui en présenta aussitôt un autre avec lequel il recommença à fuir. Il ne pouvait plus résister a la valeur de nos chevaliers ; en effet, Guillaume des Barres l'avait déjà deux fois tenu par le cou ; mais il se déroba à lui par la rapidité de son cheval et par l'épaisseur des rangs de ses soldats (**). »

«La bataille ne finit point par la fuite d'Othon; le comte de Teklembourg, le comte de Dortmund et plusieurs vail-

(*) Guillaume le Breton , p. 97.

(*) Guillaume* le Breton , p. 98.

lants chevaliers de l'empereur tirent encore reculer les Français; mais ceuxci revenant sur eux en plus grand nombre, les firent prisonniers; alors on commença à voir fuir le duc de Louvain, le duc de Limbourg, Hugues de Boves et leurs chevaliers , par cinquante ou cent à la fois. Renaud, comte de Boulogne, s'obstinait seul au combat. Il avait disposé en cercle un certain nombre «de sergents d'armes à lui ; c'était comme une forteresse hérissée de piques, d'où il faisait des sorties brillantes, et où il se retirait

Suand Thaleine lui manquait pour se attre; enfin il fut renversé de son cheval , blessé , et il allait être tué lorsqu'il se rendit à l'évêque élu de Senlis. Sept cents fantassins brabançons qu'Othon avait placés au milieu de son front de bataille, y demeurèrent les derniers : après que tout avait fui autour d'eux, Us opposaient encore aux Français comme un mur inébranlable. Philippe les fit charger par Thomas de Saint- Valéry,» avec cinquante chevaliers et deux miïle fantassins : ils furent presque tous tués sans avoir abandonné la place. La nuit approchait; Philippe, qui craignait surtout de perdre quelqu'un de ses importants prisonniers , fit sonner le rappel aux trompettes ; les Français qu'il rassemblait ainsi avaient à' peine poursuivi leurs ennemis pendant l'espace d'un mille (*). »

Ce récit, emprunté presque tout entier par le savant auteur de l'Histoire des Français à un témoin oculaire, Guillaume* le Breton, chapelain de Philippe- Auguste , nous peint dans cette seule bataille toutes les guerres du moyen âge. Il nous fait comprendre la supériorité des nobles sur les roturiers : les premiers étaient des hommes tout de fer, qui tuaient et n'étaient point tués; tandis que les satellites, les écuyers et les sergents d'armes ne se trouvaient presque au combat que pour faire de leurs corps un rempart a leurs maîtres, et pour

(*) Sismondi, Hist. des Français, t VI, p. 356 et suiv.

BOIT

BOU

tomber sous les coups de leurs ennemis. On voit aussi, dans la description de ce combat, que l'ordre nouveau du peuple avait fait des progrès vers son affranchissement, et avait acquis plus d'importance dans les armées. D'une part, on voit des satellites combattre à pied ; ce qui montre qu'on commençait à sentir les avantages d'une bonne infanterie; d'autre part, on voit les légions des communes s'avancer hardiment au fort de la bataille, où elles devaient rencontrer des hom-

tutne de Bourgogne. Genève, 1C32, in-4°. Ces deux ouvrages sont peu exacts. Néanmoins Bouvot est cité avec assez d'estime par Bouthier et Papillon.

Bouxweiller, petite v ille du département du Bas-Rhin, à douze kilomètres de Saverne. Cette ville, dont la population est de trois mille sept cent cinquante-six habitants, et qui possède un collège communal , était autrefois plus considérable; elle était protégée par une enceinte fortiOée , qui n'a été dé-

nies presque invulnérables. Quinzecom- molic que dans le dix-septième siècle.

inunes françaises envoyèrent leurs soldats à cette grande bataille; ce furent celles de Noyon , Montdidier, Montreuil , Soissons , Bruyères, Crespv en Laonnais, Crandeleu , Veley, Corbie, Compiègne, Roye, Amiens et Beauvais.

« La victoire de Bouvines , l'une des plus brillantes qui eussent été remportées par les Français, fut décisive.

Parmi les prisonniers se trouvaient cinq comtes , vingt - cinq chevaliers bannerets, et un grand nombre d'autres d'une dignité inférieure. Le roi abandonna plusieurs de ces captifs aux communes, pourque chacune pût s'enorgueillir de la part qu'elle avait eue à h victoire, et s enrichir de la rançon de quelque seigneur. Le retour de Philippe à Paris eut tout l'éclat d'un triomphe; jamais le peuple français n'avait pris encore une part si vive aux succès de ses rois. Toutes les villes, tous les villages que traversait Philippe étaient décorés de tapis ou d'arcs de verdure; la joie du peuple de Paris égala celle des habitants des provinces, et, ainsi qu'eux , il regarda la bataille de Bouvines comme une des grandes époques de la gloire nationale (*). »

Bouvot (Job), né à Châlons-sur- Saône en 1558, mort à Châlons en

Bouxweiller (combat de). — Les succès du général Hoche ayant déterminé les Autrichiens à faire un mouvement rétrograde en novembre 1793, Pichegru , commandant l'armée du Rhin repliée sous Strasbourg , fut obligé de reprendre aussi l'offensive.

Le 18 novembre, cette armée attaqua l'ennemi sur tous les points. Le général Burci avait fait marcher, dès le matin , deux colonnes : la première s'était dirigée sur Bouxweiller, où l'ennemi avait fortifié son camp par deux redoutes; la seconde avait repoussé d'Ingweiller un corps de cavalerie, qui avait été forcé de se replier encore sur Bouxweiller. Les Autrichiens abandonnèrent ce camp dès le 20 , et prirent une position intermédiaire entre ce lieu et Haguenau.

Bolys (Jean-Baptiste) , né à Arles au commencement du dix- septième siècle, a publié, sur sa ville natale, un ouvrage fort curieux, intitulé laliot/ale couronne d'Arles, ou Histoire de Vancien royaume d'./rles, enrichie de l'histoire des empereurs romains, des rois goths et des rois de France qui ont résidé dans leur enclos. Avignon, 1641, 1644, in-4°.

Bouzey, terre et seigneurie de Lor- 1636 , étudia le droit sous le célèbre raine, à quarante-trois kilomètres sud- Cujas, et se lit un nom dans la juris- ouest de Nancy

prudence. On a de lui : Recueil d'arrêts notables du parlement de Bourgogne. Cologne (Genève), 1623 et 1628, 2 vol. in-4°; Commentaire

sur la cou-

i , ibid. , p. 36(5.

BouzoME (Jean), jésuite, né à Bordeaux vers 1646, cultiva avec succès la poésie latine. Il publia deux recueils de vers latins , quelques hymnes pour le bréviaire des Augustins, des cantiques , des oraisons funèbres ; mais

T. m. 20e Livraison. (Dict. encyclop., etc.)

c'est principalement pour son Histoire de l'ordre des religieuses filles de No» tre-Dame, Poitiers, 1697, 2 vol. in-4°, que nous avons mentionné son nom.

11 mourut à Poitiers, le 30 octobre 1726.

Bouzon ville , patrie du maréchal Ney, à trente kilomètres de Thionville, département de la Moselle; cette petite ville , dont la population est de deux mille trois cent vingt-cinq habitants , possédait, en 1789, une abbaye considérable, dont la fondation remontait à Tan 1030.

Boxtel (combat de). — L'armée du Nord , commandée par Pichegru , poursuivait, au mois de septembre 1794, l'armée du duc d'York, pour l'obliger de repasser la Meuse et l'empêcher de couvrir la Hollande , quand elle en rencontra, vers Boxtel, l'avantgarde, forte de six à sept mille hommes. Ce poste était naturellement fortifié par la Dommel , et par un ruisseau très - encaissé , dont tous les ponts étaient rompus. Ces obstacles ne font qu'irriter l'audace des Français ; ils traversent la rivière , partie à la nage , partie sur des madriers, à la vue des Anglais, qui, étonnés de leur intrépidité, rendent les armes presque sans coup férir. Ce fut dans cette action que trente hussards du huitième régiment firent mettre bas les armes a deux bataillons anglais , et qu'un tambour , âgé de dix-nuit ans , amena seul dix prisonniers. Le lendemain , le duc d'York , afin de couvrir sa retraite derrière la Meuse , envoya neuf régiments et une forte colonne de cavalerie pour simuler une attaque. L'avant-garde française , sans même en instruire le corps de bataille, répondit a ce défi par un nouveau succès. Ces deux journées valurent plus de deux mille prisonniers, sept canons, et une

Eande quantité de chevaux ; mais îr principal avantage fut de mettre les Anglais dans l'impossibilité de se maintenir sur la rive gauche de la Meuse. Le duc d'York fut , le même Jour, poursuivi et battu sur l'Aa, puis repoussé au delà de cette rivière.

ERS. BOY

Son armée aurait été entièrement détruite, son artillerie et ses bagages enlevés , si on l'eût acculé jusqu'à la Meuse ; mais , dit-on , le défaut de connaissance du pays , la crainte de s'engager dans des marécages, et peut-être aussi , de la part de Pichegru , une négligence calculée dont on trouverait l'explication dans sa conduite ultérieure, firent faire, à nos soldats victorieux et pleins d'ardeur, une halte de deux jours , dont le duc profita pour traverser tranquillement le fleuve.

Boy (Adrien-Simon), chirurgien en chef de l'armée du Rhin , mort , en 1795 , dans les environs de Mayence.

•est l'auteur de l'hymne national : Vêlons au salut de l'empire, composé en 1793.

Boyceau (Jacques), seigneur de Baraudière, intendant des jardins des rois Louis XIII et Louis XIV, a écrit un grand nombre de traités sur les différentes parties du jardinage.

Boyé ( Charles - Joseph ) . né , le 11 février 1762, dans l'électoral de Trêves, vint, en 1773, s'établir en France avec sa famille. Il embrassa la carrière militaire, et rendit à' sa nouvelle patrie de brillants serviffs sur les cnamps de bataille. S'éfânt enrôlé, à l'âge de seize ans, dans le régiment des hussards de Conflans , il ne tarda pas à être promu au grade de sous-officier, et il était capitaine à la fin dé 17W. Il fit plusieurs actions d'éclat aux combats de Verton et de la Croix-aux-Bois, au siège de Namur, à la bataille de Nerwinde, où il se distingua d'une manière particulière , en chargeant à la tête de son régiment les cuirassiers de Nassau- Hussingen. Chef d'escadron, le 21 mai 1795, if était au siège de Valencicnnes, à la bataille de Hondschoote, et dans plusieurs autres lieux célèbres par nos victoires. Boyé fut nommé chei de brigade le 6 floréal an ir, et général le 22 du mois de mai. Il se trouvait a Fleurus, et commanda, sous Kléber.

le centre de l'armée de Sambre-et- Meuse. Il signala ensuite son couraee à Zurich, à Esengen, à Moertzkircb,

BOY

Page 1