‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 34 sur 96 · BOT · texte numérisé non relu

BOT

à Hohenlinden ; ce fut lui qui , à cette dernière bataille, dirigea l'attaque sur les grenadiers hongrois. Moreau avait pour lui une affection et une estime particulières. En 1805, Napoléon le nomma commandant de la Légion d'honneur, et lui confia le commandement de. la seizième division militaire.

Le général Boyé est mort en 1808.

Boyeldieu (N. , baron) entra de bonne heure au service, fit les campagnes qui amenèrent le traité de Campo- Formio, et passa avec le général Bonaparte en Egypte, où il se distingua par de brillants faits d'armes. Il fut ensuite appelé à la grande armée, où il obtint le grade de colonel, et fut cité avec éloges pour la bravoure qu'il déploya à l'affaire de Deppen. Nommé commandant de la Légion d'honneur, le 11 juillet 1807, il devint bientôt après général de brigade ; il fit les campagnes de cette époque, assista, encore blessé, à la bataille de Dresde, fut nommé général de division, et ne cessa de combattre qu'en 1815.

Boyeldieu. Voyez Boïeldieu.

Boyer ( Abel ) , né à Castres , en 1664, forcé de s'expatrier par suite de la révocation de l'édit de Nantes , et mort à Chelsey, en 1729, a laissé un assez grand nombre d'écrits. Nous nous bornerons à citer : Y État politique, ouvrage périodique, publié avec succès de 1710 à 1729; YHistoire de Guillaume le Conquérant, en anglais, Londres, 1702, in-8°; YHistoire du règne de la reine Jnne, 1722, in-fol.

en anglais.

Boyeb (Alexis , baron) , l'un des premiers chirurgiens de l'Europe, naquit àllzerche, le 29 mars 1760. Appartenant à une famille pauvre, il vint à Paris sans ressources , et y fut d'abord «posé aux plus pénibles privations; mais son courage parvint à surmonter tous les obstacles, et son aptitude le fit distinguer de Desault, qui le choisit pour l'aider dans l'enseignement de ïanatomie(1779). Plus tard, en 1787, il obtint au concours la place de chirurgien gagnant maîtrise à l'hôpital delà Chanté. Les cours d'anatomie, de physiologie et de chirurgie qu'il

ouvrit alors furent suivis par un grand nombre d'élèves. Nommé professent de médecine opératoire, et bientôt' après professeur de clinique externe, lors de la création de l'école de santé de Paris, il fut élevé en 1804 au rang de premier chirurgien de Napoléon.

Il l'accompagna, en 1806, dans la campagne de Pologne, fut nommé, en 1807, membre de la Légion d'honneur, et reçut la même année le titre de baron. Il revint ensuite reprendre ses travaux comme professeur et comme praticien, et les continua avec le même zèle jusqu'en 1833, époque où' la mort l'enleva a la science, a un âge qui permettait encore d'espérer de lui de nombreux services. Il était depuis 1826 membre de l'Académie des sciences.

On a de lui un Traité complet d'anatomie, ou Description de toutes les parties du corps humain, 4 vol. in-8% Paris, 1797-1799, qui a eu quatre éditions, et a été, pendant longtemps,, lè seul guide des élèves, et un autre ouvrage, devenu classique aussi, mais destiné à un succès bien plus durable, nous voulons parler de son Traité des maladies chirurgicales et des opérations qui leur conviennent, Paris, 1824-1826, 11 vol. in-8°, véritable encyclopédie chirurgicale, où sont consignés les résultats de la plus vaste et de la plus judicieuse érudition.

Boyer (Claude), né à Alby, en 1618 , prédicateur peu couru et poète dramatique plus que médiocre, mourut le 22 juillet 1698, après avoir composé un nombre considérable de tragédies , de pastorales , de tragi-comédies et d'opéras. Il avait été reçu de l'Académie française en 1666 : ce qui n'empêcha pas Boileau et Racine de rire de sa fécondité; il est vrai qu'il a reçu les éloges de Boursaut et de Chapelain. Ce dernier le considère comme « un poète de théâtre qui ne cède qu'au seul Corneille en cèl(e profession. » Mais Despréaux a dit de lui :

Boyer est à Pinchène égal pour le lecteur.

Etcommecet écrivain trouvait toujours d'excellentes excuses pour justifier ses

BOY

L'UNIVERS

échecs littéraires, sa naïveté fournit à Furetière l'épigramme suivante :

Quand 1rs pi eces représentées \ I)e Boyer sont peu fréquentées ,

Chagrin qu'il est d'y voir peu d'assistans,

Voici comme il tourne la chose :

!• Vendredi la pluie en est cause,

Et, dimanche, c'est le beau temps.

Sa tragédie de Judith, représentée, pour la première fois , dans le carême de 1695, obtint d'abord une grande vogue, qui cessa tout à coup pour faire place aux sifflets , lorsqu'on la reprit après Pâques. Ln Champmélé s'étonnant de cette inconstance du public, Racine répondit : « Il n'y a rien de surprenant à cela, les sifflets sont revenus de Versailles, où ils avaient accompagné les sermons de l'abbé Boileau. »

Comme prédicateur, l'abbé Rover fut encore moins bien partagé que l'abbé Bojleau , car, s'il faut en croire le mot piijuant de furetière, il n'avait pas été assez heureux pour faire dormir à ses sermons, n'ayant jamais troyvé de lieu pour prêcher.

Boyer ( Jean-Baptiste- ISicoias) , né à Marseille le 5 août 1693, embrassa la carrière médicale, et s'occupa particulièrement du traitement des maladies épidémiques et contagieuses. Lorsqu'en 1720, la peste désola Marseille, il fut un des six médecins envoyés de Paris par le régent ; dans cette occasion, il fit preave de beaucoup de zèle , et se livra à de consciencieuses études pour découvrir la nature véritable de la peste. A son retour, il fut récompensé de ses fatigues par le gouvernement, qui lui donna une pension, avec le titre de médecin ordinaire du roi. Depuis cette époque, il ne cessa de renouveler des expéditions du même genre soit en France, foit à l'étranger. En 1734, il se rendit dans l'archevêché de Trêves, pour y combattre les causes de l'épidémie qui y exerçait dans l'armée de grands ravages.

En 1742, il parvint à arrêter une épizootie qui portait le ravage dans cinquante villages de la généralité de Paris. On le vit successivement, obéissant à son zèle, se rendre dans

le Beauvoisis, à Mortagne, à Brest, et même en Espagne, où il alla porteries secours de son art à l'ambassadeur de France. Des places lucratives, des honneurs, et enlin des lettres de noblesse furent le prix de son courage infatigable. On a de lui une Relation historique de la peste de Marseille.

Boyer ( Jean-François ), né à Paris le 12 mars 1675, sê voua à la carrière ecclésiastique , et dut à la considération qu'avait pour lui le cardinal de Fleury, d'être promu à l'évéchéde Mirepoix, en 1730. Quelques années après, son protecteur le fit appeler a la cour par Louis XV, qui le nomma précepteur du Dauphin, père de Louis XVI. L'éducation terminée , le roi le fit , en 1743 , premier aumônier de la Dauphine, et , à la mort du cardinal de Fleury, lui donna la feuille des bénéfices. Il fut successivement reçu a l'Académie française, en 1736, à l'Académie des sciences , en 1738, et enfin , en 1741 , à celle des inscriptions et belles - lettres , où il remplaça le cardinal de Polignac. Ce fut lui surtout qui empêcha l'élection de Piron; ce qui lui valut bien des sarcasmes, entre autres ceux-de Collé, qui l'appelait la chouette des honnêtes gens ecàsiastiques. Il faut convenir aussi qu'un prélat chrétien ne pouvait guère honorer de son suffrage le genre de trient le plus habituel de Piron; u»

trop grand nombre d'odes licencieuses étaient là pour lui faire oublier le mérite de la Métromanie. D'ailleurs, l'évêque de Mirepoix était rigide pour lui-même autant que pour lès autres Il sut conserver ses vertus, même la cour ; mais il ne paraît pas que s idées fussent à la hauteur de ses vertus : il y eut tou jours quelque chose trop ûltramontain dans l'éducatii qu'il donna à son royal élève. On p s'en convaincre plus tard en vov avec quelle facilité les jésuites set parèrent de l'esprit du Dauphin, et servirent de ses petites passions poufl ruiner le duc de Choiseul dans la consé dération de Louis XV. L'évêque dCj Mirepoix mourut le 20 août 17.w,j sans avoir perdu l'attachement de son

Dicjitized by Goog e

BOY

élève, qui ne lui survécut que dix ans.

Boyer (Paul), né dans le Condomois vers 1615, fit partie, en 1644, de l'expédition commandée par M. de firetigny, et dont le but était d'assurer à la France la possession de la Guiane.

A son retour, il publia un récit détaillé de cette expédition sous ce titre : Relation de ce qui s'est fait et passé au voyage de M. de Bretigny à FAmérique occidentale, avec un dictionnaire de la langue , Paris , 1654 , in-8°. Cet ouvrage est estimé. •

Boyer (Pierre), oratorien, né à Ariane en 1677, partagea, la haine de sa congrégation contre les jésuites, et fut un de leurs plus terribles et de leurs plus spirituels adversaires. Il composa avee beaucoup de verve le Parallèle de la doctrine des païens arec celle des jésuites et de la constitution, 1726, in-12 et in-8°, ouvrage que.quelques critiques ne craignirent pas de comparer aux LeJtres provinciales, mais que le parlement condamna à être brûlé. Ce qui provoqua cette condamnation, c'est que, dans son livre, Boyer n'avait pas plus ménagé la bulle i/nigenitus que les jésuites; il avait eu raison, car elle était véritablement leur ouvrage. Son opposition à cette bulle le fit emprisonner ûu mont Saint-Michel, puis à Vinfennes, où il mourut le 18 janvier 1755. On a également de lui : Juste idée que Ton doit se faire des jésuites.

Boyer (Pierre), ministre des réformés, a écrit un Abrégé de l histoire des f'andois, -la Haye, 1691 , in-12.

Boyer fPierre-Denis), né aux environs de Rhodez, en 1766, embrassa de bonne heure l'état ecclésiastique, émigra pendant la révolution, rentra en France en 1801 , et s'unit alors a M. Emerv pour relever le séminaire deSairit-Sulpice. L'abbé Frayssinous se l'associa ensuite, et commença avec lui les conférences qui firent alors tant de bruit. Depuis, M. Boyer s'est distingué parmi les plus violents adversaires de M. de la Mennais, et a publié un assez grand nombre d'ouvrages qui n'eurent pas, à beaucoup près, le même succès que ceux de l'é-

loquent auteur de l Essai sur l'indifférence.

Boyer (Pierre-Fr.-Xavier, baron), né à Belfort en 1 760, s'engagea, en 1 792, comme volontaire, fit les campagnes des* Pyrénées, d'Italie et d'Égypte.

Rentre en France après le traité d El- Arish, il suivit le général Leclerc à Saint-Domingue, où il séjourna peu.

Chargé d'apporter au premier consul la nouvelle de la mort du capitaine général, il fut pris dans la traversée, conduit à Londres et échangé bientôt après. Il rejoignit ensuite l'armée, fit les campagnes d'Allemagne, d'Espagne et de Portugal. Nommé général de division, le 13 février 1814, il leva un corps franc au retour de Napoléon, et fut porté sur la liste des proscrits à la seconde restauration. Cependant il ne tarda pas à obtenir l'autorisation de rentrer en France, où il se livra aux arts et à la peinture. Il fut admis à la retraite à la fin de 1824, et appelé vers la même époque auprès du pacha d'Égypte. Il s'occupait des moyens de discipliner les troupes de ce prince, lorsque, deux ou trois ans après, une mésintelligence survenue entre lui et Mohammed-Laz, ministre de la guerre, le força à quitter l'Egypte. Rétabli sur les cadres d'activité, après la révolution de juillet, il commandait en 1831 la division et le territoire d'Oran en Afrique, et fut mis en disponibilité deux ans après. Il figure depuis 1839 sur le cadre de réserve des officiers généraux.

Boyer de Nice (Guillaume) , troubadour du quatorzième siècle, né à Nice, et qui, d'après Nostradamus , joignait à ses talents poétiques des connaissances très -étendues dans les sciences physiques et mathématiques^ Malheureusement on ne connaît ni les chansons qu'il adressa à une demoiselle de la maison de Berre, ni le Traité d'histoire naturelle que Nostradamus lui fait dédier à Robert, roi de Sicile, comte de Provence. L'ode qu'il composa pour Marie de France, épouse de Charles, duc de Ca Libre, n est pas de nature à donner une grande idée de ses facultés lyriques.

Les comtes de Provence l'ayant nommé podestat de Nice , l'estime de ses corn-

L'UNIVERS

Page 1