‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 35 sur 96 · BOT · texte numérisé non relu

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patriotes le confirma dans cette charge. La perte de ses ouvrages est d'autant plus regrettable que, s il faut en croire Nostradamus , il aurait servi de modèle à plusieurs troubadours, qui , pour être plus sûrs de plaire au public, faisaient paraître leurs pièces sous son nom.

Boyer de Rebeval (le baron Joseph), néà Vaucou leurs en 1768, entra an service en 1787, fit avec distinction presque toutes les campagnes de la révolution, et gagna par des actions d'éclat tons les grades auxquels il fut élevé successivement. Il fut nommé, en 1807, colonel d'un régiment de fusiliers-chasseurs. Après avoir organisé ce corps, il le conduisit en Poméranie, et s'avança sur Colberg, dont il avait reçu ordre de faire le blocus. Le fort de Neugarten gênait les approches de la place; mais, situé au milieu de vastes marais , il n'était accessible que par un chemin creux que balayaient trois pièces de canon. Cependant il était urgent de s'en rendre maître; Boyer fut chargé de l'emporter; il s'avance, ouvre l'attaque, mais, trouvant bientôt qu'elle est lente , indécise, il arme ses soldats de planches , de fagots, s'élance à leur téte à travers la mitraille, arrive aux fossés, les comble, force les remparts, et fait mettre bas les armes à la garnison. Il se rendit en Espagne n la fin de la campagne, puis revint én Autriche, combattit à Essling, fut nommé général de brigade le 6 juin, et commandant de la Légion d'honneur le 21 septembre suivant; puis il retourna encore en Espagne, fut fait adjudant général de la garde sur la fin de 1811, et partit pour la campagne de Russie. Blessé à la bataille de la Moskowa, il n'en resta pas moins à la téte de ses troupes, fit la campagne de Saxe, se distingua à la bataille de Wurtchen, fut blessé à celle de Dresde, et nommé général de division. Il ne combattit pas avec moins de valeur l'année suivante; il joignit à Néry plusieurs divisions ennemies qui se ralliaient à Schwartzenberg, les attaqua au milieu de leur mouvement, les culbuta , et les força à la retraite. Il assista , le 7 mars

suivant, à la bataille de Craonne, v reçut deux contusions qui ne l'empêchèrent pas de suivre Tennemi , de déployer la plus brillante valeur à Laon, à Arcis-sur-Aube, où il enleva le village de Torey, et sous les murs de Paris , où tous les efforts de l'ennemi n'avaient pu l'ébranler, lorsque la capitulation fut signée. Le général Boyer reprit les armes en 1815, combattit avec sa valeur ordinaire, se retira après le licenciement de l'armée dans sa terre de Rebeval , où il mourut en

Boyer de Sainte-Mabtbe (Louis- Anselme), dominicain, est auteur de YHistoire de l'église cathédrale de Saint • Paul - Trois - Châteaux , Avignon , 1710, in-4°; et de V Histoire de ? église cathédrale de Maison, Avignon , 1731, in-4\

Boyer Fonfrede. Voyez Fou-

FRÈDB.

Boyer-Peybeleau (Eug.-Édouard, baron de), néà Alais, département du Nord, entra au service, en 1793, comme simple soldat, et fit les campagnes d'Italie. Nommé ensuite aide de camp, puis Chef d'état-major de l'amiral Villaret-Joveuse, il lesuivitàla Martinique,attaquée peu de temps après par les Anglais avec des forces bien supérieures. Boyer s'y distingua par son activité et son courage. Mais la garnison fut obligée de céder au nombre et de capituler. Villaret-Joyeuse fut accusé, malgré la vigueur de sa défense, de n'avoir pas fait tout ce qu'il aurait pu. Boyer-Peyreleau , qui avait partage les dangers de son général, voulut partager aussi sa disgrâce; il le suivit en France, et l'accompagna ensuite à Venise. Cependant, en 1812, il reçut l'ordre de rejoindre l'armée en Russie, devint adjudant-commandant, puis chef d'état-major de la garde impériale. Il entra ensuite dans le corps de cavalerie du général Latour-Maubourg , protégea la retraite des troupes françaises, de Leipzig à Mavence, et fut un des officiers qui déployèrent le plus de bravoure dans les sanglantes affaires dont les plaines de Champagne furent le théâtre. Nommé ensuite commandant en second de la Guadeloupe,

il y arbora le drapeau tricolore, et fut, après les cent jours, condamné à mort pour ce fait; mais Sa peine fut commuée en vingt années de détention, qui furent ensuite réduites à trois années de prison, après lesquelles ii fut rendu à la liberté et réintégré sur les cadres de l'armée parmi les colonels en demi-solde. Il a publié, en 1823, Des Antilles françaises et particulièrement delà Guadeloupe, jusqu'au 1er novembre 1816, 3 vol. in-8°.

Boy ssièbes , terre et baronnie dans leQuercy,à huit kilomètres nord-ouest de Cohors.

Boyvin (René), l'un des premiers graveurs français, naquit à Angers vers 1530 , et mourut à Rome en 1598.

Ou ne sait pas quel fut son maître, mais il est probable qu'il se forma d'après le Primatice, qu'il vit à Fontainebleau, et en général d'après les maîtres italiens. On lui doit un por-

choisi, en 1699, par les magistrats de Lyon , pour prononcer ce disours. Il s'acquitta avec' distinction de cette tâche difficile; et ce premier succès semblait devoir décider pour le barreau sa vocation encore incertaine, lorsque la connaissance qu'il fit, à son retour à Paris, de trois numismates célèbres. Vaillant. Oudinet et le P. rïardouin , le détermina à se livrer exclusivement à l'étude de l'auti-

auité. II fut nommé, en 1705, élève e l'Académie des inscriptions, devint, l'année suivante, pensionnaire de cette société, et lut élu, la même année, secrétaire perpétuel, quoiqu'il n'eut

Îjue vingt-six ans. En 1715, il refusa a place de sous-précepteur du roi Louis XV, et fut admis à l'Académie française comme successeur de Féne- Ion. Nommé, en 1719, garde du cabinet des antiques , il se défit aussitôt , pour n'avoir plus à s'occuper que de

trait de Marot; Agar et Ismaêl; Des ce cabinet , de la riche collection qu'il bandits qui pillent la charrette dune avait formée lui-même, et qui passait,

paysanne; le Triomphe des vertus et ta défaite des vices; François Fr marchant au temple de r Immortalité; ces trois dernières gravures exécutées d'après maître Roux. Mais son œuvre principale est la collection de gravures qui fait partie du recueil intitulé: Historia Jasonis Thessalize pmcipis, de colchica velleris aurei expeditione, cumfig. a Léonard. Tyrio pictis et a R. lioyvino sere excu- &is; an ii que earum expositione vertibus priscorum, a Jac. Gohorrio, Parisiensi : édita a Joan . de Maure- 9Qrdy Paris, 1563, in-fol. obi.

Bozas, terre et seigneurie du Vi varais, à dix kilomètres nord-ouest de Tournon , érigée en marquisat en 1693.

Boze (Claude Gros de), né ù Lyon, en 1680, se destina d'abord à le magistrature , fit son droit à Paris , et y fut reçu avocat en 1698. C'était un usage établi depuis longtemps à Lyon, qu'un jeune avocat prononçât chaque année, le jour de Saint-Thomas, une harangue solennelle , en présence de

avec raison , pour une des plus belles qui existassent à cette époque. Le cabinet des antiques fut transféré, en 1741, de Versailles à Paris; de Boze donna, l'année suivante, sa démission de secrétaire perpétuel de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, afin dç pouvoir donner tout son temps au classement devenu nécessaire par cette translation. Ce classement et le catalogue, pour la rédaction duquel il s'adjoignit, en 1745 , l'abbé Barthélémy, qui devait être plus tard son successeur, sont au nombre des plus importants services rendus par de Boze à la science. Ce savant mourut à Paris , en 1753, dans sa soixante-quatorzième annee.C'està lui que l'on ào\tY Histoire de t Académie des inscriptions et belles-lettres, et les Éloges des académiciens qui se lisent dans les quinze premiers volumes du recueil de cette société. Il a , en outre , enrichi ce recueil d'un grand nombre de savants mémoires , parmi lesquels nous citerons seulement son Histoire de l'em-

fous les fonctionnaires, et jouît ce pereur Tetricus, éclaircie par les mijour-là de toutes les prérogatives du dailles, où il a traité, avec une grande prévôt des marchands. De Boze fut érudition , un point important de nos

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antiquités nationales. Nous citerons, en outre, parmi ses autres ouvrages :

V Explication d'une inscription antique trouvée a Lyon, où sont décrites les particularités des sacrifices que les anciens appelaient Tauroboles, 1705, in-8°; les Médailles sur les principaux événements du régne de Louis le Grand, nouvelle édition, 1723, in-fol.; enfin, le catalogue de sa curieuse bibliothèque, imprimé en

1745, in-fol-, à vingt-cinq exemplaires seulement, et .fort recherché clés curieux.

Boze (Joseph), peintre, né vers

1746, mort en 1826. Cet artiste, quoique fort médiocre, doit occuper une place, sinon supérieure, du moins intéressante dans l'histoire de l'art français. Il vécut pendant la révolution; alors deux systèmes, deux sociétés se combattaient, l'aristocratie d'un côté, la démocratie de l'autre, chacune ayant ses idées, sa tradition et ses espérances. En politique , la lutte est évidente; elle existe aussi, bien que moins apparente, dans la littérature et les arts. Il y eut alors un art démocratique , un art anarchique et hebertiste, urç art jacobin et spiritualiste , un art monarchique quand même; et pendant que Hébert faisait abattre les clochers, parce que , plus élevés que les autres monuments, ils blessaient l'égalité; pendant que David faisait le programme de la fête à l'Être suprême , que les jacobins avaient fait décréter par la Convention, Boze faisait de l'art monarchique, de même que les royalistes reconnaissaient Louis XVII pour roi.

Fidèle à la cause royale , il brava la mort dans le procès de Marie-Antoinette, et fut jeté en prison. H n'en sortit qu'après le 9 thermidor, et passa en Angleterre. Avec la restauration , il revint en France; et tandis que l'ancien régime se reconstituait autan^que possible, Boze, de son coté, se remit a faire de l'art monarchique. Mais alors il n'était plus seul; d'autres manquant à leur mission, ou entraînés par l'appât de l'or, changèrent de direction , et après avoir fait de l'art philosophique, de l'art militaire, ils lirent de l'art du

sacristie. Boze avait le mérite, au moins, d'être fidèle à sa tradition; il avait peint Louis XVI, il peignit Louis XVIII. Il aurait peint Charles X, si la mort qui le frappa en 1826, ne lui avait enlevé cet honneur.

Mais de même que Louis XVIII et Charles X n'avaient pu reconstituer la vieille monarchie, de même Boze et ses imitateurs ne purent empêcher cette triste école de peinture de la restauration de disparaître en juillet 1830, avec ceux qui la soutenaient.

Bozon. Voy. Provence (rois de).

Bra (Théophile), statuaire, né à Douai le 24 juin 1797, élève de Story et de Bridan fils (*), obtint, en 1818, un second grand prix pour son basrelief de l'exil de Cléombrote. Cet artiste a exposé, en 1819, Aristodème au tombeau de sa fille ( pour la ville de Douai); en 1833, saint Pierre et saint Paul {pour l'église Saint-Louis), Ulysse dans file de Calypso et Jean de Bologne; en 1824, Pierre de FranqueoiUe^ Philippe de Comines , le baron Dubois; en 1827, le duc de Berri (statue en bronze pour la villede Lille); le duc d* Angouléme au Trocadéro; en 1836, le sire de Join ville (pour le musée de Versailles) , et les bustes de Rroussais, du maréchal Mortier il de M. Guizot ; en 1837, te Régent, k maréchal Mortier ( statue en bronze pour la ville du Cateau-Cambrésis , refaite pour le musée de Versailles); en 1839, une Statue de sainte Amélie.

M. Bra appartient à l'école dite classique pure ; c'est assez indiquer que son dessin est correct; ses compositions sont d'ailleurs animées, et l'idée qui les a créées se fait facilement sentir.

Braaliers, ou faiseurs débraies de fil (voyez Tailleurs).

Braeinçons, Brabantiones, Brebancionvs lirebantini , noms parlésquels on désignait, au treizième siècle, les aventuriers dont étaient formées les bandes de mercenaires qui se mettaient indifféremment au service de tous les princes, et qui jouèrent un

* (*) D'autres disent de Roland et deStouf,

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rôle si important dans nos longues guerres avec les Anglais. Nous avons dit, à l'article Bandes militaires, que ces troupes étaient ordinairement composées de gens sans aveu et de serfs fugitifs de tous les pays. Le nom de Brabançons, qu'on leur donnait le plus souvent, semblerait indiquer que le plus grand nombre était originaire du Brabant. Quoi qu'il en soit, leur indiscipline était extrême , et quel que fût le parti qu'elles servissent, elles commettaient toujours d'affreux ravages dans les pays où elles se trouvaient; amis ou ennemis, peu leur importait , pourvu qu'elles trouvassent de quoi piller; fléau d'autant plus terriblequ'il semblait devoir se reproduire indéfiniment. Elles donnaient sans cesse naissance à de nouvelles bandes, en poussant au désespoir les habitants des campagnes , et en les réduisant à n'avoir, comme elles, d'autre ressource que la guerre et le pjllage.

Aussi à peine la guerre extérieure, où les Brabançons avaient pu rendre quelques services , oft'ra i t-el I e u ne cou rte trêve, que les princes étaient obligés ^tourner contre ces brigands toutes '«forces dont ils pouvaient disposer, de leur faire une guerre d'extermination. Tel fut le but de l'une des premières expéditions de Philippe- Auguste; il gagna sur eux , dans le Berri , une grande Datai lie , et eu tua , dit-on , plus de \sept mille. Mais la cause qui les avait produits se renouvela bientôt, et quelques années s'étaient à peine écoulées , que Ton en comptait déjà un grand nombre dans les armées de ce même prince, et dans celles de Jean sans Terre, roi d'Angleterre.

Les historiens contemporains nous ont conservé les noms de qoeJques fhefs de Brabançons : l'un des plus célèbres fut ce Lupicaire, dont la bande °u route (rupta) formait la principale force du détachement amené par Jean sans Terre au secours du château d' Andely, assiégé par Philippe-Auguste.

Lorsque le roi d'Angleterre quitta Quelque temps après la Normandie, ce fut à ce Lupicaire, et à un autre chef de Brabançons, nommé Martin /irças,

qu'il confia la défense des possessions qu'il conservait encore dans cette province.

Le chef des Brabançons que Philippe-Auguste entretenait à la 'même époque d;ïns son armée s'appelait Cadoc, et il fallait que ses bandes fussent assez nombreuses , puisque l'historien qui nous a transmis ces détails porte à la somme, très-élevce pour ce temps, de mille livres par jour la solde qu'il recevait du roi, pour lui et pour sa troupe (*).

Pendant la captivité du roi Jean , les Brabançons se rassemblèrent pour piller, au nombre de seize mille, et se jetèrent dans le Lvonnais et le Beaujolais. Le connétabfe, Jacques de Bourbon, marcha contre eux avec une armée. Il les atteignit près de Brignais, et leur livra bataille; mais ses efforts ne furent point heureux; il périt dans la mêlée, avec son fils, Pierre de Bourbon, et les Brabançons remportèrent une vietoire complète. (Voyez Brignais (bataille de)).

On pense bien que ce succès ne contribua pas médiocrement à les encourager; aussi leurs bandes ne tardèrentelles point à se recruter ailleurs que parmi les serfs fugitifs et les roturiers^*). Bientôt même, s'il faut s'en rapporter à la chronique de du Gues clin {***), on y compta des chevaliers en grand nombre. Voici les vers de cette chronique, où il est question de ces brigands :

Mais ou noble royaume «voit confusion

D'une grai.t compagnie et y estoit Toison

G<af de maints pays et de mainte nation ,

L'un Angiois, l'autre Ivscot, si avoit maint Breton;

Hanitycrs et Normant y avuieut à foison.

l'or li pays allaient prendre leur mausion

Et prenoirnt partout les gens à rainçon.

Vingt cinq capitaines trouver y pouvoit on

Chevaliers, écuyers y avoient, ce dit on,

(*) Jînmero*aquc Rupta Cadoci,

Cin rex quotidiesoll pro seque suisque Libras mille dabat.

Guillaume le Breton.

(**) Aucun des noms de chefs que noui avons cités plus haut, Lupicaire, Arcas, Cadoc, ne j>eut être attribué à un noble.

(***) Citée par du Cangc au mot Corn* pagnia.

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L'UNIVERS

Qui de France *x illier avoir nt dévotion. Et H n'y detneuroit bœuf, vache, ne mouton , Ne pain, ne char, ne vin , ue oye, ne rhapoa , Tout pillar, meurtrier, traiteur ei félon Çstoient en la route dont je fais mention.

Au reste, il est permis de croire que de l'excès même du mal naquit un commencement de guérison , et que les Brabançons perdirent, au contact des nobles et des cbevaliers qui se mêlèrent à eux, un peu de cette férocité qui les rendait si redoutables auparavant. Ces nouveaux chefs, qui, à l'expérience du métier des armes , joignaient le prestige de la naissance, si puissant à cette époque, étatvnent d'ailleurs parmi eux une sorte ne discipline; aussi leur voyons-nous , dès cette époque , perdre insensiblement les dénominations terribles de Brabançons, Routiers , Cotteraux, pour prendre les noms moins redoutés de grandes compagnies, de bandes militaires et d'aventuriers. (Voyez ces mots.)

Bbabant, grenadier à pied , qui antérieurement avait été canonnier, rencontra , pendant la bataille de Marengo, une pièce abandonnée et renversée, parvint seul à la relever, la chargea et s'en servit pour faire feu sur l'ennemi pendant près d'une demi-heure.

Bbacelet. — Cet ornement du ■ bras, dont l'origine se perd dans la nuit des temps les plus reculés , fut connu des nations barbares, aussi bien que des Grecs et des Romains , et est arrivé, à travers les siècles, de génération en génération, jusqu'à nous.

Au rapport de Strabon et de Polybe, les Gaulois portaient des bracelets enrichis de pierreries , tantôt au-dessus du coude , et tantôt au poignet. Suivant un ancien commentaire manuscrit de la Bible, cité par du Cange, les bracelets étaient une décoration honorifique, que, chez les peuples du Nord, les nommes seuls avaient le droit de porter, et qui n'était accordée qu'à la bravoure ou au grade militaire. Aussi, ceux qui l'avaient obtenue la prenaientils avec Oerté pour garant de leurs serments, et juraient-ils parleur bracelet comme ils juraient par leurs armes.

- Les Francs adoptèrent-ils cet ornement des Gaulois , ou l'apportèrent-

ils avec eux de Germanie ? c'est ce qu'on ignore. Quoi qu'il en soit , H ne tarda pas à perdre son caractère primitif; car on ne voit pas que, même avant eux, il eût fait, avec la ceinture et le baudrier , les éperons et le poignard , partie des honneurs auxquels un homme de noble race , ou élevé ep dignité, avait droit , en raison de sa naissance ou de ses fonctions, et dont la privation était un châtiment. Malgré, ou peut-être à cause de cela, les Français , qui aimaient à se parer de bracelets, continuèrent à le faire, et tous en eurent la liberté. Dès le temps de Dagobert, saint Éloi en fabriquait de très-riches pour ce prince et les seigneurs de sa cour ; et le goût de cet ornement ne faisant que croître avec le temps , depuis les classes les plus élevées jusqu'aux plus modestes, tout le monde se plut à en charger ses bras. En tête d'un des plus beaux manuscrits français, antérieur à 869 i et connu sous le nom de petite Bible de Charles le Chauve, on voit ce roi as»

sis sur un trône, la couronne en tête, et tenant le sceptre de la main droite, le poignet entouré d'un bracelet en or. Un sceau d'Alain Fergent, duc de Bretagne, mort en 1120, le représente à cheval , tenant les rênes de la ma»

gauche, de la droite agitant une ëpée, et les deux bras ornés chacun d'us bracelet. Un autre sceau , que l'on croit être celui de Geoffroy de Dinan, mort aussi en 1120, offre ce seigneur également à cheval , le bouclier au bras gauche , la lance en arrêt , et le poignet droit, le seul que l'on puisse voir, orné d'un bracelet.

Plusieurs écrivains, qui se sont copiés les uns les autres, ont répété que c'est sous Charles VII que les femmes ont commencé en France à se parer de bracelets. C'est une erreur de peu d'importance sans doute , mais qui n'en est pas moins une. En voici la preuve. Blanche, fille de Louis IX, née en 1240, morte à trois ans, et inhumée dans l'abbaye de II oy a uni ont, fut, par un de ces a rue h rouis ni es si fréquents au moyen âge, représentée en gravure sur le tombeau de cuivre

bra FRANCE. B*A 315

tJa renfermait , avec la taille , la re d'une femme de vingt ans , et un bracelet au bras droit. 11 est d'autant plus impossible de se tromper sur cette dernière circonstance , que la robe dont la princesse est vêtue n'ayant point de manches ,• laisse le bras de eelle-ci entièrement nu.

Jeanne de Lisle , femme de Villiers , chevalier, morte en 1276 , était représentée sur un tombeau , à l'abbaye du Val , vêtue d'une robe à manches , très-grandes et très-larges, ouvertes pour laisser passer les bras , ornés chacun d'un bracelet au poignet.

Si les' femmes ont été les dernières à se parer de cet ornement, elles sont aussi les/ dernières qui l'aient conservé , car depuis longtemps les hommes ne le portent plus. Les femmes elles-mêmes le prennent ou le quittent , suivant les inspirations de ce caprice d'un moment que l'on appelle la mode. Quand les bracelets sont en faveur, on les fait en or, en velours, en tissu de soie ou de cheveux ; on les enrichit de perles , de pierres précieuses , de camées, et de tout ce que l'imagination et le goût des fabricants croient le plus propre à leur donner de l'élégance et du prix. En général, une paire de bracelets ligure avec le peigne ou le diadème, les pendants d'oreilles, le collier, les bagues et la boucle de ceinture , dans l'écrin d'une femme du monde, et complète cet ensemble que l'on nomme une parure (fovez ce mot).

Bhack ( Fortuné ), né à Paris en 1789, fit dans l'arme de la cavalerie une grande partie des dernières campagnes de l'empire. Sous-lieutenant au septième de hussards, en 1807, il fut attaché, en 1809, au général Ed.

Coibert en qualité d'aide de camp, et reçut la décoration de la Légion d honneur après la bataille de Wagram. En 1813, il entra dans les lanciers rouées de la vieille gardecomme chef d'escadron. En 1814 et 1815 , il signala sa bravoure en Belgique. A Waterloo, «I eut deux chevaux tués sous lui , et le général Domon lui confia le commandement du 9e régiment des chas-

seurs à cheval , qui venait de perdre son colonel. C'est à ce brave officier que l'on doit la conservation de la Malmaison qu'il défendit contre les entreprises des bandes ennemies, à l'époque où elles marchaient sur Paris.

Il passa la Loire ,aveo la garde impériale; et, après le licenciement de l'armée, il fut mis, comme tant d'autres braves, en non activité. En 1829 M. Brack fut chargé par la duchesse de Leuchtenberg d'accompagner au Brésil la princesse Amélie, sa fille, qui allait devenir l'épouse de l'empereur don Pédro. Rentré au service en 1830, il fut nommé successivement colonel du 4e régiment de hussards et maréchal de camp. Il commande aujourd'hui l'école de cavalerie de Saumur.

Bkaconnot (Henri), chimiste distingué et correspondant de l'Institut, est né, le 29 mai 1781, à Commercy, département de la Meuse. Élève de MM. Herman et Eherman, anciens professeurs de l'école centralede Strasbourg, M. Braconnot, après avoir terminé ses études médicales à Paris, vint s'établir, en 1807, à Nancy, où il remplaça M. Villemet, en qualité de professeur d'histoire naturelle et de directeur du jardin des plantes. On lui doit un grand nombre de recherches chimiques du plus haut intérêt, et même quelques découvertes. Ses travaux ont beaucoup contribué à amener l'analyse végétale au point de perfection qu'elle a atteint de nos jours.

Il a composé de nombreux mémoires, dont plusieurs font connaître des acides nouveaux, auxquels l'auteur donne les noms d'acide fungique, boléiique, nancéique , ellagique, absynthiquè et pectique. Il a également écrit un mémoire sur une substance nouvelle, qu'il désigne sous le nom de cyanourine.

Bracq (Marie- Joseph ), licencié en droit et en théologie, né à Valenciennes en 1743, quitta sa cure pour venir siéger à l'Assemblée constituante , où l'avait appelé le suffrage des électeurs. Il dut à la droiture de son caractère et à son désintéressement d'être choisi, en 1789, par la chambre du clergé,

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L'UNIVERS

pour l'un des commissaires qui devaient se concerter aven le roi sur les moyens d'arrêter la progression effrayante du prix des grains. Le 19 juin de la même année, il vota pour que les pouvoirs fussent vérifiés en commun , et depuis lors il fit continuellement partie de cette majorité qui se voua à la cause du peuple et aux succès de la liberté. Il demeura inébranlable dans sa fidélité aux principes religieux,qu'il croyait conciliantes avec l'amour de la patrie et avec l'obéissance aux nouvelles lois; aussi ne fit-il aucune difficulté pour prêter le serment exigé des ministres îles autels. Pour mieux montrer qu'en agissant ainsi il était guidé par des sentiments de vrai patriotisme et non pas par une arrière - pensée d'ambition, il refusa l'épiscopat, comme il avait refusé quelques années auparavant une cure de dix-huit mille francs de revenu, qui lui avait été offerte par le garde des sceaux Miroménil.

Pourquoi la révolution n'a-t-elle pas trouvé un plus grand nombre de pareils prêtres! Après la dissolution de l'Assemblée constituante, il alla reprendre ses fonctions pastorales à Rifcecourt, près de Cambrai , jusqu'à l'é-

fioque où Ton ferma les églises; alors a municipalité de Cambrai lui donna un nouveau gage de son estime, en le nommant directeur des monuments des arts et membre du jury des écoles primaires et centrales. Dès que la tempête révolutionnaire fut apaisée, les habitants de Uibecourt l'appelèrent aux fonctions de juge de paix; mais, en 1804, au moment où il venait d'être réélu à cette magistrature de conciliation , il mourut à l'âge de cinquantehuit ans , universellement pleuré , et laissant la réputation d'un citoyen vertueux et d'un bon pasteur.

Bhagairat (Jean - Henri) , lieutenant-colonel d'infanterie , né à Paris en 1772, était entré au service comme sergent, en 1792. et gagna tousses grades sur les champs de bataille. Ce brave officier, pendant le siège d'Astorga, fut chargé, dans la nuit du 21 au 22 avril 1810, avec mille hommes d'élite du vingt-huitième régiment de ligne ,

de pratiquer un chemin couvert qui devait communiquer dans la brèche; cet ouvrage , de la plus haute importance, fut terminé au jour par l'intrépidité du commandant Bragairat, qui soutint une pluie de mitraille et un feu croisé de mousqueterie pendant toute la nuit , sut vaincre tous les obstacles, et décida la reddition de la place.

Bragelongne ( Christophe - Bernard de) , membre de l'Académie des sciences, né à Paris en 1688, cultiva avec succès les belles-lettres, la philosophie et les mathématiques, fout jeune et encore sur les bancs du collège , il recherchait avec avidité la société de Malebranche qui avait conçu pour lui une tendre estime. Il passait tous les jours de congé dans le cabinet de Malebranche , et ce dernier ne dédaignait pas d'avoir avec lui des entretiens métaphysiques. Habile géomètre, il était, en outre, bon helléniste, entendait bien l'hébreu, et avait pour l'histoire une prédilection marquée. Ses qualités et son esprit le faisaient rechercher dans le grand monde.

Il mourut le 20 février 1744, avant d'avoir pu finir une histoire des empereurs romains , à iaquelle il avait consacré ses veilles.

Bragny , terre et seigneurie it Bourgogne , à deux myriamètres sud* est de Nuyts.

BRAiE,"6;vzrar, nom d'une partie de l'habillement des anciens Gaulois, dont le lecteur pourra se faire une idée à la vue de la planche 42.

Les habitants de l'Helvétie et ceux de la Bretagne , qui ont été moins sujets que les autres Gaulois aux invasions des peuples étrangers, et par conséquent aux changements qui ont désolé si souvent les Gaules, n'ont pas encore quitté l'usage des braies.

Les Gaulois conservèrent ce vêtement , même après la conquête des Francs; Charlemagne, qui n'avait ja^ mais quitté l'habillement particulier à cette nation, ayant un jour rencontré une troupe de Francs vêtus de la bracca , ne put s'empêcher de s'écrier : f oilà nos hommes libres qui prennent les habits du peuple quils

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