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très. Quoi qu*il en soit, Tite-Live raconte que Brennus, à la tête des Gaulois Sénonais, conquit tout le pays qui s'étend entre Ravenne et le Picenum ; qu'il défît les Romains à la bataille (l'Allia , prit et incendia Rome , et réduisit ceux qui défendaient le Capitole à la dernière extrémité. L'historien romain ajoute que Camille , nommé dictateur , épargna à sa patrie la honte de payer une rançon au vainqueur , et qu'il chassa les' Gaulois du territoire de Rome par la force des armes. Mais Polybe assure, et c'est là le récit le plus probable , qu'il y eut un accord , c'est-à-dire , de l'argent pavé par les vaincus. Plutarque , Paul Orose , suivent la même tradition que Polybe. Un fait semble confirmer encore leur témoignage, c'est la profonde terreur qu'inspirèrent les Gaulois aux Romains, jusqu'au temps où la conquête du monde eut rassuré la ville éternelle. Rome remit, pour ainsi dire, au dernier jour cette gigantesque entreprise , pour laquelle il lui fallut vingt ans de grandes batailles et César : la conquête des Gaules. La prise de Rome par Brennus eut lieu l'an 364 de la fondation de cette ville, quatre cent quatre-vingt-neuf ans avant notre ère.
Brennus est aussi le seul nom sous lequej les Grecs connurent ce chef des Gaulois de la Pannonie , qui porta le ravage dans leur pays , cent ans après la prise de Rome par l'autre Brennus.
Il commença par attaquer les Macédoniens , puis s'étant frayé un passage jusqu'aux Thermopyles, il partagea son armée en deux corps , dont l'un , sous la conduite d'Acichorius , devait soutenir l'effort des Grecs coalisés , tandis que lui-même il essayerait avec l'autre de forcer le défilé. Un épais brouillard le servit à souhait, et bientôt il arriva sous les murs de Delphes. 11 paraît qu'alors un affreux tremblement de terre et un orage épouvantable consternèrent les Gau-* lois , et que le lendemain , après une nuit extrêmement froide , ils avaient perdu tout leur courage. C'est ce jourlà même qu'ils furent assaillis par
l'armée ennemie. Ils furent battes, et Brennus , dit-on , s'empoisonna. Aucun des guerriers qui avaient pris part à cette expédition n'échappa ; tous furent massacrés pendant !a retraite. Cependant un corps de vingt mille Gaulois, qui s'était détaché de l'armée principale avant d'atteindre les Thermopyles, put s'emparer de Byzance, puis, passant en Asie, fonder dans cette coutrée l'État qui fut connu pendant si longtemps sous le nom de Galatie ou Gallo-Grèce , de la même manière que les compagnons du premier Brennus avaient fait une Gaule de la partie septentrionale de l'Italie. (Voyez Gaulois.) '
Brenot (Biaise-Nicolas), né à Venarey (Côte-d'Or), aborda le premier dans l'île de Malte, et s'empara, avec sa compagnie, d'une tour dont l'artillerie faisait beaucoup de mal à nos troupes. Colonel au service de la Hollande en 1809, il montra une valeur et une fermeté quî le roi Louis et les habitants récompensèrent à l'envi. Il se lit encore remarquer en Espagne et à la bataille de Toulouse.
Bbenta (combat des gorges de la). — Le maréchal Wurmser, chassé de Trente par l'armée française, qui menaçait de se répandre dans le Tyrol , pensa que le meilleur moyen de sauver cette province c'était de reporter la guerre dans les environs de Mantoue.
Il venait de faire avancer sur Vérone une colonne de dix mille hommes , lorsqu'il apprit, le 7 septembre 1796, que le général Augereau attaquait ses troupes retranchées au village de Primolan. Ayant rangé ses troupes en colonnes serrées , et par bataillon , Augereau avait marché droit aux Autrichiens, sous la protection de son artillerie légère, et emporté ainsi le village de Primolan. Les Autrichiens battirent en retraite; puis ils se rallièrent dans le petit fort de Covelo , qui barrait le chemin au milieu duquel il fallait passer. La 5e demi-brigade d'infanterie légère se porte sur la gauche de ce fort, et engage une vive fusillade, tandis que deux ou tiois cents hommes , passant la Brenta » gagnent
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les hauteurs de droite, et menacent de tomber sur les derrières de la colonne. Les Autrichiens, craignant alors d'être entièrement enveloppés , abandonnent leur position ; mais ils tombent bientôt dans un autre danger plus grand encore. Un régiment de dragons, qui se met à leur poursuite, dépasse la téte de leur colonne, qui se trouve ainsi entièrement cernée, et demeure prisonnière. Quatre mille Autrichiens se rendirent; dix pièces de canon, quinze caissons et huit drapeaux ennemis tombèrent entre les mains des Français , qui venaient de déconcerter, par une marche de vingt lieues en deux jours, les projets de Wurmser, et de préparer pour le lendemain , à Bassano, un succès plus complet et plus décisif encore.
—La maison d'Autriche,sentant l'imminence du danger qui la menaçait du côté de PItalie après la déroute (lu général Wurmser, forma à la hâte dans le Frioul une nouvelle armée de cinquante mille hommes; elle en conûa le commandement au général d'Alvinzi , qui pouvait en outre disposer de vingt mille hommes cantonnés dans le Tyrol. Dans l'impossibilité de résister à des forces aussi considérables sur un terrain très-étendu, le général Bonaparte évacua Trente, lloveredo, Bassano, Vicence ; il se concentra et se reporta sur l'Adige. Davidowich , après avoir remporté , dans le Trentin , quelques avantages sur le général Vaubois, l'avait forcé à prendre position à Rivoli et à la Corona. Guyeux s'était porté, le 2 novembre, sur le poste de Saint -Michel , dont il s'était emparé malgré une très-vive résistance , et où il avait brillé les ponts que l'ennemi avait jetés sur l'Aaige. Les Autrichiens, pour lui couper la retraite, quittèrent alors leurs postes de Segonzano et Cembrea, et se portèrent sur le Lavis. Mais Vaubois fut instruit de ce mouvement, et il envoya à leur rencontre le général Fiorella , qui les repoussa jusqu'à Segonzano. Le lendemain , Bonaparte ordonna de renouveler l'attaque sur Segonzano; puis il partit pour s'opposer aux progrès des Impériaux au delà de
la Piave ; il parvint à faire effectuer,
aux divisions Masséna et Augereau, leur jonction à Vicence , et marcha immédiatement au-devant de l'ennemi, qui avait passé la Brenta. Il fallait étonner les Autrichiens dès le premier pas, les frapper comme la foudre. La journée fut vive, chaude et sanglante; cependant le champ de bataille demeura aux Français , et les Autrichiens repassèrent fa Brenta. Le général Lannes fut blessé dans cette affaire , et toutes les troupes s'y couvrirent de gloire.
Bonapartè opéra ensuite sa retraite sur la Pietra.
BRÉQUiGNY(Louis-George-Oudard- Feudrix de), né à Granville en 1716, se dévoua avec un zèle infatigable à l'étude de l'antiquité et de l'histoire. Il fut reçu à l'Académie des inscriptions et 'belles-lettres en 1759, et à l'Académie française en 1772. Son premier travail fut un mémoire aussi curieux que savant sur ['établissement de l'empire et de la religion de Mahomet Quelque temps après parut de lui un Essai sur t histoire de l Yémen, une Table chronologique des rois et (Us chefs arabes, puis des dissertations dans les tomes 30 et 32 des Mémoires de l'Académie des inscriptions. louées ouvrages montrent la même étendue de connaissances , la même sagacité de jugement. A la paix de 1763,1e gouvernement français l'envoya en Angleterre pour y recueillir les titres relatifs à l'histoire de France, qui étaient conservés à la Tour de Londres. Cette mission n'était pas facile; il fallait débrouiller, déchitfrer, classer une immense quantité de papiers entasses pêle-mêle, à la hauteur de quatre pieds, dans de vastes greniers et dans d'obscurs cabinets, et enduits d'une poussière humide et infecte. Bréquigny passa près de trois ans à démêler ce chaos et à examiner les titres renfermés dans les coffres de l'échiquier. Il parvint à en extraire un grand nombre de pièces originales qui ne se trouvent point dans les recueils de Cambden, de Rymer, de Huane et de Morthon , et y recueillit beaucoup de pièces authentiqua .
relatives à nos droits de suzeraineté
Bar les provinces qui furent autrefois détachées de l'empire français , soit à titre d'apanage, soit par voie d'aliénation. Bréquigny publia , en 1791, avec Laporthe duTneil : Diplomata , charta, cpistolœ, et alia monumenta ad res franciscas spectantia, 3 vol. infoL II fut chargé, en 1754, de continuer, avec de Villevaut, la Collection lies lois et ordonnances des rois de la troisième race. Il en publia cinq nouveaux volumes, qu'il accompagna de préfaces où l'on trouve une histoire exacte de notre législation. Le gouvernement lui confia [ exécution d'un projet de recueil de tous les titres, chartes et diplômes oui n'avaient point été imprimés , et d'une table chronologique de tous ceux qui avaient paru. Le plan avait été conçu par Secousse , Foncemagne et Saint-Palaye; mais ces savants n'avaient eu que le temps de l'ébaucher avant leur mort. Bréquiguy refondit, corrigea tout leur travail , et joignit aux notices de toutes les chartes, des renvois aux livres imprimés et aux dépôts d'où elles étaient tirées. Il publia , avec Mouchet qu'il s'était adjoint pour l'exécution de cette vaste entreprise , trois volumes de ta table chronologique, 17G9-1783, in-fol. Le quatrième volume, qui a été imprimé à moitié , n'a jamais été mis en vente. Bréquigny voulait faire de cette collection une 'espèce de supplément à la bibliothèque du P. Lelong. Le ministre d'Etat Bertin le chargea ensuite , avec le même Mouchet , de continuer les Mémoires sur les Chinois, des PP. Amiot, Bourgeois, etc., 1776 à 1789, 14 vol.
in-4°. Cet ouvrage important renferme des renseignements précieux sur la religion , les mœurs, les productions et les arts de la Chine. On doit en outre à Bréquigny plusieurs autres ouvrages moins importants. Ce savant et laborieux écrivain mourut en 1795, chez son amie madame du Boccage.
Bbès (Guy de), mort à Valenciennes en 1567, avait travaillé à la rédaction de la Confession de foi des Églises réformées des Pays-Bas, et publié en 1565 un gros volume de réfutations contre les anabaptistes, qu'il représen-
tait comme très-répandus en Allemngne, en Angleterre, etc. Cet ouvrage, où l'on trouve des faits curieux, est assez bien écrit pour l'époque.
Bbès (Jean-Pierre), physicien et littérateur, né à Issoire en Auvergne et mort à Paris en 1816, a composé, outre quelques mémoires scientifiques, un assez grand nombre de romans favorablement accueillis à l'époque où ils parurent, mais maintenant tout à fait oubliés.
Bbès (Jean-Pierre) , neveu du précédent, né à Limoges en 1785, se voua d'abord à la médecine , qu'il abandonna ensuite r>our les beaux- arts et la littérature. Écrivain généralement élégant et gracieux , il a publié entre autres un poème intitulé les Paysages, un Tableau historique de la Grèce ancienne et moderne, des Souvenirs du musée des monuments français, etc. Il a, en outre, laissé plusieurs ouvrages inachevés sur le moyen âge. 11 est mort du choléra en 183*2.
Bbeschet (Antoine), chef d'escadron attaché à Pétat-major de l'armée d'Italie, commanda en l'an v la ville et le port de Trieste. Pendant la marche de l'armée sur Vienne, il résista avec quinze cents hommes à plus de six mille Autrichiens qui inquiétaient continuellement la place, les battit toujours, et leur fit un grand nombre de prisonniers. Après la paix de Campo- Formio , Brescnet resta à Trieste avec le titre, de consul général pour les pays héréditaires de la maison d'Autriche.
Il passa, en 1809, comme chef d'escadron au 13e régiment de cuirassiers, et se trouva à la bataille de Tudella, où, avec cent hommes, il enleva le plateau qui, au nord de cette ville, était défendu par trois mille hommes et du canon. Ce fait d'armes lui valut la croix de la Légion d'honneur.
Bbeschet (Guillaume), né à Clermont-Ferrand , le 7 juillet 1784, fut reçu docteur en médecine en 1812, et devint ensuite , successivement , chef des travaux an atomiques à la faculté de Paris , chirurgien de l'Hôtel-Dieu, membre de l'Académie de médecine, membre de l'Institut , et enfin pro-
T. m. 22' Livraison. (Dict. encycl., etc.)
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fesseur d'anatomie à la faculté. On a de lui un grand nombre d'ouvrages fort estimés , parmi lesquels nous citerons seulement sa Dissertation sur les hydropisies , Paris, 1812, in-4°; et son Essai sur les veines du rachis; Recherches historiques et expert»
mentales sur la formation du cal ; Considérations et observations anatomiques et pathologiques sur la hernie fémorale ou mérocèle; Art de l'anatomiste, de la dessiccation , et des autres moyens de conservation des pièces anatomiques, Paris, 1819, in-8 ; Recueil des thèses publiées à l'occasion du concours pour la place de chef des travaux anatomiques. On Tui doit en outre des traductions estimées d'ouvrages anglais sur les différentes branches de la médecine.
Brescia, ville de Lombardie, a été prise plusieurs fois par les Français.
Le 18 février 1512, Gaston de Èoix vint assiéger cette ville , où le comte Avogaro avait relevé l'étendard de Venise ; le lendemain , il s'en était rendu mattre , et il la livrait aux impitoyables vengeances de son armée.
Dans le terrible assaut qui emporta cette place, Gaston de Foix paya de sa personne comme le plus simple chevalier, et on le vit « oster ses souliers et se mettre en eschapin de chausses pour escalader la muraille. »
Mais ce fut à Bayard qu'appartint la palme du courage pendant le combat, comme celle de la générosité après la victoire. « Les François , raconte son écuyer , cryoient : France l France !
ceulx de la compaiguie du bon chevalier cryoient : Bayard ! Bayard ! Les ennemis cryoient : Marco! Marco!....
Mais s'ils avovent grant cœur de deffendre , les François l'avoyent cent fois plus grant pôur entrer dedans, et vont livrer ung assault merveilleux par lequel ils repoussèrent un peu les Vénitiens. Quoy voyant le bon chevalier, commencea à aire : Dedans! dedans, compaignons! ils sont nostres.
Marchez; tout est de/fait. Lui-même entra le premier, et passa le rempart, et après lui plus de mille, de sorte qu'ils gaignèrent le premier fort; et y
en demoura de tous les côtés, mais peu du François. Le bon chevalier eut un coup dedans le hault de la cuysse, et entra si avant que le bout rompit, et demoura le fer et ung bout du iust dedans. Bien cuyda estre frappé à mort de la douleur qu'il sentit; si commencea à dire au seigneur de Molart : Compaignon , faites marcher vos gens ; la ville est gaignée demy; je ne saurois tirer oultre , car je suis mort. Le sang lui couloit en habondance. Si lui iust force de mourir sans confession, ou se retirer hors de la foule avecques deux de ses archiers, lesquels lui estanchèrent au mieuU qu'ils peurent sa playe avecques leurs chemises , qu'il descirèrent et coupèrent pour ce faire (*). »
Brescia fut rendue aux Vénitiens en 1517, par François Ier, mais elle fut encore plus d'une fois, pendant nos dernières guerres d'Italie, le théâtre d'opérations importantes. En 1796, Beaulieu, vaincu à Lodi , vint y rallier les débris de son centre. Occupée presque aussitôt après par nos troupes, Brescia fut reprise par Wurmster qui accourait au secours de Mantoue. Ce fut à Brescia que le brave Lasalle devint prisonnier des Impériaux avec deux général et quelques officiers supérieurs. Pfli de jours après , Augereau poursuivant les Autrichiens, battus à Lonato, rentrait dans Brescia après une charge brillante et y retrouvait nos magasins et nos malades , tant avait été préci-
ttitée la retraite des Autrichiens. Quand es Etats de Venise se soulevèrent en 1797 contre sa vieille et tyrannique aristocratie, Brescia fut avecBergamc la première à proclamer la liberté.
Bientôt les habitants, attaqués et réduits par les fanatiques satellites du sénat, demandèrent du secours à la garnison française de Milan, et dès lors commença cette lutte ouverte qui devait finir par le démembrement de la république de Venise. En 1799, aprèsla retraite de Schérer, Wukassovicli marchait sur cette ville quand Lecourbe
(*) Histoire du bon chevalier sans paour et sans repronche.
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envoya un corps de troupes qui battit les Autrichiens et les força de renoncer momentanément à leur entreprise.
Le9 novembre 1813, lorsque le prince Eugène déployait pour contenir les ennemis tant de courage et d'habileté, Brescia fut encore le but des efforts des Autrichiens. Mais, battus par le général Gifllenga, ils furent forcés de repasser les monts.
Bbbscou , île située près de l'embouchure de l'Hérault, à quatre kilomètres et vis-à-vis d'Adge. Ce n'est u'un rocher, que domine un fort reoutable , dont Louis XIII avait ordonné la démolition en 1632, mais qui fut conservé , grâce à l'intervention de Richelieu. Ce ministre avait entrepris de réunir l'île de Brescou à la terre par une chaussée, dont il n'acheva point la construction , et dont les débris subsistent encore. Festus Avienus fait mention de cette île dans son poëme intitulé Ora maritima.
Brésil (Relations de la France avec le). Le Brésil n'est un État indépendant que depuis quelques années ; les rapports de la France avec ce pays sont donc de date toute récente. Avant sa séparation d'avec le Portugal , dont il fut pendant trois siècles une colonie, le Brésil n'eut presque jamais directement affaire à la France. C'est au Portugal que nos navires de commerce et ceux des autres nations allaient recevoir les produits du Brésil. Le Portugal prenait ses métaux , ses pierres précieuses, son café, son sucre, son coton, ses bois, etc., et, en retour, il lui expédiait quelques marchandises ; pour les échanges avec l'Europe, il s'arrangeait sur ses places de commerce, "particulièrement sur relie de Lisbonne.
En un mot , le Brésil, un des pays les plus riches de la terre, et, à lui seul , presque aussi grand que l'Europe, n'existait pas pour les autres peuples; '1 en était de lui comme de nos propres colonies encore à présent, comme de toutes les colonies , sous l'ancien régime d'exclusion.
Avant d'arriver à l'époque de l'affranchissement de ce pays, il nous pa-
raît nécessaire de relater un ou deu< faits de quelque importance. Ce ne fut pas sans contestation que les Portu-< gais se rendirent définitivement maîtres absolus du Brésil , découvert par un des leurs au commencement du seizième siècle. Ils eurent à défendre la découverte de Cabrai contre les attaques des Hollandais, des Anglais et des Français. Ce furent même les Français qui / les premiers, apprécièrent les avantages qu'offrait pour l'avenir la baie de Rio de Janeiro, l'une des plus admirables qui soient au monde.
En 1557, des protestants français, envoyés par l'amiral Coligny, s'y étalent installés sous la conduite de Villegagnon, chef distingué, dont le nom est resté à l'une des forteresses du port* Mais le Portugal envoya contre eux des forces supérieures devant lesquel* les ils ne purent se maintenir; après avoir pendant quelques années encore commercé en cachette sur la côte aved les peuplades naturelles du pays , ils finirent par être complètement ex* puisés.
Cette même baie de Rio de Janeiro fut le théâtre d'un des plus beaux faits d'armes de Duguay-Trouin. A la tête d'une faible escadre, ce grand homme de mer s'empara de Rio de Janeiro , qui passait pour imprenable. Au reste* cette expédition , entreprise pour délivrer un corps de troupes françaises tombé par trahison au pouvoir de9 Brésiliens, et dont le chef avait été lâchement massacré par la populace s n'eut aucun résultat politique. Après avoir bombardé la ville et reçu vingtquatre millions pour son départ, Duguay-Trouin consentit a s'éloigner avec les Français qu'il était venu chercher.
Sa mission était dignement remplie et l'assassinat de Ducler assez vengé.
Quant à l'émancipation du Brésil , l'exemple des États-Unis de l'Amérique du Nord et la révolution française ne furent pas sans influence sur les événements qui l'amenèrent , malgré les précautions du gouvernement portugais pour isoler sa colonie du reste de l'univers. La conquête du Portugal par l'armée française donna au Brésil le
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signal de l'indépendance. Vaincu dans son royaume, à la veille de perdre sa capitale , le roi Jean VI , avec toute sa famille, quitta Lisbonne le 29 novembre 1807, sous la protection d'une flotte anglaise, et transféra le siège de son gouvernement à Rio de Janeiro.
Dès ce moment , le Brésil fut affranchi des liens de la vassalité envers le Portugal. Vainement, après le rétablissement de Jean VI sur le trône de ses pères, le Portugal essaya-t-il de ressaisir sa proie , le Brésil , du rang de royaume, ne voulut plus redescendre à celui de simple colonie. En 1821, à la suite du mouvement libéral qui agita l'Espagne, l'Italie et le Portugal, les Brésiliens rompirent leurs dernières attaches et érigèrent leur pays en empire. Ils déférèrent la couronne à don Pedro, fils de Jean VI, qui leur avait été laissé pour régent ; ils firent plus , ils se donnèrent une constitution. La nouvelle monarchie représentative fut enfin reconnue en 1826 par les puissances européennes , et par le Portugal lui-même. En 1831, don Pédro, qui n'avait bien compris les Brésiliens qu'un moment, lorsqu'il s'agissait pour lui de devenir empereur, fut contraint d'abdiquer en faveur de son fils , prince né au Brésil , mais à peine âgé de cinq ans. Le départ de don Pedro pour le Portugal , où l'attirait l'appât d'une autre couronne , consacra définitivement l'émancipation du Brésil , laquelle mit, comme on le voit, environ un quart de siècle à s'accomplir.
Ce fut seulement en 1 814 que la France entra en rapports avec le nouvel État.
Le commerce a été le premier lien des deux pays; il est permis d'espérer que l'union qui règne entre eux se resserrera tous les jours davantage, parce
?if elle est aussi profitable à l'un qu'à autre. Malheureusement les vices du système commercial qui régit encore la France mettant des entraves au bien ; mais n'anticipons pas sur ce sujet qui va bientôt nous occuper. Depuis 1807, époque de la translation du gouvernement portugais à Rio de Janeiro, jusqu'à 1814, les Anglais avaient
possédé , sinon le monopole du cotn»
merce avec le Brésil , du moins des avantages excessifs. Alliés du Portugal que venait d'envahir la France, ils avaient fait paver cher au Brésil l'assistance qu'ils prêtaient à son gouvernement. Le rétablissement de la paix générale en 1814 ayant mis fin aux hostilités entre le Portugal et la France, le commerce français fut admis au Brésil avec celui des autres nations.
Toutefois, il fut loin d'être d'abord aussi favorisé que le commerce anglais. Pendant les dix premières années, il fut astreint à payer des droits de douane beaucoup plus forts que ceux qui frappaient les produits britanniques. La différence était de seize à vingt-quatre pour cent ; en outre, les Anglais conservèrent de nombreux privilèges qui portaient cette différence pour le moins à la moitié. La restauration fit, en 1816, de vains efforts pour changer cette position; l'ambassade du duc de Luxembourg, dont on espérait tant, n'eut aucun résultat.
Les premiers spéculateurs furent réduits au commerce de pacotille.
Mais les Brésiliens accueillirent quelques-uns de nos produits, entre autres nos vins et nos articles de mode, avec une faveur marquée. Leurs principales villes, Pernainbouk, Bahia, Rio de Janeiro se peuplèrent de détaillants français : aujourd'hui, à Rio de Janeiro seulement, on en compte prèsde dix mille. Malgré tous les obstacles qu'on lui opposait, notre commerce parvint à prendre racine au Brésil et a s'y soutenir en présence du commerce anglais.
Enfin, en 1826, alors que le gouvernement brésilien négociait plus activement que jamais pour se faire reconnaître, le cabinet des Tuileries profita de la circonstance pour conclure avec lui un traité particulier de commerce et de navigation. La stipulation capitale de ce traité était que les marchandises de provenance fran-
S;aise ne payeraient plus désormais que e droit de quinze pour cent, comme les marchandises de provenance w
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glaise. Cette convention fit cesser un état de choses humiliant, en nous plaçant sur le pied de l'égalité parfaite et en nous assurant tous les avantages accordés aux nations les plus favorisées. Sous ce rapport, elle mérite des éloges ; mais le mal était encore ailleurs. Aussi, bien que nos relations avec le Brésil aient continué d'augmenter depuis 1826, les résultats n'ont pas répondu à l'attente générale. Cependant le Brésil est en voie d'accroissement ; depuis trente ans , sa population a doublé, son commerce a plus que triplé dans les quinze dernières années.
D'une autre part, l'industrie française a également gagné du terrain, puisqu'elle se trouve en état de soutenir, sans trop de sacrifices, la concurrence avec les manufactures anglaises pour un grand nombre d'articles. D'où proviennent donc les empêchements ?
Les relations de la France avec le Brésil ont été jusqu'à ce jour, et paraissent devoir être dans l'avenir, presque exclusivement des relations de commerce. Une seule fois depuis 1814, nous avons été en guerre avec ce pays ; encore n'y avait-il rien de politique dans les hostilités. Pendant les démêlés du Brésil avec Buénos-Ayres pour la possession .de la Banda orientale , quelques bâtiments français avaient été capturés, contre le droit des gens, par l'escadre brésilienne qui formait le blocus des côtes ennemies, line escadre française, sous la conduite de l'amiral Roussin, après avoir forcé l'entrée de la baie de Rio de Janeiro, contraignit le gouvernement brésilien à lâcher les navires de commerce qui avaient été injustement déclarés de bonne prise. Une indemnité fut consentie pour ceux qui n'étaient plus en état de prendre la mer. La nonne harmonie ne tarda pas à se ré-* tablir entre les deux États. C'est donc ailleurs qu'il faut chercher le principe du mal.
Ce principe est dans les vices de notre système colonial et dans ceux de notre système dédouanes. Nous avons hérité de la restauration une détestable organisation commerciale. Jalouse
de retourner en tout et par toutes les
voies vers le passé, la restauration, lorsqu'elle eut à s'occuper du commerce extérieur et des grands intérêts de notre marine, ne vit rien de mieux que de remettre en vigueur le régime restrictif de l'ancienne monarchie. Ce qui était déjà peu convenable sous Louis XIV, lui parut la perfection pour le dix-neuvième siècle. Nos colonies furent isolées du reste du monde par une préoccupation à la fois jalouse et timide. Moitié par peur de l'Angleterre , moitié pour l'éloigner de quelques-uns de nos ports, on plaça lés colonies françaises sous l'empire d'une loi exceptionnelle. Elles durent ne produire que pour nous et ne commercer qu'avec nous. Pour les indemniser de ce sacrifice , on leur permit de conserver des esclaves en violation de l'esprit et de la lettre de nos lois.
D'un autre côté , sous le titre de droits protecteurs , des impôts élevèrent une barrière infranchissable devant une foule d'importations. II en résulta que, pour dominer tyranniquement quelgues petites lies, pour favoriser, au uétriment des autres , quelques industries partielles, la France se priva de la moitié des éléments constitutifs de la vie commerciale.
C'est une erreur dont est revenue aujourd'hui l'économie politique , de croire qu'il y a plus davantage à exporter qu'à importer. Le commerce vit d'importations aussi bien que d'exportations. Sans doute , les droits protecteurs, appliqués dans une juste mesure et avec discernement, sont efûcaces pour nous défendre contre les envahissements d'une industrie rivale ui a sur nous plus d'un demi-siècle 'avance. Mais l'abus des droits protecteurs est aussi ce qu'il y a de plus
|>ernicieux, d'abord pour la nation qui e tolère, et , à la longue , même pour le fisc qui en a profité. M. Horace Say, dans son livre si estimable sur les relations commerciales entre la France et le Brésil, a jeté un grand jour sur cette question. Nous croyons rendre un service à nos lecteurs en citant le j ugement de cet économiste sur la nature
deséchanges.«La vente, dit-il, n'est aue « la moitié (l'un échange dont un achat « est le complément. De même pour « une nation , porter ses marchandises a à l'étranger est la moitié d'un corn- « merce, et recevoir les produits étran- « gers en échange en est le complé- « ment. » Tels sont les vrais principes sur lesquels doivent reposer les relations commerciales de tout peuple qui n'est pas aveugle.
Il n'en est pas ainsi chez nous, et c'est surtout dans nos rapports avec le Brésil que de graves inconvénients se sont manifestés. Le Brésil , qui recherche avec faveur les marchandises françaises, produit principalement des bois, du coton, du sucre et du café.
De ces quatre articles, deux sont refusés en France, par suite des exigences du système colonial. En outre, comme les cotons brésiliens sont malheureusement encore d'une qualité inférieure , notre commerce est condamné a n'opérer ses retours qu'avec des peines infinies, puisqu'il ne lui reste plus que les bois. Les Brésiliens n'en préfèrent pas moins les soieries françaises, notre sellerie, une multitude d'articles de tabletterie et de mercerie, notre bijouterie ûne, notre bijouterie fausse, nos vins du Languedoc et nos modes; mais encore une fois ils n'ont presgue rien à nous donner en retour. Qu est-il arrivé? ce qui était inévitable. La marine étrangère, à l'essor de laquelle ne s'opposent pas les mêmes entraves, nous a enlevé le transport d'une grande partie des échanges entre la France et le Brésil, échanges restreints d'ailleurs par les mêmes difficultés.
Sous ce rapport , il ne saurait y avoir matière au doute. Sur nos documents douaniers, le Brésil figure d'abord au dixième rang, en importance, parmi les nations qui reçoivent des produits français. 11 n'occupe plus que le dixhuitième rang parmi les nations qui envoient leurs denrées à la consommation française. «Ainsi,» dit M. Horace Say que nous aimons à citer, « ainsi « les retours brésiliens sont restés « dans la proportion de sept à douze ;
« c'est-à-dire que pour chaque fois « douze cents francs de produits fran- « çais, consommés au Brésil, il n'a « été apporté en France que pour « sept cents francs de valeur en pro- « duits brésiliens. » Les importations d'articles du Brésil qui étaient par an de douze millions de 1827 à 1829, n'ont plus été que de neuf millions en 1835 et 1836. Cependant notre commerce a prospéré , car les exportations pour le Brésil , qui n'étaient que de douze millions en 1S27, sont montées au delà de vingt «cinq millions en 1836. C'est ce qui fait dire à M. Horace Say : « A mesure que le « Brésil consommait davantage de pro- « duits français, la France consommait » chaque année moins de produits bré- « siliens. Les navires se rendant au « Brésil manquaient de chargement de « retour, et la marine nationale res- « tait dans un état stationnaire, alors « que le commerce d'expédition portait « sur des valeurs plus importantes.»
Voici les résultats de ce déplorable système. En dix années, neuf cent quatre-vingt-seize navires de commerce sont sortis de France pour le Brésil. Sur ce nombre, quatre cent quatre-vingt-cinq seulement ont effectué leur retour en France. De ces neuf cent quatre-vingt-seize navires , cinq cent soixante-sept seulement étaient français, vingt et un brésiliens, et quatre cent huit étrangers. Sur soixanteseize navires sortis de France en 1827, pour faire voile vers le Brésil, soixante-trois étaient français , treize seulement étrangers. Dix ans plus tard , sur cent quatorze navires sortis, cinquante-sept étaient français, deux brésiliens et cinquante-cinq étrangers.
La marine française, qui opérait d'abord les cinq sixièmes des transports, n'en conservait plus, en 1837, que la moitié. Que répondre à de pareils faits? Ils démontrent clairement que les intérêts de la marine ne peuvent pas, plus que ceux du commerce, s'accommoder d'un système boiteux. Si, au moins, le Brésil avait profité de ces pertes; mais non , ce sont les navires anglais ou même autrichiens qui nous ont rem-
placés. On parle tous les jours de la
nécessité de relever notre marine marchande de rabaissement où elle est tombée , et qui est si nuisible au développement de notre marine mili-
pourra un jour, peut-être, rivaliser avec celle que nous livrent déjà l'Amérique du Nord et les Antilles. Au lieu de lutter avec peine sur des marchés encombrés, il faut songer au-
taire.Quel plus beau débouché lui of- jpurd'hui à s'ouvrir des marchés noufrir que le Brésil , un empire immen- veaux.
se, aune fertilité fabuleuse, qui n'a pas de marine marchande , et qui ne paraît pas devoir s'en faire une avant de longues années? Oui, mais pour cela, tous les plus beaux traités seraient insuffisants. Il ne faut rien moins qu'une réforme complète de notre système colonial et fiscal. Nonseulement notre marine marchande est privée des moyens d'effectuer ses re-
Bbeslb , bourg du département de l'Oise, à seize kilomètres de Beau vais, ancien fief des évêques de cette ville , dont l'un, Philippe de Dreux, y fit construire, en 1210, un fort considérable. Ce château fut plusieurs fois assiégé, et subsista jusqu'en 1700, époque où il fut démantelé par ordre du cardinal de Janson.
Au sud-ouest de Bresle, près des
tours, par les prohibitions qui repous- ruines d'un camp romain qui dut être
sent les produits étrangers ou par les droits protecteurs qui en restreignent la consommation; mais il n'est pas jusqu'aux bois de construction, aux i ers et aux cordages, qui ne soient frappés de taxes immodérées, et qui n'élèvent ainsi de toutes les manières le prix du fret, nécessaire à l'existence de nos marins et de nos capitaines.
On nous pardonnera d'avoir jeté ce coup dceil rapide sur les imperfections de nos institutions commerciales à l'occasion du Brésil. Ce pays occupe une position géographique qui lui donne, pour nos intérêts , une importance toute particulière. Confinant à notre colonie de Cayenne, si bien faite pour un bel avenir, situé presque en face de notre colonie du Sénégal, à l'endroit le plus rapproché de l'Amérique du Sud et de l'Afrique, le Brésil est à la veille de se rattacher encore à la France par notre colonie de l'Algérie.
Avant peu, un service de bateaux à vapeur le mettra en rapports réguliers avec Nantes. Il est a désirer que cette ligne de pyroscaphes touche à Cavenne en même temps qu'au Sénégal. Lorsque le port d'Alger sera construit et l'Algérie colonisée, le Brésil pourra, par notre entremise, commercer activement avec la Méditerranée.
Marseille, Alger, notre comptoir du Sénégal, Cayenne, le Brésil et Buenos- Ayres offriront à notre marine marchande une carrière nouvelle, qui
considérable, se voient les ruines de la célèbre abbaye de Froidemont, fondée au douzième siècle par Lancelin et Manassès de Bulles.
Bresse, en latin Brexta ou Brixia.
— Cette province a pris son nom d'une grande forêt qui s'étendait depuis le Rhône jusqu'à Châlons, et qu'on appelait Brixius Saltus. Au moment de la conquête des Gaules par les Romains, ce pays était habité par les Ségusiens ou SébusienSj originaires du Forez, que les Éduens avaient subjugués, et que, pour nette raison, César appelle Clientes Eduorum. L'étendue actuelle de la Bresse est d'environ soixante - quatre kilomètres, soit en long, soit en large. Ses limites sont : au nord, le ducné de Bourgogne et la Franche-Comté ; au sud, le Rhône qui la sépare du Dauphiné; à Test, le Bugey ; a l'ouest , le Lyonnais , et la Saône qui la sépare du Lyonnais. Elle se divisait en haute Bresse, ou pays de Bevermont, et en basse Bresse, située à l'ouest de la première. Au commencement du cinquième siècle, elle fut conquise par les Bourguignons, et passa avec leurs autres possessions sous la domination, des fils de Ciovis. Elle fit partie du second royaume de Bourgogne gui se forma vers la fin du neuvième siècle ; mais plusieurs seigneurs , profitant de l'éloignement des rois d'Arles, se partagèrent la Bresse, sous le règne de l'empereur d'Alle-