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L'UNIVERS
magne, Henri III. Les principaux furent les sires de Baugé ou de Bagé, les sires de Coligni, ceux de Thoire et les seigneurs de Villars.
Les sires de Baugé furent les véritables seigneurs de la Bresse, et*y exercèrent les droits de souveraineté.
Leur État tirait son nom de la capitale, Baugé, et renfermait, outre cette ville, celles de Bourg, Châtillon, Saint- Trivier, Pont-de-VesIe, Cuiseri, Mirbel , et tout le pays , depuis Cuiseri jusqu'aux portes de Lyon , et depuis Baugé jusqu'à Lyon.
Cest à tort que beaucoup d'écrivains donnent pour premier seigneur de Baugé un certain Wigues ou Hugues; ce personnage n'est autre que Hugues le Noir, fils puîné de Richard le Justicier, duc de Bourgogne, qui lui assigna , dans le partage de ses États, la Bresse, le Méconnais, le Beaujolais, le Charolais, avec une partie du comté de Bourgogne. Les successeurs qu'on donne à ce Hugues, prétendu sire de Bresse, paraissent également supposés jusqu'à Rodolphe ou Raoul. Les descendants de celui-ci lui succédèrent jusqu'en 1255, époque où la Bresse passa au comte Amédée de Savoie. Ce fut seulement en 1601 que, par un traité conclu à Lyon entre Henri IV et Charles-Emmanuel, duc de Savoie, la Bresse fut rendue à la France, avec le Bugey et la baronnie de Gex, en échange du marquisat de Saluce. Depuis cette époque, la Bresse fut enclavée dans le gouvernement militaire de Bourgogne ; elle fait maintenant partie du département de l'Ain.
Bresse (seigneurs de).— -Comme on vient de le voir, le premier seigneur de Bresse bien connu est Rodolphe ou Raoul y qui vivait dans la première moitié du onzième siècle. On ne possède aucun détail sur sa vie.
Renaud , qui paraît lui avoir succédé, et qui vivait vers le commencement du douzième siècle, n'est pas mieux connu.
Il eut pour successeur Joscerand ou Gauscerand, son fils aîné.
II est attesté par des documents certains que, sous Ulric ou Odalric, ,
fils et héritier du précédent, la Bresse reconnaissait le roi de France pour suzerain. En 1120, Ulric partit pour la terre sainte; à son retour, il embrassa la vie monastique.
Renaud II, son fils , mourut en
Renaud III fut contraint d'avoir recours au roi de France pour résister aux attaques de Girard, comte de Mâcon, d'Etienne, son frère, d'Humbert, sire de Beaujeu, et de l'archevêque de Lyon qui, s'étant ligués contre lui , avaient ravagé ses terres et emmené son fils Ulric prisonnier. Louis le Jeune, auquel Renaud tenait par quelques liens de parenté, répondit à sa suppli»
aue en ordonnant au sire de Beaujeu e mettre Ulric en liberté. Mais le sire de Beaujeu ne tint nul compte de cet ordre, ainsi que le prouve une seconde lettre de Renaud a Louis le Jeune, lettre dans laquelle il engage ce prince à venir sur les lieux, en lui offrant la suzeraineté de ses châteaux, qui ne relèvent, dit-il , de personne. On ignore comment finit ce démêlé; seulement en 1161 Renaud et Guerric, son parent, firent, au château de Chantelles, un traité d'alliance avec Archambault VII, sire de Bourbon et son fils, envers et contre tous , excepté le roi de France , le duc Bourgogne et le comte de Savoie.
A Renaud III, mort en 1180, succéda Ulric II, qui mourut vers 1220.
Renaud IV, son fils, fut un des bienfaiteurs de la chartreuse de Montmerle, qu'il combla de ses libéralités, et dont il fit bâtir les cellules. L'an 1239, il partit pour la terre sainte, d'où il était de retour l'an 1247. En 1249, il fit son testament, et alla une seconde fois en Palestine , où il mourut la même année.
Gui, fils aîné de Renaud IV, étant encore mineur, Philippe de Savoie, archevêque de Lyon, son parent, loi donna un curateur, lequel accorda, en 1251, une charte d'affranchissement aux habitants de Baugé , de Bourg et de Pont-de-Vaux. Quatre ans plus tard, se voyant infirme, il fit son testament, par lequel il institua son hé-
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ritier l'enfant qui naîtrait de sa femme alors enceinte. Elfe accoucha d'une fille, nommée Sibylle, qui recueillit la succession de son père, mort en 1268.
Sibylle porta ses biens dans la maison de Savoie par son mariage avec Amédée, prince de Piémont, devenu comte de Savoie en 1285. C'est ainsi que la basse Bresse fut réunie à la Savoie, qui finit par posséder tout le pays, et le céda à la France en 1601 , ainsi qu'on l'a vu dans l'article précédent.
Bbessieux , ancienne seigneurie du Dauphiné, à vingt-quatre kilomètres devienne (aujourd'hui département de l'Isère), érigée en marquisat en 1612.
Bbesson ( Jean - Baptiste - Marie- François) , député par le département des Vosges à la Convention nationale, se montra partisan de ce qu'il appelait « l'Évangile de la douce et sage liberté, » et eut le courage de son opinion. Pendant le procès de Louis XVI , il se borna à demander la détention du monarque, jusqu'à ce qu'il fût possible de le bannir. Mis hors la loi après le 31 mai, rappelé à la Convention après le 9 thermidor, M. Bresson passa, en 1795, au Conseil des Cinq-Cents, d'où il sortit en 1798.
Depuis , il fut employé au ministère des affaires étrangères, et mourut en 1832, quelques années après avoir été admis a la retraite.
Bbessuibe ou Bersuire , en latin Bersuria, ville de l'ancien bas Poitou, aujourd'hui chef-lieu de sous-préfecture du département des Deux -Sèvres.
Quelques écrivains pensent que Bressuire est l'ancienne Segora, mentionnée dans l'Itinéraire d'Antonin.
Ouyard de Berville, dans son Histoire de du Guesclin, dit, qu'en 1371, époque où les Anglais en étaient maîtres, cette ville était considérable par le nombre et la richesse de ses habitants, par la bonté de ses fortifications, et surtout par son château. Elle avait un gouverneur , une garnison ; et du Guesclin fut obligé d'en faire le siège dans toutes les formes. II la prit d'assaut et passa la garnison au fil de l'épée ; le château capitula; la ville fut
illée par le soldat , qui y fit un riche utin. Avant la révolution, les guerres de religion et plusieurs autres causes avaient déjà réduit cette ville à un état complet de décadence. L'enceinte de ses murs , qui ne servait plus qu'à assurer la perception de l'octroi , attestait bien encore son ancienne importance, mais , sur plusieurs points, des jardins, des prés, des champs avaient remplacé les habitations. La guerre de la révolution a consommé sa ruine; elle fut alors entièrement réduite en cendres , à l'exception d'une seule maison et de l'église. Bressuire , dont la population est de quatorze cent soixante-quinze habitants, possède un tribunal de première instance , une société d'agriculture et de commerce et un petit séminaire.
Bbessuibe (combat de). —Les Vendéens révoltés , au nombre de plus de dix mille, assiégeaient Bressuire , faiblement défendue par quelques compagnies de chasseurs et de grenadiers.
Mais de nombreux détachements des gardes nationales de Chollet , Parlhenay, Angers, Nantes , Tours , la Rochelle , Rochefort , Saumur , Poitiers, etc., s'étaient mis en marche pour secourir cette place. Les deux partis en vinrent aux mains sous les murs de Bressuire, le 24 aodt 1792.
Le combat ne fut pas long; les royalistes insurgés formèrent en vain une longue colonne serrée : mal armés, et pressés de toutes parts , ils furent bientôt entamés, mis en déroute , et se sauvèrent dans le plus grand désordre. Leurs chefs , incap;ibles d'un vaste plan, divisés d'intérêt, ne songèrent, dès le commencement de l'action, qu'à éviter la fureur des patriotes. Six cents insurgés, trouvèrent la mort aux portes de Bressuire; les blessés se traînèrent dans les bois, qui furent bientôt jonchés de cadavres.
Brest , ville de Bretagne , l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département du Finistère.
Quelques auteurs ont cru que Brest était le Brivates portus des anciens ; d'autres, et cette opinion est celle de
M. Walckenaer (*), y ont vu le Gesocribates des Romains. Quoi qu'il en soit, l'histoire ne commence à faire mention de Brest qu'en 1240 , époque où Hervi , comte de Léon , céda cette ville à Jean Ier, duc de Bretagne.
En 1341 , Jean de Montfort vint mettre le siège devant Brest, qui avait pour gouverneur Garnier de Clisson.
Ce dernier périt victime de son courage et de son dévouement , et le château se rendit à Montfort. En 1372, Jean IV, duc ce Bretagne, abandonna la ville et le château aux Anglais, à la charge par eux de les défendre et conserver pendant la guerre, et de les lui rendre à la paix. Il en recouvra la
Ïossession après la mort d'Édouard II, roi d'Angleterre. 'Mais la guerre avant éclaté de nouveau entre la France et la Bretagne, il en confia derechef la défense à une garnison anglaise, qui y entra le ih juin 1378. et refusa d'en" sortir lorsque la paix fut conclue. Les Français, unis aux Bretons, l'assiégèrent vainement en 1382 et 1386. Toutefois, Richard II consentit à la rendre au duc de Bretagne (1397), moyennant une forte rançon. Dans le siècle suivant, les Anglais tentèrent souvent de la reprendre , et les Français s'en emparèrent sous la conduite *du vicomte de Rohan. Enfin, Brest fut définitivement réunie à la France par le mariage de Charles VIII et d'Anne de Bretagne. En 1591 , elle eut encore à se défendre contre les Espagnols, et, en 1694 contre les Anglais ' qui tentèrent contre elle un dernier et vain effort.
Brest ne prit guère d'accroissement que vers 1670. En 1680 Vauban fit construire une enceinte de fortifications qui se trouva insuffisante en 1 773. Une seconde fut construite alors, et la ville atteignit bientôt la population et l'importance dont elle jouit aujourd'hui.
La rade de Brest est regardée comme une des plus belles du monde,
(*) Géographie ancienne des Gaules, t. I, p. 377.
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sinon pour l'étendue , du moins pour la sûreté , et son port , le premier de nos ports militaires, peut contenir plus de cinquante bâtiments.
Brest, dont la population est maintenant de vingt-neuf mille huit cent soixante habitants, possède une préfecture maritime , des tribunaux de première instance et de commerce, des consulats étrangers , une école de navigation de première classe, une école spéciale du génie maritime, une école secondaire de médecine, de chirurgie et de pharmacie , et une bibliothèque de vingt mille volumes. C'est la patrie de Lamothe-Piquet, de Rersaint et d'Orvilliers.
Bretagne. — A l'époque des conquêtes de César, toute la Gaule était possédée par trois races principales,
3ui différaient entre elles de langage, e mœurs et d'institutions. C'étaient les Belges , qui s'étendaient depuis le Rhin jusqu'à la Seine; les Aquitains, qui habitaient entre la Garonne et les Pyrénées ; et les Galls ou Celtes, qui possédaient les pays situés entre la Seine, la Garonne et l'Océan. Les habitants de l'île de Bretagne parlaient la même langue et avaient les mêmes mœurs et les mêmes institutions que les Galls ou Celtes, avec lesquels ils ne formaient qu'un même peuple. On désignait en général , sous le nom d1 Armorique , les pays baignés par l'Océan. Cependant cette dénomination s'appliquait quelquefois , d'une manière plus particulière, à la pointe nord-est de la Gaule, qui finit parue plus avoir d'autre nom.
Trois peuples principaux occupaient PArmorique ; c'étaient les Vénètes (reneti), oui habitaient le territoire dont s'est formé depuis le diocèse de Vannes; les Osismiens (Osismii), qui habitaient la pointe occidentale de la péninsule ; et les Curiosolites [C uriosolitae) , établis dans la contrée qui forme le diocèse actuel de Saint- Brieux. De ces trois peuples , les Vénètes étaient les plus puissants, et ils exerçaient sur les deux autres une sorte de souveraineté.
Les Armoricains ne furent point des
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derniers à voler au secours de la patrie commune , quand le bruit de 1 invasion romaine se répandit dans les Gaules. Le contingent qu'ils fournirent pour la guerre qui se termina par la prise d'Alise, s'éleva à trente-six mille hommes. C'était le septième de l'armée entière des Gaulois. Cependant , découragée sans doute par le peu de succès des efforts qu'elle avait faits pour l'indépendance , PArmorique se soumit presque sans résistance, lorsqu'elle vit tous les autres peuples gaulois domptés par les armées de César. Une seule légion suffit pour lui faire mettre bas les armes, et la forcer à donner des otages. Mais les Vénètes ne purent supporter longtemps le joug nouveau qui pesait sur eux.
Des officiers romains ayant été envoyés par Crassus , lieutenant de César , pour lever chez eux la part de contribution à laquelle ils avaient été taxés, ils s'en emparèrent, et, les retenant prisonniers , ils déclarèrent qu'ils ne les lâcheraient que lorsqu'on leur aurait rendu leurs otages. César allait partir pour l'Ulyrie , quand on lui annonça la révolte des Venètes. Il revint en toute hâte sur ses pas , et se prépara à punir, d'une manière terrible, une tentative qui , si elle n'était prompteinent réprimée, pouvait avoir, chez un peuple comme les Gaulois, de nombreux imitateurs.
De leur côté, les Vénètes firent aussi des préparatifs; ils appelèrent à leur secours leurs frères de l'île de Bretagne , recrutèrent des guerriers et des matelots sur toute la côte septentrionale de la Gaule, et rassemblèrent une flotte formidable.
Le récit que César nous a laissé de son expédition contre les Vénètes est la première et la plus ancienne page de l'histoire de la Bretagne, flous croyons donc devoir donner ici une traduction de ce passage des Commentaires, qui contient d'ailleurs sur la marine de ce peuple des détails d'un grand intérêt.
«César, prêt à entrer en campagne, donne au jeune D. Brutus le commandement de la flotte et des vaisseaux gaulois qu'il a exigés des Pic-
tons , des Santons et autres pavs paciûés, et lui ordonne de se rendre au plus tôt chez les Vénètes. Il y marche lui-même avec les troupes de terre. La plupart des villes de cette côte sont situées à l'extrémité de langues de terre et sur des promontoires; elles n'offrent d'accès , ni aux gens de pied , quand la mer est haute (ce qui arrive constamment deux fois en vingt-quatre heures), ni aux vaisseaux que le reflux laisse à sec sur le sable. On ne pouvait donc aisément les assiéger. Si, après de pénibles travaux, on parvenait à contenir la mer par des digues, et à élever une terrasse jusqu'à la hauteur des murs , les assiégés, lorsqu'ils désespéraient de leur fortune , rassemblaient leurs nombreux vaisseaux , y transportaient tous leurs biens , et se retiraient dans d'autres villes voisines, où la nature leur offrait les mêmes moyens de défense. Durant une grande partie de l'été , cette manœuvre leur fut d'autant plus facile , que notre flotte était retenue par les vents contraires, et pouvait à peine naviguer sur une mer vaste , ouverte , sujette à de hautes marées , et presque entièrement dépourvue de ports.
« Les vaisseaux des ennemis étaient construits et armés de manière à lutter contre ces obstacles. Ils ont la carène plus plate que les nôtres ; aussi redoutent-ils moins les bas fonds et le reflux. Les proues sont très-hautes, et les poupes plus propres à résister aux vagues et aux tempêtes ; les navires sont tout entiers (je chêne , et peuvent soutenir le choc le plus rude.
Les bancs , faits de poutres d'un pied d'épaisseur , sont attachés par des clous en fer de la grosseur d'un pouce; les ancres sont retenues par des chaînes de fer au lieu de cordages ; les voiles sont de peaux molles amincies, bien apprêtées , soit qu'ils manquent de lin , ou ne sachent pas l'employer , ou plutôt qu'ils croient impossible de diriger avec nos voiles des vaisseaux aussi pesants , à travers les tempêtes et les vents impétueux de l'Océan.
Dans l'action , notre seul avantage
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est de les surpasser en agilité et en vitesse ; du reste , ils sont bien plus en état de lutter contre les mers orageuses et contre la violence des tempêtes. Les nôtres, avec leurs éperons, ne pouvaient entamer des masses aussi solides , et la hauteur de leur construction les mettait à l'abri des traits : aussi craignent-ils moins les écueils. Si le vent vient à s'élever , ils s'v abandonnent avec moins de périls, et ne redoutent ni la tempête , ni les bas-fonds, ni, dans le reflux, les pointes et les rochers. Tous ces dangers étaient à craindre pour nous.
« César avait déjà pris plusieurs villes ; mais sentant que sa peine était inutile, et qu'il ne pouvait ni empêcher la retraite des ennemis , ni leur faire le moindre mal , il résolut d'attendre sa flotte. Dès qu'elle parut, et que l'ennemi la découvrit , deux cent vingt de leurs vaisseaux environ, parfaitement armés et équipés , sortirent du port et vinrent se placer devant elle. Brut us, qui en était le chef, et les tribuns et centurions qui commandaient chaque vaisseau, étaient indécis sur ce qu'ils avaient à faire et sur la manière d'engager le combat. Ils savaient que l'éperon de nos galères était impuissant ; les tours de nos vaisseaux n'étaient pas assez hautes
Eour atteindre la poupe de ceux des arbares ; nos traits, lancés d'en bas, seraient sans effet, tandis que les Gaulois nous en accableraient. Une seule invention fut d'un grand secours; c'était une espèce de faux extrêmement tranchante , emmanchée de longues perches, assez semblables à celles qu'on emploie dans les sièges. Avec ces faux , on accrochait et l'on tirait à soi les cordages qui attachent les vergues aux mâts; on les rompait en faisant force de rames; les vergues tombaient nécessairement, et les vaisseaux gaulois, en perdant les voiles et les agrès qui faisaient toute leur force, étaient réduits à l'impuissance. Alors le succès ne dépendait plus que du courage , et en cela le soldat romain avait aisément l'avantage , surtout dans une bataille livrée sous les yeux
de César et de toute l'armée : aucune belle action ne pouvait rester inconnue ; l'armée occupait toutes les collines et les hauteurs d'alentour, d'où la vue s'étendait sur la mer.
« Dès qu'un vaisseau était ainsi privé de ses voiles , deux ou trois des nôtres l'entouraient , et nos soldats sautaient à l'abordage. Les barbares, ayant perdu une partie de leurs navires , et ne sachant que faire contre cette manœuvre , cherchèrent leur salut dans la fuite; et déjà ils se disposaient à profiter des vents, lorsque tout à coup il survint un calme plat qui leur rendit tout mouvement impossible. Cette circonstance compléta la victoire : les nôtres les attaquèrent, et les prirent l'un après l'autre ; un bien petit nombre put regagner la terre a la faveur de la nuit. Le combat avait duré depuis la quatrième heure du jour jusqu'au coucher du soleil.
« Cette bataille mit fm à la guerre des Vénètes et de tous les États maritimes de cette côte ; car toute la jeunesse, et même tous les hommes d'un âge mur, distingués par leur rang ou leur caractère , s'étaient empressés de prendre les armes. Ils avaient rassemblé tout ce qu'ils avaient de vaisseaux , et cette perte ne leur laissait aucun moyen de retraite ou de défense. Dans cette extrémité, ils remirent à César leurs personnes et leurs biens. César crut devoir en faire un exemple sévère , qui apprît aux barbares à respecter désormais le droit sacré des ambassadeurs. Il fit mourir tout le sénat , et vendit les autres à l'encan. »
L'anéantissement de la nation des Vénètes consterna les Armoricains.
Depuis cette époque, ils ne firent, pour recouvrer leur indépendance, aucune tentative dont l'histoire ait conservé le souvenir. Lorsque ensuite Rome établit dans les Gaules des divisions administratives , ils furent compris dans la Gaule lyonnaise; et quand cette province fut de nouveau partagée , ils firent partie de la troisième de ses subdivisions.
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