‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 49 sur 96 · BRE LUN · texte numérisé non relu

BRE LUN

coeur tout anglais et conseilla de s'assurer de lui. » Le comte Gilles fut en effet arrêté par les troupes du roi , dans son château du Guildo, et détenu successivement dans plusieurs forteresses. Ses plus grands ennemis, à la garde desquels il fut abandonné, supposèrent , pour achever de le perdre, une correspondance entre lui et le roi d'Angleterre. Le duc son frère , soit qu'il eût été trompé, soit qu'il fût complice de cet odieux complot envoya les pièces accusatrices à la cour de France, et peu de temps après, Gilles de Bretagne fut trouvé mort dans son lit. Selon le dire du temps , il avait été étouffé par ses gardes entre deux matelas. On lit encore, à ce propos, qu'un cordelier qui l'avait confessé ajourna le duc son frère à comparaître dans l'année au tribunal de Dieu, comme le chef des templiers y avait assigné Philippe le Bel. Le duc François, quoi qu'il en soit, mourut la même année que son malheureux frère, en 1450 , n'ayant point d'enfants mâles et laissant sa couronne ducale à son frère, Pierre de Bretagne.

Pierre II fit poursuivre avec rigueur les meurtriers de son frère , Gilles de Bretagne. Les plus compromis prirent la fuite et furent atteints sur les terres de France. Il s'ensuivit un débat entre le duc et le roi, touchant le droit de juridiction. Le roi , comme suzerain , prétendait qu'il lui appartenait de prononcer sur le sort des coupables; le duc insista, et fit livrer au dernier supplice plusieurs des meurtriers. L'un d'eux , Arthur de Montauban , se sauva en se faisant moine, et devint archevêque de- Bordeaux.

Pierre II avait , du vivant de son père, porté les armes dans la guerre contre les Anglais; à son avènement, les affaires étaient arrangées et il n'eut point de guerre à soutenir. II était fort pieux , et l'on raconte que , déjà atteint de la maladie de langueur qui le conduisit au tombeau, et dont les médecins ne pouvaient déterminer la nature , il fut question d'amener un sorcier pour détruire le charme dont on le supposait victime. 11 s'y refusa

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