‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 50 sur 96 · VERS. BRE · texte numérisé non relu

VERS. BRE

en disant : « J'aime mieux mourir de « par Dieu que de vivre de par le dia- « ble. » Il avait épousé la fille du vicomte de Thouars, femme d'une grande beauté ; et l'on rapporte qu'il déclara en mourant qu'il laissait cette princesse telle qu'il l'avait reçue , et qu'ils avaient, d'un consentement mutuel, vécu dans une parfaite continence ; dévotion singulière dans un prince héréditaire et souverain , ajoutent les auteurs de X^4rt de vérifier, les dates. Pierre II mourut en 1457.

Arthur III, comte de Richemont , oncle des deux princes qui précèdent, et fils de Jean V , fut entraîné d'abord dans le parti anglais; mais il se détacha assez vite du duc de Bedfort qu'il détestait; et Charles VII, instruit de ses dispositions, le tenta en lui offrant l'épée de connétable , qu'il accepta à Chinon , en 1425. Le premier soin du comte de Richemont fut de travailler au rapprochement du duc son frère et de son nouveau maître ; il y réussit Mais l'inimTtié du connétable et de la Trémouille faillit être funeste à . la cause pour laquelle ils combattaient. Toutefois, Arthur rendit d'importants services au jeune roi , et contribua à relever la fortune de la France. Les faits d'armes nombreux du connétable associent son nom à ceux de Jeanne d'Arc et de Dunois, à la suite desquels il mérite d'être immédiatement placé. Devenu souverain de Bretagne, il voulut garder sa charge de connétable de France , malgré ses nobles , qui la trouvaient inconciliable avec son nouveau rang. « Je veux, dit-il alors, « honorer dans mes vieux jours une « charge qui m'a fait honneur dans « ma jeunesse. » Il refusa cependant l'hommage lige au roi , prétendant ' qu'il ne le devait que simple. Arthur ne porta qu'un an la couronne ducale ; il mourut en 1458. La Bretagne perdit en lui le plus glorieux prince qu'elle ait possède. Il ne laissait point d'enfants.

François II était fils de Richard , comte cfKtampes , et petit-fils du duc Jean le Conquérant. Les trois princes qui précèdent étant morts sans descen-

BBE

dants mâles , François fut appelé à la succession, et fit au roi l'hommage simple , debout , l'épée au côté , sans s'incliner et sans prêter serment. Il reçut Louis XI dans sa ville de Nantes , en 1462. Le but de ce voyage était de contraindre la veuve de Pierre, la duchesse Françoise , d'épouser le duc de Savoie. Le roi, ayant vu échouer tous ses moyens de persuasion, voulut employer la force et enlever la princesse; mais le duc François ne se prêta point à cet acte de violence, et fit manquer l'entreprise de Louis XI , qui ne le lui pardonna pas. Le duc de Bretagne , pour se mettre à l'abri du ressentiment royal , entra dans la ligue du bien public. Il s'entendit avec le comte de Charolais , et se mit en marche pour le joindre, à la tête de dix mille hommes. Cette armée, richement équipée, donna aux princes alliés une haute idée des ressources et de l'état florissant de la Bretagne; car, comme le dit Commines , toute cette compagnie vivoit sur ses coffres.

Mais l'armée du roi lui barra le chemin près de Chartres , et le duc de Bretagne ne put se réunir aux alliés qu'après la bataille de Montlhéry. Il obtint des conditions avantageuses dans le traité de Conflans. Il fut indemnisé de ses armements, recouvra le comté de Montfort, qui avait été confisqué, et fut déclaré lieutenant général du roi en Anjou, dans le Maineetdans laTouraine. Mais Louis XI n'attendait que l'occasion de se relever de la dure extrémité où il s'était vu réduit. Il saisit le moment où l'allié du duc de Bretagne, Charles de Bourgogne, avait sur les bras une révolte des Liégeois , pour se jeter en Bretagne et s'emparer de places importantes. Le duc, se reposant en toute sécurité sur ses alliances, était alors plus occupé d'amour que de gouvernement; il était tout entier à sa passion pour Antoinette de Maignelais, et se laissa prendre au dépourvu. Louis XI le força de souscrire à de dures conditions, le menaçant de tout mettre à feu et à sang s'il tardait de prendre son parti. Le duc , épouvanté , consentit à tout

ce qu'exigea le roi. Il renonça à ses alliances par le traité de Nantes (t468). Deux ans plus tard , Louis XI put juger des dispositions secrètes du duc de Bretagne , par le refus qu'il fit du collier de Saint-Michel qu'il lui avait adressé. On expliqua ce refus en disant que le duc avait déjà reçu l'ordre de la Toison-d'Or du duc de Bourgogne. Plus tard une correspondance du prince breton avec le roi d'Angleterre , et dans laquelle , concertant entre eux les moyens de faire résistance au roi , ils s'engageaient à agir de concert, tomba entre les mains de Louis XL Un traité qui existe encore au trésor des Chartres, dit l'historien Daniel, stipulait le mariage du prince de Galles avec Anne de Bretagne, héritière du duc, et une alliance de tous leurs enfants nés et à naître. Se voyant ainsi démasqué, le duc n'eut d'autre ressource que de se soumettre et

{>réto au roi un nouveau serment sur a croix de saint Lô. Après la mort de Louis XI , il prit part aux intrigues qui contrarièrent la régence d'Anne de Beaujeu. Il accueillit le duc d'Orléans , et vit son armée détruite à Saint-Aubin du Cormier, où le prince fut fait prisonnier. Il mourut peu de temps après , dans la douleur que ce revers et tous les ravages qui s'y joignirent lui occasionnèrent.

Mêlé à toutes les intrigues et à toutes les guerres d'ambition de cette époque, il n'était guère plus fidèle à la toi des traités que Louis XI , son contemporain. Négligent et oublieux au milieu des intrigues , il eut pour principal ministre un insolent parvenu nommé Landois, ancien tailleur d'habits, qui se fit détester par ses déprédations , et finit par être pendu dans une révolte. François Il laissa deux filles, Anne, qui fui succéda, et Isabelle, qui mourut en 1490 (Voyez Anne de Bretagne).

« C'est alors que Charles VIII imposa au duché cette union que devait consommer plus tard le mariage de François I* avec Claude, fille de Louis* XII et d'Anne de Bretagne.

Province de France , depuis cette epo-

que, la Bretagne avait cependant conservé son antique constitution ; mais elle succomba en 1790, sous les décrets de la constituante.

« Cette assemblée , tirant une ligne artificielle de l'une à l'autre mer, enferma les anciens diocèses de la Bretagne dans un même département; ainsi le comté de Cornouaille, séparé de celui de Léon oar des remparts de granit, fut soudé a ce dernier, malgré les immenses inconvénients qui en résultaient pour l'administration.: tout fut changé; les feretons que la guerre avait conduits sur un autre hémisphère ne reconnurent plus le pays à leur retour.

« Depuis ce temps les ruines se sont accumulées. Toutefois un monument est ' resté debout , dernier symbole d'une nationalité jadis si vigoureuse :

c'est la langue. Qu'on ne s'étonne donc pas si les enfants de l'Arnîorique ont voué tant d'amour à cet antique idiome. Religion, histoire, tradition, indépendance , la langue bretonne est tout cela pour eux (*). »

(*) Ce passage , emprunté au livre déjà cité de M. de Courson, nous a paru l'expression exacte des sentiments d'une partie des habitants de la Bretagne. Nous avons cru devoir le citer. Ces regrets inspirés par la perte d'une ancienne nationalité, sont un trait de mœurs qu'il est utile de constater. Mais en même temps, au nom de la grande patrie, au nom de la France, dont les Bretons sont comme nous les enfants; nous devons pro l ester cou t re ces sentiments étroi t s, qui , confondant l'indépendance nationale avec les privilèges et les franchises de la municipalité , et prenant pour du patriotisme , l'amour instinctif que l'on porte au sol natal , ne peuvent s'élever jusqu'aux grandes idées de paUie et de liberté. Au reste, il y a longtemps que ces sentiments ne sont plus ceux du plus grand nombre des Bretons; quand, sous Louis XIV, Duguay-Trouin s'illustrait à la tête de nos armées navales et, dans ces derniers temps , lorsque le premier grenadier de France mourait au champ d'honneur , en donnant à nos soldats l'exemple de la bravoure et du patriotisme, ces grands hommes croyaient bien verser leur sang pour leur patrie , et non pour les envahisseurs et les tyraus de la Bretague.

La langue des Bretons a donné lieu à de nombreuses discussions; les uns y ont vu un dialecte de la langue des anciens Gaulois; suivant d'autres, ce n'est qu'un simple-jargon , produit par le mélange de tout les idiomes parlés successivement dans les Gaules. La première de ces deux opinions est celle qui trouve maintenant les plus nombreux partisans , et les nouvelles recherches de la critique semblent tendre à la confirmer encore.

La langue bretonne forme trois dialectes principaux ; le comique et le gallois, qui se parlent dans le pays de Galles et dans la Cornouaille anglaise, et Y armoricain y qui se divise luimême en quatre dialectes secondaires:

cornouaille y tréguier, vannetais et briochin.

Cette langue possède une littérature, qui n'est pas aussi pauvre qu'on pour:

rait le penser. « Sans parler des chants populaires (*), dont le fond doit être ancien , mais qui , par les modifications de formes qui s'y indroduisent sans cesse, ne peuvent faire autorité en philologie, elle possède des dictionnaires composés à la fin du quinzième siècle, des casuistes et des livres d'église encore plus anciens, enfin de nombreuses pièces de théâtre dont les manuscrits, écrits aux quatorzième et quinzième siècles, nous montrent la littérature cultivée en Bretagne, à une époque où l'influence française devait y être bien faible, puisque alors cetteprovince était encore séparée de la France., dont la plupart des Bretons ignoraient la langue (**). *

Nous n'essaierons point ici de donner une analyse de la grammaire bretonne; cette analyse serait nécessairement fort incomplète , et ne pourrait donner qu'une idée fausse de la langue des Bretons. JS'ous nous contenterons d'ajouter que, dans un savant mémoire couronné récemment par l'Académie des inscriptions et belles - lettres ,

(*) Les chants populaires de la Bretagne ont été récemment réunis et publiés par M. de la Villeinarqué.

(**) M, de Courson, ouvrage cité, p. rtfi

BRB FRANCE

bri:

M. Pictet vient de démontrer l'étroite parenté qui existe entre cette langue, le grec, le latin et la langue d'où paraissent dérivés tous les idiomes indo-germaniques, le sanscrit. Le lecteur trouvera , au reste, des détails plus étendus sur ce sujet intéressant dans la savante Grammaire celto-bretonne du vénérable Lugonidec, Paris, 1807, in-8°, et dans l'ouvrage déjà cité de M. de Courson. Il existe d'ailleurs sur la Bretagne des ouvrages assez étendus et fort estimés ; nous nous contenterons de citer les histoires de cette provincede dom Lobineau et dom Morice; celle de M. Daru, Paris, 1826, 3 volumes in-8°; et V Histoire des rois et des ducs de Bretagne , de Roujoux, 1829, 2 volumes in-8°, auxquelles nous pourrions ajouter encore les Monuments celtiques , de Cambry, 1805, in-8°, les Origines gauloises dé la Tour d'Auvergne, 1801, in-8°;. les nombreux ouvrages de le Brigant , et une foule de curieux Mémoires publiés dans le recueil de X Académie celtique.

Bretagne (monnaies de). Les monnaies frappées en Bretagne sont trèsnombreuses ; mais nous en parlerons en détail dans les articles que nous nous proposons de consacrer aux villes où elles ont été fabriquées ; ici, nous devons nous bornera jeter un coup d'œil d'ensemble sur l'histoire monétaire de cette province. La Bretagne, outre les monnaies gauloises qu'on lui attribue à tort ou a raison, a fourni, sous les rois de la première et de la seconde race, une quantité assez considérable de deniers et de tiers de sols. Si l'on en croit un manuscrit de l'abbaye du mont Saint-Michel, ses ducs avaient, dès le règne de Charles le Chauve, obtenu le droit de fabriquer des espèces à leur nom. Le texte de ce manuscrit a, il est vrai, été regardé par quelques érudits comme supposé; cependant, un passage des capitulaires de Charles le Chauve semble confirmer l'assertion que nous venons de rapporter; on y voit en effet que ce prince avait accordé à Salomon le droit de revêtir les insignes de la royauté, droit qui fut retiré à ses fils lorsque ce malheureux eut été massacré. Quoi

qu'il en soit, les monnaies bretonnes disparaissent à partir de la période carlovingienne , et c'est seulement au commencement du douzième siècle qu'on les voit reparaître. On connaît de cette époque des pièces fabriquées à Rennes et à Vannes, au nom d'Alain et de Conan; d'autres, anonymes, frappées à JNantes. (Voyez les articles relatifs aux monnaies de ces localités.) La première monnaie générale de Bretagne est peut-être celle que fit fabriquer le duc Geoffroy.

Cette monnaie portait d'un côté une fleur (que nous croyons être la fleur de lis primitive) , cantonnée de quatre annelets, avec la légende bbitonvm dvx , et au revers , autour d'une croix, le mot gavfbidvs. Il ne paraît cependant pas qu'on ait renoncé dès cette époque à 1 usage d'insérer dans les légendes les noms des lieux où étaient établis les ateliers monétaires.

Sous saint Louis, il existait encore des nantais qui, par une permission spéciale du roi, devaient circuler pendant un certain temps dans toute l'étendued u royaume. 11 existe, d'ailleurs, des espèces frappées à Rennes, au nom de Philippe II, pendantl'occupation momentanée de la Bretagne par ce prince. Les monnaies bretonnes ne commencèrent donc à devenir générales que sous les ducs de la maison de France. Elles portèrent alors l'échiquier, blason de la famille ducale, avec un franc quartier d'hermine et la légende Johannesou Petrus dux Britannicus. Le roi de France et le duc eurent souvent, pour le règlement de leurs monnaies, des conférences, dont le détail dépasserait les limites de cet article. Dom Morice les a insérées parmi les pièces justificatives de son Histoire de Bretagne, et nous-même nous aurons occasion de revenir sur ce sujet à propos des monnaies locales de cette province. Nous devons cependant mentionner ici l'ordonnancede 1315, par laquelle Louis X, voulant empêcher la falsification des monnaies, par les évéques et par les barons, décida que celles qu'ils frapperaient, n'auraient plus cours désormais que dans les terres de chacun d'eux.

Cette ordonnance ne fut pas longtemps

L'UNIVERS

observée par les ducs de Bretagne, qui commencèrent presque aussitôt à copier les espèces royales de France et d'Angleterre, et qui allèrent même emprunter à la Flandre les types de leurs monnaies. A cette époque, on se contentait ordinairement de graver sur les pièces la lettre initialeindiquant le nom du lieu où fonctionnait l'atelier monétaire ; cependant on continua quelquefois d'insérer le nom entier dans la légende. C'est ainsi que Jean deMontfort frappa des gros à la queue ou des lyons, des gros tournois, etc., au nom de Quimperlé, de Vannes, de Gurande, monkta g yrande, moneta.

KEPEB, MONETA VENET, ETC. Il Serait inutile de décrire ici les types des monnaies de Bretagne. Ces types sont extrêmement variés et sont empruntés, pour la plupart, aux monnaies étrangères les plus accréditées. Nous dirons seulement que les Bretons frappèrent des espèces de tous métaux, jusqu'à la mort de la reine Anne, et que sur les dernières de ces monnaies, la reine Anne, CharlesVlII et Louis XII ne prenaient quelquefois que le titre de duc ou de duchesse des Bretons.

Bbbtenet (fclie- Joseph), chef d'escadron, né à Sarlot (Dordogne), le 21 septembre 1780, s'est distingué comme maréchal des logis, au 8e de hussards, dans toutes les affaires de la campagne de l'an vu, et particulièrement à celle du 28 floréal, devant Zurich, où il eut un cheval tué sous lui; étant resté démonté, il parvint à sauver, au péril de sa vie, le chef de brigade Marulaz, qui venait d'être atteint d'un biscaïen. Le 3 vendémiaire an vm, il reçut un coup de balle au bras gauche en chargeant les Russes. Sous-lieutenant dans le 12e régiment de hussards, le 28 mars 1800, il se distingua encore au siège de Gaèta , en 1806, et se trouva, en 1812, à la bataille de la Moskowa, où il fut blessé à la jambe gauche eteut deux chevaux tués sous lui. Nommé chef d'escadron dans le 30* régiment de dragons, le 27 août, il enleva, devant Dresde, une pièce de canon, et chargea ensuite sur des masses d'infanterie qu'il fit prisonnières. Cette brillante action lui valut la décoration d'oflicier de la Légion

d'honneur. Le 5 septembre 1813, à la bataille de Leipzig , il rallia quelques fantassins, et, secondé du lieutenant Dion, fit battre la charge, chassa les Prussiens d'un village et parvint à contenir l'ennemi.

' Bbeteschb, nom que l'on donnait autrefois à une espèce de fortification temporaire en bois, avec laquelle on protégeait les abords des places assiégées et des camps retranchés. Il est souvent question de ces fortifications dans les légendes et dans les romans du moyen âge.

« La vile, dit l'auteur du roman de Garin, t

« La rile fit malt richement girnir, t m Les fosses fère, et les murs enforeir, « Le* brelesckes drecier et esbaodir. •

Plus tard, ce mot désigna toute espèce d'avance ou de saillie de pierre ou de bois faite dans un bâtiment; et « parce que, dit Laurière, celuy oui « tait les cris , les publications et les « proclamations de justice, se met en « quelques villes en un lieu élevé et « lait comme une espèce de chaire de «pierre, ce lieu a été nommé, par « cette raison , Hr et esche. »

Ce nom est resté en France à beaucoup de bourgs et de villages.

Bbetesche (la), ou Saint-Nom la Bbetesche, ancienne seigneurie di pays mantais (département de Seineet-Oise), à six kilomètres de Saint- Germain en Laye, érigée en marquisat en 1657.

Bbeteuil, petite ville de l'ancienne Picardie (aujourd'hui département de l'Oise) , à seize kilomètres de Beau vais . où quelques savants ont cru voir l'ancienne Bratuspantium, capitale des Beltovaci du temps de César.

Cette ville fut assiégée inutilement par les Anglais en 1355; elle se rendit, dans le siècle suivant, au comte d'htampes, et fut reprise peu de temps après par Lahire, qui, en vertu d'une convention avec le duc de Bourgogne, en fit démolir le château et les mon- La population de Breteuil est aujourd'hui de deux mille deux cent quatrevingt-quatre habitants.

Bbeteuil, Bretolium, ville avec titre de vicomté, dans l'ancienne îiof

BRE

rnandîe, à 20 kilomètres d'Évreux.

Cette ville fut donnée par Henri II, roi d'Angleterre et duc de Normandie, a Robert de Montfort, dont la sœur, Amicie, la rendit, en 1210, à Philippe- Auguste. Elle devint ensuite la ftfopriété de Charles le Mauvais, roi de Navarre, qui, en 1410, la céda au roi Charles Vl, en échange de plusieurs autres terres. Elle fut de nouveau séparée du domaine de la couronne, en 1651, et cédée à la maison de Bouillon.

La ville de Breteuil est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de canton du département de l'Eure; elle compte deux mille quarante-neuf habitants.

Bbetbuil (Louis-Auguste le Tonnelier, baron de) naquit à Preuilly, eu Touraine, en 1730, d'une famille pauvre et de petite noblesse. Il entra dans le monde sous les auspices de son oncle, l'abbé de Breteuil, ancien chancelier du duc d'Orléans, et depuis agent général du clergé de France,

3ui le flt successivement nommer guion dans la gendarmerie, puis cornette dans les chevau-Iégers de Bourgogne.

Son caractère vif et entreprenant, la vivacité de son esprit, son extrême activité le firent remarquer de bonne heure. En 1758, Louis XV l'envoya, en qualité de ministre plénipotentiaire, près de l'électeur de Cologne, et l'initia à la correspondance secrète qu'il entretenait dans les cours étrangères et dont le comte de Broglie était l'âme. En 1760, il passa en Russie, et il était absent de son poste lorsque éclata la révolution qui précipita Pierre III du trône sur lequel s'éleva Catherine II.

Il s'empressa de revenir et se fit trèsbien accueillir de la tzarine. Une autre révolution se préparait en Suède, où le baron de Breteuil reçut l'ordre de se rendre comme ambassadeur. Il assista à la célèbre diète de 1769, et travailla au déplorable coup d'Etat qui changea la constitution de ce royaume, en 1772, et qui établit le despotisme sur les derniers débris des institutions nationales. En 1770, il était à Vienne, où il fut bientôt remplacé par le cardinal de Rohan, devenu depuis si fameux par le scandaleux procès du collier ; ce fut la première cause

de leur inimitié. Toutefois le baron de Breteuil ne resta pas sans emploi et obtint l'ambassade de Naples. Il ne faisait que passer d'une légation à une autre, et il fut bientôt rappelé à celle de Vienne, à l'époque du congrès de Teschen (1778). Revenu en France, en 1783, il fut nommé ministre d'État, avec le ministère de la maison du roi et de Paris ; c'était le département des lettres de cachet et du cabinet noir.

On doit dire cependant que sous son administration le sort des prisonniers d'État fut amélioré, et qu'on commença à user à leur égard de quelque humanité. Mais, partisan extrême du pouvoir absolu, il ne recula jamais devant les mesures les plus arbitraires.

On raconte que, pour prévenir les. remontrances qu'on craignait de la part des parlements, au sujet de l'enregistrement des édits bursaux de Calonne, le baron de Breteuil envoya aux commandants de la province de Languedoc dix-huit cents lettres de cachet en blanc. On n'eut pas occasion de s'en servir. La mésintelligence s'étant mise entre Calonne et Breteuil , celui-ci donna sa démission , mais conserva toujours la confiance de Louis XVÏ.

Il s'opposa de tout son pouvoir à la convocation des états généraux. Lors des insurrections de 1789, il offrit à à la cour ses conseils, qui furent acceptés. Necker s'étant retiré, le baron de Breteuil fut mis à la tête d'un nouveau ministère, hostile à l'opinion publique, et qui, dans sa courte existence, vit tomber les remparts de la Bastille devant le peuple ae» Paris. Forcé de céder à l'orage, il donna sa démission et émigra à Soleure. Là il reçut les pouvoirs du roi pour traiter avec les puissances étrangères, et proposer en son nom toutes les mesures propres à rétablir l'autorité royale. Bertrand de Molleville l'accuse, clans ses Mémoires, d'avoir abusé de ces pouvoirs en en faisant usage après leur révocation. ' En 1792, il quitta complètement les affaires et se retira à Hambourg. Il ne rentra en France qu'en 1802 et mourut en 1807.

Bbétigny. village du département d'Eure-et-Loir, célèbre par le traité de

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