‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 6 sur 96 · VERS. BLA · texte numérisé non relu

VERS. BLA

parmi nos plus célèbres économistes.

M. Blanqui y a passé en revue tous les auteurs, tous les systèmes, et les a caractérisés de la manière la plus impartiale et la plus éclairée. C'est un travail qui suppose des lectures immenses, et qui résume, sous les plus vives couleurs, toutes les tentatives économiques qui se sont succédé en Europe depuis les anciens jusqu'à nos jours. Ce livre est devenu le guide obligé de tous les hommes qui étudient la science. M. Blanqui n'appartient à aucune école exclusive; il semble vouloir faire entrer l'économie politique dans une voie nouvelle , en la dépouillant du matérialisme industriel des Anglais et des rêveries de l'école allemande. C'est un homme essentiellement pratique. Depuis qu'il a été admis au sein de l'Institut, l'Académie des sciences morales l'a chargé de deux missions importantes, l'une en Corse , l'autre en Afrique. Les rapports qu'il a présentés a son retour sur ces deux contrées si intéressantes aux yeux de l'économiste, ont produit une grande sensation. L'auteur les y a peintes dans leur simplicité native avec une rare vigueur de style, sans exagération ni faiblesse. Le gouvernement a répondu à ses indications par le vote de crédits considérables en faveur de la Corse. On se souvient encore de l'impression générale qui a suivi le rapport de M. Blanqui sur notre colonie africaine. Ce fut comme une soudaine révélation du triste état dens lequel se trouvait notre armée, des souffrances qu'elle endurait, des illusions qu'on avait trop longtemps caressées. La fermeté de l'économiste, la justesse de ses vues, l'impartialité de ses jugements n'ont pas peu contribué a éclairer l'opinion sur cette grave question.

M. Blanqui a lu à l'Académie, dans la séance publique du 2 mai 1840, une notice biographique pleine de détails neufs et curieux sur le célèbre économiste-ministre Huskisson. Ce savant peut être considéré aujourd'hui comme le chef de l'école économique en France.

Blabu, terre et seigneurie de Nor-

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m a n d i e , à treize kilomètres nord-ouest de Mantes, érigée en marquisat eu 1661; elle fait aujourd'hui partie du département de Seine-et-Oise.

Blason. — La chevalerie a produit son art et sa science, le blason, qui est devenu une langue si féconde , si pleine de loyauté et d'amour, si riche de mystérieux symboles, où se jouait l'imagination enfantine et profonde de la noblesse féodale. On l'importa en Angleterre, on l'imita en Italie, on ne le connut point en Espagne; mais il prit un grand développement en France et en Allemagne , car, dans ces deux pays, la féodalité s'est trouvée sur son sol natal , et y a produit tous ses fruits. « Le blason , dit Meuestrier, est une espèce d'encyclopédie : il a sa théologie , sa philosophie , sa géographie, sa jurisprudence, sa géométrie, son arithmétique, son histoire et sa grammaire. La première explique ses mystères ; la seconde explique les propriétés de ses figures; la troisième assigne les pays d'où les familles tirent leur origine, ceux qu'elles habitent, et ceux où leurs diverses branches se sont étendues; la quatrième explique les droits du blason pour les brisures, les litres, la position des armes aux lieux publics a l'occasion des patronages; la cinquième considère les figures et leur assiette; la sixième en examine le nombre; la septième en donne les causes , et la dernière explique tous les termes et découvre leurs origines (*). »

L'étymologie la plus vraisemblable du mot blason le fait dériver de l'allemand 6/a«en(sonnerducor), parceque, suivant le P. Menestrier , c'était au son du cor que le page ou l'écuyer d'un chevalier signalait son arrivée dans un tournoi. A cet appel , les hérauts allaient reconnaître les armes du nouveau venu , et l'introduisaient dans l'enceinte en proclamant ou blasonnant la forme et la qualité de ses armoiries. Il est assez diflicile de déterminer d'une manière précise l'épo-

(*) Meaestrier, l'Art du Masou , ch. xitr, p. 3a9.

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que de la création des armoiries. On ne peut chercher leur origine dans les signes isolés et variables au gré dei individus qu'affectaient de porter les guerriers anciens et les chefs barbares. Elles diffèrent en effet essentiellement de ces signes , par les règles certaines et constantes qui servent à les déterminer, et surtout par leur transmission héréditaire dans les familles. C'est au temps des premières croisades que l'opinion la plus vraisemblable fait remonter l'origine des distinctions héraldiques. C'est en effet à cette époque que remontent les plus anciens monuments auxquels on puisse appliquer avec certitude la science du blason. Trois cléments essentiels servent à constituer cette science : ce sont 1° l'écu, 2° les émaux, 3r les pièces et les meubles. C'est de la diversité des formes que subissent ces éléments, du rôle plus ou moins caractéristique qu'ils affectent dans l'ensemble des armoiries, que résultent la configuration et le sens total du blason. Nous ne pouvons faire connaître ici les variétés innombrables dont sont susceptibles les signes héraldiques ; nous nous contenterons d'exposer sommairement le caractère spécial de leurs trois éléments constitutifs.

L'écu , qui est le champ des armoiries , affecte le plus souvent la forme d'un carré long, terminé par une pointe peu saillante à sa partie inférieure.

Les écus sans pointe , ou tout à fait carrés , qu'on appelle écus en bannière, sont fort rares. On désigne sous le nom d'écu d'attente , l'écu non chargé d'émaux ou de meubles. Trois parties doivent être distinguées dans l'écu : le haut ou le chef, le milieu ou le centre, et le bas ou la pointe. Il se subdivise encore en quatre parties ou partitions, que les vieux armoriaux appellent les quatre coups guerriers, savoir : le parti, qui coupe l'écu horizontalement en deux parties égales ; le coupé, qui le scinde verticalement; le tranché et le taillé , qui le traversent de lignes diagonales menées de droite à gauche et de gauche à droite. Cette division ou partition de l'écu

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