‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 58 sur 96 · CE. BRI · texte numérisé non relu

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expédiées qu'ils pouvaient exercer un commandement sur les troupes.

Tous les mestres de camp commandants, tous les mestres de camp en second, tous les colonels, tous les lieutenants-colonels et tous les majors pouvaient prétendre au titre de brigadier des armées du roi.

Ce grade a existé jusqu'en 1788. 11 devint inutile dès que les maréchaux de camp furent attachés d'une manière permanente aux brigades , comme les lieutenants généraux l'étaient aux divisions. C'est le dernier maréchal de Broglie , créateur de la division dans l'année française, qui, par ses conseils, amena ce changement dans les attributions des différents grades. Quelques écrivains ont dit que le grade de brigadier était un grade équivoque, à cause des doubles fonctions qu'ils exercèrent pendant longtemps; ces écrivains ont eu raison , car les mestres de camp , colonels , lieutenants-colonels et majors étant brigadiers, sans cesser d'appartenir à leur régiment , il arrivait souvent que l'officier qui avait exercé ces fonctions en campagne, se retrouvait à la paix sous les ordres de celui qu'il avait commandé pendant la guerre. On fit donc sagement de supprimer ce grade.

Quant aux chefs de brigade des çar»

des du corps, de l'artillerie, du génie et des carabiniers, ils avaient des fonctions toutes particulières , et leur autorité ne s'étendait pas au delà des corps auxquels ils appartenaient.

Il y avait encore les brigadiers basofficiers, qui remplissaient dans la cavalerie des fonctions analogues à celles des caporaux dans l'infanterie. Ce grade existe encore de nos jours. 11 est en usage dans la cavalerie et dans l'artillerie.

Brigand, Bbigandine. — La brigandine était une armure légère faite de lames de fer jointes ensemble , et

3ui tenait lieu de cuirasse aux hommes e pied. On appelait de son nom, brigands, les soldats qui la portaient.

Les brigands que la ville de Paris soudoya en 1356, pendant la captivité du roi Jean, ayant commis une infinité

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de vols et d'assassinats , le nom qu'ils avaient porté devint d'abord une injure | et , depuis , on continua de le donner aux larrons et aux meurtriers.

Brigands de la Loibe. — Dénomination odieuse dont quelques Français , ennemis de la révolution et de r empire, ont voulu flétrir les débris de la vieille armée, retirée derrière la Loire en vertu de l'armistice signé sous les murs de Paris le 3 juillet 1815.

Baignais. — Petite ville du département du Rhône , à dix kilomètres de Lyon, où se livra , en 13G1 , la bataille de ce nom. — La population de cette ville est aujourd'hui de mille six cents habitants.

Brignais (Bataille de), dite des Tard-Venus. Une bande fort nombreuse d'aventuriers , connue sous le nom de grande compagnie ( voyez ce mot) , s était formée dans la Bourgogne. Après avoir ravagé cette province, elle résolut d'aller arracher au pape de l'argent et des indulgences; elle se mit en marche, sous la conduite d'un chevalier gascon , nommé Seguin de Battefol, et se dirigea sur Avignon, par Mâcon et le Forez. Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui se trouvait dans le Midi, résolut d'arrêter ces brigands. Il venait de consigner au gouverneur anglais, Jean Chandos , les provinces du Languedoc cédées par le traité de Brétignv, et il avait obtenu de cet officier l'assurance que la grande compagnie n'était point protégée par le roi d'Angleterre. II avait rassemblé un grand nombre de chevaliers d'Auvergne, de Limousin, de Provence , de Savoie et de Dauphiné , qui lui avaient promis de l'aider à délivrer sa sœur, la comtesse de Forez , des brigands qui ravageaient son pays. «Le 2 avril 1362, Jacques de Bourbon, comte de la Marche, fut averti que la grande compagnie s'était logée sur un monticule à deux lieues de Lyon , à une lieue de Brignais, château qu'elle avait pris d'assaut et qu'elle avait pillé la veille. Il chargea larchi prêtre Re^nault de Cervolles, le même qui avait récemment commandé une compagnie , d'aller le

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reconnaître. Celui-ci revint lui annon.

cer que, quoiqu'il n'eût vu que six ou huit mille combattants , il ne doutait pas qu'ils ne fussent quinze ou seize mille, et que les autres ne fussent cachés dans une vallée tout auprès. Il lui recommanda de chercher, avant de les attaquer , à leur faire abandonner leur monticule, dont la position était très-forte. « En nom de Dieu, nous les « irons combattre, » répondit le comte de la Marche , et il donna à l'ardu* prêtre lui-même l'ordre de commencer l'attaque à la tête de Pavant-garde.

L'archiprêtre s'avança avec beaucoup de bravoure ; mais , comme il l'avait annoncé, tandis que le corps qu'il attaquait, logé sur un monticule tout composé de cailloux roulés, l'accablait de pierres, il fut pris en flanc par un autre corps de même force qui débouchait de la vallée : il fut blessé et fait prisonnier, et les soldats qu'il menait au combat furent mis en fuite. Jacques de Bourbon, comte de la Marche, qui le suivait de près avec le corps de bataille, ne fut pas moins mal mené : il fut blessé dangereusement, ainsi que son fils ; le jeune comte de Forez, son neveu, armé chevalier pour cette bataille , fut tué ; le tuteur de celui-ci, Regnault de Forez, fut pris, aussi bien que le comte d'Usez, Robert de Beaujeu , Louis de Châlons et plus de cent chevaliers; le comte de la Marche et son fils moururent de deux blessures, à Lyon, où ils s'étaient fait transporter.

«Après leur victoire à Brignais, les brigands des compagnies demeurèrent maîtres du pays; n'ayant plus personne à redouter, ils se partagèrent, pour étendre plus loin leurs ravages, lue moitié de la compagnie, sous les ordres de Seguin de Battefol , demeura sur la droite de la Saône , pillant et mettant à contribution le Méconnais, le Lyonnais , le Forez et le Beaujolais ; l'autre descendit le Rhône, surprit le pont Saint-Esprit et s'y fortifia, et de là courut tour à tour sur les deux rives du Rhône jusqu'aux portes d'Avignon et de Villeneuve (*). »

(*) Sisraondi , Histoire des Français , 1. 1»

Brignolles, ville de l'ancienne Provence, aujourd'hui chef-lieu de souspréfecture du département du Var , à cinq myriamètres de Marseille. — Dès le sixième siècle,. cette ville était trèsimportante. Les comtes de Provence y résidèrent souvent dans la suite, et les comtesses venaient y faire leurs couches , ce qui lui fit donner le nom de VÏUa puerorum. Son heureuse situation, la beauté de son climat en firent à partir du seizième siècle la seconde capitale de la Provence. Elle fut successivement prise par le connétable de Bourbon, par Charles-Quint et par le duc d'Épernoo.

Brignolles, dont la population s'élève aujourd'hui à six mille habitants, est la patrie de M. Raynouard, auteur tragique et savant philologue , et de Joseph Parrocel, peintre, graveur, et conseiller de l'Académie royale de peinture.

Brigode ( Louis -Marie- Joseph , comte de ), né à Lille en 1777, servit l'empereur avec dévouement jusqu'à l'époque de sa déchéance. En 1814, il prêta serment aii roi Louis XVIII , qui récompensa sa fidélité pendant les cent jours, en l'appelant, le 17 août 1815, à la chambre des pairs. Dans ce poste élevé, le comte de Brigode se montra le défenseur des libertés publiques. Mais ce qui honore surtout son caractère, c'est qu'il fut l'un des cinq membres de la chambre des pairs qui, dans le procès du maréchal Ney, refusèrent de se rendre complices des passions du gouvernement. Voyant

3u*on ne voulait pas de juges, il refusa e voter pour ne pas augmenter le nombre des bourreaux.

BBiniiÉGA (prise de). — Le duc de Vendôme, arrière-petit-fils de Henri IV, envoyé en Espagne par Louis XIV pour rétablir les affaires de Philippe V, avait ramené le roi à Madrid et chassé les Anglais , qui s'étaient retirés vers le Portugal. En 1710 , le général Stanhope s'était renfermé dans Brihuéga avec cinq mille des siens. Ce-

p. 5yl etsuiv. Voy. les articles Bandes militaires } Brabançons, Aventuriers.

pendant Staremberç approche pour les dégager. Il s'agit de les enlever d'un coup de main. Vendôme s'a percevant que ses troupes mollissent, monte lui-même à la brèche pour les ranimer. A ses côtés est le roi d'Espagne : « Sire , dit-il à Philippe en prenant un pistolet , ces gens-ci ont peur ; car s'ils avaient tiré juste , Fotre Majesté et moi nous aurions déjà été tués. » Son intrépidité rend le courage aux assaillants ; ils se précipitent avec fureur sur les assiégés, les poursuivent de rue en rue , et les forcent de se rendre. Cet important succès fut le prélude de la bataille de Villaviciosa, où Vendôme acheva d'affermir la couronne sur la tête de Philippe V.

Brillât Savarin (Anthelme), né à Belley, le rr avril 1755, est auteur de la Physiologie du août. Avant la

f publication de cet agréable ouvrage, où a grâce et l'esprit français se remarquent à chaque phrase, Brillât Savarin était un magistrat distingué, mais peu connu. Député aux états généraux de 1789, il n'y joua qu'un rôle fort secondaire; cependant sa conduite pure et honorable lui mérita d'être élu juge au tribunal de cassation, puis maire de Belley en 1793. Oblige de s'exiler pour échapper au tribunal révolutionnaire qui le poursuivait comme fédéraliste , il se retira d'abord en Suisse, puis aux États-Unis. Il revint en France en 1796, et rentra à la cour de cassation pendant le consulat. Dès lors il partagea sa vie entre les travaux sérieux de la magistrature et la composition de son ouvrage favori.

Indifférent aux révolutions politiques, il les accepta toutes, et aucune, comme on l'a dit fort spirituellement , ne troubla ses digestions. Son traité de la Physiologie du goût est un traité de gastronomie ; il contient une foule de réflexions plaisantes et spirituelles sur les plaisirs les plus délicats de la table , des préceptes sur la conduite à tenir à table, des règles pour préparer certains mets, des" recommandations pour épurer le goût , des anecdotes piquantes ; enfin toutes ces

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pages si diverses, alternativement graves et légères , sont écrites avec une élégance et une pureté de style que leur charme seul peut égaler.

Bbinon , ancienne seigneurie du Nivernais, aujourd'hui département de la Nièvre, à huit kilomètres de Clamecy , érigée en marquisat en

Bbinvilliebs, ancienne seigneurie, érigée en marquisat en 1660. Voyez Mottb (la).

Bbinvllliebs ( Marie-Margueri te de ) , fille de Dreux d'Aubrai , lieutenant civil , épousa de bonne heure le marquis de Brinviiliers, fils d'un président à la chambre des comptes , et mestre de camp du régiment de Normandie. Elle était de petite taille, jolie et très-gracieuse. Son mari ayant introduit dans sa maison un jeune et bel officier de cavalerie du régiment de Tracy , nommé Gaudin de Sainte- Croix , la marquise conçut pour lui la plus . violente passion. Leur intimité devint bientôt si scandaleuse, que son père, le lieutenant civil , fit enfermer cet aventurier à la Bastille , où il demeura près d'un an. Il sortit de prison , et continua de voir secrètement sa maîtresse, qui sembla changer de manière de vivre. Elle visitait les hôpitaux, et donnait des marques fréquentes de piété. Cependant, de concert avec son amant , elle méditait la plus affreuse vengeance. Pendant le séjour que Sainte-Croix avait fait à la Bastille , il avait appris d'un Italien nommé Exili , et connu à Rome par plus de cent cinquante empoisonnements , l'art de composer des poisons.

Bientôt sa maîtresse est initiée dans ces horribles secrets : elle en fait des essais sur les pauvres malades et répand la mort autour d'elle. Tous ces forfaits n'étaient qu'un prélude au parricide. Son vieux père et ses frères furent successivement frappés , de 1666 à 1670. On pense bien qu'elle n'épargna pas son mari; mais, chaque fois qu'elle lui versait du poison, Sainte-Croix, qui redoutait de s'unir à son infâme complice, administrait au malheureux un contre-poison, et ainsi ballotté entre la

vie et la mort, le marquis survécut à sa femme. D'abord on ignora l'auteur de ces crimes ; la mort de Sainte-Croix le fit découvrir. En travaillant à ses opérations infernales, il laissa tomber un masque de verre dont il se servait pour se garantir des vapeurs du poison, et mourut sur-le-champ. Le scellé ayant été apposé dans son appartement," la mar-

auise de Brinviiliers eut l'imprudence e réclamer une cassette dont le commissaire avait fait l'ouverture, et qui était pleine de lettres d'amour et de petits paquets de poison. Les soupçons excités par cette découverte furentconlirmés par les aveux que le domestique de Sainte-Croix fit dans les tortures de la question. La marquise fut condamnée par coutumace a avoir la tête tranchée. D'abord elle se sauva en Angleterre , et de là dans le pays de Liège, où elle fut arrêtée. On trouva dans ses papiers une confession générale écrite de sa main ; elle s'y accusait d'avoir perdu sa virginité à sept ans, et d'avoir brûlé une maison. Elle fut conduite à Paris, avoua tous ses crimes, et fut brûlée le 16 juillet 1676, après avoir eu la tête tranchée. Son supplice ne fit pas cesser dans Paris les empoisonnements , qui se multiplièrent d'une manière effrayante en 1677 et 1678, et déterminèrent l'établissement de la chambre ardente (voyez ce mot).

Bbioché (Jean), fameux arracheur de dents , fut le premier qui mit en vogue, a Paris, les marionnettes en plein vent. Ce fut vers 1650 qu'il ouvrit, aux foires Saint-Laurent et de Saint-Germain , sur le Pont-Neuf et sur les boulevards , son théâtre , où il faisait jouer ses petits acteurs avec une adresse merveilleuse. Après avoir longtemps amusé Paris et les provinces, il passa en Suisse , et donna de,c représentations à Soleure. Mais les braves spectateurs qu'il y rencontra , surpris, épouvantés par ta figure, les gestes et les discours de Polichinelle, tinrent conseil sur cet effroyable spectacle Après longue et mûre délibération Brioché, reconnu chef d'une troupe de diablotins, fut dénoncé et emprisonné.

On allait le juger comme magicien , quand il obtint son élargissement après avoir expliqué au magistrat le mécanisme de ses marionnettes. Son fils, François ou Fauchou Brioche, ne fut pas moins célèbre que lui dans son noble métier.

Briollay ou Bbiolb , ancienne seigneurie de l'Anjou ( aujourd'hui chef lieu de canton du département de Maine-et-Loire), à six kilomètresd' Angers. Le baron de Briollay était un des quatre vassaux de l'évéque d'Angers, qui étaient obligés de porter ce prélat le jour de son entrée solennelle dans sa ville épiscopale.

Brion , sergent au 14* de ligne, atteint, le 13 germinal an v, d'une balle dans la poitrine , mourut en refusant les soins de ses camarades : « La pa- « trie ne vous appelle pas , leur dit-il , « pour faire l'office des infirmiers ; bat- « tez l'ennemi , et je meurs content. »

Brionne i ville du département de l'Eure, à quatorze kilomètres sudouest de Rouen , était autrefois une place très-forte. On voit encore quelques restes de sa citadelle. C'est à Brionne que fut tenu, en 1040, un concile provincial , dans lequel on condamna la doctrine de Béranger.

Briord , ancienne seigneurie du Bugey ( aujourd'hui département de l'Ain ) , à douze kilomètres de Belley, érigée en comté en 1694.

Briot (Nicolas) , tailleur général des monnaies sous Louis XIII, est regardé , mais à tort, comme l'inventeur du balancier. Le balancier fut inventé par Brucher ( voyez ce nom ) sous le règne de Henri II , et appliqué dès lors à la fabrication des monnaies ; mais , en 1585, Henri III avait rétabli le monnayage au marteau , à cause de la cherté du premier. Mais le monnayage au marteau ne produisant que des monnaies imparfaites et très-inégales, les faux monnayeurs pouvaient trèsfacilement les imiter impunément. En 1615, Briot publia un livre sous le titre suivant : Raisons, moyens et propositions pour faire toutes les monnaies du royaume à l'avenir uniformes, et faire ces$er toutes falsifications , et

les mettre en ferme générale. II est probable que, dans ces projets, se trouvait le rétablissement du monnayage au balancier , et que c'est pour ce motif qu'on l'en a cru l'inventeur.

Briot n'ayant pu réussir à faire adopter en France ses idées, passa en Angleterre, où on les accepta. (Voyez Varin et Monnaies.)

Briot ( Pierre - Joseph ) , député au Conseil des Cinq -Cents, naquit, en 1771, à Orchamp en Franche-Comté.

Admis au barreau en 1789 , et nommé professeur de rhétorique en 1790, il s'enrôla, avec ses élèves, en 1792. De retour à Besançon , il s'y livra à la littérature politique , écrivit contre Marat et Robespierre , et fut député par les sociétés populaires du Doubs à la Convention nationale , où il parla avec courage (W93). Forcé de retourner à la profession des armes pour se soustraire aux dangers qui menaçaient les partisans de la Gironde , il devint aide de camp du général Réede , puis abandonna encore une fois la carrière militaire pour une place de secrétaire à l'agence de la manufacture d'horlogerie à Besançon , établissement dont cette ville lui est redevable en grande partie. Ce fut alors qu'il «ut une violente contestation avec Robespierre jeune , qui le dénonça. Atteint parla loi d'incarcération , il ne recouvra la liberté qu'après le 9 thermidor. Il fit alors une énergique opposition aux réacteurs , et fut emprisonné comme terroriste. Après avoir vainement réclamé des juges, il fut mis en liberté par ordre de la Convention, puis élu officier municipal de Besançon. Proscrit de nouveau , il se réfugia encore dans les camps, entra dans le 8e régiment de hussards, et assista à la célèbre retraite de Moreau, pendant laquelle il fut fait prisonnier. Étant parvenu à s'échapper, Briot fut nomme, par le Directoire, accusateur public près le tribunal criminel du Doubs, et devint , en l'an vi , membre du Conseil des Cinq-Cents , où il renforça le parti républicain. L'assemblée l'appela , peu de temps après , aux fonctions de secrétaire, pendant lesquelles il pronooça un discours fort

remarquable sur la nécessité de créer une commission spéciale pour les mesures législatives qui pourraient être utiles en cas de guerre. « Déjà , dit-il , « le cri de guerre se fait entendre. Les « ennemis ont prononcé ce mot. Eh « bien , nous acceptons la guerre ; « notre gloire, notre intérêt l'exigent, « et la liberté de l'Europe nous appelle « au champ du combat. Nos bras s'é- « nervent , nos finances s'épuisent , le « peuple est impatient de voir son sort « assuré. Il veut la paix ou la guerre, « parce que toute autre situation ne • sert qu'à prolonger ses maux , et à « lui rendre insupportable le fardeau « des contributions ; parce que dans « ses mains le bronze et l'airain accé- « lèrent la paix , bien plus que toutes « les ruses delà diplomatie.» Ce fut lui qui proposa d'assimiler atix émigrés les prêtres condamnés à la déportation, qui ne se présenteraient pas dans le délai d'un mois. Dans l'affaire des naufragés de Calais , il combattit fortement l'opinion de Duviquet, qui voulait qu'on appliquât à ces malheureux les peines contre les émigrés rentrés, et, en entraînant l'assemblée à son avis, il arracha soixante-deux personnes à une mort certaine. Plusieurs fois il attaqua vivement les dilapidateurs de la fortune publique; à la séance du 30 août, il fit un tableau, aussi vrai qu'affligeant, de la situation intérieure et extérieure de la république, dans un discours oui produisit une grande sensation. Plusieurs fois il dénonça le diplomate Talleyrand, et s'éleva contre les actes arbitraires du Directoire. Au 18 brumaire, Briot se fit remarquer parmi les membres les plus énergiques de l'opposition républicaine ; ce fut lui qui , au moment où Lucien Bonaparte, l'un des principaux conjurés, descendait de la tribune, après avoir renouvelé le serment à la constitution de Tan in , s'écria : Moniteur, écrivez. Il sortit l'un des derniers de la salle, avec huit de ses collègues, ayant, comme lui, le pistolet à la main. Briot ne fut point oublié

Sarmi les citoyens que l'inflexibilité e leur républicanisme avait désignés

aux rigueurs du parti victorieux. Il ne tarda, cependant pas à être affranchi de la surveillance de la police , et fut successivement appelé, par l'entremise de Lucien, aux fonctions de secrétaire général de la préfecture du Doubset de commissaire du gouvernement a l'Ile d'Elbe. Là, de violents démêlés s'élevèrent entre lui et le général Rusca, gouverneur de l'île, et il offrit plusieurs fois sa démission , que l'on refusa constamment. En 1806, il se rendit à Naples, où le roi Joseph le choisit pour être intendant des Abruzzes. Nommé ensuite au même poste dans la Calabre , il s'y distingua par une vigoureuse résistance, lors du débarquement des Anglais, en 1809 : ce qui le fit entrer au conseil d'État napolitain dès les premiers jours du règne de Joachim Murât. Celui-ci s'étant déclaré contre la France, Briot, toujours patriote, ne voulut plus continuer ses services auprès de lui, et revint dans son pays. Il y rejeta les offres de la restauration , et vécut depuis dans la retraite, exclusivement occupé d'agriculture et d'opérations industrielles. Il mourut à Auteuil en 1827, plus pauvre qu'à son entrée dans les fonctions publiques. On a de lui divers écrits politiques, et des traités élémentaires de littérature, et de législation.

Briot (Pierre-François) , frère du précédent , professeur d'anatomie à Besançon , est auteur d'une Histoire de F état et des progrès de la cliiruraie en France pendant les guêtres de la révolution, in-8°, 1817, ouvrase qui a été couronné , en 1815 , parla société médicale de Paris.

Bbiotet (Jacques) , né en Bourgogne , en 1746 , était premier chirurgien à l'Hôtel-Dieu , et directeur de Fhôpital Saint-Louis, à Paris, lorsqu'il fut appelé, en 1777, par le princeévêque Massalska , à l'université de Wilna. Il y contribua puissamment à l'organisation de la faculté de médecine, devenue depuis l'une des plus célèbres de l'Europe. Il ne cessa dans la suite de donner des preuves de ses talents , de son zèle, et de son attachement à la cause de 6a patrie adop-

ti>c. Atteint, en 1812, d'aliénation mentale , il mourut dans cet état , le 25 mai 1819.

Bbioude (Brlvas), ville de l'ancienne province d'Auverçne ( aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Haute-Loire), à trente kilomètres de Clermont.

L'origine de Brioude est fort ancienne; le corps de saint Julien, décapité sous l'empire de Maxime, y fut transporté en 303 , et Sidoine Apollinaire, qui écrivait au cinquième siècle, en fait mention dans une pièce de vers où il trace l'itinéraire qu'un de ses amis devait parcourir (*). Il paraît que cette ville était autrefois plus considérable qu'elle ne Test aujourd'hui. C'est ce mie démontrent évidemment ses fondations et les ruines nombreuses qu'on y découvre encore.

Brioude eut sa part des calamités qui si longtemps affligèrent la Gaule, lorsque les Francs la dominèrent. Elle fut assiégée , en 532 , par l'armée de Théodonc. Les habitants se réfugièrent dans l'église avec leurs effets les plus précieux, et en fermèrent les portes; mais un soldat détacha un des vitraux, entra, et ouvrit ce sanctuaire, où la troupe se livra aux désordres affreux qui avaient signalé partout son passage. Brioude souffrit une nouvelle invasion de la part des Bourguignons; la ville fut assiégée et prise, les habitants mis à mort ou faits prisonniers.

Les Sarrasins la prirent et la pillèrent en 732, et furent imités plus tard par les Normands. En 1179, pendant l'octave de Pâques, Héracle ou Héraclius, vicomte de Polignac, escorté d'une bande de seigneurs aventureux, tomba sur Brioude et sur Saint-Germain, prit , pilla , brûla cette ville et le bourç, et fit massacrer une partie des habitants. Deux ans après , le vicomte de Polignac ayant été excommunié, lit amende honorable devant l'église de Brioude; il institua, pour préserver 'église Saint-Julien et les pèlerins oui venaient de toutes parts honorer tes

(*) Hinc te suscipiet Bcnîgna Brivas Sancti quœ fovet ossa Juliaui.

reliques de ce saint, vingt-cinq chevaliers qu'il chargea de la défense de l'église. En 1361, un seigneur de Castelnau , qui prenait le titre de roi des compagnies, assiégea Brioude à la tête de trois mille hommes, s'empara de cette ville , la fortifia, en fit sa place d'armes , et ne consentit à s'en dessaisir et à porter en d'autres contrées l'effroi qui s'était attaché à son nom,

Îju'au prix de cent mille florins. Dans a suite, les habitants de Brioude furent longtemps en opposition avec les chanoines, oui s'obstinaient à leur refuser une cnarte de commune : une guerre et des procès continuels s'établirent entre eux ; aussi , lorsque les principes de la réformation de Luther eurent pénétré daus ce pays , les habitants les adoptèrent-ils avec empressement; ils s'assemblèrent en armes et menacèrent le chapitre , qui fut obligé de se réfucier dans la forteresse. Les réformés de la ville s'emparèrent de Brioude le 19 octobre 1583; mais la place fut bientôt reprise par les catholiques. Peu à peu cependant les chanoines firent des ligueurs de tous les citoyens.

Avant la révolution , Brioude était le chef-lieu d'une élection, et possédait une prévôté, une juridiction de iugcs-consuls et un bailliage. Sa population est maintenant de cinq mille quatre-vingt-dix-neuf habitants; elle possède des tribunaux de première instance et de commerce , et un collège communal. Elle est située sur la rive gauche de l'Allier. Sur la rive droite du fleuve, à une demi-lieue de distance, se trouve Brioude-la-t'ieille> dont la population est de onze cent cinquante-huit habitants.

Brioude (monnaies de). — Brioude posséda, pendant l'époque mérovingienne, un atelier monétaire assez important. L'on cite, parmi les pièces qui y furent frappées , de nombreux triensy dont les types sont trèsremarquables. Cet atelier et celui de Clermont sont les seuls qui aient produit des pièces où l'on trouve figuré un buste de profil avec la main droite élevée. On voit aussi sur quelques-

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unes de ces pièces, ce qui est fort rare dans la numismatique mérovingienne, des personnages debout. L'espace nous manque pour décrire toutes ces monnaies ; nous nous contenterons de dire qu'on en a déjà reconnu jusqu'à six variétés, qui toutes portent le nom de la ville , en deux lignes , dans le

champ *fj Elles ont été fabriquées

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