‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 60 sur 96 · VERS. BRI · texte numérisé non relu

VERS. BRI

« Je voudrais être Brissac , si je n'étais dauphin. » Le compliment ne serait plus guère de mise aujourd'hui.

En 1543, il donna en Flandre de nouvelles preuves de son talent militaire, et particulièrement de son courage personnel. En 1544, il lutta, avec deux mille hommes, dans le Perthois, contre un corps de quatorze mille Impériaux. Il battit les Anglais près de Boulogne, en 1545, et les força à conclure la paix avec la France. Il fut nommé grand maître de l'artillerie en 1547; enfin maréchal de France en 1550. Dans les années suivantes, Brissac, par une série de batailles , de sièges heureusement conduits, de manœuvres hardies , de négociations , s'empara de tout le Piémont : il se proposait de pousser plus loin ; et il n'y avait guère d'obstacles qui pussent l'empêcher de pénétrer jusqu'au cœur de l'Italie , lorsqu'il apprit la défaite des Français à Saint-Quentin, et reçut l'ordre 'de faire partir cinq mille Suisses de son armée , quatre compagnies de gendarmes , et autant de cavalerie légère, et de se tenir sur la défensive. On le trouve , en 1559, gouvernant la Picardie et rétablissant la discipline dans une armée mal nourrie, mal vêtue et non payée, par la fermeté de son caractère , par le sacrifice d'une partie de sa fortune, et par les secours en argent que lui prêtèrent les Suisses. Il mourut en 1563, et ne prit part à la guerre civile que par les efforts tout pacifiques qu'il fit, et avec succès, pour maintenir le calme dans Paris , dont il fut aussi gouverneur. Outre les dons de l'esprit, la nature avait libéralement départi à Brissac d'autres qualités ui ne sont jamais nuisibles , et qui , ans un siècle galant et corrompu, étaient d'un effet assuré. Il était un des plus agréables cavaliers de France; et on l'appelait communément le beau Brissac. On dit même que l'intérêt tout particulier que lui portait Diane de Poitiers ne fut pas étranger à son avancement dans l'armée ; et il n'y aurait rien d'étonnant à ce que la voix d'une telle solliciteuse eut fait

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plus d'impression sur l'esprit de Henri II que vingt actions d'éclat qui avaient marqué la carrière de Brissac , avant qu'il obtint le bâton de maréchal.

Arthus de Cossé , frère du précédent, fut aussi un capitaine distingué.

Il signala son courage et son dévouement au roi dans les diverses campagnes de 1551 à 1567, et reçut de Charles IX le bâton de maréchal de France. Détenu pendant dix-sept mois à la Bastille par ordre de Catherine de Médicis, sur le soupçon d'avoir pris parti pour le duc d'Alençon, il recouvra sa liberté sous Henri III , et mourut en 1582.

Timoléon de Cossé, dit le comte de Brissac , fils de Charles , avait déjà mérité par sa valeur les plus hautes distinctions militaires , lorsqu'il fut tué à vingt-cinq ou vingt-six ans, en 1569, au siège de Mucidan en Périgord.

Charles II de Cossé , son frère, servit en Piémont lors de la conquête faite par son père : il resta dans ce pays jusqu'à l'évacuation en 1574. Il avait été nommé grand fauconnier à la mort du maréchal. Il s'embarqua sur la Hotte de Strozzi , dans l'expédition des Açores en 1582 , et ramena les débris de la flotte , après la défaite. Il prit une part active dans la lutte du roi contre les Seize; puis il abandonna le parti royal, et accepta de Mayenne le gouvernement du Poitou, de la Rochelle, etc. En 1594, il était gouverneur de Paris pour la ligue, avec le titre de maréchal , et ce fut lui qui, l'année suivante, en remit les clefs à Henri IV. Henri IV lui conserva ses titres et honneurs militaires , et l'employa dans diverses affaires importantes. En 1611, il fut créé duc et pair, et montra quelque talent diplomatique dans les circonstances qui suivirent, et notamment à rassemblée des grands du royaume, en 1617. Il mourut en 1621, au siège de Saint-Jean-d'Angély.

Jean-Paul- Timolémi de Cossé , né en 1698 , soutint glorieusement le nom de ses ancêtres. Il servit d'abord

sur les galères de Malte en 1714 , se signala au siège de Corfou et dans différentes actions contre les Turcs.

Créé mestre de camp à son retour en France, il fut élevé, en 1768, à la dignité de maréchal de France, et mourut en 1784.

Son fils aîné, Louis-Joseph- Timoléon , duc de Cossé , fut tué à la bataille de Rosbach , en 1757, sans laisser de postérité.

Louis-Hercule- Timoléon de Cossé- BrissaCy pair et grand pannetier de France, gouverneur de Paris, capitaine-colonel des cent-suisses de la arde du roi et chevalier de ses orres, né le 14 février 1734, fut nommé, en 1791 , commandant général de la garde constitutionnelle du roi. Décrété d'accusation , lors du licenciement de ce corps, en 1792, il fut d'abord transfère à Orléans, puis à Versailles, où il fut massacré dans les premiers jours de septembre, avec les autres prisonniers.

Timoléon de Cossé- Brissac , de la même famille que les précédents , fut d'abord chambellan de Madame, mère de l'empereur , puis préfet de Ma»

rengo, en 1809, et duDoubs, en 1812.

Il adhéra un des premiers à la déchéance de Napoléon , en 1814. Appelé alors à la chambre des pairs, il n'en fit point partie pendant les cent jours, mais il fut réintégré à la seconde restauration. Depuis, il a constamment voté avec le parti de la cour et de l'ancien régime.

Bhisseau (Pierre) , médecin, né à Paris en 1631, mort à Douai en 1717, a laissé plusieurs ouvrages, entre autres un Traité de la cataracte et du gleucoma, Paris, 1709, in-12; traduit en allemand, Berlin, 1743, in-8°. Cet écrit, dans lequel il établit que le siège de la cataracte est dans le cristallin, et que la faculté refusa d'approuver, est de deux ans antérieur à celui d'Antoine Maître-Jean, auquel on rapporte cette découverte.

Brisson (Barnabé), né en 1531, se livra à l'étude de la jurisprudence, et s'y distingua de bonne heure. Henri III disait de lui « qu'il n'y avoit aucun

« prince de l'Europe qui pût se vanter ne l'éeouta pas. Voyant qu'il fallait

« d'avoir un homme aussi savant que mourir, il s'écria : « ODieu, que tes

« son Brisson. » Avocat général au jugements sont grands! » Il lui prit

parlement de Paris en 1575, président une telle sueur entre les mains du

a mortier en 1583, il fut bientôt après bourreau, qu'on vit l'eau dégoutter de

nommé conseiller par Henri III , qui sa chemise comme si on l'eût trempée

lui confia plusieurs négociations im- dans l'eau. Le lendemain , son corps

portantes , et l'envoya en ambassade fut pendu à la Grève, avec un écriteau

en Angleterre. A son retour, il fut portant : Barnabé Brisson , chef des

chargé de recueillir et mettre en or- hérétiques et des politiques. Le duc

dre les ordonnances rendues sous le de Mayenne vengea sa mort, et lit

règne de Henri III , ainsi que celles pendre quatre des Seize qui l'avaient

des prédécesseurs de ce prince. Ce re- ordonnée.

cueii, connu sous le nom de Code de Le président de Thou dit que quel- Henri III , fut achevé en trois mois , au es personnes furent touchées de la et mérita à son éditeur de grands élo- fin malheureuse de Brisson, mais que ges. Brisson fut encore président de suivant quelques autres la république la commission établie sous le nom de des lettres y avait plus perdu que l'État. chambre royale, pour faire le procès Mezerai lui reproche d'avoir voulu naaux partisans qui avaient tant contri- ger entre deux partis. Toutefois si les bné à ruiner la France. Lorsque plus auteurs varient dans leur opinion sur tard, par suite de la journée des Bar- sa conduite politique, tous conviennent ricades ( 12 mai 1588), le roi sortit de de ses talents et de sa science. En effet, Paris , et convoqua le parlement à il joignait au plus haut 'degré la Tours, Barnabé Brisson fut du nom- connaissance du droit à celle des litbre des membres qui ne voulurent pas tératures anciennes et de l'histoire, obéir à l'édit qui transférait le parle- Aujourd'hui , son érudition nous pâment, et restèrent à Paris. La ligue le raît fréquemment indigeste, et incomnomma premier président à la place plète en bien des points. Toutefois, d'Achille de Harlay, prisonnier à la son ouvrage De regio Persarum vrin- Bastille. La conduite de Brisson en cipatu est encore consulté avec fruit, cette occasion a été diversement inter- ainsi que son Dictionnaire de droit prêtée. On prétend qu'il protesta se- romain. Quant à son traité De Forcrètement devant deux notaires, con- mulis, etc., qui a eu pendant longue tout ce qu'il pourrait faire de pré- temps assez d'autorité dans la science, judiciable aux intérêts du roi, déclarant il est devenu bien défectueux, surtout qu'il ne cédait qu'à la force, et pour depuis la découverte des Institutesde sauver sa vie et celle de sa femme. Gaius. Déjà même de son temps , Cu- On l'accusa , d'un autre côté , d'avoir jas n'en jugeait pas très-favorablecontribué à ta captivité d'Achille de ment; car il disait de Brisson : Duos Harlay, qui l'appelait Barrabas, au infelicissimos ertidit portas , Formuheu de Barnabas ou Barnabé. Quoi las et filium majorent, et il l'appelait qu'il en soit , le parti qu'il avait em- ironiquement Praesidem Formulabrassé le conduisit à sa perte. Il de- rium.

vint suspect aux Seize , qui résolurent Bbtsson (Barnabé) , inspecteur di-

de se débarrasser de lui, ainsi que de visionnaire des ponts et chaussées,

deux autres magistrats , T -archer et né à Lyon , en 1777 , a attaché son

Tardif. Le 15 novembre 1591 , en al- nom à un grand nombre d'œuvres

lant au Palais , il fut arrêté à neuf utiles , mais s'est surtout distingué

heures du matin, confessé à dix, pendu par ses travaux sur l'art d'exécuter

à onze, à une poutre de la chambre les canaux de navigation. Attaché, en

du conseil. Brisson avait demandé 1802 , sous la direction de M. Liard,

u'on lui laissât achever en prison un au canal Monsieur, et deux ans après,

ses ouvrages, déjà fort avancé; on sous celle de M. Payant, au canal de

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