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Saint-Quentin, il s'occupa sur l'un et sur l'autre de ces canaux, des travaux du bief de partage , et déploya des ressources peu communes. Devenu ingénieur en chef, il prit , en 1809 , la direction de l'Escaut, qui faisait alors partie de la France. Dans l'espace de quatre ans il exécuta avec succès des travaux immenses d'un genre nouveau , à l'aide desquels il parvint à maîtriser les efforts de l'Océan, et dont le pays gardera le souvenir. La ville de Chinons lui doit la construction de son grand pont sur la Marne.
M. Becquey , directeur général des ponts et chaussées , pensa que c'était au centre même de l'administration qu'il fallait placer un homme dont les connaissances étaient si variées et si étendues. Il le chargea d'abord des études d'un canal de Paris à Tours et à Nantes , puis il le nomma successivement professeur de construction à l'école des ponts et chaussées, inspecteur de cette école , et secrétaire du conseil général d'administration. En 1824 , M. Brisson fut élevé au grade d'inspecteur divisionnaire. Il fut enlevé par une mort précoce , le 25 septembre 1828, au moment où peutêtre l'Académie des sciences allait l'appeler dans son sein. En 1829 , on a publié : Essai d'un système général de navigation intérieure de la France , par B. Brisson , précédé d'un Essai sur Vart de projeter les canaux à point de partage, par Dupuis de Forcy et B- Brisson, 1 vol.
in-4°; ces deux mémoires avaient été approuvés par l'Institut, le premier en 1827, et le second en 1802. Un des ouvrages qui lui font le plus d'honneur est son Essai sur l'art de projeter les canaux de navigation.
Bbisson (Marcou) exerça d'abord quelques fonctions municipales , et tut député en 1791, à l'Assemblée législative. En 1792 , il fut réélu à la Convention nationale , et son nom figure parmi ceux qui votèrent la mort de Louis XVI. La session terminée, Brisson obtint la place de commissaire du Directoire dans son département ; il occupa ensuite celle de juge
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au tribunal de Blois, où il est mort en
Bbisson (Mathurin -Jacques), naturaliste, né à Fontenay- le -Comte, en 1723, mort en 1806. Il entra à l'Académie des sciences en 1759, et fut plus tard membre de l'Institut. Parmi un grand nombre d'ouvrages que les progrès des sciences physiques ont fait oublier depuis , on distingue son Ornitfwlogie , Paris, 1760, 6 vol. in-4.°; son tableau des Pesanteurs spécifiques y 1787, in-4°^ etc.
Bbisson (Pierre) , fusilier a la 66e demi-brigade, né à Foudron (Marne), désarma plusieurs soldats mayençais à l'affaire d'Offenbach , près Francfort, le 21 messidor an VIII. Ce brave, après avoir combattu pendant toute la journée avec un courage héroïque, fut mortellement frappe d'une balle au moment où \ action allait cesser.
Bbisson ( Pierre - Raymond de ), voyageur, né à Moissac , en 1745, entra dans l'administration de la marine , et remplit les fonctions de garde-magasin au Sénégal , après que l'escadre commandée par le marquis de Vaudreuil se fut emparée de ce pays, en 1779. Ce qui a surtout fixé l'attention sur lui , c'est le naufrage qu'il fit, en 1785, sur la côte d'Afrique, et dont il a donné lui-même une relation curieuse sous ce titre : Histoire du naufrage et de la captivité de M. de Brisson, avec la description des déserts d'Afrique depuis le Sénégal jusqu'à Maroc y Genève et Paris, 1789, in-8°.
Il revenait de la France , où il était allé passer quelque" temps en congé; le navire qu'il montait , entraîné par les torrents , fut jeté au rivage un peu au-dessus du cap Blanc. Les naufragés tombèrent dans les mains des Maures Ledbessebas , qui les emmenèrent en captivité, les accablèrent de mauvais traitements et se les partagèrent.
M. de Brisson eut particulièrement à souffrir : il fut chargé de garder les troupeaux, et employé à toutes sortes de travaux ; son maître le louait quelquefois à d'autres pour une ration dé lait. Un juif qui passait lui ayant pro-
curé du papier , de l'encre et une plume , il écrivit une lettre portant cette adresse : Au consul de France ou à tout autre chrétien demeurant à Mogador, ville du royaume de Maroc; il y exposait les malheurs des naufragés et indiquait le moyen de les délivrer. Ce moyen ne lûi réussit pas; mais il eut le bonheur d'être vendu au beau-frère de son maître qui partait pour le Maroc. Après soixante-six jours de marche, la petite caravane atteignit Mogador, où M. de Brisson fut accueilli comme un frère par MM. Duprat et Chabannes. De tous ses compagnons de voyage un seul , le cuisinier du navire , avait survécu aux tourments de l'esclavage et était revenu avec lui. Après un voyage à Maroc, où il fut présenté à l'empereur, qui lui rendit la liberté , Brisson retourna à Mogador, s'y embarqua pour Cadix, et de là regagna la France.
Pendant la révolution, ses principes le forcèrent de se démettre des fonctions de sous-cominissaire de marine qu'il exerçait à Bayonne. Sorti du service en 1798, il mourut à Moissac, sa ville natale, vers 1820.
Ce qui donne plus d'importance à son ouvrage , c'est qu'il a vécu dans des lieux et avec des hommes généralement peu connus. D'après une carte de 1 Afrique septentrionale dressée par la Borde , et sur laquelle la route de Brisson est ma rouée, on voit que ce voyageur fut conduit dans un canton éloigné de soixante-dix myriamètres au sud-est du cap Blanc, et situé sous le 13e méridien a l'ouest de Paris. Il a dépeint avec de grands détails les mœurs des Maures du Sahara, dont il est porté, par le souvenir de ses douleurs , à exagérer les vices, mais qu'il a profondément étudiés.
Plusieurs auteurs ont fait des emprunts au tableau qu'il en a tracé.
BrisSot ( Jacques - Pierre ). — Le temps est venu de juger sans haine et sans crainte les partis qui ont traversé la révolution. Kous ne pouvons accepter , sans les reviser , les arrêts que chacun de ces partis a portés contre ses adversaires : le calme est
venu, les passions ne sont plus en pré* sence et ne se défient plus jusque sur l'échafaud ; il est possible maintenant de rechercher, parmi les hommes qui ont joué un rôle dans ces scènes sanglantes , quels furent ceux qui comprirent le mieux les besoins et les ressources de la France. Le parti girondin est un de ceux qui méritent surtout d'être étudiés. Les girondins, tous nés dans la classe bourgeoise, furent, au commencement de la révolution, les plus audacieux réformateurs. Le parti populaire n'était pas encore formé ; le peuple, dont on par- Jait tant, ne comptait encore que comme force numérique. Les girondins furent donc les premiers adversaires de l'aristocratie ; ils se mêlèrent au peuple, dont ils ne connaissaient pas l'énergie, et voulurent s'en servir comme d un moyen révolutionnaire.
L'arme était à deux tranchants : elle les tua en frappant la noblesse. Jusqu'après les événements qui suivirent le 10 août, on voit toujours les girondins à la tête des insurrections populaires ; sans cesse on les voit accuser la royauté; ils parviennent enfin à la renverser, et aussitôt , comme stupéfaits de leur victoire, ils reculent et n'osent point achever leur œuvre; ils voulaient sincèrement la république, ils parviennent à l'établir, et ensuite ils n'osentpas vouloir les mesures qui peuvent seules la sauver; ils oublient leurs applaudissements frénétiques aux premières vengeances populaires; ils révent une république qui puisse assurer à ses enfants la liberté et l'égalité, et quand ils l'ont établie, ils ne savent pas la défendre contre les éternels ennemis de ces deux principes. Effrayés de l'audace de la Montagne,
3ui, pour arriver à son but, ne recule evant aucune mesure, ils voient partout des dictateurs , des agents de l'Angleterre ; ils dénoncent sans preuves , ils insultent sans ménagements; puis, entraînés par cette funeste pensée que Paris est un obstacle à leurs projets, ils conçoivent un moyen de salut, qui est une flagrante trahison : ils veulent diviser en républiques fédérées U
France qui ne peut avoir de force que par l'unité. Après avoir reçu du peuple le mandat de donner à la nation une constitution républicaine et de lui assurer la paix en la délivrant à tout prix de la guerre civile ; après avoir voté la peine de mort contre les émisés, ils n'Hésitent pas à s'allier avec es royalistes et les étrangers , à souever plusieurs départements contre la Convention. Voila les fautes des Girondins, disons-le, voilà leurs crimes; tout le talent dont ils firent preuve, ne saurait les absoudre.
Brissot fut l'un des chefs du parti girondin. Né à Ouarville, près de Chartres, en 1764 , il embrassa d'abord la carrière du barreau; mais il l'abandonna bientôt pour la littérature. La théorie del lois criminelles, qu'il publia en 1780 , 2 vol. in-8°, le mit au rang des criminalistes les plus distingués de l'époque. De 1782 à 1786, il lit paraître les 10 vol. de la Bibliothèque philosophique du législateur, du politique, au jurisconsulte , sur les lois criminelles. Il se rendit ensuite en Angleterre , où il publia de nouveaux ouvrages. A son retour en France, le ministère, auquel son zèle infatigable pour la cause de l'humanité l'avait rendu odieux, lui attribua quelques pamphlets anonymes qui n'étaient pas de lui , et le ut enfermer à b Bastille. Rendu à la liberté quelque temps après, mais sous la condition qu'il renoncerait à la publication de son Journal des lycées de Londres, il publia, en 1785 , à l'occasion des troubles de la Valachie , ses deux Lettres à Joseph II, sur le droit d'émigration et sur le droit d'insurrection. Il fit ensuite paraître un livre intitulé : de la France et des États-Unis , ou de V importance de la révolution de l'Amérique pour le bonheur de la France, • vol. in-8°, 1787. Ennemi irréconciliable de toute aristocratie, il fut un des fondateurs de la Société des amis des noirs. Mais un nouveau pamphlet qu'on lui attribua encore, et dont Clayière fut depuis signalé comme le véritable auteur, fit alors lancer contre lui une seconde lettre de cachet.
T. m. J6* Livraison. (Dict. enci
Prévenu à tempe, il se réfugia en Angleterre, d'où il se retira ensuite aux Etats-Unis. La révolution française le rappela en Europe. Il adressa alors à l'Assemblée constituante un plan de conduite pour les députés du peuple, et publia un journal intitulé le Patriote français. Nommé bientôt après l'un des membres du premier conseil municipal de Paris , il fut chargé par ce corps d'aller, après le 14 juillet, recevoir des mains des vainqueurs de la Bastille les clefs de cette prison d'État. Nommé à l'Assemblée législative par les électeurs de Paris , il y siégea à l'extrême gauche, et se fit remarquer parmi les plus ardents adversaires de la cour. Dans la question de l'émigration , il distingua ceux qui désertaient le solde la patrie pour aller grossir le nombre de ses ennemis extérieurs, de ceux qui allaient chercher à l'étranger une existence paisible, gue les orages de la révolution leur faisaient craindre de ne pouvoir trouver en France. Inflexible à l'égard des ^premiers , il réclama surtout des mesures vigoureuses contre leurs chefs.
« La constitution est achevée , s'écria- « t-il ; nous avons tous juré de la « maintenir : les chefs des rebelles « doivent donc aussi s'agenouiller de- « vant elle, ou ils doivent être à ja- « mais proscrits. Tout milieu serait « un parjure, toute mollesse un crime, « car vous avez juré la constitution « ou la mort. >• Et comme on lui avait opposé des considérations d'État dans lesquelles il ne voyait que des considérations de famille , il ajouta : « Le « roi d'un peuple libre n'a point de «famille, ou plutôt sa première fa- <• mille est le peuple entier. » Quant aux émigrants sans vues d'hostilité, il leur reconnut le droit d'aller s'établir dans le pays dont la constitution * leur conviendrait le mieux. Son discours fut couvert d'acclamations presque unanimes, et quand il fut descendu de la tribune , une immense majorité en vota l'impression , et les mesures qui s'y trouvaient proposées contre l'émigration armée turent en partie adoptées. Le 20 avril 1702, la
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Gironde, imprévoyante , exigea et obtint du roi une déclaration de guerre contre le roi de Hongrie et de Bohême. Brissot, persuadé qu'il était de l'intérêt et de la dignité de la France d'appeler solennellement sur les champs de bataille les ennemis secrets de sa révolution , insista vivement sur la nécessité de cette mesure. Ce fut ainsi que la Gironde lança la France, malgré l'opposition des jacobins, dans une guerre qu'elle se montra si incapable déterminer. Au mois de juillet suivant, il prononça, sur les dangers de la patrie, un discours qui ne fut pas accueilli avec moins d'enthousiasme que celui qui était relatif à l'émigration.
Cependant, depuis les événements du 20 juin, le mot de déchéance se trouvait dans toutes les bouches; la majorité de l'Assemblée législative était convaincue que Louis XVI ne pouvait régner avec la constitution, et que la constitution ne pouvait subsister avec Louis XVI. Brissot crut néanmoins
3ue le moment n'était pas encore venu e faire descendre du trône constitutionnel un monarque qui le laissait sourdement miner pour recouvrer un jour , sur ses ruines , le pouvoir absolu. L'opinion qu'il développa à ce sujet dans la séance du 26 juillet provoqua l'étonnement et l'exposa , pour la première fois, aux murmures et à l'improbation des tribunes publiques; toutefois il prit une part active aux événements au 10 août et, après cette journée, ce fut lui qui rédigea la déclaration adressée par l'Assemblée aux puissances étrangères. Nommé -député à la Convention par le département d'Eure-et-Loir , il y fit , au nom du comité de sûreté générale, plusieurs rapports sur les dispositions des puissances étrangères à l'égard de la France, et ce fiit sur ses conclusions que la guerre fut déclarée , le 1er février 1793 , à l'Angleterre et au stathouder de Hollande. Dans le procès de Louis XVI, il vota pour le renvoi aux assemblées primaires. Il était alors l'un des chefs du parti de la Gironde. Le récit de la lutte qui s'établit alors entre ce parti et la Monta-
gne trouvera sa place ailleurs. (Voy.
Convention , Girondins, Montagnards, Trente et un mai [journée du]). Disons seulement que c'est surtout à Brissot que s'attacha la haine populaire qui ne tarda pas à s'élever contre les girondins , désignés alors sous le nom de brissotins. Le 31 mai, trentetroissectionsdeParisvinrentdemander à l'Assemblée l'expulsion de vingt-deux députés, en téte desquels se trouvait Brissot. Deux jours après , l'Assemblée prononça contre ces députés un décret d'arrestation auquel Brissot se soumit d'abord. Cependant , il céda ensuite aux conseils de l'amitié et voulut se réfugier en Suisse ; mais il fut arrêté à Moulins , et traduit en octobre devant le tribunal révolutionnaire. La perspective de l'échafaud n'altéra point son courage. Il se défendit avec calme et mourut avec courage. La Convention accorda, en Tan iv, une pension de deux mille livres à sa veuve.
Brissot, par ses théories sur le fédéralisme des quarante-quatre mille municipalités, est le plus coupable des girondins : aussi le peuple ne se trompa certes pas lorsqu'il appela brissotins la droite de la Convention. Les idées de Brissot y germaient : un moment elles furent réalisées , après le 2 juin. Nous avons décrit dans les Annales cette révolte impie des girondins, leurs alliances avec les royalistes et avec l'étranger, les trahisons des généraux de leur parti à tous ces crimes politiques Brissot prit part comme conseiller et comme auteur ; c'est donc sur lui que doit retomber la responsabilité des funestes suites qu'entraînèrent ses doctrines et sa conduite politique.
Brissotins, nom que l'on donnait aux membres du parti dont Brissot était le chef. Ce parti fut renversé le 31 mai 1793 , par celui de la Montagne. On donnait encore aux brissotins le nom de faction des hommes d'État.
Briteste (siège de). — En 1622, le duc de Vendôme, à la téte de sept mille hommes, vint assiéger cette petite bicoque située en Guyenne et défendue seulement par cinq cents hoo>
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mes. Ils résistèrent néanmoins avec tant de vigueur que le duc leva le siège , après avoir donné cinq assauts et perdu quinze cents hommes.
Bbitomab, chef insubrien qui commandait le corps des Cisalpins, dans la guerre que les Gaulois d Italie décla* rèrent aux Romains, Tan 225 avant Jésus-Christ. Il prit part à la bataille de F cm île, où les Romains furent vaincus, et disparut à la journée de Télamon, par laquelle /Emilius vengea cette défaite. Sou nom paraît signifier le grand Breton. En effet, mor en langue gallique, mawr en cambrien, voulait dire grand.
Bbival (Jean) était procureur général syndic du département de la Corrèze, lorsqu'il fut, en 1791, élu député de ce département à l'Assemblée législative. Il s'y montra l'un des plus zélés défenseurs du peuple, demanda, en 1792, la conversion en canons des statues de bronze des anciens rois de France, et dénonça ensuite les chevaliers du poignard, qui se rendaient chez la reine pour y conspirer contre le peuple. Élu a la Convention , il vota la mort de Louis XVI, sans appel et sans sursis. Après le 31 mai, il se rendit à la commune de Paris, pour la féliciter de sa conduite dans cette révolution. Au mois d'août, il fut chargé d'une mission dans le département de l'Allier. Il fut un des moteurs de la journée du 9 thermidor; vota, en fructidor an ni, le rappel en France de M. Talleyrand-Périgord , et, dans le même mois, devint membre du Conseil des Anciens , où il parut rarement. Après le 18 brumaire, il devint juge de la cour d'appel de Limoges, et en exerçait les /onctions en 1815, lors du second retour des Bourbons ; atteint alors par la loi d'amnistie du 16 janvier 1816, il fut forcé de s'expatrier, et d'aller chercher un asile sur la terre étrangère. Il se retira à Constance, où il est mort.
Bbi ves-la-Gàillarde , Briva curretia, petite ville du bas Limousin, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de la Corrèze, à vingt kilomètres de Tulle.
C'est dans cette ville que Gondebaud, qui se disait ûls de Clotaire, fut élevé sur le pavois et proclamé roi d'Aquitaine, en 585. Elle dépendait autrefois du Périgord , et en fut détachée sous Charles V, à la prière du pape, Grégoire XI, pour être réunie au Limousin. C'était avant la révolution le chef-lieu d'une élection, d'un présidial et d'une sénéchaussée. Elle avait la prétention d'être la capitale du bas Limousin, et avait eu avec TulleetUzerchede longues discussions pour obtenir le siège de la sénéchaussée. Brives possède maintenant des tribunaux de première instance et de commerce, un collège communal, un petit séminaire et une petite bibliothèque publique. Sa population est de huit mille trente et un habitants.
Le cardinal Dubois, le maréchal Brune et le directeur Treilhard sont nés dans cette ville.
Brives (monnaiede).— Brives, qui ne portait, sous les Mérovingiens, que le titre modeste de viens , jouissait cependant du droit de battre monnaie; c'est ce qu'atteste un triens où l'on voit d'un côté, autour d'une effigie royale, ces mots bbivavico, et de l'autre le nom du monétaire chargéde la direction de l'atelier établi dans cette ville, falcomonet, avec une croix latine dans le champ. Comme en France, un assez grand nombre de localités ont porté le nom de Briva, on pourrait peut-être douter de l'attribution que nous proposons, si notre triens n'offrait une frappante analogie Je style avec les tiers de sous d'or frappés à Limoges, Saint-Trier de la Perche, Ambosac, et les autres villes du Limousin. On ne connaît pas d'autre monnaie de cette localité.
Bbixen (prise de). — Lors de son expédition du Tyrol, en 1797, le général Joubert, après sa victoire sur les Autrichiens, près de Clausen, s'approcha de Brixen, ville intéressante par sa population et ses richesses , et s'en empara à la suite d'une action où le général Dumas se signala spécialement par sa bravoure. On y trouva d'immenses magasins
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f Bbïzabd (Jean-Baptiste Brilard, dit), comédien célèbre, naquit à Orléans, le 7 avril 1721. Il étudia d'abord la peinture sous Carie Vanloo; mais son goût le porta bientôt vers le théâtre. Après quelques débuts en province, il fut admis au Théâtre-Français, où il ne tarda pas à être remarqué* Malgré sa jeunesse, c'était surtout dans les rôles de pères nobles et de rois qu'il . se faisait applaudir. La dignité de son jeu, que relevait encore une belle tête couverte de cheveux blancs, le fit trouver excellent dans les rôles du vieil Horace et du Henri IV de la Partie de chasse. Il avait remplacé au théâtre le fameux Sarrasin, dont il égala la réputation. Peu d'acteurs ont eu autant d'intelligence, de goût et de noblesse; mais il n'entraînait pas assez son public. Plusieurs contemporains l'ont accusé de manquer de chaleur et de mouvement. La Harpe s'exprime sur lui, dans sa correspondance, avec une sévérité qui s'explique par la mauvaise humeur que lui causait un des faux pas de sa muse tragique. La tragédie des Brames f dont le principal rôle avait été rempli par Brizard , ayant échoué complètement, la Harpe s'en
S rit à l'artiste d'un revers que, sans oute, il ne devait attribuer qu'à luimême. La critique médisante prétendait que Brizard devait moins ses succès à son jeu qu'à l'effet produit par ses beaux cheveux blancs. Ils avaient pris cette couleur avant l'âge, par suite d'un accident qui faillit lui être funeste. Dfns un voyage sur le Rhône , la barque qui le portait ayant chaviré, il resta suspendu à un anneau de fer, sous une arche du pont, et la frayeur qu'il éprouva, en attendant du secours , fut telle que sa tête blanchit à l'instant même. Il se retira , le 1 ,r avril 178C, du Théâtre-Français, après y avoir joué pendant vingt-neuf ans.
Dans cet espace de temps, il avait créé plus de vingt rôles dans la tragédie, et un grand nombre d'autres dans la comédie et le drame. Il mourut à Paris , en 1791. On voyait au musée des monuments français son tombeau, sur lequel on avait fait graver une épi-
taphe en vers composée par Ducis.
Brizard (Gabriel), avocat au parment, né à Paris vers 1730, a publié plusieurs ouvrages, dont les plus importants sont une Histoire généalogique de la maison de Beaumont en Dauphiné, Paris, 1779, 2 vol. in-fol., imprimés aux frais de M. de Beaumont, archevêque de Paris; uo Discours historique sur le caractère et la politique de Louis XI, Paris, 1790, m-8°, et une Dissertation sur la Saint-Barthélémy, Paris, 1790, 2 part.
in-8°. Brizard est mort de chagrin et de misère en 1793.
Brochard (Bonav.), cordelier, entreprit le voyage de la terre sainte en 1533, avec Greffin Arfagart, seigneur de Courteilles, chevalier du Saint-Sépulcre. Il écrivit en français la relation de ce voyage, dont le manuscrit est conservé dans la bibliothèque du roi.
Brochard a été souvent confondu avec Brocard, ou plutôt Burkardt, dominicain né en Alsace, qui vécut dix ans au monastère du Mont-Sion, vers le milieu du treizième siècle, et laissa une relation fort curieuse de ses voyages, dont une traduction en vieux français a été publiée sous le titre de Mer des histoires, Paris, 1488, 2 vol. in-fol.
Brochard (l'abbé Michel), professeur au collège Mazarin, mort vers 1729, littérateur instruit et savant bibliographe, à qui l'on doit la BibliO' theca Fayana, imprimée par Martin, Paris, 1725, in-85, avec une bonne table des auteurs. Il avait fait aussi le catalogue de sa propre bibliothèque, qui fut publié de même par Martin, avec une table d'auteurs , sous le trtre de Musseum selectum, Paris, 1725, in-8°.
Brochet (Jean-Étienne), ancien garde de la connétablie, juré au tribunal révolutionnaire, et admirateur enthousiaste de Marat, dont il avait déposé le cœur dans un vase précieux pris au Garde-Meuble , fut arrêté après le 9 thermidor, et ne recouvra définitivement sa liberté qu'au 13 vendémiaire. Il établit alors une boutique d'épicerie. Mais à la suite de l'atteuUt du 3 nivôse an ix , il fut compris dan»"
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le sénatus-consulte de déportation, et conduit à Oléron, puis à Cayenne, d'où il obtint, huit mois après, Tau* torisation de rentrer en France, mais à la condition de résider à quarante myriamètres de Paris. Il mourut à Sens, en 1823, à l'âge de soixante et dix ans.
Brochure. Voyez Pamphlet.
Brocq (Dom Théodore Talon de), religieux de l'abbaye de Saint-Arnould de Metz, né à Châlons-sur-Marne vers 1680, mort à Metz en 1762, a laissé un manuscrit auquel il avait consacré dix-neuf années de travail , sous le titre de RecueU historique de ce qui est arrivé de plus remarquable dans la ville de Metz, depuis le temps de Jules- César jusqu'à présent (Î7 56), 2 tomes in-4°. Cet ouvrage, où l'on trouve beaucoup de détails curieux, faisait partie de la bibliothèque de M. Teisfiier, mort récemment préfet de l'Aude.
Brodeau, nom d'une famille originaire de Tours, et qui a produit un grand nombre d'hommes distingués dans les lettres et dans la jurisprudence. Les membres les plus connus sont : Victor Brodeau, valet de chambre et secrétaire de Marguerite de Navarre et de François I , qui mourut vers l'an 1540. Ses productions, assez peu nombreuses, sont aujourd'hui oubliées. Les principales sont un poëme en vers de dix svllabes , intitulé :
louanges de Jésus-Christ, Lyon, 1 540, «n-8°; et une Êpitre d'un pécheur à Noire-Seigneur, censurée en 1541 par la faculté de théologie. Ces pièces ne sont pas absolument sans mérite. La versification en est assez facile , le style coulant et naïf ; les idées sont souvent ingénieuses. Par une confusion qui fait honneur à Brodeau, on attribua son tiuitain pour deux frères mineurs à Clément Marot. Du reste, ce poète estimait Brodeau , et il le cite dans ses œuvres avec éloge.
Jean Brodeau, né en 1500 d'un valet de chambre de Louis XII , mort à Tours en 1563, fut lié avec les plus célèbres érudits du seizième siècle, parmi lesquels il occupe luiroéme un rang distingué. On lui
doit dix livres de mélanges, Bâle, Oporin; 1555, in-8*; un Commentaire sur l'anthologie grecque, imprimé à Bâle, en 1549, in-folio, sous le titre: Epigramm. grxc. libri sept cm; des notes sur Martial, Leyde; et un Commentaire sur les tragédies d'Euripide, Bâle, 1558.
Julien Brodeau fut l'un des jurisconsultes les plus savants du dix-septième siècle. On a de lui des Notes sur les arrêts de Louet, qui ont été souvent réimprimées ; des Commentaires sur la coutume de Paris, 1658, 2 volumes in-folio; et une Vie de Charles Dumoulin, Paris, 1654, in-4°; ce savant jurisconsulte mourut à Paris en 1681.
Son fils, Pierre-Julien Brodeau, et son petit-fils, Julien-Simon Brodeau, remplirent des fonctions importantes dans l'administration, et se distinguèrent aussi par leurs talents comme littérateurs.
Brodequins ou bottes fauves. Nom d'une ancienne chaussure qui, du temps de Villon, était uniquement réservée aux galants. « Une autre espèce de « brodequins était, dit le Duchat, une o sorte de chausses semelées, dont la « tige était d'une peau qui se retour- « nait aussi facilement que le cuir d'un « gant. » Froissart appelle brodequin une espèce particulière de cuir. (Voyez Chaussure.)
Brodequins. Nom de deux instruments de torture, dont l'un était une chaussure de parchemin, avec laquelle on enveloppait la jambe du patient, pour l'approcher ensuite du feu. Le parchemin, se contractant alors, comprimait douloureusement la peau. Le second consistait en quatre petites planches fortes et épaisses, que l'on plaçait autour de la jambe, et que l'on serrait fortement avec des cordes, des coins de fer ou de bois que l'on faisait ensuite entrer à coups de maillet dans l'intervalle des planches, et qui comprimaient la jambe avec tant de force, qu'il suffisait ordinairement de quelques minutes pour en briser les os.
Brodeurs (corporation des).— Vers
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la fin du treizième siècle, • le commun des broudeurs et des brouderesses de la ville de Paris, especialement
Jehannette la Blanche,
Colin la Malice,
Jehan ne la Béguine,
Sédile la Tonnelière,
Marie la Soumetière,
Thiphaine la Pouvrière,
Marie la Menacière,
Anice la Boitière,
Douce la Courteronne,
Jehanne la Pelée,
Ysabelot la Parcheminière,
Olivette la Broudaresse des Yiles,
et Colin li Broudeeur qui demeure avec que madame Blanche (*) , »
se réunirent devant Guillaume de Hangest, garde de la prévôté de Paris, afin d'arrêter les statuts de leur métier. Le règlement voté dans cette réunion, et promulgué ensuite par l'autorité, ne contient aucune disposition bien remarquable. On y voit seulement qu'il était interdit aux maîtres ou maîtresses d'avoir plus d'un apprenti à la fois; que le temps de l'apprentissage devait être de huit ans au moins; que les gens du métier ne pouvaient travailler le soir ni les dimanches et fêtes, etc...; et que quatre jurés nommés et pouvant être révoqués par le prévôt étaient chargés de faire observer toutes ces dispositions.
Les membres de cette corporation se réunirent de nouveau, en 1316, chez le garde de la prévôté, pour y arrêter un second règlement. Parmi les personnes présentes à la délibération, on remarque les suivantes :
Marguerite aux Tresses,
Jehanne la Courtillière,
Pernelle la Gaye,
Aaliz la Moustadière,
Margot l'Enlumineresse,
etc.
Ce règlement, confirmatif du précédent, ne contient de plus que quelques dispositions ayant pour but de pré-
(*) Livre des métiers, pag. 379 et suiv. de l'édition DeppiDg.
venir les fraudes auxquelles pourrait donner lieu l'emploi de mauvaise soie ou de mauvais or.
La communauté des brodeurs reçut encore, en 1648, une nouvelle organisation; les statuts qui leur furent donnés alors étaient encore en vigueur à l'époque où les corporations furent abolies. L'apprentissage était alors de six ans et le compagnonnage de trois ans. Le brevet coûtait trente livres, et la maîtrise six cents livres.
BfiOGLiE ouBboolio, nom donné, en 1742, à la baronnie de Ferrières, érigée en duché héréditaire en faveur du maréchal François-Marie de Broglie. Voyez Febbiéres.
Bboglie (famille de). — Les Broglie descendent d'une famille originaire de Quiers en Piémont. Leur nom primitif était Broglio, mot qui veut dire intrigue en italien; et ce n'est qu'après quelque temps qu'il fut francisé, et devint ce qu'il est.
François-Marie de Broglio est le premier dont l'histoire fasse mention- II était page du prince Maurice de Savoie, et il se signala en (639, comme capitaine des gardes de ce prince, à la prise de Chi vas , de Quiers , de Trin, de Montcallier, et au siège deConi, qu'il défendit pendant trois mois contre les Français. Par lettre du duc de Savoie, du 11 novembre 1643, il fut créé comte de Revel, ce qui ne l'empêcha pas de quitter son pays peu de temps après , pour venir s établir en | France. François -Marie de Broglio 1 s'attacha à la fortune du cardinal Mazarin, et entra dans l'année française , où il était déjà capitaine du régiment de cavalerie italienne , en 1647. lise fit remarquer, en plusieurs occasions, par une bravoure peu commune, et par une souplesse de caractère oui lui
{>ermit de tirer parti des troubles de a fronde. Les biens appartenant à plusieurs gentilshommes passés au service de l'Espagne ayant été confisqués , le comte de Broglio obtint, en 1651 , une partie de leurs dépouilles.
Il en fit usage pour lever un régiment de cavalerie étrangère qui porta son nom. Il fut tué au siège de Valence,
bro FRANCE.
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en juillet 1656. Il y avait alors six mois qu'il avait reçu des lettres de naturalisation ; mais ce qu'il y a de bizarre , c'est que ces lettres ne turent enregistrées a la chambre des comptes qu'environ un an après sa mort.
Sa famille n'en continua pas moins à jouir des faveurs de la cour; elle compta trois maréchaux en peu de temps. Il entrait alors dans la politique de la royauté d'élever les tamilies étrangères aux dépens des maisons indigènes. Les Senomberg et les Rosen ne furent pas moins bien traités que les Broglie.
fictor- Maurice de Broglie, le premier qui devint maréchal de France , fut pourvu d'un régiment d'infanterie anglaise dès l'âge de trois ans. Il servit sous Turenne , en Alsace , fut blessé au combat de Mulhausen , en 1674 . et passa ensuite dans l'armée du maréchal de Créqui. Il leva en 1674 un régiment d'infanterie, et en 1702 un de cavalerie, qui portèrent son nom. Gouverneur du Languedoc, le comte de Broglie poursuivit avec cruauté les protestants qui s'étaient révoltés dans les Cévennes. Il fut créé maréchal de France , quoiqu'il ne comptât plus dans l'armée active depuis quarante ans. Il mourut dans son château de Buhy , le 4 août 1727 , trois ans après sa nomination.
Le second maréchal de Broglie (François-Marie) , né le 11 janvier 1671 , était le troisième fils du précédent. C'est un des meilleurs militaires qu'ait produits la famille. Il fit avec beaucoup de distinction presque toutes les campagnes du règne de Louis XIV , et figura encore avec gloire dans la guerre pour la succession d'Autriche. Nommé ambassadeur à Londres en 1724, il y fit conclure, entre la France, l'Angleterre et la Prusse, un traité qui déconcerta les desseins hostiles de l'Espagne et de l'Autriche à l'égard de la France. Il fut créé maréchal de France en 1734. On cite à ce sujet un trait qui honore son cœur, et qui explique comment son père fut promu au grade de maréchal de France, après une si longue inacti-
vité. Vers l'année 1724, le régent trouva dans les papiers de Louis XJV une liste écrite de la main de ce prince, où le comte François-Marie de Broglie était désigné pour la première promotion de maréchaux ; il la lui montra , et lui dit qu'il se conformerait aux intentions du roi. Mais le comte refusa cette dignité, à laquelle, suivant lui , son père , qui servait depuis plus de cinquante ans , avait des droits supérieurs aux siens; et H ajouta qu'il quitterait le service plutôt que de lui causer ce déplaisir. Son père fut nommé, et il n'obtint le même honneur que dix ans plus tard. Il montra dans la
Suerre d'Autriche une grande intrépiité; mais, ayant fini par évacuer la Bavière sans ordre, il tomba en disgrâce, et fut exilé dans sa terre de Broglie, située en Normandie, où il mourut en 1745. Il fut le premier de sa famille qui porta le titre de duc.
Fictor- François deBboglie, fils ainé du précédent , troisième maréchal de ce nom, naquit en 1718. Il servit d'abord dans l'armée de la haute Alsace, commandée par le maréchal deCoigny; puis il passa à l'armée du Rhin, et se fit remarquera la bataille de Haguenau et au siège de Fribourg. En 1757, il assista, sous les ordres du maréchal d'Estrées , au combat de Hastembeck , s'empara de Mindeuetde Retheim, et rejoignit en Saxe le maréchal de Soubise. Après la funeste bataille de Rosbach , il retourna dans le Hanovre, et prit Brème en 1758. Un an après, attaqué par le duc Ferdinand de Brunswick , dans le camp qu'il avait établi à Bergen, il se défendit si courageusement, que l'empereur lui conféra le titre de prince de l'empire. En récompense de tant de services éclatants, il fut créé maréclnl de France, le 16 décembre 1759 , n'ayant encore que quarante- deux ans. C'était un militaire fort distingué. Le général Jomini, autorité respectable en pareille matière , le regarde comme le seul général français qui se soit montré constamment habile dans la guerre de sept ans. Mais son caractère ne. fut pas toujours à
l'abri du reproche comme son talent.
A la bataille de Minden (1759) , ayant reçu l'ordre d'attaquer en flanc l'ennemi , qui avait enfoncé le centre de l'armée française , il n'obéit pas , et compromit lê sort des troupes qu'il commandait. Pressé de rendre compte de sa désobéissance , il ne put jamais s'expliquer. Cependant ce fut après ce revers qu'il devint maréchal de France. Il tut encore battu avec le maréchal de Soubise , peu de temps après , à Filinghausen , où l'armée française était plus forte d'un tiers que celle du duc de Brunswick. Broglie et Soubise s'accusèrent mutuellement de ce désastre ; mais cette fois , le duc de Broglie fut exilé dans ses terres. Eu 1764, il fut rappelé, et investi du commandement de la province des Trois - Évêchés ; puis, en 1789, il fut chargé du commandement de l'armée que Louis XVI voulait réunir entre Versailles et Paris pour comprimer le mouvement révolutionnaire.
Tout le monde savait que c'était lui qui avait engagé Louis XVI à employer des mesures violentes; aussi devint-il tellement odieux, qu'il ne put rester que quatre jours ministre de la guerre. Il s'enfuit de Paris, faillit être égorgé à Verdun ; Metz lui ferma ses portes , et il se réfugia à Luxembourg. De violentes accusations furent alors portées contre lui à l'Assemblée nationale , où son fils Victor essaya de le défendre; mais le maréchal écrivit de Trêves une lettre dans laquelle il démentait son lils , et adressait à l'Assemblée des paroles insultantes. En 1792, il commanda l'armée des princes , leva en 1794 , pour le compte de l'Angleterre, un corps, qui fut licencié en 1796 , et passa , en 1797, au service de la Russie. Il est mort doven des maréchaux de France , a Munster, en Westphalie, en 1804, à l'âge de quatre-vingt-six ans. On a inséré une relation de ses campagnes d'Allemagne, tirée de ses propres papiers, dans les mémoires historiques sur la guerre de sept ans, par M. de Bourcet, Paris, 1792, 3 vol. iu-8°.
Charles-François, comte deBbo-
glie , frère du précédent , né le 20 août 1719, fit quelques campagnes de la guerre de sept ans , mais se distingua comme diplomate plutôt que comme militaire. En 1752 , il fut nommé ambassadeur de France auprès de l'électeur de Saxe , roi de Pologne. De Varsovie, il correspondait directement avec Louis XV, qui lui accordait une confiance particulière et qui lui avait délégué les plus grands pouvoirs. Prévoyant déià la catastrophe dont était menacée la nationalité polonaise, il mit en œuvre toutes les ressources de son habileté pour conjurer ce malheur. La maison de Saxe, menacée par les Russes, ne demandait qu'à s'appuyer sur la France; elle se montra donc très-sensible aux égards du comte de Broglie, dont l'influence devint très-grande à Varsovie.
Les faveurs- et les emplois furent, à la recommandation de cet ambassadeur , donnés aux amis de la république. Toute la noblesse, tous les hommes de cœur et de talent se réunirent autour de lui. Trois ans lui avaient suffi pour apaiser les troubles intérieurs, rendre l'espoir aux patriotes, et créer un parti nombreux à la France ; mais le cabinet français ne faisant rien pour soutenir son ambassadeur, et semblant même s'appliquer à détruire ce qu'il avait fait de bon , M. de Broglie perdit peu à peu son crédit , et finit par être rappelé. C'est alors qu'il alla servir en Allemagne, dans le corps de réserve placé sous les ordres de son frère. Après plusieurs actions d'éclat, il obtint le grade de lieutenant général en 1760.
Il se distingua surtout, en 1761 , par la défense de Cassel. A la fin de la guerre , Louis XV lui conGa la direction du ministère secret , qui était chargé de correspondre directement avec le roi , de lui proposer des plans, et de lui fournir des renseignements sur la situation de l'Europe. Dans cette position , d'autant plus dilliciie que Louis XV avait moius de caractère , le comte de Broglie , naturellement entier, ne tarda pas à se brouiller avec le conseil des ministres, aux
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ordres desquels il opposait quelquefois des instructions entièrement contraires , et il finit par être envoyé en exil. Rappelé ensuite , il contribua puissamment à la disgrâce du duc de Choiseul, sans doute par animosité personnelle plutôt que par dissentiment politique. Exilé de nouveau , quelque temps avant la mort de Louis XV , il mourut en 1781 , dans Foubli , après avoir dirigé la correspondance secrète pendant a ix-sept années.
Un Polonais, M. Kurzweil, a édité récemment, sur l'état de la république de Pologne, un manuscrit curieux qui paraît avoir été composé par Charles- François de Broglie, pendant son séjour en Pologne. Nul ouvrage, même en Pologne , dit l'éditeur , ne présente la bizarre organisation de la république polonaise avec la même clarté de méthode , alliée à l'observation attentive des détails les plus minutieux.
Maurice- J.-Maa. de Broglie, évêquede Gand, frère du maréchal Victor- François, naquit en 1766. llémigraen Pologne pendant la révolution. A son retour en France, en 1803, il fut nommé aumônier de l'empereur, et, en 1805, évéque d'Acqui en Piémont. A cette époque, il épuisa dans ses mandements les formules de la plus pompeuse adulation envers le vainqueur d'Austeriitz. Mais son langage et sa conduite changèrent étrangement , lorsqu'il fût devenu évéque de Gand. Alors on le vit refuser des mains de l'empereur la décoration de la Légion d'honneur, et manifester une opposition constante dans le concile national de 1811. Le lendemain de la dissolution de cette assemblée, le prélat fut enfermé à Vincennes, puis exilé à Beaune, et enfin rélégué dans l'île de Ste-Marguerite. sur les côtes de la Provence.
Apres la chute de Napoléon , M. de Broglie rentra dans son diocèse , auquel il avait été deux fois obligé de renoncer. Là encore, son zèle, peutêtre outré, pour la défense de la religion, ses luttes déplorables avec le pouvoir , son refus de prières pour le roi Guillaume , lui attirèrent bien des traverses et des persécutions. Enfin, con-
damné par contumace à la déportation, par la cour d'assises de Bruxelles , il se retira en France, et mourut à Paris en 1821.
Claude- Victor , prince de Bboglte, fils du troisième maréchal de ce nom, fut député de la noblesse de Colmar et de Schelestadt aux états généraux de 1789. Loin de partager les erreurs paternelles, il approuva les principes de la révolution, se réunit au tiers état et vota presque toujours avec le côté
gauche. II avait, avant la révolution, éjà combattu pour la liberté dans la guerre d'Amérique. Il émut l'Assemblée par la manière dont il défendit la conduite de son père, mais sa piété filiale ne le mit pas à l'abri d'un démenti de la part du maréchal, qui crut s'honorer en avouant des faits que son fils regardait comme déshonorants. Eu 1791, Claude-Victor de Broglie fut nommé maréchal de camp à l'-armée du Rhin; mais son refus de prêter le serment exigé après le 10 août , l'éloigna des affaires. Destitué de son grade par les commissaires de l'Assemblée législative, il voulut cependant encore combattre l'étranger et demanda du service comme simple volontaire. Le 11 mars 1793 , il vint à ia tête de la section des Invalides haranguer la Convention; mais rien ne put faire oublier l'attachement excessif qu'il avait manifesté pour le roi. Obligé de prendre la fuite, il fut arrêté dans le département de la Saône, traduit devant le tribunal révolutionnaire, condamné à mort et exécuté le 27 juin 1794.
A ch ille- Charles- Léonce- y ictor, duc de Broglie, fils du précédent , né en 1785, n'avait que neuf ans lorsqu'il perdit son père; niais 11 eut le honneur, par suite du mariage de sa mère, Sophie de Rosen , avec M. Voyer d'Argenson, de trouver dans ce personnage le protecteur le plus dévoué. M. de Broglie dut sa fortune et son éducation à son beau-père , qui réussit à lui conserver la belle terre de Broglie, lui fit obtenir une mission en Illyrie, et le mit en rapport avec M. de JNarbonne, ambassadeur à Vienne. S'étant lié avec M. de Talleyrand , M. de Broglie fut
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porté par ce nouveau patron à la chambre des pairs en 1814. Dans les cent jours , il fut nommé officier supérieur de la garde nationale parisienne, et épousa la fdle de madame de Staël.
Ce ne fut qu'après la seconde restauration qu'il prit le titre de duc, qui n'avait plus été porté depuis le maréchal. A cette époque commença véritablement pour lui la carrière politique , à laquelle il s'était préparé par des études consciencieuses.Son premier vote est un des traits qui honorent le plus son caractère. La veille du jour où eut lieu l'inique condamnation du maréchal Ney à la chambre des pairs, M. de Broglie, parvenu à sa trentième année, revendiqua son droit délibératif, et vota pour un acquittement pur et simple , après avoir fait de nobles efforts pour sauver la victime. Pendant toute la restauration, il se montra le constant adversaire des mesures réactionnaires , éleva souvent la voix en faveur de la liberté individuelle et de la liberté de la presse, et fut un des plus ardents défenseurs de l'émancipation des noirs , qui ne cessa jamais de le préoccuper.
Avec de pareils principes, M. de Broglie, d'ailleurs affilié à la société Aidetoi , le ciel t'aidera, ne pouvait manquer de jouer un rôle important après la révolution de juillet. Il devint en effet président du conseil des ministres le 1 1 août 1830. Dès lors il cessa de marcher avec le parti libéral, et manifesta même des dispositions plus que stationnaires, qui le contraignirent à donner sa démission le 2 novembre suivant. Rappelé aux affaires le 11 octobre 1832, il prit le portefeuille des affaires extérieures, et le garda jusqu'au 4 avril 1834. Sous son ministère, les chambres votèrent le traité relatif à l'emprunt grec; il appuya aussi de son éloquence la demande des États-Unis qui réclamaient vingt-cinq millions.
Il prétendit à cette occasion «qu'un traité peut bien entraîner la responsabilité des ministres signataires, mais qu'en droit public, il est devenu engagement national, et doit être exécutoire dès qu'il a reçu la sanction du
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chef de l'État. » La chambre n'ayant pas goûté ce genre d'argument, M.
de Broglie sortit alors du ministère pour la seconde fois.
Depuis 1836, M. de Broglie s'est tenu à l'écart de toute combinaison politique ; mais il n'a pas entièrement cessé de s'occuper des affaires de l'État. Il a gardé, pendant la coalition, une position indépendante plutôt que neutre , puisqu'il s'est montré tout à fait contraire à la politique réactionnaire du ministère Molé. M. de Broglie est l'une des têtes influentes de l'école doctrinaire, dont les principes cependant paraissent lui inspirer de jour en jour une foi moins vive. Il a longtemps désiré, et peut-être désire-t-il encore, le gouvernement exclusif de la bourgeoisie, se constituant de plus en plus sous une forme aristocratique. Quelles que puissent être ses erreurs à cet égara , on ne peut lui refuser ni une éloquence grave et persuasive, ni plusieurs des qualités qui constituent l'homme politique.
Bboissia , ancienne seigneurie de Franche-Comté (aujourd'hui département du Jura), érigée en marquisat en 1691, en faveur de J. -Cl. -Jos. Froissard de Broissia. Un comté du même nom fut formé, en 1739, des deux seigneuries de Vïtte et de Noidans , en faveur d'un autre membre de la famille Froissard de Broissia.
Bbon (André-François, baron), maréchal de camp, commandeur de la Légion d'bonneur, né à Vienne (Isère), en 1758 , s'enrôla à dix-neuf ans, franchit tous les grades inférieurs, et fut nommé adjudant en 1789. Il fit les campagnes de 1791, 1792 et 1793, se distingua dans toutes, et fut nommé capitaine dans la dernière. On cite de lui surtout une charge brillante qu'il exécuta, le 24 juillet 1793 , à la tête de cent dragons du 18e régiment, et dans laquelle il culbuta l'eut -major espagnol , mit en déroute un régiment de cavalerie, et fit prisonnier un régiment d'infanterie , sans être arrêté un instant par ses blessures. Passé à l'armée d'Italie , il servit avec distinction dans les immortelles campagnes de l'an i?
et de l'an v. Entre autres actions d'éclat , il prit à Storo , sur les bords du lac d'Iséo i avec un escadron de chasseurs, huit pièces de canon et deux bataillons autrichiens. Il déploya la même valeur en Egypte, où il "avait suivi le général Bonaparte; à l'affaire du 22 ventôse, il soutint avec succès, contre les Anglais, la retraite de l'infanterie et de l'artillerie, et eut un cheval blessé et un autre tué sous lui. De retour. en France, Bron, devenu général, fut de nouveau employé en Italie. Il fit les campagnes de Prusse en 1807, d'Autriche en 1809, et d'Espagne en 1810 et 1811. Il mérita et obtint le titre de baron à la bataille d'Albuféra. A l'affaire d'Arroyo-Molinos, qui eut lieu le 29 octobre 1811, il avait repoussé, à la tête de la compagnie d'élite du 20e régiment de dragons, !es hussards hanovriens, et facilité ainsi la retraite de l'infanterie du général Girard , attaquée par des forces très-supérieures, lorsqu'il fut culbuté , blessé, fait prisonnier et conduit en Angleterre, où il resta jusqu'en 1814. En 1815, il fut mis à la retraite, et cessa , depuis cette époque , d'être en évidence.
Brongniart (Adolphe-Théodore), fils de M. Alexandre Brongniart, professeur au muséum d'histoire naturelle , l'un de nos plus savants botanistes , est auteur des ouvrages suivants : Essai dune classification naturelle des champignons, Paris, 1825; louage autour du monde de la frégate la Coquille : Botanique, phanérogamie; Prodrome dune histoire des végétaux fossiles, 1828, 1 v. in-8°; Histoire des végétaux fossiles, ou Recherches botaniques et géologiques sur les végétaux renfermés dans les diverses couches du globe, 2 vol. in-4°. M.
Brongniart a en outre publié dans les Mémoires de l'Académie des sciences , dans les Annales du muséum, et dans plusieurs autres recueils scientifiques, un grand nombre de mémoires extrêmement importants sur les différentes parties de l'histoire naturelle. Il est , depuis 1834, membre de l'Institut (Académie des sciences).
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Bbononiàbt (Alexandre), fils d'Alexandre-Théodore, naquit à Paris, le 5 février 1770. Destiné à la carrière des arts, il se livra, par goût , à l'étude des sciences naturelles, et s'y distingua bientôt.Nommé,en 1794, ingénieur des mines, il est parvenu récemment, par son rang d'ancienneté, au grade d'ingénieur en chef de première classe. A ppeléj en 1796, à la chaire d'histoire naturelle de l'école centrale des quatre nations, il devint, en 1800, directeur de la manufacture de porcelaine de Sèvres ; fut élu, en 1815, membre de l'Institut (Académie des sciences) , et succéda , en 1822, dans la chaire de minéralogie du muséum d'histoire naturelle, au célèbre Haùy, qu'il remplaçait déjà depuis longtemps a la faculté des sciences. Les travaux de M. Brongniart ont puissamment contribué aux progrès qu'ont faits, dans ces derniers temps, les sciences physiques et naturelles.
Nous regrettons de ne pouvoir mentionner ici tous ceux qu'il a publiés.
Les principaux sont : Traité élémentaire de minéralogie, avec des applications aux arts, Paris, 1807, 2 volumes in-8°; Description géologique des environs de Paris, par MM. Cuvier et Brongniart, Paris, in-4°, 1822; Histoire naturelle des crustacés fossiles sous les rapports zoologiques et géologiques, savoir : les Tritobites, par M. Al. Brongniart; les Crustacés proprement dits, par M. Desmarest, Paris, in-4°, 1822; Mémoire sur les terrains de sédiment supérieur calcaire trappéen du ficentin, et sur quelques terrains d'Italie, de France, d'Allemagne, etc., qui peuvent se rapporter à la même époque, Paris, in-4°, 1823; Classification et caractères min<' r a logiques des roches homogènes et hétérogènes, Paris, in-8°, 1827; Tableau des terrains qui composent Vècorce du globe, ou Essai sur la structure de la partie con?we de la terre, 1 volume in-8°, avec tableaux. M. Brongniart à en outre publié, dans les Annales du muséum, dans le Journal des mines, dans les Annales de r industrie, dans celles des Sciences naturelles et dans beaucoup d'au-
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très recueils , des mémoires du plus haut intérêt, parmi lesquels nous devons citer son Mémoire sur la peinture sur verre et sur son introduction dans la manufacture de porcelaine de Sèvres {Annales de l'industrie, 1828, tome II, pag. 8), et son article sur Y Art des poteries (300 pages avec table et planches , dans le Dictionnaire technologique de Thomine). Cet article, ou plutôt cet ouvrage, traite de toutes les parties de lart céramique. Nous savons que M. Brongniart prépare, sur cet art, un grand ouvrage; espérons qu'il ne laissera
Eas trop longtemps attendre au pulic une production que ses connaissances spéciales doivent rendre si importante.
Il nous reste maintenant à dire ce que, pendant une administration de quarante ans, M. Brongniart a fait pou r la manufacture de Sèvres : il a rétabli dans son ancienne splendeur un établissement qui était en ruine, et dont les produits actuels rivalisent avec ce que le vieux Sèvres et les manufactures étrangères peuvent offrir de plus beau.
(Voyez Si: v mes (manufacture de), et Porcelaine.) Il a , et c'est là un de ses plus beaux titres , fondé le musée céramique, présentant une collection complète, aussi intéressante pour l'industrie que pour la science, ue tout ce qui a constitué l'art du potier dans tous les pays, dans tous les temps et daus tous les genres. (Voyez Céramique. ) Il a établi un atelier de peinture sur verre, et, par la production d'un assez grand nombre d'admirables verrières, il a puissamment contribué à la renaissance d'un art qui depuis plus d'un siècle n'était plus cultivé chez nous. (Voy. Verre (peinture sur). Enfin, en 1839, il a fait faire quelques essais de peinture sur émail, qui donnent l'espoir de voir bientôt pros-
Î)érer de nouveau cet art si utile, dans e pays où il a pris naissance. (Voyez Émail (peinture sur.)
Biiongmabt ( Alexandre -Théodore ), architecte , naquit à Paris le 15 février 1739.
L'influenee des mœurs du dix-hui-
tième siècle, en s'étendant sur l'architecture comme sur tous les arts, n'eut pas néanmoins pour elle des conséquences aussi fâcheuses que pour les autres arts du dessin. Les monuments de ce temps, sans avoir le caractère de grandeur que présentent ceux du siècle de Louis XIV, ont, sur ces derniers, l'avantage d'offrir plus d'élégance et souvent même plus de pureté. Enfin, la magnificence qui , au dix-septième siècle , n'avait pu appartenir qu'au grand roi , ayant fait place au luxe qui s'étendait à plus de membres de la société , l'architecture prit un plus large développement, et si les monuments eurent moins de grandeur, on en construisit un plus grand nombre , et les architectes eurent des occasions plus fréquentes de déployer leurs talents.
D'ailleurs, dans la seconde moitié du dix- huitième siècle, on étudia avec beaucoup de zèle les monuments de l'antiquité grecque, et bien que ces monuments ne soient pas , comme on le pensait alors, les types absolus et exclusifs du beau , leur pureté dut exercer une heureuse influence sur les idées des artistes de cette époque."(Voyez Soufflot , Boullee, etc.)
Théodore Brongniart avait été destiné par son père (* ) à la carrière de la médecine; il acquit, dans une éducation conforme à ce dessein, un grand nombre de connaissances qui manquent à la plupart des architectes , et qui leur seraient cependant d'un graud secours. Il étudia ensuite l'architecture à l'école de Boullée; et , sous la direction d'un aussi bon maître , il put développer toutes les heureuses qualités de son esprit. Les premiers édifices qu'il construisit, prouvèrent la simplicité et la pureté de son goût. Parmi eux nous citerons : le petit palais du
(*) Pharmacien , et non pas professeur de chimie au muséum, comme le disent toutes les biographies. C'est Antoine Louis Brongniart , frère d'Alexandre-Théodore , qui a été administrateur et ensuite professeur de chimie appliquée aux arts au jardia du roi, où il a été remplacé par Vauquelin.
duc d'Orléans à la Chaussée-d'Antin ; Pavait conçu devait être on édifice pé- T hôtel Monaco^ me Saint-Dominique; riptère d'ordre ionique. Du côté de la X hôtel de Sainte- Foy t rue Basse-du- place, au lieu des fenêtres du premier Rempart T aujourd'hui remanié , mais étage, que Ton voit aujourd'hui, un basalors l'un des plus jolis morceaux d'ar- relief, dont le modèle avait été composé chitecture de la capitale ; les bains par Chaudet , devait représenter rhisantiques du baron de Besenval; le toire et les attributs du commerce (*). palais de mademoiselle de Condé, Plus tard on voulut placer le tribunal rue Monsieur, etc. En 1781 , il fut de commerce dans le même bâtiment, chargé , de construire un couvent ce qui força l'architecte à donner plus de capucins à la Chaussée-d'Antin , et d'élévation au monument. Brongniart remplaça le cloître à arcades ogiva- fut donc obligé de faire un premier les par un péristyle d'ordre dori- étage , et comme les bases des colonque. Cette substitution de l'ardu tec- nés étaient déjà en place, il dut adopter ture grecque* à l'architecture gothique, un ordre qui eût plus de hauteur avec contre laquelle nous nous sommes si les mêmes distances pour l'entre-colonsouvent prononcés , se trouvait ici nement. L'édifice a été achevé sur ce justifiée par la prétention des pères dernier plan, et M. Labarre, qui l'a capucins, qui se vantaient d'avoir con- terminé, a suivi entièrement les desserré le. costume des philosophes du sins de Brongniart, sauf quelques Portique , et qui purent ainsi se prome- changements dans les distributions inner sous un portique semblable à celui térieures. Le parc de Maupertuis est d'Athènes. Cette même année, l'acadé- aussi l'une des œuvres les plus remarmie d'architecture admit Brongniart au quables de Brongniart : ce fut la dernombre de ses membres. Il bâtit la salle nière; il mourut le 6 juin 1813, sans du théâtre Louvois en 1791 (*). Lors- avoir vu achever le monument auquel que Napoléon eut décidé la construc- il avait attaché son nom et sans avoir tion d'une bourse à Paris, Brongniart appartenu à l'Institut, présenta son plan comme tous les au- Brossabd ( Sébastien de) , maître très architectes. On dit que Napoléon, de musique de la cathédrale de Strasfrappé de la majesté de son projet, le bourg, ensuite de celle de Meaux, et fit appeler et lui dit : « M. Brongniart, chanoine de cette église , mort en « voilà de belles lignes ! A l'exécution I 1730, âgé de plus de soixante-dix ans, « mettez les ouvriers! » «La première a été un des plus savants musiciens pensée de M. Brongniart, dit M. Ar- de France sous le rapport de la théotaud (**) , ne réunissait pas dans la rie et de la pratique. Son Dictionnaire même enceinte la bourse et le tribu- de musique, deuxième édition , 1705, nal de commerce. Ce fut celui qui 1 vol. in-8", a fourni à celui de J. J. avait admiré de près les Pyramides, et Rousseau un très-grand nombre d'arqui ouvrit si majestueusement le mont ticles. Brossard avait rassemblé une Cenis et le Simplon, ce fut Napoléon nombreuse bibliothèque de musique qui corrigea de sa main le plan primi- qu'il donna à Louis XIV. ut Nous l'avons en ce moment sous Brosse ( Jean de) , connu sous le les yeux : de larges lignes noires, jetées nom de maréchal de Boussac , né brusquement, indiquent l'intention du vers 1375 , fut un de ces vils et ormaître qui n'a pas de temps à perdre, gueilleux courtisans qui dominèrent la force de sa volonté et son amour du si longtemps l'esprit du faible et ingrand et du sublime. » M. Brongniart
refit son plan. Le monument tel qu'il (*) M. Alexandre Brongniart possède encore le modèle en plâtre du premier projet
C) Cette salle a été démolie en i8a5. «je son père , et celui du bas-relief de Chau-
* , det. On ne peut voir ces monuments "
v *) H'utoire d'Italie , de l'Univers pitto- déplorer les modifications faites au
plan de l'architecte.
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dolent Charles VIL Ce fut lai qui ,
avec la reine Yolande de Sicile, pressa le connétable de Richement de tuer le Camus de Beaulieu, favori du roi.
Ce fut lui qui choisit les deux meurtriers. Dans la suite cependant il rendit au roi des services plus honorables. Il se signala en plusieurs occasions contre les Anglais , auxquels il fit lever les sièges de Compiègne et de Lagny. Il mourut en 1433.
Brosse (Jacques de). — On ne connaît ni la date de la naissance de cet architecte , ni le nom de son maître.
Son premier ouvrage fut le palais du Luxembourg, construit de 1615 à 1620. On a dit que Marie de Médicis avait fait examiner par les plus célèbres architectes italiens les plans de ce palais, qu'elle avait fait dresser sur le modèle du palais Pitti. Cependant le Luxembourg est très-inférieur au monument florentin; il n'a pas son aspect imposant; l'emploi malhabile de l'ordre toscan , dans un bâtiment aussi considérable, et l'abus des bossages alternatifs lui donnent une lourdeur que ses petites proportions ne font que rendre plus évidente. Au reste, depuis 1839, on y a fait des additions qui rendent ces défauts plus sensibles encore, et font de ce monument un véritable monceaude pierres.Les autres ouvrages de Jacques de Brosse sont :
le portail de Saint-Gervais , qui sera une grande et belle œuvre lorsqu'on pourra le voir; le château de Monceaux près de Meaux ; la salle des Pas- Perdus (1622), au Palais de Justice; le temple protestant de Charenton (1623), détruit en 1685, et l'aqueduc d'Arcueil (1624). Nous ne pouvons, pour l'appréciation des travaux de cet artiste, que renvoyer à ce que nous avons dit à l'article Beaux-Arts, sur l'état de l'architecture de l'époque de Sully.
Brosse (dom Louis-Gabriel), bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, né à Auxerre, en 1619, fut du petit nombre des religieux de son ordre qui cultivèrent la poésie. Il mourut le 1"' août 1685 , à l'abbaye de Saint-Denis, où il avait rempli 1 office
d'infirmier avec une humanité rare.
On a de lui , entre autres ouvrages :
Les Tombeaux et Mausolées des rois inhumés dans l'église Saint- Denys, depuis le roi Dagobert jusqu'à Louis Xlll y avec un abrégé des choses les plus notables arrivées pendant leur règne y en vers, Paris, 1656, in-8°.
Dom Brosse avait composé une Vie des saints de l'ordre de Saint-Benoît, pour tous les jours de l'année ; mais sa modestie l'empêcha de publier ce travail. Son manuscrit se trouvait à l'abbaye de Saint - Germain des Prés.
Brosses (Charles de) naquit à Dijon en 1709, et fut le camarade d'enfance de celui qui devait plus tard immortaliser le nom de Buffon. De Brosses entra de bonne heure dans la magistrature; il s'y distingua par son zèle infatigable , surtout lorsqu'il exerça les pénibles fonctions de premier président au parlement de Bourgogne. Toutefois, ce n'était point assez pour l'activité de son esprit ; de nombreux et savants écrits attestent qu'il mettait à profit jusqu'aux moindres instants de loisir. Ses lettres sur l'état actuel de la ville d'Hercula- 7wm,son premier ouvrage, furent en France le premier appel à la curiosité des voyageurs , sur un sujet exploité depuis par tant d'autres, dignes ou indignes. Il parut en 1750. Quelques années après, de Brosses donna une Histoire des navigations aux terres australes , dont les découvertes de Wallis, de Carteret, de Bougainville, et surtout du capitaine Cook , ont rendu sans valeur la partie systématique, mais qui ne mérite point l'oubli où elle est tombée, et qui contient d'intéressants détails. Les découvertes de nos contemporains dans le monde de l'histoire et de la philosophie ont fait oublier aussi la dissertation sur le Cuite des dieux jétiches, le Traité de la formation mécanique des langues , etc. ; mais les Lettres historiques et critiques, écrites en Italie, seront toujours lues avec plaisir, et le chef-d'œuvre du président de Brosses, Histoire du septième siècle de la ré-
imo
publique romaine , est un monument impérissable d'érudition , de patience, et surtout de sagacité. Salhiste avait écrit cette histoire ; mais il ne reste de son livre que des fragments. De ii rosses conçut l'idée de réunir ces fragments épars, de les coordonner, de combler toûtes les lacunes, et pardessus tout, de donner la vie à cette singulière composition. Il s'occupa de ce travail pendant quarante années , et parvint , à force d'études , à force d'essais , par une sorte d'intuition du passé , à former un récit suivi où tous les fragments de Sailuste et jusqu'aux moindres mots épars trouvent si naturellement leur place, qu'on ne saurait s'imaginer qu'ils aient été placés ailleurs dans la narration de l'historien latin. Telle est la profonde connaissance que de Brosses avait acquise de l'histoire, qu'il semble avoir vécu avec ceux dont il parle , et être entré dans tous les secrets de la vie et du gouvernement politique du peuple romain. 11 mourut en 1777, l'année même où paraissait cet admirable ouvrage. L'histoire restaurée nar de Brosses a été dignement appréciée par la Harpe , et surtout par M. Yillemain , dans la partie récemment publiée du Cours de littérature du dix -huitième siècle.
Bbossette (Claude), seigneur de Varennes-Rappetour , né à Lyon en 1671, mort dans la même ville en 1743, a écrit quelques ouvrages de 'droit et d'histoire , et nous a laissé des commentaires et de curieux renseignements sur Régnier et sur Boileau. Il tenait chez lui une assemblée de gens de lettres et de savants, qui fut autorisée, en 1700, à prendre le titre d'académie de Lvon, et qui le choisit pour son secrétaire perpétuel. L'avocat Aubert ayant donné, en 1741 , sa collection de livres à la ville de Lyon , à la condition qu'elle serait mise à la disposition du public, Brossette accepta la direction de cette bibliothèque , qu'il enrichit lui-même d'un grand nombre de volumes. On a de lui une Histoire abrégée ou éloge his-
torique de la ville de Lyon, 1711 , in-4°.
C'est de Boileau lui-même, avec lequel il entretint une longue correspondance , que Brossette tenait la plupart des particularités qu'il a données dans son édition des Œuvres de Boileau , avec des éclaircissements historiques, 1716, 2 vol. in-4°. Le voyant absorbé dans des recherches sur sa personne, Boileau lui dit un jour : « A l'air dont vous y allez, vous « saurez mieux votre Boileau que moi- « même. >» Brossette a également donné une édition des Œuvres de Régnier, avec des éclaircissements histori'
£ues , Londres , chez Voodman, et ,yon, 1729, in-4* et in-8*. Il avait fait aussi un commentaire sur Molière. Il est d'autant plus regrettable que cet ouvrage ait été perdu , que la plupart des renseignements avaient été fournis à Brossette par Despréaux, par Baron , et d'autres personnes qui avaient vécu familièrement avec notre grand comique. Le recueil des Lettres de J. B. Rousseau sur dif~ férents sujets de littérature , publié par Louis Racine, avait été préparé par Brossette. Il était né commentateur , et poussait même jusqu'à l'excès l'amour du commentaire, ajoutant une importance extrême aux moindres détails; mais il savait bien son antiquité, et, malgré sa diffusion, c'est un auteur bon à consulter quelquefois.
Bbossier (Marthe) , fille d un tisserand, née en 1647, à Romorantin, en Sologne , atteinte , à l'âge de vingtdeux ans, d'une maladie extraordinaire , se fit exorciser comme possédée. A cette époque , où l'on était encore tenu de croire aux possédés , on prétendit que cette fille était de mauvaise foi, et qu'elle servait d'instrument à la ligue pour exciter des troubles. Le médecin Duret , qui avait assuré qu'il y avait en elle quelque chose de surnaturel , passa pour avoir été gagné. Ce qu'il y a de certain , c'est que des capucins promenaient Marthe Brossier de ville en ville , disant qu'elle entendait parfaitement le grec , le latin , l'anglais et
L'UNIVERS
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d'autres langues ; qu'elle lisait dans l'intérieur des consciences ; qu'elle pénétrait les secrets des cœurs ; et , fui laissant faire une foule de gyries, de contorsions , et même de tours de force. Tout ce qui avait été béni ou consacré, ou du moins tout ce qu'elle croyait tel, redoublait ses convulsions ; elle discernait les vraies et les fausses reliques ; enfin elle sautait de temps à autre à quatre pieds au-dessus de terre.
Les doutes qu'inspirait sa sincérité la firent soumettre par l'évêque d'Angers et l'official d'Orléans à des épreuves dont elle se tira avec peu d'honneur. Ainsi on mit, à son insu, de l'eau bénite dans sa boisson ; et son estomac, prenant l'eau sainte pour de l'eau ordinaire, la digéra sans la moindre convulsion. En revanche, elle fut prise d'une violente attaque de nerfs, pour avoir bu de l'eau ordinaire que, par supercherie, on avait versée dans un bénitier. Les capucins, ses compères, s'en montrèrent vivement affligés ; ils éprouvèrent un sentiment non moins désagréable , lorsque la pauvre fille , trompée par les apparences d'une reliure faite exprès , prit une Ênéide et une Grammaire de Despautère pour des livres d'exorcisme. Son erreur fut si complète à cet égard , qu'elle poussa des cris furibonds en entendant prononcer les mots : Arma virumque cano, et qu'elle tomba à la renverse, les yeux hors la tête , l'écume à la bouche , pendant que l'official d'Orléans lui lisait le vers suivant : Nexo, xui, xum , vult; texo, xuit , indeque tex~ tum. C'en était trop ; on la chassa d'Orléans , comme elle avait d'abord été chassée d'Angers.
Les capucins la menèrent alors à Paris ; mais là, ils furent encore moins heureux qu'ailleurs. Des médecins et des théologiens , réunis au nombre de douze à l'abbaye de Sainte-Geneviève, en présence de l'archevêque de Paris , étudièrent scrupuleusement l'état de l'énergumène , et prononcèrent cette sentence , aussi curieuse que sage :
mhUadœmone, multajicla, a morbo
pauca : «le démon n'y est pour rien, la maladie y est pour peu, l'imposture pour beaucoup. » Sur ce. le parlement rendit, le 24 mai 1599, un arrêt qui condamnait Marthe, ainsi que son père, ses frères et ses sœurs, à s'en retourner à Romorantin et à n'en plus sortir, sous peine de punition corporelle. Vainement le docteur Duval déclama en chaire contre la violation des privilèges de l'Église sur les possédés, Marthe futobligeede reprendre la route de son pavs. Cependant elle ne tarda pas à s'en échapper, sous la conduite cl un abbé de Saint-Martin , qui la mena à Clermont , où son frère était évéque. Un nouvel arrêt du parlement le força de battre en retraite avec sa protégée. Ils se réfugièrent alors à Rome, où le cardinal d'Ossat fit enfermer Marthe dans une communauté de tilles. Ce fut le terme de ses aventures. -
Brotier (André-Charles), neveu de Gabriel Brotier, né à Tannav en Nivernais, en 1751, mort déporté à Cayenne, en 1798, fut à la fois profond mathématicien , bon botaniste et littérateur estimé. Il était, avant la révolution, professeur de mathématiques à l'École militaire; il devint, en 1791 , principal rédacteur du Journal général de France, dirigé par l'abbé Fontenay. En 1796, il trempa dans la conjuration royaliste de Lemaître, et n'échappa que par miracle à une condamnation. Mais impliqué , l'année suivante, dans l'affaire de Lavilleheurnois, il fut traduit devant une commission militaire et condamné à mort, peine
3ui, cependant, fut commuée en une étention de cinq ans. Après la journée du 18 fructidor, il fut, avec ses complices, déporté à Cayenne, où il succomba bientôt à une maladie causée par le climat. Il a publié la nouvelle édition du Théâtre des Grecs, 13 vol.
in-8°, Paris, 1785, dans laquelle il fit insérer sa traduction d1 Aristophane.
Il termina aussi, avec de Vauvilliers, la belle édition de Plutarque, traduit par Amyot, édition qui avait été commencée par Gabriel Brotier. • B non er (Gabriel) fut un des éru-
FRANCE (1515 à 1547.)
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dits les plus féconds qu'ait produits la société des jésuites; mais la force et l'originalité manquèrent à ses travaux , et il n'a laissé qu'un nom. Ses livres de théologie sont oublies ; ses mémoires archéologiques ne sont plus comptés dans la science, sinon comme un témoignage de l'état des connaissances en France à une certaine époque; ses éditions n'ont pas conservé leur renommée, et son Tacite lui-même, son chef-d'œuvre sans contredit, a été effacé par le grand travail d'Oberlin.
Toutefois, c'est bien quelque chose d'avoir été le premier latiniste de son temps, et d'avoir préparé, dans plusieurs branches de l'érudition, quelques-uns des progrès dont nous avons été les témoins. La vie de Brotier n'offre aucun incident remarquable.
11 était né en 1723, à Tannay dans le Nivernais; il entra fort jeune dans la compagnie de Jésus, devint bibliothécaire du collège Louis le Grand , et conserva cet emploi jusqu'à la destruction de l'ordre. Il passa le reste de sa vie dans la retraite, et mourut en 1789. Jusqu'à son dernier jour, il ne cessa de s'occuper de ses^etudes favorites; et son neveu a publie un certain nombre d'écrits posthumes où se retrouvent toutes les qualités et tous les défauts
Sue la critique a remarqués dans les ifférents ouvrages sortis de la plume du docte abbé : une édition des œuvres morales de la Rochefoucauld, avec des observations, une traduction du manuel d'Épictète , précédée d'un discours sur la vie et la morale de ce philosophe, enfin une compilation qui porte le titre de Paroles mémorables.
Bbou ou Saint-Romain de Brou, ancienne baronnie et capitale du Perche Gouet, à douze kilomètres de Châteaudun. La ville de Brou, qui est maintenant l'un des chefs-lieux de canton du département d'Eure-et-Loir, possède aujourd'hui une population de deux mille deux cent soixante-trois habitants.
Brou âge , Broagium, petite et forte ville maritime de l'ancienne province de Saintonge (aujourd'hui département de la Charente-Inférieure).
T. m. 27* Liv. (Dict. encycl. ,
Cette ville, située vis-à-vis de l'île d'Oleron, fut fondée en 1555, par Jacques de Pons, et considérablement agrandie dans le siècle suivant, par Richelieu, qui la fit entourer de fortifications importantes, et y lit construire un hôpital , un arsenal et des magasins immenses. On y plaça un siège d'amirauté et un bureau des fermes. Mais l'insalubrité du climat fit transporter, en 1730, tous ces établissements à Marennes. Depuis, Brouage a perdu une grande partie de son importance. Sa population n'est plus maintenant que de huit cents habitants. Cette ville a donné son nom à un canal entrepris en 1782, dans le but de dessécher les marais des environs de Rochefort, et rendu navigable en 1807.
Bbou âge ai s, Broagiensis tractus, petite contrée de l'ancienne Saintonge, démembrée du gouvernement militaire de cette province, sous le ministère du cardinal de Richelieu, pour être réunie à celui de l'Aunis.
Bbou a n D (Étienne) , né à Vire (Calvados), où il était avocat à l'époque de la révolution, entra, en 1791 , dans les volontaires nationaux, et fit les premières campagnes de l'armée du Nord, où il fut créé chef de bataillon. Jeté dans les cachots en 1793, il n'en sortit que par l'intervention de la dé-
Ïutation entière de son département.
I rejoignit l'armée du Nord dès qu'il fut rendu à la liberté, passa, en 1797, à celle d'Italie, et fut ensuite nommé chef d'état-major à Malte, où il se distingua par le courage qu'il déploya contre les habitants révoltés et contre les Anglais. Blessé d'un coup de feu dans une sortie, il fut obligé de retourner en France. Mais le vaisseau qu'il montait fut attaqué par des forces supérieures, et, après une vigoureuse résistance, Brouard, couvert de blessures , fut conduit prisonnier en Angleterre. Échangé bientôt après, il fut chargé, en 1803, du commandement de l'Ile-Dieu, et obtint, en 1805, le grade de général de brigade, avec lequel il fit les campagnes de Prusse et de Pologne. Nommé baron de l'empire en récompense de ses longs services,
etc.) 27
et appelé en 1809 au commandement du département de la Loire -Inférieure, il fut promu, après le 20 mars 1815, au grade de général de division, et nommé députe par le collège électoral de Nantes. Mais il fut mis à la demisolde à la deuxième restauration, et ne fut confirmé dans son grade qu'après la révolution de 1830. Il est mort à Paris en 1833.
Brouette, espèce de voiture publique pour une personne, et qui différait des chaises a porteur en ce qu'elle avait deux roues et un petit brancard dans lequel se mettait Y homme-cheval* La brouette, appelée aussi vinaigrette, avait été inventée sur la fin du dix-septième siècle et était d'un usage assez fréquent avant la révolution, dont un des bienfaits a été de proscrire un moyen de transport aussi incommode pour le voituré que dégradant pour le voitureur. L'anecdote suivante prouvera combien la marche des brouettes était lente et pénible. Poisson fils , fameux comédien bouffon, en avait pris une au quartier du Marais pour se rendre à la comédie. 11 faisait très-mauvais temps, et le pavé était glissant et crotté. Poisson voyant que l'heure avançait plus vite que sa voiture, et craignant les reproches du régisseur, demande au brouetteur pourquoi il ne marche pas mieux. « C'est, répond le malheureux, que je n'ai pas de pousseur. » — « Tu es un franc animal de ne pas me l'avoir dit plus tôt , s'écrie alors Poisson; il y a une heure que je serais arrivé. » Puis, sortant de la brouette, il se mit derrière à pousser de toutes ses forces. Il arrive ainsi à la porte de la comédie , assez vite , il est vrai , mais crotté et mouillé comme un barbet.
— Pour être juste, disons cependant que maintes fois, en fiacre, en omnibus , nous nous sommes senti l'envie de pousser par derrière.
Brouilleh (Claude), soldat à la 100e demi-brigade d'infanterie de ligne, né dans le département de l'Ain, était en tirailleur au combat de Mon tefaccio, le 7 avril 1800; entouré par six Autrichiens, il leur résiste, en tue un, en fait deux prisonniers, et met les trois
autres en fuite. Cette action lui valut un fusil d'honneur.
Bbouis (affaires de). — Le général Brunet, instruit que les Piémontais, soutenus par une flotte espagnole, espéraient bientôt forcer les Français à évacuer le comté de Nice, choisit ce moment pour s'emparer des sommités des Alpes qu'ils occupaient encore. Le 8 juin 1793, ils furent attaqués à la fois sur cinq points différents, par les généraux Dumerbion, Mieksouski, Gardanne et Dietmann. Si la colonne dirigée par le général Serrurier eut pu se rendre maîtresse du col de Raus, les ennemis auraient été repoussés dans le Piémont. On prit dans cette journée beaucoup d'effets de campement, de pièces de canon; on fit deux cents prisonniers; le nombre des morts s'éleva de part et d'autre à plus de six cents.
— Les Autrichiens, après la malheureuse campagne de 1799, s'étaient emparés de toute l'Italie; ils étaient maîtres de Gênes, et se préparaient à
1)énétrer en France par le Var, quand a marche de l'armée de réserve , dans le Milanais, fit cesser tous leurs succès. Dès ce moment, menacé sur ses derrières, Mêlas fut obligé de retirer une partie des forces qui accablaient le général Suchet dans les Alpes.
Combattant à nombre égal , les Français recouvrèrent bientôt leur supériorité. La sixième division, après avoir enlevé aux Autrichiens quatre formidables redoutes au camp des Fourches, et fait plus de quatre cents prisonniers, se porta à Saorgio et à Fonton , coupant ainsi à l'ennemi toute communication avec les troupes qui défendaient Brouis. Le général Solignac arriva sur ce point par Berolet, tandis que Brunet chassait les Autrichiens devant lui par la grande route, et que Maucune repoussait par Pinna les troupes qui cherchaient à se sauvtr du côté de Vintimille. La précision des manœuvres fut telle que ces trois colonnes arrivèrent en même temps, et enveloppèrent toute l'arrière- garde autrichienne. Les Français prirent le 'même jour, à Breglio , sept canons et trois obusiers.
BRO FIU
R nous s ai s (François- Joseph -Victor), né à Saint-Malo en 1772, servit d'abord pendant six ans dans la marine militaire, en qualité de chirurgien, et vint ensuite étudier à Paris, où il fut reçu docteur, et pratiqua jusqu'en 1803. Rentré alors au service dans l'armée de terre, il fit successivement les campagnes de Hollande, d'Allemagne, d'Italie et d'Espagne. Il fut nommé, en 1814, médecin ordinaire et second professeur à l'hôpital du Valde- Grâce, sur la présentation du baron Desgenettes, qu il remplaça plus tard en qualité de premier professeur; il fut nommé, en 1830, professeur de pathologie et de thérapeutique générales à la faculté de médecine de Paris, et l'Académie des sciences morales et politiques l'admit au nombre de ses membres , dès l'époque de son rétablissement. Il fut nommé quelque temps après inspecteur général du service de santé des armées et commandeur de la Légion d'honneur. Il mourut à Paris, en 1838, après une courte maladie.
Les principaux ouvrages de Broussais sont : l Histoire des phlegmasies chroniques, Paris, 1808, in-8°, «ouvrage impérissable, dit M. !\liimet(*), qui perpétuera la gloire de Broussais, aussi longtemps que la saine observation et la vraie science seront en honneur; » Traité de physiologie appliquée à la pathologie y 1822, 2 vol. in-8°; Catéchisme ae la médecine physiologique, ou Dialogue entre un sacant et un jeune médecin, 1821, in-8°; Commentaires des propositions de pathologie consignées dans l'examen des doctrines médicales, 1829, 2 vol.
in-8°; Annales de la médecine physiologique, de 1822 à 1834, 26 vol. in-8°; De V irritation et de la folie, 1829, in-8°.
Nous n'essayerons point d'apprécier ici les doctrines médicales et philosophiques de Broussais. Cette appréciation trouvera mieux sa place aux articles Physiologie, Médecine et
(*) Notfeo sur la vie et les travaux de Broussais, lue à l'Académie des sciences morales et politiques, le 27 juin 18 ',0.
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Philosophie. Quant à présent, nous nous bornerons a citer un passage du jugement remarquable porté sur ce grand médecin par le plus éloquent de ses appréciateurs. « Entraîné par la
fiartie la plus noble et la plus élevée de n science, il en avait négligé l'application et dédaigné les profits; il avait surtout exercé dans les camps, au milieu des ravages de la guerre et des épidémies, n'ayant eu de la pratique médicale que les dangers et l'héroïsme.
Aussi le médecin qui couvrait la France de ses disciples et remplissait l'Europe de son nom; après trente ans d'exercice et de gloire, est mort pauvre.
Cette passion pour la vérité lui faisait cependant porter trop de fougue dans sa recherche, et le rendait moins difficile qu'il ne l'aurait fallu sur ses preuves. Son esprit, qui était vif, pénétrant, ferme, créateur, n'avait pas des procédés assez vigoureux; il ne se posait pas toujours bien les problèmes, et il se contentait souvent de solutions imparfaites , parce qu'il observait bien , et qu'il concluait trou. Chercher et croire, affirmer et combattre, tels étaient ses besoins; il ne savait ni douter ni hésiter. De là venaient à la fois ses imperfections, son talent, sa puissance, ses succès; il y puisait un style aux allures animées êt libres, coloré, abondant, inégal, énergique; il y trouvait l'inspiration de ces livres qui intéressaient non-seulement par rexposition des idées, mais par l'émotion des sentiments; car il y mettait à la fois ses systèmes et sa personne.
« M. Broussais a eu un génie inventif; il appartenait à cette génération vigoureuse et créatrice qui s'occupait un peu moins que la notre de ce qu'on avait pensé dans les siècles précédents, et qui découvrait un peu plus. Aussi le nom de Broussais demeurera inscrit à côté des grands noms dans la science qu'il a cultivée, honorée et perfectionnée. »
Broussier (Jean-Baptiste, comte), né à Ville-surSaulx en 1766, mort à Bar-le-Duc en 1814. Destiné à l'état ecclésiastique, il s'enrôla, en 1791, dans le troisième bataillon de la Meur-
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the et y fut nommé capitaine. II fit ses premières armes sous Beurnonville dans les campagnes du Nord, et fut grièvement blessé à l'affaire de Vavren. Nommé chef de bataillon peu de temps après , il fut envoyé à l'armée de Sambre-et-Meuse, et chargé de la défense d'un poste important où il fut atteint d'une balle à la téte. Broussier passa, en 1797, à l'armée d'Italie, se distingua à la prise de Spezzia , pénétra un des premiers dans le fort de Chiusa, et fit prisonnier, de sa main , le général autrichien. Nommé chef de brigade à la suite de ses actions d'écla^ , il fut employé à l'armée de Naples, puis chargé de diriger une expédition dans les Apennins. Il attira dans une embuscade une troupe de douze mille paysans qui avaient fermé le défilé, et en fit un grand carnage, dans le lieu même où les Samnites avaient fait passer les Romains sous les fourches caudines.
Promu pour ce beau fait d'armes au grade de général de brigade qu'il reçut le même jour, il concourut en cette qualité à la conquête de Naples, détruisit entièrement l'armée du cardinal Ruffo, soumit toute la Fouille insurgée, et s'empara, après des assauts meurtriers, des villes de Traniet d'Andria, qu'il fut obligé de réduire en cendres. En 1799, le Directoire le fit traduire, pour crime de concussion, devant un conseil de guerre, avec Championnet, son général en chef. Mais la révolution du 30 prairial an vu écarta les dangersqu'il courait, etil fut réintégré dans son grade. Il continua à servir avec beaucoup de distinction en Italie, jusqu'en 1803, époque où il fut nommé commandant d'armes de la place de Paris. Élevé en 1805 au grade dégénérai de division, il retourna en Lombardie en 1809, y déploya encore autant de valeur que d'habileté, et eut une grande part a la victoire de Wagram. Il fit ensuite, avec non moins d'éclat, les campagnes de Russie et de Saxe; et aussitôt après les désastres de 1813, il vint s'enfermer a Strasbourg , dont l'empereur lui avait confié le commandement. Il allait prendre l'année suivante celui du département de la Meuse,
lorsqu'il fut atteint d'une apoplexie foudroyante qui mit fin à sa carrière.
Bbousson (Claude), avocat à Cas très et à Toulouse, et ministre protestant,, naquit à Ntmes en 1047. Ce fut chez lui que se tint, en 1683, rassemblée des députés de toutes les églises réformées, où l'on décida de continuer les réunions, quand même on en viendrait à démolir les temples. Cette assemblée, dont on combattit tes résolutions par des exécutions militaires et des massacres , posa les premiers fondements de ce qu'on nomma depuis les assemblées du désert. Forcé de fuir comme un des plus ardents sectateurs du calvinisme, Brousson se réfugia d'abord à Genève, ensuite à Lausanne, où il publia divers écrits en faveur de ses coreligionnaires. Il rentra ensuite secrètement dans le royaume, suivi de plusieurs ballots remplis de ses ouvrages, exerça quatre ans le ministère dans les *Cévennes, et passa, dans le cours de Tannée 1693, en Hollande, où sondévouement fut récompensé par une pension des États-Généraux. S'étant hasardé dans une troisième mission en France , il fut arrêté à Oleron , et transféré à Montpellier, où on lui fit son procès, comme convaincu d'intelligences avec les ennemis de l'État Condamné à être rompu vif, il fut exécuté le 4 novembre 1698. Les États de Hollande ajoutèrent, en faveur de sa veuve, six cents florins de pension aux quatre cents qu'ils lui faisaient deson vivant. On a de Brousson un grand nombre de livres de controverse et de piété, tels que : VÉtat des réformes en France , 1684, la Haye; 1685 ; Lettres des protestants de France à tous les autres protestants de l'Europe, Berlin, 1688; Relations sommaires des merveilles que Dieu, fait dans les Cévennes , in-8°, 1694, etc., etc.
BnoussoNNET(Pierre-Marie-Auçuste), fils d'un médecin de Montpellier, naquit dans cette ville en 1761. Destiné dès sa plus tendre enfance à l'étude des sciences médicales , il y fît des pro-
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grès assez rapides pour qu'on lui conférât le doctorat des l'âge de dix-huit ans, et que l'université le proposât pour la survivance de la chaire de son père ; cette demande fut écartée à cause de ia jeunesse du candidat; mais Broussonnet qui , à cette occasion , s'était rendu à Paris, profita du séjour qu'il fit dans cette capitale , pour accroître ses connaissances. Il se livra particulièrement à l'histoire naturelle , et le premier, il transporta dans la zoologie le système de nomenclature et de description imaginé par Linné, jusqu'alors restreint à la botanique. Après avoir passé trois années dans la Grande-Bretagne, où il fut accueilli par Banks, l'illustre compagnon de Cook , et admis à la Société royale de Londres, il revint à Paris et se lia avec Daubenton , qui le fit sur-le-champ nommer son suppléant au collège de France, et, en 1784, à l'école vétérinaire. Plusieurs mémoires fort remarquables qu'il lut à l'Académie des sciences lui en ouvrirent les portes. Quelque temps après, il contribua à la réorganisation de la société d'agriculture, dont il fut nommé secrétaire, et ce fut lui qui introduisit en France le premier troupeau de mérinos, les premières chèvres d'Angora et le mûrier à papier, arbre du Japon, dont avant lui on ne connaissait chez nous que l'individu mâle. La révolution vint interrompre ses travaux et troubler son repos. En 1789, il fut nommé membre du corps électoral de Paris, puis de l'Assemblée législative.
Il quitta Paris lors de la formation de la Convention nationale, et se retira à Montpellier, où il fut arrêté comme girondin ; mais il parvint à s'échapper et à se réfugier en Espagne. Poursuivi à Madrid et à Lisbonne par les émigrés royalistes, et ne sachant plus où se retirer, il erra pendant quelque temps dans les Algarves et dans l'Andalousie, puis il passa en Afrique, auprès de l'envoyé des États-Unis à la cour de Maroc, qui le prit pour son médecin. Là encore, Broussonnet, se livrant à ses études chéries, forma des collections d'histoire naturelle. On obtint
enfin sa radiation des listes d'émigrés, et il put revenir dans sa patrie, où, pendant son absence, l'Institut l'avait admis parmi ses membres. Après avoir été envoyé comme consul aux Canaries, il se disposait à aller remplir les mêmes fonctions au cap de Bonne- Espérance, lorsque le ministre Chaptal lui accorda la chaire de botanique à Montpellier. Il fut porté, en 1805, au Corps législatif, et mourut, en 1807, d'une attaque d'apoplexie. Son nom a été donné par l'Héritier au mûrier à papier que les botanistes considèrent aujourd'hui comme un genre distinct ( Brous sonetia). M.Cuvier a prononcé son éloge à l'Institut. On a de lui, sans compter de nombreux mémoires dans les recueils de l'Institut et de l'Académie des sciences et de précieux manuscrits , tels que la Flore des Canaries et la Relation de ses voyages :
VariatposUiones circà respirationem, Montpellier, 1 778 ; Ichthyologiœ decas prima, Londres, 1 782 \ Année rurale, Paris, 1787 et 1788; Elenchus plantarum horti Monspeliensis, Montpellier,
B.BOUZIL ( combat de).— L'armée républicaine venait d'incendier la Vendée; Charette n'avait plus autour de lui qu'une poignée de soldats déterminés, et se voyait poursuivi avec acharnement par les bleus. Il était au Valde-Morrière, en 1793, et avait concentré ses forces dans la forêt de Grala, lorsqu'il apprit que les républicains marchaient pour la cerner ; il courut alors attaquer une colonne qui traversait le village de Brouzil , et dont on lui avait faussement exagéré la faiblesse. C'étaient douze cents hommes, commandés par le général Dufour, qui se défendirent courageusement. Ln bataillon embusqué dans un taillis fit un feu terrible; Charette courut bientôt au poste le plus périlleux, et reçut une balle près de l'épaule, sans pour cela cesser de donner ses ordres. Mais enfin , les Vendéens lâchèrent pied devant la cavalerie républicaine qui sabrait tout ce qui résistait, et la déroute fut générale.
Bruant (Jacques) , fils de Libéral
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Bruant, fut reçu membre de l'Académie d'architecture, en 1G99, et nommé professeur en 1728. Il avait construit, en 1721 , l'hôtel de Belle-Ile. Il mourut en 1732.
Bruant (Libéral) , l'un des architectes les plus célèbres du siècle de Louis XIV, « partagea, dit M. Quatremère de Quincy, avec d'autres architectes ses contemporains, la construction et la conduite de plusieurs ouvrages, comme avec le Vau , l'exécution de l'hospice connu sous le nom de la Salpétriere; comme avec le Muet, la conduite de l'église des Au-
fmstins de la place des Victoires. Mais e plus grand et sans comparaison le plus beau monument de Libéral Bruant futl'hâtel des Invalides, dont il donna seul les plans et conduisit l'exécution, à la réserve de l'addition faite à son église par le dôme, dont Jules Hardouin Mansard fut l'architecte. Or, dans ce grand ensemble de bâtiments, on distinguera toujours la magnifique cour de cet établissement, composée de deux ordres de grands portiques élevés l'un au-dessus de l'autre, ouvrage qui , par la pureté de son architecture, la grandeur de ses proportions et le caractère même de sa construction, rappelle avec succès les grands cortile de l'Italie, et ne leur cède peutêtre que par le manque de voûte. L'œil est blessé de voir que d'aussi nobles galeries et d'une si belle exécution ne soient couvertes que par de pauvres plafonds en bois. »
C'est sur les dessins de Bruant que furent construits, en 1G57, l'église de la Salpétriere, et en 1662, le château de Kichemont, en Angleterre. Cet artiste, qui avait le titre d'architecte du roi , fut un des huit membres fondateurs de l'Académie ©^architecture. On ignore le lieu et la date de sa naissance ; quant à sa mort , elle dut arriver vers 1697, puisqu'il fut remplacé l'année suivante par le Maistre, à l'Académie d'architecture. Il a laissé un ouvrage intitulé : « f is i te des pon ts de Sein e, 1 Yonne , Armançon et autres, jaite en 1681, par le sieur Bruant, architecte du roi, avec lesplans dessinés par
Pierre Bruant son neveu, in-4° (*). »
Deux autres Bruant furent également architectes : l'un est Pierre Bruant, qui, comme on vient de le voir, dessina les plans de l'ouvrage de son oncle ; l'autre est le fils ainé de Libéral, qui construisit la porte du bureau des marchands drapiers , à Paris.
Bruault (Jean-François) , fusilier à la 107° demi-brigade d infanterie de ligne, né dans le département du Finistère, s'élança, le 8 messidor an vu, dan.s les rangs ennemis, renversa un capitaine, ramena deux soldats prisonniers, et fit une seconde charge où, moins heureux que dans la première, il succomba.
Bbuce (Michel) , jeune Anglais qui, arrivé à Paris vers le commencement de 1815, et indigné des réactions par lesquelles les Bourbons signalaient leur second retour, osa entreprendre de sauver Lavalette. Celui-ci, évadé de sa prison depuis quinze jours, se tenait caché dans Paris. Bruce fit part de son projet à sir Robert W il son et au capitaine Hutchinson , qui consentirent à s'associer à sa noble et périlleuse entreprise (voyez la Valette).
Mais lorsque la Valette fut hors de France, le général Wilson eut l'imprudence d'écrire à un ami la part qu'ils avaient eue à cette affaire; sa lettre fut interceptée ; ils furent tous trois arrêtés, et condamnés, après une courte instruction criminelle, à trois mois d'emprisonnement.
Bbucher , ou Aubry Olivier , inventeur du monnayage au moulin, c'est-à-dire au balancier , s'associa Bondel et Êtienne Delaulne, graveurs célèbres, qui firent les poinçons et les carrés, et tut créé, par lettres de 1553, maître et conducteur de la monnaie au moulin. Nous avons déjà dit , à l'article Briot, que ce procédé étant trop dispendieux, Henri III avait, en 1585 , rétabli le monnayage au mar-
(*) Cet ouvrage, dit l'auteur de l'article Bruant dans la biographie universelle. « conservait, en manuscrit, dans la bibliothèque de M. Pelletier, qui a été vendue et