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placé dans la première Lyonnaise.
Comme la Bresse, il dépendait autrefois du royaume de Bourgogne; mais la plupart des seigneurs particuliers qui le gouvernaient, se rendirent indépendants , et la maison de Savoie , par échange ou achat, acquit succèssivement toute la contrée, qu'elle céda, en 1601 , avec la Bresse et le pays de Gex, à Henri IV. Le Bugey, dont Belley était la capitale, dépendit alors du gouvernement de Bourgogne : aujourd'hui il est compris dans le département de l'Ain. (Voyez Belley,Bbessr et Bourg m m
Biglose, bourg du département des Landes, où naquit saint Vincent de Paul.
Bugnyon (Philibert) , écrivain et poète, né à Mâcon, mort en 1590, est connu par un traité latin des Lois abrogées en France , Lyon, 1564 , Bruxelles, 1702; traduction en français, Paris, 1602 ; l'auteur s'y élève contre la vénalité des charges de magistrature; par sa Remontrance pour la paix (aux états de Blois), Lyon,
1576, et son Mémoire sur ce qui s'est passé aux états de Blois (en latin),
1577, in-8°.
Buhy (Félix), né à Lyon en 1634, carme et docteur de Sofbonne , mort en 1687, osa soutenir le premier les dix articles de doctrine publiés en J682 par le clergé de France sur la nature et l'étendue de la puissance ecclésiastique. On lui attribue aussi un Abrège des conciles généraux, Paris, 1699; ouvrage fort estimé.
Buinot (Julien), fusilier, né dans le département de la Sarthe , gravit l'un des premiers sur le Monte-Faccio (voyez ce mot), et désarma quelques Autrichiens qui le croyaient leur prisonnier.
Buirette (Jacques), sculpteur, né à Paris en 1630, reçu à l'Académie, le 27 août 1661, sur un morceau qui donnait lieu d'espérer qu'il serait un jour un grand maître. C'était un basrelief en marbre dont le sujet était l'union de la peinture et de la sculpture, représentées par un groupe de deux jeunes filles, dont l'une tenait des pin-
ceaux et une palette, tandis que l'autre s'appuyait sur un torse. Mais, peu après sa réception , Buirette devint aveugle : ce malheur ne l'empêcha point toutefois de méditer sur son art, dont il acquit bientôt une connaissance si profonde, qu'il jugeait et corrigeait en les touchant , les modèles qu'on lui présentait. Versailles possède plusieurs ouvrages de ce sculpteur si digne d'intérêt. Il fut, en effet, l'un de ces nombreux artistes qui , sous la direction de le Brun , décorèrent le palais du grand roi. On cite particulièrement les quatre groupes d'enfants et l'Amazone d'après l'antique , placés à la demi-lune qui termine l'Allée-d'Eau. Il a fait , pour Saint-Gervais, les statues de saint Jean et de la Vierge. Il mourut le 3 mars 1699, à l'âge de soixanteneuf ans.
Buis (Jean), sergent à la 106e demibrigade, né à Grillon (Vaucluse). Au siège de Gènes, dans la sortie du 12 floréal an vm, il pénétra dans les retranchementsennemis, d'où il appela ses camarades, en leur montrant la route qu'il avait tracée devant eux.
Buis mourut victime de son courage.
Buissiere (la), ancienne seigneurie de l'Artois , à huit kilomètres de Béthune (aujourd'hui département du Pas-de-Calais), érigée en marquisat en 1663.
Buisur ( Mathieu ), sergent-major à la 34e demi-brigade , né à Guerande (Loire-Inférieure ) . Placé à l'arrière* garde dans un combat où nos troupes écrasées par le nombre se repliaient en désordre, il soutint la retraite avec quelques soldats qu'il était parvenu à rallier, et auxquels il fit partager sa résolution. Apres avoir longtemps disputé le terrain pied à pied, il se laissa cerner pour donner à ses camarades le temps de s'éloigner. Lorsqu'il les vit en sûreté, il voulut à son tour faire une trouée; son sabre d'une main , sa baïonnette de l'autre, il s'élança sur les assaillants les plus rapprochés de lui et en tua plusieurs. L'ennemi admirant les efforts d'un si grand courage, et voyant qu'il était impossible que Buisur pût échapper , lui offrit la
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vie; mais il préféra mourir les armes à la main.
BuLiFONT,chefdebatailIon de gardes nationales, fut du nombre de ceux qui défendirent si honorablement Huningue , sous les ordres du général Barbanègre, en août 1815.
Bull ( prise de ). Pendant qu'en Europe, la France et l'Angleterre se disposaient à mesurer leurs forces, la guerre se faisait vivement en Amérique, entre les colonies des deux nations.
Le 27 mars 1756, les Français attaquèrent Bull, l'une des plus fortes places du Canada; la forteresse, qui renfermait des magasins considérables, fut emportée après quelques heures de résistance, et la garnison se rendit à discrétion.
Bull a nt (Jean), sculpteur et architecte français, mort en 1578. Bullant n'étudia point l'architecture d'après les Italiens amenés en France par François Ier : il se forma en Italie même" et sur les monuments de l'antiquité. C'est ce qui résulte de l'un de ses ouvrages intitulé : Reigle gênéralle d'architecture des cinq manières de colonnes, à savoir, toscane, dorique, ionique, corinthe et composite, à l'exemple de l'antique (fait à Écouen , 1564 , imprimé a Paris, 1568, in-fol.). On y trouve des dessins de quelques monuments antiques de Rome , ainsi que leurs mesures , que Bullant dit avoir prises à l'antique, dedans Home. Cet architecte, l'un des plus habiles de la renaissance, est, selon Chambray (*), un de ceux qui ont suivi les traces de l'antiquité avec le plus d'intelligence et de lumières, le seul qui ait accepté les proportions de Vitruve , et Chambray n'hésite pas à l'appeler le premier de nos architectes français. Le premier ouvrage de Bullant et son chef - d'oeuvre est le château d'Écouen, élevé vers 1545. Ce qu'on y distingue surtout, c'est le choix dé la position, le péristyle à l'avant-corps de la façade, les avant-corps du milieu des trois
(*) Parallèle de F architecture antique et de l'architecture moderne.
vers. ma .
façades de la cour, la loge en arcade de' la terrasse. « Il a sans doute été « fait en France , dit M. Quatremère, « depuis Bullant , des édilices plus « grandement conçus , selon le génie « de l'art antique ; il s'y est élevé des « palais beaucoup plus beaux que celui « d'Écouen ; mais on n'y a point exé- « cuté de détails d'architecture plus «classiques et plus purs... Il serait « difficile de trouver chez aucun des « successeurs de Bullant des profils « plus corrects, une plus grande unesse « d'exécution, un sentiment plus juste « des proportions et du véritable ca- « ractère de chacun des trois ordres; « enfin , une meilleure imitation en ce « ger,re des œuvres de l'antiquité. »
Bullant construisit, en 1564 , avec Philibert Delorme, les bâtiments du centre du château des Tuileries ; mais on ne sait -trop quelle fut sa part dans cette construction. Toutefois , on pense qu'elle fut peu considérable.
En 1572, il éleva, pour Catherine de Médicis, l'hôtel de Soissons, dont il ne reste plus que la colonne astrologique (a la Halle au blé). Quelques auteurs lui attribuent aussi l'hôtel Carnavalet, à Paris. Comme sculpteur, Bullant fut l'élève de. Jean Goujon ; mais il adopta, dit M. Émeric David (*) « la manière de dessiner du Rosso , « qui entraîna plus ou moins, dans le « seizième siècle , presque tous les ar- « tistes français. Son dessin est mâle, «grandiose/ mais un peu sauvage, « comme on l'a dit de celui du Rosso « et de celui du Bandinelli que ce maître « avait imité; quelques figures offrent « des attitudes trop recherchées ; le « faire n'est pas toujours exempt de « sécheresse. » Le morceau le plus connu de Bullant est le mausolée d'Anne de Montmorency, sur lequel sont les statues du connétable et de sa femme. Les bas-reliefs représentent le sacrifice d'Abraham , les quatre évangélistes , la Religion et la Force.
Au-dessus de» la corniche est l'Histoire écrivant les grandes actions du conné-
(*) Cf. Lenoir, Musée des Augustin, iu-8°, p. a3i.
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table. Ce chef-d'œuvre a été attribué à tort à Barthélémy Prieur.
Bulle. — Ce mot , dans son acception propre , désigne la bulle ou boule de métal (buUa) que Ton avait coutume d'attacher aux actes pour les authentiquer. C'est par extension que, du nom de cette boule de métal, on a donné à certaines lettres pontificales le nom de bulles. Ce titre ne fut cependant pas exclusivement réservé aux
fils de soie ; si le rescrit est de justice, le sceau est suspendu par une cordelette de chanvre. On sait que les huiles ne peuvent être publiées sans être munies de Vexequatur de l'autorité civile. Quant aux formalités nécessaires pour leur réception en France , nous renvoyons aux articles généraux qui traiteront des querelles et des discussions auxquelles ont donné lieu , à diverses époques , l'établissement ou le
actes des papes ; on le donna aussi à maintien de ces formalités. ( Voyez
quelques rescrits des empereurs d'Orient et d'Occident : tels que la fameuse bulle d'or de Charles IV, empereur d'Allemagne; à certains actes de prélats puissants et aux décisions de quelques conciles œcuméniques.
Les bulles, considérées comme rescrits apostoliques, sont, en général, des lettres pontificales expédiées sur parchemin , et écrites en ronde, tandis
Papauté [relations de la France avec la].)
Nous allons passer en revue, en suivant l'ordre chronologique, les principales bulles pontificales, tant celles qui sont particulièrement relatives à la France, que les bulles générales, et celles qui, intéressant plus directement d'autres pays , ne sauraient être négligées, parce qu'elles sont des do-
que l'écriture italique est ordinairement cuments utiles pour l'histoire de Fin-
affectée aux brefs , autre sorte de rescrits apostoliques. Les brefs sont consacrés aux affaires de moindre importance ; quelquefois cependant les papes décidèrent par des brefs des questions capitales , par exemple l'abolition des jésuites. Aussi dans la liste de bulles que nous allons donner tout à l'heure, nous aurons soin d'insérer les brefs les plus importants. Ces deux espèces d'actes différent, en outre, par la suscription , beaucoup plus simple dans les brefs ; par le salut et la bénédiction apostolique; par la date qui doit renfermer I indication du lieu, du mois, du jour, comptés pour les brefs d'après notre calendrier moderne, et, pour les bulles, d'après le calendrier romain. Les brefs sont scellés en cire rouge, sub annulopiscatoris, avec l'empreinte
fluence que nous avons exercée sur toutes les questions à la fois politiques et religieuses où se trouva mêlée la papauté. Nous ne donnerons ici qu'une simple nomenclature , nous réservant d'entrer ailleurs dans de plus amples détails sur les bulles pontificales qui ont fait époque , sur celles surtout qu'on désigne par des noms particuliers, telles que les bulles Clericis laicosy fuse id ta fdiy Execrabilis , Unigenitus, etc. (Voy. les mots Gallicane (église). Papauté (relations de la France avec la), Jansénisme, Jésuites , Pragmatique sanction, etc.)
On saitquecefutunroideFrancequi le premier opposa aux papes une résistance décisive; mais ce fut aussi contre un roi de France que les papes essayè-
de l'anneau du pécheur, c'est-à-dire rent, pour la première fois, leur arme la
que saint Pierre y est représenté dans sa barque en action de pêcheur. Autour du sceau doit se trouver le nom du pape. Les bulles sont scellées en cire verte, avec un sceau pendant en plomb, qui représente d'un coté les images de saint Pierre et de saint Paul, et porte de l'autre le nom du pape avec Tannée
plus terrible. Jusqu'à la fin du dixième siècle, leurs bulles les plus importantes furent consacrées à maintenir la discipline ecclésiastique ou à réprimer les hérésies. C'est à l'approche de l'an mil , dans l'effroi général qu'inspirait l'attente de cette ère terrible, qu'ils commencent à lever la tête , d'autant
de son pontificat. Quand le rescrit est plus haut que les grands du monde , de grâce, le sceau est attaché avec des ducs et rois, courbent la leur plus
T. m. 30e Livraison. (Dict. encycl., etc.)
humblement dans la crainte du jugement dernier.
xe siècle. — En 998 , une bulle de Grégoire V excommunie Robert , successeur de Hugues Capet , coupable d'avoir épousé sans dispense Berthe sa cousine. Robert épuisa tous les moyens pour fléchir le pape : ce fut inutilement; il fut obligé de céder et de répudier Berthe en 999.
XIe siècle. — Le onzième siècle nous offre plusieurs bulles remarquables, qui sont autant de monuments des efforts continuels des papes pour établir leur suprématie sur celle des rois.
En 1058, une bulle de Nicolas II relève les Normands établis en Italie des excommunications lancées contre eux par ses prédécesseurs, et leur assure la possession de la Pouille et de la Calabre.
En 1075, bulle de Grégoire VII qui défend aux prélats nouvellement élus de recevoir l'investiture des princes séculiers. C'est cette bulle qui tut l'origine de la fameuse querelle des investitures.
En 10D5, deux bulles du pape Urbain, dont l'une excommunie Philippe Ier, pour avoir répudié sa femme Berthe, aûn d'épouser Bertrade, femme du comte d'Anjou , excommunication qui ne fut levée qu'en 1104 par le pape Pascal. Par l'autre bulle, donnée, comme la première, au concile de Clermont, Urbain II publia la première croisade , promettant indulgence plénière à quiconque se dévouerait à la délivrance de la terre sainte.
xne siècle. — 1er février 1120, bulle du pape Culixte II, par laquelle il accorde à l'église de Vienne en France la primatie sur sept provinces.
1141. — Bulle d'Innocent II, qui met en interdit le royaume de France, au sujet de l'élection d'un archevêque de Bourges.
xme siècle.— 1200.— Bulle d'Innocent III , par laquelle le royaume de France est de nouveau mis en interdit, à cause du divorce de Philippe-Auguste avec la reine Ineburge.
Par une bulle datée de 1246, Innocent IV publie une croisade contre
Frédéric II d1 Allemagne , qui chasse le pape d'Italie et le force à se réfugier en France , asile ordinaire des papes persécutés.
Pendant le long séjour qu'il fit à Lyon , ce pape avait jugé à propos de restreindre les privilèges des ordres mendiants. Non-seulement Alexandre IV, son successeur, les leur rendit avec usure par une bulle du 22 décembre 1254, mais il prit chaudement leur défense contre l'université de Paris; et, par une autre bulle de 1256, i\ condamna le livre de Guillaume de Saint-Amour, intitulé des Périls des derniers temps, dans lequel ces privilèges étaient attaqués.
. En 1263, bulle de Urbain IV, qui met le roi de Naples, Ma in froi , au ban de la chrétienté. Charles, comte d'An-
iou , chargé par le pape de mettre la >ulle à exécution, s'empare du royaume de Naples, et en reçoit l'investiture solennelle par une bulle de Clément IV, du 26 février 1265.
En 1266, autre bulle de Clément, par laquelle il décide que la disposition de tous les bénéfices appartient au pape; de manière qu'il a non-seulement le pouvoir de les conférer lorsqu'ils deviennent vacants , mais encore celui de les assurer à qui bon lui semble, avant qu'ils viennent à vaquer.
C'est ce qu'on appelle Réserves expectatives. Ce fut en partie pour réprimer une prétention aussi exorbitante que saint Louis donna sa Pragmatique sanction.
Bulles particulières accordées par les papes à saint Louis. — Le véritable caractère de saint Louis a été longtemps mal compris dans l'histoire; on ne connaissait guère que le saint Louis de Join ville; et encore aujourd'hui, on le représente trop souvent tel qu'il nous apparaît dans son naïf historien; on est trop porté à ne voir en lui qu'une âme pieuse et timorée dans tout ce qui touche à la religion et à la conscience. Mais quand on examine de plus près les faits de son règne et le caractère de ses actes , on est frappé de sa conduite ferme et soutenue,
BDL FRi
surtout sur un point où quelque faiblesse eât pu paraître excusable de la part d'un nomme qui passa pour un saint au milieu même de la ferveur religieuse de son siècle. Il a déployé dans ses rapports avec le saint-siége une fermeté sans roideur et sans emportement, qui sut contenir et même réprimer au besoin les prétentions exagérées des papes. Ce qu'il y a surtout de remarquable dans cette politique, c'est une modération, une loyauté
3 ni cédait dans les limites du droit et ~e P équité, mais sans jamais reculer au delà; et cependant cette loyauté pourrait être qualifiée d'habile , en présence des résultats qu'elle obtint. L'influence personnelle de saint Louis sur les papes fut immense, et on n'en saurait établir de preuve plus évidente que celle qui ressort de la simple nomenclature des bulles particulières qui conféraient à saint Louis des privilèges qu'on peut dire personnels, puisque tous sont accordés à lui-même, à son épouse, à ses successeurs, à ses gens, à ses chapelles, ou aux terres de son domaine. Quelque nombreuses que soient ces bulles, leur nombre seul est trop significatif pour que nous ne les rapportions pas toutes.
1236, 13 novembre, bulle de Grégoire IX , qui défend à qui que ce soit de lancer sentence d'interdit sur les chapelles du roi , sans une permission spéciale du saint-siége.
1243, 5 décembre, bulle d'Innocent IV, qui permet à saint Louis de se choisir un de ses chaoelains pour confesseur, et à ce confesseur d'absoudre le roi de tous crimes et de toutes excommunications, excepté de celles qui seraient fulminées par le saint-siége, ou pour des crimes si énormes que l'absolution dût en être réservée au pouvoir pontifical.
— 14 décembre, bulle qui accorde à saint Louis que lui et ses chapelains, clercs, jurés et officiers, ne pourront encourir l'excommunication majeure, ni même l'interdit, en fréquentant des excommuniés.
— 15 décembre, bulle qui défend de fulminer excommunication ou interdit
(CE. bul 467
sur les terres du roi ou de ses successeurs. ,
Alexandre IV, successeur d'Innocent, occupé à soutenir la guerre que son prédécesseur avait déclarée à Mainfroi , fils de Frédéric II , et craignant que saint Louis ne se prononçât contre lui, se montra prodigue de bulles favorables pour se le coucilier.
1254, 15 avril, bulle qui permet à saint Louis de prendre pour confesseur tel prêtre régulier ou séculier qui lui conviendra.
— 25 avril, bulle qui défend d'excommunier ou d'interdire saint Louis, la reine son épouse, et leurs successeurs.
Autre bulle de la même date qui accorde cent jours d'indulgence à saint Louis et à la reine son épouse, chaque fois qu'ils entendront le sermon.
— 22 septembre, bulle qui donne à saint Louis et à sa maison le privilège de ne pouvoir être excommuniés en fréquentant des criminels obstinés dans leurs erreurs.
— 1er octobre, bulle qui renouvelle la défense contenue dans la bulle de Grégoire IX, du 14 décembre 1243.
— 10 octobre, bulle qui déclare que saint Louis ni ses successeurs ne pourront encourir sentence d'excommunication pour avoir fréquenté les-excommuniés.
—4 décembre, bulle qui permet au roi âe se faire accompagner par les jacobins et les cordeliers de sa suite, dans quelque couvent que ce puisse être.
1255, 20 octobre, bulle par laquelle le pape, a la prière de saint Louis, accorde aux sergents et officiers de ce prince la permission de se confesser aux frères prêcheurs et mineurs qui seront auprès du roi.
1256, 20 avril, bulle qui permet aux religieux qui seront au service de saint Louis de célébrer l'office divin suivant l'usage de sa chapelle.
1257, 11 avril, bulle qui déclare que les aumônes que saint Louis fera aux pauvres lui tiendront lieu des restitutions qu'il croyait être obligé de faire pour lui et les rois ses prédécesseurs.
— 13 avril, bulle qui statue sur le même objet que la précédente, avec
468 BCL L'UNIVERS; BUL
cette clause nouvelle : que le roi pourra disposer des restitutions en faveur des églises.
1258, 22 février, bulle qui permet à saint Louis d'entrer avec une compa-
§nie honnête et décente dans l'abbaye e la princesse Isabelle sa sœur. Même faveur est accordée à la princesse fille du roi , qui peut y demeurer avec cinq autres femmes modestes et sages.
1259, 2 janvier, bulle qui renouvelle les dispositions contenues dans celle du 22 avril 1256.
— 12 janvier, bulle qui déclare que saint Louis ne sera point excommunié pour tenir prisonniers les clercs coupables de meurtre , de vol et d'autres crimes de cette nature.
Autre bulle de la même date, portant que les excommunications ou interdits conçus en termes généraux ne s'étendent ni au roi ni à ses successeurs, à moins qu'il n'en soit fait mention expresse.
— 20 mars, bulle qui accorde au confesseur que saint Louis pouvait se choisir, la permission de donner à ce prince des pénitences pour son absolution.
— 31 mars, bulle qui défend à tous archevêques et autres prélats de fulminer'aucune sentence d'excommunication ou d'interdit sur les terres de saint Louis sans un ordre spécial du saint-siége.
Urbain IV, successeur d'Alexandre IV, ne resta pas en arrière de ses prédécesseurs , et accorda à saint Louis plusieurs bulles assez importantes.
1261 , 21 novembre, bulle qui donne à saint Louis et à la reine son épouse un an et quarante jours d'indulgence toutes les fois qu'ils assisteront à la dédicace d'une église , et en leur faveur étend cette grâce à tous les autres auditeurs.
—5 décembre, bulle qui confirme les privilèges accordés à saint Louis par le saint-siége.
— 21 décembre, bulle qui confirme celle d'Alexandre IV, du 25 avril 1254.
Même date, bulle adressée à l'abbé de Saint-Denis, auquel le pape ordonne d'excommunier ceux qui troubleraient
le roi dans la jouissance des privilèges que le saint-siége lui a accordés.
Clément IV, successeur d'Urbain, donna aussi quelques bulles à saint Louis.
1265, 20 avril, bulle qui renouvelle celle d'Alexandre IV, du 12 janvier 1259, et ajoute que les sentences d'excommunication n'auront pas lieu contre ceux qui les auraient encourues en exécutant les ordres du roi.
— 29 avril , bulle qui permet au confesseur de saint Louis de l'absoudre de tous cas , de le relever de* tous vœux, hormis de celui du voyage dyoutre-mer.
— 1er mai, bulle qui renouvelle celle du 21 décembre 1261.
Autre bulle de la même date , confirmant les privilèges et indulgences accordés à saint Louis, mais déclarant que les bulles qui portent défense d'excommunier le roi et de mettre l'interdit sur ses terres ne doivent s'entendre que par rapport au seul domaine du roi, et non pas relativement au royaume de France.
4 mai , bulle portant que les clercs de la maison du roi ne pourront être contraints d'accepter les commissions dont le pape ou les légats les voudraient charger.
1266, 13 mars, bulle renouvelant celle du 15 décembre 1243, qui défend d'interdire les terres du roi.
En 1282, deux bulles du pape Martin IV, l'une du 7 mai , contre les habitants de Palerme, à cause des Vêpres siciliennes; l'autre du 18 novembre, contre Pierre d'Aragon , instigateur de ce massacre, à la faveur duquel il s'était emparé du royaume de Sicile.
Nous arrivons à la fameuse bulle Clericis laicos, donnée, en 1296, par le pape Boniface VIII, et qui fut la première cause des querelles de ce pape avec Philippe le Bel. Mais, l'année suivante , sur les représentations de Pierre Barbet , archevêque de Reims, Boniface VIII remédia au scandale de cette bulle , par une autre qui l'expliquait.
BCL FRANCE.
BUL
1297,2 août, bulle qui proclame la canonisation de saint Louis. Cette bulle de Boniface est regardée comme un chef-d'œuvre du genre.
Le même pape, choisi par les rois de France et d'Angleterre, Philippe le Bel et Édouard Ier, pour arbitre de leurs querelles, rendit, le 28 juin 1298, son jugement en plein consistoire, devant une grande foule, que l'éclat de cette cause avait attirée au Vatican.
Le 30 juin , ce jugement fut expédié en forme de bulle. C'est cette bulle qui , suivant une version contestée et que nous croyons contestable , aurait provoqué en France une telle indignation, que le comte d'Artois l'aurait arrachée des mains du prélat chargé de la lire et mise en pièces.
xive siècle. — 1301, 5 décembre.
La bulle Ausculta Mi^ par laquelle s'ouvre le quatorzième siècle, non moins célèbre que la bulle Ckricis laU cos , continua ce que celle-ci avait commencé. Philippe le Bel répondit à Boniface VIII en faisant brûler la bulle à Paris, et publier cette exécution à son de trompe par toute la ville, le dimanche 11 février 1302. — Le pape convoqua un concile qui se tint à Rome la même année, et d'où sortit la fameuse décrétale Unam sanctam. Philippe le Bel, de son côté, assembla les états généraux , qui rejetèrent, avec des termes de mépris, les prétentions de cette bulle , que Benoît XI, successeur de Boniface VIII, se hâta de révoquer.
La bulle Unam sanctam fut rapportée plus solennellement par deux nulles de Clément V, datées du 1er février 1307. — Par une autre bulle du 20 du même mois, ce pape révoqua les commendes, et, par une bulle du mois d'août 1308, il convoqua à Vienne un concile général , où fut publiée la suppression des Templiers.
1317, bulle de Jean XXII, par laquelle Toulouse est érigée en archevêché.
1399, bulle de Boniface IX. qui établit les annates sur les bénéfices et les prélatures.
XVe siècle. — 1408, 14 mai, bulle de
Benoît XIII , adressée au roi de France, Charles VI. Cette bulle parut si offensante que le maréchal de Boucicaut reçut du roi l'ordre d'arrêter Benoît, qùi était alors dans Avignon, et qui se hâta d'aller chercher un asile en Catalogne.
1460, 18 janvier, bulle de Pie II, dite Execrabills , qui proscrivait, sous les peines les plus sévères , les appels aux futurs conciles, ce qui n'empêcha pas Dauvet, procureur général au parlement de Paris , d'appeler de cette même bulle au futur concile général par ordre de Charles VII. Les expressions dont le pape s'était servi en parlant de la pragmatique sanction furent le motif et l'objet de cet appel. Mais l'année suivante, le même pape fut assez adroit pour obtenir de Louis XI l'abrogation de la pragmatique sanction, malgré le parlement et l'université de Paris, qui protestèrent hautement contre la surprise faite au roi en cette occasion.
En 1487, bulle d'Innocent VII qui défend , sous peine d'excommunication , la lecture des fameuses thèses de Jean Pic de la Mirandole. C'est ce
f>ape qui introduisit dans ses bulles es clauses motus proprii et motu proprio, qui n'ont jamais été admises en France.
En 1498, bulle d'Alexandre VI qui prononce la dissolution du mariage de Louis XII avec la reine Jeanne.
César Borgia , Gis du pape , qui vint apporter cette bulle au roi de France, reçut en récompense le duché de Valentinois.
xvic siècle. — 1509,2 mars, bulle de Jules II, portant ratification de la ligue de Cambrai.
1512,21 juillet, bulle du même pape, par laquelle il excommunie le roi de France, met son royaume en interdit, et délie ses sujets du serment de fidélité.
1520, 15 juin, bulle de Léon X contre les doctrines de Luther. C'est la bulle connue sous le nom de Exsurge Domine. On sait de quelle manière elle fut reçue à Wittemberg.
Par une seconde 'bulle du 3 janvier
470 BUL L'UNIVERS. HVL
1521, Léon X frappa d'anathème Luther et ses partisans. Par un décret du 15 avril 1521 , la faculté de théologie de Paris joignit son anathèine à celui du pape.
1572,8 novembre, deux bulles du pape Grégoire XIII, dont Tune absout Henri de Navarre , depuis Henri IV, à l'occasion de sa conversion forcée au catholicisme, après la Saint- Barthélémy, et l'autre lui accorde les dispenses nécessaires pour son mariage avec Marguerite de Valois, sœur de Charles IX , et sa parente au troisième degré (*).
1582, 14 février, bulle du même
f>ape, ordonnant l'adoption dans tous es États chrétiens du nouveau calendrier dressé par Louis Lilio, médecin véronais , et qui prit !e nom de calendrier Grégorien.
1585, 9 septembre, bulle de Sixte V contre le roi de Navarre et le prince de Condé , chefs du parti calviniste en France, qui, malgré leur première abjuration, étaient retournés a la religion réformée. Les termes de cette bulle provoquèrent d'énergiques remontrances du parlement au roi. De leur côté, les deux princes excommuniés répondirent par une protestation , qu'ils trouvèrent moyen de faire afficher aux portes mêmes du Vatican.
En 1591 , Grégoire XIV, qui, sous l'influence de l'Espagne, s'était déclaré hautement pour la ligue contre Henri IV, envoya en France un nonce chargé d'une bulle monitoire contre le parti du roi. Les évêques de France, assemblés à Chartres, donnèrent, le 20 septembre, un mandement dans lequel ils déclarèrent les bulles du pape Grégoire XIV nulles dans le fond et dans la forme, injustes, données à la sollicitation des ennemis de la France, et incapables de lier ni les
(*) « Ces deux bulles assez importantes ne sont cependant imprimées nulle part, et paraissent même n'avoir jamais été connues tfxtnellement. Elles se trouvent au cabinet des chartes de la bibliothèque royale. » A. Te ut. et , Dictionnaire de la conversation , art. Bulles.
évêques ni les autres catholiques français.
1598, 17 septembre, bulle d'absolution accordée à Henri IV par le pape Clément VIII, pour sa dernière et définitive abjuration.
Autre bulle de la même année, portant évocation à Rome des différends qui s'étaient élevés entre les dominicains et les jésuites sur les matières de la grâce. Cette bulle donna lieu aux célèbres congrégations ou conférences dites de Auxiliis , dans lesquelles Henri IV, récemment réconcilié avec les jésuites, poursuivait sur un terrain neutre sa lutte contre l'Espagne en se déclarant pour les jésuites , dont le cardinal du Perron soutint chaudement la cause contre les dominicains , soutenus non moins vivement par l'Espagne.
xvii" siècle. — 1611, 8 mars, bulle de Paul V qui approuve rétablissement de la célèbre congrégation de l'Oratoire de France , et nomme au genéralat le cardinal Pierre de Bérulle.
1622, 5 septembre, bulle de Grégoire V qui, à la prière de Louis XIII. érige le siège de Paris en métropole , et nomme Jean -François de Gondi premier archevêque de cette ville.
1645, 4 décembre, bulle d'Innocent X portant défense aux cardinaux de sortir des États de l'Église sans permission, et ordre à ceux qui en étaient sortis de revenir dans les six mois.
Le parlement de Paris déclara cette bulle nulle et abusive. Le cardinal Mazarin défendit d'envoyer de l'argent à Rome, et le pape fut obligé de céder.
1653,30 mai, bulle dite Cum occasione contre les cinq fameuses propositions de Jansénius. Cette bulle fut publiée après plus de deux ans d'examen du livre de l'évêque d'Ypres,et quarante-cinq à cinquante congrégations tenues devant le pape ou les cardinaux réunis en commission. C'était un jésuite nommé Cornet qui avait prétendu réduire le livre de Jansénius aux cinq propositions condamnées par la bulle de 1653. Mais alors
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Jes partisans de Jansénius nièrent les cinq propositions dans leurs sens
les eii
que les cinq propositions fussent ra nalyse exacte du livre incriminé. De là une question de fait à résoudre.
Une assemblée d'évéques tenue à Paris ayant déclaré, en 1654, que les propositions étaient de Jansénius , ce jugement fut confirmé par une première bulle d'Innocent X de la même année, puis par une seconde d'Alexandre VII de l'année 1656.
IC65, 15 février, nouvelle bulle du ménje, prescrivant le célèbre Formulaire que tout ecclésiastique était tenu de signer, sous peine d être regardé comme bérétique, et qui contenait une adhésion à toutes les bulles antérieures sur et contre Y Augustinus (titre du livre de Jansénius.)
25 juin de la même année, bulle du même pape contre les censures que la faculté de Paris avait faites des erreurs du carme Jacques Vernant et du jésuite Guillaume de Moîa {Amedeus Guimenius). Le parlement rendit le 29 juillet, sur les conclusions des gens du roi, un arrêt contre cette bulle.
1668, 15 mars, bulle remarquable du pape Clément IX, donnée à la demande de Louis XIV, par laquelle les
propre et naturel.
1699, 12 mars, bulle d'Innocent XII qui* condamne , comme entache de quiétisme , le livre que Fénelon avait publié en 1697 sous le titre $ Explication des maximes des saints sur la vie intérieure. A la réception de cette bulle , Louis XIV ordonna à tous les métropolitains de tenir des assemblées provinciales pour l'examiner. Elle fut acceptée unanimement. En consé* quence, le roi donna, le 4 août 1699, des lettres patentes pour l'ériger en loi de l'État, *et le vénérable archevê* que de Cambrai , après avoir fait luimême, en chaire, une lecture publique de la décision qui condamnait son livre, le brûla de ses propres mains.
xvin' siècle. — 1713, 8 septembre.
Bulle de Clément XI, dite Unigenitus,
3ui condamne les Réflexions morales u P. Ouesnel , disciple d'Arnauld.
Cette bulle fut arrachée au pape par les intrigues du jésuite leTellier, confesseur de Louis XIV, qui fit servir l'autorité de son illustre pénitent à ses haines particulières. Elle produisit en France un immense scandale, et réveilla plus vive que jamais la querelle
magistrats et officiers du parlement janséniste, que la modération du pape pourvus d'indulgences sont autorisés Clément IX était parvenue à assoua requérir des collateurs en commende, pir.
les bénéfices réguliers, autres néanmoins que les prieurés conventuels électifs et les offices claustraux.
Avant cette bulle, 'le droit des indultaires ne s'étendait qu'aux bénéfices séculiers. (Voyez les mots Indult, Indultaires, et Collation, Col-
LATEUR.)
1687, 19 novembre, bulle d'Innocent XI portant ratification du décret de l'inquisition d'Espagne qui condamnait la nouvelle secte des quiétistes.
1755, 17 avril, décret du pape Benoît XIV, qui condamne Y Histoire du peuple de Dieu, du jésuite Berruyer.
Condamné en français , le même ouivrage reparut en italien et en espagnol. Le 17 février 1758, nouveau décret en forme de bulle, qui proscrit cette production dangereuse, en quelguc langue et quelque idiome qu'elle fut reproduite, ainsi que les écrits publiés pour sa défense. (Voyez le mot Berbuyeb.) 1 758 , 2 décembre , lettres apostoli-
1690, 14 août, bulle d'Alexandre ques de Clément XIII, qui condam-
VIII portant proscription du péché nent la troisième partie de Y Histoire
philosophique, enseigné à Dijon par du peuple de Dieu, comme mettant le
le jésuite Musnier. comble au scandale excité par les deux
1694. Deux bulles d'Innocent XII, premières parties, l'une du 28 janvier, l'autre du 6 îé- 1759, 31 janvier, nouvelles lettres
vrier, par lesquelles il défend d'accu- apostoliques du même pape, portant
ser de jansénisme ceux qui condamnent condamnation et prohibition du livre
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L'UNIVERS
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de V Esprit, d'Helvétius , comme tendant à renverser la religion chrétienne , et étouffer la loi et Vhonnêtelè naturelles , etc.
1762. 2 septembre, bulle de Clément XIII, qui proscrit les ouvrages de J. J. Rousseau , et en défend la lecture, sous peine d'excommunication.
1773, 21 juillet, bref célèbre de Clément XIV {Ganganelli) , prononçant l'abolition des jésuites. (Voyez Jésuites.)
1792 et 1793 , bulles de Pie VI contre la constitution civile du clergé français et les prêtres assermentés.
xix* siècle. — 1809, 10 juin, bulle d'excommunication lancée par Pie VII contre Napoléon , au faîte de la puissance ; ce qui lui valut la perte de ses États et sa relégation à Fontainebleau. '
Réintégré dans ses États par le congrès de Vienne , Pie VII paya son tribut de reconnaissance à la sainte alliance, en publiant, le 7 août 1814, une bulle qui rétablissait l'ordre des jésuites, et qui lançait toutes les foudres du Vatican contre les carbonari , les francs-maçons, et les membres des sociétés secrètes.
C'est la dernière bulle que nous ayons à citer , les successeurs de Pie VII n'ayant rien publié de remarquable.
Bulle In Cœna Domini. — Nous n'avons pas parlé de cette bulle, l'une des plus célèbres cependant, parce qu'elle est multiple, et qu'on ne sait à quelle époque en faire remonter l'origine. Elle est ainsi nommée , parce qu'elle se lit publiquement à Rome le jour de la cène , c'est-à-dire , le jeudi saint, par un cardinal diacre, en présence au pape, accompagné des autres cardinaux et évéques. Elle contient une excommunication générale contre tous les hérétiques, les contumaces et les désobéissants au saint-siége. Après que la lecture en a été faite , le pape jette un flambeau allumé dans la place publique en guise d'anathème.
Le plus ancien texte que l'on ait de cette bulle, se trouve rapporté dans une bulle de Paul III, de Tannée 1536.
Ce pape , après avoir exposé dans son préambule que c'est une ancienne coutume des souverains pontifes de publier cette excommunication le jeudi saint , pour conserver la pureté de la religion chrétienne et pour entretenir l'union des Gdèles, prononce en vingtquatre paragraphes des excommunications contré les hérétiques , leurs fauteurs et leurs lecteurs ; contre les pirates et les corsaires qui attaquent le saint-siége; ceux qui , de quelque manière que ce soit, empêchent l'exécution des lettres apostoliques ou les falsifient ; les juges laïques qui oseraient juger des ecclésiastiques, et les citer devant leur tribunal , que ce tribunal s'appelle audience, chancellerie, conseil du parlement; contre tous ceux qui ont fait ou font publier des édits, règlements, ou pragmatiques, par lesquels la liberté ecclésiastique , les droits du pape et ceux du saintsiége seraient blessés ou restreints, soit expressément , soit tacitement ; contre tous les magistrats , de quelque rang qu'ils soient, qui évoquent à eux les causes ecclésiastiques, ou qui mettent obstacle à 1 exécution des lettres apostoliques,
auand même ce serait sous prétexte 'empêcher des violences. Le pape se réserve en outre à lui seul le pouvoir d'absoudre les magistrats qui auraient encouru l'excommunication, et qui ne pourront, dans tous les cas, être déchargés qu'après avoir publiquement révoqué leurs arrêts, et les avoir arrachés des registres. Enfin, il ex corn mu-' nie quiconque aurait la prétention d'absoudre les excommuniés ci -dessus ; et, afin qu'on n'en puisse prétexter ignorance, il ordonne que cette bulle sera publiée et affichée à la porte de la basilique du prince des apôtres et à celle de Saint-Jean de Latran , et que tous les patriarches, primats, archevêques ou évêques , aient à la publier solennellement au moins une fois l'an.
On connaît encore trois autres bulles dites In Cœna Domini, qui ajoutent à celle-ci quelques dispositions nouvelles , ou confirment les ancien-
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nés. La première, datée de 1567, est de Pie V ; elle prononce une nouvelle excommunication coutre les princes
Sut oseraient augmenter les impots ans leurs États sans l'autorisation du saint-siége. — En 1610, Paul V confirma/ les dispositions des deux bulles précédentes par une troisième bulle In Ccena Dornini. — La quatrième et dernière bulle de ce nom que nous offre le Bullaire , est du 1" avril 1627 , et d'Urbain VIII. Elle renferme une addition importante; c'est l'excommunication lancée contre ceux qui appellent du pape au futur concile.
L'admission de cette bulle , monument remarquable des prétentions du saint-siége , souffrit de graves difficultés , même dans les États où le pape avait le plus d'influence. Jamais elle ne fut reçue en France ; et , en 1510, le concile de Tours la proscrivit solennellement , comme entièrement contraire aux droits du roi et aux libertés de l'Église gallicane. Cependant , en 1580 , quelques évêques voulurent profiter des vacances du parlement pour la publier; mais le procureur général porta plainte, et le parlement prit l'affaire à cœur. Par un arrêt solennel , il ordonna que tous les archevêques et évêques qui auraient reçu cette bulle et ne l'auraient pas pumiée, eussent à l'envoyer à la cour immédiatement ; que ceux qui l'auraient fait publier fussent ajournés , et que provisoirement leurs biens fussent saisis ; enfin que quiconque s'opposerait à cet arrêt fût réputé rebelle et coupable de lèse-majesté. Comme on n'était plus au temps où la puissance spirituelle faisait tout ployer sous elle, le parlement fut obéi.
BullegiNÉ ville, ancienne seigneurie, avec titre de prévôté, dans le duché de Bar , à seize kilomètres de Bourmont, érigée en comté le 16 février 1708, et en marquisat le 8 juin de la même année. Ce bourg , qui est aujourd'hui l'un des chefs-lieux de cantons du département des Vosges, possède une population de .mille douze cents habitants.
*r Bullet (J. B. ) , professeur de théologie à l'université de Besançon , mort aans cette ville en 1775, est surtout connu par ses Mêmoves sur la langue celtique, contenant Vhistoire de cette langue et un dictionnaire des termes qui la composent, Besançon, 1754, 59 et 70, 3 vol. in-fol.
Bullet (Pierre), architecte , né en 1639, élève de François Blonde! , qui l'employa comme dessinateur et comme appâreilleur à la construction de plusieurs édifices, entre autres de la porte Saint-Denis. Le plus célèbre de ses ouvrages est la porte Saint-Martin, qu'il éleva en 1674 : cet arc de triomphe, plus rapproché des monuments antiques par sa disposition générale, est cependant très-inférieur a celui de Blondel sous le rapport de la composition et de la décoration (*). L'église de Saint-Thomas d'Aquin, le trottoir du quai Pelletier , supporté par une voussure coupée dans son cintre en quart de cercle (1675), la fontaine de la place Saint - Michel , plusieurs hôtels , et d'autres travaux très-importants le firent recevoir , en 1685, à l'Académie d'architecture. Il a publié plusieurs ouvrages importants : 1° Traité de l'usage du pantomètre , 1675 ; 2° Traité du nivelle ment, 1688; l'Architecture pratique, 1691, etc. Il mourut en 1716, à l'âge de soixante-dix-sept ans.
Son fils, Jean-Baptiste Bullet, seigneur de Chamblain , naquit en 1667, et exerça avec distinction la même profession que son père. Il fut reçu membre de l'Académie d'architecture en 1699. On ne connaît rien de plus sur sa vie. On cite parmi ses ouvrages le château de Champs , à vingt kilomètres de Paris.
Bulletin de correspondance.
— C'était, dans l'Assemblée législative et dans la Convention nationale,
(*) Les deux bas-reliefs du côté du boulevard représentent la prise de Besançon et la triple alliance; ceux du côté du faubourg, la prise de Li m bourg et la défaite des Allemands. Ces sculptures sont de Desjardins, Marly, le Hongre et le Gros.
un exposé -que ces deux assemblées publiaient chaque jour par affiches, de leurs opérations et des événements qui interessaient le plus l'État. Ce Bulletin, créé ou plutôt sanctionné par la loi du 15 septembre 1792, était envoyé par le ministre de l'intérieur à tous les départements et à tous les districts de France. Toute personne convaincue d'avoir arraché ledit Bulletin ou d'en avoir empêché la publication et l'affichage , pouvait être poursuivie devant les tribunaux comme ennemie du peuple , comme coupable d'offense à ia loi, et condamnée à cent livres d'amende pour la première fois, et, en cas de récidive, à deux mois de prison. Ce mode de publication cessa le 4 brumaire an iv.
Il ne suffisait pas qu'une loi fût imprimée dans ce Bulletin pour qu'elle fût légalement promulguée; il fallait que la loi portât elle-même qu'elle serait insérée dans le Bulletin de correspondance, et que cette insertion tiendrait lieu de promulgation.
Bulletin des lois.— C'est un cahier imprimé et officiel de lois etd'actes du gouvernement , paraissant à époques irrégulières. On appelle aussi de ce nom la collection de tous les cahiers qui contiennent les lois et les actes du gouvernement publiés depuis que cette manière de les répandre est en usage. Ce Bulletin fut institué par la loi du 14 frimaire an n , qui n'eut
S oint son effet immédiatement ; plus e six mois s'écoulèrent avant qu'il en parût aucun cahier. Le premier débute par une loi du 22 prairial an n.
La loi du 12 vendémiaire an iv maintint cet établissement, et ordonna que le Bulletin contiendrait, outre les lois et actes du Corps législatif, les proclamations et arrêtés du Directoire exécutif pour assurer l'exécution des lois.
L'insertion au Bulletin des lois étant censée une publication officielle, la loi du 12 frimaire au n voulait que chaque loi devînt obligatoire , dans chaque lieu, à compter du jour de la proclamation qui en serait faite au son de trompe ou de tambour, et que cette
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proclamation se fît le jour même de l'arrivée du Bulletin. La loi du ^vendémiaire an iv porte (art. 12) , que « les lois et actes du Corps législatif obligeraient dans l'étendue de chaque département , du jour où le Bulletin officiel où ils seraient contenus, serait distribué au chef-lieu du département, et que ce jour serait constaté par un registre où les administrateurs de chaque département certifieraient l'arrivée de chaque numéro. »
Le Code Napoléon abrogea cette disposition et voulut que les lois fussent exécutoires dans chaque partie du territoire français, du moment où peut y être connue la promulgation qui en est faite par le chef du gouvernement. Quant aux décrets impériaux, un avis du Conseil d'État , du 12 prairial an xin , approuvé par l'empereur le 25 du même mois , décida que ces décrets , insérés au Bulletin des lois , seraient obligatoires dans chaque département , du jour où le Bulletin aurait été distribué au chef-lieu, conformément à l'article 12 de la loi du 12 vendémiaire an iv.
Le Bulletin des lois se divise en autant de séries que la France a eu de gouvernements différents depuis sa création. La première série comprend les lois de la Convention depuis le 22 prairial an n jusqu'au mois de fructiaor an ni ; la seconde, les actes du Directoire , de fructidor an m au 18 brumaire an vm ; la troisième, les actes du consulat, de brumaire an vm à floréal an xn; la quatrième, les actes du gouvernement impérial , de floréal an xn à mai 1814; la cin-' quième , les actes de la première restauration, du 31 mai 1814 au 20 mars 1815; la sixième , les actes des cent jours, de mars à juillet 1815 ; la septième, les actes du règne de Louis XVIII , de juillet 1815 à septembre 1824; la huitième, les actes du règne de Charles X , de juillet 1824 à août 1830; enfin , la neuvième se compose des actes du règne de Louis-Philippe.
Ces neuf séries contenaient , en janvier 1834, un total de plus de soixantequatre mille actes du gouvernei.ieot,
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non compris un grand nombre d'autres qui , de 1814 a 1830 , ont été insérés clans des cahiers supplémentaires.
II règne, dans cette immense collection qui se distribue gratuitement au nombre de quarante mille exemplaires à un grand nombre de fonctionnaires
Imblics, une confusion qui en neutralise es bons effets. Ce n'est souvent que plusieurs mois , et même plusieurs années après leur date, que les actes sont insérés; plusieurs très -importants sont omis, et plus d'une loi est inipriméeau Bulletin autrement qu'elle a été votée. Sur les plaintes que ces irrégularités ont soulevées, on a imaginé, depuis 1830 , de diviser ce recueil en deux parties , ayant chacune une série de numéros. La première partie contient les lois ; la seconde, qui se subdivise en deux autres, comprend les ordonnances d'un intérêt général et les mesures d'un intérêt local ou individuel. Cet arrangement, quoique plus méthodique que le péleméle qui règne dàVs les premières collections, n'est pas encore suffisant pour rendre les recherches promptes et aisées, parce qu'il nécessite une espèce d'étude à laquelle un nombre considérable de maires de village n'ont ni le temps ni la volonté de se livrer. Il serait donc du plus grand intérêt oue le Bulletin des lois offrît une cfassilication d'actes qui facilitât les recherches de ceux qui ont à le consulter.
Comme, d'après la législation actuelle, les lois sont exécutoires à Paris un jour après la promulgation , et dans les départements après l'expiration du même délai, augmenté d'autant de jours qu'il y a de fois dix myriamètres entre Paris et le chef-lieu du département, au bas de chaque numéro du Bulletin se trouve une date qui est censée celle du jour où les actes qu'il contient ont été publiés à Paris.
Bulletin de la grande armée. — L'histoire militaire de la France depuis 1780 est presque toute faite dans les bulletins que les généraux envoyaient au pouvoir législatif.
Les plus curieux de ces bulletins sont
ceux que Napoléon publia lorsqu'il était à la tête de la grande armée.
En mettant de côté quelques expressions emphatiaues destinées à exalter le courage du soldat et à lui cacher la gravité du mal quand il devenait effrayant, c'est dans ces dépêches guerrières que l'on devra chercher les matériaux de l'histoire véridique des victoires du peuple français sous l'empire. On a dit que Napoléon faisait faire ses proclamations, ses ordres du jour et ses bulletins militaires; nous croyons qu'il en faisait reviser le style , mais que les pensées étaient siennes. On y reconnaît trop une étude approfondie des Commentaires de César, cette brusquerie de transition et cette énergie de pensée qui caractérisent tout ce qui est sorti de sa plume, pour que l'on puisse lui refuser le mérite d'être l'auteur de ces admirables récits de nos succès et de nos revers.
Bulliard (Pierre), botaniste , né à Aubepierre, en Barrois, vers 1742, mort en 1793, a écrit, entre autres ouvrages , une Flore parisienne, un Herbier de fa France et une Histoire des champignons de France , le plus important de ses travaux.
Bullion (Claude de) , sieur de Bonelles , fut surintendant des finances et ministre d'État sous Louis XIII.
Nommé maître des requêtes par Henri IV, en 1605, il conduisit convenablement plusieurs négociations. En 1611, Marie de Médicis l'envoya, en qualité de commissaire, auprès de la fameuse assemblée tenue par les calvinistes à Saumur, et présidée par Duplessis-Mornai. En 1614, il assista aux conférences de Soissons, et contribua à la conclusion du traité de paix qui les suivit.
En 1624 v Bullion entra au conseil du gouvernement, composé du duc de la Vieu ville, du cardinal de la Rochefoucauld , du duc de Lesdiguières et du garde des sceaux d'Aligre. Il fut nommé surintendant des linances en 1632. La même année, il négocia le raccommodement de Gaston , duc d'Orléans, avec le roi son frère.
Lorsqu'en 1686 Richelieu voulut aban-