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donner le gouvernement de l'État , Bullion le dissuada vivement de ce projet : « Richelieu en auroit fait la folie, dit Vittorio-Siri , sans le P. Joseph, qui le rassura , et ce Père fut bien secondé par le surintendant de Bullion. » Ce ne fut pas le seul service qu'il rendit à Richelieu , par qui il se laissa désavouer dans la promesse qu'il avait faite au duc d'Orléans que le duc de Montmorency aurait la vie sauve. Il inclina toujours vers le parti du cardinal, dont il savait apprécier le génie, et par l'influence duquel il semble avoir été poussé aux affaires. Ce qu'il y a de certain, c'est qu'il commença à faire partie du conseil eu 1624, I année même où le chancelier de Silleri et de Puisieux , son fils , qui avaient entravé la promotion de Richelieu au cardinalat, tombèrent en disgrâce, et qu'il conserva son crédit après que le cardinal de la Rochefoucauld et d'Aligre , ses collègues , eurent perdu le leur. Ce qu'il y a de certain encore, c'est qu'il continua à
Sosséder ou çagna depuis la confiance e Richelieu a ce point que ce dernier se reposa sur lui du soin de le représenter dans le fameux conseil assemblé en 1639 par Louis XIII, et dans lequel le cardinal , instigateur secret de la mesure qui allait être prise, crut prudent de ne pas paraître. Il fallait persuader au roi que le retour de Marie de Médicis ne pouvait qu'être nuisible à lui-même et à l'État. Bullion, un des cinq ministres consultés, né trompa pas la prévision de Richelieu; il déclara « que les puissants motifs pour engager Louis XIII à ne pas recevoir sa mère, étoient de nature à ne se devoir dire qu'à l'oreille du maitre, qu'il étoit de la prudence du roi de presser Marie de s'établir à Florence, où il lui feroit tenir son bien et son douaire , ainsi qu'il le lui avoit offert plusieurs fois. » Bullion fut récompensé par le titre de garde des sceaux des ordres du roi, et par la création en sa faveur, d'une nouvelle charge de président à mortier au parlement de Paris. Richelieu , comme on le voit, n'était pas ingrat envers ses
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serviteurs dévoués. Il était même trop indulgent envers eux, s'il est vrai, ainsi qu'on l'a prétendu, que Bullion se soit permis un jour , dans un dîner qu'il donnait au premier maréchal de Grammont, au maréchal de VHlars , au marquis de Souvré , et au comte d'Hautefeuille , de faire servir comme plat de dessert trois bassins remplis de louis d'or, dont chaque convive aurait pris sa charge; mais le fait n'est rien moins que prouvé.
Bullion mourut d'une attaque d'apoplexie le 22 décembre 1640. Ce fut sous sa surintendance, dans le cours de la même année, que furent frappés les premiers louis d'or, et cette circonstance a bien pu servir de prétexte à l'anecdote qui précède. La bienveillance de Richelieu pour Claude de Bullion se reporta sur sa famille :
Noël de Bullion, marquis de Galardon, seigneur de Bonelles, lui succéda dans la charge de garde des sceaux.
Bullou, ancienne seigneurie du Perche -Gouet (aujourd'hui département d'Eure-et-Loir), à deux myriamètres de Chartres , érigée en baronnie en 1661.
Bully, ancienne seigneurie de Normandie (département de la Seine-Inférieure), à quatre kilomètres de Neufchâtel, érigée en marquisat en 167F.
La population du bourg de Bully est aujourd'hui de treize cent quatrevingt-sept habitants.
Bunel (Jacob), peintre du roi, est un de ces artistes français de la renaissance dont les noms, éclipsés par quelques célébrités italiennes, ont fini par devenir tellement inconnus, que certains auteurs de notre temps, en écrivant leur biographie, ont cru de bonne foi les avoir découverts. A l'exception de Félibien, tous les biographes anciens ont gardé à leur égard un tel silence, que l'on a été jusqu'à attribuer à des artistes étrangers la plus grande partie de leurs œuvres. Le reste a été détruit ou est absolument ignoré. C'est à peine si la gravure nous a conservé le souvenir de quelques-unes, et celles qui subsistent encore ont été tellement dégradées par le temps et
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défigurées par les restaurateurs, que c'est à peine' si l'on peut rétablir aujourd'hui par la pensée l'état primitif de ces belles pages de notre grande peinture. Tout ce que l'on sait sur Bunel, c'est qu'il naquit à Blois en 1558, et qu'il peignit la petite paierie du Louvre brûlée en 1660, l'histoire d'Aladin dans le même palais, en société avec Dubois, Dumée et Honnet, et quatorze tableaux à fresque à Fontainebleau; qu'il fit une Descente du Saint-Esprit pour l'église des Grands- Augustins, et une Assomption pour celle des Feuillants.
Buonabotti (Philippe) appartenait à la famille de Michel-Ange; il naquit à Pise, le 11 novembre 1761. Sa jeunesse fut consacrée à l'étude et aux belles-lettres, ce qui lui attira les faveurs du grand-duc Léopold, depuis empereur, près de qui sa famille était en crédit; il en reçut même la décoration de l'ordre de Saint-Etienne.
Mais peu fait pour les récompenses de cour, et doué d'un amour ardent pour la liberté, il ne tarda pas à encourir la disgrâce de ce prince, et fut condamné à l'exil, en punition de l'enthousiasme qu'il avait manifesté pour les principes de la révolution française: Il se réfugia dans l'île de Corse, où il publia un journal intitulé : VAmi de la liberté italienne. Par son opposition aux projets de défection de Paoli, il rendit les plus grands services à la république, et courut lui-même de grands dangers. En butte aux attaques des nobles , des prêtres et des partisans de l'Angleterre , son sang coula plus d'une fois sous le poignard des assassins; plus d'une fois il fut jeté dans les fers par les factieux triomphants. Mais les dangers qu'il courait pour la France semblaient l'attacher davantage au pavs qu'il avait choisi pour nouvelle patrie. Il se rendit à Paris à la fin de 1792, avec Salicetti, qui venait d'être nommé membre de la Convention. Buonarotti avait été chargé par les habitants de l'île de Saint-Pierre, voisine de la Sardaigne, de demander à la Convention leur réunion à la France; il leur fit accorder cette faveur. L'Assemblée y
joignit la noble récompense qu'avaient méritée ses services : le conseil général de la Corse avait sollicité pour lui, le 12 février 1792, des lettres de naturalisation ; la Convention déclara qu'il avait mérité la qualité de Français, et la lui accorda par un décret solennel. Admis dans le même temps à la société des Jacobins, la vigueur de son esprit et de son caractère, autant que la pureté de son républicanisme, 1 y firent bientôt distinguer, et il fut envoyé en Corse, en 1793, avec des pouvoirs extraordinaires. Il apprit, en arrivant à Nice, que tous les commissaires étaient rappelés. Ricord et Robespierre jeune, qui dirigeaient alors les opérations du siège de Toulon, le chargèrent d'aller rendre compte au comité de salut public de l'état des choses. Sa mission terminée, il fut envoyé de nouveau dans la Corse; mais il ne put encore y parvenir, resta auprès des représentants en mission près de l'armée d'Italie, et fut chargé par eux du gouvernement de la principauté d'Oneille. La réaction du 9 thermidor devait être fatale à un homme qui avait aimé Robespierre jeune, qui avait admiré son frère, et que les vrais républicains avaient honoré de leur confiance. Buonarotti fut arrêté et condurt à Paris; il fut enfermé dans la prison du Plessis, où il resta jusqu'après le 17 vendémiaire an iv. Rendu alors à la liberté, il fut désigné pour le commandement de la place de Loano. Mais une dénonciation de l'agent diplomatique français à Gênes, a raison d'une mesure que l'on supposa, à tort, dictée par une haine personnelle, le fit bientôt rappeler. Il revint à Paris, et entra dans la société du Panthéon , dont il fut élu président. Son admiration pour les seuls hommes de la révolution qui eussent été animes d'un véritable patriotisme, sa haine et son mépris pour ceux qui les avaient renversés, et qui menaçaient d'engloutir la France dans les honteuses orgies du Directoire, devaient nécessairement l'entraîner dans ce parti. 11 conspira avec Babeuf, et, comme Babeuf, il dédaigna de marchander sa
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vie auprès de ses juges , en recourant à la dénégation. Traduit devant la haute cour de Vendôme, il se glorifia d'avoir pris part au projet d'insurrection dont on l'accusait, et professa solennellement son dévouement à la démocratie. Le ministère public, qui le jugeait aussi coupable que le chef même de la conspiration, conclut contre lui à la peine de mort; mais le jury établit une distinction , et ne prononça que la déportation contre Buonarotti et quelques autres accusés.
Enfermés au fort de Cherbourg, les condamnés attendirent longtemps leur translation à la Guyane. Enfin, en l'an vin, ils furent transférés dans l'île d'Oléron, d'où Buonarotti fut ensuite enlevé pour être soumis à une simple surveillance dans une ville de l'Est.
On a attribué cette mesure, dont la cause fut toujours ignorée de Buonarotti, au premier consul, qui avait été son camarade de chambre et de lit.
Cette surveillance fut levée en 1806.
Buonarotti se réfugia alors à Genève, et il y professait paisiblement les mathématiques et la musique , lorsque la diplomatie européenne, toute -puissante sur les petites républiques suisses, vint, à la suite des événements de 1815, forcer la patrie de Rousseau à devenir inhospitalière envers un descendant de Michel-Ange. Buonarotti, réduit à chercher un nouvel asile , se 'fixa en Belgique, où il vécut de sa profession de compositeur de musique , et publia, en 1828, son livre de la Conspiration de Babeuf. Il rentra en France en 1830, et continua d'y vivre du produit de ses leçons. Il y mourut en 1837, à l'Age de soixante et dix-sept ans, avec toute sa mémoire et toute son intelligence, en disant : « Je vais « rejoindre bientôt les hommes ver- « tueux qui nous ont donné de bons • exemples. »
Buquet (César) , meunier de l'hôpital général de Paris, auquel il a rendu d'importants services, en perfectionnant les moutures de manière à épargner, par jour, près de seize cents livres de pain, bien que son pain fût meilleur et plus substantiel que celui
de ses prédécesseurs. Il a publié un
Manuel du charpentier des moulins et du meunier, 1775; un Traité de la conservation des grains, 1783 , et un Mémoire sur les moyens de perfectionner les moulins et la mouture économique, in-12, 1786.
Buquet (N.), baron, maréchal de camp, combattit sous Kléber, et se distingua en Espagne à la bataille de Talaveyra de la Reyna , où il fut fait prisonnier. Conduit sur les pontons à Cadix, il parvint, peu de temps après, à s'évader, et fut fait, en 1815, premier inspecteur général de la gendarmerie.
Burci (N.), général de brigade, entra au service comme simple soldat, et se signala par une brillante valeur aux armées du Rhin. Il tomba percé de plusieurs balles à Gonderhoffen, après s'être emparé à la baïonnette d'une redoute ennemie.
Bure - les -Templiers , ancienne commanderie de l'ordre de Malte, à vingt kilomètres de Châtillon (département de la Côte-d'Or). C'était une de celles qui composaient le domaine du grand prieur de Champagne.
Bureau. Ce mot a un grand nombre de significations dans notre langue. Dans son acception la plus restreinte, c'est une table à compartiments et à tiroirs pour serrer les papiers, écrire et compter de l'argent.
En termes de palais, c'est la table sur laquelle sont posées les pièces d'un procès lorsqu'on en fait le rapport; et , par extension , ce sont les juges eux-mêmes qui assistent au rapport, ou les commissaires nommés pour l'instruction et l'examen d'une affaire. Dans une académie ou une assemblée législative, c'est la réunion du président, du vice-président et des secrétaires. Le nom de bureau sert encore à désigner le résultat du fractionnement et de la répartition des membres d'une assemblée législative en divers groupes pour l'examen des affaires qui doivent ensuite être soumises à la discussion générale. Dans les assemblées électorales, le président et les secrétaires formeut, avec
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les scrutateurs, ce que Ton appelle le bureau. Dans un autre sens , un bureau est un lieu où l'on expédie des affaires; c'est encore un établissement consacré à un service public, dans lequel se trouvent, à des jours et des heures désignés, des personnes revêtues de titres et d'emplois, ayant pouvoir et juridiction, pour recevoir ceux que leurs affaires y amènent, prendre des résolutions, faire exécuter des mesures, et quelquefois juger des contestations. C'est de ces derniers bureaux que nous allons parler; mais comme ils ont été et sont encore trèsnombreux en France , nous nous occuperons seulement des principaux.
Bureau central. L'article 184 de la constitution du 5 fructidor an m avait établi dans K s villes divisées en plusieurs municipalités, un bureau central pour l'administration des affaires que le Corps législatif jugeait indivisibles , et particulièrement de la police. L'organisation et les attributions de ces bureaux avaient été, en conséquence, déterminées par plusieurs lois. Us furent supprimes par celle du 28 pluviôse an villj et remplacés à Pans par un préfet de police, et à Lyon, Marseille et Bordeaux, par des commissaires généraux de police.
Bureau d'adresses ou de renseignements.—Le premier établissement de ce genre fut établi par le docteur Théo-
fihraste Renaudot, le fondateur de 'antique Gazette de France (voyez ce mot), et le privilège lui en fut concédé par lettres patentes. Sa feuille était datée de ce ïameux bureau , et ne fut longtemps connue que sous le titre singulier de Bureau d'adresses.
Bureau de bienfaisance, lieu où on reçoit les dons des personnes charitables, et où l'on distribue des secours aux indigents. Les bureaux de bienfaisance ont été créés par la loi du 7 frimaire an v. La restauration , qui trouva quelque chose de trop philosophique dans leur nom , leur avait donné celui fa bureaux de charité.
Bureau de conciliation. C'est le prétoire où le juge de paix reçoit les parties qui se présentent devant lui
pour se concilier sur les différends ui les divisent. On le nomme aussi
ureau de paix.
Bureau de douane, lieu où Ton perçoit les droits d'entrée et de sortie des marchandises , et où l'on vérifie si celles qui y sont déclarées peuvent ou non, d'après les lois existantes, entrer dans le royaume ou en sortir.
Les bureaux de douane sont placés sur les côtes maritimes, sur les frontières, et distribués en plusieurs lignes. Il y a pour Paris une douane spéciale dont le service se fait en même temps que celui de l'octroi , et dont les bureaux sont aux barrières.
Bureau d'enregistrement, lieu où on perçoit les droits d'enregistrement, qui remplacent aujourd'hui ceux de Contrôle, d'insinuation, de centième denier et de petit scel.
Bureau de garantie, lieu où l'on fait l'essai et où l'on contrôle le titre des ouvrages d'or et d'argent.
Bureau de la bonneterie, établissement central à Paris , où l'on reçoit les produits de la fabrication de bonneterie des départements pour les vendre et tenir compte du produit aux déposants, moyennant un droit sur le prix de vente. C'est , à proprement parler, une maison de commission.
Bureau de loterie. On appelait ainsi, il y a quelques années encore, des gouffres où allaient s'engloutir, contre un morceau de papier et de vaines espérances, la dernière ressource de plus d'une famille, et souvent le produit du crime. Ils n'existent plus depuis que, par un sentiment de pudeur beaucoup trop tardif, on a aboli l'impôt immoral établi sur la plus ignoble des passions.
Bureau de placement. Ces sortes d'établissements seraient fort utiles s'ils étaient tous tenus par d'honnêtes
Sens; mais la plupart ont pour chefs es aventuriers, des escrocs, qui arrachent le dernier écu du pauvre sur la promesse de places qui n'existent pas ou qu'ils sont hors d'état de procurer. Il n'y a pas d'années que les tribunaux correctionnels n'en frappent
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plusieurs de condamnation , et ces exemples ne profitent pas plus à l'amendement des autres qu'à l'instruction de leurs victimes. La police fait tenir un certain nombre de ces bureaux par ses agents secrets, et se procure ainsi le nom et l'adresse des gens sans emploi qu'il peut être nécessaire de surveiller.
Bureau de poste, lieu où l'on dépose les lettres et missives que l'on veut faire partir, et où arrivent celles qui doivent être distribuées. 4
Bureau de renseignements. L'article 29 de la loi du 19 vendémiaire an iv porte qu'il sera établi, en chaque greffe de tribunal correctionnel, un bureau de renseignements , où il sera tenu, soit parle greffier, soit, au besoin, par un ou plusieurs commis, sous la surveillance et direction du greffier, registre , par ordre alphabétique, de tous les individus qui seront appelés à ce tribunal ou au jury d'accusation , avec une notice de leur affaire et des suites qu'elle a eues. Le même article ajoute qu'à Bordeaux , Lyon, Marseille et Paris, le greffier enverra chaque décade un extrait de ce registre au bureau central, où il sera tenu un registre pareil, qu'il l'enverra pareillement dans les villes de cinquante mille âmes et au-dessus , ainsi qu'aux administrations municipales, où il sera tenu de même un pareil registre. Le code d'instruction criminelle, restreignant cette mesure aux seules condamnations, la renouvelle et la rend obligatoire en ces termes : « Art. 600. Les greffiers des a tribunaux correctionnels et des cours « d'assises et spéciales seront tenus « de consigner, par ordre alphabéti- « que , sur un registre particulier, « les noms , prénoms, profession , « âge et résidence de tous les indi- « vidus condamnés à un emprisonne- • ment correctionnel ou à une plus « forte peine. Ce registre contiendra « une notice sommaire de chaque «affaire et de la condamnation, à « peine de cinquante francs d'amende « pour chaque omission. » — « Art.
« 60t. Tous les trois mois, les gref-
« fiers enverront, sous peine de cent « francs d'amende, copie de ces re- « çistres au ministre de la justice et a a celui de la police générale. « — « Art. 602. Ces deux ministres feront « tenir, dans la même forme, un rea gistre général compose de ces di- « verses copies. » C'est à l'aide de ces registres généraux déposés dans les bureaux de renseignements que l'on parvient à connaître les antécédents des individus traduits en justice, et à établir le rapport statistique et judiciaire que chaque année publie le ministre de la justice.
Bureau des aides. On appelait ainsi, avant 1791, les lieux où se percevaient les droits sur les boissons. On les a appelés plus tard bureaux des droits réunis, et on les nomme aujourd'hui bureaux des contributions indirectes.
Bureau des décimes. Ces bureaux étaient des espèces de tribunaux ecclésiastiques établis pour régler ce qui concernait les décimes , les dons gratuits, et généralement toutes les impositions assises sur les béneflees.
On en distinguait deux sortes, savoir : les bureaux diocésains et les bureaux généraux ou souverains , qu'on appelait aussi provinciaux.
Nous en parlerons avec plus de développement à l'article Décimes.
Bureau des hypothèques, lieu où s'inscrivent les hypothèques accordées volontairement, ou autorisées par jugement sur les propriétés foncières, et où se transcrivent les contrats translatifs de la propriété par vente, donation, hérédité, etc.
Bureau des longitudes. — Cet établissement scientifique, dont le siège principal est à l'Observatoire royal de Paris, et dont les attributions spéciales sont la publication de la Connaissance des temps, a été fondé par une loi rendue le 25 juin 1795 , sur un pro[et de Lakanal et d'après un rapport de Grégoire. Ce bureau publie en outre tous les ans , sous le nom d! Annuaire, un excellent petit livre contenant des tables de poids et mesures, de mortalité, etc., et des
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dissertations,parmi lesquelleson Iitsurtout avec intérêt les pages où la plume aussi facile que savante de M. Arago sait si bien mettre à la portée de tous les notions scientifiques les plus utiles.
Bureau du contrôle des actes. — Sous l'ancienne législation, on appelait ainsi les lieux où les actes devaient être rapportés pour être revêtus de la forma!: té du contrôle , de l'insinuation, du petit scel et autres. C'était là que devait être payé le centième denier par les nouveaux propriétaires d'immeubles, ainsi que les autres droits du domaine que les commis du fermier étaient autorisés à percevoir. Ces bu
« énigmes , toujours suivies par de « longs applaudissements. Par tout ce « qu'ils appelaient délicatesse, senti- ■ ment et finesse d'expression, ils « étaient enfin parvenus à n'être plus « entendus et à ne s'entendre pas eux- « mêmes. Il ne fallait , pour servir à « ces entretiens , ni bon sens , ni mé- « moire, ni la moindre capacité. Il « fallait de l'esprit, non pas du meil- « leur, mais de celui qui est faux, et « où l'imagination a le plus de part. » Les principaux théâtres de ces prétentieuses réunions furent d'abord le célèbre hôtel de Rambouillet, où régnèrent pendant si longtemps Catherine
reaux ont été remplacés par ceux de de Vivonne et sa fille, la belle Julie l'enregistrement. d'Angennes; plus tard, l'hôtel de
—Au temps des corporations, chaque Bouillon , où siégeait Marie-Anne Man-
cini , et le château de Sceaux avec sa petite cour littéraire et ses fêtes présidées par la duchesse du Maine; puis l'hôtel de madame de Tencin avec 5»
ménagerie; ceux de mesdames du Châtelet et du Bocage, du Defîant, Doublet, Geoffrin, de mademoiselle J'Espinasse, et enfin de mesdames Necker, Fanny de Beauharnais et de Staël.
(Voyez ces différents noms.)
On a dit à tort qu'il n'y avait plus aujourd'hui de bureaux d'esprit. Le nom seul est changé. Maintenant on les appelle : ici , salons; là, coteries; ailleurs, camaraderies.
Bubeaux de Pusy (Jean-Xavier) , né à Port-sur-Saône en 1750, entra en 1771 dans le génie militaire, et fut nommé député a l'Assemblée constituante. Il s'y fit remarquer par sa modération , fut plusieurs fois porté à la présidence, et rédigea d'excellents rapports au nom du comité militaire.
Après la session, il fut accusé de tra-
corps de métier avait un bureau coin posé des syndics et autres chefs , pour veiller aux intérêts du métier et réprimer les infractions aux statuts.
Bureau (Louis), soldat, fut frappé d'une balle à la bataille de Marengo, et s'écria : « En avant, mes amis, il « fûut faire voir à ces gens-là que les « blessés républicains ont une baïon- « nette au bout de leur fusil. »
Bureaucratie, on désigne par ce barbare néologisme l'esprit, le pouvoir, l'influence des chefs et commis de bureau dans l'administration.
Bureaux d'esprit.— On a nommé ainsi , avec assez de justesse , les salons si fameux , dans les deux derniers siècles, où la maîtresse du logis faisant, pour ainsi dire, de l'espritinétier et marchandise, et s'érigeant en juge suprême dans tout le ressort de la république des lettres, rassemblait à jour et à heure fixes une petite académie que venaient admirei les person
nages les plus distingués de la cour et hison avec la Fayette et déclaré inno-
la ville. C'était, d'après la piquante cent. Il sortit alors de France avec ce
description de la Bruyère, « un cercle général, et partagea sa captivité dans
'de personnes des deux sexes, liées la forteresse d'Olmutz jusqu'en 1797,
«par la conversation et par un coin- où les victoires de Bonaparte lui ren-
i merce d'esprit. Ils laissaient au vul- dirent la liberté. Après avoir séjourné
<p,aire l'art de parler d'une manière quelque temps aux États-Unis, il re-
i intelligible; une ebose dite entre eux vint en France au 18 brumaire, et fut
« peu clairement en entraînait une nommé successivement aux préfec-
> autre encore plus obscure, sur la- tures de l'Allier, du Rhône et de Gênes,
quelle on enchérissait par de vraies II mourut dans cette ville en 1806,