X. Bl. 31e Livraison. (Dict. encycl., etc
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après avoir fait de courageux efforts contre l'insurrection des Parmesans.
Burette (Pierre-Jean) > de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, a consacré toute sa vie à l'étude de quelques-unes des plus obscures questions que puisse se proposer la critique. Il laissa peu de chose à faire à ses succèsseurs çour tout ce qui touche à l'histoire de la gymnastique des anciens; et Ton n'a pas été beaucoup plus loin que lui dans les recherches même les plus récentes sur le caractère de la musique antique , sur les moyens d'exétion dont disposaient les compositeurs grecs ou romains, et sur leur système musical. Il est vrai que rien n'est encore établi d'une manière précise sur ce point intéressant, et il se pourrait bien qu'il fiHimpossibled'arriver jamais à aucune conclusion parfaitement satisfaisante. Toutefois avant de proi.oncer un arrêt définitif à cet égards il faut attendre que les travaux dont s'occupe M. Vincent depuis quelques années aient été examinés et jugés par les hommes compétents. (Voyez Vincent. ) Les nombreux mémoires de Burette font partie de la précieuse collection de l Académie des inscriptions et belles-lettres. Ce savant était né en 1665. Il mourut en 1747, à l'âge de quatre-vingt-deux ans.
Blrg-Erbrach (combat de). — Pendant que le général Augereau investissait Wurtzbourf» sur le Mein, il apprit que les Autrichiens avaient rallié, en avant de Bamberg, dans la
Sosition de Burg-Eberach, un corps e douze . à treize mille hommes. Il marche aussitôt à l'ennemi avec deux divisions, et le pousse au delà de la Reduitz. Le 4 novembre 1800, les colonnes françaises sont en présence de l'ennemi, qui, couvrant laroutede Bamberg, occupait le village de Burg-Eberacn ainsi que les deux hauteurs qui le dominent, et y avait établi de fortes batteries. Le lieutenant général Duhesme parvint à chasser les Allemands du village et de leur première position; cependant ils tenaient ferme dans la seconde. Pour les en déloger, Augereau ordonna de tourner leur
gauche , à la faveur d'un bois , en couronnant la hauteur principale, tandis que l'adjudant général Deverine attaquerait de front, et que le général Treillard , avec la réserve de cavalerie, se porterait sur la route de Bamberg.
Malgré ces mouvements , les Impériaux résistaieut avec opiniâtreté, lorsque le jeune et brave Deverine chargea vigoureusement à la tête des carabiniers de la vingt-neuvième légère, et pqrvint à s'établir sur le plateau; mais, soutenu par une cavalerie nombreuse, l'ennemi se retira en bon ordre. Deverine, victime de son intrépidité, fut atteint oe plusieurs coups de feu , et succomba en disant à ses carabiniers :
« Mes amis . il est bien glorieux de « mourir au champ d'honneur. »
Burgos (bataille de). — Napoléon, entré en Espagne le 4 octobre 1808, marche sur Madrid , dont il faut conquérir la route. Une armée de vingt mille Espagnols, commandée par le comte de Belvédère, défend la ville de Burgos. Napoléon arrive devant cette ville le 10, et trouve l'ennemi en position à Gamonal. La cavalerie est mise sous les ordres de Bessières; Soult reçoit le commandement du deuxième corps d'infanterie. Ce dernier commence l'attaque, mais il est accueilli par une effroyable décharge de trente pièces de canon. Alors Mouton , à la tête de sa division, s'avance au oas de course; il est soutenu par l'artillerie, et en même temps la cavalerie de Bessières déborde 1 ennemi. Attaqués de tous côtés, les Espagnols éprouvent une déroute complète, laissent trois mille morts, autant de prisonniers, perdent deux drapeaux et vingt-cinq
Sièces de canon. Le reste se sauva ans la ville, où le vainqueur pénétra avec les fuyards, les poursuivant jusque dans les rues. Le château de Burgos est occupé par les Français. Napoléon entre dans la ville avec sa garde, y confisque des laines appartenant aux moines pour une valeur de plusieurs millions, et les fait transporter à Bayonne.
Burgos (défense du château de). — Au mois de septembre 1812, le ge-
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néral Clausel, commandant l'armée française de Portugal, s'était retiré de Valladolid pour opérer sa jonction avec Pa7mée du Nord, commandée par le général Caffarelli. En passant par Burgos, il y avait laissé le général Dubreton pour occuper le château de cette ville avec dix-huit cents hommes de garnison. Ce général fut bientôt cerné par Wellington à la tête de l'armée anglo-portugaise. Pendant trentecinq jours, il opposa la plus vive résistance à tous les efforts de l'ennemi , qui avait réuni sur ce point la plus grande partie de ses forces, lui tua quatre mille hommes, parmi lesquels plusieurs officiers de marque, et lui démonta plusieurs batteries. Le 20 octobre, Clausel et Caffarelli firent leur jonction , attaquèrent l'ennemi et le forcèrent à replier tous ses avantpostes. Le lendemain, après l'échange de quelques coups de canon, l'armée anglo-portugaise passa le ravin de Buniel et se mit en pleine retraite.
Burgos étant ainsi débloqué, l'armée française y fit son entrée le même jour, et le général Caffarelli, dans le rapport qu'il adressa au ministre de la guerre au sujet de la levée du siège, demanda une récompense honorable pour le général Dubreton , et pour les officiers et soldats qui s'étaient si vaillamment comportés.
Bubgdet (combat de). — Après 1 invasion de la province du Guipuscoa, parle général Moncey, en 1794, il semblait nécessaire de s'emparer de la vallée de Roncevaux , défendue par douze mille Espagnols bien retranchés, dont il fallait successivement enlever les diverses positions. Quatorze mille hommes, partant de Saint- Estevan et d'EIizondo , devaient marcher sur Burguet , au-dessus de Roncevaux, et se lier avec six mille hommes, rassemblés à Tardets, dans la vallée de Soûle. Ceux-ci devaient franchir les montagnes et s'avancer par Villanova. Par ce mouvement, les Espagnols , arrêtés dans leur retraite, pressés de front par la division de Saint-Jean-Pied-de-Port, pouvaient être forcés de déposer les armes , et
de laisser ainsi à découvert »a place de Pampelune. Le 16 octobre , on se mit en marche. Nos colonnes furent partout victorieuses. Malheureusement , au lieu de se porter au Burguet , elles s'arrêtèrent pour bivouaquer, et, laissant vide l'espace compris entre Burguet et Viscaret, elles aonnèrent aux Espagnols le moyen d'effectuer leur retraite. La perte de l'ennemi monta à environ quinze cents hommes tués ou prisonniers , et celle des Français à cinq cents hommes , mais ils s'emparèrent de cinquante pièces de canon , et détruisirent les fonderies d'Orbaycette et d'Eugui, estimées à trente-deux millions.
Bubick (combat de). — Pichegru menaçant la Hollande (novembre 1794)*, les Autrichiens achevaient à la hâte une téte de pont devant Burick , petite ville du duché de Clèves. Vandamme, chargé de les attaquer à la téte de la division Moreau , arrive avec son impétuosité ordinaire , emporte en un moment les retranchements , tue une centaine d'hommes , fait le reste prisonnier , et établit des batteries pour détruire les bateaux et les ponts volants placés devant Wesel.
Buridàn (Jean), né à Béthune, recteur de l'universitéde Paris et fameux dialecticien, de la secte des nominaux, est moins connu par ses Commentaires sur Aristote, imprimés à Paris en 1618 , in-fol.) , que par son sophisme de l'âne , qui est resté célèbre dans les écoles , et par la tradition qui lui fait jouer un rôle dans les infâmes orgies de Jeanne de Bourgogne. Du reste , cette tradition , indiquée par Villon ,
Eoëte du quinzième siècle , dans sa allade des Dames du temps jadis :
u Semblablement où est la reine»
« Qui commanda que Ruridan « Fut jeté en un sac en Seine ? »
est extrêmement contestée , ainsi que le prétendu exil de Buridan, persécuté par les réalistes, et obligé de se réfugier à Vienne en Autriche, et d'y ouvrir une école publique. On croit que ce célèbre professeur mourut vers
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BimiGNY (Je in Lévesque de) , né à Reims, en 1692, consacra sa vie à l'étude . et s'ouvrit par son savoir les portes de l'Académie des inscriptions et belles-lettres , en 1756. Le recueil de cette Académie contient trentequatre Mémoires ou Dissertations de lui sur différents-sujets. Il a laissé en outre un Traité de l'autorité du pape, 1720. in-12 , 4 vol. , ouvrage peu estimé ; une histoire de la philosophie païenne, réimprimée sous le titre de Théologie païenne, Paris, 1754, livre fort instructif. Des douze volumes qui composent la publication périodique de Y Europe savante , près de six ont été composés par lui. Il mourut à Paris , le 8 octobre 1785 , à l'âge de quatre-vingt-quatorze ans. Il conserva toute la force de son esprit jusqu'à son dernier soupir ; et Ton peut citer comme une des choses qui rhonorent le plus , les paroles qu'il dit à ses amis quelques instants avant sa mort : « Si j'avais été assez malheu- « reux pour douter de l'immortalité « de l'âme, l'état où je suis me ferait « bien revenir de mon erreur : mon « corps est insensible et sans mouve- « ment ; je ne sens plus mon exis- « tence ; cependant je pense, je réflé- « chis , je veux , j'existe ; la matière « morte ne peut produire de pareilles « opérations.»
Bublats , bourg du Languedoc , aujourd'hui département du Tarn , à quatre kilomètres de Castres. C'est au château de Burlats que Constance, sœur de Louis le Jeune , et femme de Raymond V, comte de Toulouse, vint ne retirer après avoir été délaissée par son époux. Elle y donna le jour à une fille, Adélaïde de Toulouse, comtesse de Burlats , que sa beauté et ses vertus, chantées par les troubadours qui se réunissaient en grand nombre à sa cour , rendirent fort célèbre au commencement du treizième siècle.
Bublkt , lieutenant au deuxième régiment d'infanterie légère , après avoir fait des prodiges de valeur au siège d'Ulm , fut mis hors de combat
{>ar un biscaïen; il fallut lui couper e bas de la jambe : « Voilà la pre-
« mière fois que je lâche le pied,»
dit -il, fidèle à la gaieté française, pendant qu'on lui taisait l'amputation*. Ce brave mourut des suites de sa blessure.
Bubnouf (Eugène), fils du suivant, membre de l'Institut ( Académie des inscriptions et belles-lettres) , professeur de langue sanscrite au collège de France , secrétaire de la Société asiatique de Paris, etc., etc.
Néà Paris, Ie8avril 1801, M.E.Burnouf a fait ses études au collège Louis le Grand avec des succès qui ne se sont point ralentis une seule année, et dont ses condisciples ont conservé le plus vif souvenir. Après quelques incertitudes sur la carrière qu'il devait suivre, après s'être fait recevoir élève de l'école des Chartes en 1822, et avocat en 1824 , M. E. Burnouf se livra tout entier aux belles études qui devaient faire sa gloire littéraire, et rendre de bonne heure son nom l'un des plus illustres parmi les orientalistes de notre temps. En 1826, il publiait avec M. Chr. Lassen , aujourd'hui professeur de sanscrit à Bonn , VEssai sur le pâli , qu'il complétait l'année suivante par une série d'Observations qui lui étaient personnelles. Ces deux publications attirèrent sur lui l'attention de l'Europe savante. M. Burnouf possédait dès lors une connaissance approfondie du sanscrit, et cette langue, si importante par la haute antiquité , la valeur et le nombre des ouvrages qu'elle a produits , cette langue , qui est la souche commune de tous les idiomes de l'Occident et d'une partie de ceux de l'Asie, était le but et aussi le moyen de tous ses travaux. Dans le pâli ~, M. Burnouf avait retrouvé une forme dégénérée du sanscrit , au même degré à peu près que l'italien l'est du latin ; et il avait prouvé par des faits irrécusables, l'ancienneté d'une langue qui , vers les premiers temps de notre ère, présentait déjà une transformation aussi remarquable. Mais cette première application du sanscrit à l'étude d'un des idiomes les moins connus jusqu'alors, devait être suivie d'une autre applica-
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tion bien autrement difficile, et surtout * bien autrement féconde. On se rappelle qu'Anquetil Duperron était allé chercher dans l'Inde, avec un héroïsme illustre dans les fastes de la science , les débris de la religion de Zoroastre. Il avait rapporté le texte des livres liturgiques que conservent encore les Parses, et une traduction qu'il s'était fait donner par eux. Mais ces textes si précieux, monuments d'une religion et d'une langue disparue même avant notre ère, n'avaieut point été étudiés directement par le courageux missionnaire , qui les avait découverts au péril de sa vie. Anquetil avait dû s'en remettre , pour le sens de ces livres saints, à la science fort douteuse des tribus exilées qui les possèdent et les adorent. Depuis Anquetil , personne n'avait été plus heureux que lui ; et ce qui reste des livres de Zoroastre était une énigme dont personne en Europe n'avait le mot. Quelques efforts tentés avec plus de curiosité que de science avaient été infructueux. Ce fut à l'aide du sanscrit que M. E. Burnouf parvint à percer les ténèbres profondes dont ces vénérables monuments restaient couverts.
Les livres de Zoroastre avaient été traduits en sanscrit vers le septième siècle par Nériosengh ; et il était possible , à l'aide de cette antique version , de rétablir des doctrines que la tradition avait dû altérer entre les mains même des Parses. En outre , la comparaison du texte sanscrit et du texte zend démontrait entre les deux langues des analogies , des identités frappantes. Dès lors , il était permis de tenter à la fois, et l'interprétation directe du zend et celle du dogme de Zoroastre. C'était une entreprise bien intéressante , mais bien difficile, que de ressusciter ainsi , au moyen d'un idiome connu, un idiome mort depuis deux mille ans , et d'expliquer par la philologie du dix-neuvième siècle les débris d'une langue que les indigènes eux-mêmes ne comprenaient plus dès le temps de Darius et d'Alexandre.
Ce qu'il a fallu de travaux et de sagacité pour accomplir une œuvre pa-
reille, c'est ce que savent ceux-là seuls qui ont abordé ces graves études , et qui ont étudié de près les ouvrages où M. E. Burnouf a déposé le résultat de ses recherches. Son premier soin fut de publier à ses frais, en 1829, le texte même du Vendidad sadé , in-folio, et de reproduire, à l'aide de la lithographie , le monument dont il allait donner l'interprétation. Chose unique peut^ être dans l'histoire de la philologie , cette édition d'un texte sacré , faite par des mains profanes mais savantes, à quatre mille lieues de distance, a servi dans l'Inde de modèle et de base à une édition nouvelle que les sectateurs de Zoroastre ont faite de leurs livres saints î C'est en 1833 et en 1835 que M. E. Burnouf a publié les deux volumes in-4° de son commentaire sur le Yaçna , partie du Vendidad sadé où il a' expliqué le sens et la forme de chacun des mots que com-
Erend le premier chapitre. Jamais pulication philologique ne lit plus de sensation dans le monde savant , et il n'y eut pas en Europe un esprit sérieux et éclairé , même dans des études fort éloignées de celles-là , qui ne se plût à lui rendre hommage. Dès 1826, M. E. Burnouf avait été nommé secrétaire adjoint de la Société asiatique de Paris ; et en 1829, il fut appelé a être titulaire de ces fonctions , qu'il a remplies depuis cette époque avec un zèle dont la science a constamment profité. Cette même année , M. E. Burnouf fut nommé maître de conférences à l'école normale , pour la grammaire générale et comparée. Il a cru devoir résigner cet emploi , lors-
3ue, en 1832, il succéda à M. de Chézy ans la chaire de sansGrit au collège de France, à M. Saint-Martin au Journal des Savants , et dans l'Académie de* inscriptions et belles-lettres , à M. Champollion jeune.
Au milieu de ses travaux sur le zend , M. E. Burnouf s'est livré à des publications de moindre importance , mais qui auraient encore suffi pour lui faire un nom honorable dans les lettres. Il a composé en 1827 les notices accompagnant les dessins rappor-
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tés de Tlnde par M. Geringer , et formant le premier volume de Ylnde française. Les notices du second volume" sont du jeune et infortuné Jacquet , enlevé sitôt à la science et à ses amis , qui seuls ont su tout ce que promettait son talent modeste. En 1831 , M. E. Burnouf a remporté le prix fondé par Volney, et décerné par l'Institut pour la transcription des alphabets de l'Inde ancienne et moderne.
Ce mémoire est resté manuscrit. En 1836 , il a publié un mémoire sur les inscriptions cunéiformes de Perscpolis , et il a fourni quelques éléments nouveaux à la solution d'un problème que la philologie européenne n'a pas su résoudre encore. Nous pourrions ajouter a l'indication de ces travaux divers, celle de nombreux articles qu'a publiés M. Burnouf dans le Journal asiatique de Paris t>\ le Journal des Savants, et entre autres une série d'articles sur la Grammaire sanscrite de Bopp. La plupart des académies étrangères ont tenu à honneur de s'associer un philologue aussi éminent. En 1827 , il a été élu membre de la Société asiatique de Londres; en 1831, de celle de Calcutta ; en 1835, docteur de l'Université de Kiel en Danemark; en 1 836, correspondant de l'Académie des sciences de Turin; en 1837, membre de la Société asiatique de Bombay; en 1838 , membre de l'Académie de Lisbonne et de celle de Munich. Il a été nommé membre de la Légion d'honneur en 1834 par M. Guizot.
Dans le cours de l'année 1840, M. E. Burnouf a achevé la publication (texte et traduction) du premier volume du Bhagavata Pourana , l'un des dix-huit poèmes religieux et légendaires de la littérature sanscrite. Ce volume , qui sera suivi de quatre autres, fait partie de la grande et magnifique collection orientale publiée par les soins du gouvernement. Nous savons aussi que M. E. Burnouf imprime en ce moment le texte et la traduction d'un des livres bouddhiques; cette publication sera la première en ce genre que l'orientalisme ait jusqu'ici tentee.
Voilà de bien immenses et bien utiles travaux , accomplis par un homme jeune encore, plein d'avenir, et qui, en perpétuant un nom déjà célèbre dans la science, et cher à renseignement, agrandit tous les jours le.
vaste champ que la philologie orientale a ouvert, pour la gloire du dixneuvième siècle, à l'histoire de l'esprit humain et à la philosophie. Les études sanscrites, auxquelles M. E. Burnouf a voué sa vie, sont aujourd'hui les plus fécondes aussi bien que les plus nou* velles que l'Asie puisse nous offrir.
Elles sont appelées à jouer de nos jours un rôle aussi grand que celui des lettres grecques et latines au seizième siècle. C'est là un des faits les plus considérables de ce temps , que quelques esprits prévenus et peu libéraux s'efforcent en vain de méconnaître.
Tous les gouvernements de l'Europe l'ont bien compris, puisqu'ils ont tous créé des chaires publiques au nouvel enseignement. M. E. Burnouf a la gloire , par ses leçons , aussi bien que
1>ar ses ouvrages, d'assurer à la France a place la plus belle dans cette grande carrière qui s'ouvre à peine. La sûreté de son érudition, la sagacité de sa critique , ses vastes connaissances philologiques, la parfaite clarté de son esprit, l'excellence de sa méthode, si logique, et l'on peut dire si française, la diversité de ses études, enfin la persévérance infatigable de ses travaux , qui a déjà tant produit et qui promet bien plus encore , tout fait de M. E. Burnouf l'un des savants dont le pays doit le plus justement s'honorer , et qui lui font certainement le plus d'honneur aux yeux du monde savant.
Bubnouf (Jean-Louis), l'un des hommes qui , depuis la fondation de la nouvelle université , ont le plus contribué aux progrès des études en France, naquit, en 1"75, à Urville (département de la Manche). Après avoir professé pendant vingt ans la rhétorique dans différents collèges de Paris, il lut nommé, en 1817, à la chaire d'éloquence latine du Collège de France, et devint ensuite inspecteur de l'Académie de Paris , puis inspecteur général
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des études (1830), et entin bibliothécaire de l'Université (1840).
Sa Méthode pour étudier la langue grecque, publiée pour la première fois en 1813, et dont la trente-quatrième édition a paru en 1840, a produit en France une véritable révolution dans l'enseignement de cette langue. On pourrait même ajouter que les principes de grammaire générale qui s'y trouvent développés, et que M. Burnouf a su mettre à la portée des plus jeunes intelligences , ont réagi d une manière salutaire sur d'autres parties de l'enseignement. C'est , en effet, depuis la publication de cet ouvrage si remarquable, que d'autres livres, composés d'après les mêmes principes, ont donné un caractère plus philosophique à l'étude de notre propre langue. Cependant une lacune restait encore a remplir ; les élèves de nos écoles en étaient réduits à étudier la grammaire latine dans le mauvais ouvrage du res-
Sectable Lhomond4 et l'insuffisance e cette première base explique peutêtre l'affaiblissement sensible qui se fait remarquer depuis quelques années dans une partie si importante de l'enseignement. M. Burnouf a su apporter un remède au mal : sa Méthode pour étudier la tangue latine, aussi sagement conçue , aussi philosophique , et cependant aussi pratique que la méthode grecque, est destinée, nous osons 1 affirmer, à obtenir le même succès et à rendre les mêmes services.
M. Burnouf en rend un non moins grand à l'Université . en se chargeant depuis dix ans de présider le concours d'agrégation pour les classes de grammaire. Ce concours, qui attire de toutes les parties de la France un grand nombre de candidats , est tous les ans , pour M. Burnouf, une occasion de répandre les saines doctrines de l'enseignement , et d'initier les jeunes professeurs aux hautes études grammaticales, dont il ne pouvait présenter, dans ses livres, que le côté pratique.
M. Burnouf est, depuis 1836, membre de l'Institut (Académie des inscriptions et belles-lettres); on lui doit,
outre les deux ouvrages dont nous venons de parler, une édition de SaUuste, l'un des meilleurs travaux de la collection des classiques latins de Lemaire, dont elle fait partie, et des traductions très - estimées des Catilinairès et du Dialogue sur les orateurs de Cicéron, Paris, 1826, in-8w; des OEuvres complètes de Tacite, Paris, 1828-
1833, 6 vol. in-8°; et le Panégyrique de Trajan, par Pline le Jeune, Paris,
1834, in-12. Toutes ces traductions sont accompagnées de commentaires où le goût le plus pur s'unit à l'érudition ta plus étendue.
Bursaux (édits). Voyez Édits.
Bubthe (André, baron), maréchal de camp. Né à Metz, en 1770, d'une famille irlandaise réfugiée, il entra au service en 1791, fut cité avec distinction à la bataille de Nerwinde, et devint bientôt aide de camp de Masséna, qu'il accompagna en Suisse et à Gênes. Ce général , juste appréciateur du mérite, n<morait Burthe d'une amitié toute v particulière , et le chargea de présenter au premier consul les drapeaux arrachés à l'ennemi pendant le siège.
En 1804, Burthe se fit encore remarquer à Austerlitz. Il fit ensuite les campagnes de Prusse , de Pologne et d'Espagne, où il se distingua dans différentes rencontres. Chargé de couvrir le siège de Lérida, il en vint aux mains avec le général O'Donnel, le battit et le rejeta dans les montagnes d'où il était descendu pour débloquer la place.
Général de brigade eu 1810 , il fut blessé et fait prisonnier en Russie, et ne reparut qu'en 1813. Il déposa les armes après les malheurs de 1814, les ressaisit en 1815. et prit une part brillante à la bataille de Fleurus. On le vit encore, sous les murs de Paris , tailler en pièces deux régiments prussiens. Ce fut le dernier acte de sa vie militaire.
Buby, ancienne seigneurie du Blésois, érigée en baronnie en 1566, et en comte en 1634.
Buby (de), l'un des plus médiocres compilateurs du siècle dernier, a publié , entre autres ouvrages , une Histoire de la vie d'Henri IV, Paris ,
1765, in-4°; et une Histoire abrégée entre Schaffouse et Stein, le 2 mai des philosophes et des femmes celé- 1800 , au moment où l'armée du Rhin bres , Paris, 1773 , 2 vol. in-12. s'avançait en Allemagne pour soutenir Bus (César de) naquit, en 1544, à l'armée de réserve. Une heure et de- Cavaillon. Après une jeunesse fort dis- mie suflit pour jeter un pont .sur le sipée, il embrassa à trente ans l'état fleuve, trois heures pour porter sur sa ecclésiastique, et se consacra entière- rive droite tout le corps d'armée de ment à l'instruction des enfants et du Lecourbe. Les Autrichiens , partout peuple. Il fonda, en 1592, dans la pe- culbutés, n'opposèrent une vive résistif ville de PIsIe , au comtat Venais- tance que sur le village de Busingen, sin , la congrégation de la doctrine où le général Goullu dut combattre chrétienne, qui fut approuvée par Clé- toute la journée pour se maintenir sur ment VII. Quoique frappé de cécité la rive droite, dans la dernière année de sa vie, il ne Busset, seigneurie de comté dans cessa de diriger son établissement jus- l'ancienne province d'Auvergne , à qu'à sa mort, arrivée à Avignon en douze kilomètres de Vichy (aujourd'hui 1G07. Le peuple le regarda comme un département de l'Allier), passa, au comsaint. César de Bus avait aussi institué, mencement du seizième siècle , à Tune sous le nom de Filles de la doctrine des branches bâtardes de la maison de chrétienne , une congrégation de fem- Bourbon, et lui donna son nom (termes qui subsista jusqu'à la révolution. bon-Busset). Cette famille n'a produit
Busingen ( combats de ).— -Pendant aucan homme remarquable, que Masséna était aux prises avec les Busset (Pierre-Louis de), maréchal Russes d'Italie, en 1799, Korsakow, de camp, né à Rueil , près Paris, le ayant réuni les débris de son armée 12 mars 1736. Engagé de bonne heure près du poat de Busingen, avait été dans la carrière militaire, il contribua, rejoint par le corps de Condé et le en 1757, à repousser une descente des contingent bavarois. Pour faire une Anglais sur les côtes de la Rochelle, diversion en faveur de Suwarow, qui L'année suivante, il s'embarqua pour lui avait écrit qu'il payerait de sa téte le Canada ; mais son bâtiment, séparé un pas de plus fait en arrière , il tenta de la flotte dont il faisait partie , fut un dernier effort sur les divisions pris par deux vaisseaux anglais après Lorges et Ménard , restées en obser- un combat meurtrier. Busset , griève* vation en avant de la ïhur. Masséna ment blessé , fut conduit en Angleayant ordonné, le 7 octobre, aux di- terre , où il resta trois ans. Il fit envisions Lorges et Ménard de se porter suite la campagne d'Allemagne de sur Stein et Diessenhoffen , sur Para- 1762 , et celles de Corse, lors de lïndis et la tête de pont de Busingen , la surrection de cette île. En 1792, il seconde colonne se heurta contre Kor- réunit un détachement des ccnt-suisses sakow, qui marchait pour l'attaquer avec lequel il alla rejoindre, à Coà la tête de douze mille Russes et blentz , les princes , qui le créèrent Bavarois. Chargée avec une impétuo- maréchal de camp. Il fit, en cette quasité extraordinaire, la division Menard lité, l'expédition de Champagne, et pliait, quand la réserve des grenadiers, servit jusqu'au licenciement qui suivit ostée a Andellingen , rétablit le com- la retraite du roi de Prusse. A la resat. De son côté, 1a division Lorges tauration, Louis XVIII nomma Busset arriva vers Diessenhoffen après avoir commandeur de Saint- Louis, lui acforcé les postes avancés des Russes à corda une pension de quinze cents se replier. L'ennemi dirigea vainement francs sur cet ordre, et l'admit au contre elle plusieurs charges de cava- maximum de la retraite de maréchal lerie et d'intanterie. Après un combat de camp.
opiniâtre , il fut culbuté partout , et Bussièbe (la), ancienne seigneurie
forcé de se retirer en désordre. du Gatinais (aujourd'hui département
— Le général Lecourbe passa le Rhin du Loiret), à 6 kilomètres de Gien,
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érigée en marquisat, en 1679, en faveur de Charles du Tillet, conseiller au parlement de Paris.
Bussibbes (Jean de), jésuite, né en 1607, à Villefranche, près de Lyon :
on a de lui plusieurs poëmes latins, dont l'un a pour titre : La délivrance de File de Rét Lyon, 1655, in-12. On lui doit encore une Histoire de France en latin, Lyon, 1671, 2 volumes in-4°, et des Mémoires de ce qu'il y a de plus remarquable dans nilefranche en Beaujolais, Villefranche, 1671, in-4°, fig.
BussiGNAC (Pierre de), clerc et gentilhomme d'Autefort, vécut dans le château de Bertrand de Born, et composa plusieurs sirventes, dont deux ont été publiés par M. Raynouard. II mourut vers la fin du douzième siècle.
Busson-Descabs (Pierre), ingénieur en chef des ponts et chaussées, naquit à Bauge, en 1764. Il a composé un ouvrage intitulé : Essai sur le nivellement, 1805, in-8°. On lût doit encore un petit traité contenant la théorie et la pratique du nivellement réduites à leur plus simple expression, et la description d'un niveau d'eau, de son invention, plus commode et plus ingénieux que tous ceux qu'on avait employés jusqu'alors; Busson est mort en 1825.
Bussy (Alexandre), professeur à l'école de pharmacie de Paris, né à Marseille en 1794 , a publié des travaux qui le placent au rang de nos plus savants chimistes. On lui doit de précieuses découvertes dont on a fait déjà d'heureuses applications aux arts et à la mécanique. Nous nous contenterons de citer ses Mémoires sur l'acide stilfurique, sur la liquéfaction du chlore , de l'ammoniaque , sur la distillation des corps gras, etc.
Bussy (Michel Celse Roger de Rabutin, comte de), évéque de Luçon, fils du célèbre Bussy-Rabutin. Son esprit et son amabilité, qui lui avaient valu le surnom de dieu de la bonne compagnie, le firent admettre à l'Académie française, en 1732, après la mort de Lamotte. Il ne produisit rien
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et mourut, en 1736, âgé de soixantesept ans.
Bussy (Rocer de Rabutin, comte de) se fit, au dix-septième siècle, par ses amours, ses disgrâces et ses écrits, une réputation qui dure encore. Né à Kpiry, dans le Nivernais, en 1618, il fut placé, à dix-huit ans, à la tête d'un régiment qui avait appartenu à son père. En 1649, il était avec l'armée royale sous les murs de Paris, et escarmouchait avec les frondeurs. En 1650, il changea de parti comme la plupart des acteurs de cette guerre, et se joignit aux amis du prince de Condé , que Mazarin venait de faire mettre en prison. Peu de temps après il se réconcilia avec la cour et alla servîr dans la Flandre , sous Turenne, avec la charge de mestre-decamp-général de la cavalerie légère.
Mais son amour pour le plaisir et le scandale, son esprit d'indépendance et d'indocilité, son extrême orgueil attirèrent souvent sur lui les reproches de ses chefs et lui causèrent mille ennuis. Un jour, piqué au vif par une sévère réprimande que Turenne lui avait adressée sur une bévue stratégique, il fit circuler un couplet satirique qui alla jusqu'à la connaissance de Louis XIV et l'indisposa fortement contre lui. La chronique scandaleuse qu'il publia à son retour sous le titre d'Histoire amoureuse des Gaules, et où il faisait le récit de prouesses galantes, dont quelques-unes n'avaient pas d'autre héros que lui-même, souleva contre lui un violent orage de
filaintes et d'accusations, et acheva de e perdre dans l'esprit du roi. La mesure fut comblée par un couplet hardi, chanté dans une orgie, sur mademoiselle de la Vallière. Bientôt Bussy fut mis à la Bastille et n'en sortit que pour se voir condamné à l'exil; il fut relégué dans ses terres avec ordre de ne plus reparaître à la cour. Cet arrêt désespéra un homme aussi ambitieux.
Il écrivit au roi des lettres où il joignait aux expressions les plus exagérées d'un hypocrite repentir, tout ce que l'adulation la plus complaisante peut suggérer d'éloges hyperboliques.
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En vain M. de Noailles et M. de Saint- Aignan, qui lui étaient restés fidèles, appuyèrent ces lettres auprès du monarque: Louis XIV fut inflexible et Bussy resta seize ans dans l'exil. En même temps qu'il prodiguait au prince es prières pour recouvrer son rang, 1 affectait, dans ses lettres à ses amis et à madame de Sévigné. sa cousine, une résignation dédaigneuse et un calme stoïque, et s'efforçait de paraître indifférent à une disgrâce qui leoésolait.Du reste, un homme d'un extrême orgueil trouve des consolations dans cette passion même, et Bussy se dédommageait de n être plus rien a la cour, par l'idée de compter parmi les premiers écrivains du s;ècle et par le faste solitaire de sa vie de seigneur dans ce château de province, où il s'entourait des portraits et des arbres généalogiques de sa famille. Les ouvrages qui exerçaient sa plume étaient une histoire abrégée de Louis le Grand et ses propres niemoires. Ses lettres étaient aussi des compositions étudiées dont il calculait l'effet pour être admiré. Enfin, en 1G82, on lui permit de reparaître à la cour, mais ce n'était qu'une faveur légère que n'accompagnait point un pardon réel. Bussy le vit bien aux difficultés qu'il rencontrait dans ses moindres demandes. La cour était Changée et faisait peu d'attention à l'ancien frondeur. Il reprit le chemin de ses terres, où il continua à se draper dans sa philosophie affectée; il mourut dans la retraite, en 1693. Ses lettres sont écrites avec correction et élégance , mais l'absence de naturel s'y Tait trop sentir, et l'orgueil les rend quelquefois insupportables. Ses mémoires, où il parle beaucoup de lui, offrent peu d'intérêt. Un style assez piquant et beaucoup d'anecdotes scandaleuses ont fait vivre jusqu'à ce jour son Histoire amoureuse des Gaules.
Bussy-Albietjx, ancienne seigneurie avec titre de comté, dans le Forez, à 22 kilomètres de Roanne (aujourd'hui département de la Loire).
Bussy-Casteln au (Charles- Joseph- Pâtissier, marquis de) , né à Bucy, près Soissons, en 1718, passa de
bonne heure aux Indes orientales, et y servit avec une grande distinction dans les troupes de la Compagnie française. A la tête de quelques Français et d'un corps de mille Indous, il fit la conquête d'une partie du pays de Carnate. En 1748, il contribua puissamment à défendre Pondichéry contre les Anglais. Son activité et ses talents le firent avancer rapidement, et en 1782 il fut nommé commandant de nos forces de terre et de mer au delà du cap de Bonne-Espérance. Réuni aux princes du pays, il soutint la guerre avec avantage, et mourut en 1785 à Pondichéry, âgé de soixantesept ans.
Bussy d'Amboise (Louis de Clermont de) se signala dans les massa* cres de la Saint-Barthélémy, dont il profita pour assassiner un de ses parents avec lequel il était en procès.
Ensuite il s'attacha au duc d'Anjou, et obtint le commandement du château d'Angers. Ayant entrepris de séduire la femme de Charles de Chambes, comte de Montsoreau, il fut attiré dans un piège et assassiné par ce seigneur. « Toute la province, ditdeThou, a fut charmée delà mort de Bussy, et « le duc d'Anjou lui-même ne fut pas « trop fâché d'en être délivré. »
Bussy-le-Chatel , ancienne seigneurie de Champagne (aujourd'hui département de la Marne), à 12 kilomètres de Châlons, érigée en marquisat en 1703.
Bussy-le-Clerc ( Jean). D'abord maître d'armes , puis procureur au parlement, et enfin , grâce au duc de Guise, gouverneur de la Bastille, fut un des chefs de la faction des Seize pendant la ligue. Il se présenta, en 1589 , à la tête d'une troupe armée, devant la grand'chambre du parlement, et somma cette compagnie d'abandonner la cause royale. Sur son refus, il conduisit à la Bastille les membres les plus récalcitrants. Il fut , en 1591, l'un des instigateurs du supplice de Brisson , de Larcher, de Tardifer et de Duru. Mais le duc de Mayenne, la même année, délivra Paris de U tvrannie des Seize, dont plusieurs fu-
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rent pendus. Bussy n'obtint la vie qu'en rendant la Bastille. II se retira alors à Bruxelles, où il reprit son premier métier de maître d'armes. Il mourut quarante ans après dans la plus grande misère.
Butel-Dumont { George- Marie ), avocat, ne à Paris le 28 octobre 1725, exerça successivement les fonctions de censeur rovai, de secrétaire d'ambassade à Saint-Pétersbourg, et fut commis au dépôt du contrôle général.
Il a publié un assez grand nombre d'ouvrages, dont les principaux sont : Mémoires historiques sur la Louisiane, rédigés sur les manuscrits de tabbé Lemercier, Paris, 1753, 2 vol. in-12, avec figures; Histoire et commerce des colonies anglaises, 1755. in-12 Essais sur les causes principales qut ont contribué à détruire les deux premières races des rois de France, Paris, 1776, in-8°, ouvrage couronné par l'Académie des inscriptions et belles -lettres; Recherches sur l'administration des terres chez les Romains, Paris. 1779, in-8°. Butel-Dumont est mort a la fin du dernier siècle
l" Butin.— Sous les rois delà première race, tout le butin que les troupes faisaient dans une expédition militaire appartenait à l'armée, et se partageait entre les chefs et les soldats ; le roi lui-même n'avait de part
?je celle que le sort lui assignait, endant une marche de Clovis à travers le district de Reims , ses soldats, selon leur coutume, pillèrent les habitations particulières , les établissements publics ou religieux, et enlevèrent d'une église un vase d'argent d'un grand prix. Saint Remi , depuis longtemps en relation avec Clovis, qu'il jevait baptiser plus tard avec trois mille des siens , lui envoya des députés pour le prier de lui faire restituer ce vase. « Suivez-moi jusqu'à Sois- « sons, où se fera le partage du butin,» dit ce prince aux députés, « et là je vous « donnerai satisfaction. «Arrivé à Soissons, quand le butin fut réuni, Clovis demanda de pouvoir disposer, avant le partage, du vase que réclamait l'évê-
que de Reims. Tous ceux qui l'environnaient y consentirent avec empressement; un seul Franc, moins courtisan que les autres, s'écria en frappant de sa hache un grand coup sur le vase : «Vous n'aurez rien de plus que ce « que le sort vous accordera. » Clovis, quoique irrité de cette opposition , ne répondit rien, parce que le soldat était dans son droit. Il obtint cependant le vase, le donna aux envoyés de saint Remi , et ce ne fut que sous prétexte d'une infraction à la discipline qu'il put se venger plus tard de cette numiiiation dont souffrait son orgueil.
Dans la suite , ce partage du butin cessa d'avoir lieu, et quand on saccagea les villes, chaque soldat fut autorisé à garder pour lui ce qu'il avait ravi aux malheureux habitants, sauf une part qu'il était tenu de réserver pour ceux de ses compagnons qui étaient restés sous les armes durant le pillage. Jusqu'au dix-septième siècle, les prisonniers faisaient la partie la plus importante du butin militaire, parce qu on exigeait d'eux pour leur rendre la liberté, une rançon proportionnée à leur naissance, leur rang, leur fortune, et qui se taxait ordinairement à une année de leurs revenus. Les prisonniers, à cette époque, étaient, après la bataille, un objet de commerce et de libéralité. Comme ils appartenaient à ceux qui les avaient reçus à merci, on les vendait, ou on les échangeait moyennant une différence.
Le roi et les grands seigneurs en donnaient quelquefois à ceux de leurs inférieurs qui s'étaient distingués dans le combat, pour réparer les pertes qu'ils avaient faites, ou les enrichir quand ils étaient pauvres. C'est ainsi qu'après la bataille de Bouvines , Philippe-Auguste distribua aux quinze communes qui l'avaientsecondéune partie des prisonniers faits sur l'ennemi. [Voyez Bouvines (bataille de).] Cette coutume peut paraître choquante , mais elle avait son bon côté , en ce qu'elle modérait l'effusion du sang humain , et que l'on aimait mieux prendre vivant un riche seigneur dont on pouvait tirer de l'argent, que de le tuer sans aucun profit. Les sommes que
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les villes payaient pour se racheter du pillage étaient aussi considérées un butin qu'on distribuait à l'armée qui les avait prises; mais les rois finirent , quand ils n curent plus que des troupes soldées , par verser ces sommes dans leur trésor pour s'indemniser des frais de la guerre; Aucune de ces coutumes ne subsiste aujourd'hui. Si ce n'est dans de rares circonstances, on ne met plus les villes au pillage; les prisonniers faits dans une action appartiennent à l'Etat , oui n'en exige point de rançon , mais les échange pendant le cours de la guerre, ou les rend après la paix. Il n'y a de butin à présent pour le soldat que celui qu'il se procure par un maraudage secret, périlleux et défendu sévèrement; que le prix des chevauxqu'il enlève aux ennemis; que les dons que se hâtent de lui faire les officiers qu'if prend vivants, et enfin que la dépouille de ceux qu'il tue sur le champ de bataille.
Butret (le baron de), né en France dans le dix-huitième siècle, d'une famille noble et riche, renonça à son rang et à ses titres pour se dévouer aux progrès de l'agriculture , et travailler au bonheur des habitants de la campagne. Son -livre intitulé Taille raisonnée des arbres fr uitiers, Paris, 1793,in-8°, est le plus instructif de ceux qui ont été composés sur cette matière ; il a eu treize éditions jus-
3u'en 1801; on ne les compte plus epuis cette époque. Butret, après avoir appris à Montreuil, près Vincennes, tous les détails de l'art du jardinage , et surtout la pratique de la taille des arbres , était allé s'établir à Strasbourg, où il avait déjà fondé un magnifique jardin , dont il se proposait de faire une école pratique pour la culture des arbres fruitiers, lorsque les malheurs de la révolution vinrent détruire le fruit de ses travaux. Forcé alors d'émigrer , il trouva un asile à la cour de l'électeur palatin , qui lui confia la direction de ses jardins. Il mourut à Strasbourg en 1 805. On raconte de ce vertueux agriculteur des traits d'une admirable bien-
faisance. Ayant un jour reçu 500 fir.
pour une édition de son livre , il alla s'établir dans un village voisin de Strasbourg où la culture des arbres était négligée, quoique le sol y fût très-favorable ; il v fit venir des arbres, les distribua aux habitants, leur apprit la théorie et la pratique de l'art qu'il avait poussé si loin , et ne les quitta qu'après avoir dépensé la somme entière à fonder une branche d'industrie qui est devenue une source d'aisance pour ce pays.
Buttafuoco (Mathieu), né en 1730, à Rescovato, petite ville de Corse, non loin de Bastia , embrassa la carrière des armes, et s'éleva au grade de maréchal de camp , bien qu'il se fût fait remarquer moins par des services militaires que par un certain talent de négociateur. A l'époque où le duc de Choiseul résolut de réunir la Corse à la France, Buttafuoco fut un des principaux agents du ministère français, et* il reçut la mission délicate de contûnuer les négociations entamées avec Paoli par Valcroissant. Lorsque , en 1708. les Génois eurent cède leurs droits à la France, Buttafuoco, comprenait que la Corse ne pouvait aspirer à une indépendance sérieuse, se mit ouvertement en opposition contre Paoli, qui ne voulait admettre h France que comme puissance protectrice, et il contribua à l'incorporation pure et simple. Ses compatriotes l'accusèrent souvent d'avoir vendu son pays; quoique l'opinion qu'il soutenait se justifie assez par elle-même, on ne peut nier que Buttafuoco n'ait reçu du ministère Choiseul des marqués de faveur que sa position délicate n'aurait pas dû lui permettre d'accepter.
En 1789, Buttafuoco fut élu député de la noblesse de Corse aux états généraux. Il s'y montra dévoué au parti de l'ancien régime , et vota presque toujours avec la minorité rétrograde.
Il fut accusé par Mirabeau d'avoir entretenu une correspondance criminelle; mais on ne trouva dans ses lettres qu'une improbation de la constitution civile du clergé. Eu 1790, il