‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 76 sur 96 · BIA FRA · texte numérisé non relu

BIA FRA

Bonnivet se vit alors contraint de passer lui-même )a Sésia, pour essayer de rentrer en France par le val d'Aoste. Il fit en conséquence jetei un pont entre Romagnano et Gatanera , et s'avança pendant la nuit sur les bords de la rivière. Les Impériaux , fatigués des marches et des contre-marches qu'ils ne cessaient de faire depuis quelque temps, auraient voulu passer cette nuit dans leur camp; mais le duc de Bourbon les engagea à se rapprocher de la Sésia, pour surveiller les mouvements des Français.

Dès la pointe du jour (30 avril 1524), l'amiral lit déGler son infanterie sur le pont ; il s'était placé à l'arrière-garde, où il soutenait les efforts de l'armée ennemie, lorsqu'il fut mis hors de combat par un coup de mousquet dans le bras.

11 conlia alors àBayard, à Saint-Pol, frère de la Palisse, et à Vandenesse, le sort de l'armée. « Sauvez-la, s'il est possible, » dit-il à Bayard. « Il est bien tard, répondit le héros; mais mon âme est à Dieu, ma vie à l'État ; je sauverai l'armée aux dépens de mes jours. »

Quelques instants après, Vandenesse fut tué d'un coup d'arquebuse à croc, et Bayard lui-même hit frappé dans les rems d'une balle qui lui rompit l'épine du dos. Nous avons, à l'article Ba.yabd , raconté la mort glorieuse du chevalier sans peur et sans reproche; nous avons cité sa noble réponse au duc de Bourbon ; ajoutons seulement ici que, laissé, par «a retraite des Français , entre les mains des Impériaux! il reçut de Pescaire les soins les plus généreux. Après sa mort, son corps fut embaumé et envoyé à sa famille; «famille héroïque, ajoute un historien, accoutumée à verser son sang pour la patrie. En effet le trisaïeul de Bayard était mort à la bataille de Poitiers, son bisaïeul à la bataille d'Azincourt, son aïeul à celle de Montlhéry, et son père avait été mis hors de combat à Guinegate. »

Le comte de Saint-Pol, resté seul chargé de couvrir Iq retraite de J'armée , s'en acquitta avec valeur, et fut bien secondé par Annebeau, le vidame de Chartres, Beauvais, dit le Brave , et

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le comte de Lorges. Ce dernier fit faire si à propos une décharge de mousqueterie sur les Espagnols qui pressaient la gendarmerie, qu ils furent forcés de reculer assez loin pour donner au reste de l'armée le temps de se mettre en sûreté.

Contents d'avoir vu les Suisses rentrer dans leur pays, et les Français se diriger vers le "Pas de Suze et le Dauphiné les généraux ennemis ne songèrent plus a inquiéter la marche de l'armée. Le château de Crémone s'était rendu quelque temps auparavant, et il ne restait plus aux Français en Italie que Lodi et Alexandrie, qui, ne pouvant plus être secourus, ne tardèrent pas à se rendre.

Biabd (François), peintre de genre, né à Lyon , en 1800 , est élève de l'école de cette ville. M. Biard a acquis une célébrité fort grande auprès du public parisien par ses travaux dans le genre comique; il est vrai dédire que ces futilités sont fort amusantes; ainsi, ses Comédiens ambulants, le Baptême sous la ligne , le Bon gendarme, la Garde nationale de campagne , sont des tableaux d'un comique franc et légitime. Mais lorsque M. Biard reproduit les Suites d'un bal masqué, il fait un abus blâmable de son talent. M. Biard, depuis quelques années, a fait quelques tableaux de style; et nous ne pouvons qu'applaudir aux belles qualités que l'on trouve dans ces œuvres. Il a exposé , en 1836, un Branlebas de combat à bord d'une frégate; en 1837, Duquesne délivrant les captifs d'Alger; en 1838, Sacrifice de la veuve dun bramine; le Désert; en 1839, Embarcation attaquée par des ours blancs.

Bisot ou Bizot (J. L.), savant, né à Besançon en 1702, a construit, dans un des faubourgs de cette ville, un cadran solaire fort ingénieux, dont Lalande a donné la description dans le Journal des savants du mois de juin 1758. Un ange peint contre la muraille est abrité par un toit incliné sur lequel sont découpées a jour les heures et les demies, depuis onze jusqu'à cinq, et cet ange indique du doigt

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un point sur lequel l'heure vient se de M. Regnault. H a obtenu, en 1803, dessiner en traits lumineux , lorsque le grand prix de peinture sur le sujet le soleil donne sur le toit. Bisot a pu- û'Enée emportant son père Ànchise. blié, dans le Journal encyclopédique, M. Blonde! est auteur des tab'eaux un mémoire sur les mesures de la suivants : Homère dans Athènes Franche-Comté , et plusieurs observa- (1812), Zénobie sur les bords de l'Axions fort curieuses sur la chimie et raxe (1812), Êvanotdssement d'IIéla météorologie. On lui doit en outre cube (1814) (musée de Dijon), Louis plusieurs brochures intéressantes, dont XII à son lit de mort (1815) (musée on peut voir les titres dans la Biogra- de Toulouse), Philippe- Auguste à phie universelle. Bouvines (1819) (galerie du Palais-

Blandin (Frédéric), chirurgien dis- Roval), tÀssomption de la Vierge

tineué, naquit le 2 décembre 1798, à (église de l'Assomption), le Christen-

Aubignv, département du Cher. Il fit sevell par Joseph d Arimathie; deux

ses études au lycée de Bourses, et vint compartiments du grand escalier du

à Paris pour étudier la médecine, où musée, représentant la chute d Icare

il devint bientôt un des plus bril- et Èole déchaînant les vents contre

lants élèves de l'école. Il fut reçu la flotte troyenne; le plafond de la

successivement élève de l'école prati- salle de Henri H au Louvre, représen-

que, externe, puis interne dans les hô- tant la dispute de Minerve et de Nep-

pitaux, aided'anatomie, et enfin pro- tune, la Paix et la Guerre (1822);

secteur à la faculté de médecine, à sainte Elisabeth de Hongrie déposant

la suite de concours dans lesquels il sa couronne aux pieds de l'image du

fit preuve d'un talent remarquable. Christ (1824) (église de Sainte-Elisa-

Reçu agrégé près la faculté de méde- beth); Assomption de la Vierge pour

cine, il fut bientôt nommé chirurgien Rodez. En 1827, M. Blondel a peint le

du bureau central en 1825 ; en 1827, plafond de la grande salle du conseil d*É-

Chirurgicn de l'hôpital Beaujon , et plus tat au Louvre, représentant la France

tard chirurgien de l'Hôtel-Dieu. A la recevant la Charte ; les voussures

suite d'un concours ouvert devant la de cette .salle offrent huit sujets de

faculté de médecine de Paris, il obtint l'histoire nationale; savoir : Louis le

la place de chef des travaux anatomi- Gros donnant les premières chartes

ques, lorsque déjà il était membre de de commune; saint Louis donnant la

1 Académie de médecine et de plusieurs pragmatique sanction; Louis XI 'III

sociétés savantes. Quoique se livrant maintenant la liberté des cultes; la

avec le plus grand succès à l'enseigne- création du conseil d'État par IjouU

ment public de Panatomie et de la mé- XI F; l'affranchissement des serfs

decine opératoire, M. Blandin a encore par Louis le Gros; la création des

trouvé le moyen de publier : 1* un chambres par Louis XV III; Vinstal-

Traité d'anatomie des régions; 2° un lation des parlements par soi fit Louis;

Traité danatomie descriptive; 3° une la cour des comptes créée par Phi-

édition de VAnatomie générale de lippe le Bel. Ce bel et grand ouvrage

Bichat, avec de nombreuses notes; di! au pinceau de M. Blondel est

4° plusieurs articles dans le Diction- l'une des plus belles peintures monu-

naire de médecine et de chirurgie mentales et nationales que renferme

pratique; 5° des Mémoires originaux le Louvre. On lui doit encore le pla-

dans \e Journal hebdomadaire, dontil fond de la première salle du conseil

fut un des fondateurs, et dans la BU d'État, représentant la France victo-

bliothèque médicale; 6° enfin plusieurs rieuse à Bouvines: la galerie de Diane

thèses de concours, outre sa thèse à Fontainebleau; a la Bourse , la Jus-

inaugurale qui fut soutenue le 9 dé- lice qui protège' le Commerce, et six

cembre 1 824. bas-reliefs en grisailles ; la France qui

Blokdel (Merry-Joseph), peintre a reconquis les trois couleurs aux

d'histoire, né à Pans en 1 78 1 , est élève journées de juillet 1830; le portrait de

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Percier (1889). M. Blondel est membre de l'Académie des beaux-arts depuis 1832.

Blouet (Guillaume-Abel) , architecte, né à Passy en 1795, fut élève de Delespine, et a obtenu, en 1817, le second grand prix et le premier en 1822.11 envoya d'Italie, en 1825, à l'école des beaux-arts, la restauration des Thermes de Chracaita, en dix planches. Ce beau travail, qui a été publié en 1830, le fît admettre parmi les membres de la commission dfe Morée, et c'est à lui que l'on doit le plus grand nombre des planches de rouvrage publié par cette commission. Il fut chargé, en 1838, déterminer VArc de triomphe de l'Etoile, et on ne saurait qu'applaudir à la manière dont il s'est acquitté de cette honorable mission.

BOBECHE. (VOV. S vi ( IMBANQUES.)

Boichot (Guillaume), sculpteur, né en 1738, à Chûlons-sur-Saône, alla étudier son art en Italie, et s'attacha de préférence à dessiner d'après l'antique. A son retour, il exécuta pour sa ville natale deux anges destinés à soutenir le châsse de saint Marcel , dans l'éçlise de ce nom. Peu après il alla à Dijon, et fit, pour le réfectoire de l'abbaye de Sainte-Bénigne , une suite de bas-reliefs qui ont été malheureusement détruits. On peut encore voir, à la salle de l'Académie, trois bas-reliefs de cet artiste, dont la pureté de dessin et la simplicité de composition sont audessus de tout <Moge. Boichot vint enlin à Paris, et se & connaître par l'admirable bas-relief qui forme le retable du mattre-autel de l'église de Montmartre. Reçu agrégé à l'Académie de peinture et de sculpture en 1789, il exposa la même année trois sujets,

5)armi lesquels était sa statue de Téèphe arrachant de sa cuisse une /lèche lancée par Achille, et huit dessins; en 1791, Diomède enlevant le palladium, et une urne cinéraire ornée d'un bas-relief d'une belle composition; en 1801, les bustes de Denon et de Bernardin de Saint' Pierre, en 1806, les bustes de Michel- Ange et du général fVatrin. Boizot avait con-

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couru, en 1793, pour la statue colossale du peuple, et avait été récompensé; cependant le gouvernement ne l'employa pas ; aussi fut-il obligé pour vivre d'aller à Autun professer le dessin , à l'école centrale de cette ville. Lorsque l'Institut fut créé, Boichot en fut aussitôt nommé correspondant. Il ne revint à Paris que vers 1801. Cette absence de la capitale à une pareille époque, et plus encore son extrême modestie , ont empêché que son nom ait obtenu la célébrité que ses ouvrages doivent lui assurer; pour nous, nous n'hésitons pas à dire que Boichot est l'un des meilleurs sculpteurs français. 11 mourut le 9 décembre 1814. On possède à Paris plusieurs ouvrages de cet artiste , entre autres un Hercule assis, qui était autrefois placé au portique du Panthéon, le grand bas-relief du porche de Sainte- Geneviève, la statue de saint Koch à l'église de ce nom, les fleurs du grand portique de l'arc du Carrousel , dont le dessin et le gortt sont si parfaits. Il a dessiné les vignettes du Théocrite, de l'Hérodote , du Thucydide et du Xénophon , publiés par Gail.

Boisfbemont (Charles de), peintre d'histoire et de portraits, ancien chevalier de Malte et page de Louis XVI.

De Boisfremont fut obligé, par les événements, de passer en Amérique; la nécessité le fit peintre. Secondé par d'heureuses dispositions , il n'eut point de maître; mais à son retour en France, il se mita imiter la manière de Prud'hon. On a de cet artiste : La mort d'Abel (1803), les reproches d'Hector àPâris, la Descente d'Orphée aux enfers, la Clémence de Napoléon envers la princesse de Hatzfeld, exécuté en tapisserie aux Gobelins ; Virgile lisant son Ênéide devant Auguste et Octavie, l'Education de Jupiter m/r le mont Ida , plafond du pavillon de Marsan; Ulysse déguisé en mendiant, Venus et Ascagne, Psyché et l'Amour, la Samaritaine, la Mort de Cléopàtre (ces deux derniers au musée de Rouen). C'est à Boisfremont que l'on est redevable des procédés à l'aide desquels ou est

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parvenu à conserver et a rétablir les peintures du château de Versailles, qui étaient dans un état de dégradation extrême. Cet artiste distingue est mort en 1838.

Boizot (Simon -Louis), sculpteur, naquit en 1743, à Paris; il étudia la sculpture sous la direction de Michel- Ange Slodtz, et à dix-neuf ans, en 1762, il emporta le grand prix sur le sujet de la Mort de Germanicus , et alla en Italie. A son retour, il fut reçu agrégé à l'Académie en 1773, et exposa la statue en pied de Louis XV pour Brest; en 1775, Prométhée formant C homme du limon de la terre; les bustes de Louis XV et de Halle ; le 28 novembre 1778, il devint membre de l'Académie sur sa figure de Méléagre^ qu'il exposa en 1779, ainsi

2ue le buste de Racine; en 1781, le uste de Marie-Antoinette; le Baptême de Jésus, bas-relief de seize pieds sur huit, à la chapelle des Fonts à Saint- Sulpice; en 1785, le buste de Louis XVI; une statue de Racine (à l'Institut), et un Mercure ; en 1789, le buste de Necker ; deux statuettes représentant Y Amitié et la Tendresse ; en 1 793, un Républicain maintenant l'union et V égalité; le modèle de la statue colossale du peuple, pour le Pont-Neuf; le Génie des arts réveillé de son assoupissement par la Sagesse; en l'an v, une Bacchante; en l'an vi , le médaillon de Bonaparte et le buste de Daubenton; en I an vu , quatre bas-reliefs pour un salon du Luxembourg, alors palais directorial ; en l'an vin, le Génie de la France victorieux offrant la paix; en l'an ix , le buste du général Joubert\ en 1806, le buste de Jos.

F émet. Boizot a exécuté les ligures allégoriques de la colonne de la place du Châtelet, et la Victoire dorée oui couronne ce monument est regardée comme son chef-d'œuvre. Il a fait aussi les modèles de vingt-cinq panneaux de la colonne Vendôme. Championnet l'avait chargé d'élever le monument que l'armée de Sambre-et- JMeuse avait voté à son général, Hoche; mais ce mausolée n'a pas été achevé. On voit à Versailles deux bus-

tes de Boizot; l'un représente Joseph II, et l'autre Racine. Boizot, adjoint à professeur à l'ancienne académie en 1785, fut nommé professeur à l'école impériale en 1806; il fut au«i attaché à la manufacture de Sèvres et à celle des Gobelins comme dessinateur; cependant , son dessin n'était pas toujours pur, et se ressentait du goût trop facile du dix-huitième siècle.

Bon et (J.-P.-Fr., comte), pair de France, lieutenant général, grand-croix de l'ordre royal de la Légion d'honneur, est né à Alençon en 1768. Au moment de la révolution , il servait comme soldat dans le régiment de Boulonnais ( soixante - dix - neuvième d'infanterie). Nommé sergent dans un bataillon de volontaires de son département , il passa par tous les grades inférieurs, et il était parvenu à celui d'adjudant général, lorsqu'il fut nommé général de brigade en 1794. Il fit, eu cette qualité, à l'armée de Sambre-et- Meuse, sous les ordres du général Jourdan , les campagnes de 1 794 et 1 795, et se signala au combat de la Chartreuse, en Belgique, le 16 septembre 1794, et à toutes les affaires auxquelles il prit part. Il fit ensuite, avec la même distinction, les guerres d'Allemagne et d'Italie, de 1796 à 1799. Ses brillants faits d'armes pendant la campagne d'Allemagne de 1800, notamment à la bataille de Hohenlinden, où il commanda une division, sous les ordres du général Grenier, attirèrent sur lui l'attention du premier consul. Devenu général de division le 27 août

1803, il alla prendre le commandement de la vingt-sixième division militaire à Aix-la-Chapelle, et fut envoyé, en

1804, au camp de Brest, sous les ordres du maréchal Augereau. Il resta ensuite en non-activité, depuis le 30 thermidor an xm jusqu'à la fin de

Appelé alors au commandement d'Aranda , il se fit particulièrement remarquer pendant la campagne d'Espagne de 1808. Employé sur la côte septentrionale de la Péninsule, contre les insurgés de Galice, il battit, dans diverses rencontres, les généraux Ba-

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lesteros et Marquesito. En novembre 1809, au moment où il venait d'être appelé au commandement de la troisième division du deuxième corps de l'armée d'Espagne, il fit éprouver à ces deux généraux un échec considérable à l'affaire de Saint-Ander.

En 1810, le général Bonet , qui venait de quitter le commandement de Saint-Anaer pour prendre celui d'une division isolée de l'année d'Espagne , pénètre dans les Asturies avec les faibles troupes placées sous ses ordres, pousse l'ennemi devant lui , se porte sur la Déba pour y recevoir les munitions dont il avait besoin, et retourne à Oviedo, chef-lieu de son commandement. Les difficultés qu'il éprouvait pour alimenter sa division le déterminèrent à tenter de passer sur la rive gauche de la Corneillana pour y étendre ses troupes. Ce projet, exécuté le 25 mars , avec autant d'audace que d'habileté , réussit au delà de toute espérance.

Le 14 juillet 1811, un corps espagnol, descendu des montagnes de Villa* Franca , en Biscaye , se disposait à pénétrer dans les vallées environnantes ; le comte Bonet marche avec résolution à sa rencontre, le disperse, et préserve la partie du littoral occupée par ses troupes d'une invasion d'autant plus dangereuse qu'elle pouvait compromettre les corps qui appuyaient sa droite et sa gauche. Le mois suivant, il se trouva opposé à l'armée de Galice, la tint Ipngtemps en échec et parvint, par ses savantes manœuvres, à la défaire entièrement, les 5 et 6 novembre suivant. Il se signala d'une manière brillante à l'attaque de Celdessajoras , parvint , dans le mois de décembre, à se rendre maître des Asturies, et à s'emparer de soixante bâtiments anglais et espagnols en station dans le port de Gijon et dans les ports environnants.

Pendant la retraite que l'armée de Portugal, commandée par le maréchal Marmont, exécutait sur le Duero, le général Bonet fit encore preuve de talents et d'intrépidité. Il s opposa vivement, avec le général Clauzel, à ce

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que Marmont livrât la bataille des Arapiles : n'ayant pu vaincre l'obstination du maréchal, il dut céder et combattre. Le 22 juillet 1812, jour de la bataille, sa division, qui était à Pavant-garde, s'empare d'un des mamelons des Arapiles, au moment où y montait une colonne de troupes portugaises. Il la culbuta et allait s'emparer d'un second mamelon lorsqu'il fut prévenu par une division anglaise. Il se maintint dans sa première position, où Marmont lit établir une batterie.

On connaît le résultat déplorable de cette bataille. Le lendemain, le général Bonet se signala par sa bravoure et son habileté au combat de Penaranda, où il reçut une blessure assez grave.

L'empereur, au commencement de 1813, fui confia le commandement d'une division de la grande armée , sous les ordres du maréchal Marmont.

Le 2 mai , Bonet prit une part active à la bataille de Lutzen, où il soutint avec fermeté plusieurs charges de cavalerie, dans lesquelles l'ennemi éprouva de grandes pertes. Il se distingua le 20 à la bataille deBautzen,le 8 sur les hauteurs de Donna, et le 10 dans la plaine de Tœplitz. Il se battit avec la plus grande valeur contre des forces supérieures, et n'abandonna le champ de bataille que lorsqu'il reconnut l'impossibilité de résister plus longtemps à un ennemi supérieur en nombre.

La restauration ne répudia pas, du moins en apparence , les services du général Bonet. Le 20 mars 1815, Napoléon , qui connaissait son patriotisme, lui confia le commandement de la place de Dunkerque, menacée par l'ennemi qui réunissait toutes ses forces sur cette ligne de nos frontières.

Après le désastre de Waterloo, Bonet se condamna à la retraite, et ne reparut un moment que sous le ministère du maréchal Gouvion-Saint-Cyr.

Le pouvoir royal, plus éclairé, semblait alors vouloir marcher dans tes voies de la charte qui promettait la liberté, et le comte Bonet fut appelé au commandement de la treizième division à Rennes.

BON LUNIVERS. bou

Le jour où le duc de Feltre parvint au ministère de la guerre, le général Bonet rentra dans la vie privée. Depuis lors et pendant toute la durée du système dirigé contre la gloire et les'libertés de la France, il demeura sans emploi et fut mis à la retraite par ordonnance du 16 février 1825.

La révolution de juillet 1830 le fit rentrer dans les cadres d'activité de l'état -major général de l'armée. Au commencement de 1831 , le roi te nomma commissaire extraordinaire dans les quatrième, douzième et treizième divisions militaires, lui conféra, le 20 avril, le titre de grand-croix de Tordre royal de la Légion d'honneur, et le comprit dans la promotion des pairs de France faite le 19 novembre suivant.

Arrivé à Nantes le 14 juin 1832, il s'occupa immédiatement du désarmement des habitants , et rétablit la tranquillité qui avait été un instant menacée dans les départements de l'Ouest.

Nommé, en 1832, président de la commission spéciale envoyée par le gouvernement en Afrique, le général Bonet rentra en France l'année suivante, après avoir accompli sa mission avec la plus haute intelligence. Sa santé ne lui permettant plus d'être employé activement, il entra, en 1835, dans lecadrede vétérance, aujourd'hui cadre de réserve. Le général Bonet trouve une honorable récompense de ses glorieux travaux dans l'estime publique qu'il s'est acquise par son dévouement à la patrie et par ses talents militaires.

Bonnefond, chef de l'école lyonnaise moderne et directeur de l'école de peinture de cette ville, a exposé, en 1807, un tableau représentant des Petits Savoyards; en 1819, une Marchande de gibier offrant une volaille à une jeune femme de la Bresse; un Vieillard aveugle conduit par sa petite file; en 1822, un Maréchal ferrant près d'une foroe ; en 1824, la Chambre à louer ; le Triste retour des petits Savoyards ; une Scène militaire; en 1827, une Jeune femme

accablée par les fatigues du voyage de Rome, et des Bergères de la campagne de Rome jouant avec un berger endormi; en 1834, le portrait de Jacquard. Le musée êt Lyon renferme plusieurs tableaux de M. Bonnefond». Ce peintre a un dessin plus agréable quefcorrect, un coloris plus vif que vigoureux: mais ses compositions, sans être d'un caractère élevé, ont du charme et sont toujours de bon goût.

Bouchabd. Voyez Montmorency.

Bouches a feu. Voyez Armes à feu, Canons, Mortiers, etc.

Boulou (combat du camp de). - L'armée espagnole, forte de trente mille hommes , et commandée par le comte de la Union , était concentrée dans Ja plaine de Boulou , et enfermée dans des lignes fortifiées et garnies d'artillerie. Deux redoutes , celles de Montesquiou et de la Trompetteronstruites avec le plus grand soin, couvraient le flanc droit du camp le plus exposé aux attaques des Français. La gauche des Espagnols s'étendait depuis Céret jusqu'à Orms, et leur droite s'appuyait sur Collioure et Port- Vendre, qu*ils occupaient.

Le comité de salut public envoyait à Dugommier courriers sur courriers pour l'engager à attaquer ces deux places; mais la connaissance que le

général avait des lieux et des dernières impositions prises par l'ennemi lui avait démontré les inconvénients de ce plan ; il se détermina à agir d'après ses propres vues , et- à attaquer les Espagnols dans leur position de Boulou. Il chercha d'abord à leur donner le change en ébranlant sa droite, et eu y attirant une partie de leurs forces.

Ce mouvement occasionna le combat d'Orms, où la gauche du comte de la Union fut défaite, le 28 avril 1794.

« Le 20 , l'attaque fut générale sur toute la ligne. La division du général Pérignon , forte de six mille hommes d'infanterie et de mille chevaux, passa le Tech à Saint-Jean-de-Pages et Banyuls-les-Aprrs. Le but de ce mouvement était de s'emparer des redoutes de la Trompette et de Montesquiou, afiu de couper la droite des Espagno! par

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le centre de la ligne , et d'empêcher ainsi la retraite des troupes du camp sur Bellegarde. Une colonne se portait en même temps sur Banvuls, pour menacer les Espagnols postes sur les deux rives du Tech. La brigade du général Martin , dépassant le centre de l'armée par une marche brusque et forcée , (levait gagner le sommet des A Ibères pour s'emparer de cette position. Tous ces mouvements s'exécutèrent avec une extrême précision. Le général Pérignon attaqua la redoute de la Trompette avec la plus grande résolution. En vain le commandant espagnol opposa-t-il une vive résistance, la redoute fut emportée malgré les secours qu'amenait le prince de Montfortes. Une autre partie de la division Pérignon effectuait en même temps l'attac|ue de la redoute de INlontesquiou, où les Espagnols se défendirent encore avec plus d'opiniâtreté qu'à la Trompette. Après plusieurs neures de combat, les Français n'avaient pu parvenir à forcer les premiers retranchements , lorsque le général Pérignon Gt marcher à leur secours une partie des troupes qui venaient de s'emparer de la première redoute. Ce renfort décida la prise de la seconde redoute, qui fut bientôt assaillie et enlevée par les grenadiers français. Le commandant espagnol, don Francisco Vénégas , fut blessé de deux coups de feu dans cette action.

« Il était nuit , et les feux allumés par le général Martin sur la hauteur des Albères annonçaient la réussite de cette troisième attaque. Banyuls avait été également forcé , et la division de gauche avait pris position près de ce village, attendant le jour avec une grande impatience.

« Le 1" mai , à cinq heures du matin , les Français marchent sur les deux rives du'Tech , et attaquent simultanément le camp de Boulou. L'alarme était répandue parmi les troupes qui les défendaient. La prise des deux redoutes , l'occupation des Albères avaient paralysé leur courage. La terreur augmenta lorsqu'on apprit que le chemin de Bellegarde était occupé par

une colonne française. Ce chemin était le seul qui pût encore offrir une retraite facile. La nouvelle qu'il était coupé était toute espérance de saint; aussi la déroute qui s'ensuivit fut-elle uue des plus complètes que l'histoire militaire nous retrace, et quelques écrivains n'ont pas craint de la mettre en parallèle avec celle de Kosbach. Le comte de la Union ne parvint à rallier ses troupes que plusieurs jours après, sous les murs ne Figuières. Cependant ce général avait eu la précaution de faire porter au général Navarro l'ordre d'abandonner Bagnols-de-Marende et Argèles , de se mettre en mesure de conserver Collioure et Port- Yendre, et de lui envoyer de suite cinq cents chevaux , avant que le col de Bagnols fût occupé par les Français. Si le général Navarro n'eût pas exécuté ce dernier ordre Javec ponctualité , la Union se serait trouvé dans la nécessité d'abandonner Figuières (*). »

La perte des Espagnols fut très-considérable ; ils laissèrent sur le champ de bataille et dans les montagnes un

Srand nombre de morts , et on leur t plus de deux mille prisonniers.

Le succès qu'avait obtenu Dugommier (it oublier sa désobéissance aux ordres du comité de salut public ; la Convention, à la nouvelle de sa victoire , déclara que l'armée des Pyrénées et le général qui la commandait avaient bien mérité de la patrie.

Boubjot (Ferdinand ) , architecte , né à Paris en 1768 , fut l'élève de David pour la peinture, de Renard et de Leroy pour l'architecture. Après avoir obtenu plusieurs médailles à l'Académie, M. Bouriot alla remplir, à Gênes, les fonctions d'ingénieur architecte. De retour en France, il a construit à Dijon et à Douai divers édifices. Il est aussi l'auteur de plusieurs projets remarquables : nous citerons, entre autres, ceux de \ hôtel de la caisse d'escompte de Paris, du grand théâtre (1825) et de la prison de la Quarantaine à Lyon (1826).

lia exposé, en 1834, quatredessins représentant des vues de Marseille, Di-

(*) Victoires et conquêtes des Français.

jon, Lyon y et la cathédrale du Puy; en 1 835 , la retraite d'une armée et la vue des Tuileries; en 1836, le château de JVulfang; on lui doit aussi un fort beau dessin à la sepia, représentant la vue générale de Gênes.

Bouton ( Charles -Marie), peintre d'intérieurs, inventeur du diorama avec M. Daguerre , est né à Paris le " 16 mai 1781, et n'a jamais eu de maître. Les principaux ouvrages qu'il a exposés sont : en 1810, les souterrains de Saint-Denis et une vue de la porte Saint- Jacques à Troyes; en 1814, Y intérieur des bains de Julien, et trois intérieurs du musée des Petits- Augustins; en 1817, une vue de la chapelle du Calvaire à Saint- Moch; en 1819, saint Louis au tombeau de sa mére , Charles Edouard et Michel Cervantes; en 1822 , Jeanne Gray allant au supplice; en 1833, vue de la cathédrale de Chartres; en 1834, vue intérieure de C église d'Eu. M. Bouton est l'un des premiers artistes qui aient entrepris la réhabilitation de l'art du moyen âge et de l'art gothique. Ses .vues du musée des Augustins firent, lorsqu'elles furent exposées (1812, 1814 et 1817), une profonde impression.

Bbtck ou Brig , abréviation des mots Bbigantin, Brigàntine, espèce de navire à deux mâts dont on fait un fréquent usage dans notre marine marchande et dans notre marine militaire. L'emploi des bricks n'est cependant pas très-ancien chez nous ; le P. Daniel , qui écrivait en 1721 , ne

les comprend pas dans le nombre des navires en usage de son temps (*). Ces bâtiments , qui ont quelque ressemblance avec les goélettes , en diffèrent pourtant dans certaines parties de leur gréement et de leur mâture. Ils sont généralement plus petits que les trois-mâts , en France surtout , où on ne grée en bricks que des navires d'assez médiocre tonnage ; il en est peu , chez nous , de trois cents tonneaux , et la difficulté que présente leur manœuvre, parce que les parties du réement y sont moins divisées que ans les trois-mâts , tend à diminuer tous les jours le nombre de ces bâtiments. On nomme quelquefois corvettes-bricks) dans la marine militaire, les grands bricks de guerre; aujourd'hui, toutefois, le nom de corvette est plus généralement employé pour désigner les bâtiments de l'État, à trois mâts, d'une dimension inférieure à celle des frégates.

Brunck (Joseph) fut élu, en 1790, président de l'administration départementale du Bas-Rhin, et, en septembre de l'aunée suivante, député à l'Assemblée législative; il s'y déclara pour les constitutionnels et vota constamment avec eux. Envoyé au 20juin 1792, avec vingt-trois de ses collègues, au château des Tuileries pour veiller à la sûreté du roi, il vint rendre compte à l'Assemblée des événements de cette journée, y prit la défense de la Fayette et contribua à le faire acquitter.

(*) Histoire de la milice française, t. II, P- 7*9-

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