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blirent des cafés plus convenables dans la rue des Fossés Saint-Germain des rés, vis-à-vis la Comédie Française, rocope surtout sut comprendre les besoins de son siècle. Il embellit avec soin son local ; on n'y fuma point, on n'y but point de bière, mais, avec du café, on y trouva du chocolat, des glaces, des liqueurs; on put y faire la conversation, y lire le Journal de Paris, la Gazette de France. Aussi obtint-il un grand succès. Vers la fin du siècle s'ouvrirent le café du bas du pont Saint- Michel , fréquenté par les militaires et les recruteurs, et celui du quai de VÊcole , aujourd'hui le café Manouri, où se réunissaient alors les beaux esprits.
Procope , sans s'en douter , opéra toute une révolution dans les mœurs de notre nation. Il arracha les hommes de la meilleure société de ces cabarets, où ils allaient par goût et par ton s'enivrer noblement. Les savants, les artistes, les gens de lettres, les beaux esprits , ayant un centre de réunion, purent se voir, se connaître et se lier. Plusieurs de ces établissements sont cités dans les anecdotes littéraires du dix-huitième siècle , et entre autres celui de Procope, où l'on montre la place qu'avait adoptée J. J.
Rousseau, et dont Lamotte, Piron et Voltaire devinrent les habitués. C'est dans un café tenu par une femme appelée du Laurent, que s'assemblaient Saurin, Danchet, Boindin, J. B. Rousseau. C'est même de là que partirent ces couplets qui furent cause de la disgrâce du célèbre lyrique. Alors les femmes n'osaient entrer dans les cafés, mais, selon l'auteur du Dictionnaire de commerce, qui écrivait en 1741, les plus qualifiées d'entre elles faisaient souvent arrêter leurs caresses devant ces établissements, et demandaient du café qu'on leur passait
Sar la portière , dans des soucoupes 'argent.
Bientôt les cafetiers imaginèrent d'introduire chez eux des jeux propres à y appeler et à y retenir le public. Ainsi, le Café de' la régence, ouvert dès 1718, acquit, pour ses échecs,
une sorte de réputation , née de la force des joueurs qui s'y réunissaient habituellement. Cependant, les cafés étaient à peu près délaissés, ou fréquentés au plus par les désœuvrés et par les gens qui n'étaient admis nulle part, lorsque la révolution éclata.
Comme les cafetiers s'empressèrent alors de se procurer les feuilles quotidiennes et les nombreuses brochures que l'on publiait à cette occasion, on revint chez eux pour les lire. Ces lectures donnèrent heu , entre des habitués, à des discussions qui trans- formaient les cafés en autant de clubs politiques d'où partirent quelquefois des motions très-hardies et quelquefois des mouvements de haute importance. Pour son influence co;nme lieu de réunion , le café Foi , au Palais- Royal, tiendra sa place dans l'histoire des dix dernières années du dix-huitième siècle. Sous l'empire et son régime sévère , le goût des cafés se soutint, et on continua de les fréquenter, mais sans y parler politique, car cela eût été alors assez périlleux. Quelques, chansonniers essayèrent alors de ressusciter, au café de Momus, les réunions littéraires d'autrefois , mais ils échouèrent. Aujourd'hui les cafés , à Paris du moins , n'ont plus guère de physionomie littéraire ni politique.
Les estaminets , les cabinets de lecture, les clubs , les casino et le nombre toujours croissant des salons, ont puissamment contribué à leur enlever ce double caractère.
Caffabelli du Falga (Louis-Marie-Joseph-Maximilien), général de division du génie,associé de l'Institut, na-
3uit en 1756, dans la Haute-Garon/ie, 'une famille noble , italienne d'oriine. Resté de bonne heure à la téte 'une famille dont il était le protecteur naturel, il renonça, en faveur de ses neuf frères, au bénéfice de la coutume, qui lui accordait la moitié de la fortune patrimoniale. Officier du génie à l'armée du Rhin , il fut destitué pour avoir refusé de reconnaître les décrets de l'Assemblée législative qui prononçaient la déchéance de Louis XVI; cependant il ne quitta pas
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la France et fut arrêté en 1793. Après la bataille de Marengo , et fut envoyé une détention de quatorze mois, il fut à Rome , en 1804 , vers Pie VII, lorsemployé au comité militaire, puis en- qu'il fallut engager le souverain ponvoyé à l'armée du Rhin , où il se dis- tife à venir sacrer à Paris l'empereur tingua par son habileté et par son cou- des Français. Le comte Caffbrelli s'érage. Atteint , près de Marceau , d'un tant habilement acquitté de cette misboulet à la jambe gauche , il ,souffrit sion , fut nommé général de division l'amputation , et l'opération était à et gouverneur des Tuileries. Il obtint, peine achevée qu'il rédigea et envoya le 8 février 1806, en récompense de sa au général en chef des conseils sur les belle conduite à Austerlitz , le grand moyens de contenir l'ennemi. Ayant cordon de l'ordre de la Légion dïionsuivi l'expédition d'Égypte avec le titre rieur. Le mois suivant, l'empereur de commandant du génie, il contri- l'appela au ministère de la guerre du bua à la prise d'Alexandrie et à tous royaume d'Italie, qu'il garda jusqu'en les exploits de nos braves pendant 18*10. Il fut ensuite employé en Espacette belle campagne. Au siège de ene, y fit échouer une tentative de dé- Saint-Jean d'Acre, il visitait les tran- barqûement faite par tes Anglais à Luchées, quand il eut le coude fracassé redo; battit les généraux Mina, Menpar une balle; en revenant au camp, dizabal , Renovaïes et le Marquesito, on le vit, malgré sa douleur, s'arrêter s'empara de Bilbao, et contribua à faire devant un mûrier pour dire : « Voilà lever le siège de Burgos, où les Anglais « de quoi faire de bonnes plates-for- avaient infructueusement sacrifié plus « mes; c'est la quatrième fois que je de trois mille hommes. Ramené en « le dis. » On fut encore forcé de lui France par les événements de 1814, il couper le bras ; mais il mourut le 27 accompagna jusqu'à Vienne Pimpéraavnl 1799, des suites de l'amputation, trice Marie-Louise et le jeune roi de L'ordre du jour s'exprimait ainsi, le Rome, que l'empereur ne devait plus lendemain de sa mort : «Il emporte revoir. Au mois de janvier 1815, il « au tombeau les regrets universels; avait à peine reçu le commandement « l'armée perd un de ses braves chefs, de la 13e division militaire, que Napo* « l'Egypte un de ses législateurs, la léon débarquait à Cannes. Chargé, vers « France un de ses meilleurs citoyens, la fin des cent jours, du commande- « les sciences un homme qui y rem- ment de la Indivision militaire, puis « plissait un rôle célèbre. » Les sol* envoyé à Metz, il suivit l'armée frandats l'avaient surnommé le général çaise'derrière la Loire, et fut licencié, Jambe debois,etdisaientdeIuienriant comme tous ses compagnons d'arqiiil pouvait être tranquille, qu'il mes. Il a été nommé pair de France avait un pied en France. en 1831.
Plusieurs frères du général Caffa- Ch.-A., baron de Caffabelli, néen
relli ont dignement soutenu la gleire 1758, était chanoine de Toul quand la
de son nom. révolution éclata. 11 abandonna, sous le
Auguste, comte Caffabelli, né consulat, les fonctions ecclésiastiques, en 1766, au château du Falga , avait et fut successivement préfet de l'Arpris, dès sa première jeunesse, du ser- dèche , du Calvados et de l'Aube. En vice dans les troupes sardes; mais, 1814, Napoléon le destitua pour n'être en 1791 , il revint sous les drapeaux pas rentré à Troyes avec l'armée fraude la France à l'époque même où près- çaise. Il est mort au Falga en 1826. que toute la noblesse militaire les L. -M. -J. Caffabelli , néen 1760, abandonnait. Il fit partie de l'armée de servit dans la marine, et fit honorable- Roussillon, où il se distingua. A son ment la guerre de l'indépendance améretour de l'expédition d'Égypte , Na- ricaine. Entré dans l'armée de terre, poléon le choisit pour son aide de puis conseiller d'État après le 18 brucamp. Il devint général de brigade à maire , et préfet maritime à Brest en la suite de la campagne d'Italie et de 1800, il fut , en 1814, chargé d'une