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sont du plus haut intérêt pour la géographie, les arts et la connaissance de l'antiquité. Personne n'avait encore été aussi loin. M. Gau s'est arrêté sur le IN il à Ouâdi-Halfa, à la hauteur de la seconde cataracte ; Kobbé dans le Darfour, à seize degrés de latitude nord , est le lieu le plus méridional où le voyageur anglais Brown ait pu pénétrer, eu 1793, et Bruce ne s'est pas élevé au delà du treizième degré et demi. Ce n'est que dans ces dernières années que Méhemet-Ali lui-même a pu, avec une expédition nombreuse, dépasser la limite que Cailliaud avait atteinte. De retour à Paris, en 1822, le savant voyageur a mis en ordre une collection de plus de cinq cents pièces, qui font partie du musée égyptien. Il a publié : Voyage à Méroé et au Jleuve Blanc au delà de Fazoql dans le midi du royaume de Sennâr, à Syouah et dans cinq autres oasis , fait pendant les années 1819 , 1820, 1821, 18*2, imprimé aux frais du gouvernement (imprimerie royale), Paris, 1823 et années suivantes, 4 vol. in-fol. ; cet ouvrage lui a mérité le titre de coutinuateur de l'expédition d? Egypte.
Ca^llié (René), célèbre voyageur, naquit en 1800, à Mauzé, département des Deux-Sèvres, de parents pauvres, qu'il perdit dans son enfance.
Dès son jeune âge , il se sentit un goût prononcé pour les expéditions lointaines; l'Afrique intérieure surtout, avec ses pays inconnus, lui souriait comme le plus beau champ de découvertes/ En 1816 , malgré les remontrances de son tuteur, il partit pour le Sénégal, avec M. Mollien, qui se disposait aussi à visiter le continent africain. Après un séjour de plusieurs années dans diverses parties du Sénégal, et un voyage chez lesBraknas, ce qui lui donna les moyens et le temps nécessaires pour s'acclimater et pour se familiariser avec la langue et le culte des Maures, M. Caillié, en 1824, revint au Sénégal pour tenter fortune avec une petite pacotille dont un négociant lui avait fait l'avance, nourrissant toujours au fond du cœur le projet de visiter l'Afrique centrale. Le
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gouverneur de nos colonies et celui des possessions anglaises le dissuadèrent vainement de partir, il persévéra dans son projet. « N'ayant pu obtenir nulle part les secours nécessaires pour effectuer le voyage de ïombouctou, dit-il lui-même dans sa relation , je devais me décider à l'entreprendre à mes frais J'employai mes
économies, qui s'élevaient à deux mille francs environ, à faire des achats de papier, verroteries, etc.
Pendant mon séjour à Freetown, chef-lieu de la colonie anglaise de Sierra-Leone , je me liai avec des Mandingues et des Serracolets, ou Sarakolais. Ces derniers , que quelques voyageurs ont regardés à tort comme formant une nation, sont une corporation de marchands voyageurs qui parcourent l'Afrique. J'obtins leur confiance, et j'en profitai pour les interroger sur les contrées que j'avais l'intention de parcourir. Pour
{;agner tout à fait leur amitié, je eur donnai quelques bagatelles; puis un jour, d'un air très- mystérieux, je leur appris, sous le sceau du secret, que j'étais né en Egypte, de parents arabes, et que j'avais été emmené en France dès mon plus jeune âge, par des Français faisant partie de l'armée qui était allée en Égypte ; que, depuis, j'avais été conduit au Sénégal pour y faire les affaires commerciales de mon maître, qui, satisfait de mes services, m'avait affranchi. J'ajoutai : « Libre maintenant d'aller où je veux, je désire retourner en Égypte pour y retrouver ma famille et reprendre la religion musulmane. » D'abord les Mandingues ne parurent pas ajouter foi à mon histoire, et surtout a mon zèle religieux; mais ils n'en doutèrent plus en m'entendant réciter par cœur plusieurs passages du Coran , et en me voyant le soir me joindre à eux pour faire le Salem. Ils finirent par m'accorder toute confiance. »
Le 19 avril 1827, il partit des bords du Il n> Lu nez, situé à vingt myriamètres environ au nord-ouest de Sierra-Leone, après avoir eu le soin de se munir
de deux boussoles de poche, d'un costume arabe et d'un Coran. La caravane qu'il accompagnait traversa les contrées habitées par les Nalous, les Landamas, les Foulahs, les Mandingues, et le Fonta-Dhialon , où Caillé avait été devancé neuf ans auparavant par un autre Français , le courageux M. Mollien. Dix kilomètres plus loin, il trouva le tombeau du major Peddie et de ses compagnons, morts victimes d'une entreprise semblable à celle qu'il allait tenter. Ce ne fut que le 1 1 juin que Caillié parvint sur les bords du Dhioliba, ou Niger, au village de Couroussa, dans le pays d'Amona, à quinze ou seize myriamètres des montagnes' où l'on place la source de ce fleuve, et à plus de seize au-dessus de l'endroit, jusqu'où Mungo- Park l'avait remonte dans son premier voyage. Le 17 juin , on arriva à Kankan, grande et jolie ville de six mille habitants , capitale du riche et fertile
Says du même nom. Après un séjour 'un mois dans cette ville, M. Caillié partit, le 16 juillet, pour Tincé, village de cinq à six cents habitants , où le scorbut le retint cinq mois dans d'horribles souffrances. Le 9 janvier 1828, il se remit en route pour aller joindre une caravane qui se rendait à Yenné. Le 10 mars, il arriva à Galia ou Congalia, misérable village où il revit le Niger qu'il traversa pour entrer à Yenné, grande ville située à la gauche du principal courant du fleuve, dans une île formée par un bras secondaire , et au moins aussi imporportante que ïombouctou même. Elle contient beaucoup d'étrangers établis, Mandingues, Foulahs, Bambaras et Maures ; on y parle les langues propres à ces quatre tribus, et de plus un dialecte particulier appelé kissour, qui est la langue adoptée jusqu'à Tombouctou. La population est de huit à dix mille habitants, qui sont tous mahométans. Enfin, le 19 avril, Caillié atteignit la ville de Katra , qui , bien qu'éloignée du fleuve de quatre kil. environ , est considérée comme le port de Tombouctou , situé encore à huit kilomètres environ plus loin du Niger
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vers le nord. La ville deTombouctou, où il entra le lendemain, peut contenir dix ou douze mille habitants, tous commerçants, en y comprenant les Maures établis. « En entrant dans cette « cité mystérieuse, dit M. Caillié, ob- « jet des recherches des nations civili- « sées de l'Europe , et qui depuis si « longtemps était le but de tous mes « désirs , je fus saisi d'un sjntiment « inexprimable de satisfaction ; je n'a- « vais jamais éprouvé une sensation « pareille, et ma joie était extrême... « Revenu de mon enthousiasme, je « trouvai que le spectacle que j'avais « sous les yeux ne répondait pas à mon « attente; ie m'étais fait de la gran-
* deur et de la richesse de Tombouc- « tou une tout autre idée : cette
* ville n'offre , au premier aspect , « qu'un amas de maisons en terre , « mal construites... Cependant il y « a je ne sais quoi d'imposant à voir « une grande ville élevée au milieu « des sables. » Il existe entre Yenné et Tombouctou un commerce si actif, que l'on rencontre souvent, sur la partie du Niger qui les sépare, des flottilles de soixante à quatre-vingts embarcations, portant jusqu'à quatrevingts tonneaux , et toutes richement chargées de divers produits. Quoique l'une des plus grandes villes de l'Afrique centrale, elle n'a d'autres ressources que son commerce de sel. Elle est habitée par des nègres de la nation kissour, qui en font la principale population.
Après un séjour de quatorze jours à Tombouctou , Caiflié en partit le 4 mai 1828, pour se rendre à Maroc, avec une caravane de huit cents chameaux, en passant par le Sahara. Il arriva en six jours à El-Aranan , où il rencontra une autre caravane de six cents chameaux qui se joignit à celle dont il faisait partie. « D'un côté, dit-il, on « voyait des chameaux chargés d'ivoire, « de gomme, de ballots de toute es- « pèce; d'un autre, on en apercevait « qui étaient chargés de nègres, hom- « mes, femmes et enfants , qu'on al- « lait vendre dans les marchés de Ma-
* roc.» Des trombes de sable faisaient
à chaque instant craindre aux voyageurs d'être ensevelis. « Une de ces « trombes , dit-il , plus considérable « que les autres, traversa notre camp, « culbuta toutes nos tentes, et, nous « faisant tournoyer comme des brins r de paille, nous renversa pêle-mêle « les uns sur les autres ; uous ne sa- « vions plus où nous étions; on ne « distinguait rien à un pied de distanr ce. . . La consternation était génér raie ; on n'entendait que des lamentar tions... Au milieu des mugissements r du vent, on distinguait par inter- « valles les gémissements des char meaux, aussi effrayés et bien plos à r plaindre que leurs maîtres, puisque r depuis quatre jours ils n'avaient rien r mangé. Tout le temps que dura cette « effrayante tempête, nous restâmes r étendus sur le sol.» Le 17 septembre, il arriva à Tanger, presque mourant, exténué par la fatigue, la misère et la fièvre , accueilli généreusement par M. Delaporte , .vice -consul de France, qui lui fit apporter des habits européens en place des haillons sales qui le couvraient. Il eut enfin le bonheur de revoir la France le 8 octobre 1828. C'est ie premier Européen qui ait rapporté des notions complètes sur des contrées où il n'avait été devancé queparMungo-Park et le major Laiug, qui , moins heureux que lui , n'ont pu revenir de cette terre funeste à tant de voyageurs. La Société de géographie s'empressa de lui envoyer un secours de cinq cents francs, avec lequel il put revenir à Paris, et bientôt après elle lui accorda le prix de dix mille francs promis au premier voyageur qui serait parvenu dans la ville de Tombouctou, et en aurait rapporté des observations positives. Caillié a publié son voyage sous ce titre : Journal dun voyage à Tombouctou et à Yenné, dans VAfrique centrale, précédé d 'observations faites chez- lis Maures-Braknas, les Nalons et d autres peuples, pendant les années 1824, 1825, 1826, 1827, 1828; par René CaiUiè ; orné du portrait, de routeur, cTune vue de Tombouctou et dune carte itiné raire, avec des remaroues géogra-
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phiques par M. Jomard, membre de f Institut. Paris, 1830 , 3 vol. in-8°. On trouve dans cet ouvrage un vocabulaire de la langue mandingue, et un autre de la langue kissour parlée à Tombouctôu concurremment avec le maure. Les remarques de M. Jomard y occupent cent quarante- huit pages.
On y trouve aussi la relation de la mort du major Laing, sur laquelle il était parvenu en Europe tant de versions si différentes, qu'on ne savait à laquelle s'arrêter.
Caille r (Bénigne), né à Dijon vers 1644, fut, pendant plusieurs années, professeur de rhétorique au collège de Navarre, à Paris, et mourut en 1714* Il a laissé, en manuscrit, un assez grand nombre de pièces de théâtre , entre autres : Les saints Amants, tragédie chrétienne ; le Mariage de Bacchus, opéra en cinq actes ; les Vacances des écoliers, comédie en trois actes. Le recueil de ses œuvres existait en deux volumes in-8° dans la bibliothèque de la Vallière.
Caillkt (Guill.), villageois, né à Mello, dans le Beauvaisis, fut le chef du mouvement populaire appelé la Jacquerie, qui eut lieu pendant la captivité du roi Jean. Les insurgés avaient déjà brûlé plus de deux cents châteaux lorsque Charles le Mauvais , roi de Navarre, invita leurs principaux chefs à venir près de lui , et fît main basse sur eux pendant les pourparlers. Caillet que, suivant Froissard, ses soldats appelaient Jacques Bonhomme, fut saisi , et le roi de Navarre le fit couronner d'un trépied de fer rouge. Sa mort fut suivie de la ruine de son parti. (Voy. Jagqubhii.)
Caillette , fou de Louis XII et de François Ier. Bien loin d'avoir été un boufton renommé par ses piquantes saillies , cet homme nous est représenté par les auteurs contemporains , et entre autres par Despériers, comme une sorte d'idiot. Son nom est souvent pris pour synonymedesot, par Érasme et Théodore de Bèae. On ne sait pas la date de la mort de Caillette, que la Nefdesfolz, imprimée en 1487, fait vivre eu 1494.
Cailleux ( M. F. ) , marchand rubanier, né en 1701 , se fit affilier aux jacobins , devint bientôt après officier municipal, et fut chargé en cette qualité de veiller sur les prisonniers du Temple. Il fut ensuite envoyé dans le département de l'Eure, signala son zèle contre les fédéralistes , revint à Paris et fut nommé à l'administration de la police , où il siégea jusqu'après le 9 thermidor. A cette époque if fut emprisonné, puis relâche au bout de quelques mois ; mais il s'associa à toutes les tentatives du parti montagnard , fut impliqué dans la conspiration du camp de Grenelle, et condamné à mort le 19 septembre 1796. 11 était alors âgé de trente-cinq ans.
Caillot ( Joseph ), le puis célèbre acteur de la Comédie -Italienne et de l'Opéra-Comique, naquit à Paris en 1732. Fils d'un orfèvre, qui fut arrêté pour dettes, il fut, à l'âge de cinq ans, recueilli par des porteurs d'eau, qui le nourrirent jusqu'à ce que son père fût sorti de prison. Celui-ci, ayant obtenu une place subalterne dans la maison du roi, le suivit en Flandre et y mena son fils, dont l'esprit, la gentillesse et la jolie figure interessaient tous les officiers généraux. Le duc de Villeroi le prit en affection, et le présenta à Louis XV. Comment t'appelles -tuf lui dit ce prince. —Sire, je suis le protecteur au duc de Villeroi, répondit l'enfant , en voulant dire tout le contraire. Le roi rit de cette naïveté, et attacha le petit Caillot au spectacle des petits appartements pour jouer les amours et les jeunes patres. La voix de Caillot ayant mué , il perdit sa place , et après avoir joué en divers endroits l'opéra comique, il débuta, le 26 juillet 1760, à la Comédie-Italienne, et y fut reçu la même année. Une figure expressive, une taille avantageuse, un débit gracieux et simple, un jeu plein d'enjouement et de vérité, une voix de basse-taille ronde et forte, mais en même temps si étendue et si flexible, qu'il chantait sans effort la haute-contre, telles furent les qualités qui méritèrent à Caillot la faveur constante du public. « Caillot , dit le baron de
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«Grimm, était sublime sans effort, « et son talent, qu'il gouvernait à son « gré, était, sans qu'il s'en doutât, plus « rare peut-être que celui de Le Kain. « Ce fut Garrick qui lui apprit qu'il se- « rait acteur quand il voudrait. » Ses succès dans le genre pathétique furent aussi étonnants que rapides , et il porta depuis dans plusieurs rôles cette profonde sensibilité dont il était pénètre. Il créa ceux du Sorcier, de Mathurin, dans Rose et Colas; du Déserteur, du Huron, du Sylvain, etc.
Mais il était surtout inimitable dans les rôles de Lubin, dans Ànnette et Lubin, de Biaise, dans Lucile , et de Richard, dans le Roi et le Fermier. Il quitta le théâtre en 1772, et se retira ensuite à Saint-Germain en Lave. En 1800, l'Institut de France l'admit au nombre de ses correspondants pour la classe des beaux-arts. Son fils, major d'un régiment, périt à vingt-huit ans dans la campagne de Moscou, en 1812.
La douleur de cette perte causa au vieillard une attaque de paralysie qui le força de revenir à Paris, où il mourut le 30 septembre 1816 dans sa quatre-vingt-quatrième année.
Cailly, terre et seigneurie de l'ancienne Normandie, aujourd'hui département de la Seine-Inférieure, à 14 kilomètres de Rouen, érigée en marquisat, en 1661.
Cailly (Charles), né, en 1752, à Vire, département du Calvados , fut nommé, en 1796, après avoir rempli honorablement quelques fonctions administratives, commissaire du directoire près les tribunaux de Caen. Destitué après le 18 fructidor an y, il fut nommé, l'année suivante, député du département du Calvados au Conseil des Anciens, dont il devint un des secrétaires quelques mois plus tard; il y fit un rapport sur le notariat et appuya les droits de la république sur les successions des émigrés. Cailly n'exerça plus ensuite que des fonctions judiciaires; le 24 avril 1800, il fut appelé à la présidence de la cour de Caen. Il y tut, sous l'empire, un des présidents de chambre, fonctions qu'il conserva sous le gouvernement royal
jusqu'en 1819. Il mourut en 1821. Son principal ouvrage est sa Dissertation sur le préjugé qui attribue aux Égyptiens F honneur des premières decou»
vertes dans les sciences et les arts.; elle avait été lue dans une séance publique de l'académie de Caen, et elle a été imprimée en 1802, in-8°.
Cailly (Jacques de), né à Orléans, en 1604, a laissé un recueil de vers intitulé : Diverses petites poésies du chevalier d'ÂceiUy, Paris, 1667, in-12.
D'Aceilly est l'anagramme du nom de Cailly, sous lequel il est moins connu. La plupart de ces pièces dénotent une grande facilité de versification , et quelques-unes sont encore sues de tout le monde : nous ne citerons que Pépigramme contre les étymologistes :
Alfana vient d'equus sans doute ; Mais il faut convenir aussi Qu'en Tenant de là jusqu'ici , 11 a bien changé sur la route.
Cailly est mort en 1673. Il se disait allié de la famille de la Pucelle d'Orléans.
Caibe (prises et combats du). Lors-
fue Bonaparte se fut rendu maître 'Alexandrie, il sentit que pour assurer sa position en Égypte, il lui importait d'en occuper la capitale. Dès le lendemain de son entrée à Alexandrie, il se porta sur le Caire avec son artillerie de campagne et un petit corps de cavalerie. Cette marche était aussi hardie
Sue difficile. On avait à braver un soîil brûlant, une soif ardente, des sables dévorants et des attaques continuelles de la part des Arabes. Enfin, après deux joursde souffrances inouïes, on découvre le Nil. Desaix repousse une avant-garde de huit cents Mameluks , et les troupes épuisées se reposent deux jours a Rhamanié, où elles sont rejointes par la flottille. L'armée remonte le Nil prête à livrer bataille aux ennemis partout où elle les rencontrera. Elle les trouve rangés sur son passage a Chobrâkit; les Mameluks culbutés aussitôt se hâtent de regagner le Caire, tandis que nos colonnes continuent leur marche, sans cesser d'être harcelées par les Arabes, et manquant de viande et de
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pain. Le 21 juillet 1798, Bonaparte, informé que Mourad-Bey est retranché au village d'Embabé, à la hauteur du Caire, s'empresse d'aller lui livrer bataille. Il est vainqueur aux Pyramides (voyez ce mot). Aussitôt la ville est évacuée par Ibrahim, le pacha et les janissaires, et la populace se livre aux plus graves excès. Les scheiks et les ulémas consternés envoient au camp une députation pour demander protection et protester de leur soumission. Enfin, le 25, Bonaparte fait son entrée au Caire avec un petit nombre de troupes, et bientôt cette grande ville, ou la tranquillité est rétablie, devient le centre du gouvernement et de l'administration française en Egypte.
— Ce calme ne devait pas durer longtemps ; vers la fin d'octobre, le bruit s'étant répandu que la Porte allait déclarer la guerre aux Français, des rassemblements se forment et plusieurs Français sont tués ; le général Dupuy, commandant de la place, veut apaiser les mutins; sa faible escorte est culbutée et lui-môme est massacré.
Tous les Français que les révoltés rencontrent sont égorgés. Bonaparte fait alors battre la générale et le combat s'engage dans les rues. Au bout de deux jours, les révoltés, renfermés dans une mosquée, implorent la géné- , rosité des vainqueurs; Bonaparte pardonne et, dès le 31 octobre, l'ordre est entièrement rétabli.
— Le général Kléber, chargé de l'administration de l'Egypte après Bonaparte, avait cru impossible de s'y maintenir, sans renforts et sans secours, contre les Anglais et les Turcs , et s'était prêté à des négociations dont les Anglais étaient bientôt venus entraver la marche. Pendant qu'il répondait par la victoire a" Héliopolis aux insolences de ces insulaires, Ibrahim-Bey, avec une nuée de troupes irrégulières, entra dans la ville du Caire, et la souleva en annon-
Îant la défaite des Français (19 mars 800) ; la plupart des chrétiens furent égorgés. La garnison, réfugiée dans la citadelle et dans les forts, eut d'abord
beaucoup de peine à s'y défendre; cependant elle était parvenue à s'y maintenir, lorsqu'au bout de deux jours on vit arriver le général Lagrange avec un renfort inespéré de quatre bataillons. Sa position devint alors inexpugnable; et un nouveau renfort de cinq bataillons lui ayant été amené quelques jours après par le général Friant, elle
|)ut reprendre l'offensive. Cependant es insurgés déployaient dans leur résistance une énergie extraordinaire.
Enfin, le 26 mars, Kléber arriva devant la place. Il noua aussitôt des intelligences avec Mourad-Bey et forma le blocus. Après plusieurs tentatives partielles et aes sommations réitérées, on résolut, le 18 avril, de tenter une attaque générale. En effet, pendant cette journée, quatre cents maisons furent brûlées et huit cents Mameluks périrent ; mais les fanatiques assiégés ne furent pas encore réduits. Leurs
Î>ropositions de capitulation furent télés, que par deux lois Kléber fut obligé de les rejeter. Cependant une dernière attaque eut plus de résultat ; Nassif- Pacha proposa, le 20 avril, un projet de capitulation qui put être accepté et que Kléber signa le même jour. L'échange des prisonniers eut lieu le 22 du même mois; le 24, la ville était complètement évacuée, et le 27 les Français y firent leur entrée triomphante, au bruit de l'artillerie de l'armée et des forts.
—Un an après, la situation n'était plus la même. Le général Menou, qui avait succédé à Kléber, avait donné le commandement du Caire au général Belliard, et il ne lui avait laissé que deux mille cinq cent cinquante-trois hommes de garnison. Cependant l'armée du grand vizir s'avançait vers Belbeys, et les Anglais marchaient vers le Caire avec des troupes fort nombreuses. Il ne restait à Belliard d'autre ressource que de fortifier l'enceinte du Caire et de prendre une attitude imposante. Il concentra toutes ses troupes, éleva des retranchements, forma des magasins, fit arrêter quelques-uns des habitants les plus influents, pour s'en faire des otages, qui lui répondissent de la fidé-
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Jité des autres; enfin les Français montrèrent'qu'ils étaient décidés à s'ensevelir sous les ruines de la ville, ou à dicter les conditions de leur retraite.
Le 18 juin, la ville fut entièrement investie par les armées combinées; il restait a peine cent cinquante coups à tirer par pièce, et on pouvait craindre que la population du Caire, ne recevant plus de vivres, ne se tournât contre les Français. Le 22 juillet, il y eut une suspension d'armes; le lendemain, une conférence entre trois officiers français et trois autres des armées combinées; le 24, les Français dictèrent les articles de leur retraite; ces articles furent acceptés le 27 et ratifiés le 28. Les conditions de l'évacuation furent honorables pour un faible corps de troupes miné par les maladies, mais portant dans son cœur un invincible courage. Les Français eurent douze jours pour quitter le Caire et Boulac ; leurs munitions, artillerie, bagages, furent transportés aui frais des puissances alliées, dans les ports français de la Méditerranée, et les prisonniers furent rendus de part et d'autre. Menou ne tarda pas à capituler sur les mêmes bases que Belliard. Ainsi, après trois ans d'occupation, l'Égypte fut complètement évacuée.
Caieo (combat de). Le général Dumerbion marcha, le20 septembre 1794, contre dix à douze mille Autrichiens postés entre Final et Acqui, les chassa d'abord des villages qu'ils occupaient, et les poursuivit avec tant d'activité , qu'il les atteignit à Cairo au moment où ils étaient occupés de leur retraite. Quoique le jour fut très-avancé , profitant de l'ardeur de ses troupes, il les attaqua sur tous les points, et en moins d'une heure et demie, ils furent chassés des positions avantageuses qu'ils avaient prises. L'ennemi perdit près de mille nommes tués, blessés ou prisonniers , et ne s'échappa qu'à la faveur de la nuit; mais Dumerbion, manquant de l'audace nécessaire pour compléter son avantage, perdit l'occasion de s'emparer d' Acqui sur la Borraida, et cette faute retarda de plus
d'un an l'entrée des Français en Italie.
— Après la victoire de Montenotte, le 12 avril 1796, Bonaparte se hâta de s'emparer de Cairo, et sépara ainsi l'armée des Piémontais de celle des Autrichiens.
Caisse , mot du langage financier, par lequel on désigne des établissements publics ou privés où l'on dépose des fonds destinés à subvenir à différents besoins de la fortune et du crédit publics. Telle fut la caisse des emrunts, ou caisse royale , établie à Hôtel des fermes sous le règne de Louis XIV, pour recevoir les deniers des particuliers qui voulaient prêter leur argent à intérêt. En échange de ces deniers, les fermiers donnaient des promesses, ou billets au porteur, qui avaient cours sur la place sous le nom de promesses des gabelles. Ces promesses furent converties, à la mort de Louis XIV, en billets d'État, et acquittés en entier sous le règne de Louis XV.
Parmi les principales caisses fondées depuis, on peut citer la caisse d'amortissement (voyez Amortissement et Dette PUBLIQUE ) ; la caisse d'escompte ( voyez Cbédit public), dont le mauvais succès, en 1784, fit donner à une forme de chapeaui que portaient les dames le nom de chapeaux à la caisse d'escompte, ou chapeaux sans fond; enfin la caisse des dépôts et consignations, la caisse dePoissy, sur la-*
auelle nous allons donner ici quelques éta ils , et les caisses d'épargne dont nous parlerons dans le volume suivant.
La caisse des dépôts et consignations est destinée à recevoir les dépôts de deniers qui, dans certaines circonstances, doivent être consignés entre les mains d'un tiers. C'est elle qui reçoit le cautionnement de l'étranger qui , voulant être admis à plaider devant les tribunaux français, doit assurer le payement des frais du procès qu'il veut intenter; celui du prévenu en matière correctionnelle oui réclame provisoirement sa mise en liberté; celui des différents fonctionnaires publics qui doivent fournir, avant d'entrer en fonctions, une garantie de leur
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gestion (voyez Cautionnement). En- res ou judiciaires , ainsi que des ser-
flh, lorsqu'il y a contestation entre le vices relatifs à la Légion d'honneur,
débiteur qui veut se libérer et le créan- à la compagnie des canaux, aux fonds
cier qui ne veut pas recevoir ; lors- de retraite, etc.
qu'il y a arrêt de deniers entre les mains du débiteur; lorsqu'une somme est en litige et ne peut être, avant la fin des débats, payée a aucune des parties, c'est à la caisse des dépôts et consignations que , dans ces diverses circonstances, ces deniers doivent être versés.
Cette caisse est toute moderne, et il n'y avait pas même, avant la révolution, d'établissement qui pût en tenir lieu. Les tribunaux se oornaient alors à prononcer, lorsque cela était jugé nécessaire , le séquestre des sommes litigieuses ou saisies, en nommant un gardien qui était investi par le jugement du droit de les conserver. Ce gardien était ordinairement un commissaire aux saisies réelles, ou le greffier du tribunal. Mais cet état de choses avait de graves inconvénients; l'Assemblée constituante voulut y remédier, et décida, en 1791, que toutes les consignations à faire seraient désormais déposées aux greffes des tribunaux, c'est-à-dire, dans la caisse du greffe, et non plus entre les mains des greffiers, des commis*aires aux saisies réelles , des mayeurs, baillis ou officiers seigneuriaux. Un décret de la Convention décida, en 1793, que ces consignations seraient faites à Paris, à la trésorerie nationale, et, dans les départements , dans les caisses des receveurs publics.
Ces attributions furent transportées, en l'an vin, à la caisse d'amortissement, qui servit ainsi en même temps de caisse des dépôts et consignations jusqu'au 28 avril 1816, époque où les deux établissements furent séparés par une loi. L'ordonnance du 22 mai suivant, qui organisa le service de la caisse des dépots et consignations , lui donna toutes les attributions accordées auparavant à la caisse d'amortissement, et qui étaient étrangères à l'action de cette caisse sur les Fonds publics. En conséquence , c'est elle qui est spécialemetit chargée de l'administration des dépôts volontai-
Caisse de Poissy. — La nécessité d'assurer et de régulariser le commerce de la boucherie , dans une ville aussi importante que Paris , se fit sentir de bonne heure. A une époque qu'on ne peut préciser , mais assurément fort reculée , on établit , sous le nom de vendeurs de bestaUf des intermédiaires entre les marchands forains et les bouchers de la capitale. Les attributions et les privilèges de ces marchands furent régies par le prévôt Aubriot, dans une ordonnance du 22 novembre 1375. Ces vendeurs devaient fournir un cautionnement de soixante livres parisis , « faire bon le payement des marchands , darfS les huit jours de la vente, » et pour l'acquit de cette obli-
{;ation, ils étaient contraignables par a saisie de leurs biens et l'emprisonnement de leurs personnes. Ils avaient
{jour salaire six deniers par livre, sur e montant des ventes et achats opérés par leur intermédiaire , et nul d'entre eux ne pouvait être vendeur et marchand de oestiaux à la fois.
Le nombre de ces vendeurs était indéterminé. Charles VI , par lettres patentes du 7 novembre 1392, le fixa à douze , et érigea leurs fonctions en titre d'offices , qu'il conféra aux officiers de sa maison. Cette institution subsista pendant deux siècles et demi, sans éprouver d'autres modifications que l'addition d'un vendeur aux douze créés en 1392. Ces jurés vendeurs n'exerçaient leur charge que sur les marchés à bestiaux qui se trouvaient à Paris. Mais la vente du eros bétail ayant été transportée au dehors, il fut créé en 1605, aans toutes les villes du royaume, à titre d'offices, de nouveaux vendeurs, dont le cautionnement était de mille livres, et le salaire de six deniers pour livre. Comme ceux de Paris , ces officiers étaient responsables du prix des ventes, et tenus d'en faire l'avance aux marchands , sous peins de tous dépens et dommages-intérêts.
En 1644 , il fut créé à Paris treize