‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 11 sur 86 · AM · texte numérisé non relu

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Du temps de César, le Cambrésis était habité par les FTéririent; sous

Ilonoriiis, il fai5init partiede la deuxième Iklgi(jLie. De la aomination des Romains, il passa sous celle des Francs, dont il fut une des premières conquêtes dans les Gaules. Sous le troisième raee , les empereurs s'en emparèrent et y établirent des comtes. Ce pays était gouverné depuis près de quatre siècles par des comtes laî()ue8, lorsqoMI fut donné aux évéques de Cambrai. Le comté de Cambrai fut érigé en 1510, par Maximilien r% en duché et prindpaotéde TEmpire, an ftveur de Jacques de Crouy et de ses successeurs à révéché de Cambrai. Le Cambrésis fut conquis en 1581, par le duc d*Alençon , qui en donna le gouvernement à Jean de Montluc, seigneur de Bala* gny. Henri IV confirma cet officier dans sa charge, et le fit même tiiaréchal de France ep 1594. Mais 1 administration de Balagny fat ai tyranni* mie, que les habitants, pour s'en délivrer, ouvrirent, en 1595, leurs portes aux Espagnols. Ceux-ci restée ïtnt en possesaion de Cambrai et du Cambrésis jusqu'en 1677, époque où Louis XIV en fit In conquête. Le traité de Mimègue, en 1678, en assura déû- Bitivement la possession à la France.

CAiiBBittB(Pierre-Dominique),maréchai de camp, né en 1767, dans le département de l'Aude, parcourut rapidement les grades subalternes, et aenrit comme chef de bataillon en Es-»

pagne et en Italie; puis sous le général Brune, dans l'armée gallo-batave, et, sous Moreau, dans la campagne du Rhin. Le ténéral Riohepanae, envoyé à la Guadeloupe, rattacha ensuite à son état-major, et se l'associa dans plusieurs engagements avec les noirs, où Cambriela ae distingua par aofl- ODurage et son ludrileté. En récompense de ces glorieux services, il reçut le comraandementsupérieurde la Grande- Terre, et fut nommé colonel du 66" régiment. Après avoir été asséz long*»

temps prisonnier des Anglais, il passa en Espagne en 1812, fut nommé général de brigade en 1815, et chargé de fâ ûêÊdOm de la TiHetle, aoua les or»*

dres du général Ambert. Il se retira énsutte atee l'armée derrière la Loire , où 11 reita Juaqa*dtt licenciement des

troupes.

Cambhonne (Pierre-Jacques-Étienne), né en 1770, à Saint-Sébastien, prés de Nantes. ~ Le nom de Cam*' bronne est attaché à la glorieuse défaite de Waterloo; il est resté populaire comme l'intrépidité de la vieille garde. Destiné d'abord an commerce, il a*enrôla dans un bataillon de volontaires nantais qui allait se battre contre les rebelles de la Vendée. D'une bravoure vemarouable, il parvint rapidement att grade de capitaine. La Vendée pacifiée, il s'embarqua pour l'expédition d'Irlande, passa ensuite à l'armée des Alpes, puis à celle d'Helvétie, oij il enleva une batterie russe avec une poignée d'hommes. Il vit périr à ses cotés le brave Latour-d'Aiivprgne, et refusa le titre de premier grenadier de France que ses soldats Toolaient lui donner.

Il fut fait sueressivement chef de bataillon, colonel des tirailleurs de la garde. Il se battit pendant deux ans en Espagne, puis en Russie, et ramena son régiment après avoir assisté à toutes les batailles de la guerre de 1813. Nommé au commandementd'une brigade, il prit part à toutes les opé* rations de la campagne de 1814, nit blessé plusieurs fois, et suivit Napoléon à l'île d'Elbe. Rentré en France, il fut fait comte, grand-cordou de la Légion d'honneur et lléutenant aéné< ral; mais il refusa ce dernier grane, et courut en Belgique se mettre à la tête d'un régiment de la vieille garde. A la bataille de Waterloo , 11 commandait une brigade qui soutint pendant tout le jour le choc des masses prussiennes. Sommé de se rendre , il répondit ce mot ftmeux nui frappa lei ennemis de stu* peur et d'étounementC*}* On le trouva couvert de blessures au milieu de ses soldats. Conduit en Angleterre, il écrivit à Louis XVIII pour obtenir la permission de rentrer en France. 11 revint sans avoir reçu de réponse, fut arrêté, conduit à Paris, traduit devant

(*) Voyez tea àamàÈM,tn , agiote.

4» OAM L*UmV£BS. €AH

un conseil de guerre et acquitté. Depois, il a commandé la place de -Lille et obtenu sa retraite. Le général Cambronne vit encore, et est entouré de restime de ses concitoyens.

Cambby (Jacqiies), né à Lorient en 1749, remplit successivement différentes fonctions administratives jusqu'en 1803, époque où il se retira des affiiires poar se vouer tout entier à Tétude. Il fut Tun des fondateurs de l'Académie celtique , qui le choisit pour son premier président. Il mourut le 31 décembre 1807. On a de lui : Lssai sur la vie et les tableaux du Poussin y 178.3, in 8°; Notice sur les troubadours, Leipziii, 1791, in-8''; Catalogue (les objets échappés au vandalisme dans le Finistère ^ Quimper, 1795, îli-4'; Voyage dans le Finistère, ou État de ce département en 1794 et 1795, Paris, 1799, 3 vol. in-8° avec figures; DeserIpHm du département de r Oise, 1803, 2 vol. in-8%etanatlas de planches in- fol. : Cambrv avait été préfet de ce département; Monuments celtiques y ou Recherches sur le culte des pierres, précédées d'une noHee sur les Celtes et sur les druides, et suivies détymologie s celtiques, 1805, in-8° avec ligures; i\oiice sur lagricutlure des Celles et des Cau&iSy Paris, 1806, in.8'.

Camel (Paul), tambour à la 107* de ligne, né à Fital (Lot-et-Garonne), battait la charge le f messidof an VII, lorsqu'un soldat tomba près de lui grièvement blessé. « Donne-moi ton fusil, lui dit-il, que je te venge. » En même temps, il couche enjoué le eolonel ennemi et le renverse de cheval. Camel périt dans la même journée.

Camérieb. Voyez Chambbier.

Camisad£ de Boulogne. — François 1*' venait de conclure à Cr^y la paix avec Gbarles-Quint. Henri VlII, allié de ce prince, forcé d^abandonner la Picardie et de lever le siège de Ifoiitrenil , s'était embarqué pourl*An« gieterre, après avoir concentré son armée à Calais et à Boulogne, seules places qu'il conservât encore sur le continent (30 septembre 1544).

« Plot de aepl mille IxMDoiet avaient

été laissés à Boulogne, partie dans la ville haute, partie dans la ville basse, qui est à près d'un mille au-dessous.

La ville haute est très-forte par sa position; mais ses murailles avaient été ébranlées par un long siège; plusieurs brèches étaient encore ouvertes, et les Anglais n'avaient point eu le temps d'y introduire des munitions. La ville buse était hors d*état de faire aucune résista nce. Le dauphin s*était avancé jusqu'à la Marquise, à moitié chemin de Boulogne et de Calais, et ayant fait reconnaître Boulogne par de Tais et Montluc, il résolut, dans les premiers jours d'octobre, de surprendre la ville basse. De Tais, qui commandait vingttrois enseignes, moitié de Gascons, moitié d'Italiens, Ht revêtir à ses gens leurs chemises par-dessus leurs armes ,

{)our qu'ils pussent se reconnaître dans 'obscurité, et partit de la Marq|uise au milieu de ut nuit: le reste de Tarmée devait se mettre en mouvement le matin pour le seconder. Les*troupes qui donnaient la camisade, car c'est ainsi qu'on nommait ces expéditions en chemise, n'eurent aucune peine à entrer dans la ville basse, où de grandes brèches étaient ouvertes. Montluc vit dans une prairie, au-dessous de la tour d'Ordre, toute rartillerie de Henri, qu'il y avait laissée, trente barriques pleines de corselets qu'il avait fait venir d'Allemagne pour armer ses soldats, et un çrand convoi de vivres.

Mais les partis français qui entrèrent dans la ville en plusfeurs divisions s'y égarèrent, et ne surent pas se reunir; une pluie effroyable qui tomba au point du jour les déconcerta, et empêcha Tarmée du dauphin de s'avancer a leur secours. Les Italiens et les Gascons entrèrent dans les maisons et se mirent à piller. De Tais, blessé au commencement de Tattaque, ne donna aucun ordre, ni pour placer un corps de troupes entre la ville liante et la ville basse, ni même ^ur retenir uuel-

Îues compagnies de piquet sur la place. ,es Anglais s'en apercevant, descendirent de la ville haute avec cinq ou six enseignes seulement, attaquèrent les Français, dont le nombre était

l'RANCK.

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pins que double, maïs qui s'étaient dispersés; ils en tuèrent un grand nombre, firent les autres prisonniers, et détruisirent presque en entier le corps (l'armée qui était entré dans la ville (*). ..

Les Anglais n'étaient point en mesure de profiter de cet avantage. Mais le mauvais succès de l'entreprise de de Tais découragea le dauphin, qui, se contentant de laisser à Montreuil le maréchal de Biez, avec les bandes qui avaient fait les guerres de Piémont, licencia les Suisses et les Grisons, et partit pour ;!>aint-Gerraain en Laje, où le roi ^attendait.

Camisabds. — L'insurrection des cnmîsards n'est qu'un épisode des guerres des O' rennes (voyez Céven- N£S) , provoquées par la revocation de rédit de Nantes, et par les rigueurs qui suivirent cette funeste mesure.

L'un des plus ardents persécuteurs de ces contrées, l'abbé du Chayla, inspeeteor des missions, avait transformé en prison son château du Pont-de- IMonvert, et il inventait chaque jour de nouveaux supplices pour les protestants. Informé un jour qu'ils tenaient une assemblée secrète auprès de son château, il en fit enlever soixante par une bande de soldats , et 1rs plus hardis furent aussitôt pendus. La vengeance ne se fit pas longtemps attendre. Une troupe de Cévenols forcèrent le château, et l'abbé du Ciinyla, saisi par eux, fut pendu à son tour. Les Cévenols, pour se reconnaître dans cette expédition , s'étaient tous revêtus d'une chemise ou blouse en toile blanche (en languedocien , caniisa) , d'où leur vint, dit-on, le surnom de camîsards. L'Insurrection n'en resta pas là; elle fît bientôt des progrès effrayants, malgré les vingt mille nommes de troupes que la cour envoya dans les Cévennes sous les ordres du maréchal de Montre vel.

Les protestants, écrasés d'impôts, avaient pris pour devise : P/us d'impôts et liberté de conscience l Les reoeveun qui avaient fait vendre les

(*) Sismondi , Mûtdes Français, t. XVU,

p. 221 et suiv.

meubles et les récoltes des malheureux qui n'avaient pu payer, furent enlevés de mût dans leurs maisons et pendus à des arbres j avec leurs rôles aito> chés au cou. Les montagnards cévenols choisirent pour <'h('fs les plus braves d'entre eux, entre autres, Cavalier, Roland, Ravenel et Catinat (voyez ces noms), . Cavalier, garçon boulanger de y'm^t ans, s'établit dans la plaine; Roland, qui avait squs ses ordres Catinat, se retira dans les montagnes. Tous ensemble, ils soutinrent pendant plusieurs années une guerre acharnée contre trois maréchaux de France. Trahis une fois par un meunier, les camîsards , dans un affreux combat qui dura un jour et une nuit , perdirent sept cents hommes; mais, grâce à l'habileté de leurs chefs, cet échec lut bientôt réparé. Enfin Jean Cavalier se laissa séduire par un brevet de colonel et la promesse d'une pension , et son exemple entraîna la soumissiou de la plus grande partie des camîsards. Les troubles des Cévennes parurent apaisés un instant en 1705, et le maréchal de Villars, qui commandait les troupes royales, fut rappelé. Cependant, comme à cette époque la France était engagée dans la guerre de la succession d'Espagne, une commission fut établie en 1704 à la Ilave, par les États-Généraux, pour réveiller l lnsurrection des Cévennes ; mais ces menées n'aboutirent qu'à faire rentrer en France quatre malheureux chefs, qui furent brûlés à Nîmes en 1705. Eq 1700, leVivarais tout entier se souleva de nouveau; mais il futi)ientôt pacifié, après avoir toutefois opposé une vive résistance. L'année suivante, les alliés tentèrent vainement une descente sur les côtes du Languedoc, (pi'ils espéraient voir s'insurger à leur approche.

•Leur espérance fut encore trompée; pas un habitant ne tenta de renouveler la guerre civile.

Camisahds blancs ou Cadets de LA ci\oix. — C'est le nom que l'on donna à des bandes de catholiques

3ui apparurent dans le bas Langueoc, à peu près à la même époque que les camisards noirs (voyez i'ar-

lY. 4" Livraison, Çûiqt, encyclop., sic.)

KUxavËBJSU

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tîele solvant). Ils avaient été organisés en vertu d'une bulle du pape Clément XI, datée du 6 mai 1703, qui accordait des indulgences à tous ceux qui prendraient les armes pour exterminer les protestants insurgés.

On les appelait aussi cadets de la croix, parce qu'ils portaient une croix blanche au retroussis de leurs chapeaox. Ils marchaient avec les troupes royales , et mnssnrrnîmt sans distinction dïifîe ni de sexe tous les réformes qui tombaient dans leurs mains. Mais les chefs camisards les poursuivirent à outrance, et les eurent bientôt exter* minés eux-m^mes.

CA.MISAEDS PBOVENÇAUX OU CA«

msABDs Nons. — Ce n*était qu'une bande de voleurs et de pillards sortis

d«; la Provence, et qui infestèrent le bas Languedoc sous le nom de cnniisards, bien que Cavalier les fît poursuivre n outrance et punir avec une inflexible sévérité.

Camma, fenune galate dont Plutarque et Polyen se sont plu à raconter rénergiqoe chasteté et la mort malheureuse. Le jeune tétrarque Sino-rix, égaré par son amour pour la jeune et belle prétresse de Diane, avait tué par trahison lè tétrarque Sinat, son mari , ett fort de ses richesses et de sa puissance, avait renouvelé près d'elle les poursuites qui, du vivant de Sin;)t, n'avaient obtenu aucun succès. Pressée pr sa famille, Camma feint de céder, le conduit avec calme au sanctuaire, et partage avec lui la coupe d'or. Mais

le vin était empoisonné Quelques

heures après, tous deux avaient expiré, Sino-rix dans sa litière^ Camma au pied des autels.

Cammas (Lambert -François -Thérèse) , j)eintre et architecte , professeur a*arc!liitector6 k TAcadémie de Toulouse, naquît dans cette ville en 1743. Son père, architecte estimé, dirigea ses premiers pas dans la carrière des beaux-arts. Cammas alla ensuite à Rome. De retour en France, il fut chargé de rembellissement de plusieurs églises, entre autres de celle d'îs Chartreux de Toulon. Cest lui qui a constmit b tà^t de Phétel de lille de

Toulouse. Dans ses restaurations d'églises gothiques, il mélangea l'architec tu r e i ta I i e 11 n e e 1 1' a r c h i tectu r e a r a be. Coumie j)eintre, on lui doit, entre autres compositions, F Apparition de la Fiergeà saint Bruno, et une allégorie représentant le Rappel des parle' ments sous Louis A I L Ce dernier ouvrage fut couronné par l'Académie de peinture, sculpture et architecture de Toulouse. Il mourut en 1804.

Camo (Pierre), marchand, fut Tun des sept troubadours toulousains qui fondèrent Tacadémie des jeux floraux.

(Voyez Jeux floraux.)

Camoux (Annibal) , fameux centenaire, naquit à r«iice, le 20 mai 1638^ et mourut à Marseille le 18 aoûtl7&9, âgé de cent vingtetun ans et trois mois. Il avait servi sur les galères comme simple soldat ; il dut à la sobriété et à la frugalité de sa vie Tinaltérable sauté dont il jouit jusqu'à i âge de cent ans. Louis XV lui accordn, vers cette époque, une pension de trois cents francs. Visité, sur son lit de mort, par le cardinal de Belloy, évéque de Mar> seille, Annibal lui dit : «Monseigneur, « je vous lègue mon grand âge « ; et l'évéque, mort presque centenaire^ disait en riant, à la fin de sa carrière, qu'il avait accepté le legs d'Annibal.

Le portrait de ce dernier a été peint par Vernet, dans une vue du port de Marseille, puis par Viali et gravé par Lucas. On a publié sa vie, in-13.

Camp d u db ap d*oiu Voyez CSAJIB DU DBAP d'ob.

Caiipag]S£ , ancienne seigneurie avec titre de pairie, à 10 kilomètres d» Calais.

Campagnes (principales) des Français. Vo}'ez la liste des campagnes faites par les Gaulois, les Francs et [es Français, à rarticle Gusebbs et campagnes, et pour chaque campagne en particulier, le nom du pays qui en a été le théâtre, ou Tannée dans laquelle elle a eu Ueu, par exemple, Mu. sept

CENT QUATBE-VINGT-TBEIZE (campagne de); Mil huit CfiNX^ xa£izs (campagne de), etc. ^ ♦

GàMPAN, pietite villa .du département des Hautes-Pyrénées, cftitf*llea

CkU FRAHGE.

d'une riche et fertile vallée, à laquelle elle donne son nom. La population de cette ville est aujourd'hui de 4|171 habitants.

Campan (Jeanne-Louise-Henriette Genêt, madame), née à Paris, le 6 oe« tobre 1752. Son père, M. Genêt, pre> mier commis au ministère des affaires étrangères, était un homme distingué qui TOttlnt donner à ses filles une édacation plus soignée qu'il n'était d'usage à cette époque. T. a jeune Henriette avait été douée d'uno lielle voix, que Pétude rendit superbe, et ce fut, comme on le verra plus tard, une des causes de la fortune à laquelle elle atteignit d*abord, et dont la révolution vint entraver le cours.

M. Genêt recevait cbei lu! quelques gens de lettres, entre autres Marniontel et Thomas, qui s'émerveillèrent de voir une jeune fille de quatorze ans à laquelle la langue et la lîttéra* ture anglaise étaient familières, aussi bien que l'italien. On faisait vite les réputations, dans ce temps-là, la spirituelle jeune fille devint a la mode, et madame de Choiseul ayant parlé d'elle à Mesdames, filles du roi, elle entra bientôt près d'elles en qualité de lectrice. Elle j vit la jeune dauphine, Marie-Antomette ; celle-ci la prit en amitié, et mademoiselle Genêt s'étant mariée à M. Campan, secrétaire de cette princesse, fit partie elle-méaie des femmes de sa chambre. De la sévère et dévote société de Mesdames^ Uenriette passa dans la folâtre société de la jeune dauphine, sur laquelle elle a donné, dans ses mémoires, de curieux détails, dont nous n'oserions toutefois garantir entièrement Pauthenticité, et auxquels nous reprocherons aussi d*étre entachés d*une sorte d'esprit de domesticité, bien éloigné de la sévérité de l'histoire. On y voit du reste comment, au moment de la révolution, lajeone reine se trouvait seule nu milieu d'ennemis et sans asile, pas même dans le cœur du roi son époux, qui iamais n'avait pu avoir confiance dta ei(& Madame Campan , toujours femme de chambre de la reine, la mMi, pendant ks lureiDiàNapliases de

CÀM fit

larévolution,et,commedernierepreuve de la fidélité qu'elle lui avait montrée dans les jours les plus difficiles, notamment au 10 août, elle sollicita la permission d'entrer avec elle à la tour du Temple, permission qui lui ftit refusée. Elle se retira alors à la campagne; mais Louis XVI lui avait confié une cassette

S|ui contenait des papiers précieux; e comité de salut publie le sut , et madame Campan allait peut-être payer de sa tête ce qu'elle appelait sa fidélité à ses maîtres, lorsque le 9 thermidor la sauva.

Madame Campan respirait, mais elle était ruinée; son mari, infirme et malade, avait contracté trente mille francs de dettes; elle avait à soigner, avec lui , une mère de soixante et dix ans, un fils de neuf, et toutes ses ressources consistaient en un assignat de cinq cents francs. Elle ne perdit pas courage pourtant, et eUe ronda à Sain^GeIw main, dès 1794, une maison d'éduca* tion pour les jeunes tilles. Son établissement eut le plus grand succès; au bout d*un an elle eut soixante élèves, parmi lesquelles se trouvait la jeune Hortense Beauharnais, dont la mère allait.épouser Bonaparte, alors général.

A son retour d*ltalie, le général visita la pension Où se trouvait sa belle-fille; elle lui sembla bien tenue; il y fit entrer ses sœurs, et, lorsque devenu empereur, ila'occupad'organisortoutet choses, et entre autres Téducation det filles, il consulta madame Campan :

« Que manque-t-il aux femmes en tt France pour être bien élevées?» lui dit-il un jour. — «Des mères, » répondit madame Campan. — «Eh bieni a c'est à éleverdes mères que je vous desa tiue,» reprit-il; et , par un décret daté d'Austerlitz, il créa la maison d'Écouen, dans laquelle il voulait que les sœurs, les tilles et les nièces des officiers morts au cliamp d'honneur trouvassent des soins maternels. Madame Campan fut nommée surintendante d'Écouen, et, ' si son enseignement nous semble imparfait comme éducation uublique, nous ionunês pourtant oUigM de convenir qu'il était supérieur à tout oa qu'on avait vd juaqaa-làt et mêoMi à

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L'UNIVERS

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presque tcut ce qui eiiste auiouTd*huî;

La restauration supprima la maison d'Éoouen; on oublia les services rendus jadis à la famille royale par madame Campan, pour ne se rappeler que la la- Teur dont elle avait joui auprès de Penipereur, et, on le sait, une telle faveur était alors imputée à . crime. 11 n'y eut sorte de persécutions auxquelles elle ne se vît en butte ; sa santé s'altéra sous le poids de tant d'injustices, et quand un affreux malheur, la mort de son iils, vint la frapper, il la trouva sans force, elle courba la téte et mourut en 1822, âgée d'un peu moins de soixante et dix ans. Madame Campan a laissé plusieurs ouvrages, dont quelques-uns n'ont paru qu après sa mort. Nous nous contenterons d'en indiquer ici les titres : Conversation dune mère avec sa fille j Paris, an xii, in-8° (anonyme) ; Lettres de deux jeunes amies ^ f^ris, in-80 ; Mémoires sur la vie privée de Marie- Antoinette , reine de France et de Navarre, suivis de souvenirs et anecdotes historiques sur les régnes de Lmns XlVy Louis et Louis Xf^l, Paris, 1822, 3 volumes in-S" ; DeVéducation, 2 volumes in-8*, Paris, 1823 ; Conseils aux jeunes Jilles^ in-12, Paris, 1825.

• Campaha, commandantde la Légion d'honneur,' général de brigade, etc. INé à Turin, vers 1770, il combattit avec bravoure dans les rangs français^ à l'armée d'Italie, et fut ensuite nommé préfet d'Alexandrie, lors de la réunion du Piémont à la France. Mais ces fonctions convenaient peu à son Immeur guerrière. Il rentra sous les drapeaux, fut fait général de brigade et combattit àDiernstern, àAiisterlitz, devint aide de camp du grand-duc de Berg I et périt en défendant la petite Tille d'Ostrolenka.

Gahpêche (prise de). — Pendant une grandd partie du dix-septième siècle, l'Amérique espagnole fut ravagée et iniDndée de sang par un petit nombre de corsaires français et anglais connus sous le nom de Flibustiers, (Voy. ce mot.) Ces bommes formèrem, en 1685, le dessein d'aller afttaqaer Campéche. Gommandés par

un brave capitaine, gentilhomme

français, nommé Grammont, mille d'entre eux battirent huit cents Espagnols , s'emparèrent de la ville et en pillèrent toutes les richesses. Deux flibustiers forent pris; Grammont les redemanda, promettant de rendre tous les prisonniers qu'il avait faits.

On le refusa, et pour se venger, il réduisit toute la ville en cendres, fit sauter la forteresse, et brilla dans un feu de joie, le jour del.i Saint-Louis, pour deux cent mille ecus de bois de Campéche.

Campen (prise de). — lifrayés et démoralisés par les rapides succès de Pichegru en Hollande, les Anglais s'étaient retirés derri^ TTssel, et avaient campé entre Doesbourg et Campen, qu'ils évacuèrent, le 3 février 1794, dès qu'ils aperçurent i'avantgarde française. Cette pusillanimité augmenta la confiance des troupes républicaines, et fit tenter aussitôt la conquête des provinces deGroningue, d'Over-Yssel et de Frise.

Cahpbnon (Vincent) , né à Grenoble en 1775, fit son début dans la carrière littéraire par la relation d'un voyage deGrenobleà Cbambéry, écrite dans la manière de Bacbaumont. Enr courage par le succès de cette petite pièce, il multiplia ses essais dans la poésie légère. Son épître aux femmes rut remarquée et lui valut sa nomination au commissariat impérial près le théâtre de l'Opéra-Coniique. Kn 1812, son poème de la Maison des Champs et celui de l'Enfant prodigue lui ouvrirent les portes de llnstitut, où il fut le successeur de Delille, dont il chercha constamment à reproduire la manière. Le genre didactique et descriptif a été traité assez heureusement par M. Campenon, dans la Maison des Champs. Son style, quoique d'une couleur un peu passée, est élégant et a^;réable, ses descriptions sont ingénieuses et brillantes. Cet auteur montre fréquemment de l'esprit. Malheureusement toutes ces qualités, qui constituent une médiocrité honorable, ne suffisent pas pour faire survivre un nom au naufrage oik viennent sepenbre

CàU

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fnéTitablement les modes consacrées par chaque époque. En 1814,M.Camj)eaon fut aomnié censeur royal et secrétaire du cabinet et des menos-plaisirs, sous les ordres de M. le duc de Duras. Dans les cent jours, il sut se faire rétablir par Tempereur dans sa place de commissaire impérial de TOpéra-Comique. Il n*en fut pas moins fcien traité par la seconde restauration, dont il fut partisan assez zélé. II est mort dans ces dernières années. Outre ses poésies, il a laissé plusieurs éditions des Idylles de Léonard, son oncle, une réiinpresion de Desinoutiers et un choix de poésies de Clément Marot.

Campbstbb (Madame de). — Ces!

le nom que se donnait , sous la restauration , une intrigante , une entremetteuse de places , qui fut condamnée , en 1826, par la police correctionnetle.

Les mémoires qu'elle a publiés Tannée suivante (2 vol. in-8«) ont fait alors beaucoup de bruit, parce (qu'ils ont soulevé un coin du Toile qui couvrait UD amas de scandaleuses turpitudes.

Campet , seigneurie de l'ancienne province de Gascogne, érigée en marquisat en 1731.

Gàmpistron (lean^albert de), au* teur dramatique, naquit à Toulouse, en 1G56, d'une famille où la charge de capitoul et celle de procureur eénéral des eaux et forêts étaient héréditaires depuis un siècle. Un duel le foroa de quitter à seize ans sa ville natale. Il vint a Paris, et conçut l'idée de travailler pour le tiléâtre, auquel rappelait un penrhant assez prononcé. Racine était alors dans tout l'éclat de sa gloire ; il voulut bien donner quelques conseils au Jeu ne poëte. Sous cette naute direction Campistron se mit à Tœuvre, et produisit bientôt f^irginie, qui eut un grand succès. Puis vinrent Arménius qui fut dédié à Racine « >^fMih»nMr qui attira une affluence telle qu'on fut obligé de doubler le prix des places, et Akibiade qui dut au moins la moitié des applaudissements qu'il obtint, an talent de Tacteur Baron. Quinaultavait renoncé au théâtre, et le duc Louis-Joseph de Vendôme voulant donner une féte au dauphin , chargea Campistron

de faire les paroles d'un opéra que LuUi mettrait en musique. Cet opéra fut Acis et Galathéey qui satisGt tout le monde. Le poète devint bientôt le ftvori du duc de Vendôme qui le nomma son secrétaire des commandements, et lui procura en outre la place de secrétaire général des galères. Campistron paraît s*être acquitté assez négligemment de cette charge : il laissait traîner les affaires pour versilier de nouvelles tragédies. Phociouy Phraa»

tesjAeUus^ Adrien, nelbrent pas moms bien accueillies que ses premières pièces. Il s'essaya aussi dans la comédie , et vit assez bien réussir son Jaloux détabusé. Labarpe lui a repçpché avec raison des plans dramatiques faibles , des caractères effacés , des situations sans vigueur, une versification qui n'est qu une prose commune assez facilement rimée , enfln une imitation continuelle et malheureuse de Racine. Campistron se trouva souvent à cdté dn pnnce au milieu des batailles: il s'exposa près de lui dans la journéede Steinkerque. Comblé d'honneurs par ses puissants protecteurs, il se retiraà Toulouse sur la fin de sa vie» et V mourut en 1735.

Campo di Pietri (combat de). — L'armée d'Italie, commandée par le général Kellermann, occupait, en septembre 1795, des positions avantageuses près de Borjihetto, sur les bords du ïanaro. Le feld-maréchal Derwins, commandant l'armée austro-sarde , après être resté plus d*un mois dans l'maction , résolut de tenter un effort contre les lignes françaises. Le 19. il se présenta a la téte d'une très-foi te division devant la droite du général Kellermann. C'était sur ce point qu'il devait diriger sa principale attaque , mais elle ne devait commencer uu'après Tenlèvement du petit Gibraltar, position très-forte que les Français occupaient en avant de leurs lignes , entre Borghelto et la rive droite du Tanaro. Le général Derwins avait porté un détadiement de deux mille hommes d'élite sur la bauteur qui domine Campo di Pietri, et cinq canons et un obusier qu'il avait établis sur le

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LOTIOVERS. GAH

même potnt ouvrirent un feo trè8>T{f

contre le petit Gibraltar. Mais cette canonnade ne produisit aucun effet; les Austro-Sardes se déployèrent, pour attaquer les retranchements avec la plus grande impétuosité. L'adiudant général Saint-Hilaire les attendait de pied ferme. Deux fois les assaillants graYinnt la colline au pas de charge , deux fois ils furent repoussés par un feu meurtrier et obliges de descendre avec précipitation et en désordre. Le commandant austro-sarde désespérant d'enlever la position de front, se décida à la tourner. Il porte ses troupes sur les derrières du petit Gibraltar et les ramène à Tassaut. Elles éprouvent, dans cette troisième attaque, les mêmes obstacles et la même résistance que dans les deux précédentes. Un moment d'hésitation se manifeste alors dans les colonnes assaillantes ; Saint«Hilaire s'en aperçoit, Il s'élance sur elles avec impétuosité , les culbute et les pousse avec tant de vigueur, que sur les deux mille hommes qui avaient attaqué, quinze cents hommes restèrent sur le champ de bataille. Déconcerté par cet échec , le général Derwins ne crut

SIS devoir donner suite à son plan attaque, et profita de la nuit pour ramener ses troupes dans leurs positions.

Campo-Fo&mio (traité de). — Le traité de Bâle, conclu à la suite de

l'immortelle campagne de 1793 et 1794 , avait définitivement séparé la Prusse et l'Espagne de la coalition vaincue. Loin de se laisser envahir, et de se laisser effacer dn rnng des nations, comme on l'en avait menacée, la France révolutionnaire avait culbuté les ennemis , reealé nos- frontières jusqu'au Rhin , et envahi la Hollande. Ces merveilleux succès, dus au courageux patriotisme des masses* et à l'énergique dictature du comité de salut public , avaient en outre mis l'Angleterre dans l'impossibilité de débarquer de nouvelles troupes sur notre territoire; mais, pour qu'ils fus* sent complets , ii était nécessaire que l'Autriche , devenue le foyer d'autres intrigues , éprouvât encore des défui-

tes , et fàt obligée d*imiter Texemple

des ducs de Toscane et de Hesse- Cassel , aussi bien que celui des rois de Prusse et d'Espagne , qui tous avaient reconnu lé repunlique.

La Convention avait admirablement rempli la première partie de la tâche ; le Directoire, peu vigoureux par luimême, mais pourvu de bonnes armées, sentit le besoin d'ajouter au traité de Bâle ce qui lui manquait, c'est-à-dire, l'accession de l'Autriche, Trois corps d'armée, sous la conduite de trois généraux nabi les , reçurent Tordre d^t* taquer simultanément cette puissance:

Moreau sur le haut Rhin , Jourdan sur le bas Rhin, et Bonaparte du côté de l'Italie. De ces trois généraux , le plus jeune fut le seul qui accomplit dignement sa mission. Pendant que Moreau et Jourdan battaient en retraite, ^te de s'être entendus et d*a»

voir concerté leurs attaques , Napoléon tournait les Alpes, et, tombant sur les Autrichiens et les Piémontais avec la rapidité de la foudre , les écrasait séparément , et étonnait le monde par des victoires sans cesse renaissantes contre un ennemi infini ment su* périeur en nombre. En6n, après Montenotte, Millesimo, Mondovi, Lodi, Castiglione, Bassano, Aréole, Rivoli, et tant d'autres batailles qui contraignirent tous les princes italiens , depuis le roi de Piémont jusqu'au roi de TSaples, à traiter avec la république; après la prise de Milan, après la prise de Mantoue , qui ne se rendit qu'à la suite de quatre blocus , l'Au* triche, se voyant à la veille d'être attaquée sur son propre sol , envoya sa dernière armée et son dernier général. Mais l'archiduc Charles ne fut pas plus heureux que Beaulieu« Golu , wurmser el Aivinzi : les combats du Tagliamento et de Tarvis, et Toccu-

Eation de Goritz , Klagenfurth , Layach et Trieste, ouvrirent à nos troupes victorieuses la route de Vienne , où se répandit l'alarme.

Alors Napoléon , désireux de faire Son début dans la carrière diplomatique, et de terminer en négociateur une guerre où il s'était montré si

GAM

grand capitaine, offrit la paix h VAxitriche, aans une lettre adressée au prince Charles, le 31 mars 1797. Cette Kttre n'ayant pas en les suites qu'il 8*en promettait, il soumit à de nouvelles épreuves l'opiniâtreté du cabinet autrichien. Vaincu de nouveau à Neumarl(t, Farchiduc proposa eettt fois une suspension d*armes, q/Sn, di" sait-il , de pouvoir prendre en consU dération la lettre au 31 mars. Bonaparte , à son tour , répondit qu'on pùwait négocier et se battre, et qu'il n'accorderait point d'armistice jusqu'à Vienne, a moms aue ce ne fût pour la paix définitive. Il tint parole, continua son mouTement en afant, ctiassa les Autrichiens des défilés de Hundsmarck, fit occuper Léoben, et se trouvait à Judenbourg , à vingt lieues de Tienne, lorsqu'il y reçut la véritable réponse à la lettre du 31 mars , qui lui fut remise diplomatiquement par le comte de Meerveldt. L'empereur d'Autriche demandait un armistice de dix jours, afin de rétablir la paix entre les deux grandes nations. Bonaparte, qui avait hâte de revenir à Paris pour sonder le terrain , et pour ▼oir de quel prix on se disposait à payer ses victoires , consentit à une suspension d'armes pour cinq jours, et n'épargna aucune des avances qui pouvaient abréger les négociations.

« Votre gouvernement, dit-il aux plé- « nipotentiaires autrichiens, a envoyé a contre moi quatre armées sans géné- « raux , et cetto fois un général sans « armée. »

Mais l'Autriche, naturellement temporisatrice, avait cette fois un intérêt réel à gagner du temps; comptant sur la révolution que méditaient les royalistes à Paris , et que ses propres apents cherchaient à faire éclater, espérant que l'Angleterre ou la Russie, toutes les deux peut-être, viendraient à son secours , elle employa toute son habileté à faire traîner les négociations en longueur, et les préliminaires au'elle si^na à Léoben, le 18 avril, ne rureni suivis d'un traité définitif que six mois après. Les conditions principales de ces préliminaires étaient : 1° que l'Autri-

che renoMerait à tous ses droits sur les provinces belges réunies à la France, et au'elle reconnaîtrait les frontières de la républiaue, fixées par les lois constitutionnelles; 3* qttiin congrès s'ouvrirait à Berne pour la paix de l'Autriche, et un autre dans une ville allemande pour la paix avec l'empire d'Allemagne; 8« que rAutriche ferait abandon de ses possessions en deçà de rOglio, et obtiendrait en éclianée la partie des États vénitiens située entre oette rivière, le Pô et la mer Adriati» que, et de plus, la Dalmatie vénitienne et ristrie; 4" que l'Autriche occuperait aussi, après la ratification du traité définitif, les forteresses de Palma-Nova, de Mnntoue, de Pescbiera et quelques autres places ; f)° que la Romagne, Bologne et Ferrare, mdemniseraient ta république de Venise^ 8^ âue l'Autriche reconnaîtrait la ré»

publique cisalpine, formée des pro»

vinces qui lui avaient été enlevées.

Dans la situation critique où se trouvait l'Autriche, ces conditions étaient évidemment trop favorables; elles révélaient que Bonaparte était pressé d'en linir pour retourner à Pans, où se préparaient de graves événements.

Elles avaient encore l'inconvénient de ne ramener la paix qu'aux dépens d'un tiers, ce qui était indigne de la répu* blique française , et rap[>ela{t en queh que sorte le partage de la Pologne.

Aussi les préliminaires de Léoben furent-ils robjet de nombreuses critiques. Le Directoire s*étatt montré contraire à la reddition de Mantoue et à l'abandon de la partie concédée des États vénitiens; mais Bonaparte avait pris sur lui de tout arranger. La mésintelligence qui existait entre le Directoire et le général en chef d'It.'ilie était la principale cause du mal ; Bonaparte, pour revenir plus tôt, brusquait les événements et ne trouvait aucun sacrifice trop fort; le Directoire, pour tenir éloigné un concurrent aussi redoutable , ne voulait que médiocrement la paix , et , d'un autre côté» lui refusait les moyens de mener plus vigoureusement la guerre , de peur d'augmenter encore la puissance et la

FRANGE. CJM

popularité du vainqueur de l'Autriche.

Bonaparte avait raison quand il se plaignait de rinertie des armées du llbiii et de la mauvaise volonté da gouvernement qui lui refusait des secours; le Directoire n'avait pas tort lorsqu'il disait que la possession de Mantoue faciliterait à rAutriche les innyens de ressaisir son influence en Italie , et que la France révolutionnaire qui avait promis la liberté aux peuples n'avait pas le droit de livrer à une puissance despotique les provinces vénitiennes qu'elle avait arrachées au joug oligarchique. L'Autriclie seule profitait de leurs divisions, et voilà ce qui explique comment elle prenait encore des airs de fierté après tant d'humiliations. Si les armées du Rhin avaient franchi plus ttft ce fleuve, «fen était fait de la monarchie autrichienne ; mais lorsque Hoche, qui avait rem-

I)lacé Jourdan, eut donné le signal de 'attaque, et que Moreau eut rejoint Desaix, qui avait aussi passé le Rhin, la signature des préliminaires de Léoben vint les arrêter dans leur marche, et les empêcha d'opérer leur jonction avec l'armée d'Italie.

Ainsi placé entre le Directoire et l'Autriche qui ne voulaient pas la paix , si ardemment désirée par lui , Bonaparte eut le temps de mettre la derrière main à son œuvre. Jusque-là, il n'avait révolutionnéqu'une faible partie dû 1 Italie; il s'occupa de la révolutionner tout entière, et, ce qui valait encore mieux, d'organiser d'une manière stable les États nouveaux qu'il avait fondés et ceux qu'il se proposait de créer. N'ayant plus une armée assez forte pour s'engager au sein de la monarchie autricnienne, étant lié d'ailleurs par. des négociations préliminaires avec le cabinet de Vienne, il ne songea plus qu'à mériter le titre de libérateur de l'Italie. C'était effectivement le meilleur moven de se laver des reproches qu'il s'ébit attirés et de faire pièce à 1 Autriche et au Directoire; à l'Autriche, en élevant entre elle et la France une république puissante et capable de lut servir de boulevard ; au Directoire, en lui montrant

qu'avec ses troupes décimées par la victoire, il savait encore faire de grandes choses et ajouter de nouveaux

lauriers à sa couronne. La conduite de l'aristocratie vénitienne méritait un châtiment. I^on content de lui avoir ravi ses provinces du Nord pour la punir de sa partialité hypocrite en fa« veur de l'Autriche, il eut bientôt une occasion de lui infliger une punition exemplaire. Le massacre des garnisons françaises dans plusieurs places, mais surtout le lâche assassinat de Vérone, ces pàques vénitiennes où quatre cents des nôtres furent immo* lés, l'autorisèrent à effacer Venise du rang des nations, et à s'emparer de son territoire, de sa (lotte et de ses îles Ioniennes. De sa résidence, ou plutôt de sa cour de Montebeilo, il renouvela la face de l'Italie, et se mit à la pétrir à l'image de la France. Il fondit en une seule les deux républiques cispadane et transpadane, auxquelles il ajouta la Yalteline, et il en fit un État de quatre millions d'habitants, avec Milan pour capitale, et qui reçut le nom de république cisalpine.

A Gênes, le peuple, soutenu par nos troupes, renversa le gouvernement aristocratique et constitua la république ligurienne. La Romagne déclara aussi son indépendance, sous le nom de république Emilie. Tout le reste de l'Italie se prépara à suivre le même exemple.

Lorsque la journée du 18 fhictidor,

grâce au secours envoyé par Bonaparte au Directoire, rut tourné contre les royalistes , l'Autriche renonçant désormais à ses illusions de ce coté, désira vivement la paix. Seulement, comme l'état des choses avait singulièrement changé , elle fit semblant de n'y pas tenir beaucoup, pour obtenir davantage. Bonaparte la voulait toiyours avec la même ardeur; înais le nouveau Directoire s'en souciait encore moins que le précédent. Sentant quMl avait besoin de la sanction du succès pour taire oublier le coup d'État qui venait d'avoir lieu, craignant d'autant plus le général Bonaparte que sa puissance morale grandissait tous les jours da*

CAM FRANCE. CàM $7

vantage, legoufmtmêntfoalaitnon- ■flolement le laisser en Italie, mais lui

susciter quelque rival q^ui fiH capable de partager sa gloire , sinon de 1 effacer. Hocne n'existait plus, Moreau ve* nait de se déconsidérer; on jeta les yeux sur Augereau, qui cependant n'avait guère d'autre mérite qu un courage bouillant. Choqué des sentiments qui portaient le Direeloire à tenir compte à Augereau, son lieutenant, d'un service qu'il n'avait rendu que d'après ses propres ordres, Booapane s*einpressa de donner sa démission. Son offre ayant été refusée dans des termes extrêmement flatteurs, mais qui trahissaient une émotion craintive, il résolut d'assumer sur lui seol toute responsabilité, etd'agiravec une indépenaance absolue. Dès lors, les négociations , jusque-là si lentes, marchèrent avec une grande rapidité.

Le comte de jCobentzel, chargé de remplacer le marquis de Gallo, qui s'était montré accommodant pour gagner du temps , et que le cabinet de Vienne avait désavoué au moment de conclure, le comte de Cobentzel sut profiter avec adresse de l'impatience du général en chef. Le côté brillaut fut

Kur Napoléon; mais TAutriche fut ureuse d'en être quitte à si bon marché, dans un moment où le gouvernement français, délivré des intrigues rovallstes, aurait pu Taocabler. Napoléon offrait Venise pour compenser la perte de la Lombardie; le négociateur autrichien réclamait, au nom de l'empereur, et comme ultimatum^ la li^ne du Mindo pour frontière, c'est-àdire, Mantouc avec Venise. «A cesconn ditions seulement, disait-il, mon mai- « tre consent a vous donner May ence, « la place la plus forte de Tunivers. » Ce fut seulement lorsque Bonaparte , indigné de voir qu'on exploitait ainsi son penchant pour la paix , fut entré dans une violente colère, et eut signifié la reprise des hostilités, que M. de Cobentzel, bien certain qu'il n'y avait plus rien à gagner, apposa sa signa* tnre au traite. « SmmeneZ'VOw, » avait dit Napoléon, en brisant un cabaret de poroelaioc donné au diplomate au-

trichien par Catherine II de Russie,

' « souvenezrvous qu^avant la fin de « Vaiitomne je briserai votre nionar' * chie comme je brise cette porce- « laine, » Le lendemain, 17 octobre 1797, le traité fut conclu ches le gé^ néral Bonaparte, à Passeriano , mais il fut daté de Canipo-Formio, village du Frioul, situé entre Udine et Passeriano, qui avait été déclaré neutre.

Conditions de la paix de Campa- FomUo.

1* L'Autriche renonce , en fiiveur

de la France, à tous ses droits sur les Pays-Bas; 2" l'Autriche acauiert le territoire de Venise, depuis le lac de Garda, la ville de Venise, l'Istrie, la DalinaUe et les Bouches du Cattaro; 3° la France garde les îles gréco-vénitiennes et les possessions en Albanie; 4» l'Autriche reconnaît la république cisalpine; C" congrès à Rastadt pour la conclusion de la paix avec l'Empire; 6" l'Autriche indemnisera le duc de Modènepar la cession du Brisgau.

Articles secrets. 1» L'Autriâiecon»

sent à la cession de la rive c;niirhe du Rhin, de Bâie au confluent de la ISethe, prèsd'Andernach, et à celle de la ville et de la citadelle de Mayence; 2* la navigation sur le Rhin est déclarée commune aux deux pays; 3" la France emloiera sa médiation pour faire obtenir rAutriehe Salzbourg et la portion de la Bavière située entre cet evêché, le Tyrol, l'Inn et la Salza; 4' à la paix ave^ l'Empire, l'Autriche renoncera au Frickthal ; &** compensation réciproque pour tout ce que la France et rAutriehe pourraient acquérir ultérieurement en Allemagne; 6" mutuelle garantie ^u'en cédant ses possessions sur la rive gauche du Rhin, la Prusse ne pourra faire aucune acquisition.

Les princes et les États dépossédés sur le même bord du fleuve doivent être indemnisés en Allemagne; 7odans l'espace de vingt jours, après la ratification, toutes les forteresses sur le Rhin, ainsi qu'Ulm et Ingolstadt, seront évacuées par les troupes autrichiennes.

L'Autriche avait pour négociateun

M QAM L'UNIVERS. CAM

le comte de Cobentzol , le marquis de Gallo, le comte de Meerfeldt et le baron de Degelinann, Le générai Bonaparte était seul.

Lorsqu*OR commença à rédiger le traité, le secrétaire ayant mis : L^em- ' pereur (f/Zutriche reconnaît la répw blique française ^ Bonaparte lui dit:

« EJjfaen eet arUc/e : la république firmçaiie ett conmê U itdeil; aveugle qui ne h voit pas. Ï£ peuple français est maUre c/iez lui; il a fait une réjoublique, peitMtfB Umain fera- PU wde mristocratie , après demain une monarchie; c'est son droit imprescriptible; la forme de son aouvernement n^est qu^une araire de loi intérieure, « Paroles remarquables, ^ semblaient prophétiser le ooosiiltt a vie et l'empire!

Le traité de Cainpo-Formio a été Tobjétde beaucoup d^elocesetde beaucoup de critiques. Son plus grand mérite, rVst d'avoir fait reconnaître par TAutriclie le Kbin et les Alpes pour les frontières oalorelles de la Flranoe* Une de ses particularités^ c'est la bienveillance du plénipotentiaire français

{lOUr rAutricne vaincue, et sa nialvèilance pour la Prusse , notre alliée depuis près de deux ans. Napoléon eut toujours un sentiment de faiblesse

{)our l'Autriche : n'était-ce que pour a détacher de raliiance de l'Angleterre? Ce qui est évidemment blâmable, c'est rincorporation de Venise à la monarchie autrichienne. Il n'y eut en France qu'un cri de douleur à ce sujet, et ces paroles furent prononcées à ia tribune au Conseil des unq-Cents : « Peut-on faire le commerce des |)eu- « pies au nom d'une nation qui a pros- « crit le commerce des hommes? »

Mais pour faire oublier cette tache, il y avait le souvenir des plus brillantes victoires , il y avait la fondation des républiques italiennes, qui étaient nos annexes au midi , comme la Hollande était notre annexe au nord. La révolution commençait à déborder sur l'Europe. Ln s emparant de l'Albanie vénitienne et des ues Ioniennes, Bonaparte avait ouvert à la France une nouvelte roiite pour aller en Orient.

Maîtres du Wa, nous devions facili»

ter à notre commerce Taccès du Danube, autre route encore qui mène en Orient. Bonaparte était tres-probablement dominé par cette pensée, lora»

qu'il exigea que les places d'Ulm et d'Ingolstadt fussent évacuées par les tcoopes autrichiennes.

Gampo-Mayoi ( prise de). La ville de Badayoz était tombée , le 11 man 1811, au pouvoir des Français; le duc de Trévise , pour achever la conquête de rEstramadure, pensa que Pannée devait s'emparer sans délai des forte* resses de Campo-lNIayor, d'Albuquerque et de Valencia, que l'ennemi tenait encore sur la frontière de l'Alentejo.

Il voulait aussi détruire eea forteresses, afin de ne laisser aucun point d'appui aux corps anglais qui se préparaient à pénétrer en Ë^tramadureparle Portugal. Dès le IS, tandis qu'il envojratt le général Latour-Maubourg attaquer Albuquerque, et qu'un autre détnchen)eut allait surprendre Valencia, il faisait lui-méoM ouvrir la tranchée de»

vaut Campo-Mayor. Cette place n*avait que trois rents hommes ae garnison.

Cependant le gouverneur fit une telle démonstration de résistance , que les Français durent Tassiéger régulière;»

ment. Le 15 , deux batteries furent établies contre le bastion San-Joao; le 17, le bombardement commença; le 21, la brèche devint praticable, et la place , sommée une seconde fois , se rendit. Le duc de Trévise fit aussitôt sauter les fortifications. Sur cinquantedeux pièces de canon qui étaient dans la ville, trente-sept seulement purent être dirigées sur Badajoz ; on brisa les quinze autres, faute de temps pour effectuer leur transport.

Campo-Tenese (bataille de). Le 9 mars I80G, le général Reynier, qui , après la reddition de Naples, poursuivait en Calabre les débri.s de l'aniiéo napolitaine, déboucha par les gorges du val San-Martino dans la plaine de Campo-Tenese, où il savait que les générau.K ennemis s'étaient retranchés pour recevoir bataille. La position des Napolitains était bien oonininée : leur droite et leur gauche s'appuyaient a

GAH

des montagnes couronnées par plusieurs bataillons dMnfanterie légère, et devant le centrede leur ligne ils avaient élevé trois fortes redoutes armées de pièces de gros calibre. Le général français n'en résolut pas moins d'attaquer.

Il fit former ses troupes à mesure qu'elles débouchaient dans la plaine, puis leur donna ordre de marcher au pas de èliarge et à la baïonnette. L'ennemi ne les attendit pas. Après quelques décharges, sans grand effet, de i^aftitlerie des redoutes, les I*Iapoiitains lâchèrent pied, abandonnèrent redoutes et pièces, et se dispersèrent dans les montagnes. Sans la nuit, il eût été possible d'envelopper entièrement cette armée à la déoandade; cependant sa destruction fut presque complète: des dix à onze mille hommes que le général en chef , l'émigré français Roger de Damas , avait sous ses ordres , à peine put-il rallier un millier de fantassins et quelques centaines de cavaliers. Deux mille jprisouaiers, dont grand nombre dTofflciers supérieurs, toute l*artillerie, cinq drapeaux et plus de cinq cents chevaux, restèrent au pouvoir des vainqueurs.

GAMPotn, Tune des peuplades de la nation des Bioerki (voyez ce mot)^ dont le nom s'est conserve dans celui de la vallée de Campan, qui faisait partie de leur territoire.

GâMFRA (André), compositeur de musique, né à Aix le 4 dérembre 1660, devint mettre de musique de la cathédrale de Toulon en 1679; il passa ensuite en la même (qualité à Arles et à Toulouse, et vint à Paris en 1694 , où il fut d'abord maître de musique de réglise du collège et de la maison profiesse, et maître de la musique de Notre-Dame. Ses deux premiers opéras parurent en 1697, sous le nom de son frère Joseph. En 1722, il devint maître de la chapelle du roi et directeur de la musique du prince de Conti. Il mourut à Versailles le 29 juillet 1744.

Les ouvrages de Carapra sont i VEwropeftmnie, 1697; le Cotnaoal de Denise, 1699; I/ésione, 1700; /fréihusCj 1701; Tancrède , 1702; les JUmes, 1703; Iphigénie en Tauride}

Têlémaoue, 1704; JUm^ 170&; le

TYiompne de Vamour^ 1705; Hippo»

damie, 1708: les Féfes vénitienties] 1710; idoménée; les yimoursdê Mars et de yénutf 1712; Téléphe, 1713; Camille, 1717 ; les Âges, 1718; ÀehUle et Déidamie , 1735, opéras représentés à l'Académie de musique; yénue^ 1698; le DesHn du niouoeau tUde, 1700: les Ff'tes de Corinthe , 1717; la Fête de l'Ue Adam, 1722; \ts Muses rassemblées par l'amour, 1723; le Génie de la Bourgogne , 1732; les Nœee de yénus^ 1740; Divertisse»

ments pour la cour; trois caniaies et cinq livres de motets.

«Bien supérieur aux autres successeurs de Luili , dit M. Fétis , Campra entendait bien l'effet de la scène , et savait donner une teinte dramatique à ses ouvrages. Sa musique n'a point le ton uniforme et languissant de celle de Colassc et de Destouches; il y règne une certaine vivacité de rhythine qui est d'un bon effet , et qui manquait souvent à la musique française de son temps; néanmoins, ce n'était point un homme de génie. Il manquait d'originalité , et son style était fort incorrect. Malgré ces défiiuts, la musique de Campra fut la seule qui put se maintenir auprès de celle de Lulli , jusqu'au moment où Rameau devint le mettre de la scène francise. »

Campredon (affaire ei prise de).

Le général Dagobert, poursuivant le général espagnol Ricardos , se présente, le 4 novembre 1798, devant la ville de Campredon, en Catalogne, et la somme deux fois de se rendre; l'alcade, qui ne cherche qu'à gagner du temps pour permettre aux habitants d*^acuer la place, demande vingt* quatre heures de suspension d'armes, et cependant il continue son feu. Le lendemain, Dagobert ordonne l'assaut après une nouTClle sommation et un nouveau délai. Quand la ville eut été emportée au bout de deux heures et livrée au pillage, on vit gue tuus les habitants aisés afaient lui; il liit im« possible de lever aucune contribution.

îS'avant pti rallier à lui le reste de son armée, Dagol>ert fut obligé d'évacuer

CABI

L'UNIVERS

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sa conquéle, et même de sortir de la Catalogne.

. Le général Doppet, combattant aous 1^ ordres du général Dugoinmier, s'empara de nouveau de Campredon au mois de juin 1794.

Campbedon (Jacques-David), ba* iron, lieutenant général, etc. Né en 1761, à Montpellier, entra de bonne heure dans le corps du génie. Des connaissances étendues, une aptitude rare, lui valurent un prompt avancement. Chef de bataillon à l'armée d'Italie, il fut honorablement cité dans les relations du général en chef, et se sifçnala ensuite àla défense du peut du Var. INonimé général, il fut chargé, en 1805, de la direction des travaux de Mantoue, contribua, en 1806, aux succès de Masséna h Naples , à Gaëte, et mérita , par sa belle conduite , les éloges du maréchal. Entré plus tard au service du nouveau roi des Deux- Siciles, Campredon Gt la campagne de Russie avee les troupes napolitaines, et se distingua en diverses rencontres ; après la retraite, il s'enferma à Dantzig, commanda le génie tant que dura le siège, fut fait prisonnier, au mépris de la capitulation, et conduit à Kiew.

De retour en France, il reprit ses fonctions , qu'il cessa lorsque l'armée fut licenciée.

Camps. — Les Grecs paraissent être l'un des premiers peuples qui aient fait une étude sérieuse des principes de l'art du campement des troupes. Mais les Romains , instruits par eux des règles de cet art, furent ceux qui lui firent faire les plus grands progrès. On trouve dans Végèce , sur la manière dont ils dressaient leurs camps, des détails curieux. Nous pensons que quelques-uns de ces détails ne seront point ici déplacés: la Gaule est en effet Tun des pays oô le peuple-roi a établi le plus çrand nombre de camps, et encore aujourd'hui, l'on ne peut presque faire un pas sur le sol de la France, sans rencontrer des vestiges de la castramétatioii romaine.

« Lorsque l'on veut j)lacerun camp, dit Vegèce (*), il ne suffit pas de choi-

(*} Inst, rei miUtariSf lib. m, c. 8.

sir un lieu favorable; il faut qu'on ne puisse en trouver un i)lus favorable, et surtout qu'une position plus avanta.i^euse, délaissée par vous, ne puisse être occupée par l'ennemi, à votre détriment, il faut en outre prendre garde de se placer trop près d*une eau malsaine et trop loin d'une eau salubre en été ; il faut que l'on puisse se procurer facilement, en hiver, du fourrage et du bois ; que le lieu oîi l'on veut séjourner ne soit pas exposé à être inondé subitement dans les temps d'orale; qu'il ne soit pas dominé par des hauteurs d'où les ennemis puissent y lanoerdestraits, et enfin quMl ne puisse être entouré de manière à empédier d'en sortir.

« Toutes ce^ précautions prises , comme il eonWent, on donne au camp la forme carrée, ronde, triangulaire ou oblongue, suivant la nature du terrain. La régularité ne doit jamais passer avant l'utilité ; cependant on préfère le c^mp dont la longueur excèoe d*un tiers la largeur. I-cs ingénieurs doivent prendre leurs mesures d'après la force de l'armée : un espace trop resserré nuit aux évolutions des défenseurs; une enceinte trop étendue les disperse.

« Il y a trois manières de for ti lier un eamp. Quand il ne s'agit que d'une uuit à passer, on ite contente d'élever avec du gazon un l^er retrancliement, que Ton fortifie ensuite au moyen de pieux ou de chausse- trapcs en bois. On coupe le gazon de manière que la terre soit retenue par les racines des herbes; les morceaux ont un demi-pied d'épaisseur, un pied de largeur et un pied et demi ae longueur.

« Si la terre est trop friable pour

qu'on puisse couper le gazon par morceaux en forme de briques , on creuse à la hflte un fossé de cinq pieds de ' large, et de trois de profondeur, dont .

la terre, rejetée dans l'intérieur, forme un retranchement, derrière lequel l'armée peut reposer en sûreté.

« Mais on donne plus de soin aux *

fortifications des camps où l'armée doit séjourner longtemps {castra slativa) , soit pendant l'été, soit pendant

CAM FKA

Thiver, dans le voisinage de Pennemi.

Chaque centurie reçoit alors un espace (Je cent pieds ; puis après avoir déposé leurs boucliers et leurs bagages autour de leur enseigne, les soldats, répéeau côté, creusent un fossé Irirge de neuf, de onze, de treize pieds, ou même de dix-sept, si Ton craint une dangereuse attaque; on choisit ordinairement un nombre impair. On dispose ensuite des claies , des troncs ou des branches d'arbres entrelacées, pour empéciier réboutement des terres, et Ton élève un retranchement que l'on couronne d'un parapet et de créneaux, comme un véritable rempart. »

Telles étaient, chez les Romains, les fègles de la castramétation. On peut en voir l'application dans les Commentaires de César. Le récit du siège

Sue son lieutenant, M. CiGéron,sountdans un camp, contre une nombreuse armée de Nerviens, pourra surtout donner une idée du soin que Ton mettait dans la construction de ces retranchements, et l'on ne sera point étonné que leurs débris nient traversé les siècles, et subsisté jusqu'à nous.

jSous avons dit que l'on observe encore en France les vestiges d*un grand nombre de camps romains. Les plus beaux monuments de ce genre sont :

le camp de l'Étoile, près du village de ce nom, sur la Somme , à douze kilomètres de Péquigny; le camp de fi'issan , entre Calais et Boulogne ; le camp de la cité de Limes, en Normandie; celui de la cité d' Afrique, près de IN ancy ; et ceux de Bière et du tha* telier, dont nos planches 99 et 100 représentent 'le plan et le profil. Une . description détaillée de ces monuments serait ici déplacée. Nous renvoyons nos lecteurs au recueil d'antiquités de' Caylus,t. I à VII, et à une savante dissertation de M. d'Allouvilie, publiée en 1828.

Les historiens ne nous ont transmis aucun 'détail sur la manière dont campaient les armées françaises sous les deux premières races ; et il y a tout lieu ae présumer que les règles de l'ancienne castramétation , ainsi que toutes les autres branches de la science

CE. lUM 01

militaire des Romains , avaient alors été délaissées pour la grande tactique des barbares. Plus tard, lorsque, au léffîme fondé par la conquête, eut été suDstitué le régime féodal , qui mor^ cela à l'infini les forces des Etats, et couvrit l'Europe de forteresses , les camps devinrent inutiles. Les châteaux que Ton rencontrait à ohaqoe pas en tenaient lieu ; et les armées étaient si peu nombreuses , que ces places suffisaient ordinairement pour leur donner on abri.

Ce n'est guère que pendant les^uerres contre les Anglais, au quatorzième et au quinzième siècle , et surtout pendant les expéditions des Français en Italie au seizième siècle, que Ton recommença à pratiquer les règles de la castramétation. Le P. Daniel, dans son histoire de la milice française, cite comme le premier camp dont il soit question clans notre histoire , celui que le marq«iis de Mantoue, commandant Tarmée française, établit en 1503 , sur les bords 'du Garigliano.

Depuis, les principes de l'art du campement des troupes ont été de nouveau étudiés, et cet art a fait des prorès, comme toutes les autres parties e la science militaire. Voici quelles sont aujourd'hui les principales règles observées par les armées françaises dans rétablissement des camps:

Un camp peut avoir pour objet de couvrir une place forte, un défilé, un passage de rivière, un point important quelconque, ou d'observer les mouve* nents de l'ennemi, ou enfin de faire prendre du repos aux troupes qui l'occupent. L'objet que l'on se propose dans la construction d'un camp, détermine Pordre dans lequel les trou* pes doivent y être rangées. Il y a deux ordres de c^impement, l'ordre en bataille et l'ordre en marche. Le preuner est le plus usité , car c*est celui dans lequel les troupes , en prenant les ar* mes , se trouvent dans la disposition où elles doivent être pour combattre l'ennemi s*il tentait une attaque. L*or* dre en marche ne s'emploie que dans les camps passagers, et lorsque l'on est bien certain de n'être point attaqué.

CAU

13 n camp destiné à couvrir une place forte doit être placé dans la poiiti<m la plus avantamuse possible, et de manière à ce qu'il puisse rendre la défense supérieure à l'attaque. Dans tout état de choses, )es camps doivent être plaoés de telle aorte , q^ue leurs oommunicationa soient tomours libres , leurs flancs bien appuyés , et couverts à une distance assez grande , pour que l'enoemi ne puisse leur dérober ses mouTements. Les camps qui couvrent des passages de rivière ou des défilés, doivent toujours être placés eu arrière dè ces obstacles.

Les camps destinés seulement à faire reposer les troupes , doivent occuper une position assez forte pour que Ton puisse s'y détendre avec des cbanees ae suocèa i peu près eertaioes.

Les camps sont ou passa^^ers ou permanents. Les camps passagers servent à observer les mouvements de l'ennemi , à y mettre obstacle, à le te* nir en échec. Quant aux camps permanents, ce sont de ces positions qui ont toujours une grande influence sur les opérations de la guerre, et qui contri* huent puissamment à en assurer le succès.

Il peut arriver que les camps permanents ou passagers soient établis

sur des positions qui ne sont point fortitiécs naturt llement , ou du moins qui ne le sont que d une mauière imparfaite. Dans ce cas, c'est à Tart d'y

suppléer.

L'emplacement que l'on choisit doit être situé sur un terrain aéré, a proximité d'une rivière ou d'un ruisseau , et, autant que possible, à portée d'un bois. Les environs doivent pouvoir fournir à ses besoins en subsistances, en fourrages, etc. Ses communications avec les dépôts, les magasins, en un mot, avec la hase d'opérations de l'armée , doivent être assurées et faciles.

Lorsque toutes ces conditions sont remplies, il reste à prendre des dispositions militaires , suivant le but auquel le camp est destiné. Si c'e^t un camp d'instructîont en temps de pisix,

il suffit que sa position soit salubre , et remplisse d'ailleurs les conditions de commodité les plus easentiellei ;

mais si c'est un camp de guerre , et dans le voisinage de l'ennemi , il est nécessaire qu'il soit établi de manière

à oe que w8 troupes qui roccupcut poiasent en sortir promptement et

avec ordre, prendre les armes, et se

Eorter immédiatement sur la ligne de ataille en avant du front du camp , qu'on appelle aussi front de bandière»

D'où il suit que rétendue du front du camp, ou (le hundiere, doit être égale à l'étendue de la ligne de bataille , et nue les différentes troupes qui entrent dans la composition d'une armée, doi- i vent être campées dans leur ordre de bataille, c'est-à-dire, chacune derrière le front qu'elle doit occuper dans In ligne de bataille. Toutes ces disposi* tions s'appliquent aux camps a'itjstruction comme aux camps de guerre.

Nous avons traité ailleura les ques* lions politiques qui se rattachent au camp de Boulogne (*); nous ne dirons donc ici que Quelques mots sur l'éta* blissement et fa levée de ce camp.

Après la rupture de la paix d'Amiens, IVnpoléon, alors premier consul, ayant conçu le projet d'aller attaquer les Anglais dans leurs propres foyers, ordonna l'établissement de six camps sur les côtes de l'Océan. Ces camps furent nXdiCés-à lîoulogiie, Saint-Omer, Oatende , Bruges , Compiégne et Rayonne,

Olui de Boulogne était le plus important de tous : c'est là que se firent les plus grands préparatiis de l'expédition projetée ; c'est de là aussi que devaient partir tous les ordres. Le premier consul y réunit une année de cent cinquante mille hommes, l'élite de ses troupes. Les ports situés sur la côte , depuis Cherbourg jusqu'à Calais , renfermaient une flotte formidable et une immense quantité de bâtiments de transport. La France entière s'associa à cette expédition nationale, et concourut [lar des dons patriotiques à la construction des bâ**

(*) Yoyes Botnnpvi (camp de).

fîments néeessaint aa transport êm léfoliitkm de 1880 nous ayons «i

troupes et aux opérations de la ma- ceux de Saint-Omer, de Lunéville, de rine. Aiimoisdcjuinl803, le premier Compiègne et de Fontainebleau. I>e consul vint activer par sa présence les but de leur création a toujours été préparatifs qui se faisaient à Boulo- riostructioa des troupes ; mais Tonti gne. Il Y revint une seconde fois dans ils atteint , et les résultats obtenus la même année, pour passer en revue sont-iis de nature à justifier rompléles troupes et les différentes divisions teraent les crédits que les chambres de la flottille ^ui s'y trouvaient reuuies. leur ont alloués ? JNous avons lieu de Enfin, au mois d*ao4t 1804, I^apoiéoR, croire le contraire. Le résultat le plus devenu empereur, vint faire aux trou- clair de ces rassemblements onéreux, pes des armées de terre et de mer la c'est de faire dépenser beaucoup d'arpremière distribution solennelle de gent aux ofliciers,etde fatiguer inutilecroix de la Légion d'honneur. Le camp nent les soldats. Le temps s'y passe en de Boulogne fut levé vers la fin d'août revues, en exercices de détail, auxquels 1805; les troupes qui le composaient lestroupesdevraientavoirétésuffisamse rendirent à marches forcées sur le ment habituées, dans les villes de gar- Rhin ; et, aprèsunecampagnede moins nison , pour n'avoir plot, en arrivant de trois mois, le soleil d'Austerlitz au camp. qu*à en nire l'application éclaira ranéantissementderarméeen- aux grandes manœuvres de la guerre, nemie. Mais si ces dispendieux rassemble- Il nous reste maintenant à dire ments de troupes sont sans aucune quelques mots des camps qui , établis utilité pour 1 instruction , ils servent dans l'intérieur du rovaiimo , sont du moins n faire briller, dans tout deistinés à l'instruction des troupes, et leur éclat, quelques jounes intelligensont connus sous le nom de camps de ces tellement favorisées de la nature, manœuvre ou cTinstruelkm, que cette science, à Tétudede laquellf Déjà , sous Louis XIV^ ces camps, tant de ^^rands capitaines ont consaqu'on désignait alors sous le nom de cré de longues et laborieuses veilles, camps de plaisance, étaient le rendez- leur arrive à eux sans aucun effort et vous des grands seigneurs et des comme par droit de naissance.

f;randes dames , qui venaient y passer Camps de vétérans, — Dès la pur temps dans les fêtes et la bonne mois de vendémiaire an xi, le gouchère. Le camp de Compiègne, établi veroeraent avait fait un appel aux en 1898 pour . Téducatlon militaire vétérans pour les réunir et en fonnef du duc de Boufgogne et pour l'amu- des camps dans les 26* et S7* divi» sèment de madame de Maintenon, qui sions militaires. Les dispositions qui désirait voir un simulacre de guerre, furent arrêtées alors reçurent bientôt fut formé à grands frais. Ce camp de la sanction du Corps législatif , et, parade, où manœuvrèrent environ par une loi du r** floréal de la même soixante mille hommes de toutes ar- année, la formation des camps de vé« mes, ne fut d'aucune utilité pour térans fut définitivement décidée, l'instruction des troupes, ni pour celle Cette loi concédait aux militaires du prince, qui, quinze jours après, en des armées de terre et de mer, muti* avait perdu le souvenir. Les officiers lés ou grièvement blessés dans les y affichèrent un luxe effréné , qui combats , âgés de moins de quarante ébrécha quelque peu leur fortune, et ans, et qui voudraient s'établir dans ne puisèrent, dans ces brillantes évo- les 98" et 27" divisions , un nombre lutions, aucun des principes de Tart d'hectares de terre d'un produit net de la guerre. Tl en est à peu près de égal à la solde de retraite dont ils même aujourd'hui. jouissaient, à la condition de résider Plusieurs de ces camps ont existé sur les terres qui leur seraient dis* sous la restauration à Saint-Omer, à tribuées, de les cultiver ou faire cul- Perpignan et à Lunéville. Depuis la tiver, d'en payer tes oontributioaa« 81

de concourir, quand ils y seraient ap« Mlés, à la défense des places frontières Basant partie de ces divisions.

Elle affectait, pour cette concession, dix millions de biens nationaux pour les cinq premiers eainps qui seraient établis dans les 26* et 37* dÎTisions

militnires , savoir : quntre millions dans la 26" division, et de préférence sur les propriétés nationales les plus à portée des places de Mayence et de Juliers ; et six millions dans la 27' division, et de préférence sur les propriétés nationales les plus à portée des places d*Alexandrie et de Fenestrelles.

Ces propriéte's ne pouvaient être engagées, cédées ni aliénées pendant Tespace de vingt-cinq ans ; elles n'étaient transmissibles aux enfants des

vétérans qu'autant que ceux-ci étaient nés de mariages contractés en France ou aux armées , avant l'époque de la formation de camps dans lesquels ils auraient été compris, ou de mariages contractés depuis cette époque avec des filles du pays ou le camp était établi.

Les enfants mâles des vétérans admis dans les camps ne pouvaient cependant conserver la part héréditaire

Soi leur serait échue dans le partage e la portion de terre distribuée à leur père, qu'autant qu'ils rempliraient eux-mêmes , jusqu'au laps de vingtcinq ans depuis la formation du camp, les conditions auxquelles leur père était soumis , en exécution des lois et des arrêtés du gouvernement.

■ Lorsqu'un vétéran mourait sans enânts, sa veuve conservait pendant sa vie l'usufruit de sa portion de terre ; et si elle épousait un militaire ayant dix ans de service, elle lui apportait cette portion de terre dont elle devenait propriétaire in corn mutable.

Après la mort de la veuve qui n'avait point été remariée à un militaire, le gouvernement disposait de cette portion en faveur d'un militaire réunissant les conditions exigées pour être admis dans les camps.

Les militaires qui désiraient être admis à jouir de ces divers avantages

adressaient leur demande au préfet de leur département , qui la transmettait au ministre de la guerre. S'ils avaient toutes les qualités requises, ils recevaient Tordre de se rendre au camp qui leur était désigné. Les vétérans continuaient à recevoir leur solde de retraite.

Un arrêté du 26 prairial an xi réijia la formation des camps, la répartition des habitations et des terres , ainsi que les mesures d'ordre qui devaient y être observées. Chaque camp se composait de quatre cent cinq hommes, savoir:

1 chef de bataillon, ou capitaine en faisant fonctions ,

4 capitaines,

4 lieutenants,

4 sous-lieutenants,

8 sergents,

16 caporaux, 7 '

868 soldats.

Ces quatrecentcinq hommes étaient divisés en quatre compagnies de cent un hommes.*

Chacun des vétérans avait son habi* tation particulière, soit dans des maisons nationales, soit dans des maisons rurales construites exprès. 0e8 visites annuelles étaient faites pour connaître les réparations qu'il convenait de faire dans les habitations.

Des homes ou limites indiquaient la propriété de chacun, et un mur élevé et crénelé entourait chaque camp.

En tenips de guerre, les vétérans ne pouvaient s'absenter.

En temps de paix, ils ne pouvaient s'éloigner pendant plus de dix jours sans une permission çxpresse. Le vétéran qui n'était pas rentré dans ses foyers au jour indiqué était privé de sa solde de retraite pendant le temps

aui s'était écoulé de()uis l'expiration e sa permission jusqu'à son retour; si ce laps de temps égalait ou excédait le délai qui lui avait été accordé , il perdait le double de sa solde de retraite pendant tout le temps excédant le terme fixé par sa permission.

- Lorsqu'un vétéran s*était absenté

eàM , fraucb. cah

.iBiispeniii8SMNi,ou<iii'0 avait excédé Baire en a donné la liste compléta

d*un mois le délai fixé par la permis- dans son Histoire littéraire <f ^mïm$»

sien qui lui avait été accordée, il était De Camps moiinit en 1723.

considéré comme n'ayant pas l'in- Cahulogè.^e , Gaulois dont César

tentioD de résider lur les terres qui parie dans ses CStmi}iieiitoir«»(liT.Tii,

lui avaient été çonoédées; et le mi- chap. 5r et suiv.). Il commandait en

nistre de la guerre, d*après le compte chef les Parisii et les confédérés des

qui lui en était rendu, en référait à cites voisines, lorsque Labienus mar-

1 empereur, et proposait les mesures cha sur Lutetia. Gamulogène , alors

qu'il jugeait convenables. diargé d'années, mais doué d'une

Les militaires admis dans les camps grande expérience de l'art militaire,

étaient haliillés, armés et équipés aux disputa au général romain l'approche

frais de TÉtat. comme i iutantcrie de de la Seine en se couvrant d'un grand

ligne. Toutefois, Thabillement et Té- marais que formait sur la rive gauche

quipement ne leur étalent fournis que du fleuve la rivière de Rièvre. T.obie-

lors de leur admission; ils étaient nus, contraint de se retirer, alla sur-

ensuite tenus de s'en pourvoir. prendre Melodunum (Meluul, y passa

Telles étaient les principales dispo- la Seine et remonta vers Lutetia. Casitions relatives aux camps de veté- mulogène, craignant que Pennemi ne rans. Elles furent exécutées jusqu'au 's'en rendît maître et ne s'y fortifiât, y moment où la restauration, acceptant mit le feu, coupa les ponts, et, prote> toutes les- conditions Imposées par gé par le marais, revint camper sur la l'étranger, renversa une à une toutes rive gauche. Cependant Labienus opéra les institutions nationales créées par le son passage à quatre milles plus bas, génie de Napoléon. Les camps de vé- et les deux armées en vinrent aux térans furent dissous; mais , par une , mains dans la plaine d'Issj et de Vauordonnance du 3 décembre 1814, le girard. L'action fut longue et opiniânouveau gouvernement accorda un tre; enfin les Gaulois furent envélopdoublement de la solde de retraite pes et taillés en pièces. Gamulogène, dont ils jouissaient aux officiers, suus- qui avait toujours animé les siens par officiers et soldats dépossédés des ter- son exemple, nesurvé(!ut pàs à sa aères domaniales qui leur avaient été faite, et se lit tuer les armes à la main, concédées. Les veuves et les orplielins Camus , seigneurie de Franchede ceux qui étaient decédés dans les Comté, à seize kilomètres de Gray, établissements de Jullers et d'Alexan* aujourd'hui du dé||iartement de la drie reçurent une pension. On accorda Haute-Saône, fut érigée en marquisat de plus, a chaque sous-officier ou en 1746-

soldat, dans le lieu de sa nouvelle ré- Camus (Ârmand-Gaston) , député

■ sidence, un secours, une fois payé, de aux états généraux et i la Convention

cinquante francs, et à chaque femme nationale, membre du Conseil des

OU enfant, un secours de vingt-cinq Cinq-Cents et de l'Institut, naquit à

francs. Paris, le 2 avril 1740. Cet homme.

Camps (François de), prêtre et an* dont le nom a occupé depuis une place

tiquaire, né à Amiens en 1648, s'ap- si importante dans l'hiitoire de notre

pliqui^ aux études historiques sous la révolution, étudia avec un grand succès

direction de Bouteroue, de du Cange, le droit, et acquit surtout une con-

du P. le Cointe et de dom Mabiilon, naissance parfaite du droit canonique;

et se livra ensuite à l'étude des mé- ce qui lui valut la place d'avocat do

dailles; il en forma une très-belle col- clergé de France. I! vit avec transport

lection qui est passée depuis au cabi- les premiers événements de 1789, et ne

net des antiques de la bibliothèque du dissunula point la part qu il se pro-

roi. On a de lui , dans le Mercure do posait de prendre a la révolution,

temps, un grand nombre de Disserta- riommé député du tiers état de Paris

Uois sur l'histoire de France. Le P. aux états généraux, il devint l'un des

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