‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 14 sur 86 · CAS FRANCE. CAS · texte numérisé non relu

CAS FRANCE. CAS

R«jr, Pofrww et Lflaioiiie oonvergè-

reot vers le m^me point Enveloppé

Ear leur manœuvre, le général Mack attit en retraite. Les Français, trouvant le camp de Cantalopo évacué, poussèrent ju8qa*à.Roiiie, et j prirent position.

Camel (le P. Pierre- Joseph), savant et laborieux jésuite, né en 1645,

mort à Paris en 1684, a écrit un bon

abrégé des Jntiqnifés romaineSj sous ce titre : de JLomana repubiica, sive dere mittt. €i eML Momtm,y Paris , 1684, in*13. Il evait commencé un grand ouvrage sur VHistoire civile et ecclésiastique des villes mélropoUtaines (en latin), dont il parut un premier volume en 1684, in-4'', et que sa mort prématurée l'empêcha de continuer. On lui doit le Justin, Paris, 1677, et le f^alére-Miixime, ibid., 1679, de la collection des classiques ad usum Delphini.

Càntenac (N. de), assez mauvais poëte du dix-septième siècle, est auteur d*un recueil de Poésies nouvelles et œwrres galantes y imprimé à Paris en 1601 et 1665, in-12. On trouve, dans quelques exemplaires de la première édition de ce livre, un petit poème de quarante stances, intitulé VOccasion perdue et retrottvée, attribué à tort a Pierre Corneille , et qui , supprimé ( par ordre) dans l'édition de 1665, a été inséré dans d'autres recueils du temps. Cette pièce de mauvais goût est cependant la meilleure du recueil du sieur de Cantenac.

Cantillon (Antoine-Sylvain), né à Paris, dragon au 4" régiment, chargea devant Coïinbre, le 3 décembre 1811, avec six «dragons, contre un peloton de chasseurs anglais qui défendaient la téted'un pont^ En 1813, placé dans ■les grenadiers a cheval de la garde impériale, il prit part à tous les combats qui eurent lieu en Alleniac^ne; le 30 octobre, à la bataille de Uanau, Cantillon, alors fourrier, voyant son capitaine entouré par les Bavarois , se précipite aussitôt au milieu d'eux, tue un cavalier, disperse les autres, et parvient à sauver son chef. Cette uctiott^ qui rappela que cinq jours aupa*

rayant on Pavait to lutter contre trois

Co8a(][ues , en blesser deux et tuer le troisième, lui valut la croix de la Légion d'honneur. A Montmirail , avec quatre de ses camarades, il chargea surquinzç grenadiers russes, qu'il fit prisonniers; au mont Saint- Jean , il était maréchal des loeis chef, et ii s'élança Fun des premiers contre les batteriesan^ibises, sabra les canonnière sur leurs pièces, et, entouré par un ^rand nombre de cavaliers , il se lit jour le sabre à la main.

Cantous. Voyez DiTisiOHS géographiques de la France.

CiA9TBU (Charles), né en 1769, à Lenault (Calvados), trompette au 1** régiment de dragons. Au combat de Frauenfeld, ce brave s'élanca sur une batterie, sabra plusieurs des canonniers qui la servaient, mit les antres en fuite , et s*emjpara d*un obusier. U fut tué le 9 prairial an vii (28 mai

Cany, seigneurie avec titre de marquisat, en Normandie (département de la Seine-Inférieure), à buit kilomètres de Saint- Valéry.

Caobsins. L'origine et le nom de ces hommes de finance, qui se livraient, pendant le moyen âge, à une usure que nos rois furent, à plusieurs reprises, obligés de réprimer, ont don; né lieu à de nombreuses controverses.

Des auteurs prétendent que les Caorsins étaient venus d'Italie , et tenaient leur nom de la ville de C^bors, où ils avaient établi leurs premiers comptoirs; d'autres, les reconnaissant pour Italiens aussi, assurent qu'ils étaient issus d'une famille de Florence, riche et puissante, appelée la famille des Corsini, dont, avec une légère altération, ils avaient conservé le nom en France; enfin, selon une troisième version, ils auraient été originaires du Piémont, et seraient sortis (Tune petite ville appelée Caorsa , en français Caoursj d'où ils auraient été eux-mêmes appelés Caorsins et Caourtint, (3uoi gu'il en soit de cette divergence d opinion , il est de fait que ces prêteurs d'argent furent longtemps, avec les Lombards et les Juin (voyes oei

u etil vmn

mots), un des fléaux du commerce de tous les pays. Aussi ont-ils été, avec ceux-ci , Tobjet de diverses rigueurs, tant en France qu'en Sicile, en Angleterre et dans les Pays-Has, 6ù de proche en proche ils s'étaient répandus. Enchérissant encore sur les juifs , ils offraient leur argent à tout le monde , mais ne le prêtaient due sur gages , et prélevaient encore tous les deux mois un intérêt de dix pour cent : « Ces sangsues publiques, dit Matthieu Péris, avaient le crédit de citer lednr débiteurs à la cour de Rome , qoi , (larticipant à leur gain , jnse.iit toujours en leur faveur. Salut Louis, par son ordonnance de janvier li68, renouvelée par son fils Philippe le Hardi, commanda à tous les baillis de chasser de leurs terj^itoires les caorsins dans l'espace de trois mois, accordant ce terme aui dAitfmv pour retirer leurs meubles engrgés , en payant le principal sans intérêts. Il somma les barons de ftire pareîlte chose dans leurs domaines, et fut obéî(*>i( (voyez les mots Juifs, I-gmbauds), et ne leur permit de résider dans le royaume qu'autant qn'ils y feraient un commerce loyal. Les mesures répressiveÉ que Fon fut forcé de prendre

(*) Parmi les enciuéles contenues dans ie pràmer volane des Olim , publié par M. Te comte l^eiignot 'rollection des documents inédits sur l'bistoirede France) , on en trouve tee de TanMêe iaSS qei semlbto prouver qoé les ji#évenfiou coalM In caorsins vêtaient pasf»énéralps , etqueres marrhaiids tNMivaieut qu<:lquetois dtâ défenseurs dans iMcoqis menkipHK des vilhe» commerçai»tes. Il résulte en outre de la date de celte «uquète que déjà une première ordonnance d*eipiil«en avait précède eelle de ia68^.1t si l'on remarque que celte dernière ordoQ* nance n'expulsa pas de France tnus les marchands italiens auxquels ou douimit le nom de caorsins , mais prescrivit seulement aux baillis de chasser de leurs territoires ceux qui se livraient à l'u^iure, il paraîtra probable ^ae celle ordonnance ne ât qu'en modifier une antre plus sévère et dont l'exéeuliou avait donne naissance aux taii^ rduiés ' dans l'enquête dont nous a vous parié.

lois. èd»

contre eux dans la suite font voir qub Famoor du pain leur inspirait nneté naeité difficile 5 vaincre, Coninip on enlevait et emprisonnait sans formalité ceux qui contrevenaient aux défenses qui lear étaient âiitea, ou Men parcé que, selon des auteurs, eux-mêmes en»

levaient et emprisonnaient leurs débiteurs avec une grande sévérité , on leur attribue l'ongind du proverbe:

Enlever comme un corsin, et non comme un corps saint, à moins que; par cette dernière locution, on ne * veuille dire : Enlever avee ménagement et respect. A mesure que (e commerce se régularisa et se créa, en France , des ressources rhoins onéreuses que celles que lui procuraient les caorsins, le nombre de ceux-ci dimintia , et leur nom , qui répondait à celui de banquier, cessa même d'être tn usage.

Gaoursin (Guillaume), vîce-chaned^ lier de Tordre de Saint-.Tean de Jérusalem , naquit à Doyai en 1430. Il mérita, par ses talents » fa confiance on grand mdtro et du cnapftie, et la dispense des vœux rf*usage, remplît plusieurs missions importantes en Italie, et mourut en 1501. On a de hit qoel'> ques ouvrafies écrits en latin , qui ont été recueillis et imprimés à tJIm en 1496, in- fol., avec fis. en bois. Le pri nci pal est une de8eiiptio& de la viffe de Rhodes, et du siège qu^elie sotrtinft en 1480. Cette relation, qui a pour titre Obsidionu urbis Rhodise deS' cripttO, a été imprimée une première fois à Rome , sans date, in-4°, et réimprimée dans la même ville, 1584, îirlol., avec des augmentations.

Cap-Bbeton, bourg maritime de Tancien pays de Marennes , aujourd'hiii du dppartètnefit des l.aiides, à trentequatre kilomètres de Dax, a joui longtemps d'une grande prospérité commerciale, qu'il devait au changement qui se fit, eu 1360, dans le cours de I Adour. On sait que cette rivière, obstruée par d'énormes monceaux de sable, se ereusa alors un nouveau lit, et asla se jeter dans la mer, à vingthuit kilomètres de son ancienne embouchure. Depuis cette époque» tout

«A» flUlICt* CA» tt

le commerce de Bayonne se fit par Cap^Breton, où les huguenots s'eni* parèrent, en 1568, de dix vaisseaux qui revenaient de la pèche de la nioriie, et OÙ Ton comptait encore, eo 1690, plus de cent eapitaines de iiavirM. MaitM 1579, l'ingénieur T^ouis de Foii ayant fait reprendre à l'Adour son ancien cours, le commerce de Cap-Breton comment à déchoir. Il est tout à fiil perdu, depuis que les sables, amenés par les vents et les marées, ont comblé son port, à la place duquel des dunes •'élèvent aojounThuî. En IffiM, il n'y avait plus au Cap-BrelOD ou*on seul capitaine de navire. On n y compte aujourd'hui que neuf cent vin^t habitatiti.

CApoENACt petite et très-anciennt vflle du Quercy (aujourd'hui du dépnr»

tement du I/)t), construite, suivant

auelques aotears, sur Templaeemeiil e rancienne Uxellodunum. C'était une ville importante soivs Charles VIII. Sully s'y retira après la mort de Henri IV, et Ton y montre eneore le château habité par ce grand ministre. Cnpdenac est situé à quatre kilomètres de Figeac. On y compte aujourd'hui treize cent cinquante habitants.

Capduvii. ou Capdbulb, en littin, CapdoUum ou Capdulium — C'est ainsi que l'on désigne, dans les anciennes coutumes , la principale maison d'un fief, qui devait totifoon appartenir à l'aîné de la famille.

Capddelh (Pes de) , troubadour du douzième siècle, possédait une baronnie dans les environs du Puy. On conserve parmi les manuscrits de la bii)liothè(|ue royale vingt pièces de poésies qui lui sont attribuées, et une notice d'après laquelle il aurait panta la vie dans la troisième croisade.

Cape ou Chape. — Ce mot a été employé a^ec de légères variantes dans presque toutes les langue» de l'Europe, pour désigner un vêtement de dessus.

De toute antiquité, la cape était en France un habit commun a tous, aux chevaliers, aux nwines, aux clercs, aux Iniques des deux sexe*-. File était amj)Ie et munie d'un capuchon qui couvrait le visage. Ou lit dans une V ie

de saint Jonien, par Uipbia Boèce:

• Une robe de poil de ehèvra, ^ue noua-

appelons cape, est encore en usaga parmi nous; » dans Rotier de Hoveden ( Vie de Henri il } : « l'épée tra* varsa la cape, la tnoifaa et la clia^ mise. » Le luxe qu'on déploya daaa cette sorte de vêtements fiit cause que le concile de Metz , tena en , en défendit Tusage aux gens d'igliaas « Les laïques, » disent les eanons da cette assemblée, « porteront la cotte avec la cape, s Us le veulent; les moines^ an contraira, aoronl la eotia seul»»

ment. »

Sous Louis VII, une autre prohibition vint frappeur ce vêtement qui fui interdit ani nmnws paUiques, « pom

S l'on pûà iuékHmpHT émftmmm giHmement mariées. »

Mais la première de ces deux déiboses (et peut»éfcre aussi la seconde) nefutpas suivie rigoureusement. DanS les statuts de l'ordre de Saint-Benoit , généralefloeot adoptés en France , nous aoTWis que les frères purent posséder deux capes; et, vers le douzicina aiè»

de , ce fut même l'habit le plus commun des clercs et des n)otiies. Ainsi le pape Innocent IV (dans Baluze, tome VII , jVIélanges , p. 407) avertit l'évoque de Mat^uelonne d'en prohiber l'usage aux juifs, « parce qu'il arrive souvent que les étrangers leur reodei^ des honneurs et des respects, las pra> nant pour des prêtres. • L'auteur nyine des Miracles de saint llugueê^ (ibbé de Clunij, raconte que « le. roi envoya au seigneur abbé une cape tnala resplentlissanted'or, d'ambre, de perles et de pierres précieuses ( voyez encore Chape dm Saint-Mabtin). »

Lea mawiianda forains en portaicHlt aussi pour se garantir des intempéries de l'air : ce nui fait dire à l'autenr du roman de Florimond,

Tôt i guis» de marebeau runaiit wtai de apoi gnaift

Quand ellea avaient cette denière destination , on les appelait capes à pluie ou à eau :

Vm «hap« à ptul« «r^nbu.

M GiJP L'UNIVERS. CAP

Mais souYeot aussi, comme nous venons de le voir, elles étnient richement ornées ; un compte d'Étienne de la Fontaine , argentier do roi , s'exprime ainsi : « Pour fourrer une robèe « de4 garnemens que madame la royne « et délivrée le jour de myaoust ,;pour « les deux surcos et cors de la chiape, « 8 fourrures de menu ver; » et plus loin : « les manches et le chaperon de « chape, 300 livres.». Mais ces chapes à manches , à ce qu'il paraît , avaient un caractère trop négligé , car le concile de Latran (canon 16) défendit aux clercs et aux laïques d'en porter pour assister à roftice divin, prohibition ui fut confirmée par Odon , évéque e Paris , dans ses statuts synodaux ; par les conciles d'Évreux , en 1 1 95 ; de Montpellier, en 1214 ; par le synode de Bayeux , en 1800, etc.

Les lépreux devaient, même quand ils montaient à cheval, porter pardessus leurs vêtements des capes yerméeSf non fendues, pour qu'on pûtladlement les reconnaître (statuts synod.

de rÉgl. de Const. en Norm., c 19, dans Marten., tom. 4).

Tout évéque su ifragant devait, après son ordination, offrir à Téglise métropolitaine une cape professionnelle,

La cape rouge était réservée au pape ;

laeape blanche aux nouveaux baptisés.

A la cour de nos rois, les officiers porte-capes ou porte-chapes furent les prédécesseurs des porte-manteaux du toi. Un statut de Pan 1817 dit : « U i

« aura 3 porte-chapes qui mangeront « à court , et auront 4 deniers ii'ar- « gent par jour, et seront prisiei. »

ijb mot cape est encore entré dans diverses locutions bien connues , parmi iMqueiles nous rappellerons seulement cellesHïi : « Cest une noblesse de cape « ou d'épée , » ou : « Il n*a gue la cape « et l'épée ; » ce qui revient a dire : On veut faire figure dans le monde, et, cependant , on ne possède pas un sou vaillant; on n*a d'autre fortune que ton bras et son habit.

Vers la fin du dix - septième siècle, le sens du mot cape fut restreint a uiic

plèoe d'éloff» en forme de capuchon ,

dont les femmes se couvraient la tête-

pour se garantir du mauvais temps, ou pour échapper à des regards in* discrets.

Càpécubb, village dr Panden Bou«

lonnais (aujourd'hui département du Pas-de-Calais), où fut signée la paix avec l'Angleterre , le 24 mars 1550.- A l'époque du camp de Boulogne , le château de Capécure et ses d<'ipendances avaient été transformés en arsenal et en parc d'artillerie pour la marine.

Capbpiguk (B. h. R.) est né à Marseille en 1801. Élève de l'école des chartes, qui venait d'être établie en 1830, il obtint dans l'espace do quatre années, de 1822 à 182G, trois prix et une mention honorable à TAcadémiedes inscriptions et belles-lettres, pour des mémoires qui tous se rap* portaient à l'histoire de la France au moyen âge. Imitant avec peu de bonheur M. de Barante, M. Capeûgue a depuis étendu et multiplié ses recherches et ses travaux. On sait qu'il a successivement publié la Vie de PhiiUipe-AuguUe (1829), 4 vol. in-S**; VHUMre eonstUuHonneUe et adml' rdstratlve de la France depuis Phi»

lippe- 'luguslcy 1831 , 4 vol. in-8'; à peu près à la même époque, une Histoire de la ruUmrtmon en 10 vol.; puis Y Histoire de la réforme ^ etc. Le nombre de ces travaux historiques n'a pas empêché M. Capeûgue de manifester ses opinimis essentiellement légitimistes et religieuses par sa coopératioo à divers journaux , et par des ouvrages tels que le Récit des opérations de ftarmée française en Espagne , sous les ordres de Son Altesse Royale Monseigneur le duc d'Angouléme , la rie de saint Vincent de PatU, et Jacgues II à Saint-Germain, roman historique.

Capeline, nom par lequel on désignait autrefois un chapeau de femme, ordinairement en paille , à grands bords doublés de taffetas ou de satin et couvert de plume5; quelquefois aussi on nommait ainsi un bonnet de velours garni de plumes.

En termes de blason « on nomme

CAP iFRAX^GE. CAP 97

eapeline une espèce de lambreauin en Rentré en France après le désastre de

fer que portaient les soldats et les che- Waterloo, il figura comme témoin à

valiers. Cest de là que vint Je dicton : charge dans le procès du maréchal

Homme de capeline, pour dire un Ney, et fut nommé préfet du Doubs.

bomme hardi et résolu. puis conseiller d'État. Après avoir été

Capet.le (la), petite ville de l'an- longtemps secrétaire général du mi-

cienne Picardie, aujourd'hui du dépar- nistère de Tintcrieur sous M. de Cor*

tement de l'Aisne, à seize kilomètres bière, il fut nommé préfet de Sdne-

de Vervins. Ce n'était, en 1533, (]u'un et*Oise. Il administrait ce départe*

petit village. François l**^ la fortifia et ment, lorsqu'il fut, en 1830, ap-

en lit une place importante. Les £spa- pelé à faire partie du ministère Po*

gnols la brdièrent en 1557, et Mans* lignac. M. Capelle fut un des signataires

leld, général des ligueurs, la prit par des ordonnances de juillet, dont le ré»

capitulation, le 25 avril 1.'>94; mais sultat fut le renversement du trône des

elle fut rendue à la France par le traité Bourbons. Après être rei>té plusieurs

jde Vervîns, en 1598. Cependant les mois caché dans Paris, il sortit de sa

'Espagnols la prirent de nouveau par retraite et fut assez heureux pour ga*

capitulation en 1636. Reprise en 1637, gner les frontières. ^Malgré l'amnistie

par le cardinal delà ^^lottc, elle fut accordée par le gouvernement de juillet

encore assiégée en 16.'>(), et prise après aux coupables ministres de Cbaries X,

neuf jours de siège. L'année suivante, lé baron Capelle n*est point encore

les fortifications de la Capelle furent dé- rentré dans sa patrie,

inolies. Cette ville compte aujour- Capeluchë. — Après la conjuration

d*hui treize cent quarante ef un ha- de Périnet Lederc, les Bourguignons

bitants. étaient redevenus maîtres de Paris

Capelle (Guillaume-Antoine-Be- (1418). On sait que leur triomphe fut

nott , baron) , né à Sale^uran (AveV' souillé par le massacre des Armagnacs,

ron) en 1765, fut déi^ par cette ville ,Le bourreau de Paris, Capeluche, se

à la fédération (1^700. Sous le con- 'signala parmi les assassins. Il était

sulat, il fut employé dans les bureaux secondé par les Legoîx, les Snint-Yon,

du ministère de l'intérieur, et bientôt les Caboche, chefs de la faction des

après nommé secrétaire général du dé- boucliers. La foule, ameutée par eux,

Cartement des Alpes-Maritimes d*a- se porta au grand Châtelet ; les prisonord , et plus tard de celui de la Stura. niers y furent égorgés , malgré l'oppo- Sous Tempire, il fut successivement sition des gens de justice. Le duc de pr^et du département de la Méditer- Bourgogne essaya en vain de fléchir ranée et du département du Léman , et par des prières ces hommes altérés de dans l'un comme dans l'autre de ces sang. II prit même parla main lebourpostes il se signala par une bonne admi- reau Capeluche, que peut-être il ne nistration. Cependant, lorsqu^en 1813, connaissait pas; ce fut en vain. Jean la ville de Cenève se fut rendue aux sans Peur proposa ensuite aux massaalliés, M. Capelle fut acensé de n'avoir creurs d'aller combattre les Armapas pris les mesures nécessaires pour gnacs, qui, maîtres de Montlhéry et résister; mais il fut disculpé par le de Marcoussis, affamaient la ville. Il rapporteur de la commission chargée leur donna des chefs et leur fit ouvrir de faire une enquête sur sa conduite, les portes; mais, dès qu'ils furent sor- Sous la première restauration, il fut tis, il referma les portes, et plus de nommé préfet de TAin et officier de la six mille des plus turbulents se trou- Légion d*honneur. Au retour de Na- vèrent ainsi exclus de la ville. C'est poleon, il se rendit h Lons-le-Saulnier alors qu'il fit arrêter Capeluche, dont auprès du maréchal Ney, qui lui or- il se reprochait d'avoir serré la main, donna de retourner à sa préfecture; et il lui fit trancher la téte par son mais il refusa d'obéir, et se retira valet, auquel Capeluche montra oomd'abord en Suisse, et puis à Gand. ment il devait s'y prendre, préparani

T. IV. r UvroiMn. (Dicr. brctcii. , etc.) 7.

H €A9 vxm

Dour lui •même tous les iustrumenu 9q supplice.

CAPET(Marie-Gabrif ]!e\néeàLyon, élève de madame Guyard-Vinccnt, a fait un grand nombre de portraits en miniature, au pastel et à Thuile. Ces portraits ont été exposés de 17tD8 à 1814, époque de la mort de cette artiste. Ses principaux portraits à Fliuile sont ceux de Vincent (an vi), de mademoiselle Mars etde Houdon(aii yiii).

parmi ses portraits au nastel, on doit citer ceux de madame- ac Saint-Fal et du peintre Pallière. Elle a peint aussi deux tableaux représentant, l*un ma* dame Vincent occupée à peindre Vîen; l'autre, Uygie, déesse de la santé (1810). ^'

Capital (Henri), prévôt de Paris, sous le règne de Philippe V, fut pendu en 1321, comme magistrat prévaricateur. Gagné par une somme d'or confîdénUe, il avaft fait périr un prisonnier {»auvreet innocent^ a la place d UQ riche, coupable d'homicide. Ses juges je firent attacher au même gibet où sa VH$iiiie avait perdu la vie.

ÇAYBTIBivf f nom par lequel on défiigne ordinairement la descendance directe et indirecte de Hugues Capet, c'est-à-dire, la troisième race des rois de France. IVous ne nous proposons point de donner ici une liistoire des princes de cette dynastie; leurs règnes ont été racontés dans les Annales. Le réoi^ dea événements auxquels ils ont pris part, les détails de leurs biographies trouveront mieux leur place dans des articles spéciaux. Nous nous boraerona dana cet article à jeter sur ce^ rois un coup d'œil d'ensemble, et à apprécier d'une manière générale l'influence qu'ils ont eue sur les destinées 4e la nation.

■ Il'origine des Capétiens est incertaine. Suivant l'opinion la plus accréditée» Hugues Capet descendrait du 4XHiite Hotiik't le Fort, de race aaxonna , qui reçut, en fief, de Charles le Chauve le comté d'Anjou, et plus tard, en flèlt le duché de 1 Ile-de-France. Ror MTt a» rendit populaire e|i défi^odant le CNNiIre les Normaads, et il

Ètmuà npç mort gloriemenu çmM^

VERS. CAP

de Brisserte (866). Parmi ses successeurs, les plus distingués furent Eudei (888-808), Jtohert (929) et Jlaott/ de Bourgogne, qui portèrent tous trois le titre de rois de France. Le père de Hugues Capet ^ Hugues le G? and, était comte de Paris et d*Orléans, duc de France et de Bourgogne. Ses vastes domaines s'étendaient depuis la Loire Jusqu'aux frontières de la Picardie, noin loin de ce rocher de Laôn qui servit de dernier refuge à la royauté carlovin£;ienne. Toutefois, Hugues le Grand n'aspira pas pour lui-même au titre de roi, et 11 se contenta de préparer les voies à son fils, Hugues Capet. Ce dernier, fort de l'appui des Normands, etde son frère, le duc de Bour-

§ogne, n*eut pas de peine à s*emparelr u trône au préjudice des descendants de Charlemacne, devenus antipathiques à la nation à cause de leurs habitudes germaniques, et odieux aUX grands parce qu'ils aspiraient à tetbiistituer l empire de leur anc^'tre.

tiugues Capet ( 987- U9G } fut sacré à Reînis , le 3 juillet 987. Il avait été élu par acclamation et couronné à Tïoyon , quelques jours auparavant.

Cette élection n'avait point eu lieu avec des formes résulièrea 2 « on ne s'avisa ni de recueillir, ni de compter les voix des seigneurs ; ce fut un coup d'entraînement, et Hugues devint roi des Français, parce que sa popularité était imntense. Quoiaue issu d'une famille germaniaue, I absence de toute

{)arente avec la dynastie impériale , 'obscurité même de son origine, dont on ne retrouvait plus de trace certaine après la troisième f^éneration, le désignaient comme candidat à la race indigène, dont la restauration s'opérait en quelque sorte depuis le démembre»

ment de l'empire.... »

« L'avénement de la troisième race est , dans notre histoire nationale , d'une bien autre importance que celui de la seconde; c'est, à proprement

{)arler, la fin du règne des Franks et a substitution d'une royauté nationale «0 gouvernement fomfé par la codqué&. Dès lors, notre histoire devient jimiile i c'est toujours le même jpeupte

cà9 fraucb. cap 99.

fu*on soit «1 qa'en f«eoBtiaft» malgré

les changements qui surviennent dans les mœurs et la civilisation. L'identité nationale est le fundenient sur lequel repose, depuis taDt de uècleSt l'unité de dyoastie. Un aingulier pressentiment de cette longue succession de rois parait avoir saisi l'esprit du peuple à ravénement de la troieième race. Le bruit courut qu'en 981 , saint Valeri , dont Hugues Canet , alors comte de Paris, venait de laire trans- /éffv les leliqnes, loi était apparu eo congé 0t lui avait dit : A cause de ce « que tu os fait, toi et tes descendants « vous serez rois Jusqu'à la septième gé- « Dération, o*ett*a-dtre à perpétuité {"). *

Le nouveau roi se garda bien de faire valoir des prétentions semblables à («Iles des Carlovingiens, de |>eur de csiiaer de rombrage à ces puissants féttdataires, qui avaient lenrersé la seconde race pour exercer un pouvoir à peu près absolu." 11 laissa sommeiller cette prérogative royale à l'aide de laquelle ses successeurs devaient reconstruire plus tard Tunité nationale. Il n'intervint ni dans les affaires inté« rieures de la Normandie, ni dans celles de la Flandre, ni dans la guerre civile qui s'était élevée entre le comte de Nantes et le duc de lîretn^ne. On sait , Qu'il eut un instant i'idc-e de comnian- * oer au comte de InManNi^de lever le siège de Tours. « Qui t'a fai* comte?

écrivit-il à son vassal. — Qui t'a fait roi.^» lui répondit l'orgueilleux feudataire; et Hugues Capet n'osa pas Tinquiéter. Mais il se fortifia par son alliance avec le clergé. Pour préserver les biens ecclésiastiques deâ rapines des goerriers, il remit les religieuifi en possession des abbayes de Saint- Denis, de Saint-Germain des Prés et de Saint-Kiquier, uu'il possédait par héritage, et il rétablit oans tous le»

monastères de ses États la liberté des élections, qui était alors généralement niécopnue en France.

^ognsi Capet mourut après on rè« gué de neuf m. Son ftls Mert (996^

(*) Aug, Thierry, Lettres sur l'iùstoif dû Avpfiv ]p..a95 ftasiv.

1081) lui 60eeéda« C'était un prinee

débonnaire, pieux, ami de l'Église, le premier saint de sa race, quoique les papes ne l'aient pas canonisé. Une seule fois cependant il osa résister ans ordres du souverain pontife; ce fut pour conserver sa femme Berthe qu'il aimait tendrement, mais qui était sa parente au quatrième degré. Excommunié par TEglise, il vit tout le monde s'éloifrner de lui. On raconte qu'il ne lui resta que deux domestiques pour Je servir à table et pour préparer ses aliments; mais le plat qu'il avait toucbé, le vase dans lequel il avait bu, étaient régulièrement passés au feu pour effacer la souillure de son eontact. Enfin Robert céda et obtint l'absolution. Il épousa Constance, lille du comte de Toulouse et nièce de Foul-

?[ues Nerra, comte d'Anjou. Cette emme , belle , mais d*on oaractère hautain et emporté, livra son mari à l'influence des hommes polis et civilisés du Midi , et exerça sur lui le plus coflUi piet ascendant* « Prenei garde que ma « femme ne vous voie, » disait-il à un pauvre après lui avoir donné les ornements d argent de sa lance , qu'il l'avait aidé lui-même à détacher avec une lime. Il déploya dans sa conduite politique le même caractère de faiblesse et de pieuse bonté. La succession du dnehé de Bourgogne lui étant échue par la mort de son onrle Henri {1002) , }| traina pendant quatorze ans une guerre molle et indécise, et finit par céder à Othe Guillaume, gendre du dernier duc, les comtés de l)ijon, de Màcon e^ (le Hesanron (tOIG). On raconte qu'un jour il quitta le siège d'un château pour aller diriger la musique du service divin, et que dans Tinter-»

valle les murs du chàleau s'écroulèrent < de sorte uue ses soldats purent s'ea Fendre maîtres sans diffleoité.

Tel était Robert. Ses eontemporains lui décernèrent le surnom de Pieux, lis attribuaient à ses vertus et à ses ^res d'avoir passé ce terrible an milt où la trompette de l'archange devait annoncer la fin du monde et le.

jugement dernier.

ileaH (108M06Û), son soeond.

€kP VUSaVEÊiS. CAP

fils, lui succéda, malgré l'opposition de sa mère Constance, qui préférait Robert; mais il fut obligé de céder à ce prince le duché de Bourgogne , où ses descendants régnèrent jusqu'en 1361. Le duc de Normandie, Robert le Diable, rerut pour prix de l'assistnnce qu'il avait' prêtée au jeune roi contre sa mère, les villes de Pontoise, de GisorSt de Chaumont et tout le Vexin français; en sorte gue les Norninnds se trouvèrent établis à dix lieues de Paris. Henri l" échoua dans toutes les tentatives qu'il fit plus tard pour reprendre le Vexin.

Son fils Philippe J" lui succéda (1060-1108). Prince fainéant, insouciant, étranger à son siècle, il ne prit aucune part aux grandes choses qui s'accomplirent pendant son règne : la conquête de TAn^leterre par les Normands s'accomplit sans lui et malgré lui ; la conquête du royaume des Dpux- Siciles par les douze fils de Tancrède de Hauteville fut achevée sans qu'il y prit part. Il ne participa ni au grand mouvement de la croisade, qui semblait arracher l'Europe à ses fondements, pour In précipiter sur l'Asie, ni à cette autre croisade des chevaliers de France en Espagne et en Portugal.

Il ne sut pas profiter davantage de l'insurrection des communes , pour lutter contre la féodalité. En un mot , il ne tient aucune place dans l'histoire, si ce n'est par le récit de ses débauches, qui lui valurent les censures de Gr^oire VU.

Mais sous le règne de son fils f/)uîs yiy dit/e Gros (1108-1 137), la royauté sortit enfin de ses langes. Ce prince a été surnommé VÉveilté, et ron peut dire que son règne fut en effet le réveil de la royauté. Il n'avait d'autre passion gue celle des armes; dès son jeune âge , il avait dédaigné toute autre occupation. Acetteardeur pour la guerre, le jeune Louis joignait une piété trèsvive et un profond respect pour le dfoît. Cest pourquoi il se fit le défenseur des pauvres , des marchands, des pèlerins , des gens d'église, contre les exactions et les brigandages des ^goeurs. U fout lire la chronique

éloquente de son ami Suger, afors abbe de Saint-Denis, et plus tard son premier ministre, pour apprécier tout ce qu'il fallut à Louis d'activité , de bravoure et d'àudace , pour remédier au vice des justices féodales, pour interposer le pouvoir royal , plus équitable, plus impartial, et pour faire res|>ecter ses décisions. Malgré l'infériorité de ses forces, il tint tête an roi d'Angleterre, Guillaume le Roux, ayant à peine quatre ou cinq cents clievaliers à opposer à dix mille guerriers. Il offrit le combat singulier au successeur de Guillaume, Henri I*"", qui n'osa pas accepter. Au combat de Brenneville (1118), on le vit abattre d'un coup de masse un Anglais qui avait saisi la bride de son cheval , et qui croyait déjà le tenir prisonnier. Lorsqu'en 1124, l'empereur d'Allemagne Henri V fit une invasion en Champagne, Louis VI fit un appel au peuple de France, et cet appel lut écouté. Deux cent mille guerriers se réunirent à sa voix sous la bannière de l'oriflamme ; ce fut comme le réveil de la nationalité française, assoupie depuis la mort de Charlemagne.

Avant de mourir, Louis le Gros reçut la récompense de trente années employées à étnbh'r la paix, l'ordre et la justice en France. Le plus puissant des seigneurs féodaux au royaume, GuillaumeX, comte de Poitiers et doc d'Aquitaine, crut faire une chose pieuse en lui donnant sa fille et unique héritière, Éléonore, pour la marier avec son fils Louis y/fûk le Jeune (im-UW), Certes, la France n'a jamais été gouvernée par un prince plus incapable et

{>lus inepte que Louis Vil, et cependant a royauté continue à grandir entre ses faibles ninins , et elle conserve ce caractère de pouvoir publie, de juge de paix universel que Louis VI lui avait imprimé. Son mariage avec Éléonore de Guyenne avait doublé l'étendue de sei étals,en lui donnant toutes les provinces de l'ouest de la France, depuis la Loire jusqu'aux Pyrénées. Enorgudlli de sa nouvelle puissance, il résolut de faire valoir les prétentions des anciens comtes de Poitiers sur le Toulousain ; mais son eipédition dans le midi de la France

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CAP

FRANCE.' . CàP 101

échoua par suite de la défection du pufesant comte de Champagne. Pour te venger de cette félonie, Louis VII envahit les États du comte, et prit d'assaut la ville de Vitry. Les habitants furent égorgés; treize cents personnes réfugiées dans une église y devinrent la proie des flammes. Le roi entendit leurs cris sans pouvoir les sauver.

Son flme en fut déchirée ; et , pour calmer ses remords , il résolut de prendre la croix , malgré les vives remontrances de Suger. La croisade fut préchée par saint Bernard , et plus de cent mille hommes s*armèrent et sui»

virent le roi en Orient. On sait la malheureuse issue de cette croisade. Après deux ans de revers, Louis VII revint en France sans que son expédition eût servi en rien aux chrétiens de la P.ilestine. Mafemme, f'léonore de Guyenne, rougissant d'avoir un pareil mari , lui était devenue infidèledepuis longtemps.

Le divorce fut prononcé au concile de £augency, et la reine donna sa main et ses nombreux États à ilenri Piantaçenet, qui réunit bientôt tous sa domination ^An^!eterre, la Normandie, l'Anjou, le Maine, et toutes les provinces de Touest de la France , depuis la Loire jusqu'aux Pyrénées. Louis VII, qui possédait à pèinccinqde nos départements, eût été infailliblement écrasé par son redoutable vassal , s'il n'avait été soutenu par HÉglise, devenue hostile au roi d'Ang.eterre , surtout depuis le martyre de Thomas Becket.

Louis Vn mourut en 1180. à Tâge

de soixante ans , après avoir tait couronner d'avance comme son successeur son fils Philippe-Auguste (1180-12:43).

Le vrai , le grand caractère du règne de Philippe-Auguste , ce fut, comme l'a si bien dit M. Guizot, de refaire le territoire de la royauté , redevenue pouvoir public depuis Louis le Gros, de mettre de niveau la royauté de fait et la royauté de droit. On le voit, dès râge de quinze ans , se rattacher à la race de Oiarlemagne par son mariage avec Isabelle, nièce du comte de Flandre, qui lui donne une partie de la Picardie, et l'espoir de posséder un jour

l'Artois, le Valois et le Vermandois^ puis profiter habilement desdisseo*

sions qui éclatent entre le roi d'An»

gleterrc, Henri TT, et ses fils. Il soutient ces derniers, les pousse lui-même à la révolte, les protège de toutes ses forces , et parvient ainsi à neutraliser la toute-puissance du monarque anglais. Il s'attache le clergé , et se rend populaire en prenant une part active et souvent glorieuse à la troisième croisLule. Mais après la prise de Saint- Jean d'Acre , il se hâte de revenir en France ; et , infidèle à ses promesses, il attague les possessions de son ancien ami , Richard Cœur de Lion , retenu prisonnier en Allemagne. La mort de ce prince vaillant le* délivre à propos d*un rival redoutable.^ Il cite son successeur, Jean sans Terre, à comparaître à Paris, devant la cour des pairs, pour se justifier du meurtre d'Arthur. Jean refuse , et il est condamné à perdre les fief^ qu'il possède en France. La senlt nre est exécutée. Philippe-Auguste s"( inpare rapidement de la Normandie , de la Tou*. raine , de l'Anjou , du Maine et du Poitou (1204). La brillante victoire de Bouvines (1214) lui garantit la uossession des provinces qu'il vient de conquérir. Les communes , qui ont déjà tant contribué aux succès de son aïeul, le soutiennent avec le même enthousiasme; et dès lors raristocratie des grands feudataires cessa de Tinquiéter.

Philippe-Auguste mourut à l'ilge de cinquante-huit ans. Les prinetpaux ré-, sultats de son règne sont d'avoir augmenté la juridiction royale de quarante-sept prévôtés, d'avoir su grouper autour d'elle les grands vassaux, pour donner à ses ordonnances l'autorité de lois générales, exécutables dans toute l'étendue du royaume; d'avoir doté Paris de sa cathédrale, de sa halle, de son pavé , de ses hôpitaux, de ses murailles, et, jusqu'à un certain point, de son université , dont il fut comme le second fondateur, à cause des nombreux privilèges qu'il lui accorda.

Son (ils, Louis rill, ne régna que trois ans (1223-1226}. 11 enleva au roi

d'Angleterre les châteaux et les places fortes qu'il possédait encore dans 1q Poitou ; mais il échoua dans sa croi** sade contre les Albigeois . et mourut empoisonné, dit-on, par Thibaut, oomte de Champagne , qui était ramant de la reine Blanche de Castille. -

Sous le règne pacifique de saint Louis (1226-1270), le domaine royal continua à s'accroître. En 1229, le comté de Toulouse fut joint i la couronne; puis, plus tard, le roi acquit successivement les comtés de Blois, de Chartres, de Sancerre, de Mâcon, du Perche, d'Arles, deFotcalqm'er, de Foix et de Cnhors. En même temps, saint Louis luttait contre les abus de l'organisation judiciaire introduite par la féodalité; il défendait dans l'intérieur de ses domaines les guerres privées ^ le duel judiciaire, et était imité par un grand nombre de seigneurs , qui admiraient là vertu et la droittire de ses ht< tentions. Ge sont là les grands résultats du règne de saint Louis. Nous raconterons ailleurs Thistoire touchante de Sa vfd privée , et celle âe ses expéditions en terre sainte.

Philippe le Hardi (1270-1285) réunit délinitivement à ses domaines le comté de Toulouse, après la mort de Jeanne, 6ile du dernier des Ilaymonds.

Il fit aussi la conquête de la Navarre (1276) ; mais il ne parvint pas à maintenir sur le trdne de Castille ses neveux , les infants de ia Cerda. £nfin il échoua dans son expédition contre Pierre d'Aragon, et mouiCit de la peste en 1285.

Sbus PhiHppe le Bel (l 285-1 3 1 4), la royauté parvint à l'apogée de la puissance. Entouré de ses légistes , qui ressuscitent les vieilles traditions de l'empire , Philippe le Bel organise une centralisation monarchique, sotis Inquelle s'amortissent les juridiclioits locales des seigneurs; une administration régulière succède au désordre de la féodalité. "Mais les agents du gouvernement demanuent à être payés , et Philippe le Bel n'est guère plus riche que ses prédécesseurs. De là ces

confiscations odieuses, ces altérations des monnaies , et tant d'autres mesu* tes arbitraires dont il se sert pour remplir son trésor; de là en partie la condamnation des Templiers, dont il convoitait les richesses ; de là sa fameusé querelle aveo Bonifaee Vin, qui avait pris en main les intérêts du clergé. Sa puissance devint si grande, après son attentat sacrilège sur Boni*^ ftce Vin , que les successeurs de ce pontife se virent contraints d'aller ré^ sider à Avignon , se plaçant ainsi sous la main de 1er du roi de France, dont ils devinrent les instruments dociles.

Les trois fils de Philippe le Bel continuent l'oeuvre de leur pere. Louis A, dit te HiMn. Phikppe dit h Long, Charles IVy dit U Bel, gouvernent avec l'aide des légistes ; mais tous trois meurent jeunes, sans laisser de rejetons mâles, et le trdiie passe à la bran» che des Valois (1S28).

Ainsi nous avons vu la famille des Capétiens fonder sa popularité en repoussant les Normands, s'emparer du trône, et endormir d'abord, par la modestie de ses prétentions, la jalousie ombrageusedes seigneurs ; ensuite nous avons vu la royauté se relever sous Louis VI, grâce h Tappui de l'Église, au secours des communes, et au caractère héroïque de ce roi. Depuis lors , elle grandit rapidement sous Louis VII, Philippe- Auguste et saint Louis, par des conquêtes, des mariages et d'heureux traités. Enfin , sous Philippe le Bel, ia royauté devient absolue , et sa puissance est telle, que le pape lui-même est obligé de s'humilier devant elle.

Les tableaux suivants ne contiennent que la généalogie de la descen* dance directe de Hugues Capet ou des Capétiens de la branche aînée. Nous renvoyons , pour ce qui concerne les brancrieseollatéraies, a leur ordre alphabétique. (Voyez Anjou, Artois, Boulogne, Boiircox, Bouboogne,

COUBTEKAY, BûEUX , LYBEUX-NA-

TiBRB, Valois et VBBiuiiJKnt.

FIUKCE.

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