‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 15 sur 86 · PI · texte numérisé non relu

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Cap-Fbaiïçais (prise du).— Le général Galbaud commandait au cap Français , quand les maux qui désolaient la colonie de Saint-Domingue (voyez ce mot), nécessitèrent en 1792 renvoi des commissaires Polverel et Sontho- /iiax. Destitué par eux , et embarqiié pour être ramené en France, Galbaud gntîtia les- nnvires de la flotte, et, le 21 juin, revint à leur téte attaquer ta ville du Cap. Foudroyée par rartflleriê, abandonnée par les commissaires, elle tomba bientôt au pouvoir des marins, et aussitôt elle fut livrée au pillage. Les nègres et les esclaves , que travaillaient les agents de l'Angleterre et de l'Espagne, se mêlèrent aux vainqueurs; d'horribles massacres furent commis , et rftficendie vint enfin mettre le comble au désordre. Dès que la lassitude eut fait cesser le carnage, quand les flammes se furent arrêtées faute d'aliments , Sontbonax et Polvorel redescendirent dans la ville , pour réparer les effets d'une catastrophe qui avait failli compromettre l'existence de la colonie.

Aussitôt que la paix d*Amien$ eut

ouvert l'Océan aux navires français, le premier consul résolut de laire rentrer Saint-Domin^e sous Taiitorité de la république, a laquelle Toussaint Louverture Pavait soustraite, l.e générai Leclerc fut chargé de cette expédition ; Tamiral Villaret eut le commandement de la flotte de transport.

Au commencement de février 1802 , Leclerc se présenta devant la rade du Cap , où il fut accueilli par une décharge à boulets rouges, et peu après, un homme de couleur vint à bord du vaisseau amiral, pour lui signifier que le général noir Christophe, commandaiH iau Cap pour Toussaint Louverture, avait pris l'invariable résolution de brûler cette malheureuse ville et de massacrer les Blancs , des le moment où Ton ferait quelques dispositions pour la descente. Le généra! T,eclerc crut donc conveoable de dérober aux noirs la vue du débarquement, et de se diriger vers Tembarcadère du Limbé où il aborda. En deux heures , il parvint à la rivière Salée , où il ren-

contra et battit Christophe. Mais bien" tôt , à l'entrée |le la nuit , Tescadre ,

Î|ui avait déjà engagé le feu contre le ort , vit le morne de la ville réfléchir une lumière rouçeâtre , signe trop certain de l'incendie du Cap , dont un calme plat la força de rester tranquille spectatrice. Cependant au premier souffle de la brise du large, elle gagna le mouillage, et débarqua les troupes avec lesquelles le général Humbert courut s emparer du fort de Belair, pour faciliter l'arrivée du général en chef. On prit en même temps la pe- ' tite anse , et Ton s'occupa n'éteindre l'incendie de la ville. Quelques instants après, le général Leclerc arriva au haut du Cap , et tit cesser la fusillade enire ses tirailleurs et Tarrièregarde de Christophe. Tous ses soins .

eurent pour but le rétablissement des cultures dans la colonie ; mais les soulèvements continuels des nègres armés l'empêchèrent d'atteindre ce but, et furent cause enfin que la France perdit sans retour la plus belle de ses colonies.

Càpiscol. On appelait ainsi , principalement en Provence et en Languedoc, le chef ou doyen du chapitre des églises cathédrales ou collégiales. Cette dénomination équivaut à celle de pré' chantre^ que le doyen portait dans d'autres églises; et à celle d'ecolâtre, qu'on lui donnait dans quelques chapitres, notamment à Orange. Le nom de capiscol était aussi quelquefois donné à un chef militaire. Ce mot est formé de la réunion des deux substantifs latins eaputf sckolSB,

Capitaine. C'est le nom que l'on donne à l'oflicier chargé du commandement d'une compagnie, d'un escadron ou d'une batterie. Ce grade, qui , sous François I", tenait le premier rang dans la hiérarchie militaire, n'occupe plus aujourd'hui que le septième.

II est entre le grade de chef de bataillon ou d'escadron et celui de lieutenant. Quoiqu'il soit bien déchu de son importauce primitive, ses fonctions ne sont pourtant point sans importance,

âir elles embrassent toutes les parties u service sous le rapport de la police,

de la discipline et de tout ce qui concerne rudnunistration.

Le titre de capitaine d^sienait au- • trefois, comme nous venons de le dire, un grade militaire élevé; aussi, à l'époque où il n'y avait dans l'armée d'autres fractions gue les compagnies»

les plus grands sei^ineurs bn'^unientils avec instance la taveur d'être nommés au connnandenient de l'une d'elles, et, sMIs l'obtenaient, leur ambition était satisfaite.

Ln réunion des compagnies en régiments, et l'établissement du grade de colonel, qui en fut la conséquence nécessaire, restreignirent beaucoup les prérogatives et les attributions des capitaines. Leur importance a diminué de plus en plus à mesure que de nouveaux agents du commandement suprême sont venus se placer entre eux et l'autorité supérieure. Il suit de là oue le titre de capitaine est bien déchu de ce qu'il était dans le principe où il ne pouvait être pris que par les dues, comtes, marquis et chevaliers bannerets.

I-a création des capitaines d'hom* mes d'armes remonte à Charles V, dont une ordonnance plaça, en 1373, des capitaines à la tête de la gendarmerie.

Lorsque Louis XI eut formé les francs-archers , il en donna le commandement à quatre capitaines en chef, ayant sous leurs ordres trente-deux capitaines subalternes qui commandaient chacun à cinq cents hommes.

Brantôme dit que Louis XII donna à ses plus vaillants gentilshommes des commandements de cinq cents et de mille hommes, avec le titre de capitaine.

François I«% qui avait pris le titre

de capitaine de sa garde , créa les capitaines-lieutenants. Dans les légions de six mille hommes, instituées sous son-règne, chaque capitaine commandait mille hommes; ces mille hommes étaient partagés en dix bandes, chacune décent honmies, commandées par un officier connu sous le nom de œntenier. Un deà capitaines prenait le titre de colonel , et avait le comluandement de ia légioDi tout eu con-

servant celui de sa compagnie. C'est là, dit-on, Torigine des compagniescolonelles qui existaient danf| les giments de l'armée française avanl

Sous le même règne, les bandes ou compagnies furent réduites à quatro

cents, puis à trois cents hommes. Sous Henri II, elles étaient ordinairement de deux cents; mais insensiblement elles diminuèrent, et ftirent enfin réduites à quarante hommes. En 1.558, leur incorporation dans les régiments,

âui furent créés à cette époque, fit écrottre d'autant là position des capitaines qui les commandaient.

Le mot capitaine signifiait anssi, dans l'origine, gouverneur ou com- mandant de place. On trouve, sous le règne de Henri Ilf , des capitaineries de places fortes; mais néanmoins les termes de gouverneur et de gouvernement, qui ne sont plus ttsit& dans cé sens, ont prévalu par ia suite.

Les capitaines sont aujourd'hui divisés en deux classes : dans les corps de l'état-major, de l'artillerie et m éfiie, et dans la cavalerie , la moitié es capitaines est de première classe; dans l'infanterie, le tiers seulement est de première classe; mais un supplé* ment de crédit est demaniiéen ce moment aux chambres pour porter à la moitié, comme dans les autres armes, la première classe des capitaines d'Infanterie.

Les capitaines de première classe jouissent d'une solde un peu plus forte que celle des capitaines de deuxième clas.se, etdans la cavalerie et l'artillerie, ils commandent les escadrons ou batteries , sous le titre de capitaines commandants. Les capitaines de deuxièmé classé, qu'on désigne aussi sous le nom de capitaines en second, sont chargés, en sous-ordre, de différents détails du service déterminés par leâ règlements, '

L'étymoiogie du mot capitaine a été l'objet d'un grand nombre de comnaentaires. Cette désignation est fort ancienne; on s'en servait en Italie, en Espagne, vers le douzième siècle.

Quelques auteurs la font dériver du ' mot latin caput, qui, par corruption,

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.aurait fait eaffitoSn, ehevefain, ca- 'pine, ehetaine, quintahie. Il paraît a peu près certain que ce mot vient du tenue capUano, en usage de|)uis fort longtemps dans les bandes ita* lien nés.

Le langage poétique et le style historique se sont emparés du mot capitaine pour désigner on lionune de |;uerre par excellence.

— Dans la marine, on donne le nom de capitaine à tout officier commandant un navire ; mais il y a plusieurs sortes de capitaines ; ce titre est porté, dans la marine de FÉtat, par deux classes d'officiers supérieurs : les capUaines de vaisseau , et les capitaines de corvette (*). Les capitaines de vaisseau Ont le rang de colonel , et les capitaines de corvette celui de chef de bataillon. Le capitaine de vaisseau qui commande un navire monté par un officier général prend le titre de capitaine de pavillon.

On désigne par le nom de capitaines marehanas ou capitaines au long cours, les commandants des navires du commerce, qui, pour obtenir ce titre et les |)rérogatives qui y sont attachées , doivent subir un examen , et satisfaire à certaines conditions déterminées par les lois. Les maîtres ou patrons des simples navires caboteurs prennent encore le nom de.conltaineSy mais r'rst une usurpation :

les lois et les reniements ne leur reconnaissent que le titre de maîtres au petit cabotage.

Capitainerte.— Nom d'une fonction militaire dont nous parlerons ciaprès, qui consistait dans le commandement des hommes préposés à la garde des côtes maritimes de la France. Ce mot était aussi le nom d'une fonction civile dont le devoir était de veiller à Pentretien des forêts du domaine et à la conservation des chasses royales.

La capitainerie se disait encore, dans la première acception du mot»

(*) Il y a eu aussi pendant longtemps des capitaines de frégate; mais ce grade a clé •upprimé dam ces dehiièrei années»

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