CAP FRANCE. CAP
satice qui sied n une grande capitale, zon. La Loire, qui rejoint presque le saura résister lence et du qui l'habite aiijourd' clioir, il n'en serait pas de même de et la Meuse portent leur tribut à la cette autre population qui accourt de mer du Nord ; la Moselle est un af« toiitM iei parties de la France pom^ flaentduAhIn, dont nous rapprochent vetremper la métropole. Le vieux sang encore les sinuosités de la Meoseet dt ne cessera jamais d'y être rafraîchi et l'Escaut; enfin le Rhône jette seseaut puriUé par l'infusion d'un sang nou- impétueuses dans la Méditerranée. La ▼eau. Pour que Paris fût définitive* place géognphique de laespltaled^un ment corrompu, il faudrait que toutes pareil empire semblait déterminée par les villes, tous les hameaux de France, la nature ver? la région centrale qui fussent corron^pus eux-mêmes. Une est a la fois le nlus près des princidëmoralisQtion aussi complète n*est paux fleuves , <rest-à-dire , entre la pOB à redouter chez un peuple natu- Loire, la Seine, la Moselle et le Rhdne; Tellement bravç et généreux, porté Pourquoi Dijon, Bourges, Nevers ou aux grandes choses, et toujours eu toute autre ville encore plus favorisée, communication avec les autres nations n'est-elle pas devenue Ja capitale de du monde, qui ont une haute idée de son la France? C'est parce qu'il nesuittt caractère et de son avenir. Ne nous pas qu'une capitale soit placée au renlaissons donc pas décourager par les tre géographique du pays, mais parce sinistres prophéties de quelques Jéré- qu'elle doit encore occuper une position mies mooernes. ^ avantageuse par rapport aui nations Pourquoi Paris, plutôt que toute qui l'entourent. Comme elle est une autre ville du premier ordre, est-il ville politique avant tout, et qu'elle devenu la capitale de la France? Cette doit exercer son action à l'extérieur question est d^autant plus digne d*exa- aussi bien qu'au dedans, il faut qu'elle men, que, sous le rapport géographi- soit en mesure d'entretenir avec les que, aucun titre supérieur ne militait capitales étrangères des relations non en faveur de cette cité. La France est moins actives qu'avec ses propres protout à la fois le pays le mieux situé et vinoes.
le mieux fait de l'Europe. Klle est le En ce sens, la France, au moment pays le mieux situé, parce qu'elle tou- où elle a formé son unité nolitiquc, ché a l'Angleterre, a l'Allemagne , à ne pouvait choisir une meilleure ca- •ritalie, à TEspagne, et qu'elle se trouve pitale que Paris. Sa nationalité , qui -en face de l'Amérique, en face de l'A- commença à se réveiller dans le Nord, frique septentrionale, en face de l'Asie il ne faut pas l'oublier, sa nationalité Mineure; elle est le pays le mieux naissante eut à lutter contre l' Anglefait, jparce qu'étant encadrée par la terre et contre TAllemagne. Londres, mer du Nord, l'océan Atlantique, la située vis-à-vis de notre rivage, pesait Méditerranée et le Rhin, elle possède trop fortement sur nous pour que le un admirable système de vallées et de sié^e du gouvernement pût être établi fleuves qui prennent naissance vers ailfêurs que sur les bords de la Seine, le centre de son territoire, et vont digne ri?alè de la Tamise. Si la France déboucher dans les mers et dans le n'avait eu pour adversaire que l'Allefleuve-roi , qui la 'terminent sans la magne , nul doute que Reims , Laon •resirdndre. Son système hydrogra- ou Cbâions ne fùt derenue notre mé* .pbiquc a fait l'admiration de tous les tropole ; mais l'Angleterre en voatiât observateurs , depuis César jusqu'à à notre indépendance , tandis que iMapoléon. Des plateaux qui forment l'Allemagne se bornait à nous dispute noyau de sa charpente osseuse , on ter notre frontière du Rhin. Entre un Toit rayonner les plus beaux cours désir d'agrandissement et une ques- •d*Ma fus 1m qiuitre pQiqto d# i'hon- tioa de salut, ii n'y avait pas moyeo
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d'hésiter : Paris eut la préférence.
D'ailleurs cette ville réunissait le double avantiige d'élre une excellente tête de pont contre l'Angleterre, et de pouvoir surveiller focilement l'Allema-
§ne. Elle est, à la vérité, trop distante e la Méditerranée , mais elle touche presque à l'Océan; et, à cette éooque surtout, le centre du inonde politique se trouvait au Nord.
Quelques publicistes , tout en convenant qu'il a dû en être ainsi pour le TOSsé , croient que la capitale de la jFrance tend à se déplacer et à se porter davantage vers le Midi. Leur opinion se fonde principalement sur ce que le centre du monde politique se déplace lui-mêrpe et semble descendre vers le Midi. INous sommes loin de nier ce fait; le démembrement de la mooardiie ottomane, Tascendant toujours croissant que prennent les Russes à Constantinople et les Anglais à Alexandrie, la révolution que la vapeur est en train d'accomplir dans la marine, le travail de régénération qui se manifeste en Espagne, en Italie, èn Grèce et dans TOrient, tout annonce que la Méditerranée va devenir de >iKNiveao le centre politique de TEuropc. Cependant il ne nous paraît pas rigoureusement logique d'en conclure
aue Paris cessera, pour cette raison, *être la capitale de la France. Parce que la Méditerranée recouvre son importance politique, est-ce à dire que ]e ISord perde la sienne? On peut .croire le contraire. Le mouvement qui s'opère en ce moment est double, et la capitale de la France devra augmenter son influence au Midi sans diminuer sa puissance d'action au nord. Alger nous réclame d'un côté; mais Londres et Berlin , mais notre frontière du Rhin à ressaisir et à gardor quand nous l'aurons ressaisie , ne nous réclament pas moins de l'autre.
Sans parler des troubles qu'entraînerait un changeaient de capitale^ quelle ville est mieux située que Pans pour manifester notre puissance sur la mer du Nord et le Rhin , en même temps que sur la Méditerranée? Et puis, le jour ou Paris sera trop loin de Toulon
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et de Mars^lle, Il lui sera facile de
s'en rapprocher. La vapeur a enlevé leur principal argument aux détracteurs de Paris ; grâce aux chemins de fer, cette ville pourra bientôt ne plus être qu'à trois jours de la Méditerranée; et, de plus, le Rhin et la mer du IN'ord se trouveront presque à ses .
portes.
M. Mîchelet , dans son Histoire de
France, justifie avec son talent ordinaire le choix qui a été fait de Paris pour capitale. Nous citerons quelques passages oii se trouvent des aperçus profondément politiques , bien qu'exprimés dans un langage qui n'a pas toujours toute la gravité de rhistoire, et où domine peut-être trop exclusif vement la brillante imagination d'un poète enthousiaste.
« Pour trouver le centre de la France , le noyau autour duquel tout devait s'agréger, il ne faut point prendre le uoint central dans l'espace : ce serait Bourges , vers le Bourbonnais , berceau de la dynastie ; il ne faut point cbercher la principale séparation des eaux : ce seraient les plateaux de Dijon ou de Langres, entre les sources de la Sadne, de la Seine et de la Meuse; pas même le point de séparation des races ; ce serait sur la Loire , entre la Bretagne , l'Auvergne et la Touraine. Non , le centre s*est trouvé marqué par des circonstances plus politiques que naturelles, plus humaines que matérielles. C'est un centre excentrique, qui dérive et appuie au IVord , principal théâtre de l'activité nationale , dans le voisinage de l'Angleterre , de la Flandre et de l'Allemagne. Protégé, et non pas isolé par les (lenves qui l'entourent , il se caractérise selon la vérité par le nom d'Ile de France.
« On dirait, à voir les grands fleuves de notre pays , les grandes lignes de terrains qtii les encadrent , que la France coule avec eux à l'Océan (*).
(*) N'y a-t-îl pas ici un peu dVxagéra* tion? Ce n'est pas le chemin de l'Océan, c'est celui de la Méditerranée que nous ouvre h vallée du AhAiie. De aiêne l'Escaut» la
CAP FJEUNCE. €AP 118
Au nord, les pentes sont peu rapides:
les fleuves sont dociles. Ils n'ont point empêché la libre action de la politiue de grouper les provinces aototir u centre qui les attirait. La Seine est en tout sens le premier de nos fleuves, le plus civilisable , le plus perfectible. Elle n'a ni la capricieuse et perfide mollesse de la Loire, ni la brusquerie delà Garonne, ni la terrible impétuosité du Rhône , qui tombe comme un taureau échappé des Alpes, perce un lac de dix-huit lieues, et vole
a la mer en mordant ses rivages
i" « Paris a pour première ceinture Kouen, Amiens, Orléans , Chàlons , Reims, qu'il emporte dans son mouvement. A quoi se rattache une ceinture extérieure, ISantes , T^ordeaux , Clenaont et Toulouse , Lyon , Besançon, Mets et Strasbourg. Paris se reproduit en Lyon pour atteindre par le Rhône l'excentrique Marseille. Le tourbillon de la vie nationale a toute sa densité au nord; au midi, les cer* des qu'il décrit se relâchent et s*élargissent.
« Le vrai centre s'est marqué de bonne heure; nous le trouvons désiné au sièele de saint Louis , dans les
eux ouvrages qui ont commencé notre jurisprudence : Établissements de France et d*OrUans; Coutumes àe France et de Vennandois. C'est entre l'Orléanais et le Vermandois, entre le coude de la Loire et les sources de rOise , entre Orléans et Saint- Quentin, que la France a trouvé enfin son centre, son assiette , et son point de repos. Elle l'avait cherché en vain, et dans les pays druidiques de Chartres et d'Autun , et dans les chefs* lieux des clans galliques , Bourges, Clermont (Agendiciim, urbs Arvernorum). £lle l'avait cherché dans les capitales de rÉglise mérovingienne et carlovingienne, Tours et Reims.
« La France capétienne du Roi de Saint-Denys, entre la féodale JNormandie et la démocratique Champagne « s'étend de Saint*Quentin à Or- Meuse , la Sambre el la Moselle nous conduisent non pas à l'Océan , mais au Rhin.
8* lÀoramn, X. ly. (Dicx. eacy
léans, à Tours. Le roi est abbé de Saint -Martin de Tours, et premier chanoine de Saint-Quentin. Orléans se trouvant placée au lieu où se rappro-^ chent les deux grands fleuves , le sort de cette ville a été souvent celui de la France ; les noms de César, d'Attila, de Jeanne d'Arc, des Guises, rappellent tout ce qu'elle a vu de sièges et de guerres. La sérieuse Orléans est près de la Touraine, prés de la molle et rieuse patrie de Rabdais , comme la colérique Picardie à côté de l'ironique Chnmpnqne. L'histoire de l'anti-
aue France semble entassée en Picarie. La royauté , sous Frédégonde et Charles le Chauve, résidait à Soissons, à Crépv, Verbery, Attigny; vaincue par la féodalité, elle se réfugia sur la montagne de Luon. Laon , Pcroune , Saint-Médard de Soissons, asiles et prisons tour à tour, reçurent Ix)uis le Débonnaire, Louis d'Outremer, Louis XL La royale tour de Laon a été détruite en 1833 ; celle de Péronne dune encore. Elle dure, la monstrueuse tour féodale des Coucy :
Je no sais rot , n« due i prince* oe comte «umI , ' J« sais M sirs 4t Coocy.
< Mais en Picardie, la noblesse entra de bonne heure dans la grande pensée de la France. L'héroïque maison de Guise^ branche picarde des princes de Lorrame, défendit Metz contre les Allemands, prit Calais aux Anglais, et faillit prendre aussi la France au roi. La monarchie de Louis XIY fut dite et jugée par le Picard Saint^imon.
«Fortement féodale, fortement communale et démocratique fut cette ardente Picardie. Les premières communes de France sont les grandes villeai ecclésiastiques de Noyon, de Saint* Quentin, d'Amiens, de Laon....
« Pour le centre du centre, Paris , rile de France, il n'est qu'une manière de les faire connaître, c'est de raconter l'histoire de la monarchie. On les caractériserait mal en citant quelques noms propres : ils ont reçu , ils ont donné l'esprit national: ils ne sont pas un pays, mais le résumé du pays. La féodalité même de l'Ile de France exprime des rapports généraux. Dire les
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Montfort, c'est dire Jérusalem, la croisade du Languedoc, les communes de France et d'Angleterre , et les guerres de Bretagne ; dire les Montmorency, c'est dire la féodalité rattachée au pouvoir royal, d'un génie médiocre, loj^al et dévoué. Quant aux écrivains si nombreux qui sont nés à Paris , ils doivent beaucoup aux provinces dont leurs parents sont sortis ; ils^ appartiennent surtout à Tesprit iiniTersel de la France qui rayonna en eux. En Villon, en Boileau, en Molière et Régnard , en Voltaire, on sent ce (ju'ii y a de plus général dans le génie français ; ou , si Ton veut y chercher quelque chose de local, on y distinguera tout au plus un reste de cette vieille «éve d'esprit bourgeois, esprit moyen, moins étendu que judicieux , critique et moqueur , qui se forma de bonne humeur gauloise et d'amertume parlementaire entre le prvis de JXotre- Dame ot les degrés de la Sainte-Gba* pdle.
« Mais ce caractère indigène et particulier est encore secondaire : le général domine. Qui dit Parts, dit la monarchie tout entière. Comment s'est formé en une ville ce grand et com-
λlet symbole du pays? Il faudrait toute 'histoire du pays pour l'expliquer : la description de Paris en serait le dernier cnàpitre. Le génie parisien est la forme la plus complexe à la fois et la plus haute de la France. 11 semblerait qu'une chose qui résulterait de l*annihilation de tout esprit local, de toute provincialité, ddt être purement négative. Il n'en est pas ainsi. De toutes ces négations d'idées matérielles, locales, particulières, résulte une généralité vivante, une chose positive, une force vive. Pîous l'avons vu en juillet, p
Depuis que ^Napoléon a porté à sa perfection la nouvelle stratégie ébauchée avec tant de génie et de vigueur par la démocratie lï'ançaise de 1793, stratégie à laquelle on a donné avec raison !e nom de grande guerre, les capitales, devenues le point de mire de l'attaque, ont beaucoup perdu de leur lécurité. Diins Tanciemie tacti-
que, les armées consumaient le temps à assiéger les places fortes des frontières ; le grand capitaine leur a appris à laisser derrière elles des obstacles purement défensifs et à marcher droit au cœur de l'ennemi. Son entrée à Vienne, à Berlin, à Madrid, à Moscou, et la prise die Rome, de Naples et de Lisbonne, ont prouvé qu'il avait deviné juste. Instruite par ses défaites, l' Europe coalisée est venue, à son tour, nous apporter à Paris une triste confirmation de la supériorité de ce système inventé par la France. Toutes lés capitales de l Europe ont été envahies; Londres seule, protégée par l'Océan, est restée intacte; mais elle commence à être moins rassurée depuis que la vapeur a mis sa citadelle insulaire à la portée du conttneOt. Il résulte de là que le besoin de fortifier les capitales se fait aujourd'hui généralement sentir en Europe. Paris, surtout depuis que les coalttloos de 1814 et de 1816, ne se bornant ^as à novs erdever notre limite du Rhin , a détruit nos places fortes avec défense de les relever, .dans le but de nous tenir sans cesse sous la menace d'une nouvelle invasion; Paris, ouvert de tous côtes, doit être mis, au moins, à l'abri d'une surprise. Cette opinion a été défendue avec trop d'insistance par Napoléon pour que nous puissions passer son plaidoyer sous silence.
« Une grande capitale, dit-il dans ses Mémoires, est fa patrie de l'élite de la nation;' tous les grands y ont leur domicile, leur famille; c'est le centre de l'opinion, le dépôt de tout.
Cest la plus grande des contradictions et des inconséquences que de laisser un point aussi important sans défense immédiate...
« Si, en 1805, Vienne eût été fortifiée, la bataille dUlm n*eât pas décidé de l'issue de la guerre: hs corps d'armée que commandait le général Ku> tusoft y aurait attendu les autres corps de l'armée rosse, déjà arrivés à 01mutz, et l'armée du prince Charles arrivant d'Italie... En 1809, le prince Charles, qui avait été battu à £ckmuhl, Ot obligé de feire sa Utraite par It rive
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FRAJ^CE.