‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 19 sur 86 · AP · texte numérisé non relu

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auche du Danube, aurait eu le temps 'arriver à Vienne, et de s'y réunir «vec le corps du généra] HiUer et Tarmée de Tarchiduc Jean.

« Si Berlin avait été fortifié en 1806, Tannée battue à léna s'y lût ralliée, et rarmée russe Ty eût rejointe.

. « Si. en 1808, Madrid avait été une

fiîacc forte, l'armée française, après es victoires d'Espinosa, de Tudella, de Burgos et de Sommosierra, n*«llt pas marché sur cette capitale, en laissant derrière Salanianque et Vallado- Jid, l'armée anglaise du générai Moore et Tarmée espagnole de la Homaoa \ ces deux armées anglo-espagnoles se fussent réunies sous les fortifications de Madrid à l'armée d'Aragon et de Talence.

« En 1812, Tempereur Napoléon

entra dans Moscou. Si les Russes n'avaient pas pris le parti de bidler cette grande ville, parti inouî dans Thistoire et qu'eux seuls pouvaient exécu* ter, la prise de Moscou eiU entraîné la soumission de la llussie; car le vainqueur eût trouvé dans cette grande viile : r tout ce qui est nécessaire pour rétablir rhabillement et le matériel d'une année ; 2° les farines , les légumes, les vins, les eaux-de-vie, et tout ce quMl faut pour la subsistance d'une grande armée; 3" des chevaux

{)our remonter ia cavalerie, et, enfin, 'appui de trente mille affranchis , (ils d'affranchis ou esclaves jouissant d'une grande fortune , fort impatients du joug de la noblesse, lesquels eussent communiqué des idées de liberté et d'indcnendaoce aux esclaves; perspective enrayante qui eût conseillé au czar de faire la paix, d'autant plus que le vainqueur avait des intentions modérées. L'incendie détruisit tous les magasins, dispersa la population; les marchands et le tiers état furent ruinés, et cette grande ville ne fut plus qu'un cloaque de désordre , d'anarchie et de crimes. Si elle eût été fortifiée, Kiitusoff eût campé sur ses retnparts, et rinvestissenient en eût été impossible.

« Constant! nople, ville beaucoup ^lu grande qu aucune de nos capi»

taies modernes, n'a dû son salut qu'à ses fortifications; sans elles, l'empire dei[Ionstantinedt été terminé en 700, et n*eût duré que trois eents ans. Les heureux Mussen y auraient dès lors planté l'étendard ùu prophète ; ils le firent en 1453 , environ huit cents ans après. Cettecapitaledutàses murailles huit cents ans d'existence. Dans cet intervalle, assiégée cinquante- trois fois, elle le fut cinquante-deux fois inutilement. Les Français et les Vénitiens la prirent, mais après une attaque tres-vive.

. « Paris a dû dix ou douze fois soa

salut à ses murailles. En 885, il edt élé la proie des Normands; ces barbares l'assiégèrent inutilement deux ans. En 1358, il fut assiégé inutilement parle dauphin, et si quelques années après les habitants lui en ouvrirent les portes, ce fut de plein gré. En 1359, Edouard, roi d'Angleterre, campa à Montrouge, porta le ravage jusqu'au pied de ses murailles , mais recula devant ses fortifications et se retira à Chartres. En 1429 , le rot Henri V repoussa l'attaque de Charles VIL En 140 1, le comte de Cliarolais cerna cette grande capitale; il échoua dans toutes ses attaques. En 1472, elle eût été prise par le duc de Boursogne, qui fut obligé de se contenter de ravager sa banlieue. Eu 1536, Charles-Quint, maître de la Champagne, porta son quartier général à Meaux ; ses coureurs vinrent sous les remparts de la capitale, qui ne dut son salut qu'à ses murailles. En 1588 et 1589, Henri III et Henri IV échouèrent devant les fortifications de Paris; et si plus tard les habitants ouvrirent les portes , ils les ouvrirent de j)Iein gré , et en conséquence de l'ab|Uration de Saint-Denis. Enfin, en 1G3C, les fortifications de Paris en sauvèrent, pendant plusieurs années, les habitants.

« Si Paris eût été encore une place forte en 1814 et en 1815, capable de résister seulement htnt Jours, quelle influence cela n'aurait-il pas eue sur les événements du monde!!!

<■ Connnent, dira-t-on, vous prétendes ioitiiler.des villes qui ont douze k

lie €:ap

guînzemilletolsesde pourtour? 11 vous faudra quatre-vingts ou cent fronts , cinquante à soixante mille soldats de garnison, huit cents ou mille pièces d'artillerie en batterie. Mais soixante mille scidats sont une armée; ne vautil pas mieux l'employer en ligne?... »

Cette objection est faite en général contre les grandes places fortes; mais elle est fausse en ce qu'elle confond un soldat avec un homme. Sans doute il faut, {K)ar défendre une grande capitale , cinquante à soixante mille hommes, mais non cinquante à soixante mille soldats. Aux époques de malheur et de grandes calamités , les États peuvent manquer de soldats, mais ils ne manquent jamais d'hommes pour leur défense intérieure. Cinauante mille hommes , dont deux à trois mille canonniers, défendront une capitale, en interdiront l'entrée à une armée de trois à quatre cent mille hommes, tandis que ces dnquante mille hommes, en rase campagne, s'ils ne sont pas des soldats faits et commandés par des officiers expérimentés , seront mis en désordre par une cbarge de trois mille hommes 4le cavalerie. D'ailleurs, toutes les grandes capitales sont susceptibles de couvrir une partie de leur enceinte par des inondations, parce qu*elles sont toutes situées sur de grands fleuves, que les fossés peuvent être remplis d'eau, soit par des moyens naturels, soit par des pompes à feu. Des places si considérables, qui contiennent des garnisons si nombreuses, ont un certain nombre de positions dominantes sans la possession desquelles il est im-

Eossible de se hasarder à entrer dans i ville. »

Après ce jugement, qui fut aussi celui de Vaubàn et de Louis XIV, il est difficile de ne pas admettre que la capitale de la France doive être ifortifiée. Mais il est une restriction qui devait naturellement peu occuper deux monarques tels que Louis XiV et Na* poléon ; cette restriction, c'est que la capitale d'un grand empire a besoin d'être libre autant que forte. £n effet, il ne suffit pas que ses murailles la mettent à rabri d'un ooupde main au-

dacieux, il faut encore qu'elle jouisse d'une large indépendance, pour représenter dignement le peuple qui lui a remis le soin de sa destinée. Le moyen le plus silr de perdre une capitale, ce serait de la réduire au rôle d'une place forte. Le problème n'est donc pas facile h résoudre : il s*agit de la forti0er sans en faire une place de guerre. Un fossé continu et des forts détachés , assez éloignés pour ne pouvoir attein* dre la vlfle, assez rapprochés pour dominer ses avenues et la protéger, telle est la solution aujourd'hui en faveur, et qui paraît devoir triompher.

Tout ce qui précède peut se résu* mer en peu de mots. Lom que ce soit

{>ar usurpation, c'est en vertu des titres es plus légitime&que Paris est devenu la capitale de* la France. Aucune autre ville ne peut lui disputer ce rang, parce qu'aucune autre ville n'a un caractère aussi exclusivement social et français.

Ses armes sont bien moins le vaîsseau de l'ancienne dté que le drapeau na* tional. C'est un centre plutôt qu'une ville, c'est la téte, c'est le ctcur de la France. CTest aussi la téte et le cœur de TEurope, autant que l'organisation actuelle del'Flurope lui permet d'avoir un cœur et une téte. Londres est la capitale de l'industrie, Rome la capitale du catholicisme, Saint-Pétersbourg la capitale de l'Église grecque, Berlin le siège principal du protestantisme; mais Paris, plus que toute autre ville , est la capitale de la dvili* sation.

Capitation. — La capitation, appelée cemus capitalis , impôt par téte, consistait, dans le temps de la domination romaine , en une taxe mise sur chaque citoyen , à raison de sa personne, à raison de ce qu'il était, comme sujet , tenu de contribuer aux besoins de l'État, et quelquefois aussi Q raison de sa profession , mais sans égard à ses biens qui étaient taxés d une autre manière. Ainsi, tous les citoyens étaient portés au rôle de la capitation , tandis que ceux qui n'avaient pas de biens-fonds n'étaient point compris dans le rôle des pos • aesseursi m dans le canon pcopr«menl

L'UJSIVERS.

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dit (voy. Canon), et ne payaient point Timpôt foncier. A cette occasion , Sai- ▼ien dit, eihçarlant de la malbeureose position où était le peuple de la Gaule dans le temps où il écrivait , c'est-àdire, vers le milieu du cinquième sièele : « Quand uni pauvre citoyen a « perdu tous ses biens-fonds , il n*est « pas pour cela déchargé de la capi- « tatioQ. Il est obligé d'acquitter des « taxes , lorsqu'il ne possède plus de « terres en propre. « Les citoyens qui ne se trouvaient inscrits au rôle que pour leur tête, étaient appelés capite €enrt. Toutes les quotes-parts de la capitation devaient être ^ales. Pour en établir le canon , on se servait du recensement général des citoyens , ui , sous le nom de census , existait Rome et dans les provinces, en re»

tranchant chaque année ceux qui avaient atteint l'âge où l'on ne payait plus cet impôt; car on en était affranchi à un certain flge. On divisait en« suite la somme totale en autant de fractions qu'il restait de contribuables.

Toutes les provinces de l'empire n'étant pas également riches en produits du sol et en espèces monnayées, il est à présumer que la capitali'on n'était pas partout la même , et que nonobstant Tobligation où l'on était de la payer en argent, les receveurs des contributions publiques avaient quelquefois l'autorisation de la recevoir en denrées. Ce que nous savons oer« tainement, c'est qu'à l'époque oii Julien vint commander les armées dans la Gaule, qui passait pour une des plus riches provinces de Temnire , la quote-part de chaque tête était de vingt sous d'or. Julien ayant diminué les dépenses , et par là ayant fourni le moyen de demander moins, la capitation se trouvait réduite à sept sous par individu lorsque cet empereur quitta la Gaule.

Comme un impôt également réparti , sans égard aux ressources de chacun , était acquitté facilement par les riches , mais était très-onéreux pour les fortunes médiocres et pour les pauvres , les Romains, afin de le rendre plus supportable à ces derniers ,

avaient imaginé d'associer plusieurs personnes pour payer une seule téte, ou quote-part de cotisation , et, en même temps , afin que les riches payassent dans la proportion de ce qu'ils possédaient, de les compter pour plusieurs têtes. Il eût été plus simple, dira-t-on , de faire partout ce

3ue Julien fit dans la Gaule , de réuire chaque quote-part aux deux tiers ou à la moitié ; mais en procédant de cette manière le riche n'eÛt pas moins profite de la diminution que le pauvre, et c'était particulièrement ce dernier que l'on voulait soulager. Les empereurs Yalens et Yalentinien ayant 1 intention de diminuer la capitation, prirent la décision suivante : « Au lieu de « la coutume observée jusqu'ici, qu'un « homme paye lui seul une part en- « tière de la capitation , et que deux « femmes se réunissent pour en payer a une, nous voulons bien que désor* « mais on associe deux hommes et « mêmes trois, pour payer une seule « de ces quotes-parts, et que de même « on associe jusqu'à quatre femmes « pour en acquitter une. » Quand une quote-part de capitation était ainsi partagée entre deuv ou trois personnes , les portions ntfcrentes à chaque contribuable s'appelaient tien e^moi»

tiéSj et ce sont ces fractions d'impôt que Théodoric, roi des Ostrogoths et maître de l'Italie, donnait orure à ses officiers ordinaires de recouvrer, dans un passage de l'une de ses lettres que nous allons citer : « Durant le cours « de la présente indiction , vous con- « traindrez incessamment , par le mi- « nistère de vos subalternes, les ha- « bitants de votre district au payement a de ce qui sera échu des tiers et « moitiés , imposition à laquelle Ils «sont assujettis dès le temps des « empereurs , et vous en porterez les « deniers dans la caisse du premier « officier des finances. » Quelquefois le recouvrement des tiers et moitiés était opéré par des officiers extraordinaires envoyés exprès, et auxquels les officiers ordinaires devaient prêter leur concours; on trouve, dans Cassiodore, la formule de l'ordre qui

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était, dans ce cas , expédié à ces derniers, réunion de plusieurs Xôlps pour en former une seule était une source d'arbitraire (jui occasionnait des plaintes et donnait lieu à des réclamations. Sidoine Apollinaire, évéque de Clermont, qui avait été taxé à trois quotes-parts et compté pour trois têtes , adressa une requête en vers à l'empereur Majorien, pour le supplier de lui retrancner, s'il voulait qu'il vécût, ces trois têtes qui le faisaient Tessemblerà Géryon.

Nous avons dit que passé certain âge on était affranchi de la capitation; il y avait certaines dignités et certailies professions qa{ en procuraient l'exemption. Des privilèges particuliers dispensaient quelques cités de la payer, mais ces cas étaient peu nombreux.

Les Francs, maîtres delà Gaule, per»

çurent la capitation , romme les autres contributions qu'ils y trouvèrent établies, et vers le imiieu de la seconde race, quand on cessa de faire le recensement des citoyens , il fut déclaré

Î[ue ceux qui Jusque-là avaient payé a capitation seraient tenus de continuer de le faire. Mais, insensiblement, tout le monde .ayant trouvé le moyen de s'en faire exempter , cet imnot fut supprimé par le fait, et il n'en fiit plus question jusqu'à la fin du dix-septième siècle , à moins qu'on ne veuille le considérer comme ayant été remplacé par la taille qui ne pesait que sur les roturiers, opinion que nous ne serions pas éloignés de partager (voyez Impôts et Taille). Quoi qu'il en soit, le 18 janvier IC95, Louis XIV, pressé par les besoins de la guerre , établît, avec promesse formelle de la supprimer, une imposition personnelle, appelée capitation. Personne , quels que lussent son rang, son caractère, ses fonctions, son métier, n'en fut exempt.

Les princes, les seigneurs, les magistrats , les officiers de terre et de mer, les membres du clergé , y furent soumis comme les bourgeois, les artisans et les domestiques. Les contribuables furent répartis en vingt-deux classes, dont la première, à la tête «lalaqudle

était le dauphin, devait payer deux

mille livres , et la dernière une livre. Ne furent point compris dans les classes les taillables dont la cote ne dépassait pas quarante sous ; plus tard on n'accoçdn cette exemption qu'aux cotes au-dessous de vingt sous. La aix ayant été signée à Ryswick les 0-21 septembre et '30 octobre 1697, la capitation fut, même avant l'échanj^e des ratifications, déclarée supprimée, et il fut dit en même temps qu'on ne la percevrait que pour tH trois premiers mois de l'année 1698.

La guerre s'étant rallumée en 1701, la capitation fut rétablie le 12 mars sur les mêmes bases, avec des exemptions un peu plus nombreuses ; mais la paix signée à Rastadt le 6 mars 1714 n'en amena point la suppression comme la première fois. Elle ta% maintenue , et à différentes époques on publia plusieurs ordonnances ou arrêts du conseil pour en régulariser la perception et la comptabilité, ou y faire rentrer des catégories de per« sonnes qui avaient été oubliées ou exemptées. Le 14 mars 1779, on la répartit sur les^marcbands et artisans de Paris et des faubourgs, et les contribuables furent divisés en vingtquatre classes, la première payant troîs cents livres et la dernière une livre dix sous. Les gardes, prévôts, syndics généraux, syndics et adjoints des communautés furent, sous leur rcs.

pousabilité solidaire, cbargés du recouvrement , chacun d'eux en ce qui le concernait , et exposés à des poursuites , en cas de retard dans leurs versements. La révolution de 1789 trouva la capitation encore existante et elle l'abolit. Plus tard elle fut remplacée par l'imposition personnelle et mobilière. (Voyez Imposiiicks.)

Capitouls. ^Lemotcapitoul vient de capUuluniy nom que portait autre^ fois le conseil des comtes de Toulouse; ainsi, les capitouls avaient été les conseillers des anciens comtes de Toulouse. Leur puissance fut réduite après l'extinclinn de la famille des naymouds, lorsque le Languedoc fut réuni au royaume de France. Le pariement

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