‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 25 sur 86 · AU · texte numérisé non relu

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CAR

loppait la France comme îjn immense réseau; les opinions républicaines y étaient sisoles admises en 1820, et plus d'un homme, devenu depuis conservateur et monarchique, se fit ç;loire d'appartenir à celte société, cju'il persétaterait aujourd'hui, et de jurer sur le poignard haine aux rois et à la royauté. comité directeur, se croyant assez fort pour tenter un coup de main, conçut Je projet d'une insurrection qui devait éclater à Béfort , pour de là s'étendre jusqu'à Paris, où des carbonari se tenaient prêts à seconder le mouvement. La lenteuret l'indécision habituelles de la Fayette firent manquer l'entreprise. I^a charbonnerie fut rudement frappée dans plusieurs de ses membres. Plus tard, elle fournit encore des v ictimes aux vengeances de la restauration. Elle cessa, en 1823, d'effrayer le gouvernement, et- parut désorganisée. Cependant un petit nombre de chefs resta uni , et surveilla la marche des événements; il parait même certain qu'une insurrection avait été décidée entre eux pour le 10 août 1S30, et que tous les moyens d'action avaient été ra.ssemblés, lorsque les ordonnances publiées le 36 juillet de la même année vinrent lia ter le moment du combat. Depuis cette époque, In chorbonnerie a cessé d'exister; mais d'autres sociétés secrètes Tont remplacée.

Carbonvl (Joseph-Noel) naquit à Salon en Provence, le 12 août 175( ; étant encore tres-jeune, il perdit son père, qui était berger, et vint à Paris pour y étudier la chirurgie; mais son goiU pour In musique lui lit abandonner cette carrière , et il entra à TOpéra pour y jouer -du galoubet; depuis, il .s'adonna tout entier au perfectionnement de cet instrument, auquel il donna de grands développements. On lui doit la première bonne méthode de galoubet, et l'article Galoubet dans l'Encyclopédie. Il mourut en 1804. Son tiis s'est distingue comnie compositeur. Tous les accompagnements des romances de la reine Uortensc ont été retouchés et arrangés par lui.

Carbonnkau ( IVicolas - Charles- Ëdouard ) naquit eu 1782, à Pont-Lévéque, département du Calvados; il exerçait à Paris la profession de maître d'écriture, et vivait miserablenierit , quand le conspirateur Pleignier lui communiqua le complot dit des patriotes de 1816. Le malheureux Carbonneau entra dans cette conspiration, et composa une proclamation au nom des patriotes de 1816. Il ne tarda pas à être arrêté avec ses complices , et fut traduit devant la cour d'assises de Paris. Mis en Jugement le '27 juin, il fut condamné à mort le 4 juillet, et exécuté le 2s, en place de Grève, avec Pleignier et Tolleron.

Caubonnet de la Mothe (Jeanne de), religieuse de Bourg en firesse, a, sous le nom Mère. Jeanne de Sainte- Ursule, publie l'ouvrage suivant:

Journal des illustres religieuses de tordre de Sainte-Ursule, avec lettré maximes et pratiques spirituelles, tiré des chroniques di: l'ordre et autres mémoires de leurs vies, Bourg, 1684-1690, 4 vol. in-4'*.

Carcado ou Kebcado, seigneurie de Bretagne, à quatre mynamètres de yanne.s. Voyez Sënëch allie (la).

Cabcan. C'est proprement un cjoU lier de fer fixé à un poteau, où l'on attache certains condamnés pour les exposer aux regards du public.

Le carcan fut mis, en 1719, au nombre des peines afflictives et corporelles, et il fut ordonné, par une déclaration du 11 juillet 1749, que les condamna* tions par contumace à la peine du carcan seraient transcrites sur un tableau, que l'exécuteur de la haute justice devait attacher à un poteau sur la place publique. Aujourd'hui, la peine du carcan est appliquée , en général , comme un accessoire de quelques peines plus graves. Voici l'article du code péndl qui règle le caractère et le mode de cette peine : « Quiconque aura été condamné à l'une des peines des travaux forcés à perpétuité , des travaux forcés à temps , ou de la réclusion, avant de subir sa peine, sera attaché au carcan sur la place publique ; il y demeurera e.xposé aux regards

T. IV. 10' livraison, (DiCT. encycl., etc.) . 10

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du peuple durant une heure ; au-dessus de m tète sera placé an écriteau por^

tant, en caractères gros et lisibles, ses noms, sa profession, son domicile, sa peine et la cause de sa condamnation.»

C ABC ASSEZ, Carcoêsotmentittraetus, territoire de Carcassonne.

Cabcassonne, Carcaso, Carcasum Folcarum-Tectosagum , CareassOf Carcassio.^Cette ville est trèa* ancienne ; elle occupait déjà du temps de César un rang distingué parmi les villes de la Gaule aarbonnaise. De la domination romaine, elle passa sous celle des Visigotlis, qui la fortifièrent.

Dans Tannée qui suivit la bataille de Vouille, Clovis, poursuivant ses sucoèSt 8*empara de- Toulouse et arriva Wentôt sous les murs de Carcassonne.

Cette ville , fortifiée par les Romains, eât été pour lui un poste important, d'où il edt surveillé et contenu une grande partie des pays enlevés aux Visigoths. De plus, elle renfermait, disait-on, le fameux trésor d'Aiaric et d'4taulfe, fruit de nombreux pillages.

Cependant Ibhas , général de Tbéodoric , accourait à la léte d'une armée de Goths d'Italie, et, après avoir vaincu les Francs près d* Arles, il marchait à grandes journées sur Arles, quand Clovis se hat.i de lever le siège et de reprendre sa route vers le nord.

Vers Tan 686, Gontran, roi deBoorgogne, tenta une invasion dans la Septimanie ; mais ses troupes échouèrent partout. Le siège de Carcassonne fut même marqué par un événement assez singulier. D'après le récit du bon évéque de Tours, les Burgondes seraient entrés d'abord dans la ville sans coup férir, les habitants leur en ayant ouvert les portes de plein gré; cependant, par un brusque changement, les vainqueurs se virent en quelques instants frétés hors des murs , les portes se refermèrent derrière eux , et les Vlsigoths reparurent de tous côtés en armes sur les murs et sur les tours. Les hommes de Oontran tentèrent alors de venger leur honte par un assaut.

Mais leur chef eut la tête écrasée d'une pierre; et aussitôt, découragés, ils se oébandècent turoi^ltueusement.

VEBS. tM

Les Visigoths peidifeot CSaioasiopne en 724 , épdqiieou elle leur fut enlevée

par les Maures d'Espaçae, sur lesquels Charles Martel la reprit ensuite. Sous Louis le Débonnaire , elle fut séparée de la Sep ti manie, et réunie au marquisat de Toulouse , qui faisait partie du royaume d'Aquitiiine. Elle fut cependant gouvernée jusqu'à la fin du oU"* zième siècle par des' comtes particuliers.

Pendant la guerre des Albigeois, Carcassonne fut assiégée par Tarmée des croisés, et ses hid>itanti se firent remarquer par le courage avec lequel ils se défendirent. Les croisés, après avoir pris et brille les faubourgs, avaient tenté sans succès plusieurs assauts ; rebutés par les difficultés qu'ils rencontraient, ils commençaient a désespérer du succès de leur entreprise, lorsque la saison combattit pour eux ; les chaleurs devinrent excessives; tous les puits de la ville tarirent, et les habitants, dévorés par. la soif, furent forcés de demander à capituler. Un historien dit qu^nn leur permit d'évacuer la ville, a condition qu'ils n'emporteraient que la chemise et les braies qu'ils avaient sur le corps.

Devenue, quelqoetempsaprès, partie intégrante du domaine cfu roi, Carcassonne se révolta, en 1262, contre Tautorité royale, et en lîit sévèrement punie ; ses prmcipaux habitants furent forcés de sortir de la ville. On leur accorda cependant, Quelque temps a^rès, la permission ae bfltir des maisons à quelque distance du pont; ce fut l*origine de la ville basse, qu'on leur permit de fortifier en 1347, pendant la guerre contre les Anglais. Le prince de Galles s^en empara en 1855,' et y mit le feu; mais il échoua complètement dans les efforts qu'il fit pour ae rendre mettre de la ville haute.

Pendant les guerres de religion du seizième siècle , Carcassonne prit d'abord le parti de la ligue, mais elle le quitta bientôt après ; et le parlement de Toulouse qui avait été cassé , y fut étal)li en 1589. Deuxansaprès, elle tomba au pouvoir des ligueurs, et ne reconnut qu'en 1596 l'autorité de Henri IY«

CAR

FRANCE. tAti

Cette ville était, avant In révolution, le siège d'un présidial, d'une sénéchaussée de robe courte et d'une maréchaussée; elle dépendait du parlement et de la généralité de T()ulou<?e, «t de rintendance de Languedoc. C'est lujourd'hui le chef-lieu du département de TAude; elle possède dei tribaBaux de première instance et de commerce, un évêché qui existait déjà au sixième «iècle, un séminaire dloi^in , et une bibliothèque de six mille volumes. Sa population est de dix-sept nilMe trois cent quatre-vin^t-auatorze liabitanta.

Ses principaux édifices sont la cathédrale de Saint-lMazaire, curieux monument de l'architecture du onzième siècle, où Ton voit le tombeau du fameux SiiDon de Montfort, et Phâtel de la préfecture, dans le jardin duquel se trouve une colonne milliaire avec une inscription en l'honneur de I4umérien, fils de l'empereur Carus.

Fabre d'Eglantine, Gamelin, peintre d'histoire et professeur de l'Académie de France n Rome; Méric, président du Corps législatif sous l'empire; Fabre de 1 Aude, président du Tribunot, etc., sont nés à Carcassonne.

CABCASSONREet Ràsez (comtes et yicoiiites de). — Le premier comte de Carcassonne que Ton connaisse est O/iba r\ qui vivait en A19. SeSSUOçpsseurs furent :.

2** 836, Louts-Eligaidut.

8» 877, Oliba II et jiqfirgd

4"* 905, liencion.

ô° 908, /^r/ir^//. Celui-ci ne laissa qu'une flile,

6" 934, Jrsinde, qui épousa ✓/rnaud, comte de Comminges et de CiOnseraiis. Elle en eut plusieurs enfants, dont le second fut le premier comte Mrticulier de Rases ( Voyez Rasbs [comtes de]).

7* L'aîné , Roger 1"% succéda à sa mère, en 957, et prit le titre de marquis de Cweassonne. Il eut trois fils, Pierre - Ray mond, Git iUaume • Raymond et Pierre-Rorjcr II, qui prirent tous trois le titre de comte de Carcas- 80IlDe«'

8" 1060, Roger III , fils de Pierre- {Uyoïondt mourut sans postérité, lais-

sant le comté à sa sœur k rmengnrde, qui, de concert avec Raymond-Bernard^ son époux, le vendit, en 1070, à 9" Rayrwmd' Bérenger I", comte de Barcelone, qui eut pour successeur,

10* 1076, RaymondrBérenger II,

11* 1083. Apres la mort de Rav* mond-Bérenger TI, Bemard-ÂUon, filsd'Ermengarde, s'eqjpara des domaines aliénés par sa mère, et fut le premier vicomte de Carcassonne. Il eut pour successeurs,

12" 1180, Roger I".

13* 1160, Raymond'Trencavel i".

14* 1167, Roger II.

15* 1 1 94 , Raymond - Roger qui , ayant pris parti pour les Albigeois, tomba entre les mains de Simon de Montfort , et mourut en pirison.

16° 1209, Raymond-Trencavel II n'avait que deux ans à la mort de son père, dont il recouvra les Ktats en 1224. Les croisés les STaient donnés à Simon *de Montfort après la prise de Carcassonne. Raymond se soumit la même année à TÉglise, et promit de poursuivre les hérétiques; cependant il [tnrnît qu'il ne tint pas cette promesse, car il fut excommunié, en 1227, par le concile de Narbonne. Il se retira alors auprès du roi d'Aragon , reparut, en 1210, avec une nrtiiée d îps le Carcassez, et s'y rendit maître de

Quelques places; mais, assiégé dans lontréal par les croisés , il fut obligé de capituler, repnssn les Pyrt^tiées , et alla chercher un asile en Catalogne.

Excommunié de nouveau, en 1342, par l'archevêque de lïarbonne, et, perdant dès lors tout espoir de recouvrer ses domaines, il revint, en 1247, à Beziers , où il fit une abjuration publique, et céda, entre les mains du sénéchal de Carcassonne , tous ses États au roi Philippe-Auguste, qui, en conséquence, lui accorda une rente viagère de six cents livres. Ravtnond-Trencavel suivit ensuite le roî dans la Palestine, et s'v distingua dans plusieurs rencontres, if mourut, suivant les auteurs de VJri de vérifier les dates y vers 1988. Ceftit le dernier vicomte de Carcassonne.

Caacassomks ( monnaies de ). — >

L'UmVERS. CAm

Pédant la période romaine , Carcassonne jouissait déjà du titre de cité, n est probable que les Goths, les Mérovingiens, quand ils s'en furent emparés, et plus tard, les roisde la seconde race y firent fabriqner des monnaies.

Cependant, nous n'avons rencontré aucune espèce de cette période reculée . qu'où pût raisonnablement attribuer à ' cette Tille. Il n*en est pas de même pour les temps postérieurs , et Duby, dans son Traité des monnaies des prélats et barons, a donné les dessins de quelques deniers de Carcassonne. Malheureusement, ces dessins étant fort inexacts, nous ne savons pas jusqu'à quel point nous devons y avoir confiance.

]>*après les textes, ce seraient les vicomtes de cette ville qui auraient joui du droit de monnayage; d'après les monuments, au contraire, ils l'auraient partagé avec les évéques. En effet, Buby a publié une monnaie qui porte d'un côté PETRVS episcopvs, autour d'une croix à branches égales, et de Tautre, la légende gabcasonaci , et les trois lettres v e t dans le champ, pour Carcassona civilas. Si le mot de Petrus episcopus ne se rapporte pas à saint Pierre, patron de la ville , il faudrait faire remonter ce denier jus-

au'à la fin du onzième siècle, et le onner à Pierre II , évêque de cette Tille, oui vivait vers Tan 1084. Du reste, le style et in fabrique de cette monnaie s'oppose a ce qu'on y voie, avec Duby, un denier du quatorzième siècle. Le même auteur donne encore l'empreinte de trois antres deniers de la ville. L'une doit appartenir à I\o- ' ger II, qui vivait vers l'an 1 130. Quant aux deux autres, qui sont empruntées aux dessins si inexacts de de Roze, nous ne les citerons même pas , parce qu'il est impossible de hasarder une opinion sur des monuments aussi défigurés. Nous dirons seulement qu'il est mipossibie que la première d'entre elles ait appartenu au comte Oliba qui Tivait en 851.

Cabcavi (Pierre de^ , né à Lyon, mort en 1684, fut d'abord conseiller au grand conseil à Paris , ensuite bibliothécaire du roi sous le ministère de

Colbert qui le chàrgea de mettre en ordre et de faire copier l'immense recueil des Mémoires du cardinal 3/azarin en â36 vol. Ses connaissances en mathématiques le firent admettre au nombre des premiers membres de l'Académie des sciences lors de la création de cette compagnie. Il fut ami de Pascal , de Fermât , de Rober- Tfll et de Descartes. Le Prince , dans son Fssai historique sur la hihliothèque du roi , parle longuement des services rendus à cet établissement par CarcBTÏ.

Carcaxente (combat de). — Kn juin 1813 , le général Harispe , quoique inférieur en forces , arrêtait depuis plusieurs jours sur le Xucar les' divisions réunies du général espagnol Élio et du duc del Parque. Il offrit même, le 13, le combat à l'ennemi , et lui culbuta quelques escadrons rangés sur la rive droite du fleuve; mais le gros de l'infanterie espagnole s'obstina à demeurer sur des hauteurs, d'où il fut impossible de la débusquer. Pendant ce temps , le généra! Habert sortant d'Aleira à la téte des 14'" et 16" ré^giments d'infanterie et d'un escadron de hussards , attaquait le due del Parque dans Carcaxente , et renversait pêle-mêle ses colonnes d'infanterie et de cavalerie. Les Espagnols se retirèrent après avoir perau cinq cents hommes, tant tués que blessés, six cent quarante prisonniers , dont trente officiers , deux mille fusils et un drapeau.

Carces, seigneurie de Provence (département du Gard) , à vingt-huit kilomètres de Ir réjus, érigée en comté en 1571.

Cauces (le comte de). — Nous sommes dans une ignorance presque complète sur la vie de cet officier de mer. Selon toutes les apparences , il prit une part active aux combats que soutint la marine française sur la Méditerranée et sur rocean, de 1524 à 1550. Il n'est fait aucune mention du comte de Carces par nos historiens jusqu'à cette dernière époque; mais nous le voyons tout à coup , en lôôl, suppléer le baron de la Garde dans le

FRAJSCE.

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cominandementdes galères de France, qui formaient alors, comme on sait, la principale force de notre marine.

Le comte lie Carces remplit ce poste élevé avec une habileté qui suppose une vieiiie expérience de la mer. Vers la fin de la campagne de 1551, il ren> contra avec sa flotte quatorze gros na* vires impériaux , chargés d'objets précieux ; il leur donna vivement là chasse , et les poursuivit jusque dans le port de Villefraoche. Les impériaux se crurent sauvés , car les galères de Philippe Doria étaient alors mouillées dans ce port. Mais le comte de Carces ne s'en empara pas moins des quatorze vaisseaux sous les yeux l'aniiral ennemi, et sans <jue celui-ci, étonné de tant d'audace , osât se hasarder à engager le combat. Nos historiens, après avoir relaté cette glorieuse action, ne reparlent plus du brave officier qui Tarait acconipiie. Cependant , il est probable qu'il ugura dans les expéditions de 1553 et de 1555, sous les ordres du baron de la Garde. L'époque de sa mort, comme celle de sa naissance, nous est ineonnue.

Garcistes.— Ce mot s'est dit, dans la deuxième moitié du seizième siècle, des gens de guerre que le comte de Carces , grand sénécoal de Provence, employait à commettre toutes sortes d'exactions. Vers 1578, les Carcistes s'étant joints aux Razats, les uns soutenus par la noblesse , les autres par le peuple et le parlement, entretinrent le trouble et la révolte en Provence.

Cabdaden ou Cajbdadeu (bataille de). — Le soulèvement général de la Catalogne avaift contraint le général Duhcsnie de se retirer dans Barcelone, et le marquis de Vivès le tenait étroitement bloqué dans cette ^lace, la seule qui restât aux Français dans cette partie de la Péninsule. Ce fut alors ( septembre 1809) qu'un corps considérable, composé en partie de Français et d'Italiens, débouclia par la route de Perpignan et de Figuières, sous les ordres du général Gouvion- Saint-Cyr. Cétait 7" corps de la grande armée qui s'avançait vers le centre de TËspagne. Apres avoir as-

siégé et pris la ville de Roses , le général Gouvion-Saint-Cyr se remit en marche sur Barcelone , qu'il était urgent de secourir ; mais le général Vivès, instruit de ses mouvements, n'avait laissé sous les murs de cette place que les forces indispensables pour le maintien du blocas, et se porta avecle reste à la rencontre des Français. Ces derniers étaient parvenus sur les hauteurs de Trenta-Passos , lors- <^ue, le 16 novembre, ils rencontrèrent 1 armée espagnole , forte de quinze mille hommes, rangée vu bataille sur le plateau de Cardaden. Le général Vives, qui commandait en personne, avait choisi une position avantageuse.

Sa droite était appuyée à une montagne escarpée , couronnée par des miquelets, son centre était couvert par un ravin profond, et une forêt épaisse flanquait sa gauche : son front était prot^é par douze pièces d'artillerie Le général Saint-Cyr n'avait poiqt de • canon, ses troupes étaient harassées par six jours d'une marche pénible et d'escarmouches continuelles; cependant il sa déiâda à attaquer sur-lechamp , persuadé qu'il fallait déconcerter l'ennemi par une démarche brusque et audacieuse. £u conséquence, il fit former tout d*abord les colonnes d'assaut et les lanra simultanément sur la droite et sur la gauche des Espagnols. Ceux-ci ne purent résister à ce double choc ; ils lâchèrent pied et abandonnèrent leurs positions et leur artillerie. Quelques escadrons français et italiens les poursuivirent et achevèrent leur déroute. Plus de sept cents morts restèrent sur le champ de bataille, et douze cents prisonniers tombèrent avec deux drapeaux au pouvoir des Français.

Le même jour,' le général Duhesme avait fait attaquer, dans leurs lignes, les troupes que le général Vives avait laissées devant Barcelone. Battues et débusquées de leurs positions , elles disparurent , et le général Gouvion- Saint-Cyr ne rencontra aucun obstacle lorsque le jour même il s'avança jusçu'à Granollers : il entra le lendemain dans Barcelone.

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L*UNIV£RS

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' Gabdaulag , ville avec titre de

marquisat , en Quercy ( département du Lot), à huit kilomètres de Figeac.

Cabd^ (prise de).— I^e maréchal de Brissac ayant reçu de la cour de France Tordre de commencer les hostilités contre les troupes impériales, chargea , en 1552 , Birague y gentilhomme italien , de s'emparer de Cardé, petite ville assez importante du Piémont. Comme cette place n'était défendue que par quatre cents bandits destinés à un supplice Infâme s'ils se laissaient prendre , on s'attendait à une opiniâtre résistance. Bira^ue fait donner brusquement un assaut par ses meilleures troupes. Elles sont si chaudement reçues qu'elles demandent à faire retraite. Prenant alors luimême une piqrie , il arrête un officier par la main , et lui montrant la brèche : Cest làj W\ dit-il, qum faut aller mourir ! Son courage ranime les soldats ; ils retournent a Tassant , et combattent avec tant d'opiniâtreté, qu'ils forcent la garnison. Comme elle n'attendait aucun quartier, elle se lit tner sur la brèche.

Cabdenal (Pierre), troubadour, naquit h Beaucaire, suivant les uns, au Puy-en-Velay , suivant les autres , vers le commencetnent du treizième Siècle, et mourut en 1S06, âgé de près de cent ans. On ne sait rien de positif sur sa vie. Les manuscrits de la bibliothèque royale- Renferment un grand nombre de pièces de Gardenal, ce sont des tensons ou Jeux partiSi des sirvenfes et des chansons.

CABDiNAU (Augustin, baron de)^ né en 1766, entra au service en 1791.

Employé comme lieutenant à l'armée des Pyrénées-Occidentales, il s'y flt remat^er par le ^néral efi chef MiiU 1er, et ouvrit , après diflCrentS Succès, l'entrée du territoire ennemi aux armées françaises. Devenu colonel , ce fut en cette qualité qu'il combattit à la bataille de Maren^o , à la téte du 101* régiment de Iil'up. Il s'y fit remarquer de la manière la plus brilante, ainsi que lors de la conquête du royaume de IVaples et do siège de

Caëte. Tïommé par l'empereur baroli de l'empire et officier de la Légion d'honneur, il obtint, après la restauration de Louis XVIII, la croix de Saint-Louis , et fut ensuite mis en disponibilité. Appelé, en 1818, par le département des Landes, à la chambre des députés, il se prononça, en 1819, contre les lois suspensives de la liberté individuelle et de la liberté de la presse , et vota pour le nouveau système électoral, modifié par des amendements, il ne fut pas réélu en 18:>3, et vécut depuis dans hl retraite où il est mort en J 8 II.

Cardeubs (corporation des). — La communauté des artisans qui, soùs le nom de cardeurs, pcigneurs, arçonneurs de laine et coton, drapiers-âra- )ants, coupeurs de poils, fileurs de umignons, etc. , s'occupaient à carder e coton et la laine, était très-ancienne à Paris quand elle fut abolie avec les autres en 1789. Ses statuts et règlements avaient été confirmés par lettres patentes de Louis XI, du 24 juin 1467, et depuis, par d'autres de Louis XIV. du mois de septembre 16S8, enr^strées au parlement le 23 juin l6dL Nul, d'après ces statuts, oe pouvait être reçu maître cardeur qu'aprés avoir fait trois ans d'apprentissa- * ge, un an de compagnonage, et exécuté son chef-d'œuvre. La communauté était gouvernée par trois jurés, dont deux étaient renouvelés une année, et lè troisième Tannée suivante. 11 était permis aut catdeors de faire teindre, ou de teindre eux-mêmes dans leurs maisons toutes sortes de laines en noir; mais H tenr était défendu, par arrêt du cohseîj du 10 août 1700 , d^arracher ou couper aucun poil de lièvre, même d'en avoir des peaux cliez eux, parce que ce droit était réservé aux chapeliers. Il était permis aussi aux raraéurs de faire et monter les cardes dont ils avaient besoin pour l'exercice de leur métier, mais ils ne firent que fbrt rarement usage de cette faculté.

Ils se fournissaient de ces outils chez les cardiers de Paris, ou les tiraient des provinces du royaume, des pays étrangers, et particulièremeiit de a

CAR • FRi

Hollande. Le procédé du cardaîçe par des moyens mécaniques, adopté dans les fabriques, a oresque anéanti la profession dê cardeur. Les ouvriers qui Tcxerrent n'ont guère d'autre travail aujourd'hui que celui que leur offre le cardage des matelas, qui même •se fait quelquefois par le moyen d'une tiKirhiiie de peu de volume, et qui se transporte aisément partout où l'on veut.

Cabdbvaqub (Anne-Gabrfel-Pterre

de), marquis d'Avrinconrt, lipiitrnnnt général, est né le 25 Septembre 1739.

Il entra, à l'âge de douze ans, dans la première compagnie des mousquetaires de la maison dti roi, et devint aide de camp du duc de ( llievrense, puis mestre de camp de dragons. Il suivit le duc dans la campagne de 1758, et prit part à kl l);itai!le de Crevelt. Kn 1750, il se distit!i;ua à la bataille de Minden. Il fit aussi les campagnes de 1760 et 17G1, se trouva ao combat de Warbonrg, et , de grade en grade, il parvint à celui de maréchal de camp le 5 dértMiibre 17S1. A répoque de la révolution, il éfhigra, tWH rejoindre les prince^ à Cobientz, et fit la campagne de 1792 à l'armée du duc de Bourbon, comme maréchal de camp. Louis XVill, le f *' janvier 1819, le nomma lieutenant général. Le marquis d*Àvrlfik;oiirt , rentré en France à la restàiiraCioa, apris sa retraite en 1821.

CabdItnausi^ss. >~0n appelait afnst les |>artisaii^ de Richelieu ou de xMazarin sons Louis XIII, et pendant la minorité de Louis XIV.

GAàDtf^itn. Voyez PAPiuti.

Cardonnr f Denis- t)omin.), OtiM»

taliste, né à Paris en 1720, partit â l'â^e de neuf ans pour Constantinople, OÙ il apprit le turc, Parabe et le persan. De retour à Paris, il fut nommé successivement professeur de langue turque et de langue persane au collège royal dé France en 17fl0. Il mourut en 1783. On lui doit : 1* HUtOire de l'Âfriqtie et de l'Espagne sous la dominatioti des Arabes, 1765, 3 vol. in-12, onvrage malheureusement peu exact; â" Mélanges de littérature arienktis,

iCE. CAa 161

turcs, arabes et persans y 1770, î vof. in-12. Ce recueil passe pour très-bien fait. Cardonne a fourni les extraits d'auteurs orientaux qui se trouvent à la suite de l'édition de Joinville de

Cabdo.nnel (Pierre-Saivi- Félix) naquit à Monestier en 1770. Nommé juge au trib'inal civil d'Alby au coinmenrenicnt de la révolution, il fut appelé peu de temps après (en 1795) au Conseil des Cinq-Gènts par le département du Tarn , et s'y prononça contre toutes les institutions répul)lic;iint'S.II échappa aux proscriptions du 18 fructidur, et Sortit du Conseil au 30 mai 1798. Re> tiré alors à Albv, il y reprit ses fonctions dé juge, et les exerçait et.core en 1811 , lorsqu'il fut appelé au Corps législatif. Dafis eètte assemblée comme dans les précédentes, il se fit remarquer par ses opiruons n)onarchiques.

11 couluiua «I siéger dans la chambre législative, après Ta restauration , et y vota contre la liberté de la presse, disparut pendant les cent jojirs, et revint, aurés la seconde rentrée du roi.

Siéger die noofeati à la ehambre, où il se montra plus que jamais partisan des mesures de riguefir. Louis XV III, en 1814, lui avait accordé des lettres de noblesse, et l'avait, peii de tempe après, nommé préskmot de la tùût royale de Toulon-^e.

Caa£L (Jacques), sieur de Sainte- Garde, conseiller et «omdnier du roi , naquit à Rouèn vers 1620. On a de lui un poëme qu'il avait d'abord intitulé Chiidebrandj ou les Sarrasins chassés de Ftanee; mais Boileau s'étaot mo- ^ué du nom de son héros , il le diangea •n celui de ( harles-Maricl, et répondit à Boileau sous le nom de Lérac. par la Dé/ente des beaux esprits de ee temps, Paris, 1675, in-12. Il n'a publié que les quatre premiers chants de son poème, imprimé a Paris en 1666 et en 1670, in-19.

CabAme. — Les Gaulois, puis les FiMfirs , dès qu'ils furent convertis à la rehgion chrétienne, eu observèrent les prescriptions avec one grande ferveur, et principalement celle qui ordonnait rabstinenee d^aiiiAeats grai pendant

CAR

rUNlVERS.

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le carême. 11 est vrai de dire que pour ia faire respecter, l'autorité royale vint souvent en aide au pouvoir ecclésiastique. Fn 789, Charlemagne déclara punissable de mort celui qui enfreindrait cette loi sans raison légitime.

Des donations de harengs faites en 1215, par Thibault, comte de Blois, en 1260, par Louis IX, à des maladreries et des léproseries « ainsi qu'un état des dépenses de l'HÔtèl-Dieu de Paris çour Tannée 1660, prouvent que jusqu'à cette époq-ie, autant que faire se pouvait, on soumettait les malades eux-mêmes à la règle canonique. Les troujpes étaient également tenues de 8*y ^ conformer; et, pendant les î^uerres de ia ligue, les catholiques l'observèrent avec une grande sévérité, pour se distinguer des huguenots, qUi affectaiont de la violer. I.ors du siège d'Orléans, où le duc de Guise fut assassiné par Poltroteo 1568, M. de Cipière , oui fut pendant quelques jours à la téte oe l'armée, comme étant le personnage le plus élevé en dignité, demanda au cardinal de Ferrare, légat du pape en France, la permission, pour ses soldats, de manger de la viande les jours maigres.

Le légat fit des diflicultés, parla d'accorder l'usage du lait, du beurre et du fromage, mais de la viande point.

Cependant, quand il lui eut été dénioiitré que s'il refusait la permission qu'on lui demandait, les soldats se l'accorderaient eux-mêmes, et qu'il va* lait mieux qu'ils parussent profiter d'une t oncession que violer audacieusement une défense, il céda, et le général de l'armée catholique gagna sa rause. Ceci indique que déjà on s'était relâché de l'antique sévérité. Kn effet, des l'année lâ34, Guillaume du Moulin, seigneur de Brie, avait obtenu de l'évêque de Paris, pour sa mère, âgée de quatre-vingts ans, la permission de faire gras en carême; et, en 1549, Henri II avait permis de vendre, dans le même temps, de ia viande à ceux qui seraient pourvus d'un certificat de médecin, attestant qu'elle leur était absolument nécessaire. Quatorze ans après, Charles IX défendit d*en vendre fuêmç aux huguenots, à qui

leur croyance permettait d'en manger toute l'année; puis, en ISGô, revenant un peu sur cette mesure, il en permit la vente, et l'attribua exclusivement aux hôtels-Dieu , à la condition qu'ils n'en livreraient qu'aux malades. Le parlement, par deux arrêts de 1575 et 1595, confirma cette disposition, à laqaelle il mit cependant une entrave.

Il exigea uon-seulement que celui qui venait acheter apportât une attestatîoD du médecin, mais encore que le boucher prît le nom et la demeure du malade, aûn qu'on- piU vérifier si son état exigeait réellement qu*il fit gras. Ces formalités déjà si gênantes le devinrent plus encore par la suite. An certificat du médecin, il fallut eu joindre un du curé, et dans ces deux certificats devaient être spécifiées la nature de la maladie et l'espèce de viande qu'il fallait. On tint lonktemps rigoureusement la main au mamtien de ces prescriptions, et les Parisiens qui voulaient faire, pendant le carême, un repas en gras, se rendaient à Charenton, où il

Jr avait un temple protestant et où *on trouvait fte la viande. Cette manière de rompre l'abstinence étant devenue fréquente et ayant scandalise les âmes timorées, le magistrat chargé de la police y mit ordre en 1659, en défenoant les dîners à Charenton. L'an 1775, les bouchers, dont les boutiques devaient être fermées tant que durait le carême, ayant obtenu l'autorisation d'étaler en ce temps-là leurs marchandises, comme en temps ordinaire, il devint plus facile qu'auparavant de se procurer de la viande. Néanmoins , les mesures prohibitives ne tombèrent point en désuétude; la police veilla avec soin à ce ^ue les traiteurs et gargotiers ne les violassent point, et longtemps encore après il fallut une permissioii pour faire gras. Les délinquants étaient punis par la conûscation de leur dîner au profit des hôpitaux. Jusqu^à la révolution, les Parisiens eurent la coutume de faire rôtir des harengs saurs sur le pas de leur porte, pour dé{{uiser à Todorat des Qaireurs de cuisine le jNtrfum des viandes qu'ils faisaient cuireen fraudedans l'intérieur

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de leurs habitations. Du reste i alors

3ue la rigueur était portée au plus haut e^ré, le carême n'était point aussi difficile à observer qu'il le lut par la suite. A Taide d*une interprétation commode d'un passage de la Genèse, la grasse poularde du Mans pouvait lifîiirer en temps de pénitence sur les tables des plus senipuleux. Un moine de l'abbaye de Cluny qui était allé voir sa famille, ayant demandé à «nanger, on lui répondit que counne on était eu c«iréme , on n*aTait que do poisson à lui offrir. Alors, s^armant d'un bâton, il courut après une poule , la tua , en disant : K Voilà le poisson que ie mangerai « aujourd'hui. » Puis , il mangea sa

fiouie en expliquant à ses parents quo es oiseaux et les poissons ayant été crées par Dieu le même jouri, étaient de même nature et poaraient être mangés les ans et les autres en temps d'abstinence. Ceux qui se permettaient de luuager des oiseaux en carême ne devaient pas faire difficulté de manger des œufs; et, en effet, cet aliment fut longtemps toléré. Mais quond on eut mieux expliqué la cinquième journée de la création , et chasse des tables dévotes la volaille et le gibier à plumes, à Pexception des oiseaux de rivière qui y sout encore admis, on crut devoir en chasser aussi les œufs. Alors le plaisir de les revoir, après quarante jours d'absence, donna naissance à ces présents d'œufs peints, argentés, dorés que l'oii se faisait mutuellement, en signe de réjouissance , le jour de Pâques, où la prohibition était levée, et à ce débit d'œufs jaunes et rouges qui a lieu encore de notre temps, même en carême , et dont les trois quarts des vendeurs et des acheteurs ne connaissent pas l'origine. Le lait, le beurre et le fromage ont aussi subi bien des fortunes diverses, en ces temps où Ton faisait consister Imperfection chrétienne dans Tusage ou la privation de certains aliments. Ils ont été bien des fois permis et défendus. Dans les temps de prohibition , les mets devaient être préparés à l'huile; mais comme ce moyen de

«réparation manquait aux peuples du ford, ou revenait ches eux à un pris

trop élevé pour que le pauvre pût 1' em*

ployer, on permit d'y suppléer par le saindoux, qui fut réputé maigre. Cet assaisonnement ayantété plus tard proscrit comme une Mandise , on permit l'usage du beurre, qui fut défendu à sou tour avec une sévérité si grande, que Charles V futobligé de solliciter du pape Grégoire XI la permission d'en faire usage. Le Journalde Paris, sous Charles f I et Charles f 'II , voulant donner une idée de la misère du temps, dit que « pour la défiante d'huile , on mangeoit du beurre en iceluy quaresme, comme en charnage. » En 14U1, la reine Anne, duchesse de Bretagne, dut obtenir de Rome, d'abord pour elle, ensuite pour son duché nui ne pro' duisait point d'huile, la laculté d'ancommuder les mets au beurre. 11 est bon de remarquer que. toutes ces permissions d'enfreindre la règle n'étaient jamais accordées qu'à la condition de faire certaines prières, et surtout des auménes qui tournaient au profit des églises. La révolution , en proclamant la liberté des cultes, a laissé tous 1rs citoyens maîtres de faire, en tout temps, usage des aliments que leur état de santé leur rend nécessaires, ou que d'autres raisons leur font rechercher de préférence. Les prélats accordent bien encore , au commencement de chaque carême, la permission de manger du beurre et des œufs; mais cette permission , comme celle que le cardinal de Ferrare octroya aux soldats de M. de Cipière, n'a plus pour but que de prévenir une violation dont peu th; personnes se feraient scrupule, et qui donnerait la mesure de l'importance qu'on attache aujourd'hui aux injonctions et aux défenses disciplinaires de l'Église.

Cakème (M. a.), l'un des plus célèbres cuisiniers du siècle , naquit à Paris, le S juin 1784. Son père, qui était pauvre, et qui avait quatorze autres enfants , l'emmena un jour , et, après une promenade dans les champs et un dîner à la barrière, le laissa dans la rue en lui souhaitant bonne chance.

La nuit venue, Carême fut accueilli par un gargotier, an service duquel il '

.Ifi4 CAR L'Util

•K mit le lendemain. A Tâge de seiz6 âns, il entra chez un restaurateur en qualité d'aide, puis ensuite chez Bailly, pâtissier renommé de la rue Vivienne, et fournisseur du prince de Talleyrand. Carême passait dès cette époque des nuits entières à dessiner des modèles de pâtisserie d'après Tertio, Palladio , Yignole , etc. , qu'il allait étudier aux bibliothèques publiques. Il finit bientôt par travailler pour son propre compte, et il gagna beaucoup d'argent. Loin de s'en tenir à la pratiqiie, il approfondissait la théorie, h'sait beaucoup , et suivait des cours relatifs à sa profession. Il lit plus, il entreprit d'écrire l'histoire de la cuisine romainp, persuadé qu'il retirerait un grand Iruit de cette étude, et n'épargna ni vmlles, ni reclierches, pour cfr travail, qu'il résuma en ces termes : « La cuisine si renommée de la splendeur romaine étai^ foncièrement mauvaise et atrocement lourde. » En 1814 , il fallut enlever Carême par réquisition, pour le contraindre à exécuter le gigantesque dîner donné dans la plaine des Vertus.

Ensuite il passa deux ans en Angleterre au service du prince relent, qui, devenu Georges IV , le redemanda en 1831. Carême se rendit plus tard à Saint-Pétersbourg, à Vienne, et figura à tous les coniirès qui se multiplièrent à cette époque. A Laybach , l'empereurde Russie lui fit remettre une bague de diamants. De retour dans sa patrie , Carême s'engagea successivement au service du prince de Wurtemberg, de la princesse Bagration , ét enfin de M. Rotschild. Il est mort en 1833. Il a laissé 1° le Pâtissier royal parUiien, 1810, 2 vol. in-8" i 2° le Pà- Ussier pittoresque , \ vol. în-8*; S* Wlrt de la cidsine française au dixneuvième siècle , 3 vol. în-S". Il a de plus fait insérer dans la Revue de Paris une curieuse notice sur la manière dont Napoléon se nourrissait à Sainte-Hélène.

Cabency , seigneurie de l'ancienne province d'Artois (département du Pasde-Calais) , à huit kil. d'Arras , érigée en marquisat et comté vers 1663.

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