‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 26 sur 86 · RS. CAR · texte numérisé non relu

RS. CAR

Cabbncy (famille dp). Voyez le cinquième tableau généalogique de la maison de Bourbon , tome III , page S12.

Carentan , Carentarîum , petite ville de l'ancienne province de Normandie (aujourd'hui département de la Manche), k vingt-sept kilomètres de Saint-L6.

Carentan, dont la population s'élève à peine aujourd'hui a neuf cent clamante habitants, était au quatorzième siècle une ville fort considérable.

Édouard III, roi d'Angleterre, l'assiégea en 1346, et elle était assez bien fortifiée, suivant les historiens du temps , pour le tenir longtemps en échec ; la garnison, composée de mercenaires génois , était disposée à se défendre vigourèusement ; mais le»

bourgeois se rendirent à la première sommation. Les Génois se retirèrent alors dans le château ; ils ne purent j faire une longue résistance ; mai* ils obtinrent du moins une capitulation honorable. Quant aux bourgeois, ils furent emmenés en Angleterre.

Michel de Nortfabury, clerc du rof Edouard , au'il avait suivi dans cette expédition, ait que Carentan étaitalors aussi peuplé que Leicester.

Les fortifications de Carentan , gui avaient été démolies par les Anglais i furent relevées plus tard par Charles le Mauvais , et, depuis, cette ville joua un rôle assez im|>ortant dans la guerre contre les Anglais et dans les guerret de religion, line partie du château existe encore, et offre des modèles de l'architecture militaire de toutes lev époques, depuis le douzième juaqu'air seizième siècle.

Avant la révolution, Carentan était le chef-lieu d*une élection et d'un bailliage, avec titre de vicomté. Elle faisait partie de l'évéché de Bayeux, du ressort du parlement de Rouen, et dépendait de Tintendance de Caen.

Élie de Beaumont, défenseur de Gi* las; Jacques Godefroy, commentateur de la coutume de iSormandie ; Leonor Langevin , auteur ascétique , étaient nés dans cette ville.

Cabeite (Antoiae-Micbel), offîpier

CAE

FAANC£.

GAE

da ^éoie, est néii Paris en 1772. Après avoir été compris dans la preniicre réquisition , il reçut , à l'explosion des mines dlngolstaàt , quarante-qaatt«

blessures, qui le forcèrent de revenir

à Paris. Employé successivement à d'immenses travaux , à Boulogne , à Gand ft à Ostende, il prit, en 1814 , une part active ,i la défense de la place de Delfzil , eu Hollande, où il eommandait en chef le génie. Depuis la restauration , il a été appelé eomme professeur de fortiflcation à Técole militaire de Saint-(^yr. et a [xiblié une traduction de la Géométrie du compas de iMascheroni.

Câbbz (Joseph), impriiii I àTovl, doit ^tre regardé comme l inventeur du clichage. Ayant appris par les journaux les premiers essais que Uonman exécutait sous le nom de pofytypage, il tenta, en 1785, de deviner son procédé, et enfin il réussit, npres de lon";s essais, à obtenir en relief, et avec la plus grande netteté , des empreintes de caractères d'imprimerie Kn 178G, il imprima p'ar ce procédé un livre d'église avec le plain-chant noté, et successivement une vingtaine de volumes de liturgie. Kn 1791 , il fut député à l'Assemblée législative par le département de la Mcurtiie. De retour dans sa patrie, il termina l'impression d'un Dictionnaire de la Fable et d'une Bible en rionpareille, format grand in-8°, dont le caractère est remarquable par sa netteté. En 1801 , il mourut à Toiil, où il venait d'être nommé

SOUs-prefet.

CARGiiiiSE, village du département ' de ta Corse , à deux mjrriamètres d'Ayjcc'o y fondé en t7Gl par une tribu de .Alaniotcs nui aimèrent mieux s'expatrier que (le se soumettre au despotisme des Turcs. |fous croyons devoir emprunter à M. Vilicmàin (*) le récit de l'établissement de cette colonie.

« Un Grec de Mania, Jean Stephanopolis , qui se prétendait issu (Tune

(*) Essai historique sur l'état des Grecs dèpoil lA conquête musulmuie. Mélanges , i. Il, p. i$9.

brandie des Comnènes , et qui avait

beaucoun voyagé , conduisit l'entre -

Srise ; il était allé d'abord à Gènes emander la protection du sénat, et avait visité la Corse. Il revint , après avoir choisi le canton de Paonn'a; et, de concert avec le capitaine d'un vaisseau frahçais, il embarqua ceux de ses parents et de ses compatriotes qui voulurent s'associer à loi. Partie d(- Porto-Betilo, le 3 octobre 1073, la petite colonie , qui comptait sqit cent soixante personnes, hommes, femmes, enfants , après avoir relàebé a /ante et à INlesvine , se rendit à Gênes, ou la concession du territoire qui lui était promise fut solennellement réglée par le sénat. Le printemps suivant , elle passa dans Tile de Corse , et s*établit à Paomia. C'est là qu'elle a longtemps subsisté, fidèle au gouvernement génois, parmi les scflifions fréquentes de file, et cultivant ses terres avec une Industrie fort supérieure a celle des habitants. On reconnaissait h cette marque le canton des Grecs. Quelques chants populaires des montagnes de la Morée se conservaient parmi ces Manibtes expatriés , et ils les redisaient comme un souvenir de leur pays. C'est même un renseignement précieux sur l'ancienneté de ces poésies, Rassemblées de nos jours par un satant plein d'iinai^ination et de goût (*}. Le beau chant d'une femme de la iMorée sur la mort de son lils est connu chez les Grecs de Corse depuis leur émigration. »

Cependant la prospérité de la colonie excita bientôt la jalousie des indi-

f;èné8, qui se croyaient des droits sur es terres où elle s'était établie. L^ne guerre continuelle en fut la suite.

Pendant un demi-siècle, les Maniutes luttèrent avec succès pour la défense du soi qu'ils avaient fécondé; mais enfin, en 1730, les Corses ayant secoué le joug des Génois, vinrent attaquer en forces ceux qu'ils regardaient eomme Ifes protégés de leui:^

(*) Chants populaires de la Grèce modénie, recudUis et pobliés par -M. Pàor rid.

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