‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 29 sur 86 · AE · texte numérisé non relu

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étaient tt wat encore, dans nos Tilles àu Nord et dans celles de la Belgiaue ,

mis en action soît par la main, en frap-

Sant sur des touches, comme on joue u piano , soit au moyen d*an tamnoiir armé de dents comme celui des seri* nettes , lequel , en tournant sur son axe , auquel la force motrice de l'horloge commanique le mouvement , soulève et laisse retomber de |>etits mar* teaux sur les cloches ou les timbres.

Ceux de Flandre sont coniposes de trente à quarante timbres donnant les mêmes tons et demi -tons que les tuyaux des orgues; et, en frappant sur les touches d'un gros clavier, on parvient à jouer toutes sortes d*airs, et à exécuter des concerts aériens oui ne sont pas sans agrément pour des oreilles llamandes. Outre cette destination , les carillons ont encore pour objet de donner le signal d*alarme dans les moments de danfi;er. Pour cela, on frappe à coups précipités sur la même cloene. Cest ce qu'on appelle sonner le tocsin.

La pompe et la fontaine autrefois placées un peu au-dessous de la seconde arche du Pont-Neuf, en venant par la rue de la Monnaie, à Paris, et appelées d'un nom commun la Samarilaine, possédaient un carillon qui, dans Torigine , jouait différents airs à chaque heure, et réjouissait singulièrement nos ancêtres que l'on amusait à peu de frais. Ce carillon , et la figure grotesque, appelée Jacquemart, qui en faisait partie , n*existaient déjà plus sous T-ouis XIV, suivant une pièce de vers intitulée : Complainte sur la Samaritaine, sur ia perte de son Jacquemart, et sur le débris de la musique de ses cloches, par le rimeur Dassouci , que le f ofjage de C hapelle et Hachaumont a sauve de Toubli où l'auraient laissé ses œuvres. Il est parlé , dans plusieurs autres écrits dti dix-septième siècle, de la Samaritaine et de son carillon, oui ne jouait, dans les derniers temps oe son existence , que pour les occasions solennelles. Tous les deux ont disparu. Sic transit qloria mundi.

Des horlogers-mécaniciens placent depuis longtemps, dans les pendules

d'appartement , de petits carillons qui jouent un air à chaque heure , avant que la sonnerie se fasse entendre. Depuis vingt-cinq à trente ans, on a invente , pûurlescacher dans des tabatières, des carillons encore plus petits, composés de ressorts que fait vibrer un cylindre muni de dents , et mis en mouvement par la puissance d*un ressort que Ton tend comme celui d*une montre. Ces instruments, qui sont devenus fort.communs, et ont cessé d'être un objet de surprise, ne jouent qu*un nombre d*ans iort limité.

C\RiLT.oy NÀTioifAL.Voy. Chants

PÀTAIOTIQIJBS.

Cabini, clievalier de Tordre de Malte , dont le nom se rattache à l'une des actions les plus glorieuses de notre histoire maritime. Commandant d'une frégate de cinquante canons , il s'associa à Tourv]lle,-qui montait un vaisseau de quarante canons, pour aller chercher les infidèles. Ils atta* guèrent trois vaisseaux turcs, d*nne rorce supérieure, en prirent un h Tabor* dai;e, en brillèrent un autre, et remportèrent une victoire complète. Quelques jours après, ils combattirent (|uatre bâtiments turcs avec la même intrépidité, et en prirent deux. Malheureusement le chevalier de Carini fut mortellement blessé vers la fin de cette dernière action.

Carton - de - LascONDES (Martin- Jean- François), maréchal de camp, né en 17G2, se distingua particulièrement à la bataille de Nerwiude, où il reçut les éloges du général en chef Dumouriez. Destitué , plus tard , comme noble, et emprisonné jusqu'au 9 thermidor, il fut réintégre avec peine daoi son grade, partit pour la Hollande, et y resta jusqu'en 1813, où Napoléon l'appela au commandement des gardes nationales du Pas-de-Calais. Il fut mis à la retraite après le retour des Bourbons.

Carion-Nisas (Marie-Henri-François-Élisabeth, baron), militaire, tri- Inin et homme de lettres , est né près de Pézéiias en 1767. Officier de cavalerie a l'époque de ia révolution, puis emprisonné en 1793, il vint À Paris

T- IT. ir JAvriOton. (Dict. snCYGiH,*BTG.)

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après I0 1$ bromaira, et fut invité à

6 attacher au nouveau gouvernement par Bonaparte lui-même, dont il avait été ie condisciple à Técole militaire, et par Cambaoérès, dont il avait épousé une proche parente. C'est ainsi qu'il devint membre du tribunat. Il s'y fit remarquer par ses attaques contre la philoiopbie moderne, contre le vorce. En 1804» M. Carion-Nisas fut, parmi les tribuns animés d'un beau Eèle monarchique, celui qui répondit fivee le looint de miodération à rtllustre Carnot, resté seul défienseur de la république, dans un corps essentiellement républicain. Cependant il eocoulut bientdt une disgrâce dont il essaya malheureusement de se consoler en faisant représenter, aux Français, sa tragédie de Pierre le (irand. Cette pièee lit beaucoup de bruit par Toppo* aition qu'elle rencontra dans te par* terre, et par les sifflets qui retei, tirent contre elle depuis minuit jusqu à deux heures du matin. Non moins dégoûté alors de la carrièredramatique que de la carrière politique, il rentra au service en 1806, et se distingua en Prusse, en Portugal et eu Espagne. Disgradéde nouveau pour s'être laissé surprendre par l'ennemi, M. Carion-Nisas redevint simple soldat , et se signala plusieurs fois par son courage. A la lin de la première restauration , il re* eonvra son ancien grade, et se rapprocha ensuite de Napoléon, qui lui confia la défense éventueiledes ponts deSaint- Clood et de Sèvres. Rédacteur de Ta* dresse lue au champ de mai au nom du peuple français , il a, en cette circonstance, lait îiiie sorte de profession de foi politique qui mérite de prendre place dans les documents historiques de la révolution. La défense qui lui àvait été ooatiée ne fut pas un vain honneur: avec trois mille hommes il T^ista à l'attaque de quinze mille Anglais et Prussiens; conduite brillante, qui lui mérita le çrade de général de brigade; mais ce titre, loin d*étre confirmé après la seconde restauration, le fit placer pendant deux ans sous la surveillance de la haute police. Libre enfin de toute proscription, il s'est

depuis uniquement voué à la culture

des lettres. On a de lui : Montmorei> cy, trngedie, 1803, in-8°; Discours sur i'hérécUlé de la souveraineté en France, 1804 , in-8* ; Pierre le Grand, 1804, in-8* ; Essai sur l'histoire générale de Vart militaire j depuis l'origine des sociétés européennes jusqu'à nos jours, 1824, in-8*, etc.

j4ndré - Henri - Français - Fietoire Câbîon-Nisas, son fils, né 5 Lézignan (Hérault), en 1794, s'est fait connaître eorome pbbliciste et comme auteur de plusieurs pièces dramatiques , représentées sur différents théâtres de la capitale. Il a été un des rédacteurs des FîeMres et conquêtes,

Cabistie ( Augustin-Nicolas) , ar* chitecte, né à Avallon, le 6 décembre 1783 , est élève de MM. Vaudoyer et Percier. Il a remporté en 1813 le'grand prix d'architecture sur le sujet d'un n6tel de ville pour une capitale. Tl a publié les plan et coupe d'une partie du Forum romain et des monuments qui se trouvent sur la voie Sacrée. En 1 le gouvernement le charçeadeconstater

f>ar des dessins et un mémoire l'état de 'arc de triomphe d Orange, et un projet de restauration. Ob projet fut adopté ; et M. Rénaux, architecte d'Avignon, a exécuté avec une grande intelligence, sur les dessins de M. Caristie, cette diffldle restauration , qui a été terminée en 1829. En 1823 , M. Caristie exposa le dessin, et, en 1827 , le modèle en plâtre du mausolée des oicMmet de Qniberon, qui de* puis a été e.xécuté sous sa direction.

Nous connaissons encore de lui un beau travail inédit sur le temple de Pounole. M. Caristie est membre de r Académie des beaux •arts depuis

Carladez , Carlatensis tractus^ petit pays de la haute Auvergne, ainsi nommé de la ville de Carlat, sa capitale. Dès le dixième siècle, le Carlaaez avait des seigneurs particuliers qui portaient le titre de vicomtes. Il tut ensuite réuni aux vieomtésde Lodève, de Meilhaudetde Rodez, et aux comtés de Rouergue et de Provence. Il faisait partie, en 1303, des domaines

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delà maison d*Annagnac , et il passa

ensuite successivement dans celles d'Aïbret et de Bourbon. Réuni au domaine de la couronne par François F', en 1581, il eo fat de nouveau démembré par Louis XIII en 1642, et donné à perpétuité au prince de Monnco, auauel il appartint jusqu'en 17tt9. Hc était alors la capitale du Garladez.

Cablat, Carlatum, |>etite ville de l'ancienne Auvergne (aujourd'hui du département du Gantai) , à sept kilomètres d'Aurillae. C'était autrefois une forteresse considérable, et quel-

?[ues historiens en font remonter la ondation jusqu'à l'époque romaine* Quoi qoUI en soit, après la bataille

Youillé, te chAtean de Cariât résista avec succès aux armes de Clovis; il fut aussi l'une des principales barrières qui arrêtèrent les conquêtes de Thierry. Louis le Débonnaire eu lit le siège en 839, et le prit sur les partisans oe son lils. Les Anglais s'en emparèrent par ruse en ]8â9,rabandonnèrent quelques temps apfte, et s*en ressaisirent en 1370 ; deux ans après, ils en furent chassés par le duc de Bourbon ; mais ils ne tardèrent pas à y rentrer, et le possédèrent jusqudi 1387. Jacques d'Armagnac, duc de ]Semours, s'y retira en 14â9 , et v l'ut assiégé inutilement pendant dix-huit mois par les troupes oe Louis XI, qui furent obligées de se retirer. En 1475, le roi en fit faire de nouveau le siège par le duc de Beaujeu; la place fut serrée de si près que Jacques d'Armagnac fut obligé de se rendre. On sait qu'il fui ctifermé à P/erre-en-Scize, transféré à la Bastille et renfermé dans une cage de fer, d'où il ne sortit que pour aller au sunpiice. En 1568, le château de Cariât rut assiégé et pris par les religionnaires du Lauguedoc , sur les(^uels il fut repris par les royalistes, qui le leur rendirent en 1583. Marguerite de Valois , première femme de Henri IV, chassée d'Agen à cause de sa mauvaise condoite, vint à Cariât en 1585, et y séjourna dix-huit mois; mais ses amours scandaleux ayant soulevé contre elle une indignation générale, elle fut forcée d*w sortir précipitamment pour

se réfiiffier à tJsson. Le château de

Cariât fut encore assiégé en 1603, et df^fendu par madame de Morèze, qui, s'étaut emparée delà place en Tabsence de son mari , arrêté par ordre du roi, déclara qu'elle ne la rendrait qu'autant que M. de IMorèze serait remis en liberté , ce qu'elle ne fut pas longtemps à obtenir. Henri IV, instruit des vexations qu'exerçaient dans les environs les gentilshommes qui gardaient la forteresse de Cariât, en ordonna la démolition , qui fut exécutée en IfiOS.

C\nLE (Rap.)> bijoutier de la place Dauphine, à Paris, électeur et commandant de bataillon, souleva les Jeunes gens lors du renroi do caroinal deBrfenne, et fitbrâler une effigie de ce ministre. Après le 14 juillet 1789, Carie donna , dans la grande salle du palais, un repas splendide. Cette dé* pense, au-dessus de sa fortune, fit croire gu'il était soudoyé. Le 10 août 1792, il se rendit aupès du roi au moment où les Tuileries allaient être investies, et fit des dispositions pour défendre ce prince. La municipalité le manda aussitôt à sa barre; on Taccusa d*avoir donné Tordre de tirer si le château était attaqué; le peuple se Saisit de lui, et deux gendarmes, qui étaient sous ses ordres, l'assassinèrent.

Cailbi (N.), général, pareottrat

lentement les grrjdes subalternes, et ne devint officier général que par le bénéfice de la révolution. Il fut deux fois chargé, en 1792, de conduire ces colonnes françaises qui deux fois ne pénétrèrent en Belgique que pour repasser en désordre la frontière au cri de sauve qui peut! Passé ensuite à l'armée du Rhin , il y remplit, a titre provisoire, le commandement en chef, ne put réussir à y ramener Tordre et l'ensemble nécessaires pour le succès, et perdit les lignes de Wissembourg.

Après cet échec, il demanda et obtint d'être remplacé dans son emploi.

Cablet (Louis-Francois), marquis de la Rozière, maréclial de camp , né en 1735, au Pont-d'Arche, prèsCharleville (Ardennes), servit avec distinction, depuis 1745, dans les armées

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L'UNIVERS

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d'Italie, de Flandre et d'Allema2;ne.

Le priuce Ferdinand de Brunswick, &i$aiit allusion à une afil^ire dans laquelle il avait été vivement poursuivi par lui , et avait failli tomber entre ses mains , disait plus tard , en montrant le brave Carlet, alors prisonnier du roi de Prusse : ^ Voilà le Français « qui m'a fait le plus de peur de ma « vie. » Echangé bientôt, et rentré en France après la paix , le lieutenantcolonel Carlet fut employé quelque temps au ministère secret du duc de Broglie, et lut chargé, en 1765, d'aller reconnaître la cdtes d'Angleterre et celles de France. A son retour. Il présenta divers projets de défense qui furent adoptés, et donnèrent une liante opinion de ses connaissances militai* res. En 1768, il fut chargé par le ministère , qui mit à sa disposition les pièces oflicielles des bureaux de la

guerre, d'écrire Thistoire des guerres es Français sous Louis XIII, Louis XIV et Louis XV; mais la révolution l'empêcha d'achever ce travail important , dont il a laissé guatre volumes trouvés parmi ses papiers. Il rédigea aussi, en 1770, par ordre du roi , un plan de campagne contre l'Angleterre.

£a 1780 , Louis XVI lui conféra le titre de marquis de la Rozière, et le créa maréchal de camp comnmndnnt de l'expédition projetée contre les îles de Jersey et de Guernesey. Le marquis de la Rozière émigra en 1791 , et se retira à Cobl^ntz , où il fut chargé de Ja direction des bureaux de la guerre des princes. Après lacampagnede 1792, il passa successivement en Allemagne, en Angleterre , prit successivement du service en Russie et en Portugal, où il fut employé comme lieutenant général et comme inspecteur général des frontières et des côtes du royaume, emploi qu'il conserva jusqu'à sa mort, arrivée en 1808.

Son fils Jean CA.RLET, marquis de Ja Rozière, né à Pnris en 1770, émigra avec son père en 1791, servit dans l'armée des princes , se battit contre nos soldats dans les rangs des Hongrois, des Anglais, dés Portugais, et rentra, ço France avec les BourbonS|

qui récompensèrent ses services par le grade de maréchal de camp. Il a été depuis mis en disponibilité.

Carlieb (le P. C), né à Verberîe en 1725, mort prieur d'Andresi, le 23 avril 1787 , a laissé , outre un grand i[iombre d'articles insérés dans le Journal des Savants , le Journal de physique et le Journal de Verdun :

1° Dissertation sur l'étendue du Bel-, ffkm et de Pancienne Picardie , Amiens , 1753 ; 2" Mémoire sur le»

laines, in-12, 1755; 3" Considéra" tions sur les moyens de rétablir en France les bornes etpèees de bêtes à laine , 1762 ; 4« Histoire du duché de Falois , contenant ce gui est arrivé dan^ ce pays depuis le temps des Gaulois Jîisqu en 1703 , Paris , 1764, 3 vol. 10-4° ; 5° Traité sur les manu' factures de laineries, 2vol. in-12; Q*" Dissertation sur' fêtât du commerce en France sous les rois de la première et de la deuxième raccp Amiens, 1753, in-12. On lui doit encore quelques ouvrages sur les bétes à laine, et les Observations pour servir de conclusion à Vhistoire du diocèse de Paris , qui se trouvent dans le tome XV de l'ouvrage de l'abbé Lebeuf. Carlier a remporté dans sa vie neuf prix académiques , dont quatre à l'Académie des inscriptions.

Cablieb (N. J.) , mécanicien , à Busigny, près de Cambrai, le 20 juillet 1749, mourut à Yalenciennes en 1804. Il se consacra entièrement à Thorloi^erie , à la menuiserie et à la mécanique. En 1793, lors du siège de Yalenciennes , ce fut à son courage que la ville dut d'être préservée d'urie inondation. Une bombe venait de briser une écluse dans le faubourg de Marly. Carlier , malgré la force du courant, se fait descendre dans la rivière, attaché avec des cordages, et ne sort de l'eau qu'après avoir bouché Touverture , au moyen de sacs de terre et de paillasses. Il travaillait depuis cinq ans à la confection d'une, machine en cuivre propre à liler la laine, lorsqu'il mourut a Tflge de cin* quante-cinq ans.

Carun (Utaries- Antoine BcrU*

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