‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 35 sur 86 · AR · texte numérisé non relu

AR

ses camarades ; il persista. Carnot, pour leur donner le temps de la réflexion , ordonna nn seoond appel nominal, mais sans plus de succès, ce qui l'oljUirea à

■ suspendre de leurs fonctions U s refractaires. De retour à la Convention ,

-Camdt fiit (irèsqué aussitôt envoyé dahs les Pyrénées pour y former un

• corps d'armée , destiné h agir contre

• les Espagnols qui menaçaient nos frontières. Après avoir accompli cettte troisième mission , il revint à la Convention, où l'on s'occupait du procès de Louis VI. Dans cette grave circonstanee, CarnOt, républicain enthousiaste, n'hésita pas à s'exprimer en ces termes : « Dans mon opinion , la «justice veut que Louis meure » et la « politique le veut également Jamais, «je Tavoûe, devoir ne pésâ davantage

' ^ sur mon cœur; mais je pense que '« pour prouver votre attachement aux

• « lois de Pénalité, pour prouver que lès « ambitieux ne vous effrayent point, « Vous devez frapper de mort le tyran.

• « Je vote pour la jiiort. » •

A cette époque , le nord delaFraiiee se trouvant menacé par l'Angleterre , la Convention chargea Carnot de la surveillance des opérations de l'aile gauche dé l'armée. Il arirIVa assës! à temps pour délivrer DônherqUe et BergUès, assurer les communications 'avec Lille, et former le camp de Gy- Veld ; il alla ensuite s'emparer, par un coup de main des plus nantis, de la forteresse de Fumes.

Pendant qu'il était occupé, dans les départements du Nord , à la levée du contingent appelé au service, il reçut l'ordre de se rendre sur-le-cham[) à l'armée que Dumouriez venait de déserter. Ses dispositions habiles répajpèrent bientôt les désastres causés par la trahison de ce général et de ses complices; les revers que nos arméesavaient ejïrouvés au commencement de la cam- '))ë|;ne de 1798 allaient bientôt se chad* ger en triomphes. Au mois d'octohre , le prince de Cobourg passe la Sambre avec une noiiibreuse armée , et vient ^menacer le camp de Maubeoge. Cette manoMlvre hardie compromettait l'indépàtdiniBe uaUenaie^ le comité de

salut public, qui comprit l'imminenbe du péril , résolut de livrer bataille, et dépêcha des • commissaires pooir ke concerter avec le général Jourdan sur les opérations militaires. Un conseil, présidé par Carnot , arrêta les dispositions de la bataille de Wattighies (l6 octobre 1793). On ettaqija l'ennemi sur toute la ligne; mais, dans ce premier engagement qui se termina avant la fin du jour, Taile droite des Autrichiens fit plier la nôtre. « Lè conseil 86 réunit, dit M. Tissot , pour exaininér s'il ne convenait pas de renforcer notre gauche dans )'atta<]ue qui devait être continuée le lendemain. Carhot s'opposa fortement 5 ce projet , qui , d'assaillante qu'elle était et devait être, ' autait pu fkîh brendre à notre arinèe • ttné attitude dérehsivè. Il proposa , contraire, de porter, pendant la nuit, la majeure partie de nos forces sur la gaulïhe dis l*èhnemi, ab vlllàgé de Wattignies, prindpiil nœud de là défense... Cet avis avant prévalu , tout lut disposé pour l'attaque. Au poidt du jour, la montagne qui domiriait (a plaine fut assàillie par nos tirailleurs ; en même temps , deux fortes colonnes marchèrent sur la droite et sur la ^abishë pour l'enlever à la baïonnette.

Le feu de l'ennemi devint alors si v|f et si bien dirigé , que l'on vit quelques-tins de nos corps hésiter. Caniot, toujours à la tfite des troupes, ne tarda pas a 8*apehîevoir de cette hésitation qdi menaçait de devenir funeste; après avoir retiré ces corps de leur position pour les faire mettre en bataille sur un plateau élevé , en vue de toute l'armée, il destitua solennellement le général oui les commandait :

mettant alors piea à terre , et prenant le fusil d'un grenadier, il se mît à \i tête de la colonne de droite, tandis qu'un autre de ses collègues , comme lui en costume de représentant , marebait à celle de gauche avec le général en chef Jourdan. Rien ne put résister alors à la valeur et à l'impétuosité de nos troupes; la colonne à la téte de laquelle se trouvait Carnot pénétrft bientôt dans le village de Wattignies à travers des chemins creux comblés

i^ijui^ud by Googl

CÉft

4o oridsvvéi; M à piine arUfifo sur lè

lateaii où est ce villai^e , elle y vit déoucher celle de gauche, qui, avec la même valeur, avait obtenu , sur la tin 4m jour, on pareH tacoàt. Canot, excédé de besom el é» fttigue , privé de ses chevaux , ne sachant comment se rendre au quartier général , où il sentait sa prénace pouvait être nécessaiM poar les dispositions à faire le lendemam, fut rencontré dans cet état oar un détachement de cavalerie, dont le chef lui offrit ma cheval « et Teioorta jusqu'à Âveauea, ai déjà l'alanlle s^était répandue sur son sort. «

Nommé, te 23 frimaire an ii (3 dé- .cembre 1703), membre du comité de «alut public, il déploya dans ses hautes fonctions toute Tétendue de ses talents administratifs et militaires, et pré> para , dans le cabinet , les victoires des premières campagneaile la révolution.

Cliargé seul du bureau de la {;iierre, il ne prenait pas même le temps nécessaire pour ses repas , et travaillait jusqu'à aeise lieures pur Jour, laittnt mouvoir en même temps les quatone armées qui venaient d'être organisées par ses soins. Sa puissance d'activité jélait extraordinaire e lès plans de campagne, les documents 'de la volumineuse correspondance avec ces quatorze armées, tous de la main de €amot , qui n'avait aeuleneni pas <|e secrétaire, en sont une preuve évidente. L'auteur de cette correspondance n'a pas un seul instant perdu de vue le double but qu'il se proposait d'atteindre : celui de diriger les mouvements militaires, et celui d'entretenir l'enthousiasme et le patriotisme 4aiia lee rangs de Tamiée. Ingénieux à .trouver sans cesse de nouveaiA moyens pour enflammer les généraux et les soldats, il savait louer, avec un tact et un ëisosmement peu communs, ceux qui avaient bien mérité de la patrie ; il savait aussi flétrir [)ar un blâme énergique ceux dont le^ actes appelaient ittir mn sa juste sévérité.

Ces iiiuiienses occupations lui laissèrent encore le temps de présenter à Ja Convention différents rapports sur

(lies pi^ets de la plus hautç importaiio^.

.Ceiîitlui qui pro|)ost la suppression du conseil exécutif, et son reofiplace-

ment par des commissions partieu^ .lieres; la reprise des quatre places de| frontières du Nord « et la réunion .de la Belgique à la France. Ou lut dttt aussi Tétablisssement d'une manufacture extraordinaire d'armes dans Par lie, et betoeoup d*autrea créatioui alors indispensables.

On a souvent présenté sous un faux jour dissidences ijui eurent lieu | 4ùm les derniers temps, eutre Carnot et Robespierre. Ou ue a*est pas oou* tenté de les exagérer , on a encore voulu leur donner, pour ainsi dire, un effet rétroactif, en les supposant

f^luaaaeiennes qu'elles n'étaient. Dans a manière d'entendre la politique, il y avait évidemment désaccord , puis- <|ue Robespierre était le chef du parti jacobin , et que Carnot vivait en de<> liors de ce parti; mais, pour les principes généraux , pour les moyens révolutionnaires qu'il fallait employer dans le but de soutenir l'énergie na« tionale et de vaincre la coalition des rois , il y eut accord parmi tous les membres du grand comité de salut public,, et c'est cet accord , umime sur un même point , qui seul a assuré le triomphe de la révolution française.

« Carnot ne voulut jamais être membre de la société des jacobins « dit M. Tissot, malfiré les vives instances qu'on lui fit pour l'aflilier à cette société célèbre. Cet éloignement tenait à rindépendsnoe du caractère, et aussi à une certaine circonspection politique et à des préventions qu'il n'a jamais abiurées. Il ne sentait pas l'inir mense besoin que la chose publique avait de ce levier populaire. D'autres hommes distingues ont partagé cette erreur : ils n'ont vu que les inconvénients et ont oublié les services. »

Absorbé dans ces admirables combinaisons qui, après l'avoir ramenée, enchaînaient la victoire , Carnot n'avait plus que peu de temps à donner aux méditations politiques. Il n'y â donc rien d'étoimant s'il repoussa .alors des idées dont il désira la réali-

satiob plus tardf et dont le suco^

LUNIVERS.

CAft

aurait empêché de cruels retoun.

Lors de la réaction thermîdorienno,

lea anciens membres du comité de salut public ayant été mis en accusation, à I exception de Carnot, celui-ci prit hautement Ibor défense , et dans an discours qui produisit une sensation profonde, il déclara que le comité de salut public avait, par sa fermeté, sauvé (a patrie, et que, bien qu'il n'eût pas pris part aux actes reprochés à

f)lusieurs de ses collèi^ues , il ne vouait pas cependant que sa cause iùt séparée de la leur ; oe généreux dévouement les sauva. Legendre reproduisit plus lard l'accusation et osa demander l'arrestatioD du vainqueur de WattH^nies; la Convention allait ao* cueillir cette proposition, quand Bourdon de rOise s'écria : « Mais c'est « cet homme qui a organisé la victoire « dans nos armées î > Ces paroles suffi* reot pour sauver Carnot. Mais sans l'inspiration de Bourdon , c'en était fait dB celui dont le génie avait conçu et dirigé cette immortelle campagne de 1798 et 1794, campagne de dix-sept mois, pendant laquelle nos soldats ne

Î[uittèrent pas un instant les armes, à aquelle aucune autre ne saurait être comparée, et qui offrit pour résultats:

vin£»l-sept victoires, dont huit en bataille rangée; 120 combats; 80,(KM) ennemis tués; 91,000 prisonniers; lié places fortes ou villes importantes et 230 forts ou redoutes occupés; 3,800 bouclies à feu, 70,000 fusils, 1,900 milliers de poudre et 90 drapeaux enlevés à rennemt.

Débarrassé des intrigues de ses ennemis, Carnot s'associa de nouveau à tous les travaux du comité de salut

Îmblic, et participa à la création de 'école polytechnique et à la réorganisation de l'école de Metz. Il contribua aussi à l'établissement du conservatoire des arts et métiers et du bureau des longitudes, a l'introduction d'un système uniforme pour les poids et 'mesures, à l'adoption de la découverte des télé> graphes, enfin, à la fondation de l'Institut. Nommé membre de ce corps savant, en 1796, il eu fut^exciu après

le 18 fructidor, etreinplacé par le gé* néral Bonaparte; en 1M6, rinstitat

le rappela dans son sein , pour expulser de nouveau en 1815i-

Après avoir sanctionné par sa si* gnaturc un nombre prodigieux de no* minationsdans l'armée, Carnot n'était encore que capitaine à l'époque de la réaction thermidorienne. Ce ne fut que le 1*" germinal an ni (SI mars 1795) qu'il fut promu au grade de chef de bataillon. Lorsqu'un nouveau système gouvernemental vint remplacer la Gmifentîon nationale , il combattit avec chaleur l'institution du gouvernement directorial , qui fractionnait le pouvoir au moment où Tunité paraissait si nécessaire. Il insista, surtout, pour que le renouvellement de l'Assemblée nationale ne fût pas intégral. Appelé à la nouvelle législature par le vote de quatorze départements , il alla siéirer au Conseil des Anciens. Nommé membre du Directoire, il se réserva la direction des aflïircs militaires, qu'il conduisît avec son habileté ordinaire. Dans sa première administration . Carnot avait pressenti le génie de Uoche; dans la seconde, il devina odui de Bonaparte, et c'est lui qui le fit porter au commandement en chef de l'armée d'Italie. On n'a peut-être pas assez répété qu'à cette époque il entretiiit, avee son illustre protégé, une conespoa> dance très-active.

Vers ce temps , l'épuisement des ù- Baoces ayant obligé le Directoire et les conseils à prononcer la réforme d*un grand nombre d'officiers , l'odieux de cette mesure tomba sur celui des directeurs qui avait dans son d^rtement les affaires militaires.

Carnot se vit alors en butte à d'implacables ressentiments, et ses adversaires politiques surent habilement en profiter comme d'un instrument de vengeance propre à amener les événements que la faction de Clichy préparait dans l'ombre. Le Directoire, menacé par ce parti , et ne pouvant plus compter sur la majorité oes conseils, ne voyait son salut que dans un coup d'£tat. Carnot seul s'/ opposa.

4M ' FRABCB.

CAS

-et cette dissidence amena entre les - directeurs une mésintelligence qui loi devint funeste ; la journée du 18 fructidor servis de prétexte pour le proicrire.

Carnot qui, lors de le levée de boucliers du parti elicbleii , n'avait vouhi

employer que des moyens léc;aux de répression, fut compris dans le même arrêt de proscription qui atteignit .eeax qu'il avait combattus. Forcé de quitter la France , après avoir été dépouillé de ses biens , ce ne fut que par sa présence d'esprit et grâce au .défouement de quelques amis quMl pvt se soustraire aux persécutions des prescripteurs, dont la. haine le poursuivit même sur le sol étranger. Il parvint à gagner la Suisse, non sans courir les plus grands dangers, et se retira ensuite a Augsbourg. C'est de cette ville qu'il répondit au rapport de Bailleul sur le 18 fructidor.

• « Mon but , dit-il en terminant , fut « de faire aimer la république, en lui « donnant pour base une liberté réelle,

et non consistant dans des exprès»

« sions dérisoires. J*ai désiré que les « citoyens fussent dirigés dans leur « conduite par des institutions con- « verties en habitudes , plus (]ue par « 1m menaces de la loi ; j*ai pensé « qu'il valait mieux laisser les préjugés « se dissiper insensiblement par les « tamières de la raison , que de les

« extirper avec violence Je n'ai

« point usé du long exercice du pou- « voir qui m'a été confié pour amas- «. serdes richesses, pour élever mes m parents aux emplois ; mes mains

• « sont nettes et mon cœur est nur. » Cet écrit porta un coup mortel aux

•ennemis de Carnot Peu de tempi après le 18 brumaire , son rappel , reclamé par l'opinion publique, rut prononcé par les consuls , et Napoléon s'empressa de lui confier le portefeuille de la guerre. Les succès qui signalé* rent sa troisième administration ne furent pas moins brillants que ceux qu'il avait obtenus sous le comité de •alut public et sous le Directoire. Il sut imprimer aux bureaux une marche toute BouTcllc , ramena l'ordre et

l'économie dans les dépenses , fit sieurs créations importantes, et réorganisa le bureau topographique dépendant de son dépnrtemeut. Ses travaux administratifs ne Tempéchèrent pas de cultiver les sciences auxquelles il portait une prédilection particMilière : Il publia une lettre du ci' ioyen Carnot au citoyen Bossu , contenarU quelques vues nouvelles sur la trigonométrie. Lorsque le vainqueur de Mnreniîo fut de retour à Paris, Carnot lui proposa de décerner à la Tour d'Auvergne le titre de premier grentuUer de Ftanee, et de transférer niix Invalides les cendres de Tiirenne.

« Aux braves, disait-il, appartient la « cendre du brave ; ils en sont les « gardiens naturels ; ils doivent en « CXre les dépositairesjaloux. Un droit « reste après la mort au guerrier qui « fut moissonné sur le champ des « combats : celui de demeurer sous la « sauvegarde des guerriers qui lui - « survivent, de partager avec eux i'a- « sile consacré à la gloire ; car la • gloire est une ])ropriété que la mort « n'enlève pas.» Ce furent les derniers actes de son administration. Il était difficile , en effet , que Carnot vécût longtemps en bonne intelligence avec Napoléon; il lutta cependant avec persévérance, dans l'espoir de conserver à la France les institutions républicaines; mais lorsqu il vit que ses efforts devenaient inutiles , il donna sa démission, le 5 octobre de l'année 1800. Appelé par le sénat à siéger parmi les tribuns , il resta fidèle à la cause populaire et à la défense des libertés publiques. II fut le seul qui, malgré les représentations et les sollicitations de ses collègues , combattit énergiquement la propositiiMi du constilat à vie. et se prononça avec cbaleur contre l'établissement de la monarchie impériale. Malgré cette vive et courageuse résistance , il fut compris dans la promotion des chevaliers de la Légion d'honneur du 14 juin

Après la suppression du tribunat,

Carnot rentra dans la vie privée. Il

partagea ses loisirs entre l'éducation

.^.868 enfants, rétu.<ie des sdeoo^s .et la littérature. Cependant, en 1807,

Kapoiéon se rappein que Carnot s'était retiré sans traitement , et i! ao quilta ia dette sacrée de la iiation et M sienne propre , en lui allouant une

fiension de dix mille francs. En 1809, 'empereur sougea encore à Carnot; . il écrivait à son ministre de la guerre : . « Kotre militaire est peu instruit; Il « faut s'occuper d'un ouvrage pour « récolo de Metz. .J'attache une grande « importance £^ cet ouvrage, et celui

■ « gui le fera bien méritera -beaneoup . « de moi. . . . C'est un travail complet « à faire, et je crois que Carnot serait « très-propre à s'en cliar^er. Le tout .« aoit être dé faire sentir de quelle « importance est la défense des pla- « ces , et d'exciter l'enthousiasme des .«jeunes militaires. » Le ministre [Qàrke communiqua cette invitation indirecte à Carnot , qui y répondit Tannée suivante par son Traité de la .défense des places fortes^ l'un de ses ouvrages les p!u8Teii(iarquable8,etatti est devenu «assique pour les muitaires.

Au, milieu des envahissements du

Souyôir impérial , quelques collègues e iCarnot , revenus de leur enthousiasme, lui exprimèrent souvent leurs regrets d'avoir attaché leur nom à la . fondation d'un aussi violent régime.

« Il est trop tard , répondit Carnot, « vous avez placé Bonaparte si haut « que vous ne pouvez plus l'atteindre.»

■ Mais à l'époque des désastres de Iftia t bien dinérent de la tourbe ae ces courtisans qui abandonnaient l'empereur après l'avoir perdu par leurs flatteries, il lui écrivit pour lui oi&ir son dévouement et son épée.

« Aussi longtemps que le succès a . « couronné vos entreprises, lui disait- . « il, je me suis abstenu d'offrir à Votre . • Majesté des services que je n'ai pas .« cru lui ^tre agréables; aujourd'hui, j« sire, que la mauvaise fortune met ] « votre constanceàune grande épreuve, ' « je ne balanœptus à vous faire l>'ofrre

« des faibles moyens qui me restent;.... «' il est encore temps pour vous, sire, ^ « de conquérir une poix glorieuse , et

fW- CAS

. «: de faire que Tamofir du grand peii- « pie vous soit neadu. • Ifopoiéoii le

montra plus heureux qu'étonné de Cet acte de dévouement , il savait de quoi Carnot était capable pour le sulut de la patrie, « Dès que Carnot offre ses « services, dit-il au ministre de la « guerre qui lui présentait cette lettre, « il sera ûdèle au poste que je lui au* « rai conGé. » Carnot reçut le liMvit de général de division le 25 février, et alla prendre le commandement d'Anvers. 11 arriva dans cette place au moment même où l'on eomnleiiçait à |a bombarder ; quelques jours ayant suffi pour ses préparatifs de défense, il ordonna immédiatement des sortiqs qui détruisirént les travaui dn aasiégeants , et se prépara à là pliis vigoureuse résistance : on sait à quelles séductions il fut exposé et comment il justifia la conâanee qdè. Napoléon avait placée dans sa fidélité et ses talents. Après l'abdication de l'empereur, il donna son jidiiesion aux actes du gouvernement jiroviaoire; il lut nommé aux fonctions d'inspecteur général du génie. A son retour de l'île d'Ëlbe , iSapoléon olïrit le porte- Mlla del*intérieur à Carnot, qui l'at»

oepta^ et fit de vains efforts pour ramener l'empereur à un système politique plus en iiarmonie avec les vœux et avec l«a besoins de la nation. Au milieu des dangers de la patrie, il trouva encore l'occasion de doter la France d'une des ^lus belles conquêtes de ta philanthropie moderne : nous voulons , parler de rinstitutioa de Venseignemfnf mutuel.

Lorsque i empereur voulut abdiquer pour la seconde fois , Carnot s'y opposa avec autant d'énergie que dix ana auparavant il avait combattu son élection a rem|)ire. Voyant que son avis n'était pas écouté , il céda à un mouvement de découragement , et ne pût s'empêcher de verser des larmes. Il n'est pas douteux aujourd'hui que, si jNapoléon eût suivi ce conseil, sa fortune n*aurait pas été se briser contre les rochers de Sainte-Hélène. Napoléon sembla le reconnaître , lorsqu'au moment de quitler k France il

CAR

««mimisia le erand eftoyen; ho loi di- teùr de eet eiraonsteno^. 2/4mi{cra-

sant , avec 1 expression do plus pro- tion des nobles avait privé nos soldai

fond regret: « Carnet, je vous ni connu trop tard. » La chambre ayant décrété Ja rormation d*une commission pro-

irisoire pobr Texereieedu pcavoir exécutif, Carnot fut nommé membre de Cette commission; mais les intrigues de Foiiché firent échouer tontes les réiolotioiis les plus énergiques.

La seconde restau ration ne pnrdonna pas à Carnot sa conduite pendant les cent jours. Compris dans l'ordonnance

'du 24 juillet 1815, il se fit forcé de s'expatrier, et d'abandonner la France, qu'il aimait plus que la vie, et qu'il avait servie avec tant de grandeur

'd'âme. Il se retira d*aborden Pologne, après la publication de son Mémoire au roîj se fixa quelque temps à Varsovie, oij les Polonais Taccueillirent

de leur état-major, la traliison et les succès de )a coalition avaient décimé les nings de notre armée; il remplaça les efliciers de l'ancien régime par Jet sous-oflBciers de la révolution , entretint les douze cent mille hommes qui oomposaient les quatorze armées de la Cbnvention, et forma des généraux dignes de les commander, tels que Moreau, Hoche, Jourdan, Pichegru, et tant d'autres. Lui-même, après avoir firit- aes prcotes au feu, revint à Pana dresser des plans de campagne dans son cabinet, et, comme on l'a dit souvent, y organiser la victoire. Il fut, pour la milice répubiieaÎDe t à la .^B un major général et un instituteur, non -seulement pour les règles de la guerre, mais encore pour les principes

cottime un concitoyen, et lui rendfrcat politiques. Voulant Aire de ohaque

les plus grands honneurs. Sa santé, nvais plus encore la jalousie du prince Constantin, l'ayant forcé de quitter la Pologne, il Tint se fixer à M agdebourg. T.n , romnip à Varsovie, il se vit entouré de l'estime et de la considération des habitants , et plus particuliè-

' Vetneut des savants, des liommee d'État et des militaires. Il mourut dans cette ville, le 2 aoilt 1823, regretté de tous ceux avec qui il avait eu des re-

' lations HAtons-nOds d'ajouter que

la France protesta aussi, par son deuil,

■ contre la cruauté du gouvernement

3ui avait condamné un pareil homme aller finir ses joars dans Texil.

Carnot est, sans contredit , un des acteurs les plus remarquables de notre

citoyen un soldat, et de chaque soldat un citoyen, ce qui était néeessaire pour le salut de la patrie, la Convention pi^it Carnot pour oiinistre, et, soutenu p^r elle, soutenu par l'enthousiasme national, il devint l'âme &e nos quatorze armées. S'il est ou non l'inventeur de eette nouvelle tactique qui, modifiant toutes les anciennes traditions de la stratégie, rendit la grande guerre possible et JNapoleon avec elle, c'est une

Suestion sur laquelle les avis peuvent tre pnrl.igés. Les uns attribuent cette dérouverte au général Grimoard , qui la réclame, les autres remontent à des temps encore plus reculés ; il en est, et ce sont les plus nombreux, qui pensent que cette méthode fut tou-

toutes les vertus d'un grand citoyen : immense. Quoi qu'il en soit , tout le

patriotisme, intégrité, dévouementsans monde est d'accord que Carnot en (it

- Domes à la chose publiqne. Gomme une large applieation en 1798 et 1794,

militaire, sa physionomie se dessine lorsqu'au lieu de perdre son temps a

■ d'une manière exceptionnelle à côté couvrir Paris, il déborda les deux ailes

' de celle de tous nos généraux ; infe» de l'armée ennemie , étonnée de se

' Heiir à napoléon pour rattaaue, il est voir obligée de battre en retraite de-

' son prédécesseur, sinon son ^ai, pour vant des conscrits qu'elle croyait hors

In défensive. Ayant eu la fortune d être d'état de se défendre. Tout le monde

' placé dans des circonstances tout à fait convient aussi que, s'il n'avait pas

neavei ^ il a lia se moutrèr à la IMU* oompris la fvtttéedii noarfliu système,

M CAS L*U]!OTEBS. CAS

les toldats de la république auraient Carnot a laissé deux fils : Tafné,

en besoin de vener beaucoup plus de SatU, capitaine du çénie , est mort m

sang pour triompher. Voilà pourquoi, 1832, victime de répidéiniecliolérique;

lorsque la réaction thermidorienne c'était un officier du plus haut mérite;

voulut renvoyer au supplice, le mot le secoud Lazare- JJippoly te, qui a

de Bourdon âe TOîse arrêta le glaive suivi ton père dans l'exil, est aujoor*

}>rét à tomber sur sa téte, et fit rougir d'hui membre de la chambre des dé- *accusateur lui-même. Mais la restau- putés. Le rôle honorable qu'il a joué ration fut encore moins généreuse que dans la révolution de luiliet, l'avenir les thermidoriens: die ne se borna auquel il semble appelé, et les sacri- |>as à le menacer, elle renvoya mourir fices qu'il a déjà faits pour la cause sur une terre étrangère. nationale, toujours si noblement dé- Carnot s'est fait, en outre, un beau fendue par son père, sont autant de nom dans la science; Tarme dn génie motifs qui nous font un devoir d*enet les mathématiques lui doivent de trer dans Quelques détails sur ses dégrands progrès, et pour le calctil infi' buts dans la carrière politique, nitésimal , il a surpassé Leibuitz. Ce Lazare-Uippojy te Cab^vot est né \û qui lui restait de misir, il le oonsa- C avril 1801, a Saint^mer (Pas-deerait à la ealture des lettres, et la sen- Calais). H mvait à péw trois ans, sibilité de son âme s*épancha plus lorsque son père osa seul élever la d'une fois en poésies fugitives. Indé- voix contre l'établissement d'un empendamment des ouvrages que nous pire héréditaire. Étant allé voir Caravons cités, on a de lui : Observations not pour lui représenter les dangers sur la lettre de M. Choderloz de IM' auxauels son opposition l'exposcut , clox contre réloge de aiéaUf 1783, un ae ses anciens amis le trouva avec in-S"; Exploits des Français depuis . ses deux enfants, l'un sur ses genoux, le 22 firuetidor an V Jusqu'au 15 • l'autre jouant à ses côtés. La réponse pluviôse an fi de la république fran- que luiiitCarnol mérite d'être relatée: çaisCy Bàle, 1796, in-8"; Œuvres de « Ces danf^ers, dit il, je ne les crains mathématiques y 1797, in-8**; Ré- a pas pour moi -même; mais croyez Ih'xions sur la métaphysique du cal- « que je ne me suis pas déterminé sans cul infinitésimaly 1799, in-8** (2* édi- « réflexion à un acte qui fermera peuttion\ Paris, 1813, traduiten allemand «être toute carrière politi(]ue à ces et eu anglais; Second mémoire de « enfants dans le gouvernement qui se Camotf Hambourg, 1799, in-12; De «prépare.»

la corrélation des figures de géomé- Sous la seconde restauration, lors-

triey 1801, in-8°; Principes fonda- que la loi dite d'amnistie contraignit

mentaux de Véquilibre et du mouve- Carnot à quitter la France, liippolyte,

menty Paris, 1818, in^; Géométrie qui avait alors quatorze ans, lui de*

de position, Paris, 1813, in-4°, fîg.; manda comme une grâce de Taccom*

Discours sur l'hérédité de la souve- pagner dans l'exil. Ils partirent sous

raineté en France, prononcé au tri- de faux noms, et, à la suite d'un

bunat le 11 floréal an xn, 1804, in*8*; voyage plein de dangers , ils arrivè-

Mémoire sur la relation qui existe rent, en janvier 1816, à Varsovie, où

entre les distances respectives de cinq Carnot fut reçu en triomphe, et oii

points quelconques pris dans l'espace; son fils se lia d'amitié avec plusieurs

suM œun essai sur la théorie des jeunes gens, qui plus tard ont pris une

transversales^ 1806, in«4'', fig. ; Mé- part glorieuse à la révolution polo-

moire adresse au roi en juillet 1814, naise. Bientôt après, ne pouvant plus

par M. Carnot, lieutenant général, etc., supporter les procédés jaloux dugrand-

Paris, 1814, in-8*; Correspondance duc Constantin, Carnot se retira en

inédite de Carnot avec Napoléon, Allemagne, et vint se fixer à Magde-

Paris, 1815, in-S"; OpusctUei poéH" hourg. Là, pendant un séjour de sept

ques, Paris, 1820, iu-S * années , U consacra tout eotier à

CAft

rédiieatioii de son ffls jusqu'en im,

époque où il mourut. Hippolyte Carnot revint alors en France. Les i«lées sair>tsimoniennes commençaient à s'y produire; elles étaient encore loin de ee degré d'exagération qui leur a fait tant de tort. Hippolyte Carnot, élevé par son père dans Tamour du peuple, ne |Mit rester froid à nne doctnne qui

(promettait Taffraurhissement du proétaire , et qui voulait que toutes les iostitutions sociales eussent pour but raméiioration morale, physique et intellectuelle de la elasse fa plos nombreuse et la plus pauvre. Il associa ses efforts à ceux de MM. Bazard et Enfantin , qui dirigeaient en commun la société saint-simonienne, et fit plasieurs enseignements qui eurent beaucoup de succès. Il était si éloigne de prévoir les malheureuses modifications que subit plus tard la nouvelle doctrine, qu'il continua à faire partie de la Société de la viorale chrétienne.

Un fait qui mérite aussi d'être remarqué, d'est que son père, frappé luimême par la profondeur de quelques

{mssages de Henri de Saint-Simon sur *organisatioa sociale, avait désigné à son attention les ouvrages de ce génie originalfOavragesauxq uelsa^ donnée depuis une interprétation si extraordinaire. Lorsque la révolution de juillet éclata , Hippolyte Carnot fut du petit nombre des disciples de la nouvelle école qui refusèrent de se conformer à l'ordre qui leur défendait de se mêler au mouvement insurrectionnel. Il descendit dans la rue, et com- Jt»attit les armes à la main l'aneieii régime , qu'il avait attaqué dans ses écrits. Dans la journée du 29, il devint menoîirede la municipalité improvisée de son arrondissement. Après la victoire, on lui proposa d'entrer dans TadministratioD, à Texemple de la plu-

rt de ses eollègoes de fa Société de morale chrétienne; niais il refusa de prendre sa part du butin. Lorsque ]a division se mit dans le saint-simonisme, et que M. Enfentin, victorieux des tendances démocratiques de !M. Ba- Tard , se fut déclaré seul chef de la

doctrine, Hippolyte Uroot fut un des

premiers à flétrir la théorie morale du .

nouveau pontife; il se retira en disant qu'entendre, comme M. Enfantin le faisait, les rapports des sexes, n'était autre chose que setncUormer Cadul^, Il rentra alors plus librement dans le mouvement politique, et, fidèle à ses principes, il continua de défendre avec uoe nouvelleardeurla cause delà démocratie. En 1835, il fut inscrit, par les accusés d'avril , dans le conseil de défense

Su'ils demandaient à la cour des pairs, ^uz élections de 1837, il fut porté à la candidature, quoique absent, par quatre collèges électoraux de la Bourgogne. Kn 1839, après la dissolution de la chambre, il fut choisi pour pré< sider le comité central des lecteurs de Paris. ICnfin, dans le rourant de la même année , sur la présentation de MM. Arago et LafQtte, il fut nommé député par les électeurs du sixième arrondissement de Paris. A la chambre, IM. Ilippolvte Carnot siège sur les bancs Ue l'extrême gauche. Il vote, dit la Biographie des nonuDcs du jour, à laquelle nous renvoyons le lecteur pour de plus longs détails, il vote avec ceux qui croient à la nécessité de grandes réformes dans nos institutions, mais qui les veulent progressives, autant que possible pacifiques, et qui professent que la légitimité et la justice des moyens ne sont pas moms à considérer que celles do buta atteindre. Ajoutons que, jusqu'à ce Jour, il a dignement porté le grand nom que lui a légué son père. Dans, toutes les ctrconstances importantes, le pays, nous en sommes aOrs, trouvera en lui un bon citoyen.

' 11 se dispose à publier plusieurs ouvrages, entre autres des mémoires sur la vie de son père, des esquisses sur l'Allemagne, et une histoire du aaintsimonisme.

Le général Carnot a en plosieui frères qui se sont tous montras dignes de ce nom.

Joseph-François- Clatide GARlfOT« conseiller à la cour de cassation et membre de l'Institut, né en 17&3t mort en 1839, fut, par ses lumières, son intégrité et son courage, un dei|

ornements dé là magistrature, où il entra dès l'âge de vingt ans. Justement regardé comme i*uu de nos plus pro-.

fonds GriminaltstiM, il a publié : 1^ un Traité de ^instruction criminelle, 3 vol. in-4», Paris; a» Examen des lois relatives à la liberté de la presse, Paris, 1890 01 18»$ 8' Corn»

mentaire sur te code péMtiL '

Charles-Marie CaJinot-Faulins , lieutenant général, né en 17&ô, était capitaine du génie lorsque la révolution écluta. Etabli dans le départemtnt du Pas-de-Calais, il en fut nommé administrateur en 1790, puis, en 1791 , député à l'Assemblée législative , où il fût niembre én comité militaire pendant tout le temps de la session. Il rendit de grands services à la célèbre bataille de Wati^nies. Kommé ensuite inembra 4o comité d€d fortifications, il présenta et fit adopter des projets importants d'amélioration dans la défense des places. Ayant plus tard partagé la proscription dt ioit frèra, il iîit obligé de quitter Paris, et ne rentra dans son grade que pour s'en démettre éncore, par suite de son opposition oontre le premier eonsul. Il reste plu* sieurs années sans traitement ni pension, et ne reprit son emploi qu'après la premiérqabdicatipn. Envoyé, en ISlô, ë la chambré des représealanie ^r ta département de Sa6ne-et-Loire, il doK vint l'un des secrétaires de cette assemblée, et tut chargé, avec ses collègues da iKiwan,' d*a]ler .porter è Bonaparte Pacte d'acceptation de sa seconde abdication. Il fut ensuite char-

f[é, par intérim, du portefeuille de 'intérieur jusqu'à la rentrée du roi k Faris, le 8 juillet 1815. Quelque temps après, il fut mis à la retraite. Il reçut, ên 1817, le brevet de lieutenant général, et continua de vivre au seiq de sa famille. Il mourut à Autaa, en

!• Claude- Marguerite Carnot, né en 1754, se livra à l'élude de la jurisprud'enee; et' orâapè , dtfna le département de la CAte-d'Or, divers emplois civils et judiciaires. Il est mort le 15 mars 1808, procureur général près la cour jHe justice citiiiîiifliit du itépartemem

de fialikOHSt-Loire. Uempereur fipdiiHi * ; de vifs regrets sur sa perte. ,

Gabnutes, peuple gaulois dont ic , territoire correspondait à celui des anciens diocèses de Chartres, d'Ôr- .

léans et de Blois. On voit figurer ce , peuple dans la première époque fie , rbifitoire des Oaules. Non-seiilemeii| .

OSsar^ mais Strabon, Pline et^PtoIé».' mée , en font mention. Ce dernier auteur leur donne pour villes principales '. AutrUmm (Chartres) eiCençibum (Orléans). Autrieum prit,commebeaucoup d'autres villes gauloises, vers la fin de la puissance romaine, le nom du peuple qui l'habitait, et s'appela Carnutes ou Camatesi*).

Carny (N.), commissaire général des poudres et salpêtres, né au milieu du siècle dernier, était issu d'une des. . meilleures familles du Dauphiné. I(, entra, jeupe encore, dans 1 administration des poudres et salpêtres, et s'y iÀt bientôt remarquer. 1| devint le collaborateur et Tami de Monge, de.' Vauqiielin, de Berthollet, de Guyton-'.

]\lorveau et de Lavoisicr. Quand la France eut à luttpr contre l'Europe, entière, et que la poudre manquait à nos soldats , Carny trouva des procédés plus expéditifs pour en fabriquer.

J^pmmé alors comfuissaire pour raf-, finage du salpêtre et la fabrieàtion de] lu pOudre dans toute l'étendue de |a-' France, il monta la poudrière de Grenelle ; vingt-quatre milliers de poudre, sortirent toqs les jours de ses ateliers,, et furent conduits en posté à Tarmée,' Carny ne sollicita jamais rien pour luimême, malgré les nombreux services qu'il rendit a sa patrie, en créant sucoessiven^ent un grand nombre d'établissementf util^ U moufut 4 l'iancy en 1830.

Carolikç ( Marie- Annoncîade Bonaparte), sœur de JVapoléon et femme de Joachim Murât, roi de Nnples, naquit à Ajaccio en 1782. Elle vint en France, eu 1793, avec sa famille, qui àvalf été-eo7e|6ppée dqns les proscrip^ tions 4oDt Paoïi frappa |é parti

(*) Yoyejc Walckeuaer , Géographie aa-x çiefft^f tku Gaules, 1. p. 400,

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trîote. Napoléon , devenu premier consul, In maria au j^^énéral Murât, qui dut à riniliience de Oaroliiie autant uu'à sa bravoure militaire la haute fortune dont il abusa si tristement plus tard. Successivement j^rande-ducliesse de Berg et reine de ISaples, la princesse Caroline se concilia rattachement des j)euples. F.lle prit toujours une part active à TadmiDistration du royaume de Naples, et gouverna, en

aualité de récente , pendant l'absence e Murât. Elle s'entoura d'hommes instruits, protégea les lettres, fonda un grand nombre d'institutions utiles qui durent encore, et s'eflorça d'élever la nation napolitaine au rang des peu* pies de premier ordre. Ce fut elle qui restaura le nmsée des antiques de Naples, qui organisa les fouilles de Pompéia sur un meilleur systènic, et qui en fit exhumer les monuments les plus précieux. On lui doit aussi l'claplissementd'une maison d'éducation de trois cents demoiselles, établissement qu'elle soutint de ses propres deniers.

En 1815, lorsque la cause de l'emnereur son frère et du roi son mari tut complètement perdue, Caroline, au moment de quitter Naples, prit des mesures énergiques pour prévenir les troubles. Avant de mettre a la voile, elle stipula avec le conmiodore Campbell, qui couunandait la Hutte anglaise, que les propriétés des Napolitains seraient respectées. Elle se relira alors en Autriche, et se fixa à Baimbourg, près de Vienne, où elle vécut dans la retraite sous le nom de comtesse Lipona (anagramme de ISapoli). Plus tard , elle vint en France demander une indemnité qui compensât la perte qu'elle avait essuyée par suite de la restitution faite à la famille d'Orléans du domaine de Neuilly, que Murât avait acheté de se^ deniers. Cette indemnité n'aurait dd cx)ncerner que la liste civile; le ministère trouva plus convenable de l'imputer sur le budget.

Un projet de loi fut présenté a ce sujet par le gouvernement à la chambre des députés en 1838. Après une discussion anmiée, où la conduite de Murât envers la France re^ut le blâme qu'elle

mérite , la majorité se décfda cependant à voter une loi ainsi conçue : <t H est accordé à madame la comtesse de Lipona une pension annuelle et viagère de cent mille francs. Cette pension sera incessible et insaisissable, et ins' crite sur le grand-livre de la dette publique, avec jouissance du l*"" jnri* vier 1838. » Cette mesure fut accueillie défavorablement par le public. Caroline Bonaparte mourut peu de temps après.

Caholingiens. Voyez Cahlovin*

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