CAB FRANCE. CAR
ro/* italiens, au nombre (le cinquante, et leurs attributs n'étaient point les
étaient divisées en cinq séries ou cou- mêmes que de nos jours ; mais les
leun , de dix œites cImcuim« Nulle eeuronnet des roisédrient tmitef for^
inscription, nulle lettre, nul numéro, niées de fleurs de lis, et les costumes n'indique la manière de les arranger ; étaient ceux du règne de Cbarles Vil, et il est a croire qu'on les distrit)uait qui monta sur le trône en 1422. Tout comme elles se préstntafent après nous indique que c'est du temM de œ qu*on les avait battues , et qu'on lais» prince que les cartes sont oevemitt sait au hasard le soin d'amener des insensiblement ce qu'elles sont encore, combinaisons j^lus ou moins amusan- s'il est vrai aue certaines figures soient tes ou iiistruetîtes. - bien Tembleme des personnages his- A supposer (pie ces Oartes aient été toriques qu'ellis sont supposées reintroduites en France en 1369, celles présenter. Suivant une explication dont on se sert aujourd'hui ne tardé- assez ingénieuse, si elle n'est pas rirent pas à ir être en usage , pour la sa- goureosement exacte , le jeu de cartes tisfiiction 'de ceux qui cherchaient serait Pi mage d'un Jeu plus terrible, dans lin jeu plutf'it les émotions que celui de la guerre. I,es cœurs figuredonnent la crainte ou l'espérance, raient la bravoure militaire; les piqu'un délaSàement agréable et instruo- ques et les carreaux , les armes dont tif; car, en 1397, une ordonnancedu un roi prévoyant doit tenir ses arseprévôt de Paris les déteiiriit dans les ra- naux toujours remplis ; les trèfles, les barets, aussi bien que lesjeux de paume, approvisionnements de Iburragp et de de boules, de dés et de (fuiiles. Ces car- vivres ; enfin les as, nom d une montes, dont sont issues les nôtres, et que naie romaine, les finances, qui sont nous appellerons aven M. Ducbesne lenerf delà guerre. Quant aux figures, des caries viimèrales , étaient eom- trois des rois sont cenx's représenter posées de quatre compagnies égales , Alexandre , (^esar et Charlemagne ; ayant une enseigne pour les reconnaf- mais le roi de pique , appelé David , tre. fluKiiie cnnipagnie. huit sol- sernit l'emblème de Charles VII, (pii fut dats, niniUTotés de deux a neuf, avaient poursuivi par son père , comme David à leur tête un roi, une reine, un écuyer le fut par Saut. La dame de treiJe, nomet un vartet. L'as servait d'enseigne ; mée Argine , anagramme de Regina , et TOllà pourquoi , dans la plupart des serait Marie d'Anjou, femme de Charjeux , Il marche le premier, et est re- les VII ; la dame de carreau, Rad/cl, gardé comme la plus forte carte. Plus Agnes Sorel: la dame de pique. J'aitard , on supprima l'écuyer , et on lui ku, la Pucelle d'Orléans ; la dame de substitua un soldat portant le numéro cœur, Judith, Isabeau de Bavière , dix , et les cartes numérales reçurent femme de Charles VI. Des quatre vnl'arrangement qu'elles ont aujour- lets ou varlets, Ogier et Lan(^elot d'bui. sont deux preux du temps de Char- 'Les Allures de ces prémières cartes lemagne, Hector de Galand et Lahirc ne portaient point les noms que nous deux capitaines du temps de Charles leur donnons à présent. Le roi de Vil. Si cette explication est Juste, elle carreau s'appelait Omm^, nom que justifie l'opinion que nous avons les romans donnaient à un ancien roi émise, que les cartes que Jacquemin sarrasin ; le roi de pi(iue s'appelait (rringonneur pei2:nit pour Charles \ i ApoUin, du nom d'une idole attri- étaient tout u fait duïerentes de celles buée aux peuples du Levant par les dont nous nous servons, vieilles histoires des croisades ; le va> : Si les cartes, ainsi composées, let de trèfle s'appelait Rolan , Ttin des purent offrir d'abord (jiielque mstruopreux , et neveu de Charlemagut?. tion , elles devinrent bient(>t un futile Plusieurs figures n'avaient point de moyen d'amusement dont on abusa ennoms, et étaient accompagnées de de- suite d'une manière étrange. Les conh vises morales ou satiriques. Leur pose binaisons mathématiques dont elles se
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trouvèrent susceptibles donnèrent lieu à des lattes dans Msqtidies, au seiziènM siècle, on engagea des sommes telles que des fortunes immenses furent compromises. Le préambule d'une ordonnance rendue le 99 mai 1583 , par Henri III, donne, en ces mots, une idée de Texcès auquel était parvenu le désordre :
« Chacun voit par expérience que les jeux de cartes , tarots et dez , au lieu de servir de plaisir et de récréation , selon l'intention de ceux qiti les ont inventez , ne servent à présent que de dommage notoire et scandale publie estans jeux de hnzard , subjets a toute espèce de piperie, fraudes et deceptions, apportans grande despence, querelles, blasphesmes, meurtres, deshauches, ruynes et perdition de famille, et (le ceux qui en font profession ordinaire, mesme de la jeunesse qui y consomme tous ses moyens et liiens, de la perte desquels s'ensuit une ninuvaise et scandaleuse vie, im grand préjudice du public, ce qui procède de ce qu'aucuns tiennent banque et maison ouverte à tels jeux , pour tirer commodité desdites piperies à tous
i'ours et heures, singulièrement ès estes et dimanches, aulieu de vacquer au service de Dieu. »
Après une peinture si énergique et si vraie des désastres produits par les cartes , ou s'attend que le roi va les frapper de prohibition. Point du tout.
Désespérant sans doute d'extirper !in vice trop profondément enracine, il se borna à en tirer profit, en soumet* tant chaque paire de jeux de cartes à une imposition d'un sou parisis.
Ce qu on aura peine à croire, c'est le nombre de dispositions légales auxquelles donna lieu une chose aussi fu* tile. Rnppelons-en quelques-unes: le 21 février 1581, fut établi sur l'exportation des cartes un droit que supprima Tordonnance de 1583, dont nous venous de reproduire le préambule. Kn 1G05, le 14 janvier, une déclaration fixa le nombre des villes dans lesquelles il serait permis de fabriquer des cartes; et cette faiiricntion fut soumise 5 plusieurs règlements, notamment dans
Jes années 1661 et 1776. En octobre 17Q1 , il fet établi sur les èartes , en
remplacement de la taxe de 1583, qui probablement avait cessé d'être exigée, un impôt qui fut aboli par la loi du 2 mars 1791, puis rétabli par d'autres, spécialement par celles des 30 septembre 1797, 22 janvier, 8 mai , 3 novembre 1798, 30 juillet 1804, 22 mars 1805, par le décret du 9 février 1810, par la loi du 28 avril. 1816, et par Tordonnancedu ISjuin 1817. Une ordonnance du 4 juillet 1821 soumit les cartes à un nouveau contrôle. L'impôt auquel elles sont soumises se perçoit par le moyen du timbre dont elles sont frappées.
C'est l'administration qui fournit le papier dont elles sout faites , et sur lequel sont gravées en encre pâle et au trait les figures et numéros qu'elles doivent offrir aux yeux. Pour en fabriquer et en vendre en détail , il faut une permission de Tautorité.
Pendant la révolution, on réforma les cartes qui se trouvaient en contradiction avec la forme du gouvernement. A des images grotesque*ment faites, grossièrement enluminées, et n'attestant en rien le progrès des arts , le crayon de David substitua une composition élégante, un trait plein de pureté, des draperies savamment agencées, que Ton coloria avec bon goût. Les quatre rois qui sont de* bout furent remplacés par -quatre figures d'hommes assis, coiffés du bonnet nlirygien , et environnés de leurs attributs. Ces quatre figures représentaient le génie de la guerre, le ^cnie du commerce , le génie de la paix , et celui des arts. Les quatre dames durant céder la place à la liberté des cultes , des professions, du mariage et de la presse , figurées toutes les quatre par autant de femmes debout, coiffées et vêtues à Tantique : quatre hommes assis, en costume civil ou militaire, représentant l'égalité de rang, l'égalité de couleur, l'égalité de droits, et l'éiiNlite de devoirs, remplaçaient les quatre valets.
Cette réforme dans les cartes en amena forcément une dans le vocabulaire des joueurs. Ainsi , au piquet, au
Heu de quinte au roi , on dut dire ,
3uinte au génie; au lieu de quatorze e dames, il fallut compter quatorze de liberté, etc. Cette manière déparier, à Inqtielle on n'était point lait, nuisit autant que Tesprit de parti au succès des nouvelles cartes ; et on rechercha toujours les anciennes, dont on était (le lon^^iie main habitué à se servir. Les nouvelles cartes tombèrent avec la forme de gouvernement qui leur avait donné naissance , et on reprit les anciennes. Ce qu'alors on aurait dil faire , c'était de protiter de leur retour pour donner, principalement aux figures, plus de grâce dans In pose, plus de gortt dans les ajustenifiits, plus de fini dans l'exécution; et ou ne le lit pas. Les vieilles cartes revinrent telles qu'elles étaient antrefois, et se perpétuèrent dnns leur imperfection |)rimiti've, comme si nous n'avions eu depuis qu'elles furent inventées, ni dessinateurs, ni graveurs, ni coloristes.
Personne nMgnore que les cartes donnent lieu à grand nombre de jeux qui mettent en péril les biens, Tnon* neur et quelquefois la vie des imprudents qui y rherchent d'abord une ressource contre l'ennui , et finissent par s*en faire un funeste besoin. Ce serait une bien effiroyable liste que celle des vols , des meurtres , des suicides dont ont été la cause ces n)orceaux de cartons peints de rouge et de noir. Les jeux où le hasard est le seul arbitre de la perte ou du gain sont défendns dans les lieux publics et les maisons de réunion. On tolère ceux qui sont appelés jeux de commerce, dans lesquels le calcul entre pour quelque chose; et c'est un mal , car, souvent aussi désastreux que les autres, ils sont une cause perpétuelle de démoralisation par les friponneries dont ils font naître l'idée et fournissent l'occasion , même dans les cercles les mieux composes. De
élus, il en est de cette catégorie, la ouillotte par exemple, dans lesquels domine seul et souverainement le hasard.
Nous n'essayerons pas de donner oonnaissanoe des nombnuses oombi-
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naisons mathématiques dont sont susceptibles les trente-deux cartes d'un Jeu de piquet, ou les cinquante-deux d*un ieu entier; nous dirons seulement
que des hommes exercés en tirent parti pour faire, avec habileté, une grande quantité de tours surprenants d'escamotage et de calcul Nous ajouterons (lue d'autres, qui prétendent y lire 1 avenir, s'en font un moyen d'existence aux déoens de l'ignorance qui a en eux une mi stupide. Les premiers exercent librement leur amusante industrie dans des salles de spectacle, dans des salons où on les appelle , ou sur les places publiques qu'on leur abandonne. Quant aux seconds , on les laisse assez volontiers leurrer d'espérances ceux qui se rendent chez eux pour connaître leur destinée-, témoin la célèbre demoiselle Lenormand, qui jouit d'une si grande réputation du temps de l'empire; et le sieur Moreau, si cher aux petites bourgeoises et aux grisettes, qui ne pouvaient pas prétendre à l'honneur d'être admises aans le sanctuaire de la grande prophetesse.
Mais la police arrête les devins, et le tribunal correctionnel les punit toutes les fois qu'à l'aide de leur science prétendue, qu'ils appellent la carianO' mancie , ils ont commis quelque escroquerie , ce qui leur arrÎTC assez souvent , surtout dans les campagnes.
Cabtésianisme. Voy. Descabtes.
CABTHAGàNB cn Amérique (siège de). — Au mois de mai 1697, cette ville, alors une des plus riches et des plus importantes du nouveau monde, nit prise et pillée par le baron de Pointis et Ducasse , gouverneur de l^int- Domingue, a la téte d'un corps de flibustiers ( voyez ces noius ). Bientôt unemaladies'étant mise parmi les troupes, il fallut se rembarquer, et Ton fit sauter les fortifications. Le baron revint en France , rapportant un butin de huit à neuf millions, auquel il avait joint l'ari^enterie des églises. Mais Louis XIV fit restituer aux églises leurs trésors. Pointis a laissé la relation de cette expédition.
Cabtisr (Jacques) , un de nos plus oélèbiet Dayigateurs du seizième siè-
^i» CAR. L'UNIVERS. Oà«
des né à Saint-Malo, avait déjà entre- pendant cette maladie avait déjà fait
{tris quelques voyages sur l'Océan , de teis ravages que Cartier fut obligé
orsqu*nfit,augraod«ininildeFraiioe, d'abandonner un d« Ms bAtimeau,
Philippe de cliabot, la proposition, faute d'équipni^e pour le manœuvrer,
d'aller explorer la partie nord de l'Amé- Tl partit le G mai 153«, et trouva le pas-
rique, alors 4ésignée sous le nom de sage au'il avait déjà supposé exister
Terres-Ncuvei. L'amM tooiMillit &- au sud de Terro*I«eove« ce qui eom-
vorablement le projet ét Cartier , pléta la découverte du fleuve et du
qui fut niitorisc par François I*''' à solfe Saint-Laurent. Il arriva le IG
le mettre a exécution. Déjà, dix ans juillet suivant à Saint-Malo, et fut
auparavant , ce [)rince avait envoyé le 'fienvoyé , en 1640, dails le fleuve Saint-
Flofftutin Jean Verazzano visiter les Laurent. Mais le vice^roi que Fraa-
parages de l'Amérique septentrionale, cois avait nommé pour gouverner le .
dans l'espoir qu'on découvrirait enlin pays nouvellemeot découvert, n'étant
un passage vers le Japon. Jacques Car* piihi que dix* huit mois après Cartier,
lier partit de Saint-Malo en 1684, avee œlui-ci , abandonné à ses propres res-
deiix navires de soixante et un hommes sources et pressé par la disette, fut
d'equipasechacun,reconnutunegrande une seconde fois forcé de revenir en
partie des côtes du golfe Saint- Lau- France. Il arriva à SainMVIalo en lô42.
rent, et prit possesnon du pays au L époque de sa mort est inconnue,
nom du roi. Au retour de ce navlga- La première relation de ses voyages
teur en France, le gouvernement, fut publiée sous ce titre : ^n>/ rp'ci^
d'après sou rapport, résolut de former de la navigation faite es isles de Ca-
un établissement dans cette partie de- nada , ffochelage , Saguenay et aU"
l'Amérique du Nord. Cette fois (I5;î5\ très, Paris. Ifrl.''), in-8°; réimprimé à
Jacques Cartier remonta lefleuve Saint- Rouen, Il en existe une tradue-
Laurent , et s*avança à sept ou huit tion italienne dans le troisième volume
lieues au delà da rendroit où depuis de la ooliection de Ramusio, Venise ,
fut bâtie la ville de Québec. Les trois 156.S; on trouve le Précis du troisième
bâtiments qui composaient la flottille voyage (celui de 1.342) dans le troi-
moui lièrent près de l'embouchure d'une sième et dernier volume de la coUeC'
rivière afinuente,appeléed'abordSàinte'. tion d*Hakluyt.
Croix par l'explorateur, mais à laquelle Cabtieb ( Jean - Baptiste ), violo-
on donna depuis le nom de Jacques- niste , est né à Avignon le 28 mai
Cartier. Celui r ci continua ses décou- 176ô. Il y reçut les premières le-
vertes sur des canots, à cause des dif- çons d*un excellent professeur , Tahbé
ficultés que le fleuve présentait aux Walraef, chanoine de Saint-Pierre,
gros bâtiments, et parvint jiis(pi'iiu lieu II vint à Paris en 1783, y prit des
où fut bâtie plus tard la ville de Mont- leçons de Yiotti, et entra, en 1791 ,
réal , à cent cimente lieues de l'em- à Torchestre de l*Académîe royale
bouchure du Saint- Laurent. 11 visita de musique, où il resta jusqu'en
la contrée , communiqua avec les ha- 1817. ÎNonmié , en 1804, membre
bitants, et gagna leur amitié. Il revint de la chapelle de INapoléon , il fit
, ensuite hiverner à la rivière Sainte- plus tard partie de celle du roi. Quoi-
Croix, où les équipages souffrirent qu'il n*ait pas été attaché comme
beaucoup du froid et du manque de professeur au Conservatoire de mu-
rafraichissemenls. Ils furent attaqués sique, il a contribué , par ses ouvra-
du scorbut, fléau alors peu connu des ges, à former les meilleurs élèves sor-
marins européens. Mais un chef du tis de cette célèbre école , et tous les
pays ayant iruliqué a Cartier un arbre orchestres de Paris possèdent quel-
dont les feuilles et l'ecoree , prises en ques-uns de ses élèves. Ru publiant
infusion, avaient opéré sa propre gué- les sonates de Corelli, de Porpora et
rison , les Français firent usage de ce de liafdinf, Il a popularisé en France
remède, et sien trouvèrent bien. Ce- la manière de ces trois (snmds m«t*
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très. I! a donné aussi : VJrt du violon, excellent ouvrage qui sert de eomplément à la méthode de violon du Conservatoire , 1 vol. jO'foi. C'est on choix des meilleures sonates prises dans les œuvres des premiers violonistes des écoles italienne , française et allemande. Cet ouvrage , auauel M. Cartier a ajouté depuis la Tracmction de fart de Varchet de Tartani , estd'une grande utilité. M. Cartier s'est formé tme eolleetion d'instrumentft à cordes très-curieuse pour l'histoire de la musique. Il vit aujourd'hui retiré à Marseille.
CABminr(Tean), littérateur religieux, mort à Cambrai en 1580, est auteur d'un roman intitulé : le f^oyage du chevalier errant, Anvers, 1557, in-8». Cest le même ouvrage que le Chevalier emnt, égaré dans la forêt des vanités mondaines dont si noblement il fut remis et redressé au. droit chemin qui mène,att sakit étemel, Anvers, 1595 , iii-13'.
On a encore de lui des Commentaires sur r Ecriture sainte, et un Traité des quatre fns de Chomme, Anvers, 1558, 1573, ill-16.
CABTOrï-PiFREE (sciilpttire on). — La sculpture en carton-pierre est-elle d'invention moderne? Est-ce par erreur qu'on a cm la retrouver à Fontainebleau, dans la salle des gardes; au Louvre, dans la chamhre de llenrill ?
Sans juger le procès entre les anciens et les modernes, nous dirons que, lors de la restauration exécutée au Louvre et dans les palais de la couronne^ on a cru reconnaître que les sculpiores étalent en feuilles de papier superposées , ou carton de poupée.
Les artistes avaient reconnu , depuis longtemps , que la nature molle de cç carton ne oermettait pas de rendre les finesses et les contours délicats des ornements d'arcliitecture , et ne pouvait servir qu'a des surfaces unies dont les détails n'ont pas de 'dessous.
Il fallait trouver une composition tout à la fois plus ferme et plus ductile, s'introduisant faciieincut dans les creux destinés au moulage , et capable
de reproduire tous les ef&ts de la véritable sculpture.
Il V a soixante ans que M. Mézières résolut le problème en se servant du carton-pierre , qui réunit parfaitement toutes les conditions du proiiramme.
Il ne manquerait rien à cette composition si elle était moins sensible à l'action de l'humidité, et si Ton pouvait In rendre tout à fait imperméable sans augmenter sa dureté ni son pdids.
Malgré cette imperfection , que Ton
f>arviendra sans nul doute à corriger, e carton-pierre sert admirablement à mettre à la portée de toutes les classes le luxe de la sculpture ^ 6'est dans la décoration intérieure des monuments et des appartements qu*elle trouve son application la plus féconde; car, grâce aux perfectionnements obtenus depuis quelc^ues années , le carton-pierre peut satisfaire à tous les besoins de Tarclutecture.
Parmi les productions de cette industrie nouvelle, on peut riter l:i décoration de l'Opéra, celleduTliéàtre-Francais, de l'Odéon, des théâtres de Liiie, Strasbourg, Gompiègne et Bruxelles; les seulptures faites à l'iiôtel de ville pour les fêtes royales; la restauration des palais de Versailles, de Fontainebleau , de Saint-Cioud , de l'église de Meaux , par MM. Vallet et Huber, successeurs de M. Mézières ; les sculptures de JNotre-Ddme de Loretta et de la diambre des députés , par M. Romagnési ; enfînles modèles anatomiques, moulés sur le cadavre, par iNl. Bernard. Ajoutons qu'appliquer, comme on l'a niit, la sculpture en cartonpierre à romementation et à la décoration des églises, c'est employer uti moyen sdr de répandre le goût des arts dans nos campagnes (*).
Cartoucub. — On appelle cartouche la charge des armes à feu portatives. Sous le règne de Henri III, les soldats portaient, suspendues à une bandoulière qui passait par - dessus l'épaule et était attachée à la ceinture,
(*) Extrait du rapport du jury sur l'ejir poâtioii de l'induslne de 1839.
plusieurs petites boîtes cylindriques eo bois ou en ferèlanc, couvertes de cuir et contenant chacune une charge
dépendre, qu'on introduisait dans le canon des arquebuses, niousquets,etc..
Plus tard on abandonna ce système, et Ton durgea tes arnies à feu avec
une corne ou une poire nommée pul* vérin , qui contenait la poudre que l'on faisait couler dans le canon. lV moroe était enfermée dans une poire ou corne d'amorce , de la mémo forme qjue le pulvértn , mais d'une plus petite dimension. L'une et Tautre se portaient suspendues en bandoulière. On adopta enfin, en Ui90, l'usage des cartouches , mais pour la charge seulement; ce ne fut que pendant la
Î;uerre de 1744 que l'on commença à aire servir )a cartouche à la charge et à l'amorce.
La cartouche dont on se sert aujourd'hui est un petit cylindre creux en papier, qui enveloppe la pondre et la balle coiiiposont la charge a une arme à feu. Son diamètre est un peu moins fort
3ue celui de l'arme à laquelle elle est estinée.
Cartouche (Louis - Dominique ), voleur fameux , dont le nom est resté populaire, naquit à Parisien 169S, dans la boutique d'un marchand de vins de la Courtiile. Chassé du collège Louis le Grand où il étudiait, puis delà maison paternelle, il s'enrôla dans une troupe de brigands qui infestaient la Normandie , et revnit ensuite exercer son nouveau métier à Paris. Il y forma une bande dont il prit le commandement absolu, et remplit bientôt la capitale et les provinces du bruit de ses vols et de ses assassinats. Après avoir longtemps échappé aux poursuites de la justice, il fut enfin arrêté dans un cabaret de la Courtiile, en 1721. Conduit dans les prisons du Châtelet , il parvint à s'évader en perçant un mur , fut repris sur-le-champ et transféré à la Conciergerie. Sou procès excita pendant plusieurs semaines dans la capitale une curiosité dont nous pouvons sous faire une idée par l'intérêt porté dans ces derniers temps à certains dé-
bats criminels. De grands personnaoes et des damés de la première disfinèttoo allireitt le visiter. Le TliéAtre- Français, les comédiens italiens représentèrent sur la scène ce héros d'une nouvelle espèce. Enfin, le parlement le condamna à être rompu vif. Il subit son supplice avec le courage et le calme qu'il avait constamment montrés jusque-là. Parmi les complices qu'il avait nommés à ses derniers moments , se trouvèrent un grand nombre de daioeft et de gentilshommes connus.
La biographie de Cartouche, ornée de son portrait gravé sur bois , se réimprime et se vend encore tous les ans à Paris avec un véritable succès de vogue. Le Théâtre de Legrand renferme la comédie intitulée Cartouche, qui fut Jouée pendant le procès de ce brigand, et les amateurs recherchent avec intérêt un petit poëme en cent vers , composé sous le même titre p;ir Grniival , et suivi d'un tionnaire d'argot.
Cauxulaiaes. — Un cartulaire est un registre dans lequel sont transcrites les chartes concernant un pays, une église, une communauté ou même une seule personne. Les plus anciens cartulaires remontent au diiième siècle, suivant Mabîllon , qui fait honneur au moine Foiquin du premier dont on ait connaissance. Mais le cartulaire de Foiquin, et d'autrcs dont plusieurs lui sont antérieurs, sont moins des recueils de chartes que des chroniques dans lesquelles les auteurs ont inséré des actes relatifs à leurs abbayes. Ce furent les moines , qui, les premiers, recueillirent dans des registres les titres de leurs monastères. A Texempledes moines, les évéques et les chapitres se mirent, au onzième siècle, a transcrire les titres de leurs éghses. Puis, ils furent imités par les rois , les ducs, les comtes, les seigneurs et les communes.
Les cartulaires qui nous ont été conservés sont très-nombreux. La bibliothèque du roi en possède environ quatre cents. Il en existe un grand nombre aux archives du royaume et dans la plupart des archives et des bi-
CAB FEANCË. CAR m
Mtolliè(|iiM dM départements. Les
plus remarquables de la bibliothèque du roi sont ceux des abbayes d'Ainat de Lyon, de Saint-Cypnen de Poitiers, de Cluni , de Port-Royal; des églises de Grenoble , de Chartres , de Paris ; le cartulaire des comtes de Champagne; ceux des villes de Marseille , Arles , Avignon, etc.; tes cartulaires de Philippe - Auguste , etr.
Les principaux cartulaires des abbayes du diocèse de Paris sont déposés aux archives da royaume. Celai de Saint-Victor de Marseille , que possède cette ville, est l'un des plus beaux et des plus anciens qu'on puisse voir.
Ces recueils sont d'une grande utilité pour la connaissance do la topographie, de l'histoire, des mstitutions et usages du moyen âge. Les actes qui y sont transcrits renrorment les transnrtions des seîirneurs avec leurs vassaux ou leurs serfs, et des serfs entre eux. £t comme ces transactions ont pour objet, non*seulement des biens meubles et immeubles , mais encore des droits féodaux et toute espèce d'obligations personnelles , elles reflètent , comme des miroirs fidèles , le tableau des diverses conditions des terres et des personnes.
Un assez grand nombre de cartulaires ont été publiés en Allemagne et dans les autres pays étrangers. Les éditions de ce genre qui ont été données en France sont peu nombreuses.
Elles ne comprennent guère que les cartulaires de l'abbaye d'Auclii , de l'éghse de Strasbourg, du prieuré de Perreci ( dans le recueil de Pérard).
Ce n'est que depuis ces dernières années que le gouvernement a formé le projet de publier les principaux cartulaires de France. Ceux de l'abbaye de Saint-Père de Chartres et de Panbaye de Sainl-Berttn à Saint - Omer ont paru au commencement de l'année 1841 (Paris, 3 vol. in-4% 1840), et font {Mirtie de la collection des documents inédits sur l'histoire de France, publiés par les soins du ministre de î 'instruction publique. Dire que ce travail est dû à M. Guérard, membre
de rinstitut , c'est dire qu'il est exécuté avec cette solidité d'érudition, cette sdreté de critique qu'on admire à bon droit dans tout ce qui est dû à la plume du savant professeur de l'École des chartes.
Carus (M. Aur. ), empereur romain, était né à |Varbonne, selon Ëutrope, Oroee et les deux Tictor, quoiqu'il eilt voulu passer pour Romain, quand il fut élevé à Tempire par les soldats, après la mort de Probus en 282. Après des Tietoires remportées sur les Snrmates et sur les Perses , il mourut, vers la fin de 283 , de maladie, suivant les uns , foudroyé dans sa tente, suivant les autres, ce qui a fiiit dire à M. de Cbflteaubriand , avec ce bonheur de pensée et d'expression qui lui est ordinaire : « Quand la terre «fiaitiguée discontiDueit le meurtre « de ses princes , le del s'en char- ' « geait (*). »
Carvalho da Este (bataille de).
— Le maréi:hal Soult, après l'embarquement des Anglais à la Corogne, avait pénétré en Portug.il (in;irs 180î)) et s'avançait vers l'intérieur de ce pays à travers la province deTras-los-Montes. Chavès avait ouvert ses portes niix Français. Le général portugais Freire se retirait devant ^u.\. il lui avait été enjoint d'éviter tout engagement sérieux avant d'avoir opère sa Jonction avec un corps chargé de couvrir la ville d'Oporto. L'arniée du général Freire se composait de troupes régulières, anglaises et portugaises, .
mais principalement de paysans nouvelletîient recrutés dans les provinces de Tras-los-Monles et d'Kntre-Douroe-Minho. Ces paysans , encore mal disciplinés, mais confiants dans leur nombre , s'indignaient de céder le terrain à l'ennemi et demandaient à grands cris le combat. Déjà le due de ]Xilinoti(î s'était avancé sur les hauteurs de Carvalho; et, de leurs positions en avant de Braga , les Portugais pouvaient apercevoir les avantpostes français. L'exaspération des séditieux fut alors portée au comble,
(*) Études historiques, t. I, p. 189.
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