‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 40 sur 86 · GA · texte numérisé non relu

GA

inconvénients; pour jr remédier, le souvent varié. C'était, en général, au

gouvernement prescrivit, en 1716 , la onzième siècle, un cône aigu ayant sur

Gonstruction de casernes daus les priu- le devant une lame de fer plate appe-

dpales villes de France. lée nazal. Au temps dea croisaaea ,

Un éditde 1719 ordonna de faire le c'était une espèce de bonnet cylindri-

plan, l'état et le devis des casernes à que, percé de petites ouvertures à la

construire , et pour se procurer les place correspondante aux yeux et aux

fonds néeiMires, on impota une oreilleg. Au milieu da treizième siècle,

somme considérable sur les vingt ^é- le casque couvrait le front jusqu'aux

néralité^ du royaume; mais l'exécution sourcils; il avait un porgerin qui s'é-

de ce projet avant rencontré des diflQ- tendait jusqu'au-dessus de la bouche,

cnltéi, les édite de 1716 et de 1719 et couvrait quelquefois Teitréroité du

forent révoqués en 1724, et le logb' nez. Cette espèce de casque, qui s'ai^

ment des gens de puerre fut remis sur pelait heaume, hianme^ heaulme,

l'ancien pied. Cependant le caserne- avait une visière à petites grilles, qui

ment ftit* permis aux villes qui le pré- s'abaissait et se relevait à volonté; die

féreraientau logement personnel, mais était en outre accompagnée d*uoe col*

à condition qu eUes en supporteraient lerette en fer, qui descendait jusqu'au

Toutes les troupes sont maintenant Vers le milieu du quatondème siècle,

eaaemées. On a disposé pour leur le casque à' visière fut (^néralement

usage, dans la plupart des villes de adopté, et son emploi se conserva jusgarnison, et même a Paris, des cou- qu'au commencement du dix-septième, vents, des collèges, des séminaires, etc. Néanmoins , l'usage de cette coiffure Il y a fort peu de casemeti ailleurs que ne se maintint pas toujours d'une madans les places de guerre, qui aient été • niere aussi exclusive, car sous Charconstruites pour Vusage auquel elles les VII et Louis XI , on commença à sont aujourd'hui consacrées. Vaoban seservird'on chapeau aux larges bords, s'était beauooup occupé de la construo* adopté, il est vrai, par un très-petit tion des casernes. La distribution qu'il nombre de troupes. Sous François r% adopta a dû subir les modjGcations le casque , toujours employé à la nécessitées par les changements appor- guerre, céda quelque peu aux chapeaux, tés dans notre organisation militaire; qui prirent alors une nouvelle vogue, mais c'est peut-être encore la meil- mais dont l'usage ne devint cependant leure à suivre. L'état actuel du caser- à peu près générai que sous Henri IV. nement en France est suffisant pour Au casque à cimier et ù visière fut loger les troupes qui composent notre substituée, sous Henri II et ses fils, armée sur le pied de paix (*); mais, une coiffure plus légère, qui prit, suisous plus d'un rapport, il réclame en- vant Pasquier, le nom d'arniet. Le core de grandes améliorations. casque des simples soldats, surtout Casque. L'usage du casque, intro- dans l'infanterie, se composait d'une duit par les Romains dans les Gaules, calotte en fer battu, surmontée, dans ne fut point d'abord adopté par les les derniers temps, d'une touffe de Francs. Ils avaient vaincu sans cette plumes aux couleurs des capitaines. Il armure, ils étaient fondés à en révo- s'appelait, suivant ses diverses for* quer en doute l'utilité. Ce n'est guère mes, morion, cahaaset, bacinet^ bourque vers le septième siècle que l'on gidgnote, pot de fer, chapeide /er, voit paraître cliez eux l'usage des cas- salade, etc. ques. Us se contentèrent d abord d'i- Avant les guerres de la révolution, miter ceux des Romains; mais depuis, l'usage du casque avait été presque la forme de cette coiffure militaire a entièrement abandonné. En France,

les dragons seuls l'avaient conservé.

O Le Gi«enMaMnt actuel peut omteiiir Dans les premières campagnes de la

les frais.

ivai».

r^ttblique, quelques corps d'in£uite^

r!e portèrent aussi un casque en cufr créé. C'est ainsi que l'art. 11 de l'ofbouilli, semblable à celui qu'ont porté donnance criminelle de 1670, après de nos jours les équipages de la ma- avoir énuméré expressément, pour la riM. Toutes tes autres troufMSétaitiit première fois, Its di^fers cas royaux, coiffées d'un chapeau. Mais l'expé- se terminait par un renvoi général à rience fit bientôt revenir à une ar- toutes les ordonnances générales, ce nmre de tête plus rationneliej surtout qui faisait supposer que l éaumératioa pour la earaierfé, qui, le plus soutent n'-était pas complète, èt, suivant la reobligée de combattre avec le sabre, a marque de Montesquieu , faisait renbesoin d'une coiffure oui garantisse la trer dans l'arbitraire dont on venait téte des atteintes ae cette espèce de sortir. La déclaration de 1781 oe d'arme. Le easoue dtvitit doue la eotf- lit ^ua régler la distribution da oas fùre de la edTaierle. Sous la restaura- royaûx èntre lèS divers Jugea rsyaux, tion, on essaya d'en étendre l'usage à sans définir plus nettement les limites d'autres corps que les carabiniers, les respectives de la justice royale et des tuirassiers et les dragons; les Chas- justicesecclésiastrqueaetBeigneuriales. Seurs à dietal de la garde royale por- Coi royaux en matière civile. — tèrent le casque en 1815, et ce fut la L*cxamen et la réception des princicoiffure des soldats du train d'artille» paux officiers des bailliages royaux rie de 1815 à 1830. Depuis cette ëpo- étaient des cas royaux, dont la conque, dé nombreuses côiimiiSsions se naissance appartenait aux parlements, sont occupées de cet objet; en 1836, Mais l'examen et la réception des offion a mis en essai dans le 45* de ligne ciers inférieurs des bailliages royaux, un casque en cuir tanné et comprimé; et même des principaux officiers des mais cette épreuve n'a point eU Ier6- Justioes InférieurH^ étaient des eus Btlltat qu'on en espérait. royaux y dont la connaissance appar- Cas boyaux. — On appelait ainsi tenait aux bailliages. Il en était de même autrefois les causes réservées à la con- de toutes les causes qui concernaient tiafssance des seuls juges royaux, pri- les officiers royaux ou les droits do vativement à tous autres juges, soit leurs Offices ; des saisies réelles des ofseigneuriaux , soit ecclésiastiques; et fices royaux, et des scellés apposés plus spécialement les causes réservées sur les minutes^ papiers et effets des aux parlements et aui baillis, à l*ex«- Maires et autres officiers t de toutes dusion des autres juges royaux fnfé- leS afftîrès relatives à la propriété on rieurs, tels que les prévôts. Ainsi, au révenu dii domaine au roi; des tous les cas prévôtaux étaient des cas causes relatives aux fiefs qui étaient royaux ; mais tous les cas royaui n'é^ dans la mouvanee du domaine royal , taient pas des cas prévdtaox. On eom- ainsi que les réceptions de foi et homprenait sous le nom de cas royaux, ttiage des vassaux du roi; des lettres de toutes les affaires qui intéressaient le souffrance et de conforte-main données roi , soit relativement à sa personne à ces vassaux, on a son domaine, soit en ce qui con- Le droit d'aubaine était aussi un cas cerne ses droits de souveraineté, la **oya/, en quelque lieu que l'aubain fût police du royaume et la sûreté des décédé. Mais les droits de bâtardise, de citoyens. Il y avait donc des cas ro)[aux déshérence et de confiscation n'étaient en matière civile et en matière cri mi- des cas royaux qu'autant que leA telle. Voici à peu près quels étaient biens laissés se trouvaient dans la jusces cas royaux avant la révolution, tice du roi, ou qu'ils avaient été con- Hous disons à peu près, parce que l'ar- fisqués pour crime de lèse-majesté, bitraire le plus large a touiours régné Rentraient encore dans la catégorie dans cette partie de la législation, mal- des cas royaux : les droits dè francs- ^ les déclarations rendues pour faire fiefs , d'amortissement et de nouveaux cesser, en apparence du moins, un acquêts; les causes relatives aux cheaibitraire que les ordonnances avaient mins publics , aux tues et autfiBrtifiitf^

CM FRâHGB.

tiens des villes, aux rivières navigables, aux Iles et atterrissements,aux naufra- ' «et, enfin, aui terrai saDS possessemi; les contestations relatives à la capitation , aux tailles, aux aides, aux gabelles, au contrôle, et à tous les autnt fanpdte et deniers royaux. Mais il y avait pour ces cas royaux des juges «xtraorainaires, tels que les intendants et commissaires des généralités, les cours des aides , les éiectiens, les gro^ niera à self etc.

Les causes relatives aux érections de terres an duché'pairie, marquisat, comté, baronnie, ou autre fief de di* gnité, et aux concessions de privilèges faites à des villes, à des communautés, à des universités, à des académies, et enûn, à d'autres particuliers; les causes qui concernaient Tétat ou les droits de la noblesse; les privilèges attachés au droit de justice ; la naturalisation des étrangers; la iégitiroatioD des bltards; les lettres d*é*> mancipation et de bénéfice d'âge; les lettres de changements de noms et d'armoiries; les lettres de grâce, de rémission « d'abolition ou de comma> tation de peine ; les lettres de réhablk litation; les lettres d'état; les coneessions de foires et marchés « etc., étaient autant de cm rovaux.

On comprenait aussi parmi les cas royaux , l'exercice que les ju!;es royaux faisaient de leur autorité pour la conservation des droits ecclésiastiques, et, en même temps, la surveillance de tout ce qui touchait à la discipline et à la police extérieures de P^lglise; la connaissance des entreprises de la cour de Rome contre les libertés deTÉglife gallicane ; la répression des entreprises de la puissance ecclésiastique, lorsqu'elles tendaient à blesser Tautorité do roi, on à troubler, l*ordre public et la tranquillité de l'État; la connaissance des causes de suspension de lettres moaitoires obtenues contre la disposition des ordonnances.

U raUt ranger dans la même classe, les causes relatives aux matières bénéÛciales, et tout ce qui en dépendait, comme le posscssoire des bénéfices li« Hgteux; le droit do patronage; la eol-

lation des bénéfices; le droit de faire saisir les revenus des bénéfices, faute par les bénéficiera d'entretenir les biena qui en dépendaient ; l'usurpation des bénéfices et de tous les droits qui en dépendaient ; les contcstatiçns et dé- «Isrationa rebtives aui portion congrues , aux droits des curés primitifs , aux dîmes, à la confection des terriers des biens ecclésiastiques , à l'aliénation des biens des églises, des hôpitaux et des confréries ; la connaissanee de la régie des biens des religionnaires fugitifs (*) ; les causes des personnes et descommunautésqui étaient particuliàrement en la garde et protection du roi : telles étaient les causes persoimelles des évéques,«t celles qui concernaient leurs droits et privilèges; la garde des églises cathédrales et des autres églises ou communautés qui avaient des lettres de garde-gardienne ; enfin , les causes des pairs de France, des ducs, et autres privilégiés | les contettationa relatives aux contrats passés sous le scel royal , lorsque les parties s'y étaient soumises à la juridiction royale; et même, dans plisteors coutumes , cette juridiction était forcée, et le scel royal était attributif de juridiction ; les causes qui concernaient les villes, leurs deniers patrimoniaui oa dVtrol , Tusurpation de leurs droits, et les droits d'usage et de pâturage prétendus par les seigneurs ou habitants des baux t le droit de contraindre les particnHersà vsodre leurs biens au public, ou, comme nous disons aujourd'hui, Texpropriation pour cause d'utilité publique; tout ce oui avait . rapport à la conservation des établissements publics, tels que dépôts de titres et papiers publics, bibliothèques, etc.

On rangeait aussi parmi les cas royaux tout ce qui intweasait la police générale du royaume; ainsi, les causes relatives a l'état des personnes, à la célébration des mariages , aux registres to baptêmes, mariages, sépultttres, à la suppression ou rectification des actes àé ces registres. Les causes relatives aux droits honorifiques dans

(*) Ofdenauice de iM8«

inr tus L*im;

les églises; celles qui concernaient les insinuations et publications des donations et substitutions; les certifications de criées ; l'enregistrement des ordonnances , édits, dénlarations et lettres patentes; rexecutioii dei» sentences des ofQciaux , et celle des sentences consulaires étaient aussi des cas royaux.

Suivant Tordonnance de les cas royaux, en matière d*eaux et forêts, étaient ceux qurconcernaient la police fjénérale des forets et rivières, et qui intéressaient le roi et le public; telles étaient la 'chasse sur le domaine du roi; la prise du cerf et de la biche, en quelque lieu que ce fût ; les contraventions aux réglementa, sur la pèche; tontes les aflfaires relatives aux rivières navigables et flottables; la coupe des bois de haute futaie; les délits commis dans ces bois par les particuliers, les ecclésiastiques, ou les communautés qui en avarant la propriété, etc.

Cas royaux en matière criminelle.

C'étaient là les cas royaux proprement dits. Aussi Tordonnaoce criminelle semb!e-t-elle ne reconnaître expressément que ceux-là. L'article 11 du titre premier de cette ordonnance s'exprime ainsi : « Nos haillis, sénéchaux et juges « présidiaux , connoîtront privative- « ment à nos autres juges et à ceux des « seigneurs, des cas royaux , qui sont, « le crime de lèse-majesté en tous les « chefs, sacril^es avec effraction , ré- « bellion aux mandemens de nous ou u de nos officiers ; la police pour le port • désarmes, assemblées illicites, sédî- « tions, émotions populaires, force pu- « blique; la fabrication, l'altération ou « l'exposition de fausses monnoies; « correction de nos officiers , malversa- « tions par eux commises en leurs « charges ; crimes d'hérésie , trouble « public fait au service divin , rapt et « enlèvement de personnes par force et « riolence,et attires cafexpSqués par .« 710S ordonnances et rêcjlemens. »

Parmi ces autres cas, que les ordoimances et règlements n'expliquent que d*une manière fort peu satisfaisante, on peut dter riniraction de

ITERS. CAS

sauvegarde, le crime de péculat, les levées publiques de deniers sans commission du roi ; la falsification du scel royal ; les incendies des villes , des églises et des lieux publics; les bris des prisons royales; la démolition des murs ou fortifications des villes ; les vols des deniers patrimoniaux et d'octroi ; les entreprises contre ta sûreté des chemins royaux ; la simonie commise par des laïques; les oppressions et exactions commises parles seigneurs contre leurs vassaux; les assassinats prémédités; le duel ; les crimes contre nature, etc., etc.

t Nous terminons ici cette longue énumératîon, qui cependant n'est pascom-

Îlète, et même ne pourrait pas l'être.

1 y a là bien des prétextes à ju|>ements; il y a surtout des crimes bien complexes et bien élastiques. Qui pourrait dire tout ce qu'ils portaient dans Jeurs flancs? les baillis et prévôts royaux sans doute, s*ils revenaient à la vie , ou peut-être encore ceux qui , de nos jours, ont inventé la théorie des attentats. Nous pourrions le demander à l'histoire; mais Thistoire n'a pas tout dit. L'imagination pourraity suppléer ; mais nous ne sommes qu'historien.

Laissons donc de coté la critiaue du criminaliste; et, d'un point de vue ' purement historique, demandons-nous si , ce que nous ne savons trop comment qualifier, une chose ou un nom, les cas royaux enfin, n'offrent pas un autre sens, et n'ont pas un autre intérêt que les sens qu'ils paraissent offrir, et l'intérêt qu'ils paraissent avoir dans •ce dernier état du droit. Il semble , en effet, qu'il n'y ait là qu'une simple question de compétence, donnant heu à des règlements déjuges; et, malpré la multiplicité des oitionnances, édits, déclarations, arrêts, instructions, on ne voit pas qu'il s'agisse d'autre chose que de fLxer , dans tel ou tel cas donné , les limites des juridictions diverses, royales ou ecclésiastiques et seigneuriales, et de terminer, par voie d'autorité, des conflits de juridiction. Ce qui confirme encore cette observation, c'est que même, en remontant beaucoup plus haut « aux édits de Fn»-

CAS FRANCR. CAS

SSS

çois sur ces matières , on voit que ces éd i ts ont été rendus poui^décider des eoDflits qui s'élevawnt Don^Mulemeat entre les juridictions diverses , mais souvent aussi entre les juges divers d'une même juridiction; entre les prévôts royaux et tel baillis royaui ; entre la main gauche et la main droite. C'est ainsi qu'on arriva à établir de grands cas royaux pour les grands juges royaux ou baillis; et de petits cas royaux pour les petits juges royaux ou prévôts. Car les cas prévôtaux , comme on le voit clairement dans les instructions ded'Aguesseau , ne sont qu'une espèce de cas royaux , une variété du genre.

Envisagée ainsi, cette longue énumération de cas royaux n'est plus que la lettre morte d'une législation morte aussi. Mais si Ton veut bien songer que chacun de ces cas est une conquête de la royauté, une dépouille de la féodalité , on comprendra alors qu'il y a là autre chose qu'un intérêt de procédure et de pratique. Ce n'est pas en un jour que la royauté a conquis toutes ces prérogatives; ce n'est pas en un jour que la féodalité les a perdues. Il suffit d'examiner le léger bagage de la royauté au départ, pour reconnaître, dans les richesses de ce dernier inventaire, le travail de plusieurs générations , le dépôt successif de plusieurs siècles. C'est un sol d'alluvion formé de couches diverses et superposées, que nous pouvons distin* guer et éoiimérer. Pour bien comprendre comment ce sol s'est constitué, il faudrait l'analyser et le recomposer par la pensée, en partant des terrains primaires pour arriver aux terrains les plus récents. Ce serait faire l'histoire même de la royauté. Qu*est-€e en effet que les cas royaux , sinon l'expression juridique de la puissance royale? S'il est vrai qu'il n'y ait pas de sipne plus réel du pouvoir dans les sociétés, que le libre exercice du droit de justice, qui suppose nécessairement une force capable de faire respecter ses décisions , il en résulte qu'on peut mesurer l'étendue du pouvoir à l'étendue de la juridictlon. Ainsi«]a puissance royale dut être •

d'autant plus grande que les objets sur lesquels s'exerçait sa juridiction furent plus nombreux , ou qu'il y eut un plus grand nombre de cas royaux. Si donc ion pouvait déterminer d'époque en époque l'étendue des cas royaux, on aurait comme une échelle graduée q|ui indiquerait , pour ainsi dire, les variations de la puissance royale, et son mouvement toujours ascendant. ?<ous devons faire ici une remarque importante, et qui, en même temps, établira d'une manière rigoureuse la relation que nous avons reconnue entre les cas râyaux et la puissance royale. C'est

3ue l'ctpression de cas royaux a «eu eux significations très-diveri^es , dont la diversité même fut une conséquence nécessaire des rapports intimes oui existèrent entre les cas royaux et ridée représentée par le nom âe roi* NOUS allons le montrer.

Sous la monarchie absolue de Louis XIV, on ne distinguait plus dans la royautéqu'un principe unique d'autorité; principe en vertu duquel elle existait, agissait, commandait; le roi était un, et il était tout ; aussi les cas royaux comprenaient-Ils indistinctement tous les objets soumis à la juridiction royale, à uueique titre que s'exerçât cette juriaiction, etgudie qu'en fut l'origine.

Mais il n'en tut pas toujours ainsi de la puissance royale; elle eut une double origine , et , pendant une longue période elle offrit un double caractère : celui qui l'exerçait était tout à la fois roi etseii^neur suzerain. Le nersonnage du roi apparut d'abord en dehors de la féodalité , respectant les droits, les rapports féodaux. La royauté reconnut l'indépendance des seigneurs féodaux , et leur laissa exercer librement dans leurs domaines la juridiction qu'elle-même exerçait dans les «iens , et au même titre. Mais , en même temps, elle se sépara de la féodalité, et se plaça au-dessus de tous ces pouvoirs, comme un pouvoir distinct , supérieur, ^ui . par le titre originaire de son office, .ivait droit d'intervenir pour rétablir l'ordre et la justice. En même temps qu'elle se prévalait de sa suzeraineté pour rallier

autour d'elle ses vassaux , elle tie perdait aucune occasioo de mettra le roi è Dtrt, de Féiefir an-dowi du ma»*

rain. Tout en s'accommodant aux principes de la féodalité, elle réclamait, au nom d'autres principes, en MB propre MMi, le droit de pounnifre et de punir.

A ces deux titres elle eut et elle exerça un double pouvoir et une double juridieliM : un pouvoir léel fondé sur des moyens matériels , sur des lois certaines et reconnues, et balancé par d'autres pouvoirs du même genre,

auoique de mree inégale; et «ne juri* iction correspondante.ayant le mêmeprincipe, les mêmes limites et les mêmes lois \ puis un autre pouvoir, d'abord purement nominal , lana limites préeiifs, indéfini plutôt qu'infini, unique et sans contre-poids régulier ; et une juridiction , unique aussi , et illimitée comme le pouvoir dont elle émanait. Or, ces deux juridictions différentes durent avoir des objets différents ; de là cette distinction

au'on retrouve partout dans les oronnanoei et les écrits des jurisconsultes , des cas royaux et des cas deressort ou des a;7;7e/s, correspondant au double caractère de la royauté , à la souveraineté royale et à sa suse* raineté seigneuriale. Qunnd ces deux pouvoirs et ces deux juridictions se furent confondus, auand le roi eut absorbé le suzerain, les cas de ressort se fondirent dans les cas royaux et ne s'en distinguèrent plus. Alors tout objet de la juridiction royale, envisagé d'une manière passive, fût un cas royal. Mais pendant la première période, dans le sens restreint de causes auxquelles le roi pouvait avoir intérêt connue roi (*), indépendamment de aes droits comme seigneur suzerain , les cas royaux jouèrent un rôle des plus importants et qu'il est nécessaire défaire connaître.

Ils fîirent , avec les cas de ressort ou les appels, l'instrument décisif de la révolution qui concentra entre les mains du roi toatM les prérogatives

C) Cf. Loyseae.

EHK CM

de la féodalité. Les appels en effet subordonnèrent les cours féodales au poavoir royal, et domièient au roi l'interprétation des coutumes et la souveraineté des jugements, et lui soumirent par là les lois et les hommes.

Les cas royaux resserr^^t les cours féodales dans des limites de pins en plus étroites, et restreignirent les droits des seigneurs comme les appels avaient détroit leur indépendanct.

« Les juges royaux, dit Loyseau (Abot des justices de village) , ne peuvent avoir juridiction sur les justiciables des seigneurs qu'en dein eaa, c'est à sçavoir aux cas de ressort et aux cas royaux. C'est pour quoij aussi Us ont tasc/ié par plusieurs artifices et sub»

tUUM tNteruhre eei dius exe^Mtma presque à toutes cames, » Voilà, en deux mots, tout le secret de la royauté. Au temps où écrivait Loyseau c'està-dire, à la fin do seizième ou au commencement du dix-septième siècle , les cas de ressort avaient fait à peu près tout ce qu'il leur était donné de faire. « Aujourd'buy, dit-il, les appellations sont venues en style si commun, qu'on y est tout accoutumé, et n'y a plus ny juge ny seigneur qui s'en offense. » Mais les cas royaux pouvaient encore servir à Quelque cbose« comme il est facile de s en convaincre par ces piquantes paroles de Loyseau :

« Au regard des cas roy aux, lesentrepri* ses y sont bien plus fréquentes et en plus grand nombre, car n'ayant jamais été spécifiez ny arrestez par aucune ordonnance, on eu a fait une idée de Platon, propre à recevoir toutes formes et un passe-partout de pratique; vérifiant le dire du poëte : Jin nescii longas regibus esse manus. »

Ge qui faisait des cas rc^ux un instrument si souple et si docile entre les mains de la royauté, c'est qu'ils n'étaient pas mieux déûnis que le mrincipe même sur lequel ils étaient londés. Qu'était en e£fet la royauté à une certaine époque, sous saint Louis par exemple. «Si la royauté n'était pas absolue en droit, dit M. Guizot, cite n'était pas non plus limitée. Dans l'ordre social « aucuns institution qui

CAS

lui fit équilibre; nul contre-poids régulier, soit par quelque grand corps flristooi«tiqaê , m par quelque âft- Sëmblée populaire. Dans t ordre moral, aucun principe, aucune idée puissante, généralement admise, et qui assignat des iMtmes au pouvoir royal.

On ne croyait pas qu'elle eût droit de tout faire, d'aller à tout; mais on ne savait pas. on ne cherchait pas même à savoir on elle devait s'arrêter. En droit» point de souveraineté systématiquement illimitée, mais point de limites converties en institutions ou en croyances nationales. En fait, des adversaires ou des embarras , mais pas de rivaux. » On comprend maintenant oue si les cas royaux n'étaient ni dénnis ni spécifiés, c'est qu'ils ne pouvaient pas Tétre. lis s'étendaient jusqu'où pouvait s'étendre la main du roi ; ils étaient tout ce qu'était le roi. A l'aide des cas royaux , les ofQciers du roi convertissaient en faits toutes ces grandes idées de protection , de souveraineté, de majesté . de dignité royale, que l'influence au droit romain et le langage emphatique et boursouflé des législateurs du Bas- Empire avaient surtout contribué à accréditer. Les baillis royaux , comme On Ta déjà vu , fiirent les propagateurs les plus ardents et les plus infatigables de ce large principe de l'autorité royale, essentiellement indéûni, capable de sé ressorl-er et de s'éten* dre, de s'adapter, eh un mot, aux circonstances les plus diverses. Tous les jours ils flrent de nouveaux titres au roi par leurs arrêts, en faisant pénétrer la iuridiction royale dans une foule d'affaires auxquelles, suivant les principes de la féodalité, le pouvoir royal aurait dû rester complètement étranger. Toutes les fois qu ils entendaient débattre dans les cours seigneuriales une cause qui paraissait intéresser l'autorité du roi, ils déclaraient la cause cas royal et en attiraient le Jugement à leurs cours. Et quand ils avaient pu faire reconnaître la juridiction royale dans un cas particulier, c'était un précédent à faide duquel Uà érigeaient leurs prétentions en

droits. Cequifitiouerauxeas royaux un rôle si important, c'estqu'ila se coofonëaieiit avee les droits dont Us n'étaient

que l'expression. Un droit est quelque chose d abstrait qui ne peut se manifester que par son exercice et sa pratique. Or les oas ro3raux dUileoi les droits de la rovauté mis en action et réalisée dans la pratique. Ainsi on

iieut dire que les cas royaux étaient à a fois effet et osussu Us existaient en •fertu de droits quils Créaient en fait, en leur donnant une cxistencp active.

Tout ce que nous avons dit suffit pour faire apprécier l'importance hisiorique des cas royaux. Nais nous ne les avons envisages que d'un point de vue général. Il resterait maintenant à les montrer en action dans rhistoire, à les prendre à leur origine, en suivant d'époque en épôque leur développement , en indiquant tout ce qui vint contrarier ou accélérer leur marche. Il faudrait eii même temfis montrer le développement simultané, dans les faits et dans la doctrine , du principe même sur lequel ils étaient fbndéS; développement qu'on peut suivre n la trace dans les chroniques, dans les ordonnances, et surtout dans les écrits des jurisconsultes.

Malgré l'Intérêt, ou pour mieux dire à cause de l'intérêt de cette question, nous ne la traiterons pas ici ; comme nous le disions plus haut , ce serait fMre riiistoire méine de la royauté, ui sera traitée ailleurs avec plus 'ensemble. Quant aux faits particuliers oui sembleraient devoir rentrer dans UI spécialité de cet article, nous leur trouverons aussi un cadre plus large, qui nous permettra de les taire marcher de front avec d'autres faits non moins intéressants, qui, eux aussi, ont contribué plus ou moins activement au même rfeultat. Tout ce que nous pourrions dire des cas rovaux se rattache trop intimement à l'histoire du droit de justice en France, pour que nous ne réservions pas , pour ce sujet, quelques faits et quelques documents historiques. ( Voyez Justice ecclésiastique, JtlSTICl ItOTAtlt JtJS-

TicB sbigubuaialb.)

M OA8 LUinyERS. CAS

GAssÀGif B. Vomi Lacassagns. premiers membres de la petite acadéinie

CA8SA6IVB (Lodi»*yieloria , btron) , qui devint faientdt l'AcMémie des ios-

néen 1774, fit les premiènecampagnes criptiom et belles-lettres. On a de

de la révolution , et passa , en 1796, à Gassagnes , outre la préface des cetwres

l'arméed'Italie. 11 y fut blessé deux fois, de Balzac, édition de 1666, la Rhé'

etse fitmuvent remarquer à la téted*un torimmde Gcérm. Paris, 1673, in-S** ;

corps d'éclaireurs. Il suivit, en 1798, et Ï Hittoire de la guerre des Ro»

le général Bonaparte dans son expédi- mains, traduction de Salluste, Paris,

tion d'Égypte. Arrivé devant Saint- 1675, in-8*.

Jean d*Acre, il reçut Tordre de' CAssAif(Arroand)s*est fait connaître

fl^emparer d*une redoote ennemie , Tat- par une traduction estimée des Lettres

taqua, soutint un combat des plus de Marc-Aurèle et de Fronton, par meurtriers, et reçut cinc| coups de une bonne statistique de Tarrondissepoignard, dont un à la poitrine. Il fut ment de Mantes, 1833, in-S", et par «ancore blessé à la bataille de Canope, un mémoire sur les antiquités gauloises au moment où il pénétrait dans le et gallo-romaines du même arrondissecamp des Anglais, et revint en France ment, 1835, in-8°. Après avoir été, avec le grade de colonel, après la ca- pendant la révolution de juillet, aide pitulation d'Alexandrie. Ilsecouvritde de camp du général la Fayette, il fut gloire à la bataille d'Iéna, et fut créé nommé sous - préfet de 1 arrondissesuccessivement général de brigade et ment de jMantes. Il est mort dans cette baron de Tempire. Cassagne fut envoyé ville il y a quelques années, ensuite à Tannée d'Espsgne, fut blessé .Gassau (Jacques) , avocat du roi et à Jaen, et soutint partout avec dis- conseiller au siège présidial de Béziers, tinction la gloire des armées françaises, a publié les ouvrages suivants : 1" Les Rappelé en 1812, il fut employé à la dynasUes, ou Traité des anciens rois

grande armée en Allemagne, et corn- des Gaules et des Fraticais, depuis attit vaillamment commo iiénéral de Gomer, premier roi de Prance ^ Jusdivision à la bataille de Dresde. Lors qu'à Pharamond, Paris, 1626, iii-S". de la capitulation de cette ville, il fut Le titre seul prouve aue l'auteur a défait prisonnier, et envoyé en Hongrie, veloppé toutes les traditions ftiboieuses où il resta jusqu'à la restauration, sur le commencement de notre mo- A son retour en France, il fut employé iiarchie. 2** Recherches sur les droits pendant quelque temps, puis il fut mis des roi^ de France sur les royaumes, en non acti?îté, et ne fut rétabli qu'en duchés, eomiés, vUks et pa ys occupés 1818 sur le cadre des officiers gêné- par les princes étrangers, Paris ^iG32^ raux disponibles» OÙ il figure encore m-4<>. Ce livre souleva de longues disaujourd'iiui. eussions en Europe, car Cassan y Cassagnbs ou Cassaigots (Jacq.) étend les prétentions de la France sur naquit à Nîmes, le 1**^ août 1636. Il toute l'Europe méridionale, depuis la embrassa l'état ecclésiastique , et prit Hollande et l'Allemagne jusqu à IVaà Paris le bonnet de docteur en tUéo- pies et Majorque. 3** Panéyyriquej logie. Quelques poésies fugitives, des . ou IHsemars sur VanUquUé et exeet' odes et des poèmes, le firent recevoir lence du Languedoc, fiéziers, 1617, à l'Académie frafiçaise en 1CG2. On in-8*'.

prétend que Cassagnes, qui avait de G a.ssan j)fi£ (Franç.) , écrivain fran-

grandes prétentions comme prédica- çais, mort en 1695, est auteur d'une

teur, fut tellement affecté des vers traduction de la Rhétorique dAris*

satiriques de Boileau, qu'il en perdit tote, qui a été très-estimée, et a eu de

la raison. Ce oui est certain, c'est qu'on nombreuses éditions, tant en France

filt obligé de renfermer à Saint- <ni*en Hollande. La première est celle

Lazare, où il mourut, le 19 mai 1679. ae Paris, 1654. La dernière, et Tune

Sa vaste érudition l'avait fait choisir des meilleures, est celle de la Haye,

par Coibert pour être un des quatre 1718. On a encore de François Cas*

CAS

sandre 9 dont Boileau iaisait un cas Mitiealler, des PuraU^ hUtoriques, Paris, 1680, in-13.

Gas^andbia 011 Catzand (prise de rile de). — Après la prise de ISieuport par Parmée du nord (28 juillet 1794), le si^e de TÉcIuse fut résolu. Cette opération présentait de

grands obstacles, dont le principal tait de s*emparer de l'île de Cassandria. On ne pouvait y aborder que par une digue étroite inondée de tous côtés, et défendue par une batterie de quatorze pièces de canon. Moreau n'avait point de pontons; mais Taudace des soldats français y suppléa. Tandis que sous le feu des batteries quelques militaires se jettent dans des iiatelets, dont ils forment les cordages en liant les uns aux autres leurs cravates et leurs mouchoirs, d'autres se précipitent à la nage au milieu d'un courant rapide^ A la voe d'une telle intrépidité, les Hollandais prennetit In fuite; les canonniers français retrouvent au delà des eaux de nouvelles batteries , et les tournent eontre les fuyards. La possession de cette île coupait toute retraite à la garnison de rf>luse, interceptait la navigation de r Escaut, et inena|^it la Zélande d'une prochaine inyasion. Au moment de ce passage audacieux, le général Moreau aperçoit un petit bateau emporté par le courant et sur le point <rétre submergé ; il se jettes la nage, et sauve un capitaine de canonniers. Parmi tant de braves, rhistoire réclame le nom du caporal Bonnal, qui se jeta le premier dans le canal, le passa en nageant, et électrisa ses camarades par ton intrépidité.

Cassano (batailles de). — (16 août 1706.) Victor-Amédée, duc de Savoie, après avoir d'abord reconnu Philippe V à son avènement, avait quitte, trois ans après, l'alliance de Louis XIV pour celle de l'Empereor.Les troupes françaises occupèrent alors ses États. Assiégé dans Turin, en 1705, il n'avait

t)lus d'espoir que dans sa Jonction avec 'armée de l'Empereur. Le prince Eugène qui la commandait, venant de remporter quelques avantages, lésolat

CAS m

de passer l'Adda, nonobstant la présence du due de Venddme et du grand firieur, qui étaient tons deux aux envi>

rons pour l'observer. Une première tentative ayant échoué, il marcha vers Trevtglio et Cassano, dans l'espoir de prévenir l'armée française. Mais le due de Vendôme fit une marche forcée et le trouva encore à l'autre bord. Le prince Eugène attaqua sans balancer, et avec tant de violence, que ses troupesgagnèrent le pont du canal Retorta, et poussèrent les Français dans l'eau.

Ceux-ci étant revenus' à la charge, obligèrent l'ennemi de repasser le pont; mais ils furent repoussés de nouveau par la droite de I armée impériale, malgré les efforts du duc de Vendôme, qui se mit deux fois à la tête des siens pour les ramener au combat, l/attaque ne fut pas moins rude d'abord à la gauciie des Impériaux; plusieurs bataillons français forent renversés. INIais n'ayant pu soutenir leur première attaque , les ennemis, après avoir passé un canal, où leurs armes à feu s^étaient moaillées, frirent repoussés des bords d'un autre canal, qu'ils ne purent traverser, et où se noyèrent même un ^rand nombre de soldats. Eugène, qui se trouvait toujours au plus fort du feu pour animer les troupes, leur ordonna alors de s'arrêter, et resta sur le champ de bataille pendant plus de trois neures, uoique les Français fissent de la tête e leur pont et du château de Cassano un feu extraordinaire de canon et de roousquelerie.

L'action, qui avait commencé à une heure après midi, ne finit qu'.î cinq heures du soir. Les ennemis se retirèrent à Treviglio avec quatre mille trois cent quarante-sept blessés, abandonnant sur le champ de bataille six mille cinq cent quatre-vingt-quatre morts. On fit près de deux mille prisonniers le jour du combat, on le lendemain matin, parce qu'on en trouva plusieurs que leurs blessures avaient empêches de suivre leur armée. On prit sept pièces de canon, sept dra*

Esaux et (leiiy étendards. Parmi les essés étaient le prince Josepb de

frauce.

I^orraine, le prince de Wurtemberg, qui moururent de leurs blessures, et le prince Eugène , qui iîtt atteint à la gorge et à Ta jambe.

Le gain de la bataille de Cassano rompit toutes les mesures que le prinoe Eugène avait prises pour pénétrer en Piémont et secourir le duc de Savoie, et le duc de Berwick ôta à ce dernier, la seule espérance qui lui restait, ea s*emparai)t du diâteau de Nioe. Ce fut la fin de la campagne.

— En i 799 , Ifc général Scliérer, conir mandaot Tarmée dltalie, venait d*é* prouver de nombreux échecs qui l'avaient lendu impopulaire. Comprenant qu'il fallait relever le moral de ses troupes découragées, il abandonna le commandement au gépiéral Moreau.

Celui-ci se détermina à défendre le passage de l'Adda. L'armée ennemie, composée de troupes fraîches et de beaucoup aupérieure en nombre, s'avançait sous le commandement de Suwarow, qui, déjà précédé d'une grande renommée, allait pour la pre?

Bière foie «e meeurer oontie les Fran?

çais.

En arrivant sur l'Adda , le 25 avril , Stuwarow disposa son armée sur trois ooionnea cerrespondantea aux points de défense des Français. Celle de droite se porta sur la pointe du lac de Come et sur Leccp; celle de gauche campa en faee de la téie do pont de Cassano» que Moreau avait fortifiée et garnie d'artillerie, tandis que le centre bivouaquait sur les bords de l'Adda. Le 30 avril , les Russes attaquèrent le poste de Lecco, en deçà du lac de Côme, et poussèrent jusqu'au pont de Lodi. A la nuit, WusKassowicli parvint à rétar blir, sans être aperçu, le pont de Brivio, et prit poste sur la rive opposée avec quatre bataillons , deux escadrons et quatre pièces de canon. D'un autre cote, les divisions du centre arrivèrent en face de Trezzo, où le marquis de Chateler fit aussi pendant la nuit jeter un pont dans la partie de l'Adda, où l'escarpeaient des rives et la violence do courant aeoiWaient offrir le plus de difficultés. Lorsque ce pont fut achevé, à six boires (ki\ matin, iss postes

français furept surpris, délogés de Treszo, et poursuivis jusqu'à Pozzo.

Moreau chargea la division Grenier de les soutenir et de retahlir la communication avec la gauche. Alors s'engagea une action des plus vives, que les renforts arrivant de part et d'autre rendirent encore plus longue et plus ^charuee. Enfin les Français désespérant de foroer des bataillons qui se grossissaient ou se renouvelaient sans cesse, se replièrent sur Milan. Pendant ce temps, Serrqrier ayant abandonné le lac de Côme, se trouva assailli de front par Wuskassovicb , et attaqué ea queue par les Russes qui avaient passé Je pont de Lecco. Dans cette situation désespérée, n'ayant plus aucun espoir d*étre dé|^, il se défendit vaillamment, mais fut enlin forcé de mettre bas les armes avec les débris de sa division. De son côté. Mêlas força Je passage du pont de Cassano. Ainsi i'ennerai était mattre du cours de l'Adda; et les Français, après avoir |)erdu dans cette funeste journée cinq a six mille hommes, n'eurent plus qu'a évacuer le Milanais.

Cassanyés (J.), membre de la Convention nationale , y vota la mort de Louis XVI, fut envoyé à l'armée des Pyrénées-Orientales et reçut une blessure a l'affaire de Payres. il remplit également les fonctions de commissaire de la Convention près de Tannée d'Italie, passa au Conseil desGhiqK^te« et en sortit en 1797.

Cassard (capitaine de vaisseau), né à Nantes en 1679, commença set services sur un corsaire de Saînt-MalOk En 1697, il partit pour Carthagène avec Pointis, qui, dans son rapport, fit de lui le plus grand éloge. Chargé ensuite du commandement d'un vaissean équipé pour la course par les armateurs de Nantes, il fit des prises considérables. Louis XIY voulut le voir. Je con>piimeota, lui donna me giaftificacion de deux mille livres, et le nomma lieutenant de frégate. Cassard partit aussitôt, prit le commandement de la corvette <0/0rs^, et délivra la Manehe des corsaires anglais qui l'infestaient.

Ayant ipeacontcé» au pioi^ de a^|lea^

hre 1708, près des Sorlliigues, un convoi anglaisdetrente^inqMtimeBts, caooité pur ud vaisseau de guerre, il se mit en devoir d'attaquer, bien qu'il B*eût avec lui qu'une trégate et deux corvettes. Mais le vaisseau eDoemi prit la ftiite ea abandonnant son convoi.

Cassard en amarina cinq des plus richement ciiargés, qu il conduisit à Saint- Malo. Il y ragréa sa frégate, retourna dans la Manche, et prtt encon buii bâtiments richement chargés.

Charge, lors de la disette de 1709, d'aller au-devant d'une flotte de vingtsix navires qui apportaient des blés à Marseille, il fit armer à ses frais deux vaisseaux de l'État. Les armateurs de vingi-ciiiq autres bâtiments qui se randaientdant lelievant, teprièrent de les convoyer, et comme il leur conseillait d attendre une escorte plus forte, ils lui dirent : I^'os vaisseaux seront en 9êr9ti iorsque M. Cassard k$ Meor* lera. Après les avoir fait accompagner par le Sérieux, il ramenait avec t'Éelatani la ûotte chargée de blé, lorsqu'uneevoadn de cinq vaisseaux anglais ]e rencontre, l'entoure et l'attaque.

Malgré l'infériorité du nombre, Cassard les maltraite, les bat et les luit fuir. PendaDt cette action, qui dura fort longtemps, le convoi avait eu le temps de se mettre en sûreté. Obligé de passer la uuit sur le lieu du combat pour se ragréer, Cassard fut encore attaqué le lendemain , au jour, par deux de^s vaisseaux qui avaient fui la veille. Mais ^ientût le plus fort coula bas, et l'auti'e fut force de s'éloigner en trèsmauvais état. Revenant ensuite à Toulon , Cassard y ramena encore plusieurs bâtiments anglais. Mais, le croiraiton ? lorsq[u'il se rendit de là à Marseille pour réclaioer le remboursement de ses avances, les magistrats rejetèrent sa demande, sous le prétexte qu'il n'avait pas lui-même lamené le convoi.

Il n'en fut pas moins nommé capitaine de frégate, après plusieurs nouvelles course^ où il se montra toii^ours le

La disette s'étant fait sentir de

nouveau en 1711, on se souvint de Ci^s^rdi 9ja. ie chargea d'a^sl^ter des

blés à Constaotinople , et quelque temps après, il ramena on convoi qui rendit rabondanoe au pays. Il était à Aii en

1712, pour son procès contre les magistrutâ de Marseille, quand il reçut ordre d'aller attaquer les Portugais dans leurs colonies. Ce fut pour lui une nouvelle occasion d'acquérir de la gloire. 11 avait rapporté à la Martinique pour plusieurs millions de dépouilles, et y «ttendait la guérison de ses bles« sures , quand arriva de France une escadre à laquelle il eut ordre de réunir ses vaisseaux. Il fallut obéir. Après une traversée de quelques jours, on rencontra une escadre anglaise. Cassard demanda aussitôt l'ordre d'attaquer; mais le commandant, auquel ses instructions défendaient d'engager aucune action, parce" qu'on négociait alors la paix, répondit par un refus. C;issard attribuant cette réponse à la pusillanimité, Justement irrité d'ailleurs de sa destitution, s'écria : o Partout ou je trouve les ennemis de mon maître, mon devoir est plus fort que des ordres dictés par la Ifleheté; » puis, donnant le signal aux vaisseaux de son escadre, il attaque les Anglais, les disperse et leur prend deux vaisseaux. En arrivant à Toulon , il apprit que le roi l'avait nommé capitaine de vaisseau. La paix d'Utrecht le rendit alors à un repos dout son activité ne s'accommodait guère. Au lieu de mendier des pensions, des honneurs cependant oien mérités, Cassard ne parut à I.-j cour que pour réclamer obstinément les sommes que lui devait le commerce de IM.irseille. Mais le brave marin était un courtisan malhabile; aussi assiégea-t-il en vain les antichambres , et la misère devint sa seule récompense. Un jour que Duguay-Trouin, plus heureux que lui, se promenait dans la galerie de Versailles avec quelques seiftiieurs, il aperçut dans un coin un nomme à l'extérieur misérable, à la mine triste et rêveuse. Aussitôt il courut à lui, l'embrassa, et l'entretint longtemps.

Les courtisans étonnés lui demandant qui était cet homme : Cet homme, répondit l'illustre marin, c'est le plus grand iwmme de mer que la France

ïHàNCE.

CAS

L'uinvEais.

CiS

ait à présent: c'est CoMtanL Je donnerais (otUes les actions de ma vie

powr une des siennes. Il n*est pas

connu ici, mais il est redouté chez l'ennemi; avec un seul vaisseau, il ferait pms 911*101 auire avec une efcadre entière. Gomment arriva-t-il qu'un tel homme mourut, en 1740, enfermé au fort de Uam, après y avoir langui une vingtaine d'années f C'est qae sans cesse rebuté dans ses justes demandes, il avnlt osé céder à son indignation , et proférer quelques paroles indiscrètes contrôle cardinal de Fleury.

Pi'était-ce pas assez pour impatienter Son Excellence, et faire oublier tous les services de cet homme?

Cassas (Louis-François), néà Azayle-Féronen I7fi6, peintreetarchitede, voyagea longtemps en Asie Mineure , en Syrie, en Palestine, en Grèce, en Sicile, et dans le royaume de ÎNaples. Il lit un grand nombre de dessins des monuments antiques de ces contrées, et publia trente livraisons de planches sur ces divers pays. Cet artiste avait formé une collection en relief de ces divers monuments, qui furent exécutés sous ses yeux, en terre cuite ou en liège. Cette collection , acquise par Tempereur, est maintenant placée i l'Ecole des beaux-arts, avec celle de M. Dufourny. Cassas a publié: f'oyage pittoresque de la Syrie et de la Phé- ' nide, 17iN>, 3 vol.ln-fol.,treote livraisons seulement ont paru ; Voyage pittoresque de la Syrie, de la Palestine et de la basse £gypte, 1 vol. in-fol.; Gremde» vues pitwresques des priftcipaux sites et m onum en ts de la Grèce, de la Sicile et des sept collines de home, 1813, 1 vol. in-fol. Cet artiste avait été nommé en 181 & inspecteur dela manufacture des Gobelins. U mon-rutà Versailles, le 1"' novembre 1827.

Cassbl, ville du département du Nord, arrondissement d Hazebrouck, dont elle est éloignée de quatorze kil. On ne peut g» 1ère assigner une époque précise à sa fondation ; mais il paraît a peu près certain qu'elle était la capitale des Morini lors des guerres de Jules César dans les Gaules, et qu'alors elle était déjà assez peuplée. Ëlle fut.

saccagée plusieurs fois, entre autres, en 896, par des brigands, qui avaient leur retraite dans les marais environnants , et en 928 , par Sifride , roi de Danemark, qui détruisit ses fortifications. Mais Amoold le Grand, comte de Flandre , la releva quelqué tempsaprès. Ellefut prise parPnilippe- Auguste en 1213; en 1311, elle rut consumée par un violent incendie. Philippe le Biel y entra , en 1 328 , apr^ avoir remporté sur les Flamands une sanglante victoire, et y mit tout à feu et à sanç. Les Anglais s'en emparèrent sous le règne de Charles VI ; mais bientôt après elle leur fut reprise par Clisson , qui en permit le pillage à ses trou-

Ees. En 1477, Louis XI, irrité contre is Flamands , qui avaient fait pendre ses espions à Bruges , se jeta sur Cassel, la pilla, et fit mettre le feu à tous les édiuces. Retombée encore au pouvoir des Français en 1658, cette ville fut définitivement cédée à la France par le traité de JSimègue, eu 1678.

Trois batailles remarquables se sont livrées auprès de Cassel. (Voy. l'article suivant.)

Cette ville, qui a étéjadisune desplus fortes places des Pays-Bas, est, depuis le siècle dernier, démantelée et ouverte de toutes parts. Son vieux château, qu'on regardait comme imprenable , a été détruit, ainsi que sa belle tour, nommée la tour Grise, qui longtemps a servi de phare. On a , de la terrasse de ce chîHeau , l'une des plus belles vues de Tburope. On aperçoit jusqu'à trente-deux villes à la ronde, cent bourgs, les côtes de la mer du Nord, et avec une lunette on peut, par un temps serein , découvrir les vaisseaux dans la rade de Douvres.

Cassel est bâtie au sommet d'une montagne conique , isolée au milieu d'une vaste et riche plaine. Parmi les édifices publics , on remarque l'église paroissiale, construite en 1290; le maître-aulel est en marbre, et décoré d'une statue de la Vierge qui jouit d'une grande réputation dans le pays.

La tour renferme l'horloge de Tancienne cathédrale de Thérouanne et un beau carillon. Derrière cette église

CAS

CAS

8e voient encore les restes du couvent et du collège des jésuites. Sur la jurande place est un bâtiment de construction espagnole qui servait autrefois de mai* son de ville. Des six portes fortifiées qui servaient d'entrée n Gissel, il en subsiste encore trois dont la maçonnerie est très-bien conservée : ce sont celles dTpres, d'Aire et de Bergues; les deux dernières passent pour être l'ouvrage des Romains.

Casse! était autrefois le chef-liea d'une châtellenie et d'une subdélégation; on y comptait deux paroisses et trois cent vingt-deux feux. Sa population actuelle est de quatre mille deux cent trente-quatre habitants.

Cassel (batailles de). Robert le Frison ayant usurpé, en 1070, le comté de Flandre sur son neveu, Philippe I" essaya de prendre la défense de l'orpheliii. Suivi d'une foule dé jeunes seigneurs parés comme pour un tournoi , il se laissa imprudemment attirer dans un pays inconnu, coupé de canaux et do fossés. Tout à coup il fut attaqué par Robert, près de Cassel , le 20 février 1071. La déroute fut complète.

Le jeune comte de Flandre, Amolphe, et Fitz-Osberne , pouvcrnenr aniilais delà jSormandie, restèrent sur le chanip de bataille; Philippe lui-nièaiefut forcé de prendre honteusement la fuite.

— liC comte de Flandre étant venu invoquer contre ses sujets rebelles l'assistance de Philippe de Valois , ce prince, heureux dMnau^rer son règne par une bonne guerre contre d'orgueilleux bourgeois , convoqua une armée magnifique, avec iauuelle il marcha vers Cassel. Les Flamands s'étaient campés et retranchés sur une hauteur hors de la ville. Ils avaient insolemment arboré un drapeau , où était peint un coq avec ces mots:

Quand ce coq chanté atin , Le roi Caaad conqnlrafa.

CependantlesFrançais restaient dans leurs lignes, ou se contentaient de ravager les campagnes et d'incendier les villages. L'impatience prit alors aux Flamands : le 23 août 1328, à l'heure OÙ les seigneurs français- dînaient ou

T* lY- 10" UvrtUton, (Dict. euc

dormaient sans songer h l'ennemi , ils fondirent sur le camp, firent main basse sur tout ee qu'ils rencontrèrent, et percèrent jusqu'à la tente de Philippe. Là, conm)e à Mons-en-Puelle , le roi fnillit être surpris. Cependant la bataille se rétablit bientôt; et, enveloppés de toutes parts, ces bourgeois, dont la plupart avaient endossé de lourdes al-mures , furent jetés à terre et taillés en pièces, au nombre de treize mille. CkstA m. prise , rasée et réduite en cendres.

— 1G77. Le prince d'Orange, venant au secours de Saiut-Omer investi par Monsieur etpar le maréchal d'Hu« mières , était à Gsssel quand Monsieur

Suitta ses lignes poui aller au-devant e lui. Le duc de Luxembourg, que Louis XIV avait envoyé à son frère, attaqua si brusquement les ennemis qu'ils se déhaiidèrcnt dans le plus grand désordre, laissant quatre mille morts et trois mille prisonniers ( 1 1 avril 1G77). On prétend que le roi ftit jaloux de la valeur que Monsieur, échappant a ses Usures, avait montrée aans cette action , et que ce fut la cause pour laquelle il ne lui donna plus, depuis, aucun commandement.

Cassel (moiniaie de). — I^I. Combrouse, dans son catalogue des monnaies nationales de France, attribue à Cassel un denier de Charles II, sur lequel on lit, d'iui côté, entre grenetis, et autour d'une croix à branches égales la légende : gassblloav ; et au re* vers, avec la légende ordinaire gra- TiA ui REX, le monogramme de Charles. Cette attribution nous parait fort douteuse, quoique l'auteur l'ait em« pruntée au savant Leiewcl.

Cassel en IIesse (siège de).— .

Dans )a guerre de sept ans , les i'rannais avaient pris Cassel en Hesse. Le nue Ferdinand de Brunswick résolut, en ITG'J, de la leur refirendre. Profitant de Fuiaction du maréchal de Sou->bise, qui, avec son armée de cent mille hommes , le regardait faire tranquillement, il ouvrit la tranchée le 15 octobre, et, le 7 novembre, la ville capitula. Soubise allait être chassé da la Hesse, quand on apprit la con-

:ioPm stc.) 16

U9 * CAS* vm

clusion des préliminaires de lu paix.

Cassbi» (Guillaume) , professeur de chant au conservatoire de musique de Bruxelles, naquit à Lyon le 12 octobre 1792. Entraîné par un penchant irrésistible vers rétude de la musique, il entra au conservatoire de Paris, et y suivit les cours de Garât et de Tahna, pour le chant et la déclamation. De 1814 à 1827, il fut attaché à divers théâtres de France , et , en dernier lieu, à l'Opéra-Comique de Paris. En 1827, il se retira en Belgique, chanta au grand tiiéâtre de Bruxelles, et fut nommé, en 1833, professeur de chant au conservatoire de cette ville. Sa méthode est celle de Garât ; madame l)orus-Gras doit être citée parmi les élèves qu'il a formés en France. On lui doit plusieurs morceaux de musique religieuse.

Cassen EUIL , Cassuwgilum , petite ville de Guyenne (département de Lotet-Garonne), où naquit, suivant la tradition , Louis le Débonnaire. La poulation de cette ville est aujourd Imi e 1964 habitants.

Gassien (Jean) naquit vers l'an 350. Quelques-uns lui donnent jjour

{latrie une ville grecque des bords de a mer Noire; orautres pensent qu*il reçut le jour à Marseille , où il écrivit tous ses ouvrages , et où il mourut après avoir fondé la célèbre abbaye de Saint-Victor. Les voyages aux lieux saints étaient , à cette époque de ferveur religieuse , un épisode nécessaire dans la vie de tout homme prenant part au mouvement intellectael. Cassien , jeune encore , fut saisi du désir de visiter les solitudes de l'Orient. Il se rendit d'abord à Bethléem , où il resta peu de temps; puis il partit pour les déserts de la Thébaîde , berceau du cénobitisme chrétien. Il était accompagné, dans son pèlerinage , par son ami Germain, qu'on présume avoir été un jeune Gaulois. Tous deux , à la prière des solitaires de Betliléem , qui craignaient que ces âmes ardentes, séduites par la vie du désert, ne la préférassent aux combats de la foi active et militante , s'engagèrent par serment , dans la grotte du Christ» à reveoir en

ITERS. CAS

Palestine. Us s'avancèrent de solitude en solitude, la besace sur le dos, le

hotirdon à la main , cherchant dans rit^ypte chrétienne les enseijinements de la sagesse nouvelle. Accueillis avec cordialiw par les anachorètes, initiés par eux aux saintes obscurités du christianisme, ils s'oubliaient au milieu des sévères séductions de la vie cénobitique , quand le serment qu'ils avaient fait leur revint à la mémoire. Ils s'arrachèrent donc an désert, et repartirent pour Hetlileem. Bientôt après, Cassien se Ut autoriser par les Pères de cette ville à retourner en É^ypte. Il y demeura dix ans ; mais la supériorité de son intelligence ne permit pas qu'on l'y oubliât, conune il fe désirait. Vers 404, il fut envoyé à Rome, et chargé, parles orthodoxes de Constantinople , d'une mission au sujet de la lutte contre les ariens. Peu de temps après, il alla se fixer à Marseille , et se mit à travailler à deux ouvrages ; l'un , intitulé : Institulion des monastères ; l'autre: Collations ou Dialogues. Ces deux ouvrages forment ce qu*on peut appeler' le code des institutions monastiques.

Ils furent d'abord l'unique base de la législation des cloîtres. Ils contiennent tout un système de morale, et les récits légendaires qui s'y trouvent mêlés en grand nombre, en font un tableau animé et curieux de la vie religieuse de l'époque. Cassien ne donna point dans les excès de zèle qui égarèrent quelquesuns de ses contemporains. Ses écrits, oui ont fourni queluues traits à Daote, lurent la leetnre préférée de saint Thomas d'Aquin. Les solitaires de Port- Boyal professaient pour lui un culte spécial , et c'est dans ses livres qu'ils allaient chercher les règles de la vie monastique. Arnaud d*Andilly lui a emprunté presque tous les matériaux de son ouvrage intitulé, la Fie de% Pères du désert.

CÀssini , nom d'une fimille originaire du comté de Nice, naturalisée en France sous le règne de Louis XIV, et dont chaque génération a fourni depuis , à TAcadémie des sciences , Tun des membres les plus distingués de cette société.

tà» PRANCE. ilàM %it

Jêcm' DomMove GÀsstm, né à

Perinaido , dans le comté de Nice ^ en ICSS, était professeur d'astronomie à Bologne « et s'était déjà rendu célèbre par oes ouvrages du plus haut mérite, lorsqu'il fut appelé en France par Colhert, en 1068. On eut beaucoup de peine a l'enlever à Tltalie; ce fut l'objet d'une négociation. Enfin on l'obtint, mais seulement pour quelques années.

Il vint à Paris , et fut reçu à l'Académie des sciences en 1G69.' Le terme de son séjour expiré, l'Italie le réclama, et lui-même ne songeait point à rester en France; mais Colbert parvint, non sans peine, à lui faire accepter, en 1073, des lettres de naturalisation.

Cassini fit, dans sa nouvelle patrie, en 1684, la découverte des quatre satellites de Saturne; ce qui en donna ciuq à cette planète , au heu d'un seul

Îue Huygens avait d*abonl aperçu, .'année précédente, il avait dérouvert la lumière zodiacale; il en fit connaître la forme avec exactitude ; et , d'après la poiition dt cette lumière relativement à Técliptique, il détermina les circonstances où elle devait s'observer le plus exactement. Après plusieurs autres belles découvertes , Cassini alla , en 1695, revoir une méridienne qu'il avait tracée à Bologne; à son retour, il continua celle qui avait été commencée en 1660 par Picard , continuée m 1688, au nord de Paris, par Lahire, et qui fut enfin poussée par lui, en 1700, jusqu'à l'extrémité du Roussil- Ion: c'est cette même ligne qui fut mesurée de nouveau, quarante ans après, par François Cassini et b Caille, et, cent ans après, par Méchain et Delambre , avec une précision gui ne laisse plus rien à désirer. Cassini mou* fut en 1712 ; il avait perdu la vue dans ses dernières années. Sa vîe, écrite par lui-même , a été publiée par Cassini deThury, son arrière-petit-fils, dans ses Mémoires pour servir à f histoire des sciences, 1810, in-4". On peut voir dans Lalande ( BibliotJièque eàtnmomigue) le détail 4les nombreux ouvrages de J.-D. Cassini; nous ne citerons que les suivants : Observationes cornet», anno 16521 et 53 , Mo-

dène, 16S3 , fn-follo de 29 pages : c*est son premier ouvrage; Opéra astro' nomîca, Rome, 1600, in-folio. On y trouve tous les Opuscules qu'il avait publiés jusqu'alors. Il a lainé ai ma- . nuscrit une Cotmographie en vers italiens.

Jacques Cassini, son iils, né à Paris en 1677, fut reçu membre de l'Académie des sciences en 1694, et de la Société roy.-ile de I,ondres en 1696. Le recueil de l'Acndéniie des sriences renferme de lui nlusieurs mémoires importants; mais il est principalement connu par ses travaux relatifs à la détermination de la figure de la terre.

Après avoir prolongé avec son père, en 1701, jusqu'au Canigou , la niesure du méridien de Paris , et en avoir exécuté , en 1718, la partie septentrionale jusqu'à Dunkerque, il publia, en 1720, son livre De la ffrandeur ei de la figure de la terre, Paris , in-4*. Jacques Cassini mourut dans sa terre de Thury en 1756. Outre les ouvrages que nous avons dt^, on a de lui des êlémênt»

d*ctstronomie, Paris, 1740, in-4'», entrepris sur la demande du duc de Bourgogne, et traduits en latin par le P. Hell, professeur à Vienne , et des Tabke as* tronomiques du soleil, de la lune, de»

planètes, des étoiles et des sateuUeSf Paris, 1740, in-4*.

Cisar^Françots GASStRiDBTsuiiT, son fila, né en 1714 , n'avait pas vingtdeux ans quand il fut reçu à l' Arariémie des sciences comme' adjoint surnuméraire. LiK recueils de cette société contiennent beaucoup de mémoires de lui ; mais un grand ouvrage qui porte le nojn de sa famille fut surtout Tobjet de ses soins. On avait formé le projet de faire une description géométrique de la France : le jeune Cassini conçut le plan plus étendu de lever le plan topograpbique du pays entier , et de déterminer par ce moyen la dis* tance de tous les lieux à la méridienne de Paris et à la perpendiculaire de cette méridienne. Jamais on n'avait formé en géographie une entreprise plus vaste et d une utilité plus générale. Cassini eut la consolation de la voir presque entièremeut achevée, et

344 CAS L*U£<IV£RS. tàà

la gloire d*en avoir lui-même assuré le suecessiveroent vice - président de ce

succès. Il mourut eu 1781. Parmi les tribunal, conseiller et président à la

ouvrages de Cassini de Thury, nous cour royale de Paris, député de l'ar-

citerons: Helations de deux voyages rondisseaient de Clermont (Oise) , et

faits en 1761 et 1762 en Allemagne, pair de Fkunce. Il mourut du cho*

pour déterminer la grandeur des de- léra en 1832.11 était, depuis 1827,

grés de longitude , par rapport à la membre de l'Institut ( Académie des

géographie et à l'astronomie, 1762, sciences). Henri Cassini ne suivit pas 10-4 ; Opuscules dlioers, 1771, in-S*, * la carrière où sa famille s'était inns-

contenant un almanach perpétuel , une trée ; il ne se sentit jamais aucun

table pour les étoiles, et deux lettres ; goût pour l'étude de l'astronomie;

Description d'un instrument pour mais il se livra avec un grand succès

? rendre hauteur et pour trouver à celle des sciences natutelles et de la

heuî^e vraie sans aucun calcul, 1770, botanique. Celte dernière science sur-

in-4°; Description géométrique de la tout lui doit de précieuses découvertes.

terre, 1775, in-4"; Description géo* 11 a fourni au recueil de l'Académie

métrique de la France, 1784, in-4*. des sdeoces et à plusieurs journaux

Jacques- Dominique y comte de CAft- scientifiques un grand nombre de mé-

SlNi, son tils, né à Paris le 30 juin moires; les plus importants ont été

1748, lui succéda dans la place de di- réunis et publiés par lui , sous le titre

recteur de rohservatoire. Ce ftit lu! ^Opusemès phytologiques , Paris ,

qui termina la belle carte de France , 1820 , 3 yol. in-8*. commencée par son père. Cette carte, Cassis, petite ville de l'ancienne

connue sous le nom ae Carte de l'Aca* Provence ( auiourd'liui du départe-

démie et de Carte de Cassini, a trente- ment des Boucnes-du-Rhône) , à deux

trois pieds de hauteur sur trente-qua- myriamètres et demi de Marseille,

tre de largeur; c'est l'ouvrage le plus est mentionnée dans l'itinéraire d'An-

beau et le plus complet qui existe dans tonin , sous le nom de Carsicis por-

ce genre. L'Assemblée nationale avant tus. Cette ville était alors située au

ordonné, en 1790, 1a division delà fond du golfe de TAràne; elle fut

France en départements , cette carte détruite , en 573 , par les Lombards ,

fiervit de type a ce travail , auquel Cas- et rebâtie , quelque temps après , par

sini lui-même eut une part importante, les anciens habitants, sur une émi-

Membre de l'ancienne Académie des nenoe voisine; position qui fut encore

sciences , il fit partie de l'Institut dès abandonnée, au commencement du

la formation de ce corps. Il a publié treizième siècle, pour l'emplacement

plusieurs ouvrages estimés , entre au- où se trouve la ville actuelle. Cassis très : Foyagefa it par ordre du roi en possède aujourd'hui une po pulation

1768 et en 1760, pour éprouver les dedeuxmille cinquante habitants. C'est

montres marines inventées par M. Le- la patrie de l'auteur {\\ inacharsis. roy ; f'oyage en Californie par Castagne (Raymond) , capitaine

et les variations de l'aiguille aiman- premiers sur le pont , malgré le feu

Sée ; Exposé des opérations faites en de l'ennemi. Son exemple entraîna ses

France en 1787 y pour la jonction des camarades, qui Grent des prodiges de

observations de Paris et de (rfieefi- valeur. Cet of licier ayant pénétré dans

ivich. la ville, s'empara, avec quinze hom-

Mexandre-Henri-Gabiid, vicomte mes, de deux pièces de canon , après

de Cassini , son fils , né à Paris en an combat des plus opiniâtres , et fit

1781, entra dans la carrière judicinire un grand nombre de prisonniers,

en 181 1, comme membre du tribunal Castatone ou Castagne (Gabriel

(le première instance de la b?iue.|Hut dej , relii^ieu.\ de Tordrç de j>aiDt-»

CAS

FRAKCE.

CAS

François , né dans le seizième siècle , s*adonna à l'étude de l'alrhimie , devint aumônier de Louis XIII, et mourut vers leao. On a de lai ; VOr potable qui gtiarit tous les maux.

Le grand miracle de nature métalii' que. Le Paradis terrestre. Ses œuvres ont été recueillies en 1 seul volume et publiées à Paris, en 1661 , in-8*.

Castaing , célèbre empoisonneur, né à Alencon en 1796, exécuté à Paris en 1898 , et dont le procès excita une grande curiosité , à cause de la publicité qui fut alors donnée pour la première fois aux propriétés des poisons végétaux.

Castalion (Sébastien), théologien calviniste, né en 1515 dans le Dauphiné, s'appelait Cbâteillon, nom qu'il crut devoir latiniser, suivant Tusage des érudits du temps. U fut lié avee Calvin , qui le fit nommer professeur à Genève. Mais s'étant ensuite brouillé avec ce chef de secte, qui le fit destituer et bannir en 1544 , Gasta* lion tomba dans la misère , et se vit réduit à cultiver de ses mains un modeste diamp, qui ne lui laissait de libres pour 1 étude que quelques heures du jour. Il mourut de la peste à B:1Ip, en 1563. Son ()rincipal ouvrage est une traduction latine de la Bible, dont la première édition est de 1551 , et la plus estimée de 1573 (Râle). On doit citer parmi ses autres écrits : Moses iatinus, Bâie, 1546, in-4*', où il se déclare contre la peine de mort ; quel* ques poèmes grecs et latins ; et une traduction latine d'Homère.

C.ASTALLA (bataille de). — Dans la nuit du 20 Juillet 1812, le général espagnol Joseph O'Donnel , à la tête d'un corps aarinée de douze mille hommes, se mit en marche pour surprendre Tavant-garde de Tarmée française d'Aragon, commandée par le général Delort. Otte avant-garde était cantonnée dans la petite villedeCastalla et dans les villages voisins d'Ibi et de Biar. Au pointdu jour, Tnile gauche, le centre et l'infanterie de la reserve des Espagnols attaquèrent avec vivacité les postes français en avant de la ville, tandis queVaile droite commen-

çait une forte fusillade sur Ibi, etgue huit escadrons de cavalerie se dirigeaient sur Biar. A la vue des troupes nombreuses qui venaient l'attaquer , le général Delort avait évacué la ville, bien qu'elle eût été miî.e à l'abri d'un coup de main, et, disputant le terrain pied à pied , il était allé prendre position un peu en arrière , sur des hauteurs. De la, son artillerie cherchait, mais en vain, à arrêter les colonnes ennemies , qui s'avançaient résolûment , et déjà il était enveloppé par une multitude de tirailleurs. Sa situation devenait de plus en plus pé- Hiteose, lorsque tout è c(>up le 24* de dragons arriva de Biar. Ce mouvement, que les Espagnols n'avaient pas même songé à prévenir, les surprit et les déooneerta, tandis qu*il augmenta Ténergie des Français. Delort, mettant à profit, et l'ardeur des siens, et l'hésitation de l'ennemi, se décide sur lechamp à un grand effort offensif : il envoie aux dragons Tordre de charger au galop, et d'enlever deux pièces de canon établies par O'Donnell pour protéger le passage dHm ruisseau. Lea dragons, dralant un à un sur le pont étroit qui communique d'un bord à l'autre, exécutèrent cet ordre avec valeur. Non-seulement ils s'emparèrent des deux canons , mais , en un clin d'œil,les bataillons ennemis, nui se formaient en carrés pour les (lelendre, furent enfoncés, sabrés et anéantis. Toute l'infanterie espagnole fut ou taillée en pièces ou faite prisonnière. La réserve seule se sauva en désordre au milieu de Castalla ; elle y fut poursuivie dans les rues et exterminée. D 'jà la déroute était complète au centre et à la gauche de l'ennemi ; bientôt le gênerai Delort se porta sur Taile droite , et força les troupes qui la composaient à mettre bas les armes. Les manœuvres de l'avant-garde fran<jaise avaient ete si ra-

fiides, qu*avant huit heures du matin e feu avait entièrement cessé. Deux pièces de canon attelées, et leurs caissons , seule artillerie des Espagnols , trois drapeaux, six mille fusils anglais , qu'on ramassa sur le champ

CAS

L'UNIVERS

CAS

de bataille , deux mille huit cent trente-deux prisonniers, dont cent cinquante officiers de tout grade , cinq cents morts et autant de blessés, telles furent les pertes de l'ennemi dans la mémorable journée de Castalla. Les Français, qui, avec 'mille fantassins et cinq cents chevaux , avaient défait un cor|)s de plus de neuf mille hommes, n'eurent que quatorze morts, dont un seul officier, et cinquante-six blessés.

Casteggio. (Voyez Montbbbllo [bataille de]).

Casteill-Roussillon ou Cha- TEAU-RoussiLLON , bameau situé sur une élévation dans la partie orientale de la plaine de Roiissillon, sur la rive droite du Tet, à une lieue ouest de la mer, et à une lieue est de Perpignan (département des Pyrénées -Orien* taies).

(> hameau occupe l'emplacement de Tancienne Ruscino de Strabon, de Mêla , de Piine, de Ptolémé», et de l'itinéraire d'Anlonin. Tite-Live nous apprend que ce fut a Ruschio que s'assemblèrent les tribus gauloises voisines des Pyrénées, pour disputer le passage à Annibal. On sait qu'à la suite (l'une conférence avec les Carthaginois , tenue à lUiberri ( Elne ) , les chefs, séduits |»r des prraents, oon* durent un traité d*alliance. Ces deux villes appartenaient alors aux ^orftotief, peuplade tectosage. Suivant Pline, Ruscino devintensuite une ville tatine; suivant Mêla, elle aurait reçu une colonie romaine. Quoi qu'il en soit, on trouve encore à Casteill-Roussillon, en fouillant la terre, des médailles romaines et des fondations d'édifices consifl(';rahlrs. Kn 17(i8, on y a découvert des débris de colonnes, de chapiteaux , de socles de marbre , etc.

Cette ville commença à dépérir à l'époqiip de l'invasion des Sarrasins, et fut entièrement détruite par les INormands vers 828 ou 838. Elle passait encore, en 616, pour une des villes les plus importantes de la Marche d'Espat;ne , puisque Louis le Débonnaire, concédant un privilège aux peuples d'Espagne, et ordonnant le dépôt d'une eopiede raflte dans les sept villes pria* ;

cipales, nomme Ruscino la troisième.

Il ne reste plus de cette antique cité qu'une tour ronde, des vestiges de bains publics, deux citernes, et des fragment*! de moulins à bras de forme cylmdrique.

Castbl (combat de). — En avril 1794 , les troupes destinées par Pichs* gru à faire une diversion en Flandre, avaient commence leur mouvement, lorsque le général autrichien Claii^ fait , à qui oes démonstrations , faites le 23, sur Denain , avaient donné le change, et qui s'était porté vers cette place avec la plus grande partie de ses forces, reconnut son erreur. Il revint en toute hâte sur Tournai , pour barrer le passage à l'armée d'invasion.

Le 28, il se retrancha sur les hauteurs de Caste! , d'où il menaçait les communications des troupes françaises avec Lille; mais il n'avait que' dixhuit mille hommes pour en arrêter cinquante mille. Sounam , le général français, attaqua le 29. Après avoir balayé tous les avant-postes des Autrichiens , il ût marcher ses troupes contre leurs retranchements de Gastel. La nombreuse artillerie qui les défendait n'arrêta point l'ardeur des soldats français. Le combat dura plus de quatre neures ; mais enfin les hauteurs furent emportées à la baïonnette, et les Autrichiens mis en déroute. Clairfait, blessé dans l'action , laissa aux mains du vainqueur doue cents prisonniers, trente canons et quatre drapeaux.

Castel (Jehan de), bénédictin, vivait dans le quinzième siècle. 11 ne nous reste de lui que le Mirouêr des pécheurs i^ pécheresses , en vers»

Dans cet ouvrage, composé en 1 168 , et imprimé 10-4**, sans date, ni indication dulieudeTimpression, l'auteur emploie indifféremment les langues latine et française et tous les rhythmes possibles. Comme il y prend le titre de chroniqueur de France j il est probable que c'est le Castel dont parle Molinrt, et qui, au dire de cet auteur, avait composé des chroniques perdues aujourd'hui. Il est aussi à présumer que Jehan de Castel est le même que Jehon de CkaM, moine frandacain

CAS

de Vire , auteur d'une ('pître 60 vert imprimée vers l'an 1500.

Castel (Louis-Bertrand), jésuite,

{géomètre et physicien, né à MontpeU 1er en 166ë, eipoia dans plusieurs ouvrDGies les systèmes qu'il sVtnit créés sur plusieurs parties de ces deux sciences , travailla pendant plus de trente ans au Journal de Trévoux et au Meî'cure y et mourut en 1757. On peut voir dans le Journal de Tré* voua:, deuxième volume d'avril, année-1757, la liste assez longue de tes écrits. liC travail qui a le plus contribué à sa célébrité, est son C/arccin oculaire , dont il annonça le projet dans le Mercure de novembre ilUb , et dont il développa toute la théorie dans le Journal de Tréinmx de 1 735.

Castel (René-Aichardj , né à Vire en 1758, fût élu maire de ta Yille na« taie, au commencement de la révolution. Nommé, en 1790, membre de l'Assemblée législative , il s'associa aux Dumas, Raroond , et autres ora« teurs du côté droit, pour défendre la cause de la monarchie. Tl se retira en Normandie , après la clôture de la session; et, quelques années plostard, il devint professeur debelles*lettresau collège Louis le Grand, puis successive» ment inspecteur général de TUniversité, et inspecteur des écoles militaires. Il a publié : l'un Poème des Plantes , in- 18, 1797; 2° la ForH de Fontainebleau, in-12, 1805; 3° f oyage de Paris à Crévi , en Chablais , et un .Discours sur la gloire littéraire; 4" rj/istoire naturelle de Buffon , clas^ sée d'après le système de Linné ; 50 Iq Prince de Calane, opéra, 1813, in-8«. Castel est mort à Reims en

Castel (N.), grenadier au AQ" régiment d'intanterie de li^ne, fut dangereusement blessé d*on biseaîen à la prise de Landàu, et tomba noyé dans son sang. Un de ses camarades lui fit avaler quelques gouttes d'eau-de-vie ; Castel sent aussitdt renaître ses foi^ ces , et avec elles toute son énergie : il se relève , et court de nouveau au combat. Mais son sang continue de eouler , et il retombe en «^écriant :

« Je meurs content , nous sommes maîtres de la redoute* » Ce faéros fut

rappelé à la vie.

Castel-Alfibbi. — Asti avait été prise en 1745, par le lieutenant général Chabert. Mais l'année suivante, après la malheureuse affaire de Plaisance ^ elle retomba au pouvoir des Impériaux.

Tous les postes français de la gauche du Pô furent évacués ; mais on oublia un hôpital de deux cents malades, établi à Castel-Alfieri. Au nombre des convalescents se trouvait un sergent de grenadiers du régiment de Tournaisis, surnommé Fa-de-bon-Cœur, Ce sergent proposa aux autres malades de quitter le lit , de se mettre en défense, et de ne se rendre qu'après avoir soutenu un siège. La proposition est acceptée, on prend les armes, ou ferme les portes, on attend les Fiémontais de pied ferme. Quelques jours après , on vit paraître un officier piémontais qui venait, à la téte a'un faible détachement, prendre Thépital à discrétion. Il fut salué d'une décharge générale d'artillerie et de mousqueterie; car ou avait trouvé, dans ui) coin du château, une vieille pièce d« fer, que Ton avait mise en oatterie« L'oflieier, qui ne s'attendait pas à une telle réception, alla en rendre compte à son général, M. de Leutrun. Celuici, pour la singularité du fait, voulut aller reconnaître la place, et demanda à parlementer. Va-de-bon-Cœur, établi gouverneur d'une voix unanime, déclara que la garnison de l'bépital était disposée à se défendre, et qu'il ne capitulerait qu'après avoir essuyé quelques volées de canon et vu ouvrir la tranchée, n*en ouvrit-on que de ia longurur de sa pipe. M. de Leutrun repondit qu'il admirait sa bravoure , et qu'on le servirait suivant ses désirs.

On ouvrit donc la tranchée, et deui canons furent portés à dos de mulet devant l'hôpital. Après deux jours de tranchée ouverte, et quelques volées de canon, auxquelles on rendit par un feu soutenu , le gouverneur demanda à capituler. Tous les honneurs de la guerre lui lurent accordes. La capitulation signée , Tofflcier piémontais , qui

CAS

L'UNIVËRS.

CAS

avait commandé le siéRe* envoya des

r,ifrnî('!iissements à la garnison, et lui lit offrir ce dont elle pouvait avoir besoin pour son transport. Le lendemain, elle sortit, précédée d*iitt tamix>ur qui s'appuyait sur une béquille et portait un bras en écharpe; marchait ensuite M. Va-de-bon-Cœur , qui saluait de la hallebarde; puis venaient vingt charrettes chargées de malades, criant:

yice le roi! autant que leurs forces ie leur permettaient, et portant le fusil le plus haut qu'ils pouvaient.

La marche était fermée par les convalescents, qui s'avançaient sur trois de front. Ënlin une charrette, cou« verte de branches de pin et de romarin, portait let ustensiles de Khôpital. Ces braves, après avoir traversé les postes piémontais, arrivèrent ainsi en tnomphe à Novi, quartier général de l'armée française. Le roi décora de la croix de' Saint-Louis le sergent Va-de-bon-Cœtir, et le nomma aide-major de la place de Brisach.

Castel-Bajac (Mnrie-Barlhélemy, vicomte de), né en 1776, près Rabasteins en Bigorre, servit d'abord , contre la révolution, dans l'armée de Condé, ventra en France à la seconde restauration, et fut un des membres les plus ardents de la chambre dite introuvable.

Réélu après Fordounance du 5 septembre 1816, il siégea ù côté de INIM. de Villèle et Corbière, parmi les chefs de cette o[»position violente subitement convertie a la charte , depuis que le gouvernement avait cessé d'écouter ses inspirations réactionnaires. Plus tard, les électeurs du Gard n'ayant )ius voulu d'un pareil représentant, I exhala son mécontentement aristocratique dans le Conservateur* Cependant les électeurs de la Hante-Garonne lui rouvrirent le chemin de la tribune, et en 1819, il appuya fortement Tordre du jour contre les pétitions qui réclamaient le maintien de la loi des élections, jugée, selon lui, par la nomination de M. Grégoire. A mesure que la marche rétrograde des ministres Decaze et Pasquier rapprocha de plus en plus ses amis du pouvoir, M. de Castel-fiajac devint moins

fougueux , et quand M. de Villèle eut pris les rênes (le l'État, il n'hésita pas de se séparer de ces ultra-royalistes^ qu'il avait orociames ultra-malheureux pour ta cause royale. Il fut récompensé de son dévouement ministériel, d'abord par la direction générale des haras et des manufactures, ensuite par celle des douanes.

Castelbab (combat de). Le 22 août 1799, le général llumbcrt, envoyé par le Directoire sur les côtes d'Irlande, avait débarqué avec onze eent -cinquante hommes dans la baie de Killaln, au fond du golfede Sliîjo. Sur-lechamp il s'était porte vers l'intérieur, et le 26, sans presque avoir rencontré d'obstacles, il prenait position à Balayna. Ayant appris que les généraux anglais Lake et Uutchinson avaient rassemblé leurs forces i Castelbar, et se disposaient à venir rattaqaer, il résolut de les prévenir, et même de les surprendre s'il le pouvait. Il quitta donc Baiavna à trois heures du soir, et le lendfemain 37, à six heures du matin, après quinze heures de marche à travers un pays de montagne, il atteignit les hauteurs voisines de Casteibar. Immédiatement il fit reconnaître la position des Anglais, et, quoiqu'elle fiU très-forte, il l'attaqua. Les tirailleurs ennemis furent d'abord repoussés: puis le reste des troupes républicaines s'avançxi au pas de charge, sans que le feu vif et meurtrier de douze pièces de canon pût modérer leur ardeur. Tandis qde cette audacit'iise attaque est tentée contre le centre de l'ennemi, l'adjudant général barrazin, s'avançant à la téted'un bataillon de ligne et d'une compagnie de grenadiers, essaye de forcer sa gauche.

Le bataillon, qui se présente le premier, est contraint de se replier sous le feu de plus de deux mille hommes; mais Sarrasin vole à son secours avec les grenadiers, et rejette les Anglais sur leurs lignes. Renonçant toutefois à enfoncer Taile gauche, il laisse le bataillon pour la tenir en échec, et se porte lui-même avec ses grenadiers sur l'aile droite , qu'il culbute. Le mouvement rétrograde

CAS

de la droite est bientôt înifté par le centre, et alors le bataillon chargé dn contenir la gauche Toblige à se réiu&ier dans ia ville. Les républicains chercbent à Tcn déloger* et «les deux parts on se bat avec acharnement; enfin, une ciiarge de chasseurs a cheval force le gros de Tarmée a n^:;] ai se à repasser le pont de Castelbar. £llc abandonne artillerie et bagage, et on la poursuit deux lieues l'épee dans les reins. Six cents morts ou blessés , douze cents prisonniers, douze pièces de canon et cinq drapeaux, telles furent les pertes des Anglais. Le général Hunibert, qui avait battu un ennemi au moins trois fois supérieur en nombre, ne perdit que deux cents hommes.

Castf.lbon (monnaie de). Cnstclbon ou Castelloubon est un petit \i\ïîide situé en Gascogne , dans la vallée de Laudon, au comté de Bii;orre, à treize kiloni. de Tarbes. Ce village possédait autrefois le titre de vicomté, et jouissait du droit de battre monnaie, ainsi que le prouve un acte passé en 1374 entre le duc d'Anjou et le vicomte lloger-Beruard de Foix. Par cet acte, le duc permettait au vicomte deCastelbon de faire battre dâns ses domaines fies moHîioies blanches et noires en ia forme et manière que le duc de Lescan (seigneur du voisinage) avoit et/aisoUfaireau tempi qu^iTvivoit. Ces monnaies , qui devaient être du même poids et au même titre que celles du roi de France, n*ont pas encore été retrouvées. La moitié au profit qu'on devait retirer de ce monnayage appartenait au roi , et l'autre moitié au vicomte.

Castel-Foktë (prise de). Le 10 janvier 1799, le général Chnmpionnet, commandant l'armée française dans le royaume de Naples, avait conclu, sous les murs de Capoue, un armistice avec le général en chef des troupes autrichiennes et napolitaines. Se trouvant ainsi débarrassé, pour le moment du moins, de son principal ennemi , (Jhnmpionnot put s'occuper de châtier serieusem.^nt les paysans napolitains qui s'étaient insurgés sur plusieurs pomts du territoire même

CAS UÛ

que Tannlstice avait attribué aux Français. Le général Rey, d'après ses ordres , occupa successivement Itrij Fondi et la p«tite ville de Traéta, sur la rive droite do Garigliano, principaux refuges des rebelles.

De là , Rey se porta sur Castel-Forte, où s'était réunie une autre bande non moins considérable de révoltés ; ceuxci se défendirent en désespérés. La position de la place ne permettant pas au générai français de se servir de son artillerie, il fit donner l'assaut par l'ififanterie française et polonaise. Ces bataillons enfoncèrent à coups de hache une des portes de la ville, et v pénétrèrent. Le général Rey était tèllement exaspéré du massacre du capitaine Tremeau, son aide de camp, qui avait été entouré et égorgé avec un détachement de quarante hommes aux environs de Traëta, qu'il fit fusiller tous les habitants saisis les armes a la main, et mettre le feu a leurs maisons. La prise de Castel-Forte eut pour les Français le double avantage de supprimer lin des principaux centres de l'insurrection, et de laire tomber en leur pouvoir un petit pare d*artillerie de montagne et des magasins de vivres considérables.

Ca,si£l-Faanco ( combat de ). Fn 1806 , la marche rapide de la grande armée, commandée par Napoléon, avait séparé de l'armée autrichienne une colonne de sept mille hommes , commandée par le prince de Roltan ; ce général , dont tous U s mouvements étalent observés, descendit résoldment la vallée de la Brcnta pour se joindre au prince Charles dans le Tyrol , surprit Bassano, et marcha sur Castel- Franco. Là, une division du général Saint -Cyr l'atteignit, et lui fit essuyer une déroute complète. Tout ce qui n*avnit pas été tué ou fait prisonnier sur le cliamp de bat iille demanda à capituler. Le prince de Rohan fut

f)ris avec beaucoup d'ofUciers. On eneva aux Autrichiens douze canons, douze drapeaux et un étendard, et Ton retrouva les Français faits prisonniers deux jours avant à Bassano.

CASTXt-GiNBSTB (combat de). Tao- ,

FlUKCE.

!l50 CAS L'UN

dis qoe le général Bagommîer atta* qoait Toulon , Masséna défendait les Alpes contre les entreprises des Austro-Sardes, qui de Castei-G ineste, où fis s'étafent retirés, menaçaient encore le qiiartiiT général d'Utelie. Le '24 novembre 1793, il part, à la téte de cinq cents hommes d'élite. Continuellement Mispendoe sur d'affreux précipices, et s'accrochant aux degrés naturellement taillés dans le roc, la petite colonne jparvient aux postes avancés, qui, surpris d'une telle audace , s'enfiiient devant elle. Ayant surmonté de nouvelles difficultés, elle atteint les hauteurs de Castel-G ineste, où Tennemi était retranché, et prêt à la recevoir yigoiireusement. A{)rès deux heures d*un combat opiniâtre, les retranchements sont forcés, et l'ennemi se retire, dans le plus fx^nd désordre, sur la inonta<^ gne du Brec, la plus escarpée et la plus haute de cette chaîne des Alpes. Masséna osa entreprendre de la débusquer de ce poste, où il paraissait impossible de conduire du canon. Néanmoins, il y fuit passer une pièce de quatre, qu*on porte à bras pendant deux milles; général , officiers , soldats , y mettent la main. Bnfln, après sept heures de travaux , cette pièce est mise en batterie , et elle tonne sur les Sardes. Épouvantés des effets et du bruit de cette artillerie, répété et grossi par les échos , et stiiprfiits de la nardiesse des Français, ils n'opposent qu'une faible résistance.

La petite colonne de Masséna gravit le plateau et les poursuit de rocher en rocher. Pendant ce temps, une colonne, commandée par le generiil Despindy, s'empare de Figaretto ; eniin après une courte fusillade , lès Piémontais ftiient de toutes parts, abandonnant trois camps, des firmes et des bagages.

Castel-J alolx, ville de I ancienne Gascogne (département de Lot-et- Garonne), à deux mvriamètres de Nérac. Castel-Jaloux (foit son origine et son nom à un château construit par les seigneurs d*Albret sur la rive gauche de l'Avance, et ainsi appelé peutêtre à cause de la jalousie reprochée à l'un de ses propriétaires. Cette ville étiit autrefois entourée de fortifica-

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tiens. Elle était, en 1G22, occupée par les protestants. Mais à l'approche de Louis XIII, Favas, député général des Églises , en ouvrit les portes. Le roi fit raser les fortifications.

CASTELL.4MABE (affaires de). Les INapolitains ayant secoué le joug des Espagnols , et choisi pour roi le péeheur Masanfello (1647) , avaient demandé des secours à la France. Le duc de Guise, qui se trouvait à Rome, alla se mettre à leur tête. 11 charge Cérisantes d'attaquer Gastellamare aveo un petit corps de troupes. Ses soldats se mutinent , et demandent de l'argent.

Le duc, averti, accourt. A son abord, les révoltés soufflaient leurs mèches et se préparaient à tirer sur lui leurs mousquets. 11 s'avance, met l'épée à la main , perce de sa main un des plus mtitins et en fiiit pendre un second à tin arbre. Les autres , étonnés de cette audace, mettent bas les armes et lui demandent pardon. Onsait <]ue Mazarin ne profita pas de cette révolte de Naples, que bientôt le duc de Guise fut fait prisonnier, et que les Napolitains retombèrent sous la domination espagnole.

— Lors de la première occupation du royaume de Naples par les Français (voyez rnrlicle Naples), le fort de Casteli^inarc fut attaqué par des bandes nombreuses de l*armee du cardinal Ruffo. Les canonniers napolitains refusèrent de tirer, et assassinèrent leur officier, dont ils déchirèrent et brûlèrent le cadavre. Cependant les Anglais avaient débarqué des troupes, et garnissaient do canons la grande route de Castellamare ; mais les Français , accourus de Naples , tournèrent leurs batteries, les prirent en flanc, et firent un grand carnage de ceux qui les défendaient.

Castbllan (Antoine-Laurent), né à Montpellier en 1779, se voua d'abord à la pemture, entra, en 1788, dnris l'atelier de Valenciennes , et acquit bientdt pour le paysage une réputation méritée. Habile aussi en architecture , il se faisait remarquer par le bon goiU de ses labriques. Pendant la révolution, il fut quelque temps employé

CAS FiU

dans les charrois militaires; mats quand il fut rendu h ses études, il fKirtit pour le Levant, visita Constantinople , la Grèce, les îles, l'Italie et la Suisse, recueillant partout un grand nombre de documents, de dessins, et puisant, dans ces riches contrées, un

Î;oût d'autant plus silr, uu'ii ne se aissait pas aller à un sot enthousiasme, et que la vue des chefs-d'œuvre étrangers ne le rendait pas injuste envers ceux de sa patrie.

Fixé à Paris dès 1804, il s'occupa de publier divers ouvrages oij se trouvent consignés les résultats de ses voyages et de ses observations. Ce sont : !• Lettres sur ta Mwéeet les tle$ de Cerigo , Hydi a etZante, 1 vol.

in-8°, Og.i l'aris, 1808; 2" l ettres sur Constantinople , iu-8% Paris, 1811:

ces deux ouvrages ont été réimprimés sous le titre de Lettres sur la Morée, VUellespont et Constantinopte, 3 vol.

in-8% flg , Paris, 1820; 3" Lettres sur t Italie^ faisant suUe aux Lettres sur la Morée, etc., 3 vol« in-8^t Paris, 1819; 4° Mœurs, usages, coutU' mes des ottomans, 6 vol. in- 18, Paris. i8l9. Byron disait de cet excellent livre : « N'allez pas en Turquie sans m avoir Castellan datis votre poche.'»

Peintre et graveur distingue, Caslellan s'occupa beaucoup de la partie technique de son art, et inventa un nouveau procédé de peinture à la cire.

Retiré à Fontainebleau, Castellan consacra ses dernières années à Tétude de la théorie des beaux-arts et à l*hi^ toire de notre art national. La mort, qui le frappa en 1838, l'empécha de publier un livre auquel il avait travaillé longtemps avec amour; nous voulons parler de ses Études svr le château de Fontainet)teau, considéré comme l'un des types de la renaisêanee des arts en France au seizième siècle. Cet excellent livre n'a paru qu'en 18'<(), 1 vol. in-8". Castellan, en étudiant de bonne foi le niagniiiquc palais deFontainebleau, y reconnut, dit Tédi* teur de l'ouvrage en question, « le type d'une école brillanteet toute française, digned'étre opposée à plusieurs des écoles d'Italie, et les titres glorieux d'un

SGEU CAS ^1

grand nombre d'artistes frani^ais qui ne

méritaient pas l'injuste oubli dans lequel ils sont tombés. » £n effet, ce livre est le premier qui rende hommage à la vérité, et restitue à nos artistes ce

que l'ignorance a trop longtemps attribué à l'étranger; et à ce titre surtout il mérite les plus grands éloges.

C-iSTELLAN (l'abbé), antiquaire et littérateur, né à Tourves en Provence, vers Tan 17(30, lit ses études ecclésiastiques au séminaire d*Aix, et fut ordonné prêtre peu de temps avant la révolution. En 1799, il fut nommé curé de Lambesc, département des Bouches-du-Rhône , puis, en 1810, chanoine de l'église d'Aix, et enfin

r)rofesseur d'histoire ecclésiastique à a faculté de théologie de cette ville.

Adm{8,ver8laniéme ejpoque, à la société académique d'Aix , il y lut plusieurs mémoires, dont quelques-uns sont imprimés dans le recueil de cette société: 1* Dissertation sur ta religion des andens Provençaux ; T Notice sur vne inscription d'un genre singulier qu'on voit dans la cliapelle de la Madeteine, dUede la fièvre, près du lac de Mirabeau , suivie d'un aperçu historique sur les frères pontifes; 3° Notice sur Tourves (l'ancien Turris des Romains) ; on attend encore la publication de son Histoire littéraire de Provence, jusqu'à la réuHionde cette province à la I rance.

Castellan (L. de), petit-fils d'un notaire du diocèse d'Arles , avait eu pour père Olivier de Castellan , qui occupait un haut grade militaire lorsqu'il fut tué devant Tarragone, en 1644. Ayant obtenu, à quinze ans, une compagnie dans les gardes françaises, il devint bientôt brigadier d'inlanterie. Il fut, en 1064, envoyé à Gigery, sur les cdtes d'Afrique , rendit compte au roi lui-même de cette expé* dition dans un mémoire intéressant; et eiiliu lit partie de l'expédition du duc de Beaufort à Candie. Il fut tué en 1669, à l'âge de trente-sept ans. Le sculpteur Girard a élevé à son pjère et à lui un tombeau dans l'église j^oint- Germain des Prés.

CAS vim

GA8TSLLA.R£ , petite et ancienne ville de Provence, était, à Tépo-

que romaine, la capitale des Suetri, et portait le nom de Salinœ. Cette cité ayant été détruite par les Sarrasins vers Tan 81 S, les habitants montèrent en haut de leur roc, et 8*y fortifièrent; mais l'augmentation progressive de la population les força ensuite de des<»ndre dans )a plaine audessous de Taneienne ville. Capitale, pendant le moyen âge , d'une petite souveraineté dont parlent des chartes des dixième, onzième etdouzièmè siècles, puis chef-lieu d'une sénéchaussée, d'une vigiierie et d'une recette , dépendant du parlement et de l'intendance d'Aix, Castellane était encore, avant la révolution , la résidence de révêque de Sénez. C'est aujourd'hui l'un des chefs-lieux d'arrondissement du département des Basses* Alpes, et l'on y compte deax mille cent six habitants.

Castfllane (famille de). Cette maison était , sinon Tune des plus ridies, du moins l'une des plus anciennes de Provence. Une charte de 1089 parle d'un Boniface de Castellane. Un autre Bonijace t/e Castellane, troisième ou quatrième du nom , troubadour du treizième siècle, est mentionné par Kostradamus dans V Histoire de Provence , comme avant eu la téte tranchée en 1357, pour swe mis à In téte des I\Iarseillais révoltés contre Charles I''' , roi de Naples et comte de Provence. Bonijace-Louis- André, comte de Castellane, né en 1758, fut, en 1789, député de la nohiesse à l'Assemblée constituante, et figura dans cette minorité de sa caste qui se réunit au tiers état. Ainsi il vota la liberté des cultes, appuya la déclaration des droits , et demanda l'abolition des prisons d'État. Après la session , il disparut de la scène politique jusqu'en 1802, époque oii il fut appelé a la préfecture des Basses-Pyrénées. Il devint ensuite pair de France et lieutenant général , et mourut en 1837. E. B., vicomte de Castellane, son frère, présida la section le Pelletier en 1795, à l'époque où les sections

ERS. CAS

s'insurgèrent contre la Convention. Il fut, pour ce fait, condamné à mort par contumace la même année, et acquitté

par le jiiry l'année suivante.

Castellabo (combats de). — Wurmser, cberdiant à se jeter dans

Mantoue, et poursuivi par la division de Masséna, se porta, le 12 septembre 1796, vers le Tartaro. Apprenant là que le ^nt de Castellaro avait été rompu, il gagna celui de Villimpenta, au moment où le général Charton y arrivait avec quelques centaines de chasseurs pour s'en emparer et le couper. Malgré des forces aussi disproportionnées , le général Charton atta(|ua les Autrichiens; mais il perdit la vie, et ses troupes, maltraitées , se replièrent sur Castellaro. Dès lors Wurraser put continuer sans olMlade sa marche sur Mantoue.

— A r«uverture de la campagne de 1801, le prince de Hohenzollern occupait Castellaro. Les généraux Delmas etMoncey l'attaquèrent de front et en queue dans cette position redoutable, gravirent, sous un feu meurtrier, des pentes très-rapides, et le forcèrent ù se retirer avec une perte de douze cents hommes tués, blessés ou prisonniers.

Castblle ( Adrien ) , dragon au 1"" régiment, né à Valenciennes , fit mettre bas les armes à quarante grenadiers hongrois, qu'il conduisit au quartier général à la bataille de Marengo. Il fut tué peu de temps après.

C astellet (le), seigneurie avec titre de comté, dans leCômtatVenaissin ( département des Bassee-AIpes ), à douze kilomètres de Cavaillon.

Castello de LOS GuARDios (combat de). — Dans les premiers jours de septembre 1818 , le général espagnol la Romana , dont le corps était can* tonné sur les frontières de l'Andalousie, envoya attaquer le poste de Castello de 108 Guardios, occupé par des Français. L'attaque dura quatre jours de suite; constamment repousses, les assaillants se retirèrent entin avec une perte de deux cents hommes.

Le 6, l'ennemi ne fut pas plus heureux dans une tentative du même genre :

deux mille J:;spagoois se portèrent un

CAS

FRANCE. CAS m

pêo loin sur Fuente^vejuna , où se

trouvaient quatre-vingt-seize Fronçais du 51*" de li^ne. Ce faible détaàiement combattit avec intrépidité pendant treize heures , à l'entrée du Tillage d'abord, ensuite dans son quartier, puis dans l'église, et enfin dans le cloclier. Environnés de toutes parts, eea braves continuaient à se défendre avec tant de courage et de sang-froid, que l'ennemi compta bientôt deux cents morts. Renonçant alors ù vaincre avec honneur cette poignée de héros, il mit le feu au cloclier. Quarante-cinq Français avaient déjà été tués : les autres allaient tous devenir la proie des Uamroes , lorsqu'ils furent sauvés par l'approche de quelques troupes dont la vue mit les Ksp:i;:f"io!s en fin'te. Suivant une autre version , ces braves, se voyant sur le point d'être étouffés

f»ar la fumée des matelas et des balots de laine qu'on avait entassés autour du clocber, et auxquels on avait mis le feu à cet effet , se rendirent et fiirent conduits prisonniers en Portugal , où toutefois ils ne tardèrent pas a être délivrés.

Castello-Noovo (prise de). — Le

général Championnet, mattredes feuourgs de Na()les (janvier 1709), fit sommer les habitants de se rendre.

Cette sommation n'ayant produit aucun effet, il força sur plusieurs points l'entrée de la ville, et porta simultanément des corps de troupes sur toutes les positions fortiiiees que renferme cette capitale. L'une des plus importantes était le fort de Castello- Nuovo , situé au centre d'un quartier populeux, et dominant d'un coté le

râlais du roi et de l'autre le port miitaire. Ce fut le général Keliermann qtii eut ordre de s'en emparer; il l'enleva à la baïonnette , après un oombat acharné dans lequel les lassa* roni rivalisèrent avec les Français de courage el d'opiniâtreté.

CA.STBLNAU , vlllagc de l'ancien Iionguedoc , aujoord*hoi département de 1 Hérault, à trois kilomètres de Montpellier. En sortant de Castelnau, vers le nord , on a|)ercoit la colline sur laquelle était bâtie ^ancienne ville

de Siéttantkm, oà fut établi, de 757

à t037 , le siège épiscopal de Maguelonne. Il y existe encore des ruines de murs , d'aqueducs , etc., qui ont été dernièrement Fobjet des explorations de la société archéologique de Montpellier. Castelnau compte six cent soixante et treize habitants. Le nom de Catteinaiiy qui ne signifie que chftteau neuf, est commun a un grand nombre de bourcs et de petites villes du ]\lidi. La plupart y joignent un surnom qui les distingue.

Castelnau (Jacques , marquis de), maréchal de France, petit-fils de INIichei de Castelnau, naquit en 1620, se distingua dans plusieurs affaires importantes , et commanda l'armée de Flandre en l'absence de Turenne, après la bataille des Dunes (1658). 11 fut blessé mortellement au siège de Donkerque. Le roi lui envoya le bâton de maréchal de France; mais il n'en jouit qu'un mois , et mourut à Calais ù l'âge de trente-huit ans.

Castblnau (Michel de), né en Touraine, vers 1520 , était petit-fils de Pierre de Castelnau , éciiyer de Louis XII. ISlilitaire et diplomate , il rendit de nombreux services dans sa double carrière. Après avoir voyagé en Italie et visité l'île de Malte, \\ fit ses preuïicres armes en Piémont. Son courage lui concilia Taffection du cardinal de Lorraine et du connétable de Montmorenri , qui lui firent conGer les missions les plus impurtantes. Henri II renvoya en Écosse avec des dépêches pour Marie Stuart, fiancée au dauphin, depuis François II.

D'Écosse, il se rendit en Angleterre, auprès d'Elisabeth qui conservait des prétentions sur Calais. Le résultat des négociations fut que cette ville resterait à la France pendant huit ans, au bout desquels elle retourne* rait à l'Angleterre, si cette puissance laissait la France en paix. Castelnau fut ensuite successivement envoyé comme ambassadeur* en Allemagne, en Savoie et à Rome. Le but de sa mission en Allemagne était de faire abandonner aux princes le parti protestaat. Après la mprt de Frani^ois II,

SS4 vm

il aoeompagna Harie-Stuart, sa veuve, en Ecosse. A son retour , il fit la guerre en Bretagne contre les protestants, qui s'emparèrent de sa personne. Bientôt délivré par échange, il assista au siège de Rouei] , à la bataille de Dreux , et concourut à la prise du Havre sur les Anglais.

Envoyé de nouveau en Angleterre pour renouer des liaisons avec cette puissance qui avait secouru les protestants , Castelnau obtint des conditions de paix favorables à la France. Un peu plus tard , résidant auprès du duc d'Albe dans les Pays-Bas, il découvrit, à Bruxelles , le complot au'avaient formé le prince de Gonoé et l'amiral de Coligny, de surprendre et d'enlever la famille royale à Monceaux.

Il obtint pour Catherine de Médicis deux mille cavaliers allemands, que le duo d*Albe n^acoorda toutefois qu'à grand'peine. Après la bataille de Saint- Denis, il alla en Allemagne demander d'autres secours. En récompense de tant de services, Catherine de Médicis le nomma gouverneur de Saint-Dizier ; de son côté Casteinau se montra reconnaissant aux batailles de Jarnac et de Moncontour, dans lesquelles il contribua fortement à la victoire. En 1574, après différentes missions en Angleterre, en Allemagne et en Suisse, Casteinau fat encore envoyé par Henri m en Angleterre, OÙ, cette fois, il séjourna dix ans.

Lorsqu'il revint, il déclara qu'il resterait fidèle à Tautorité royale, et qu'il ne subirait point le joug de la ligue. Les Guises s'en vengèrent en lui ôtant son gouvernement de Saint-Dizier; les soldats de la ligue pillèrent ses domaines, et il se trouva presque dénué de ressources. Henri lY, qui connaissait son attachement au catholicisme, mais qui estimait son caractère , lui ofifirit un refuge dans son armée, et ne craignit pas, après son avènement à la couronne , de lui donner des missions de confiance.

Casteinau mourut à Joinville, en 1599, à ]':!u'e de soixante et douze ans. î! esta remarquer que dans la terrible époque de guerres civiles qu'il eut à

£RS. c;a$

traverser, il resta toujours fidèlement

attaché au parti royal, qui lui paraissait, à bou droit, représenter la France mieux que tous tes autres, mieux que les protestants qui s'ap-

f)uyaient sur l'Anizleterre , mieux que es ligueurs qui taisaient cause commune avec l'Lspagne, et , de leur côté aussi , iippelaient une intervention étrangère.

(laslelnau a laissé des mémoires qui commencent a la mort de Henri II, en 1559, et finissent en 1570, à la troisième paix avec les protestants. Cet ouvrage renlerine une foule de renseignements curieux, et pour cela seul u peut être consulté avec intérêt : mais on y remarque aussi quelques qualités littéraires qui en font un livre estimable. Le style en est dair, débarrassé le plus souvent des vieux termes ; les phrases , bien qu'un peu longues quelquefois , finissent en général d'une manière barmopieuse. L'abondance des détails n'exclut pas la précision. Une rapidité as« sez grande rétine dans la narration :

on voit que l'auteur n'est pas étranger à ce qu'il raconte. Enfin , dans toutes les parties de Touvrage, circule je ne sais quel soiiflle de vérité. Casteinau a en outre un mérite bien rare au seiziejne siècle, celui d'une impartialité inaltérable. Malgré toutes ces qualités, c'est lui faire trop d'honneur que de le placer auprès de Philippe de Comines , comme on l'a fait quelquefois. Il n'a ni les défauts ni les qua> lités de cet écrivain célèbre. S'il n'a pas cette indifférence morale qui est un des caractères des œuvres de Comines , il n*a pas non plus cette vigueur de pensée, cette énergie de style qui a rendu immortelles quelques pages de l'historiea du règne de Louis IX.

Castelhao (Pierre de) , religieux de Cîteaux, au couvent de Fontfroide, près de ]\arbonue , fut investi par Innocent III du titre de léçat , et chargé, avec deux autres mornes de son ordre, Raoul et Arnaud , l'crfete' des abbés, de combattre par le fer et par le feu les progrès envahissauu de

]a secte des Albigeois. Castelnau porta,

dans cette terrible mission , un esprit roide et austère et un fanatisme lougueux. ^eanmolus , les envoyés du pape n'obtinrent pas le succès qu'ils avaient espéré. Casteinau lui 'même courut plus d'une fois le danger d'être tué par les habitants. Un jour enfin qu*il avait osé reprocher en 6ee à Raymond VI sa mauvaise foi et son impiété , et lancé contre lui l'excommuqication et l'interdit, le comte, fréinissanft de colère , laissa échapper des paroles de vengeance qui ne restèrent pas sans effet. Deux jeunes entilshommes crurent bien mériter e leur seigneur en exécutant ces menaces. Déguisés en matelots , ils attelRnirent Pierre de Casteinau sur le Rhône et le jetèrent sur la plage, percé d'un coup de poignard. Cet événement arriva au coromeocement de l'année 1208.

Le cadavre de Casteinau fut enseveli à Saint-Gilles, dans l'église du monastère, auprès do saint patron de la ville, et on lui éleva un tombeau que les religionnaires détruisirent en

CABTBUfAUDABT , Ville du Languedoc , ancienne capitale du pays de Lauraguais, aujourd hui chef-lieu de sous-préfecture du departeiueot de FAnde.

On ne sait rien de bien précis sar

Torigine de cette ville ; on pense seulement qu'elle a été élevée sur l'emplacement d'une ville appelée SottomaffUSf détruite par les Vandales, et reconstruite quelque temps après, sous le nom de Castrum novum Arianor umy dénomination qui rappelait les croyances religieuses des Visigoths. Il en est fait mention pour la première fois dans le testament de Bernard Aton, Yicomte de Béziers et de Carcassonne, testament qui porte la date du 7 mai 1118- Castelnaudary joua un grand rôle dans la guerre des Albigeois , et ses environs furent le théâtre de la défaite des comtes de Toulouse et de Foix, par Simon de Montfort. En 13.55, le prince de finllts s'en empara, la brûla et la détruisit presque entiè-

vement. Xean, comte d'Armagnac, la

rebâtit et la fortifia Tannée suivante.

C'est sous les murs de Castelnaudary au'en 1632 le duc de Montinorem^y tut fait prisonnier ( voyez batiilles de CâSTBLHAUDABY). Les principaux monuments sont : l'église de Saint- Michel , où Ton remarque un tableau de Rival, et l'hôpital général , fondé il y a quatre siècles , et doté en 1774 de cinq cent mille fr., par M. de Langle, évéquc de Saint-Panoul. Castelnaudary est la patrie de Pierre de Casteinau , d'Antoine Tolosani , de Germain de la Faille, des généraux Dejean et Andréossy, et de M. Soumet, de TAcadémie française. On y compte aujourd'hui neuf mille neui cents habitants.

Castelnaldakv (batailles de).— La première bataille lut livrée et perdue en 1311 par Raymond VI, comte de Toulouse, et par le comte de Foix, contre Simon de Montfort. Ce dernier était assiège dans Castelnaudary avee une troupe choisie , qui ne s'éle* vait pas à cent rbevaliers. Son maréchal, Gui de Lévis, et son beau-frère, Bouchard de Marli , rassemblèrent , pour venir à son secours, une troupe assez nombreuse de chevaliers, dans les diocèses de Karbonne, de Carcassonne et de Béziers. Le vaillant comte de Foix les attendit au passage, à une lieue de Castelnaudary, les battit et les dispersa à deux reprises différentes. Malheureusement, ses troupes se débandèrent pour piller , et Simon de Montfort , sortant tout àcoup de Castelnaudary à la tetc de soixante chevaliers , assaillit les vamqueurs et les mit dans une déroute complète. Mais ce brillant succès n*eut pour le moment d'autre résultat que fa délivrance de Castelnaudary. Cette bataille a été longuement racontée dans le poème provençal sur la croisade contre les Albigeois, publié en 1837 par IVL Fauriel. Voici quelques fragments du récit animé qu'en a fait le poète; nous croyons qu'ils ne seront pas déplacés ici :

« Les Français de Paris et ceux devers la Champagne s'en venaient à

FRAIiCE.

Casieinau , bien rangés à travers la plaine. Mais voilà le comte de Foix

avec toute sa troupe et les routiers d'Espagne, qui leur l)arrent le chemin , et ne les prisent pas une châtaigne pour la bravoure. « Barons, se « (ffsent ils entre eux , qu'il n'en reste « pas un vivant de cette race étran- « gère, et que leur sort fasse peur en « Allemagne et en France, dans TAn- « jou , en Poitou , par toute la Breta- «gne, et là haut en Provence, jus- « qu'aux ports d'Allemagne : ainsi « seront-ifs corrigés. » Le comte de Foix chevauche avec une partie des siens à Saint-Martin des Bordes ; car tel est le nom du lieu. Ils dressent leurs lances appuyées à l'arcon de devant, s'en vont criant : Toulouse! h travers la plaine longue et belle , et de leurs arbalètes iaiîcent flèches et bessons... Grande , au baisser des lances, devient la bataille. Les Toulousains crient : Toulouse ! et les Gascons : Commiii^es ! D'autres crient :

Foix, ou Montrort, ou Soissons... Les Français éperonnent comme vrais barons, poussent' en avant tnnt qu'ils peuvent sur le penchant d'une vallée.

La plaine est longue et belle, et rase la campagne ; et des deux côtés il en meurt de faibles et de forts (*). >

— Les environs de Castelnnndary furent encore, dans le dix-septième siècle, le théâtre d'une bataille. Gaston, révdité roiitre son frère Louis XIIF, et serre de près par les troupes royales, s'était ieté dans le Languedoc pour se réunir a la petite armée du malheureux Montmorency. Schombcrg, char^^éde réduire les rebelles, s'avança près de Castelnaudary avec deux mille hommes de pied et douze cents chevaux. Lorsque les deux armées furent en présence, Montmorency , courageux jusqu'à la témérité, résolut d'aller lui-même reconnaître les ennemis à la téte d'une faible troupe de cavalerie. Mais bientôt, victime de son impétuosité, il fut démonté , blessé et pris. Quant à Gas-

(•) Histoire de la croi«ade contre les rétiques all)i[,'i-ois , traduite et publiée pW lA, iauriel , uo;} et suiv.

ERS. CAS

ton, à la pre.mière nouvelle de ce mal« heur, il se hâta de fuir , abandonnant le prisonnier au bourreau de Riche-

lieu.

Castelnau-Montratier , petite ville de l'ancien Quercj^ , aujourd'hui département du Lot, à deux myriamètres quatre kilomètres de Caliors.

Appelée autrefois Caaidiiaude Faux, elle reçut son surnom actuel cl*un seigneur nomme Rafler, qui en augmenta les fortitications. Sa position sur une colline à pente rapide, ses remparts , dont il existe encorede beaux restes, un vaste château fort , entouré de fossés, lui donnèrent une grande importance endant les guerres du moyen âge.

imon de Montfort 8*en empara en 1214. Les Anglais l'enlevèrent sous Charles VI , et ils en étaient maîtres en 1428. On y voit encore d'anciennes portes surmontées de tours. La population de cette ville est aujourd'hui de quatre mille cinquante-trois habitants.

Castel -Novo , près du lac de

Garde (affaires de). — La droite de l'armée d'Alvinzi avait conlinuellement battu dans le Tyrol la division Vaubots. Davidovich , par des manœuvres habiles, avait remporté sur ce général des avantages marques , et l'avait repoussé de positions en positions jtisqu'a Castel-?<ovo. Mais aprè^ la victoire d'Arcole, les affaires changèrent de face. Davidovich, ignorant la position d'Alvinzi, qui fuyait vers la Brenta avec les débris de son armée, fut lui-même attaqué, le 21 novembre 179G, par Bonaparte, commandant les divisions Vaubois et INIasséna, dont la jonction s'était opérée à Villa- Franea. Ces divisions marchèrent en»

semble sur (^astel-Novo, tandis qu*Aiigereau se portait sur les hauteurs de Sainte-Anne, pour couper la vallée de 1* Adige à Dolce. Cette manœuvre fermait toute retraite au général autrichien. Joubert, commandant l'avantgarde, atteignit les Impériaux sur les hauteurs de Gampana. Après un lé* ger combat, un corps de l'arrière* garde autrichienne fut entouré, douze cents bojnme^ turent prisouuiers et

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trois à quatre cents se noyèrent dans l^Adi^e. Les Français repriKot les positions de Rivoli et de la Corona , pendant qu'Augereau, rencontrant les Autricliiens à Sainte-Anne, les dispersait , leur faisait trois cents prisonniers, prenait Dolce, et s*emparait de quatre canons et de six caissons.

— En 1801, après la bataille de Pozzolo, les grenadiers hongrois du prince de Hohenzollern furent repoussés en désordre sur Caslel-Novo par les colonnes des généraux Deimas et Moncey , qu'électrisàit Texemple du brave Oudinot. Ce fut en vain qu'ils voulurent s'y défendre ; pris et repris trois fois , ce village resta enfin au pouvoir des Français.

Castbi-Nuovo (combat de). — Castel-Nuovo , ville de Dalmatie , située dans la vallée de Sutorina et sur le col de Debilibricfa , n'avait jamais vu d'armées françaises avant l'arrivée de relie qu'en 1806 conduisait le général Marmont. Six mille Russes étaient réunis sur ce point à huit ou dix mille Monténégrins et menaçaient la eom* munication de Marmont avec Raguse.

Dans la nuit du 29 au 30 septembre , six mille Français sortirent de cette dernière ville, et firent fuir sans combat les Russes et les ]\Ionténéu'rins.

Le lendemain , Marmont continua sa marche sur les hauteurs quj sont visà-vis de Castel-Nuovo , culbuta trois bataillons russes, et dispersa une nuée de Monténégrins qui les soutenaient.

Ils laissèrent dans cet ^idroit quatre cents des leurs sur le champ de bataille. Cette position enlevée, une colonne française , qui agissait par la vallée, débouche et arrive sur quatre mille Russes rangés en bataille. Le soixante-dix-neuvieme régiment de li-

f^ne se porte en avant , lormé en coonnes d'attaque ; après une charge ▼igoureuse conduitepar le général Delzons , les ennemis se retirent en désordre sous le canon de la place et de la flotte russe, qui envjoie des chaloupes pour protéger leur fiiite. Marmont,

Eo.ur punir les Monténégrins de Iturs ostilités , fait brûler leurs villages et le faubourg de Castel -iSuovo. Ces

peuplades sauvages, poussées au désespoir, fondent alors comme une nuée sur les Français ; mais leurs efforts sont repoussés, le champ de bataille est couvert de leurs morts , et cette leçon terrible leur apprend à craindre la baïonnette de soldats auxquels rien n'avait résisté en Europe.

Castel-Sabrasin , petite ville de l'ancien haut Languedoc, aujourd'hui cbef'lieu d'arrondissement du département de Tarn-et-Garonne. Quelques auteurs , sans doute à cause de son nom , pensent qu'elle existait déjà du temps des Sarrasins. Mais on a lieu' de croire qu'elle est moins ancienne, et ^ue sa dénomination n'est qu'un dérivé corrompu de CasteUsur-Azin.

En effet , elle est bâtie sur la petite rivière d'Azin ou Azine, près de la rive droite de la Garonne. Le parlement de Toulouse s'y réfugia dans le seizième siècle, jiour échapper aux dernières fureurs de la ligue. Elle était autrefois entourée de murs et de fossés. On n'y remarqua plus d'autres vestiges de constructions anciennes que des restes de remparts, le portail gothique d'une église, et deux portes toutes semblables à celles de Toulouse.

Elle a sept mille quatre-vingt-douze habitants, et possède un collée communal.

Casteras , seigneurie de Languedoc, érigée en marquisat, et donnée

Î>ar Louis XIII à Jacques de Minut , ils de Georges de !\Iinut, Milanais, qui était venu en France à la suite de François I*' , et en avait obtenu la charge de premier président au par* lement de Toulouse.

Castets , bourg de l'ancienne Guyenne, département de la Gironde, jadis chef-lieu d'une vicomté. Le château de Castets, bâti comme le bourf^, sur un plateau élevé qui domine le cours de la Garonne , fut fondé en 1213 sous Edouard II , roi d'Angleterre , par Robert de Got , frère de Bertrand de Got, pape sous le nom de Clément V. Sa position lui donna une grande importance dans les guerres des Anglais et pendant nos troubles civils. Ou voit dau^ les mémoires de

Z. IV. 17* Livraison. (DiCT. £KGYcl. , etc.)

vvm\ms.^ . CAS'

SoIIy et dans les historiens de la ligue, drc d'activité jusqu'au, mois d'août

que Castets tuf assiégé en 1 SSo par Ma- 1836.

tignon, puis secouru par le roi de Na- Gastic , chef séquanais, que THel- ▼arre. Assiégé de nouveau en 1586 par vétien Orgétorix avait associé à ses le même Matignon et par Mayenne, elle ambitteoiL projets contre la liberté de finit par rester nu pouvoir de ces géné- son pays et de la Gaule entière (vcy. raux, qui en lirent raser les principales Oagétobix). fortifications. Ce fut le président Du< Gastiglione (affaires de). — Tanhamel, dans la fiimille duquel le châ- dis que Bonaparte soutenait à Lonato tenu se trouve encore aujourd'hui, l'avant-^arde de Masséna, Augereau qui donna en 1680 à cet édiiice un style attaquait conformément à ses instrucplus moderne. L*énorrae épaisseur des tions celle de Wurmser. Après avoir murs , dé vieux souterrains à demi replié les avant-postes de Tennemi, on comblés, attestent seuls quels furent rencontra la division Liptny dans une autrefois ses moyens de défense. I.a assez bonne position, à droite et à gaupopulation du bourg est aujourUliui che de Gastiglione. Après un coiiibat de douze cents habitants. très-vif, les Autrichiens furentTepoos* Castex (Bertrand-Pierre, baron), ses; mais voyant le petit nombre des né en 1771 à Pavie,en Languedoc, troupes qui les poursuivaient, ils se reservit avec honneur dans les armées formèrent bientôt. Une nouvelle charge des Pyrénées-Orientales, dltalie et les força une seconde fois à la retraite, d'Espajgne, et fut promu au grade de et les jeta sous le feu de la cinquante» colonelà léna. Il continua de se dis- unième, qui acheva leur déroute. Ce futinguer en diverses rencontres , et lit rent les deux combats de Lonato et preuve d'une intrépidité rare aux * de Gastiglione qui assurèrent le sucjournées d*£y]au et de Friediand. cès de toutes les opérations contre rJommé commandant de la T.égion Wurmser. Les Autrichiens y pord'honneur, et bientôt après baron, Cas- dirent trois mille hommes, tués, biestex marcha contre l'Autriche en 1809, sés ou prisonniers, indépendamniept exécuta des charges heureuses à Wa- de vingt pièces dé canon (3 août

f* ram , et fut ensuite créé général de 1790). rigade. Appelé, en 1812, à faire partie Wurmser était réduit à son centre de rexpédition de Russie, il prit part et à sa fauche; mais le sort de Tltaaux diverses actions de la campagne, lie n'était pas encore décidé. On se et futatteintd'un coup de feu au passade prépara de part et d'autre à un de la Bérézina. Il assista néanmoins à la engagement général. Bonaparte se bataille de Dresde, fut blessé d'un coup rendit lui-même à Lonato, pour voir de sabre dans une charge , nommé les troupes qu'if en pouvait tirer ; général de division, et envoyé à Tar- mais quelle fut sa surprise, en entrant jnée du Kord. Il contribua à défendre .dans cette place , d'y recevoir un parla place d'Anvers , et malgré une nou- lemcntaire , qui sommait le commun veUe blessure reçue dans un engage- dant dese rendre, ^aroe que, disait-il, ment très-vif contre les Russes, il con- il était cerné de tous côtés. Kffectitinua cependant de tenir la campagne vement, on annonçait l'approche tle

I'usqu'aux événements de Fontaine- Quatre mille Impériaux ; c étaient les

»leau. Qistex déposa alors les armes ; débria de la division coupée , qui ,

mais au moment où l'Europe reprit après s'être réunis, cherchaient a se

les armes contre nous , il aceourut en- faire un passage. La circonstance

Qore à la défense de la frontière, et était pressante ; lionaparte n'avait à

fut licencié après le désastre de lYa- Lonato que douze cents hommes ; il

terloo. Appelé cependant , quelques fait venir le parlementaire, et lui parle

années plus tard, au commandement ainsi : Jl/ez dire à votre général (/ne

de la sixième, puis de la cinquième c'ed lui-même et sqh aorps qui w/U

divilioa «uUtun , il S& partie du /»- prisonnier^ ; que fi «bmf Am mlnir*

CAS VRÀ

ffs il n'a pas viis bas tes armes, s'il jail iirer un seulvaup de fusil, il n'a pku rien à espérer. Débanae^ lu ytux de Monsieur ; vous voyez le général Bonaparte et son état-major au milieu de sa brave armée. AUei, ^elqaes instants après, les Impériaux étaient prisonniers.

Après ce périlleux incident, lîonaparte compléta sesdispositioni», et le a aoAt, au point du jour , on se trouva en présence de Wurmser, dont l'armée était encore forte de trente mille hommes. La colonne de Serrurier avance «or Castiglione, m dirigeant sur les derrières de la ligne emiemie. Tout est combiné pour qu'elle se trouve près de reanemi au moment où Bonaiiaite eomnencera ratlaque. Wurmser paraissant incertain s'il attaquera DU s'il recevra le combat , Bonaparte ordonne à son armée tout entière un moiiffnisat Tétrefp<ade pour attirer les Impériaux. Mais dès qu'il apprend que la division Serrurier, commanoée par le générai Fiorella, attaque la gauche de WttnwNTy 11 fait battra la charge et ordonne à Tadjudant général Verdière d'emporter une redoute «oostruite par Tennemi au milieu ide la plaine. Au même instant , la gauche et le centre des Français marchent sur un déploiement de plus ^d'une lieue et demie ; les avaut-postes aotrichiens sont culbutés, et Wurmser ordonne la retraite, quand il aperçoit le général Serrurier près de le prendre à revers. On le poursuit jusqu'au Aljmdo ; on lui filit nuit cents prison- .niesi, on lot enlève vingt-cinq pièces de canon et cent vingt caissons. Dès le Jendemain , Tarmèe française se préparait à livrer de nouveaux combats à Pesckiera (v<^eE PpaCBUUU.

et rartide.ÂDiGE).

Castillb C Relations de la France avec le royaume de ). — La Castille wtmym^ wammcà à avoir une existence propre que vers la première moitié du onzième siècle , époque où Sancbele Grand , roi de i^iavorre, en 'forma un royaume indépendant', 4es relations de la France avec ce pays, «améDieuemantÀ om» époque, aeicoot

nGE. cas 959

traitées à l'article Kspag-se. C'est en 1078 qu'il est parié pour la première fois de la Castille dans notre histoire; cette année, une fille du duc de Bourgogne , Robert le Vieux , nommée Constance, et veuve du comte de Cfaâlons, épousa Alphonse VI, roi de Castille et de Léon. Cette alliance , m;ili;ré réloignemcnt des deux pays, en^a^ca les aventuriers bourguignons à diriger leurs entreprises du coté de l'Espagne , où se rendirent , à des intervalles assez rapprochés, des bandes nombreuses de cnevaliers. Le 25 mai 108&, Alphonse enleva Tolède aux musulmans, et la prise de cette ville fut due en partie à des auxiliaires français et bourguignons. Le même

Imnce ayant été vaincu à Zelaka par e roi de Séville , oui était mahométan , cette nouvelle donna lieu en France à une sorte de croisade. Parmi . les chevalien qui panèrent alors en Castille, etdontla diestinée devint brillante dans la suite, on remarque surtout Kaymon^i, ^atrième fils de Guillaume I*% comte de Bourgogne , qui épousa Urraque, fille d'Alphonse VI, et fut le père d'Alphonse VII , roi de Castille et de Léon; et Henri, neveu de Hugues c| de Eudes, ducsde Bourgogne, qui mndale royanmedePor-

tu{/nl.

Au siècle suivant , Alphonse le Batailleur, foi iw Navarre , d'Araeon, et qui fut aussi quelque temps ifoi de Cas*

tille , fit tous ses efforts pour attirer auprès de lui les comtes frauçais dont les seigneuries étaient situées au pied des Pyrénées , et qui avaient entièrement renoncé à la suzeraineté de Louis le Gros. Ce fut avec leur secours qu'il fit la plupart de ses guer- •res; nuds il fut battu en 1184 par les musulmans , devant Fraga , et un grand nombre de seigneurs français périrent dans la mêlée ; on cite entre autres Gentille, comte de fiigorre, Gaston, vicomte de Béarn, et 4ioMigr, vicomte de Narbonne.

Vingt ans après, Louis le Jeune, qui venait de répudier Éléonore de Guienne, demanda en mariage Constanœ, iiito d'AifibooM y^• m

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