‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 41 sur 86 · AS · texte numérisé non relu

AS

Léon et de Castille ; ce dernier , qui prenait le titre d'empereur des £spa- \ . ffnes, étala une grande pompe, lorsque

(le roi de France vint en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle. >lais Constance, que Louis épousa en 1154, ne lui apporta rien qui pût Tindeniniserdes États qu'il avait perdus en divorçant avec Éléonore : elle ne lui donna qu'une iille , et mourut en

Quarante années plus tard, un second mariage eut lieu entre les deux familles royales de France et de Castille. Par le traité conclu en 1300, entre Philippe - Auguste et Jean sans Terre, il fut convenu que Louis , fils de Philippe , épouserait Blanche de Castille, fille d'Alphonse Tin et d*Bléonore, sœur du roi d'Angleterre ; et Jean, pour doter sa nièce, accorda en (ief au prince français Issoudun , Graçay, et tout ce qu'il possédait dans le Berri, avec une somme de vingt mille marcs d'argent, au prix de treize sous quatre deniers sterling le marc.

Pendant le cours du treizième siè* de, les relations de la France avec la Castille devinrent encore plus actives.

Le célèbre légat Arnaud Amauri , qui s'était signalé par son fanatisme cruel dans les guerres contre les Albigeois, fut charge, en 1212, par Innocent III, de prêcher en France une croisade contre les Maures d'Espagne. Il passa les Pyrénées avec l'archevêque de Bordeaux, l'évêquede Nantes , et un grand nombre de barons et de pèlerins d Aqnitaine, de Flranoe et dltalie. Mais ces bandes indiseî|ilinées et rendues féroces par les guerres de religion ne se signalèrent que par le massacre des juin de Tolède, et revinrent en France sans même avoir assisté à la grande bataille de Navas deTolosa qui sauva l'indépendance de l'Espagne.

Saint Louis , fidèle à la politique de ses prédécesseurs, appuya de tout son créait l'élection à laquelle Alphonse X, roi de Castille et de Léon, dut le titre d'empereur d'Allemagne, élection qui, du reste, n'eut pas de résultats. Philippe le Hardi , dès son avéONoeot au trône, dirigea toute

son attention vers l'Espagne, et entretint des relations avec m seigneurs influents de Castille, d'Aragon et de Navarre. En 1176, sous le prétexte de faire valoir les droits des fils de Blanche sa sœur, les infants de Cerda, que les Castillans repoussaient du trône, à cause de leur bas «Ige, il envoya au delà des Pyrénées , sous les ordres de Robert d'Artois , une nombreuse armée qui prit et pilla Pampelune. Il se mit lui-même à la téte d une seconde armée; mais le manque de vivres le força bientôt de renoncer à son entreprise. Ce fut en vain que le pape, pour terminer la guerre , indiqua à Toulouse un congrès entre les ambassadeurs de France et de Castille; , les premiers seuls s'y rendirent. Ce* pendant , Tannée suivante , sur les instances réitérées du pontife, eut lieu j à Bordeaux une conférence qui n'a- j mena aucun itoltat; et, malgré la puissante diversion des deux grands j seigneurs castillans auxquels Philippe j faisait payer annuellement vingt-deux I mille livres pour entrenir la guerre en | Castille , il ne put jamais tenter rien d'important contre ce royaume. La paix ne fut faite qu'après sa mort.

I^r le traité de Lyon (13 juillet 1288), Philippe le Bel renonça pour les infants de Cerda à la couronne de Cas- ' tille , sous la condition que l'ainé de ces prinees, qui tous deux étaient alors prisonniers du roi d'Aragon, lecevrait en fief le royaume de Murcie , et que don Sanche , roi de Castille , attaquerait FAragon pour en fteilitor la conquête à Charles de Valois, frère du roi de France. Cette alliance fut resserrée en 1290, par la renonciation de Philippe le Bel aux droits qu'il prétendait avoir sur la Castille, du fait dé Blanche, son aïeule. En retour, don Sauche repoussa toutes les avances que lui tit Édouard I*^*^ , roi d'Angleterre , pour l'engager dans une guerre eontre la France.

Nos relations avec la Castille languirent ensuite pendant trois quarts de siècle ; et l'on vit même la Castille s'allier intimement avec l'Angleterre.

Aussi Cliarles le Sage saisit-il avec

L*U1S1VERS

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empressement l'occasion que lui offrit la lutte de Pierre le Cruel et de Henri deTranstamare, pour s'immiscer dans leurs affaires et rendre a l'influence française toute sa prépondérance. Dès le mois de juillet 1361 ^ Henri de Transtamare et de nombreux Castillans qui s'étaient dévoués à sa fortune et avaient été proscrits par Pierre le Cruel, arrivèrent en Languedoc. Ils y vécurent pendant deux années aux aéj)ens des malhetireux habitants, sur lesquels ils exercèrent beaucoup de brigandages; puis ils repassèrent les Pyrénées, et, en 1365 , ils furent rejoints par Jean de Bourbon, comte de la Marche , et Bertrand du Guesclin, conduisant avec eux ces fameuses compagnies qui avaient aussi dévasté si longtemps la France. Cette expédition devant être racontée ailleurs en détail (voyez du Gifesclin et

GX4KD1!S COMPAGMES ), nOUS nOUS

bornerons ici à dire qu'à la suite de plusieurs échecs elle réussit complètement, et que Henri de Transtamare monta sur le trône de son frère après l'avoir tué de sa propre main.

La France ne tarda pas à retirer un grand avantage des secours qu'elle avait prêtés au nouveau roi. En effet, ■ loin de le reconnnître , Edouard III avait fait épouser a ses nronres fils, Jean de Gand et Edmond, les deux ' filles de Pierre, Constance et Isabelle, et il avait fait prendre à Jean, au nom de sa femme, le titre de roi de Castille. Henri se voyant alors directement nnenaeé, embrassa avec ardeur la cause de Charles V, à la disposition duquel il mit toutes ses flottes , pour l'aider à chasser les Anglais de l'Aquitaine. Le 33 juin 1372, devant le port de la Rochelle, le grand amiral de Castille, Ambrosio Boccancgra , à la téte de quarante gros vaisseaux, détruisit complètement, après deux jours de combat, la flotte anglaise, commandée par le comte de Pembroke : pas un navire, pas un che- ▼alier ne s^échappa. Tont fut pris , coulé à fond ou tué.

Quelques années après , le roi de Castille fit encore , en faveur de la

P'rance, une puissante diversion dans le rovaume de iNavarre, dont le roi, Charles le Mauvais , fut obligé de se retirer en Angleterre pour implorer le secours de Kiehard II. Après la mort de Henri de Transtamare et de Charles le Sage, leurs successeurs, Jean de Castille et Charles VI, s'empressèrent de renouveler une alliance qui avait été si profitable aux deux pays. Lorsque Jean de Gand , duc de Lancastre, et Jean d'Avis, roi de Portugal, firent valoir, à main armée, leurs prétentions au trône de Castille, la France secourut avee vigueur le fils de Henri. Le sire de Coucy , le Barrois des Barres, Tristan de Roye , Robert de Brajîuemar, furent successivement envoyés en Espagne, et y précédèrent de nombreux renforts* que l'amour du pillage entraînait au delà d( s l'yrénées.

« Quand les nouvelles , dit Froissard, en furent venues aui pauvres oompagnons.chevaliers etéruyers,en Beauce, en Berri , en Auverjine, en Poitou et en Bretagne , comment leurs gens étoient enrichis en Castille , si furent plus diligens, et flpres assez de partir de leurs maisons et d'aller en Espagne, puisque renommée courait que on pilloit aussi bien sur terre d'amis comme d'ennemis. » Enfin , en 1387, des négociations ayant été ouvertes entre les trois compétiteurs , Olivier du Guesclin , qui avait succédé à son frère Bertrand dans sa charge de connétable de Castille, renvoya en France trois ou quatre mille lances auxiliaires , et n'en garda guère (fue trois cents qui lui suffirent néanmoins pour reconquérir complètement la Galice, tombée au pouvoir du duc de Lancastre. Le soccessour de JetD I**, Henri III, renouvela rallianee avec la

Pendant la longue et sanglante guerre qai eat pour n»ultat d'expulser les

Anglais de notre patrie , la France , uniquement occupée de sauver sa nationalité, ii*eut aucun rapport avec la Castille. Mais en 1469 , à propos d*on soulèvement qui eut lieu en Catalogne, une guerre ayant éclaté entre Jean , roi d'Aragon , et iienri IV ,

roi de Castille , le roi de France,

Louis XI, fut choisi pour médiateur, et le 23 avril 1463, il prononça à Bayonne, et publia ensuite à IMuret une sentence, arbitrale entre les deux souverains. Presque aussitôt après il se rendit sur les bords de la Bidassoa, où il devait avoir une entrevue avec Henri IV. Ce prince y déploya une grande magnificence , et chacun de ses courtisans chercha à rivaliser de luxe avec lui , tandis qu'au contraire Louis XI affectait une simplicité exagérée. Son habit était d'un drap commun, de couleur brune, et sa tète était couverte d'un vieux chapeau, orné seulement d*une petite madone de plomb ; sa suite s'était conformée à sa simplicité. Les Espagnols, qui avaient regardé cette entrevue comme une féte, furent blessés de la conduite de Louis XI. « Les deux rois se séparèrent mécontents l'un de l'autre , dit M. de Sismondi,et les deux nations, à partir de cette époque, «semblèrent avoir changé en faaine leur ancienne amitié. »

Les rapports intimes qui venaient de s'établir entre la France et TAra-

gon étaient la principale cause de cette brouille. Il nV avait pas un an que Louis XI avait eu une entrevue avec don Juan II d'Aragon et avait fourni des secours à ce j^ince, qui, en retour, avait cédé au roi de France la Cerda-

8 ne et le Koussillon pour la somme e deux cent ntlle éeua , à laquelle était évalué Tentretien des ae|rt cents lances mises h sa disposition pour faire rentrer dans le devoir les Navarais et les Catalans révoltai.

A la mort de Henri IV, sa sœnr Isabelle ayant été élevée sur le trône au détriment de Jeanne , fille du dernier roi , Louis XI prit le parti de rbéritière • légitime , et quelques hostilités eurent lieu entre les Français et les Espagnols. Alphonse V , roi de Portugal et mari de Jeanne, vint même à Paris implorer le secours du. roi de France, mais déjà les dispositions de Louis XI n'étaient plus les mêmes; il ne put rien obtenir, et un traité fut signé à Saint-Jean de Luz, le 9 octobre 1478, entre TEs-

pagne et la France. Ferdinand d'Af* raison , qui avait épousé Isabelle , renonça à toute alliance avec l'empereur Maximilien d'Autriche, tandis que, de son odté, Louis XI s'engageait a ne donner aucune assistance à Jeaime et au roi de Portugal. Cette alliance fut confirmée par une ambassade que Ferdinand et Isabelle ■ envoyèrent en France l'année suivante, et à laquelle le roi fit rendre les plus grands honneurs.

A cette époque, la réunion de la Castille à l' Aragon , sous le sceptre d'Isabelle et de Ferdinand , éleva au delà des Pyrénées un royaume aussi puissant que la France, et dans lequel s'absorba complètement l'individualité de la Castille.

Ainsi donc, pour résumer ce qui précède, les relations de la France avec la Castille ont presque toujours été amicales. Il en fut ainsi , parce que l'alliance des deux pays reposait sur des intérêts communs. La France eut tour à tour besoin de la Castille pour repousser les Anglais de la Guienne et les rois d'Aragon. La Castille n'avait pas moins besoin de la France pour résister aux attaques des Maures et à celles des Aragouais.

Pour la France, la Castille avait été une barrière naturelle qui la protégeait contre les Invasions des Maures. Elle l'avait compris, et lui avait envoyé de nombreux essaims de chevaliers qui contribuèrent puissamment à ses succès eontrel'islamisnie.Detoutes les na^ tions chrétiennes, la France a toi^ours été celle qui paya le plus généreusement sa dette contre les musulmans. Dans toutes les croisades en Catalogne , en Portugal, dans la Castille , dans l'Aracon , aussi Itien qu'en Kpvpte , en Syrie et dans l'Afrique barbaresque, en Occident comme en Orient, partent on retrouve les chevaliers français au premier rang. Ce n'est que lorsque le mahométisme fut hors d'état de compromettre l'indépendance de l'Europe, que la Francs s'allia avec les Turcs, dont le concours l'aida à résister aux projets ambitieux de Charles -Quint. Sauf quelques excès inévitables, la Castille n'eut qu'à Cap-

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plaudîr de leur valeur et des auxiliaires que lui envoya ht Franee.

I.a France trouvait en outre un avantage politique dans cette satisfaction oe son zèle religieux. £lle enchatoaitles Castillans par la reconnaissance et se ménageait en eux dei alliés contre l'Angleterre. Un rapprochement entre les Castillans eties Anglaisdu midi de la France auraiteuikiar nous les conséquences les plus funestes. Il était donc indispensable de s'assurer l'amitié des premiers, ou au moins leur neutralhé h oéfantd^fm ooneomrs actif; c'est à quoi s'appliquèrent saint Louis, Philippe le Bel et Charles le Sage, et ils Y réussirent. Philippe le Bel se ooRonlsit avec beancoup de modération; Philippe le Hardi , son prédécesseur , avait été trop loin , il eut le courage de ne pas imiter son ambition. On a vu aiissf avec quelle adresse Charles le Sage tira parti de la lutte de Pierre le Cruel et de Henri de Transtaniare, et tourna les tbrces navales des Castillans contre l'Angleterre.

Enfin , la Castille et la France avaient un ennemi commun : cet ennemi c'était le royaume d'Aragon qui ne pouvait s'accroître du côte de la INIéditerranée qu'à nos dépens , et du coté de l'Espagne qu'aux dépens de la Castille. Aussi la politique de la Castille fut-eHe toujours d*aeoord avec la nôtre pour tout ce gui ooncemalt l'Aragon.

Toutefois, ce concert qui entrava Fessor des Aragonais ne fut pas asacs puissant pour les empêcher de porter de terribles coups à notre marine et de nous enlever toute influence sur la Sfcfle et le royaume de Naples. Il n'empêcha pas non plus la réunion de la Castille et de TAragon sous un même sceptre. Mais Louis XI avait su prendre -ses précautions; il s'était fait céder la Cerdagne et le Boussillon; acquisition précieuse, pour la conservation de laquelle il ne recula devant aueun sacrifice, et qui diminua pour lui les dangers dont le menaçait la réunion des deux royaumes espagnols. Cette politique était d'au-

tant plus habile qu'elle donnait à la ViÊum sa ftontière naturelle du Midi, et lui permettait de disposer de toutes ses forces vers le Rhin, du coté où il restait le plus de progrès à faire pour acbever Tunité de son territoire.

Malbeureusement le successeur de T-ouis XI ne sut pas suivre son exemple ; aures avoir consenti à l'abandon de la Cerdagne et du Roussillon, Charles YIII compromit notre frontière des Pyrénées et celle de la Flandre pour des expéditions aventureuses en Italie, et il s'écoula bien du temps avant que cette faute fût réparée. La gloire de rendre à la France sa frontière naturelle des Pyrénées n'était réservée qu'au cardinal de Richelieu, le plus ^rand des disciples de Louis XI, disciple au moins ^al au maître.

Castille (le chevalier Édouard de), élève du prytanée français, faisait

concevoir les plus belles espérances, lorsqu'il fut tué à la bataille d'EssIing, à râge de dix-neuf ans. La générosité ile son âme 8*était manifestée dès l'enfance : un de ses camarades, dont le père était mort au service de la patrie, ne pouvant être admis au prytanée, parce qu'il n'avait pas le moyen de fournir le trousseau, le jeune Castille écrivit, sans en parler à personne, au consul Lebrun, et lui exposa la posi- 'tion de son ami; il sollicita sa proteetion, ajoutant que s'il n'était pas assez heureux pour l'obtenir, il ferait vendre tout ce dont il pouvait disposer pour aider son camarade. Sa demande fut communiquée à Napoléon , qui Taccueillit favorablement, et récompensa le jeune solliciteur, eu le mettant au nombre de ses pages.

C \sTiLLON, petite ville de l'ancienne Guyenne, aujourd'hui département de la Gironde, sur la rive droite de la Dordogne, à deux myriamètres huit kilomètres de Libourne. Cette ville, où l'on compte maintenant deux mille huit cent quatre-vingt-dix-sept habitants, a donné son nom à une bataille célèbre.

CaSTILLON ou Cn ATlLLON-tJUJl-Doa-

DOGMF (pièges et combat de). — L*ar-

inée de Charles VII assiégeait Castillon,qui devait lui livrer le coursde la Doridogne.Gette place, environnée de li> gnes de circonvallation et d'un camp retr.'inché, était nux ahois, qiiatid le brave Talbot sortit de Bordeaux pour la secourir. Entraîné par un premier succès, il marche aux retranchements frunçais, et donne l'assaut. Pendant deux l^eures, le héros octogénaire combat avec toute Tardeur de la jeunesse. Les An- Çlais reculent; deux fois il les ramène a la charge, deux fois H est repoussé. En vain, couvert de sang et de poussière, il parcourt tous les rangs, animant les siens par ses discours et ses exemples : un coup de coulevrine le renverse, et sa chute décide du sort de la journée. Son fils, lord Lisle. tombe quelques instants après, à ses cotés, en voulant venger sa mort. Les Anprlais fuient, et Castilion se rend le lendemain (18 juillet 1458). Après cette victoire, Bordeaux fut forcé de se soumettre à son tour.

Les faibles murs de Castilion arrêtèrent, en 1586, te duc de Mayenne pendant trois mois entiers, malgré la peste qui y exerçait ses ravages, et les forces considérables aue le duc avait réunies. Enfin les hanitants accablés se rendirent. Au mépris de la capitulation, la ville fut pillée, et les bourgeois reconnus pour huguenots furent envoyés au parlement de Bordeaux et pendus. Mais aussi le butin fait à Castillon répandit la peste parmi les assiégeants, et Mayenne, atteint lui-même par le fléau, fut forcé de revenir à Paris.

— Quelque temps après , le vicomte de Turenne, Tun des chefs des calvinistes, s*empara par surprisé delà ville de Castilion ; une seule échelle lui suffit pour escalader la muraille dans un endroit mal gardé. Ce succès facile donna lieu de rire des longs et coûteux efforts du due de Mayenne.

Casthlon (J. de). Voyez Mou-

Castillon (J. Fr. A. le Blanc de), procureur général au parlement de

Provence, naquit à Aix en 1719. Il fut l'un des magistrats les plus recomman-

dables du siècle dernier, soit par ses talents comme orateur, soit par son érudition. Ses réquisitoires de 1765 sur l'étude des lois naturelles , sur les actes de l'assemblée du clergé, et celui de 1768 sur les brefs de Clément XIII, firent grand bruit à cette époque. Il montra le caractère le plus honorable dans la révolution parlementaire de 1771 , et protesta vivement contre les actes du chancelier Maupeou. Castilion mourut en 1800.

Castoiement ou Castoyement, roman célèbre au douzième siècle, et dont voici rorigine : un juif espagnol qui avait abjuré la religion de ses pères et pris le nom de Pierre-Alphonse , vint en France en 1 106 , à l'âge de quarantequatre ans, apportant avec lui un recueil, dont il lit bientôt après une version latine intitulée Clerica disciplina. La bibliothèque royale possède plusieurs copies manuscntes de cette version, qui servit, à son tour, de texte à plusieurs traductions en vers et eu prose. Ce sont ces traductions qui sont connues sous le nom de Castofe" ment. Cet ouvrage, auquel les fables de Pilpay semblent avoir servi de modèle, est une suite de contes. L'auteur y suppose qu'un jeune homme prêt à entrer dans le monde reçoit de son père les conseils nécessaires pour s'y conduire avec prudence, et chaque' leçon mise en action est suivie d'apophthegmes, d'historiettes et de bons mots relatifs à ce qui a été dit précédemment. Cette manière d'enseigner par apologues, ce mélange de préceptes et de fables vient des Orientaux, et n'est pas le seul emprunt que nous ayons fait aux Arabes dans le temps des croisades. M. Méon a publié ce roman dans soQ nouveau recueil de contes et £sbliaux.

Castor (saint) , né à JSÎmes vers le milieu du quatrième siècle, était marié et avait une fille, lorsque lui et sa femme , cédant à une pieuse exaltation , se séparèrent volontairement, embrassèrent la vie religieuse, et fondèrent -dans leurs propriétés, au territoire de ]\lenerbe en Provence, deux monastères entre lesquels ils partagèrent tous

CA0 FRANCE. Clfl

leurs biens. La fille prit le voile avec sa mère. Castor^ peu d*annéM après, fut élu évéque dApt, et mourut le 21 septeiiibre, 419. L'abbaye de Saint- Castor suivait la règle des solitaires d*É^ypte et de Palestine , règle qui lui avait été donnée par le célèbre CassieOt abbé de Marseille.

CA.STBA iiûx. — Cette opération sacrilège, que Ton pratique de nos jours elicore en Italie, pour procurer aux malheureuses victimes que l'on ne craint pas de mutiler aiusi, le frivole avantage d*avoir une voix que la nature n'adonnée qu'aux femmes, etde chanter dans la chapelle du pape, a toujours été considérée en France connne un crime. Selon quelques exemplaires de la loi salique, celui qui y avait soumis un homme libre était f)uni de cent sous de composition, et selon d'autres de deux cents. Chez les Ripuaires , cet attentat était mis sur la même li;:;ne que le meurtre, et frappé de la même peine. Celui qui s'en était rendu coupable devait composer de deux cents sous avec sa victime, et, s'il se prétendait inîîocent, jurer avec douze témoins. Si plus tard on ne s'exprima pas toujours en termes formels, la castra* tion ne cessa jamais d'être considérée comme un crime fort grave, et on sait que le chanoine Fulbert, qui l'avait exercée sur le célèbre et malheureux Abailard, fut forcé de prendre la fuite pour échopper au châtiment qu'il avait encouru. Aujourd'hui, cet acte est considéré comme une mutilation, et puni des mêmes peines que ces sortes de délits.

CASTBEL(combatdu mont).— Après la prise de Courtrai , le général sou^ ham ayant attaqué Clerfajrt, le 29 avril Î794, le força, par la vigueur du choc, à se retirer sur les hauteurs de Castrel. Ce poste ne pouvait être abordé que par cinq défilés couverts de batteries.

Les généraux se mirent à la tête des colonnes , composées en grande partie de rétjuisitionnaires. Ces jeunes gens, sous la conduite de leurs chefs, sé battirent comme de vieux soldats, emj)ortèrent lA hauteurs à la baïonnette , et mirent les Uanovriens et les Autri-

chiens dans une déroute complète.

Clerfayt, blessé dans Taction, céda le champ de bataille, laissant entre les mains des Français douze cents prisonniers, trente-trois canons et quatre drapeaux.

Castres, ancienne ville du Languedoc dans rAlbigeois , aujourd'hui chef-lieu d'arrondissen^ent du département du Tarn. Selon quelques auteurs.

Castres doit son origine a un monastère (le bénédictins établi, dit-on, par Charleniagne. Ce qu'il y a de certain, c*est oue cette ville était déjà fort considérable au douzième siècle. Pendant la guerre des Albigeois, les habitants se donnèrent volontairement a Simon de Montfort. Éléonore, fille de ce i)rinee, apporta en dot à Jean , comte ae Vendôme, la seigneurie de Castres, qui passa ensuite à Jean , comte de la Marche, cadet de Bourbon, époux de Catherine de Vendôme. Plus tard, une autre Éléonore. en épousant Bernard, comte de Pardiac, la lit passer dans la maison d*Armagnac. Après la mort du malheureux Jacques d'Armagnac, en 1477, tous les biens de cette famille furent conlisques, et Louis XI donna le comté de Castres à son lieutenant général en Roussillon, le IVapolitain Boffilo del Giudice; mais cette donation souleva de nombreuses contestations que François I*' termina enfin en faisant rendre par son parlement un arrêt qui , en 1619, réunit ce comté à la couronne.

Les habitants embrassèrent le parti de la réforme dès le eommencement des guerres civiles qui suivirent la mort de Uenri II , se fortifièrent , et érigèrent leur ville en nne espèce de république. Mais après les revers des protestants, en 1G29, ils furent forcés de se soumettre et de démolir leurs fortifications. Cest à Castres que fut établie la chambre de Cédit à laquelle devaient être portées les affaires des protestants établis dans le ressort du parlement de Toulouse. (Voy. Chambre.) Ce tribunal fut transféré, en 1679, à Casteinaudary, et enfin supprimé en 1685. Castres, bâtie sur i'Agout, dans un bassin agréable et £n>

266 CAS L'UiNIVERS. CAS

tile, est aujourd'hui peuplée de seize mille ouatre cent dix-huit habitants:

ç*est la. patrie d* André' Dader, de làapin de Thoyras , de Sabatler, etc.

CastrïCUM (combat de). — Le 4 octobre 1799, peu de jours après la bataille d'Alkmaer (voyez ce mot). Tannée française et I armée anglorusse se retrouvèrent en présence près du village de Castricuin, qui, formant la position la plus impor-.

tante, la cfefdu champ de bataille, fut vivement disputé. Occupé d'abord par les Français , puis enlevé par le général Essen, il avait été repris aux Russes, maison par maison, après une mêlée des plus sanf:;lantes , lorsque Abercromby intervint, rallia les fuyards et livra un nouvel assaut. Le combat recommença avec fureur. Brune voyant alors que le moment décisif était arrivé, conduisit en personne une charge brillante, qui fixa de notre côté le succès de la bataille. La cavalerie ennemie se dispersa, et Tinfanterie recula jusqu'à Bakkum et Liunnen. Cette bataille acharnée affaiblit de quatre mille hommes l'armée des coalises. Le lendemain ménie, le duc d'York, renonçant à lutter plus ionutcmps contre les soldats français, assembla un conseil de guerre, où il proposa de battre en retraite, et l'on sait que bientôt il se hâta de conclure avec Brune la capitulation qui termina cette campagne.

Castbies, ancienne baronnie du Languedoc, à huit kilomètres de Montpellier (département de l'Hérault). Cette baronnie, acquise eu 1495, par Guillaume de la Croix, gouverneur de Montpellier, fut érigée en marquisat, en 104.5, en faveur de René' Gaspard de la Croix, qui fut ainsi le premier inarquis de Gastries.

Castiues (famille de). — Le p(^tît-fîls de llené-Gaspard de la Croix, Charles- Eugène ' Gabriel de Castbies, Ait le personnage le plus remarquable de cette famille. Il naquit en 1727. Ses loyaux et nombreux services aux armées d'Allemagne, de Flandre et de Corse; aux batailles de Fontenoy,deRaucoux, de Kosbadi, etc., et sa belle conduite à

l'escalade de la ville de Snint-Goar, et à la prise du château de Khinfekis, en 1758, lui valurent le grade de lieutenant général. II continua de se distinguer sur le Rhin, à Clostercanip, à Wesel et aux campagnes de 1761 et de 176S; nommé en 1780, ministre dé br marine, il devint eu 1783, maréchal de France et émigra en 1791. Il alla alors demander un asile au prince de Brunswick, qu'il avait vaincu à Clostereamp ; il en reçut l'accueil le plus honorable, commanda une division de l'armée des princes dans l'expédition de Champagne, en 1793, et contresigna la déâaration adressée par Monsieur aux émigrés français, le 28 janvier 1703, relativement à la régence. En 17U7, le maréchal de Castries dirigeait, conjointement avec le comte de Saint- Priest, le cabinet de Louis XVIII, résidant alors à Blanckenbourg. Il mourut à Wolfenbuttel , le 12 janvier 1801 , à l'âge de soixante et quatorze ans, et fut enterré à Brunswick, où le duc lui fit élever un monument.

Son fils, Armand- Nicolas- Augus' tin, duc de Castbies, né en avril 1756, était maréchal de camp en 1788.

Député (le la noblesse de la vicomté de Pans aux états généraux , il s'y montra l'un des plus opiniâtres défenseurs de la monarchie féodale, et se battit avec Charles de Lamcth , pour soutenir ses opinions politiques. L'hôtel de Castries ayant été pillé par le peuple, à la suite de cet événeinent, le duc de Castries passa en Allemagne , et y servit dans les corps d'émigrés jusqu'en '1794, époque où il se chargea d'ev organiser un, à la solde de l'Angleterre. Kn 1795, il combattit en Portugal , à la tête de ce corps , et ne rentra en France qu'à la restauration de 1814. îfommé par le roi membre de la chambre des pairs, il a continué à s'y faire remarquer par l'ardeur de son royalisme.

Casi EL. — Ce mot, employé substantivement, signifie, en droit ecclésiastique, les profits éventuels et variables d'une cure ', comme ceux des baise-mains, baptêmes, mariages, en* terrements, les rétributions des mes*

CAS fRAJSCE* CAS 1367

ses , etc. Çest en oe sens que nous en

parlerons ici.

Voici i'origine de cette espèce de revend. Dent Ms temps de la primitive figliee, il était d'asâge que les fidèlee

qai assistaient au sacrifice de la messe, y ap{)ortassent chacun une offrande 4e pain et de vin. Une partie servait à la communion du prêtre et des assis* tants ; le reste se distribuait aux ministres de l'Église et aux pauvres , à Teiception d'une portion du |!aiu, que le célébrant bénissait, et dont les fidèles , par dévotion , ciiiportnient chacun un morceau pour le manjier en fîmille. Cest de ce banquet mystique, que l*on nonmiait les Ealo^ies, que nous viennent la présentation et la distribution du pam bénit, qui ont lieu à la grand'messe les dimancbes et les fêtes.

Quand !n rrlipon chrétienne fut adoptée dans la Gaule , on y célébra les Ëulogies avec une sainte ferveur.

Grégoire de Tours hit mention d*une femine pieuse, qui, tous \vs jours, offrait pour la messe un flacon de ce vin précieux de Gaza , si renommé foué nos premiers rois. On lit dans la TYansiatîon des reliques de saint (iengottx , que des laboureurs de la Sologne firent vœu de donner tous les ane, en rbonneor de oe Mdnt, une cer> taine quantité de blé pour servir au sacrifice de la messe.

Si la dévotion fut d'abord fort vive, U est à présumer qu'elle ne tarda pas à se relâcher sur le présent voIqif taire de pain et de vin. L'Église , regardant sans doute comme un devoir ce^qui n'avait été dans Torigine qu'un aete de piété, plusieurs conciles en France, notamment le second concile de Mâcon, tenu dans l'année 585, firent de cette offrande une obligation caùonique au moins les dimanebes. Dès le huitième siècle, on commença , pour les messes privées, à substituer au pain et au vin un présent en argent; et cette offrande nouvelle, beaueoup plus commode pour la main qui la faisait et pour celle qui la recevait, fut bientôt la seule en usage. Mais au lieu de la regarder comme la repré-

sentation de celle qu*oo abolissait, on

la regarda bientôt comme une rétribution, comme le prix d'une chose achetée et vendue; et ce principe est si bien établi , que le prêtre qui manque de célébrer les messes qu'on lui a payées, se rend , suivant les casuistes» coupable de vol.

Il était aussi d'usage de foire aui curés , à l'occasion des naissances et des mariages , à titre de rétribution ou de salaire , un présent de vin , appelé tfin de bapUmê, ou t>in de noces. Un peu plus tnrd , on y substitua aussi un dou en arf^ent; et, à l'aide de pratiques dont nous parlerons plus bas , le easuel des curés , qui avait commencé par une offrande uénévole de peu de valeur, devint un droit positif d'assez haute importance, surtout dans les paroisses riches et populeuses.

Lecasuel, abandonné à la discrétion des prêtres, n^a jamais été, à proprement parler, réglementé par le pouvoir. Il semblait permis à ceux qui le percevaient , de chercher à l'augmenter par tous les moyeus uui leur paraissaient convenables, et plusieurs d'entre eux ne s'en sont point fait faute. Faisant payer les messes privées , les baptêmes et les mariaaes, ils trouvèrent tout naturel de taiiie payer les enterrements. Ils créèrent aes congrégations dont les membres devaient verser entre leurs mains une contribution mensuelle , suscitèrent une foule d'occasions de prières et de bénédictions , qu'ils ne donnaient qu'argent comptant, et finirent par ajouter d'onéreuses charges indirectes à l'impôt de la dfme , d^à si lourd dans les campagnes.

Une déclaration de lt>44 , s' occupant enfin du casuel des cures , porta qu'il ne devait point être compris dans les portions congrues (voyez ce mot).

On ne comptait point le casuel d'une cure de campagne , quand il s'agissait de décider si le gradué pourvu deœtle cure était sufïisamment doté ; en cela il y avait quelque justice, car ce casuel n'était jamais considérable; mais dans les villes, oik il s'élevait souvent fort

m cas;

haut, il en était autrement; on pouvait alors le grever d'une pension, oommeim fonds certain sur lequel on avait droit

do compter. Un dessprvnnt nommé par un évêque à une cure en litige , ou dont le titulaire était en Interdit, ne pouvait exiger que les honoraires

aui lui avaient été fixés, sans avoir roit de s'approprier dans le casuel des baptêmes , mariages , enterrements et offrandes , une portion plus forte que celle que Tusage ou le tarif attribuaient aux vicaires. Telle était la législation qui réglait le casuel, quand la révolution l'abolit.

I.ors(iup, sous le consulat, il fut question de rouvrir les églises et de réorganiser le corps ecclésiastique , Tîepoléon , au sein de son oonseil d'État , s'éleva avec force contre le casuel des ministres du culte.

« En rendant les actes de la reUm gion gratuits , disatt-il , nous rele-

• vons sa dignité, sa bienfaisance et « sa cliarité ; nous faisons beaucoup « pour le petit peuple, et rien de plus « simple que de remplacer le casuel

• par une imposition légale. Tout le « monde ftaît , beaucoup se marient , « et tous meurent. Voila trois grands «objets d*agiotage religieux qui me «répugnent, que je voudrais faire

• disparaître. Puisqu'ils s'appliquent « également à tous , pourquoi ne pas

> « les soumettre à une imposition spé- « cia1e,ou bien encore les noyer dans la « masse des impositions générales? «

Cette idée était bonne, pourquoi n*a-t-e11e pas été mise en application f IVous l'ignorons. Si les clioses eussent été réglées ainsi , on ne verrait pas le prêtre qui vient d'administrer un sacrement obligé de recevoir un salaire pour ses samtes fonctions; on ne verrait pas les agents des fabriques exploiter la vanité des fidèles , et les forcer à des sacrifices qui souvent leur coûtent « en recueillant Poffirande des assistants dans un bassin découvert ; en obligeant des mariés à fixer la leur aux cierges quMIs tiennent chacun à la main , les ex|)Osant ainsi ^ pendant toute la cérémonie , aux commentaires de ctiacun sur la niagnifi-

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cence ou la modicité de leur don ; on ne verrait pas enfin une multitilde de

pratiques, qui, si cela pouvait être < dégraderaient la religion comme elles nuisent à la considération de ses ministres. Espérons que le temps et la pudeur publique amèneront sur ce point une réforme que les personnes véritablement pieuses appellent de tous leurs vœux.

Catacombes DE Pabis. — Toutes

les pierres qui ont servi à la construction des maisons du vieux Paris , ont été tirées d'abord des carrières souterraines ouvertes sur les bords de la liièvre , dans remplacement qu'occupèrent plus tard le faubourg Saint - Marcel , les constructions du Mont-Parnasse , et les bâtiments aujourd'hui démolis des Chartreux. Dans des temps postérieurs , on demanda des matériaux au territoire de Gentilly, de Mont-Souris, et à celui que le faubourg Saint- Jacques occupe en ce moment. P'aute de surveillance de la part de l'autorité , les exploitations eurent lieu sans règle fixe et sans esprit de prévoyance , fort avant sous le sol de la campagne , et fort avant aussi sous les uropriétés déjà bâties.

Il résulta de ce oésordre , que de nom« breux édifices et des quartiers entiers se trouvèrent assis sur des terrains minés en dessous , et pour ainsi dire suspendus sur des abfmes. Malgré cet état de choses , qui était connu de tout le monde, il fallut que des ébouiemeats et des affaissements causassent de nombreux malheurs, pour que la sollicitude du gouvernement s'en occupât. Knfin, dans les derniers mois de 1776, après des enfoncements et des écroulements de maisons, l*autorité ordonna la visite de ces vastes et profondes excavations. Alors , dit M. Hericart de Thury, on reconnut avec épouvante «que les temples, les palais , et la plupart des voies pObliques des quartiers méridionaux de Paris étaient prêts à s'abîmer dans des gouiffres immenses ; que le péril était d'autant plus redoutable , qu'il se présentait sur tous les points. » En 1777 . on créa une compagnie d'iogé-

L'UWIVEHS.

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nieurs spécialement cliargée de consolider les excavations par des étais et des voûtes. Les travaux de cette compaiînie, qui, depuis leur ouverture, n'ont subi aucune interruption, et se continuent encore , n'ont point empêché que quelques affaissements n'aient eu lieu ; mais on espère qu'avec le temps ils devietuiroiit très-rares, et cesseront tout à tait. Du reste, les précautions ont été prises avec inteUigence : chaque galerie souterraine correspond à une rue, et les numéros des maisons sont répétés audessous, de sorte oue si un éboulement se fait à la surnice, on sait tout de suite, à l'intérieur, sur quel point il faut mettre les ouvriers.

C'est dans une partie de ces earrièret queTon a établi cet immense ossuaire, qael'on appelle les catacombes de Paris, et voici à quelle occasion : le cimetière des Innocents, qui , depuis dix siècles , recevait les morls de plus de vingt paroisses, était encombré d*ossements et de cadavres , qui portaient l'infection dans les quartiers environnants.

Des plaintes longtemps frétées, et plusieurs accidents successifs , attirèrent d'abord l'attention des savants , qui publièrent plusieurs mémoires sur ce sujet, et enfin du gouvernement, que la clameur générale força de s'en occuper. Le conseil d'État, par arrêt du 9 novembre 1785, décida que le eimetière cesserait d'être consacré à son ancienne destination , et serait transformé en un marché public. L'archevêque de Paris v consentit en 1786, ordonna que le terrain serait fouillé à la profondeur de cinq pieds , la terre passée à la claie , et les ossenieots transportés dans les galeries souterraines disposées pour les recevoir , c'est-à-dire , dans les carrières de la plaine de Mont-Souris , que l'on était parvenu à consolider. Plusieurs grands vicaires, accompagnés de docteurs en théologie, et du clergé dont les paroissiens reposaient dans le cimetière des Innocents , étant vernis , le 7 avril 1786', consacrer avec toute la pompe sacerdotale le nouvel asile ouvert a la mort, on s'occupa

avec activité du soin de l'enrichir aux dépens de celui que Ton abandonnait.

Des inscriptions, qui attestent que la première translation se fit dans les mois de décembre 1785, janvier, février et mars 1 786, nous apprennent cependant

Sue l'on n'avait pas attendu fa bénéiction des catacombes , pour v transporter les ossements du cimetière des Innocents. Depuis cette cérémonie, les transports furent fréquents. Les cimetières de Saint-Eustacbe et de Saint- Êtienne des Grès ayant été sfipprimés eu 1787, on transféra dans T ossuaire les débris humains qu'ils contenaient.

Dans la suite , pendant et après les orages de la révolution , on y déposa les corps des personnes tuées dans les troubles, et les ossements «ifouis dans les cimetières des autres paroisses et des maisons relî'iienses. Divers travaux faits en 1808, 1809, 1811, et postérieurement , dans le marché des innocents, mirent à découvert de nouveaux ossements, dont la plus grande partie fut encore transportée dans les catacombes ; le reste fut déposé dans les cimetières de l'Est et de Montmartre.

Les personnes munies de billets pouvaient autrefois visiter ces cavernes sépulcrales , qui étaient devenues, il y a environ vingt ans, l'objet d'une curiosité très-vive , et, en quelque sorte, le but d'une promenade à la mode. Aujourd'hui, l'accès en est tout à fait mterdit au public. Nous croyons donc devoir en donner m une courte description.

On y pénétrait ordinairement par une porte située dans la cour du pavillon ouest de la barrière d'Enter.

Après avoir descendu quatre-vlnjitdix marches, on se trouvait dans une galerie de dix-neuf mètres Cfuatorze centimètres d'élévation. De là on arrivait dans une autre galerie creusée sous la route d'Orléans ; on faisait différents détours , dans lesquels on était guidé par une large ligne noire tracée sur la voûte, et qui tenait lieu du lil d'Ariane. On rencontrait dans le trajet plusieurs constructions faites pour emptelier la contrebande , les grands ouvrages commandiés en 1777

CAT LITNIVERS. CAT

pour la coosolidation de Taqueduc d^ArcaeîU et un labyrinthe de galeries longues, ténébreuses, dans les(niclles plusieurs imprudents s'étant, dit-on, /engages sans guide , se sont perdus et .8ont:inort8 de ftim. Un nouvel escalier que Ton descendnit , conduisait dans une salle, où Ton voyait un pian en relief de la forteresse de Port- Itfahon , exécuté par uu ouvrier , aniiien soldat qui avait assisté à la prise de nette ville, sous le marédial de Richelieu, en 17Û6 , et qui , sans autre guide que ses souvenirs, avait employé pendant cinq ans les heures de ses repas à l'exécution de cette œuvre de patience. Dans une autre salie , on voyait un amas de rodiers , qui , en tombant , s'étaient arrangés d'une manière tellement pittoresque, qu'on les jugea dignes de servir de modèle auit Mcorations de Topéra des iSor- 4e$» On passait ensuite près d'un pilier taille dans la masse calcaire , et d*un autre en pierres sèclies , puis on arrivait au vestibule des catacombes.

£n entrant, on rencontrait un cabinet minéralogique contenant une collection complète des échantillons des ^ancs déterre et de pierres qui constituent le sol des carrières ; et plus loin , dans un ancien carrefour, entre quatre murs de soutènement , un cabinet de patliologie où sont réunis et classés méthodiquement une ifoola d'ossements remarquables par quelques singularités , ou par les altérations que les maladies leur ont fiiit subir. Une crypte , établie dans une vaste salle dont l'entrée est décorée de pilastres d'ordre de Pestum, offrait ensuite un piédestal construit en ossements, dont les moulures se composent de tibias de la plus grande dimension ; au-dessus est une téte de mort. Là reposent les corps exhumés du cimetière de Saint- Laurent, sup-

frimé en 1804. Ce que l'on appelait autel des Obélisques est un massif composé d'ossements , avec des fqrmes imitées de l'antique, accompagné de colonnes quadrangnlaires reposant sur des piédestaux et surmontées de têtes de mort. On a donné à d'autres

. travaux de consoirdation la forme d'un monument sépulcral , que Ton a appelé snrcopltnge du Lacrymatoire ou tombeau de Gilbert, à cause de quatre vers de ce poète qui s'y trouvent inscrits. Un monument composé d'un piédestal , surmonté d'une lampe antique , se trouve non loin d'un pilier que 1 on appelle du Mémento. Des eaux éparses , recueillies dans un bassin, ont formé la fontaine de la Samaritaine , dans laquelle on a jeté en 1813 quatre dorades chinoises^ qui y Tarent longtemps sans se reproduire.

Toutes ces salles offrent à leur entrée, ou dans leur intérieur, des inscriptions graves et religieuses qui portaient rftme aii recueillèMent. Au-dessous du sol , sont inhumés les restes des victimes de diverses scènes sanlautes qui eurent lieu à Paris penanf la révolution. Ces sépultures ne portent d'autres inscriptions que Ja date de l'événement qui les a rendues nécessaires, telles que : 10 août 1792. —3 €t 3 iepUnibre 1799. Du second étage des catacombes , on descendait dans un troisième , nommé basses catacombes, par un escalier sous lequel on a oônstniit un aqueduc qui conduit* les eaux d'une source voisme dans le puits de la tombe Isoire. Un pilier de forte dimension y a été élevé pour .soutenir fa voâte, qui , fendue et lézardée en pUisi< urs endroits, faisait craindre un ('l)oulement. Quatre strophes tirées des ISuils clémentines , composées sur la mort du pape Ganganellî , sont inscrites sur ce pilier, qui avait reçu, en conséquence, le nom de lier des Nuits clémentines.

On sortait des catacombes, après avoir remonté aux galeries supérieures , en parcourant un vestibule et im long corridor , au bout duquel se trouve un escalier de dix-sept mètres cinquante-trois centimètres, construit en Î784 , et aboutissant au chemin qui conduit de ^ont-Souris au petit Montrouge.

GATAL4UNI, peuplade de la seconde Belgique, dont Catalaunum (Châlonssur-Marne) était la capitale. Ils avaient pour voisins au nord les Remi^ au sud

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les Lingones , à l'est les Leucl et les f^erodunij et à l'ouest les l^icas^fs et les Suessiones. Les Catalauni sont nentioDDés pour la première fols comme peuple distinct des Remiy dans Eumène et dans Ammien INTarcellin , ensuite dans Eutrope et dans la JNoiioe des Gaules.

Catalogne (relations de la France avec la). — Lro. roi d'A(juitaine , Louis, qui plus tard succéda ù Cliarleuiagne , toag le nom de Louis le Débonnairer, voulant, dès l'année 798, former au delà des Pyrénées un élablisseuieut qui pUt servir.de point de départ pour des conquêtes ultérieures sur les musulmans , Ht relever les murs et les fortilications de plusieurs .aocûeqaes villes de la Tarraconaise ^orientale, détruites par les Arabes un siècle auparavant. Il y plaça des garnisons, et y appela des populations rlirétiennes, qui, a la conditiuu de Uelendre 4N|S villes contre les Arabes, forent organisées en petites corporations municipales et investies de divers privilèges. Ces villes formèrent, avec le district

3m leur fut attribué, une seigneurie épendante de la Marche d'£spagne , et que Louis donna l\ un Franc nommé Jiorel, et qualilic du titre de comte dans les chroniques. Cette seigneurie de?int le noyau primitif du vaste et puissant comté de Catalogne. Elle fut, au delà des Pyrénées , la première terre chrétienne reconquise par les Franco-Aquitains sur les musulnians.

Mais Barcelone resta quelque temps encore au pouvoir des Sarrasins (voy.

Babcelo^ë et comtes de Barcelone).

La destinée de la Catalogne fut d'abord intimement liée à celle de la Provence ; et dans les guerres des Albigeois, les Catalans vinrent plus d'une «^isauMOOorsdesProvençaujp.Pendant Jon^temps , la Catalogne reconmit, nu moms nominalement, la suzeraineté des rois de France. Ce ne fut qu'eu 1180 qu'Alphonse II, comte de Barcelone et roi d'Aragon, fit déclarer par le concile de Tarragone , que les actes . qui se dataient eu Cataiogiie de i'an- Mée du r^gne des rois de France , ne lejdAteniiont plus que de Tère chré*

tienne. Les rois de France protestèrent contre ce décret ; mais plus tard, les rois d'Aragon ayant acquis des droits sur plusieurs yilles du Midi , comme Carcassonne , Albi , Nîmes, etc., et Philippe le Hardi ayant épousé Isabelle d'Aragon , Jacques V\ père de cette princesse , loi donna en dot la seigneurie de Carcassonne et de Béziers, et renon(^a à toutes ses prétentions sur le reste du Languedoc.

De son oÔté , Philippe en fit autant h l'égard du comté de Barcelone et de la Catalogne, et depuis, l'histoire de cette

{)rovince se conîfond dans l'histoire de 'Aragon.

Cependant, vers le milieu du dix -septième siècle, une insurrection terrible éclata en Catalogne contre le gouvernement tyrannique de TEspagne. Barcelone donna le signal en massacrant son vice-roi. Les autres villes suivirent rapidement l'exemple de la capitale , et toutes les garnisons espagnoles furent ou exterminées ou chassées. Richelieu , qui peut-être avait fomenté cette révolte , sut bientôt la tourner à son profit. Lorsque le roi d*Espagoe, Philippe IV, se fut disposé è faire marcher une armée pour les soimieltre, les Catalans envoyèrent en France D. Francisco de Vilaplana , cavalier de Perpignan, pour contracter alliance avec Te cabinet français. Leur première pensée avait été de former une république, et le cardinal avait autorisé Duplessis-Besançon , qui servait alors dans l'armée dé Lnn^Miedoc, à s'entendre avec les députes des états de Catalogne pour l'établissement d'une république dont Barcelone eût été la capitale , et qui se fût placée sous la protection du roi de France.

Enfm, le IG décembre 1641, Louis XIU signa avec la principauté de Catalogne , et les comtés de Roussi lion et deCerdagne, un traité par lequel il s'engageait a fournir aux insurgés des officiers pour commander leurs troupes, six mille hommes de pied et deux mille chevaux. Espenan , gouverneur de Leucate, fut chargé de conduire à Baroelooe les premiers secours fran- .çais: ils consistaient en trois millo

m €AT

fantassins et hait cents chevaux. Malheureusement , après s'être avancé jusqu'à Tarragone, Espenan fut obligé de capituler et de retourner en Languedoc, et le général espagnol Los Vêlez se hf\tn d'aller mettre le siège devant Barcelone; mais il était entré dans cette ville quelques troupes nouvelles arrivées de France sous les ordre*; de Serignun et de Duplessis-Besançon. Les ingénieurs français relevèrent à la hâte les fortifications , et les Espagnols furent repoussés avec perte. En proie à une terreur panique, ils prirent la fuite et laissèrent derrière eux deux mille morts ou blesses.

Lorsque le sièie eut été levé , les Catalans, traVailMS en secret par Richelieu , renoncèrent à leur projet de république , et se donnèrent à la France par un acte que les états de la Provence signèrent, le 23 janvier 1641, et que le roi accepta à Péronne , le 18 seutembre suivant. Ce traité portait en suostance, que Louis XllI acceptait la principauté de Catalogne, avec les deux comtés de Cerdagne et de Roussillon, comme partie indivisible de la monarchie. En même temps , le roi jurait de respecter les libertés dont jouissaient les habitants de ces pays , d'observer leurs lois et coutumes , et de maiutenir toutes leurs magistratures, soit nationales, soit communales. Il abandonnait aux états le droit exclusif de leverdes contributions ; il ne s'en réservait pas même le cinquième, comme faisait probablement le roi d'Espagne.

II promettait de n'accorder qu à des Catalans les bénéfices ecclésiastiques et les emplois civils de la proviuce; il y maintenait Tinquisition et Tobsertion des canons du concile de Trente ; il supprimait la convocation du ban de la province, qui était remplace par uu corps de cinq mille fantassins et cinq cents cavaliers , que les états s'engageaient à entretenir pour la défense exclusive de la principauté. Enfin , le privilège de rester couverts devant le roi était accordé aux premiers magistrats catalans.

La guerre civile , qui ne tarda pas à éclater en France , nous fit perdre

cette nouvelle acquisition. Le prince de Condé s'étant brouillé une seconde fois avec la cour, un de ses partisans, le comte de Marsin , abandonna la Catalogne , où il avait un commandement , emmenant avec lui trois mille hommes de bonnes troupes qu'il débaucha à 1 armée française , et qu'il conduisit |Kir les frontières d*Espagne jusqu'en Guyenne. Par "suite de cette désertion , là Catalogne se trouva dé-

âarnie de troupes, lorsque don Juan 'Autriche, fils naturel de Philippe appelé par la plus grande partie de la noblesse et du clergedu pays, parut devant Barcelone , vers le milieu d'avril 16S! , avec une flotte nombreuse , qui intercepta toute commuaieation du côté de la mer. Ce fut en vain qu*au printemps de l'année suivante le maréchal de la Mothe vint se jeter dans la ville , et diri|;ea avec habileté la défense des assiégés ; il fut obligé de capituler, le 13 octobre, et, heureusement pour sauver Thonneur firançais, TEspagne accorda aux Catalans une amnistie entière , avec la conservation de leurs privilèges. Dès lors , la Catalogne rentra définitivement sous la domination espagnole , et les Catalans restèrent en repos malgré les armées que la France envoya dans leur pays, et aui ne firent giière que reprendre

Quelques places. Ces places , de peu 'importance, nous furent enlevées en 1659 par le traité des Pyrénées, qui nous céda, en compensation, le Roussillon et la Cerdagne , possessions indispensables pour assurer rindé|iendance de notre territoire.

Ainsi donc, après avoir fait partie de la France , ou reconnu la suzeraineté de nos rois pendant près de six cents ans , la Catalogne fut déclarée indépendante vers la fin du douzième siècle, à la demande du comte de Barcelone et du roi d'Aragon. Englobée dans la monarchie aragonaise, à la fin du treizième siècle, la Catalogne s'en sépara au dix-septième siècle , et consentit à être incorporée à la France.

Les intrigues de Richelieu influèrent sans doute sur cette détermination ; mais ces intrigues n'oot eu du sueoèi

L'UMVEAS.

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FRARCB.

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goe parce que les Catalan! ont toujours conservé un souvenir de leur

orif^ine à moitié française , et de la longue période de temps pendant laquelle leur pays fut réuni à la France. AujourdUiui encore, on retrouve en Catalogne des traces évidentes de cet ancien mélange des deux peuples. On rappelle souvent l'Espagne française, comme le Piémont reçoit le nom d'Italie française.

Mais la* possession de la Catalogne importait trop à la sûreté du territoire espagnol, pour que la France pût la garder sans s'exposer à une série de guerres qui auraient désavantageusemeut compensé le profit de sa possession. Richelieu du moins le eom* prit ainsi , et Thabileté quelque peu machiavélique de sa diplomatie à l'égard des Catalans révèle qu'il considérait leur pays motos comme un appât que comme un gage qui devait valoir à la France l'acquisition de la Cerdagne et du Roussillon. Ces deux provinces , déjà moitié achetées , moitié conquises par Louis XI , avaient été légèrement abandonnées par Charles VIII (voyez Castille). Klles ne sont pas moins précieuses pour l'indépendance de la France que ne Test la Catalogne pour l'indépendance de TEspagne. Elles sont en outre un excellent point d'attaque pour rappeler au besoin le cabinet de Madrid à des sentiments de modération. La position de François vis-à-vis de son rival aurait été bien plus soutenable , si la Cerdagne et le Roussillon avaient été dans ses mains, et lui avaient ouvert le chemin de l'Fspagne. Charles-Q'iint, menacé chez lui , aurait eu moins d'audace ; et il est probable aue la Catalogfle n'aurait pas oppose aux armées françaises la résistance opiniâtre que la Provence opposa aux troupes espagnoles.

Catalogne (Campagnes de). Cam-.

pagne de 1 794 à 1795. — En avril 1794, les Espagnols , au nombre de plus de trente mille, occupaient encore toute la partie des l^yrénees qu'arrose le Tech, et, s' étendant par une longue chaîne de postes successifs sur la nve gauche de

T. lY. 16* Zip. (DiCT. BRCYCL. ,

cette rivière, ils coumient ainsi les places dont ils demeuraient maîtres:

Céret, le Roiilou et Bellegarde, d'une part, Collioure et Port- Vendre de l'autre. Au mois de mai , Dugommier lut envoyé contre eux, et, déployant plus d'activité que ses deux pre'décesseurs Dagobert et Turreau, non-seulement il exuulsa Tenneiiii du territoire de la république, mais transporta le théâtre de la guerre en Catalogne. En vain lék Espagnols , avant de repasser la frontière, avaient-ils entrepris de dégager Bellegarde, seule place française qui leur restât, et que le général républicain pressait vivemetit; ils avaient été défaits, avaient laissé deux mille cinq cents hommes sur le champ de bataille, et la place s'était rendue à discrétion. Ils avaient alors battu en retraite, et étaient allés prendre position en deçà de Figuières; mois Dugommier les avait suivis. Leur ligne de défense, depuis longtemps préparée, couvrait à la fois Roses, Figuières et la Cerdagne; elle s'étendait depuis Saint-Laurent de la Mouga jusqu'à la mer. Ce développement de cinq lieues présentait une suite de fortifications dignes de la patience espagnole ; on y comptait plus de quatre-vingt-dix redoutes construites avec soin , derrière lesquelles étaient rangés cinquante mille nommes. Après avoir reconnu ces redoutables positions, Dugommier résolut de les attaquer en personne par la gauche, et chargea Augereau de faire une démonstration contre le centre.

Soutenu par cette diversion, qu' Augereau exécuta avec son audace accoutumée, il réussit, dans la soirée du 19 novembre , a couronner les hauteurs d'Ilanca, qui formaient l'extrême gauche du camp espagnol. Le lendemain, au point du jour, Augereau renouvela l'action avec le même succès, et la bataille commençait à devenir générale, lorsque Dugommier fut atteint d*un éclat d'obus qui le tua presque sur le coup. Le commandement passa au général Pérignon, qui s'en uiontra digne La gauche de Tennemi, complètement battue, abandonna ses redoutes, ^ rétrograda jusqu'à Figuières. Après uÀ

BTC.) 18

jour de repos donné aux tr<wpoa« la

DJitaille s'engagea ck nouveau; mais la trouée était faite , Augereau s'y élança, et peu d'heures suffirent pour emporter toutes les positions. Le général en chef espagnol périt dans cette dernière journée; les ennemis perdirent dix mille hommes, et ne purent Èe rallier soiis le canon de Figuières. Pérignon assiégea sur-le-champ cette f)lace, qui capitula le 27. Les François et les Espagnols entrèrent ajors en quartiers d*niver.

A la réouverture de la campagne, l^érignon investit Roses, l'assiéjsçea, et réussit à l'enlever le 3 février 1795. 3Lès Espagnols , rétrogradant de nouveau, allèrent prendre position derrière la FIdvia; Schcrer, qui avait remplacé Peri^aon et Augereau, entre lesquels le comité de salut public craignait une rivalité, Scberer les battit en juillet, et les eilt poursuivis fort loin s'il n'eût reçu l'ordre de S'arrêter, par suite des ouvertures que le cabinet de l'Escurial faisait à la république. La paix fut effectivement signée à Ràle par le citoyen Barthélémy et le chevalier Iriarte.

Campagne de 1808 à 1813. — Le ^ février 1Ô08, un corps de douze mille hommes, commandé par le ^'énéral Duhesme, pénétra en Catalogne par la Junquera. Duhesme, comme le général Dupont et le maréchal Moncey, sous les ordres de qui deux autres armées avaient déjà pénètre en Espagne, devait s'avancer le plus possible danS lepays« et, sous l'apparence d'un sincère dévouement à la cause deCiiarles IV, s'établir si bien dans les places et forteresses, que les protecteurs pussent facilement se changer en maîtres le jour où il plairait à Napoléon de ne f)his dissimuler. Dès le 20, Duhesme s'était frauduleusement introduit dans la ville et même dans la citadelle de Barcelone. I\Tais les Espagnols ne tardèrent pas à découvrir les véritables intentions des Français, et la révolte de Madrid, le 3 mai, fut un signal d'insurrection pour toutes les provinces. Duhesme^ aussitôt qu'il apprit que le mouvement insurrectionnel atteignait laCatalogoe,

fit marcher des troupes sur tes villesde

Tarra^one et de IMansera» où les symptômes detroubles se manifestaient. Tarragone rentra dans le devoir; mais la colonne envoyée contre Mansera futarrétée en roule parun rassemblement, et contrainte de se replier sur Barcelone.

Alors Daliesme marcha en personne contre la masse principale des insorffés réunis sur les bords du Lobregat.

fis furent déCaits, mais se rallièrent bientôt, et il fallut les combattre successivement au village d*Arhos « à Ter* mitage de Moncada, sur le Besoz, autre rivière à l'est de Barcelone , au château de Montât, à Mataro, et dans les déBlés de Santo-Polo*de-Mar. Oa voit que toute la Catalogne était soulevée; toutes les places où il nV avait

()as garnison française avaient fermé eurs porter. Gérone était du nombre.

Duhesme tenta, le 20 juin, de Tentever d'un coup de maiu; mais il échoua, et coimne il n'avait ni le temps ni les moyens d'en faire le siège il revint vers le Lobregat, où de nouveaux rassemblements réclamaient sa présence.

Le 30, il les dispersa encore, et les ht poursuivre jusqu'à ^latorell.

Sur ces entrefaites, la junt^4:entra]e,

fiour soutenir le dévouement des Cataans , leur envoya des nunntions, des ofliciers et des renforts de troupes ré-

fulières. Roses, Gérone, Hostalricb»

arragone, Lérida, Gardone, Tortose, Balaguer, furent mis en état de défense. Bientôt le sénéral Duhesme, afiaibti perdes conmats nombre^jx, se trouva comme bloqué dans Barcelone.

Mais un nouveau corps, destiné à la soumission des Catalans, se réunissait sur la frontière des Pyrénées- Orientales. Le G octobre , ce corps , sous les ordres du général Gouvion Saint-Cyr, investit la place de Roses,

âui ne (Uipitula qu'après trente iours e siège. Le 5 décembre, imméaiatement a[)rès la reddition de la place, Gouvion Suint-Cyr n)archa vers Barcelone, qu'il était urgent de secourir, et y entra le 17, après avoir battu îennemi en plusieurs rencontres, notanunent à Carcaden. Il donna deux jours de re^os à ses troupes, et se porta

Je i90 Jur les èords do liObrigHt, jOù

les Espagnols s'étaient retranchés pour la troisième fois. Le 21 , il les battit, et ks fori^a de se réfiij^ier dans les inontagoes. Il les poursuivit le lend^ main, elles atteigiiU au col d'Ordal d'abord, puis au vil!a{îe de Vendrell, jOÙ il acheva deJes dutr4jiire.il s avança . ^ttite jusque sous les murs de Tarugone, <iu'il espérait surprendre; mais, le premier moment (hî stupeur passé, les habitants s'étaient mis sur leurs gardes. Tenter le siège lui était iiujwssible; il replia doac ses troupes entre Tarra^one et Barcelone, et resta quelque temps sur la défensive. Les ressources en vivres qu'offrait le pays furent bientôt épuisées. Dès la fin de Janvier ISoi). il t;il];iit, pour s'en procurer, que les Français se répandissent dan^ les contrées muutagneu- ^ du littoral , où ils étaient eontijiueliement aux prises avec des bandes de [jartisans. Vers le 15 février, le général Saint Cyr, que la disette rédui- .sait aux plus durs expédients, vint X)ccuper le pays entre les rivières de rrancoli et de Gava. Dans la nuit du ^4, les insurgés débouchèrent par les îiéfilés de Montbiancb. Au jour, ils étaient rangés sur la rive droite du Francoli. Les Français les mirent encoieen déroute, et les poursuivirent jus(jue sous le canon de Tarragonei où ils entrèrent à la débandade. Gou* vion Saiiit-Cyr alb ensuite occuper la ville de Ueuss, la seconde de la Catalogue ; mais il n y séjourna qu'un mois, faute de pouvoir communia quer avec Barcelone. Quant aux communications avec la France, nous dirons, pour donner une idée de la nature (le eette guerre, que depuis novembre 180S le général en chef n'avait ni reçu ni expédié de courrier, et que, s il avait une seule fois donné de ses nouvelles , e*était en ris|^uant une basque à travers les croisjeres anglaises espaj^noles.

Au commencement d'avril, l'arniée française quitta ses cantonnements près de Barcelone pour maieba iSur la ville de Vigne, où elle entra sans pf^a^y car tou9 liBS bâbitauts^iiouuDes,

Xenuoea', vieillands, en&nts, s*étaleqt

enfuis. Après deux mois jde séjour, lorsque toutes les ressources de la vallée environaante furent consommées, Gouvioo Saint-G^ se dirigea vers Géroue pour en faire le siège. Investie dès les premiers jours de juin, cette place tenait encore à la fin de septemore, lorsque le maréchal Augereau vint prendre le commandement de l'armée de CcJlnloiîne. Étroitement bloquée, elle ca|)itula enfin le 10 déceiubre; ce long siège n'avait pas coûté aux Français moins de vingt mille hommes, tués devant la place ou morts dans les hôpitaux. Gérone prise, An-

âereau gagna Barcelone , et s'installa ans le magnifique palais du gouvei^ ncment , où trente ans auparavant fl avait monté la garde, alors simple soldat au service de tapies.

Dès janvier 1810, rtnsurrectfoD relevait la téte; et d'ailleurs, Tarmé^française, stationnée autour de Barcelone, consommai t les ressources de cette ville, ressources d'autant plus précieuses, qu'il les fallait tirerdemnce.Augereaa forma trois divisions: avec Tune, il ^ porta sur Geroue, et, tandis qu'il envoyait la seconde bloquer le fort d^Hostalricb, la troisième alla occuper de nouveau la vallée de Vigne. Dans ces trois directions, les Français battirent plusieurs fois les troupes espagnoles regulière.s et ir régulières. Tranquille dès lors sur la haute Cat.ilofinp, An;;ereau crut Tiiistant favorable pour diriger le gros de ses forces au delà de Barcelone. Des ordres supérieurs lui enjoignaient d'ailleurs ce mouvement pour ap|)uyer le cor()S de Suchet, qui se préparait à venir d Aragon faire le siège de Lérida. Augereau Se mit en route au commencement de mars, après avoir laissé trois mille hommes devant Uostalrich pour en continuer le blocus. Ses troppes lie rencontré* rent d'obstacles Jiulle part; mais SI commit la faute grave de laisser, chemin faisant, à Alanresa et à Villafranca, dans un pays infesté de miquetets, des garnisons trop faibles pour assurer les communications entre deus çtivisious, qui aUèrept cantonner k

276 CAT 1/Um

Bieuss et à Barcelone, où il revint ensuite Ini-inéme. Ces ^misons ne tardèrent pas à être taillées en pièces, et ce ne fut qu'avec beaucoup de peine, une fois les communications coupées, q[ae les deux divisions, au lieu de continuer à se porter en avant , purent rétrograder vers Gérone. Le 12 mai, le fort d'Uostalrich se rendit, et vers la même époque, les Français s'cmparèrent des petites Iles de las Medas, qui, situées à l'une des pointes du golfe de Roses, offraient uu important mouillage aux Anglais.

Dans les derniers jours du mois, AugereaUj à qui l'empereur ne pardonna pomt la retraite de Reuss, fut remplacé. Le premier soin du maréc^af Maodonald , son successeur, fut d'approvisionner Barcelone pour six mois ; après quoi , franchissant les cols d'Ordal et de San Christina , il alla se réunir dans Lérida au général Suchet, qui avait tout récemment réduit cette place, et qui se préparait au siège de Tortose, investie déjà par deux de ses divisions:

Comme la oaîMe des eaux de l'Elbe retardait les approvisionnements nécessaires, Macdonald se décida, pour nourrir ses troupes , à les cantonner dans les plaines fertiles qui entourent la petite ville de Cervera, située à huit lieues au nord de Tarracone. En vain les Catalans essayèrent-ils d'arrêter sa marche, il remporta sur eux une éclatante victoire le 5 septembre, et resta maître du pays. INIais il n'y put séjourner longtemps : l'occupation de Palamos par les Anglais, et la sanglante défaite essuyée à la Bisbal par une de ses divisions, l'obligèrent à retourner, en novembre, dans la haute Catalogne. Après avoir battu Tennemi en plusieurs rencontres, et ravitaillé Barcelone , il revint coopérer au siège de Tortose. Cette place, vivement pressée, tomba au pouvoir des iPhinçais le S janvier 1811. Sa prise porta un coup terrible aux provmces de Test, car elle était leur principal point de communication» et le grand dépôt de leurs ressources militaires.

La Catalogne se trouva dès lors pri*

vée de tout secours derintérieur,et ce fut pour empêcher qu'elle n'en recrût de la côte que Suchet se prépara à faire le siège de Tarragone , dont toutefois l'investissement ne commença que le 4 mai. Dans Tintervalle , Macdonald se retira sur Lérida, et, pour y parvenir, toujours harcelé par l'ennemi, il eut de nombreux combats à livrer, notanmient à Vais. Vers la fin de mars, le fort de Mont-Jouy, qui domine la ville et le port de Barcelone, faillit tomber par trahison au pouvoir des Espagnols ; Macdonald dut se porter encore de oe côté; mais l'armée ennemie, manœuvrant sur Tarragone et Mont Serrât, lui barrait la route: il loi fallut faire un détour, et remonter le Lobregat. Arrêté à Manresa, il fut assailli par une vive fusillade :

c'était une division d'insurgés qui , après l'avoir suivi le long des hauteurs , engageait le combat. Macdonald parvint à les mettre en fuite, et entra dans la ville; mais la nuit, soit hasard, soit vengeance des Français, elle fut incendiée. Les troupes espagnoles , postées sur le Montserrat , purent voir l'incendie consumer la ville , une des principales de la Catalogne. Cette vue les remplit de raçe; tous les paysans des environs se joignirent à eux, et la colonne fran-

Sise ne cessa d'être assaillie le reste la route.

Macdonald n'arriva i Barcelone que

pour y apprendre une triste nouvelle. La forteresse de Figuières, si importante pour assurer les communications avec la France, venait d'être prise, et toute la Catalogne en poussait des cris de triomphe. Déjà dix mille Espagnols étaient sortis de Tarragone, et ▼eoaient auementer la garnison de Figuières. Mais Macdonald arriva sous les mnrs avant eux, les défit le 8 mai , et bloqua la forteresse. Sucbet, vers la même époque , commençait le siège de Tarragone, qui, après une héroïque résistance, lui céda le 28 juin. Tous les Catalans demeurèrent frappés de stupeur; et quand , au bout de quelques jours , Sachet marcha vers Baicetone, plosieiin baa*

CàT FRANCE*. CASr m

des d'insurgés se dissipèrent devant lui sans qu'une seule amorce fût brûlée. Le 21 juillet, il se rendit maître de Mont-Serrat , dernier dépôt d'armes et de munitions qui restât à rennemf , après quoi II se vit oblif^é de retourner en Aragon; mais Figuières venait de se rendre, et la tranquillité de la Catalogne semblait assurée. Vers cette époque, Maodonald fat remplacé par le général Decaen, qui, maigre son zèle et son habileté , ne réussit pas mieux que ses prédécesseurs. Kn vain remporta-t-il de nombreux succès sur les Catalans; les victoires mêmes ooâtaient trop eher.

Au moisde janvier 1812, douze mille Espagnols, troupes régulières et guérillas, se réunirent sous les murs de Tarrajîone, et la bloquèrent, tandis

âue deux vaisseaux anglais y lançaient es bombes. Pour aller au secours de cette vtlie, Decaen quitta Barcelone, vînt camper le 22 à Villafranca , et le lendemain défit, sur les hauteurs d'Altaftilla, le général espagnol, qu'il y avait attiré en lui dissimulant , par des marches (le nuit, la véritable force numérique de son armée. Tarragone fut ainsi sauvée. Dans son retour vers Barcelone, Decaen battit encore les Catalans au Grao d'Olot et :i Centelles, puis, traquant l'ennenii dans les hautes vallées qui avoisinent Puycerda, il le dispersa partout, lui enleva tous ses magasins, et détruisit une immense quantité d'armes. En novembre, les (Catalans étaient parvenus de nouveau à réunir une assez nombreuse armée autour de In ville de Vigne. Deraen les fit attaguer sur plusieurs points, les mit en luite, et occupa Vigne le 4 décembre.

JL'ennemI se concentra alors vers le Mont-Serrat; le 18, il fut expulsé de ces nouvelles positions. 11 se porta ensuite vers le Lampordan : on le dispersa encore. Mais il était infiitigable. Du mois de janvier au mois d'aoOt 18tS, un grand nombre de combats et d'engagements partiels eurent encore lieu Burdiverspoints: partont Thabiletédes généraux français et le courage de leurs soldats triomphèrent de la ruse et de l'audace des Espagnols. A la fin de mai,

lord Murray, à qui Sucbet avait victorieusement tenu téte en Aragon, rembarqua ses troupes à Alicante , et aborda sur les côtes de Catalogne, où, des le 2 juin , il insultait la place de Tarragone. Sachet vînt le repousser, et les Anglais se rembarquèrent le 23.

En août, ils renouvelèrent leur tentative. Suchet la lit échouer de nouveau.

' Après avoir fait sauter les ouvrages de la place, et s'être renforcé de la garnison, Suchet alla établir son quartier général à Villafranca j et répartit ses troupes dans les environs. Forcé par la disette, il étendit ses cantonnements jusqu'à San-Saturni ; mais à peine un bataillon était-il établi dans ce village, que des bandes de miquelets, rassemblés h Es|)arquera , exécutant une marche de huit lieues, l'attaquèrent au point du jour, et le détruisirent. Suchet se replia alors derrière le Lobrcgat, près du pont de Moulins*' del-Rey. Un second échec vint lui apprendre qu'avec les Catalans il fallait toujours se tenir sur ses gardes : tout un bataillon fut encore taillé en pièces dans la nuit du 1 1 septembre.

Mais le 14 il prit une éclatante revanche au col d'Ordal sur les armées anglaise et espagnole qui se dirigeaient sur Barcelone. Ce combat fut le dernier événement remarquable dans l'est de la Péninsule, à la hn de 1813. Les revers éprouvés par les Français, soit au nord de l'Espagne, soit en Allemagne, obligèrent bientôt Suchet à ramener l'armée d'Aragon et le corps de Catalogne vers la frontière de France.

Caïamantalîîde , roi séqnanais , père de Castic , mentionné par César dans sa Guerre des Gaulesy livre I, chap. 3.

Catapulte. C'était une machine de

guerre à peu près semblable à la baste. On n*a cessé de s*en servir que depuis rinvention de la poudre. Elle puisait sa force dans la tension de nerfs ou de cordes à boyau , qui , en se débandant, lançaient an lom des projec* files de toutes sortes, comme des pierres, des poutres (voyez Balistique).

Le chevalier de F olard, voulant savoir

CAT

L'UNLVERS.

CAT

Jiquol s'en tpnîr sur les effets de Fa éatapulte , en fit faire une. petite de dix pouces de long sur treize dé large, afveC laquelle il lançait une balle d'une livre de plomb à deux cent trente toises; le bandage était tendu $ous Tangle de trente-sfx degrés.

Cateau-Cambresis (le), jolie ville de rnncioii Cnnihresis, dont elle prétendait être la véritable capitale, est aujourd'hui le chef-lieu d'un des cantons du département du Nord, à vingt-cinq kilomet. de Cambrai. Le Cateau s'est formé de la réunion des deux villages de Péronne et de Vendelgies , où rétéque Halluis fit bâtir un château pour protéger les habitants. L'évêque Gérard 1" y fonda une abbaye en 1020.

Prise et brûlée, en 1133, par uu seigneur nommé Maufilâtre , elle fut encore six fois prise et reprise dans le cours (lu quinzième siècle. Les Français la brillèrent en 1654 , après la lefée du siège de Cambrai; elle fat cédée la France par le traité de Nimègue, et en 1793, les Autrichiens l'occupèrent pendant quelque temps. La population actuelle du Cateau est ae six jtaille habitants. C'est la patrie du maréchal Mortier, due de Trévise.

CAT£AU-CAMBfi£sis (conibat du), appelé aussi combaf de Catillor ou des Trois VILLES. Les coalisés, persuadés que la campagne de 1794 serait le dernier coup à porter à la France, avalent réuni cent mille hommes autour de Landrecies. Toutes les actions de détail , dans les environs de cette ville, avaient été contraires aux Frun-

Sais. Le comité de salut public orlonna une attaque pour la délivrer.

Le général Chapuis rut charge de rassembler les troupes du camp de César et des postes voisins. Ces troupes, divisées en trois colonnes, se portèrent, le 7 avril 1794, sur les hauteurs du Cateau , oîi s'était retranché le duc d'York. Deux de ces colonnes atta-

?|uèrent avec vigueur une redoute déendue par les Anglais. Mais la résistance prolongeant le combat , elles furent tournées à leur gauche par un corps nombreux de troupes autricibiennes, et se virent forcées de se

retirer avec des pertes assez considérables. Landreciea, perdant alors tout espoir d%tre âeeôuru, capitula.

CATEAU-CAiiBBESia (moooaie du).

Outre leur hôtel des rrionnaies de Cambrai» les évéques de cette ville en possédaient deux autres à Lambres et a Cateau-Cambresis.On connaît un denier et un gros au cavalier sortis des ateliers de cettedernière ville, appelée en latin Castrum Sanctœ-Mariœ. Le denier date delà première moitié du onzième ou de la fin du dixième siècle; il porte d'un côté la légende castrvm autour d'une croix, aux branches de laquelle sont suspendus Ta et !*«», et de l'autre côté la légende scemabie, en deux lignes, dans le champ. Le gros représente le type flamand d'un homme portant ua pennon sur un cheval au galop; il a pour légende : petrvs comes caméra; au revers, une croix à branches égales; sionvM gveis en première légende dans «le champ, puis au pourtour : moneta nova cas- TELLIMA, sans doute pour CastelU Mariai. Si Ton ue connaissait pas Tliabitude qu'avaient les seigneurs du moyen âge de copier les espèces de leurs voisins,'et si les évéques de Cambrai n'avaient offert plus d'une fois Pexemple d*une semblable fraude, on s'étonnerait du singulier tvpe adopté par Pierre III ( 1309^1 323) oii Pierre IV (1349-1368) , à qui appartient cette monnaie. Pourtant on dirait que le bon évéque a éprouvé une sorte de pudeur, car il a oublié son principal titre, celui d^episcopus, et n'a inscrit que sa dignité laïque de comes,

Cateau- Cambres I s (traités du).

Après la bataille de Gravelines, gagnée par le comte d'Egmontsur le maréchal de Thermes, le 13 juillet lââS, le duc de Guise, qui venait de prendre Tbloii» ville, dans le Luxembourg, fut obligé de se retirer pour venir défendre la frontière de Picardie. Philippe II et Henri n vinrent se mettre à la téte de leurs armées, et Ton s'attendait à une bataille décisive. Mais les peuples étaient épuisés, et désiraient vivement le repos. Des négociations furent ou<« iertes, et enfin , après six mois de

pourparlers, daux traités furent signés a Cateau^Cambresis; le premier fbt

conclu le 2 avril 1559, entre la reine d'Angleterre, d'une part, et le roi de France, la reine d'Écosse et le roi dauphin de l'autre. La clause capitale ooDsittatf dans la promesse de rendre Cal.'iis aux Aniil.'ii.s nu bout de huit années, sinon le roi de France s'enj^ageait à payer la îiouiine de cinq cent mille écus; la reine d'Angleterre prétendait même, après le piiiement de cette somme, conserver ses droits sur Calais, à moins qu'elle ne vint eliemème a violer quelque article du traité ; mais il était facile de comprendre que l'or) n'avait aucune intention de reniplir ce vague engauement, qui n'avait a*autre but que d'apaiser un peu le violent mécootentement que la prise de ( ette ville avait excite en Angleterre.

Le lendemain , 3 avril , un second traité fut signé entre les plénipotentiaires d'Espagne et de France. Les conditions furent humiliantes pour cette dernière puissance. Henri et jPbîlippe convinrent de se rendre réciproquement toutes les pinces qu'ils avaient conquises l'im sur l'autre dans les Pays-lias et la Picardie. De plus, les Siennois, alliés fidèles et utiles de la France, furent livres sans défense au duc de Florence, leur ennemi acharné, ïjes Corses , qu'on avait poussés à la révolte contre les Génois, furent trahis et abandonnés à leurs anciens maîtres. Henri devait en outre restituer toutes les places qu il occupait en Toscane. Il rendait le Montferrat au duc de Mantoue, et au duc de Savoie tous ses États, excepté Turin, Quiers, Pignerol, Chivas et Villa-iNova, qui devaient rester entre les n^ains du roi jusqu'à ce qu'on eût réglé dcfinitiveo nient ses droits à la succession de *;on aïeule, Louise de Savoie. «11 semble, dit M. de Sismondi , que les négociateurs français ne sentirent pas immédiatement toute l'étendue des concessions qu'ils avaient faites. Ils rendaient

âualre places du Luxembourg au roi *£spasQ6; Us en recevaient en retour trois ae lui en Picardie. Us conser*

cAi> m

valent les conquêtes importantes des Drolsévlehés et de Calais, et ils renonçaient à l'Italie , qu'on avait souvent

nommée le tombeau des Français. Ce fut seulement lorsqu'on vit revenir les garnisons du Piémont et de la Toscane qu'on fit le compte effravant de cent quatre-vinj:t-neuf villes fortifiées que la France s'était obligée de rendre par cette paix, et qu'un déchaînement universel oontre les né({ociateurs, contre Montfnorenci et Saint- André en particulier, qui, tous deux prisonniers, avaient fait payer plus cher leur rançon à la France que celle de François ^^ fit taire l'expression de la joie que la paix devait inspirer après une guerre si longue et si calamîteuse (*). »

Deux mariages se célébrèrent peu de temps après ce traité : In fille de Henri II, Klisabeth, qui avait été fiancée h don Carlos , fils de Philippe II, épousa Philippe luf-méme; et la sœur de Henri II, Marguerite, devint la femme du duc de Savoie. Le roi s'enagea à donner quatre cent mille écus e dot à sa fille, et trois cent mille à sa sœur.

Cateie ou Cateye , sorte d'arme de Jet en usage chez les Gaulois et les Teutons. Cette arme se lançait de près.

Catkl (Charles-Simon), l'un des grands compositeurs de musique que la France a produits, naquit à l'Aigle en 1773. Entraîné par sa passion pour la musique, il vint à Pans, bien que fort jeune, et étudia sous la direction de Sacchini et deOossec. C'est a l'école de ce dernier qu'il apprit l'harmonie et la composition. En peu de temps, il parvint à pénétrer tous les secrets de la science , et put remplir diverses fonctions importantes. Il fut admis, en 1793, en qualité de chef de musique adjoint, dans le corps de musique de la garde nationale (depuis le Conservatoire), et consacra tout son talent à célmer les actions hé* roïques de notre grande révolution. Il composa un grand nombre de morceaux

(*) De FiimoDdi , Uiitoire des Francis,

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